Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°2263
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2263, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Mar’hechvan 5714,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Chmouel Eléazar(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu vos lettres de la veille de la fête de Soukkot et du 4 Mar’hechvan. Mes propos seront introduits par une bénédiction et je vous souhaite donc Mazal Tov, à l’occasion de la naissance de votre fils. Il est sans doute déjà entré dans
l’alliance de notre père Avraham(2). De la même façon, il sera conduit vers la Torah, le dais nuptial et les bonnes actions. Vous et votre épouse concevrez de lui beaucoup de satisfaction ‘hassidique.
Nos parutions ont été adressées au rédacteur du Hamodya et, avec l’aide de Dieu, elles le seront encore, à l’avenir. Malgré cela, vous serez vous-même vigilant et vous vous assurerez que ce qui concerne le public fasse effectivement l’objet d’une diffusion(3). J’ai demandé à mon secrétariat d’ajouter votre nom à la liste des destinataires de nos fascicules.
La Torah considère que, chaque fois qu’un enfant peut être sauvé d’une éducation impie et en recevoir une qui lui présente les Mitsvot de la meilleure façon qui soit, tout doit être mis en œuvre pour obtenir un tel résultat. Et, si celui-ci n’est pas possible, il faut, à tout le moins, lui donner une éducation basée sur le Choul’han Arou’h, même si l’on ne dépasse pas la ligne de la Loi. Le strict minimum est de transmettre au moins les valeurs fondamentales et, là encore, il est nécessaire de sauver un enfant, afin qu’il ne s’assimile pas parmi les nations et ne reçoive pas une éducation impie, ce qu’à Dieu ne plaise.
Si quelqu’un se demande pourquoi il doit s’encombrer de telles préoccupations, si, après avoir eu un tel enfant sous sa responsabilité, il l’abandonne par crainte de ce que les autres penseront, on peut considérