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Iguerot Kodesh — lettres 2283 à 2302

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°2283

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2283, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Kislev 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous me demandez si l’on peut enseigner aux enfants les lettres et les signes de vocalisation qu’ils connaissent avant qu’ils n’apprennent l’ensemble de ces signes de vocalisation.

Cela n’a effectivement aucune importance, même s’il semble plus facile de leur enseigner, dans un premier temps, tous les signes de vocalisation à la fois, plutôt que de leur en apprendre uniquement quelques uns, puis de s’interrompre pour leur donner d’autres connaissances.

Néanmoins, il s’agit, avant tout, d’une question pédagogique, qui doit donc être réglée en fonction des élèves de la classe et de la manière dont ils assimilent les notions qui leurs sont enseignées.

Lettre n°2284

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2284, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Kislev 5714,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, assumant

une mission sacrée, le Rav Morde’haï Aharon(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous m’annoncez que l’on vous a confié un poste d’enseignant, à la Yechiva Torat Emet(2).

Puisse Dieu faire que votre effort soit couronné de succès, que vous insuffliez l’amour de la Torah et une crainte de Dieu pure à ceux qui recevront votre enseignement, afin qu’ils bénissent Celui Qui donne la Torah, au présent.

Et, “ tout comme alors(3), on connut la peur, la crainte, le tremblement et la transpiration, il en sera de même ici ”. Vous consulterez le Likouteï Hachass du Ari Zal, selon lequel ces quatre termes correspondent aux quatre lettres du Nom de Dieu(4).

Il peut donc en être de même pour chacun, en tout endroit et à toute époque, dans les trois dimensions de l’espace, du temps et de l’âme, avec “ la peur, la crainte, le tremblement et la transpiration ”.

Dans l’attente de vos bonnes nouvelles, de la réussite que vous connaîtrez en la matière,

Notes

(1) Le Rav M.A Sheinberger. (2) La Yechiva Loubavitch de Jérusalem. (3) Lors du don de la Torah. (4) Voir, à ce sujet, Likouteï Si’hot, tome 25, page 71.

Lettre n°2285

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2285, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Kislev 5714,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Chnéor Zalman Halevi(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec plaisir votre lettre, à laquelle vous avez joint la suite de vos mémoires. Il est dommage que celles-ci soient rédigées de manière si concise. Sans doute les poursuivrez-vous et les développerez-vous, lorsque l’occasion s’en présentera.

Je suis surpris que vous ne disiez rien de votre plantation spirituelle. Vous connaissez le dicton de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera(2), qu’il appliquait aux hommes entreprenant des voyages comparables au vôtre(3) : “ On doit collecter des biens matériels et semer de la spiritualité ”. Ces deux notions y apparaissent conjointement et l’ajout est nécessaire, pour l’une comme pour l’autre. On peut en conclure qu’elles sont liées.

Combien plus est-ce le cas quand il s’agit du Maamad(4), dont l’aspect matériel est également spirituel(5) et, à l’inverse, la spiritualité est elle-même matérielle. Il faut donc la révéler ici-bas, non seulement au sein de la matière, mais également dans sa dimension la plus grossière.

Comme je l’écrivais dans la lettre de Roch Hachana, cette année(6), il faut que les aspects minéral, végétal et animal de la personnalité de l’homme deviennent également humains. Or, Adam, l’homme est de la même étymologie que Adamé, je ressemble au Très Haut. Il est sûrement inutile d’en dire plus.

Par ailleurs, nous sommes en Kislev, mois de la délivrance. C’est alors que, selon la proclamation du Tribunal céleste, il devint permis et donc indispensable de diffuser l’enseignement de la ‘Hassidout, de même que tout ce qui la concerne, avec plus de largesse et d’ampleur.

Selon ce qui est raconté(7), lorsque l’on dit à l’Admour Hazaken qu’une accusation avait été portée contre lui(8) parce qu’il délivrait largement son enseignement, on lui précisa également qu’ayant commencé à le faire, il devait poursuivre en ce sens.

Avec ma bénédiction de réussite dans votre voyage, à la fois pour collecter des biens matériels et semer de la spiritualité,

Notes

(1) Le Rav C.Z. Duchman. Voir, à son sujet, les lettres n°414 et 2559. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°1310. (3) Destiné à collecter des fonds pour les institutions Loubavitch. (4) La participation financière des ‘Hassidim aux actions menées par le Rabbi. (5) Puisqu’il permet de s’attacher au Rabbi. (6) Il s’agit des lettres n°2238 et 2239. (7) Dans le Beth Rabbi, à la page 31a. (8) Devant le Tribunal céleste.

Lettre n°2286

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2286, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Kislev 5714,

Brooklyn,

A mon proche parent, le Rav, distingué ‘Hassid,

qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires,

Rav Azryel Zelig(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec effroi votre lettre de la veille du Chabbat Toledot, dans laquelle vous évoquez votre état de santé. Sans doute, vous conformerez-vous aux prescriptions des médecins, de sorte que, très prochainement, vous puissiez m’annoncer que vous avez recouvré la santé et que vous retournez, peu à peu, à votre mission sacrée, bien évidemment avec l’accord des médecins.

Ce mois est celui de la délivrance et des miracles pour tout Israël. C’est aussi celui de la libération de l’Admour Hazaken, ce qui, de fait, est aussi un miracle concernant l’ensemble de notre peuple. Et, vous connaissez le dicton de l’Admour Hazaken(2), selon lequel la ‘Hassidout concerne l’ensemble du peuple juif.

Que s’accomplisse donc en nous le désir de notre saint maître(3) et que nous puissions révéler l’essence de nous-mêmes, toute notre existence, sa quintessence et son aspect révélé. Une telle santé morale permet d’avoir également la santé physique.

Que Dieu fasse que vous m’annonciez, très prochainement, de bonnes nouvelles, à ce sujet.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav A.Z. Slonim. Voir, à son sujet, les lettres n°2074 et 2513. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°2278. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°2294.

Lettre n°2287

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2287, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Kislev 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Après un long mutisme, j’ai enfin reçu votre lettre du 3 Kislev, dans laquelle vous me faites part des nombreuses difficultés que vous supportez pour intégrer les nouveaux élèves. Vous connaissez l’affirmation de la Me’hilta selon laquelle “ tous les débuts sont difficiles ”. Certes, en avoir connaissance ne facilite pas la situation, mais cela la rend, en revanche, moins inattendue. Il n’y a donc pas lieu de s’en affecter. Il est certain que Dieu vous accordera la réussite, pour peu que vous fournissiez l’effort nécessaire. Vous parviendrez à organiser cette nouvelle classe et donc à développer progressivement la Yechiva.

Vous évoquez la venue ici de ces élèves, à l’occasion de la fête de la libération du 19 Kislev, qui approche. De façon générale, l’ordre établi veut qu’un élève reçoive, pour cela, l’autorisation de la direction de la Yechiva. Celle-ci, dans la lettre qu’elle rédige à ce propos, précise la date limite de ce séjour ou bien s’en remet à mon secrétariat pour la fixer. Elle peut aussi adopter une position plus rigoriste. Néanmoins, l’usage, aux Etats Unis, veut que l’on ne compte pas sur la soumission naturelle des jeunes gens et des élèves, qu’on ne les soumette donc pas à une épreuve.

Si, comme vous l’écrivez, certains élèves désirent fortement venir ici, il serait peut-être bon d’en profiter pour leur fixer des conditions. Ainsi, si on les autorise à ce voyage, ils devront redoubler d’ardeur à l’étude et se distinguer dans celle-ci. Toutefois, on peut se demander s’il serait judicieux d’interdire totalement ce voyage, d’autant que, comme vous le précisez, ils souhaitent également voir leur famille.

Pour autant, il faut limiter leur séjour ici à quelques jours. Bien évidemment, cette condition diffère également pour chacun. Il appartient donc à la direction de la Yechiva, sur place, de prendre une décision pour chaque élève en particulier.

Je vous adresse ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée. Sans doute les ‘Hassidim de votre ville vont-ils bien, puisque vous ne me dites rien, à ce sujet. Il est dommage que l’on ne cherche pas à s’approcher d’eux et en particulier de ceux qui étaient proches auparavant, puis, pour différentes raisons, se sont quelque peu éloignés.

Lettre n°2288

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2288, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Kislev 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous m’écrivez que vous n’êtes pas organisé(1). Comme vous le savez, la ‘Hassidout demande que l’intellect domine les sentiments. Il est donc possible, pour une large part, de parvenir, lorsque l’on se consacre à une activité, à ne pas du tout penser à une autre et donc à ne pas être troublé par elle.

A ce sujet, vous connaissez sûrement le récit(2) de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, à propos du Rachba.

Dans l’attente de vos bonnes nouvelles, je conclus en vous adressant ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée,

Notes

(1) Textuellement “ que vous n’avez pas d’organisation fixe ”. (2) Longuement décrit par le Rabbi, lors de la réunion ‘hassidique du 20 Chevat 5730-1970.

Lettre n°2289

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2289, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Kislev 5714,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Chlomo(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu vos lettre des 3 et 11 Kislev(2). Concernant Elmaleh(3) et le journal, j’ai bien reçu la lettre qu’il m’a adressée et la coupure de journal qui y était jointe. Il me dit qu’il s’en remet à moi pour faire un démenti. Il semble qu’il n’ait eu aucun contact avec les rédacteurs de ce journal, car il considère que ceux-ci ont le moyen de nuire impunément aux autres.

De ce fait, il est donc préférable de n’avoir aucun contact avec eux, dans la mesure où cela est possible. En l’occurrence, un certain temps s’est écoulé, depuis la parution de cet article qui, semble-t-il, n’a pas attiré l’attention. Pour différentes raisons, il vaut donc mieux se taire.

Bien évidemment, je répondrai directement à sa lettre. Néanmoins, j’évoque ce sujet avec vous, de sorte que, si vous lui en parlez encore une fois, vous puissiez argumenter, comme vous l’entendez, en fonction de ce qui vient d’être dit ici.

J’ai été satisfait de ce que vous me dites de l’enseignement de la Che’hita(4). Globalement, il s’agit d’une bonne proposition. Et, il serait bon, si cela est possible, de demander aux élèves de se préparer à cela en poursuivant leurs études, pendant quelques temps, à la Yechiva de Brunoy(5).

En effet, différents textes établissent qu’un Cho’het doit avoir une profonde crainte de Dieu. Or, celle-ci peut être acquise en étudiant l’enseignement profond de la Torah, c’est-à-dire la ‘Hassidout. Et, il est bien question ici d’étude et non simplement de lecture.

J’évoquerai ce sujet avec le grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav B.E. G.(6), qui s’est rendu sur place. Il vous transmettra sûrement des instructions précises, en la matière.

Je vous envoie une lettre adressée à tous(7) à l’occasion de la fête de la libération du 19 Kislev, qui approche. Vous la diffuserez sûrement, de la manière qui convient. Il serait bon de la faire imprimer. Si c’est le cas, vous en enverrez ici quelques exemplaires, comme à votre habitude.

Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée, de bonne santé, pour vous et pour tous les membres de votre famille,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav C.Matusof, de Casablanca. Voir, à son sujet, la lettre n°2273. (2) L’envoi de cette lettre a été retardé et la date du 11 a été ultérieurement ajoutée par le Rabbi. C’est vraisemblablement au même moment qu’ont été ajoutés, à la fin de cette lettre, les mots : “ Je vous envoie une lettre adressée à tous ”, faisant référence à la lettre n°2292. (3) Voir, à son sujet, la lettre n°2333. (4) Aux élèves de la Yechiva Loubavitch de Casablanca. (5) Dans la région parisienne. (6) Le Rav Binyamin Elyahou Gorodetski, émissaire du Rabbi en Afrique du nord. Voir, à son sujet, la lettre n°2427. (7) Voir la note (2).

Lettre n°2290

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2290, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Kislev 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 4 Kislev et, conformément à votre demande, je donnerai lecture de la demande de bénédiction qu’elle contient près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

Il est sûrement inutile d’expliquer à quelqu’un comme vous le dicton de mon beau-père, le Rabbi, selon lequel la bénédiction(1) est comme la pluie(2), qui est utile seulement après que l’on ait labouré et semé(3).

Il en est de même pour une demande de bénédiction, supposant l’attachement entre celui qui formule la requête et celui à qui elle est présentée(4). Vous avez émis le désir et la volonté que la vôtre soit lue devant le tombeau de mon beau-père, le Rabbi. Vous devez donc fixer un temps pour étudier son enseignement, qui a été largement diffusé, ces dernières années, sous la forme de différents fascicules et livres que l’on peut trouver également dans la ville sainte de Jérusalem(5), chez les ‘Hassidim et à la Yechiva(6).

Ce mois est particulièrement propice pour tout cela. C’est celui de la libération de l’Admour Hazaken, fondateur de la ‘Hassidout ‘Habad et également le début de la diffusion de la ‘Hassidout, de manière large, avec des explications accessibles à la rationalité humaine.

Il en résulte qu’il est nécessaire d’étudier cet enseignement, jusqu’à le saisir parfaitement, par toutes les forces de son intellect, non seulement celui de l’âme divine, mais également celui de l’âme animale. Et, vous connaissez l’affirmation de nos Sages selon laquelle “ Dieu exige uniquement en fonction des forces qu’Il accorde ”.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Accordée par un Rabbi. (2) Voir, à ce sujet, les lettres n°1373 et 2313. (3) Introduit son propre effort. (4) En l’occurrence, le Rabbi lui-même. (5) Où réside le destinataire de cette lettre. (6) La Yechiva Torat Emet, de Jérusalem.

Lettre n°2291

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2291, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Kislev 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du vendredi de la Parchat Toledot. J’espère ne pas vous offusquer en vous rappelant que certaines questions doivent être posées depuis le début ou bien ne pas être posées du tout.

Vous avez sûrement vu la lettre(1) de mon beau-père, le Rabbi, qui est imprimée dans le fascicule n°93. Il y est dit que la publication des écrits, des livres et des discours ‘hassidiques de nos maîtres, et donc également de ce Rabbi(2), qu’ils portent sur la ‘Hassidout ou sur la partie révélée de la Torah, appartient aux éditions Kehot.

On peut en justifier les raisons. L’une d’entre elles est la suivante. De nombreuses versions comportent des fautes. Parfois, il en existe plusieurs versions. Mais, avant tout autre considération, nos Sages disent que “ tout dépend du Mazal, y compris le Séfer Torah qui se trouve dans l’arche sainte(3) ”. En conséquence, il est clair que ce n’est pas une manière d’agir(4) ! Chacun pourrait-il éditer ou reproduire de tels écrits comme il l’entend ? N’est-il pas souhaitable de demander conseil à une autre personne ?

Il y a également d’autres raisons(5), mais, de fait, il n’est pas réellement utile de les rechercher, dès lors que mon beau-père, le Rabbi a indiqué ce qu’il fallait faire.

En conséquence, si vous aviez, dès le début, interrogé les éditions Kehot avant de faire éditer ces discours ‘hassidiques, la question aurait été envisagée, comme elle devait l’être a priori. On aurait pu se demander s’il convenait d’imprimer ces textes ou si d’autres étaient prioritaires. Mais, en l’occurrence, une partie du travail a déjà été effectuée et c’est seulement après cela que l’on pose la question à New York. Doit-on interrompre l’impression de l’enseignement du Rabbi Rachab ou ne pas le faire, de sorte qu’ils puissent être diffusés largement ?

Quelle réponse pensez-vous recevoir à une telle question ? Bien plus, vous m’écrivez que vous avez déjà investi dans ce projet quelques centaines de livres. Il en résulte que l’amour du prochain intervient également, en la matière(6). J’ai donc les pieds et les poings liés et je dois vous dire d’achever cette édition, en un moment bon et fructueux.

Vous m’expliquez que les recteurs de Yechiva l’ont demandé(7). Il n’est pas surprenant qu’ils apprennent les discours ‘hassidiques auxquels ils ont été habitués, lorsqu’ils se trouvaient eux-mêmes à la Yechiva. Nos Sages disent que “ l’on doit toujours étudier un texte envers lequel on éprouve de l’attirance ”. Il est clair que cela leur est plus facile que d’aborder de nouveaux textes. Car, à chaque époque, un Rabbi introduit nécessairement des idées nouvelles dans son enseignement. Le style et le contenu en sont modifiés, en conséquence.

A l’opposé, si ces enseignants veulent instaurer qu’il en soit de même pour les élèves de la Yechiva, ils doivent se rappeler, de même que les élèves les plus âgés, de la relation qu’ils avaient envers leurs propres professeurs, lorsque ceux-ci voulaient leur enseigner les textes des maîtres des précédentes époques et non du chef de leur génération, le Rabbi Rachab.

Comme vous le savez, l’Admour Hazaken tranche, dans ses lois de l’étude de la Torah, que l’on doit, dans le courant de sa vie, étudier au moins une fois l’ensemble de la Loi Ecrite et de la Loi Orale, avec toutes les parties qu’elles comportent. Ceci inclut également les enseignements des maîtres de ‘Habad, à chaque époque.

Néanmoins, je maintiens ma position. Plus de cent fascicules contenant des discours ‘hassidiques de mon beau-père, le Rabbi, ont été édités, de même que des années entières de ces discours. Ils doivent donc être étudiés de manière systématique, dans la Yechiva Loubavitch(8).

Que Dieu accorde à chacun d’entre nous de mener à bien la mission qui lui est confiée, conformément à la vérité.

Avec ma bénédiction à l’occasion de la fête de la libération(9) et pour que vous connaissiez la réussite dans vos préoccupations communautaires et personnelles,

N. B. : Votre lettre a été retardée, car vous l’avez envoyée au numéro 177, au lieu du numéro 770.

Notes

(1) Voir les lettres du précédent Rabbi, tome 9, lettre n°3145. (2) Le Rabbi Rachab. (3) Toute chose doit donc avoir sa place. (4) D’éditer sans autorisation les écrits du Rabbi Rachab. (5) Pour lesquelles il n’est pas bon d’agir ainsi. (6) Puisque faire cesser l’impression serait faire perdre de l’argent au destinataire de cette lettre. (7) Ont demandé cette édition pour utiliser ces livres dans les Yechivot. (8) Voir, à ce sujet les lettres n°850, 1146, 1171 et 2394. (9) De la libération de l’Admour Haémtsahi, le 10 Kislev et de l’Admour Hazaken, le 19 Kislev.

Lettre n°2292

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2292, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Kislev 5714,

Brooklyn, New York,

Aux ‘Hassidim et à tous nos frères,

les fils et filles d’Israël, partout où ils se trouvent,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue largement et vous bénis,

Nous célébrons(1) la fête de la libération(2) du 19 Kislev, celle de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, qui fut emprisonné pour avoir diffusé l’enseignement de la ‘Hassidout ‘Habad, ses pratiques et ses coutumes.

Sa libération et la fin de son incarcération marquèrent le début de l’accession à la largesse, du développement et de l’expansion des conceptions et du mode de vie de la ‘Hassidout ‘Habad, en particulier et de la ‘Hassidout, en général.

A cette occasion, je vous adresse ma bénédiction profonde, pour que chacun et chacune d’entre nous soit libéré, que l’on s’affranchisse de toutes les préoccupations, intérieures et extérieures, emprisonnant la part de bonté et de générosité que chacun possède(3), lui faisant barrage, que cette part soit l’aspect dominant de la personnalité, que l’homme soit un ‘Hassid, c’est-à-dire celui qui aime le bien et le met en pratique, qui est bon moralement(4), qui est bon envers son prochain, étant pénétré des trois amours, amour d’Israël, amour de la Torah et amour de Dieu, lesquels ne forment qu’une seule et même entité.

*

*

*

On connaît les enseignements de nos Sages selon lesquels “ chaque âme, telle qu’elle est, se tient devant le saint Roi ” et “ les âmes sont incrustées sous le Trône céleste ”(5).

Ces propos de nos Sages soulignent ce qui est une évidence, c’est-à-dire la pureté et l’élévation de l’âme, qui est toute spiritualité, qui n’a aucune relation intrinsèque avec la matérialité et la grossièreté, encore moins avec l’envie, laquelle est uniquement le fait du corps et de l’âme animale.

Malgré cela, le Saint béni soit-Il voulut qu’une telle âme, “ parcelle de Divinité véritable ”, descende ici-bas, se revête d’un corps physique et grossier, auquel elle reste liée pendant plusieurs dizaines d’années. De la sorte, et durant toute cette période, elle se trouve en opposition absolue avec sa nature véritable.

Elle fait tout cela pour mener à bien la mission que lui confie le Créateur, celle d’affiner son corps, d’illuminer tout ce qui concerne ce monde matériel et les préoccupations de l’homme, par la Lumière infinie de Dieu, afin d’y bâtir un Sanctuaire pour Sa Présence.

De ce fait, les souffrances et les douleurs qu’éprouve cette âme, se trouvant dans un corps et un monde matériels, sont totalement négligeables. La récompense et le bonheur éternels qu’elle reçoit pour avoir mené à bien la mission qui lui est confiée n’ont aucune commune mesure(6) avec les épreuves passagères de ce monde.

*

*

*

On comprend aisément la grandeur et la profondeur de la douleur qu’éprouve cette âme, lorsqu’elle endure ces douleurs et ces souffrances, bien plus lorsqu’elle les intensifie en recherchant la matérialité et la grossièreté, mais que l’on ne tient aucun compte de la raison d’être, de la finalité de sa présence ici-bas, menées à bien uniquement par une existence quotidienne basée sur la Torah et ses Mitsvot. Et, même si l’on éprouve, de temps à autre, le désir de les mettre en pratique, on le fait machinalement, uniquement pour s’acquitter d’une obligation.

Avant tout, une telle manière d’agir conduit à perdre l’occasion qui est offerte de mettre en pratique la Volonté du Créateur, la récompense et le bonheur éternel qui en découlent. De plus, elle heurte la logique première, puisqu’elle conduit à choisir l’aspect le plus dur et le plus mauvais de la vie, en assujettissant et en faisant souffrir l’âme qui descend dans le corps, en repoussant des deux mains l’effet positif que peut avoir sa descente “ d’une cime élevée vers une fosse profonde ”, c’est-à-dire l’immense élévation qu’elle obtient en s’en tenant aux Injonctions du Créateur.

Nos Sages enseignent, en conséquence, que “ l’homme ne commet une faute que dans la mesure où il est saisi par un esprit de folie ”. Il est bien clair qu’il en est ainsi, sans qu’une profonde réflexion ne soit nécessaire pour l’établir, puisque la logique élémentaire en atteste. En effet, l’âme, “ parcelle de Divinité véritable ”, doit se vêtir d’un corps matériel, “ poussière de la terre ”, durant plusieurs dizaines d’années, ainsi qu’il est dit “ tu vis contre ton gré ” et un immense effort est indispensable de sa part pour atteindre ce bien caché, grâce à une existence quotidienne conforme aux enseignements de la Torah de notre Dieu, ainsi qu’il est dit : “ En toutes tes voies, reconnais-Le ”(7).

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Un autre point doit être rappelé. Dieu, Qui est l’Essence du bien, contraint l’âme à descendre “ d’une cime élevée vers une fosse profonde ”, afin d’étudier la Torah et de pratiquer les Mitsvot. Il y a là une preuve tranchée de l’importance de cette étude et de cette pratique des Mitsvot.

Il en découle également que l’on ne peut atteindre le but sans passer par cette grande descente et, comme la Torah le demande, se trouver ici-bas, sur la terre. S’il était un moyen plus facile et plus accessible d’y parvenir, Dieu n’aurait pas imposé à l’âme ces chutes successives, depuis le Trône céleste jusqu’à ce monde matériel, le plus inférieur de tous.

C’est uniquement ici bas, en cette “ fosse profonde ”, que l’âme peut atteindre la plus haute élévation, surpasser les anges. De fait, nos Sages affirment que “ les Justes précèdent les anges du Service divin ”.

*

*

*

Celui qui, par sa pensée, méditera profondément à la valeur de la Torah et des Mitsvot, que l’on accomplit précisément dans ce monde matériel et comprendra qu’elles sont le seul moyen d’atteindre le but, éprouvera une joie immense en considérant la part qui lui est impartie et le sort qui est le sien, malgré les voiles et les obstacles, intérieurs et extérieurs, qu’il affronte, dans ce bas monde. C’est alors et alors seulement qu’il pourra mettre en pratique, de manière sincère et profonde, l’Injonction : “ Servez Dieu dans la joie ”.

Cette manière de servir Dieu occupe une place centrale dans la conception du Baal Chem Tov, comme l’explique longuement la ‘Hassidout ‘Habad et comme le montre l’Admour Hazaken, dont nous commémorons la joie, dans le Tanya, à partir du chapitre 26, puis à partir du chapitre 31, en quelques lignes seulement, mais dont le contenu est immense.

Avec ma bénédiction à l’occasion de la fête de la libération,

M. Schneerson,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, les lettres n°2356 et 2391. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir, à ce propos, la brochure éditée pour le 19 Kislev ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Zohar, tome 2, page 114b et l’introduction du Tikouneï Zohar, page 2b. ” (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le commentaire de Rachi sur le traité Chabbat, page 127b. ” (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Zohar, tome 3, page 104b, page 29b, le discours ‘hassidique intitulé ‘Sonnez du Choffar’ 5694, dans le Séfer Hamaamarim 5711 de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, page 11. Le réservoir des âmes, qui est appelé le ‘corps’, est inférieur à ces deux niveaux. Il concerne donc également les âmes des autres nations, selon les Tossafot, au traité Avoda Zara 5a. On consultera aussi le Likouteï Torah du Ari Zal Ichaya, page 59, le Ets ‘Haïm, porte 26, chapitre 2, le Emek Haméle’h, porte 6, chapitre 72, les notes et résumés sur le Tanya, à partir de la page 83. ” (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le traité ‘Haguiga 15b, le début du Likouteï Torah, page 1d, l’introduction du Ramban sur le livre de Yov, cité à la fin d’Igueret Hatechouva, de l’Admour Hazaken. ” (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Rambam, lois des opinions, fin du chapitre 3 et le Tour Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm, chapitre 231. ” (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ Yerouchalmi Chabbat, fin du chapitre 6 ”.

Lettre n°2293

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2293, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Fête de la libération de l’Admour

Haémtsahi, 10 Kislev 5714,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, en son temps, votre lettre du 3 Kislev. J’attends de bonnes nouvelles de l’état de santé de votre épouse, la Rabbanit. Le mois de Kislev est propice à cela(1), car les femmes ont pris part au miracle(2), comme l’explique, en particulier, le Rachbam, commentant le traité Pessa’him 108b.

Vous connaissez l’explication que donne le Ari Zal du verset “ ces jours sont commémorés et effectués ”. Il dit que, lorsqu’ils sont commémorés ici-bas, toutes les bénédictions s’effectuent là-haut et se révèlent ici-bas.

Dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Notes

(1) A obtenir sa guérison. (2) De ‘Hanoukka.

Lettre n°2294

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2294, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Kislev 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je viens de recevoir votre lettre du dimanche de la Parchat Vaychla’h, dans laquelle vous me faites part de votre état de santé. Lorsque je me trouverai près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, je mentionnerai votre nom, pour que vous obteniez la guérison et une bonne santé. A n’en pas douter, il invoquera la miséricorde divine pour la satisfaction de tous vos besoins.

La fête de la libération et des miracles, celle du 19 Kislev, approche. Selon les termes du Rabbi Rachab, reproduits au début du Hayom Yom, ce jour est propice pour obtenir que l’aspect profond de la Lumière divine éclaire la profondeur de l’âme, de sorte que sa quintessence et toutes les formes de sa révélation soient consacrées à Dieu.

Ainsi, il est bien clair que ce dévoilement émane du stade le plus parfait. Aussi apporte-t-il l’intégrité du corps, comme il est dit : “ Tu seras intègre envers l’Eternel ton Dieu ”. Pour cela, il faut avoir une âme intègre dans un corps intègre.

Que Dieu fasse que vous m’annonciez de bonnes nouvelles, dans tous ces domaines.

Avec ma bénédiction,

Lettre n°2295

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2295, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Kislev 5714,

Brooklyn, New York,

Aux dirigeants de la Yechiva A’heï Temimim de Boston

et aux participants au dixième banquet annuel de la Yechiva,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai appris avec plaisir que le dixième banquet annuel de la Yechiva A’heï Temimim de Boston aurait lieu le dimanche 15 Kislev, qui approche. A cette occasion, j’adresse mes vœux de bienvenue aux dirigeants de la Yechiva et à tous ceux qui prennent part à ce banquet.

Lorsque des Juifs se réunissent dans un but lié à la Torah et aux Mitsvot, on peut être assuré qu’il en résultera de bons fruits et la réussite. Combien plus est-ce le cas quand il s’agit de donner une bonne éducation aux enfants, en lesquels nous plaçons nos espoirs et qui assureront, dans la prochaine génération, la continuité de la chaîne en or de la Torah et des Mitsvot. Il s’agit bien là d’un des accomplissements les plus importants et les plus primordiaux, au sein même de la Torah et des Mitsvot.

Cet objectif et cet accomplissement doivent susciter le plus vit intérêt de la part des Juifs de la région. Ceux-ci doivent y prendre la plus large part. C’est ainsi qu’ils obtiendront de Dieu une bénédiction et une réussite accrues.

Je suis donc convaincu que d’importantes réalisations découleront de ce banquet, dans le domaine matériel et, ce qui n’est pas moins important, dans le domaine spirituel.

J’espère que chacun des participants raffermira, à l’occasion de ce banquet, son lien enthousiaste avec la Torah et les Mitsvot, en général et l’activité fondamentale qu’est la bonne éducation, en particulier. Conformément à la promesse de notre sainte Torah, chacun, avec les membres de sa famille, en tirera la bénédiction et la réussite, matérielle et spirituelle, dans sa vie privée.

Avec ma bénédiction de réussite,

Lettre n°2296

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2296, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Kislev 5714,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Its’hak Aïzik(1),

Je vous salue et vous bénis,

Cela fait bien longtemps que je n’ai pas eu directement de vos nouvelles, bien que j’en obtienne en interrogeant nos amis communs. J’espère recevoir des nouvelles réjouissantes de tout ce qui vous concerne, apprendre que vous participez aux activités de la synagogue. Il est grand temps que tout s’y passe comme nous en avons déjà parlé quelques fois.

En effet, il doit y avoir une synagogue dans le quartier où vous vous installez maintenant, de même qu’un Talmud Torah et tout ce qui, d’ordinaire, accompagne une synagogue. Il est dommage de perdre du temps. Plus on attend et plus ce sera compliqué.

Je voudrais vous signaler un autre point dont le moment est également venu, me semble-t-il. Il s’agit du fonds de secours. L’an dernier, vous avez contribué à ce que celui-ci accorde une certaine subvention aux activités de Loubavitch, sur l’autre continent. Certes, le montant accordé était bien en deçà du besoin et de l’ampleur de ces activités. Pour autant, votre intervention, en la matière, a été positive et cette subvention, au moins, a pu être obtenue.

D’après ce qui a été prévu, les réunions de répartition du budget du fonds de secours, pour la nouvelle année, doivent avoir lieu maintenant. Je voudrais donc vous le rappeler et vous demander, bien que cela soit sans doute inutile car vous vous apprêtiez à le faire, d’intervenir énergiquement, cette année encore, pour que soit attribuée une subvention destinée à aider le travail de Loubavitch, de la manière qui convient. Vous trouverez sûrement les moyens adéquates pour mettre tout cela en pratique.

Comme nous l’avons entendu de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, lorsque l’on se consacre à un accomplissement positif, Dieu accorde la réussite. J’espère donc que vous l’obtiendrez vous-même et que vous pourrez me donner de bonnes nouvelles, à ce sujet.

Bien plus, nous nous approchons de la fête de la libération du 19 Kislev et la tradition(2) de nos maîtres rapporte que l’Admour Hazaken, par ses actions, put obtenir que les ‘Hassidim, chaque fois qu’ils se consacreraient à ses accomplissements, connaissent toujours la victoire et le succès. Ce moment est donc propice pour introduire vos efforts, dans le domaine qui a été évoqué plus haut. Ceux-ci seront couronnés de réussite.

Avec ma bénédiction à l’occasion de la fête de la libération et pour que votre action soit fructueuse,

Notes

(1) Le Rav I.A. Levitanski. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°2395.

Lettre n°2297

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2297, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Kislev 5714,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

Le Rav Eléazar Aryé(1),

Je vous salue et vous bénis,

A l’occasion du Melavé Malka que vous organisez, je vous adresse ma bénédiction afin que celui-ci connaisse la réussite matérielle et la réussite morale, lesquels vont de paire, chez les Juifs.

En effet, les Juifs sont “ un peuple unique sur la terre ” car, conformément à l’explication de l’Admour Hazaken, ils y révèlent l’unité de Dieu, par l’intermédiaire de la Torah unique, y compris lorsque l’âme se trouve dans le corps, absorbée par toutes les préoccupations terrestres, c’est-à-dire matérielles et même grossières.

Que ce “ repas de David, le saint roi ”(2) soit un pilier puissant et un bon début pour que vous vous organisiez de manière positive, de même que tous les membres de votre famille.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav E.A. Jungreiz. (2) Le Melavé Malka.

Lettre n°2298

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2298, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Kislev 5714,

Brooklyn,

Au ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Yochoua Barou’h(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai été satisfait d’avoir de vos nouvelles, grâce à ce que vous avez écrit en marge de la lettre du 27 Tichri dernier.

Je fais réponse à votre demande de bénédiction. En fait, celle-ci est déjà accordée par le verset qui dit : “ Il accomplit la volonté de ceux qui Le craignent ”, sans aucune restriction quant à la nature de cette volonté, pourvu qu’elle émane de quelqu’un qui craint Dieu.

Or, vous vous consacrez à mettre en éveil la crainte de Dieu chez les Juifs, pour tout ce qui concerne le Mikwé. Le Rambam explique, à la fin de ses lois de l’immersion rituelle, que celle-ci est un Décret(2) de la Torah, mais que l’on peut, néanmoins, lui découvrir une raison, d’une manière allusive. En effet, celui qui est animé du désir de purifier son âme doit l’immerger dans l’eau de la connaissance pure.

Concrètement, l’immersion rituelle implique que la tête, le corps et tout ce qui lui est rattaché(3) soient entièrement recouverts par l’eau. Or, il en est de même spirituellement. Celui qui désire se purifier de l’impureté découlant de la faute de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, doit immerger dans l’eau la totalité de sa personnalité, depuis son intellect jusqu’à sa force la plus basse, celle de la marche. Pour cela, il sera humble, comme le dit le traité Taanit 7a. Et, son humilité sera intègre, sans ruse.

C’est ainsi que l’on se préserve des opinions erronées et que l’on parvient à craindre Dieu. Car l’humilité conduit effectivement à la crainte de Dieu, selon la fin du traité Sotta. C’est la raison pour laquelle ceux qui ont accès à la Science de la Vérité(4) soulignent que Tevila, l’immersion rituelle, est l’anagramme de Bitoul, la soumission. Combien plus est-on ainsi renforcé dans son service de Dieu, afin de Le craindre réellement.

Sans en faire le vœu, je mentionnerai votre nom, comme vous me le demandez, lorsque je me trouverai près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

En saluant le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre fidèlement aux besoins communautaires, Rav Efraïm Zalman et en vous adressant ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée,

Notes

(1) Le Rav Y.B. Lévy, de Jérusalem. (2) Transcendant la logique. (3) Les cheveux, les ongles. (4) La Kabbala.

Lettre n°2299

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2299, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Kislev 5714,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Yo’hanan(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec plaisir votre lettre du 11 Kislev, avec la liste de ce que vous voulez distribuer à la Tsédaka. Cela a effectivement été fait, conformément à vos instructions. Lorsque je me trouvais près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, j’ai mentionné votre nom. Et, celui qui fait un cadeau à son ami(2) doit le lui faire savoir.

Dès ce mois de Kislev, celui de la libération et des miracles, Dieu vous renforcera et vous guérira. Et, c’est en bonne santé que vous exercerez vos responsabilités au sein de la synagogue “ Loubavitch de Loubavitch ”(3). Vous recevrez ainsi la bénédiction qui vous permettra d’exercer vos fonctions personnelles de la manière qui convient. Avant tout, vous concentrerez votre pensée et votre réflexion uniquement sur ce qui concerne la Torah et les Mitsvot.

S’il vous arrive, parfois, d’avoir une pensée mélancolique, et j’ai été surpris d’apprendre que cela pouvait effectivement être le cas, vous devez savoir ce que dit le Torah Or(4), à ce sujet. Il affirme que la mélancolie peut être transformée en ardeur à l’étude de la sagesse, en particulier de notre sainte Torah(5). C’est donc ce que vous ferez et vous servirez Dieu joyeusement, en tout ce que vous accomplirez.

Avec ma bénédiction pour que vous ayez de longs jours et de bonnes années, de même que votre épouse,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Y.Gordon. Voir, à son sujet, les lettres n°1490, 2026 et 2417. (2) En l’occurrence, le fait d’avoir mentionné ce nom. (3) Celle du 770, Eastern Parkway. (4) Toledot, dans le commentaire du discours ‘hassidique intitulé “ les eaux nombreuses ”, page 19c. (5) Voir, à ce sujet, les lettres n°672, 700, 819 et 1235.

Lettre n°2300

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2300, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Kislev 5714,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Its’hak Yaakov(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 10 Kislev. J’y ai lu avec satisfaction que vous allez mieux et que vous êtes satisfait de votre sort. Puisse Dieu faire que se développent ce sort et cette joie.

Vous évoquez le fait de parler pendant la prière. Vous savez à quel point les premiers Sages, ont mis en garde contre cela, pendant de nombreuses générations. En outre, vous avez sûrement eu connaissance du récit de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, selon lequel, étant enfant, il posa la question suivante à son père, le Rabbi : “ Pourquoi l’homme fut-il créé avec deux yeux ? ”. Son père lui répondit que l’œil droit(2) servait à observer son prochain de manière généreuse, alors que l’on devait considérer de l’œil gauche(3) les plaisirs de ce monde.

Si vous tenez compte du fait que cette prière s’insère dans les activités commerciales et les préoccupations de ce monde, que l’on doit interrompre pour s’adresser au Saint béni soit-Il, vous renforcerez le côté positif par rapport à l’autre(4). Ainsi, vous vous rapprocherez des Injonctions de notre sainte Torah, y compris dans votre existence quotidienne.

Bien évidemment, il n’est pas toujours nécessaire de rendre cela(5) public, car on pourrait en faire usage pour cautionner une telle attitude(6). Mais, vous-même devez avoir conscience qu’il faut considérer l’autre avec bienveillance. Cette idée vous aidera à y parvenir.

Je vous joins ce qui a été imprimée(7) à l’occasion de la fête de la libération du 19 Kislev, qui approche. De fait, le contenu de ce texte est valable tout au long de l’année.

Avec ma bénédiction de bonne santé,

Notes

(1) Le Rav I.Y. Nelson. (2) Celui de la bonté. (3) Celui de la sévérité. (4) Vous considérerez avec bienveillance ceux qui font l’effort d’interrompre leurs activités pour prier, même s’ils parlent. (5) La nécessité de considérer l’autre avec bienveillance. (6) Le fait de parler pendant la prière. (7) Le discours ‘hassidique intitulé “ Il a libéré mon âme dans la paix ” de 5704.

Lettre n°2301

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2301, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Kislev 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

De façon générale, une dispute ou une guerre sont le fait de deux parties. Et, quand l’une s’aperçoit que l’autre n’y prend pas garde, ne s’en affecte pas, n’entretient pas le différend, elle perd elle-même, peu à peu, son émotion. Son désir de s’opposer diminue, jusqu’à disparaître complètement.

Il en sera donc de même, pour ce qui vous concerne. Vous devez vous contenir et ne pas vous engager dans de grandes discussions. Vous savez qu’une femme est émotive, qu’elle pleure facilement. Il faut donc faire une concession, chaque fois que cela est nécessaire. Pour le reste, vous n’en tiendrez pas compte et, au final, le bien l’emportera.

Vous me parlez de la réponse que vous avez faites à ce jeune homme. De façon générale, il ne faut pas donner l’impression à de telles personnes que l’on court après elles. Pour autant, il ne faut pas oublier la finalité ultime, qui est bien la nécessité de leur apporter des informations sur la ‘Hassidout, son enseignement et ses pratiques. Cet objectif est si important que, par rapport à lui, tout le reste doit être mis de côté.

En conséquence, après avoir attendu quelques jours, il serait bon d’engager la conversation de telle façon qu’il soit possible de lui souligner encore une fois la nécessité de fixer un temps pour l’étude de la Torah, en général et de la ‘Hassidout, en particulier.

Lettre n°2302

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2302, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Kislev 5714,

Brooklyn,

Aux dirigeants du réseau Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch

en notre Terre Sainte, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

A) Vous me dites que des propositions vous ont été faites par des directeurs d’école. En effet, pour différentes raisons, certaines écoles ne fonctionneront pas en 5714 et l’on vous suggère donc de les intégrer au réseau.

Il faut être prudent, en la matière. Il est vraisemblable que ceux qui vous proposent ces écoles en ont le pouvoir, sont habilités à formuler ces propositions. Néanmoins, lorsque d’autres personnes en auront connaissance et, après examen, n’en seront pas satisfaites, vous subirez, de leur part, les attaques les plus virulentes. Et, ceux qui vous ont transmis ces écoles ne vous viendront pas en aide.

B) Vous me dites qui est la personne(1) que vous avez rencontrée. Or, vous devez connaître la position de Loubavitch, consistant à ne s’affilier à aucun parti. Vous saurez donc lui faire part de cette conception, de manière agréable et pacifique.

Si une attitude passive suffit(2), vous pourrez également l’adopter. Mais, en tout état de cause, vous n’accepterez aucune intervention qui implique une adhésion politique.

C) Vous écrivez également que, dans certains endroits, on vous confiera des écoles affiliées à un autre courant, afin d’être en conformité avec la nouvelle loi sur l’unicité de l’école(3).

Il est sûrement inutile de vous rappeler la prudence qui est nécessaire, en la matière. Votre direction, votre maîtrise, votre pouvoir ne doivent nullement être remis en cause, au sein de l’école. Parfois, celui qui a une volonté destructrice met en pratique les termes du verset “ ceux qui te détruisent émanent de toi ”. Dans un premier temps, leur exigence semble limitée et ils font mine de tout accepter(4). Puis, ils se trouvent à l’intérieur et, dès lors, ils expriment leur avis, puis le font avec de plus en plus de fermeté. Vous comprendrez ce que je veux dire.

Peut-être ces craintes sont-elles, en l’occurrence, sans fondement. La décision finale doit donc être prise sur place. Mon propos est uniquement de vous mettre en garde, de vous souligner la nécessité de réfléchir à tout cela également de ce point de vue.

Dieu vous protégera de tout événement négatif. Il vous conférera la réussite afin de grandir et d’agrémenter la Torah, dans l’esprit de la Tradition juive, en rapprochant le cœur des fils et des filles d’Israël de notre Père Qui se trouve dans les cieux, grâce à l’éducation profonde qui est dispensée dans les écoles du réseau.

D) Dans votre lettre de la fin de l’année dernière, vous me faites part de votre espoir de recevoir bientôt ce qui vous est dû, pour les écoles du réseau, de la part des différentes instances. Il s’agit d’un montant de plus de douze milles livres israéliennes.

Je suis surpris que vous ne me disiez pas, de manière détaillée, de quelle façon cela a abouti. Sans doute prenez-vous toutes les mesures nécessaires pour recevoir l’intégralité de ces montants.

E) Je suis quelque peu peiné du compte rendu que vous me faites de votre négociation

avec le représentant de cette organisation, mais j’espère que mes craintes sont sans fondement. J’ai eu l’impression que vous en avez gardé le sentiment d’une victoire extérieure. Vous souhaitez donc en faire état, de la manière la plus affirmée, montrer que vous êtes victorieux.

Certes, il est parfois nécessaire de le faire, car une attitude ferme peut écarter les difficultés et les obstacles, sans qu’il ne soit nécessaire d’envisager aucune autre action. Mais, en l’occurrence, l’éducation de nombreux enfants juifs, dans un esprit de crainte de Dieu, est en cause. Il n’y a donc pas lieu de multiplier les difficultés en la matière, même dans une proportion limitée.

Vous savez, et la pratique permet d’établir qu’il en est bien ainsi, qu’une attitude pacifique et agréable supprime toute recherche de la victoire de la part de l’autre camp. Et, lorsque ce dernier adopte une position rationnelle, il est plus aisé de négocier.

Bien évidemment, je ne dis pas qu’il faille abandonner l’école, en cet endroit. Toutefois, il est nécessaire, dans toute la mesure du possible, de faire cesser la guerre déclarée et l’on peut constater, même à distance, que c’est bien de cela qu’il s’agit, que l’on désire, en l’occurrence, conquérir tout le village.

Les parents réclament une certaine forme d’éducation et les responsables du réseau possèdent une compétence, en la matière. Ils sont certains de pouvoir satisfaire les attentes des parents. Il n’y aura donc pas de recours à la contrainte.

F) Il est clair que ce qui a été dit au paragraphe C), à propos des précautions nécessaires pour prendre la responsabilité d’écoles appartenant à d’autres partis ou d’autres courants, ne s’applique pas dans le cas où la décision a déjà été prise. En pareil cas, un changement(5) peut envenimer les rapports. Dans cette hypothèse, il faut prendre des mesures, de la manière qui convient, afin d’exclure le risque que je définissais au préalable.

Mais, bien évidemment, il est absolument hors de question d’envoyer les enfants dont vous avez la responsabilité dans des écoles où il y a d’autres professeurs, que vous n’avez pas engagés et que vous ne dirigez pas. Il est inconcevable de vous engager

pour l’éducation qui est dispensée par les autres.

G) Dans votre lettre du 6 ‘Hechvan, vous me demandez si vous devez réagir à ce qui est imprimé dans les journaux(6). L’expérience a montré que la polémique engagée dans les journaux est sans fin. De plus, ces journaux ne vous appartiennent pas. D’autres les dirigent.

Pour ce qui est des suites pouvant être données devant un tribunal, vous savez ce que j’en pense. On doit recourir à une telle extrême uniquement après avoir essayé toutes les autres possibilités.

Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée et dans l’attente de vos bonnes nouvelles, au plus vite,

Notes

(1) Un responsable d’un parti politique. (2) Si ce responsable n’en demande pas plus. (3) Empêchant de maintenir plusieurs écoles dans le même endroit. (4) La Guemara décrit, de cette façon, l’intervention du mauvais penchant, qui est progressive. (5) Une remise en cause de la décision, déjà prise, d’intégrer cette école au réseau. (6) Voir, à ce sujet, les lettres n°2289 et 2333.

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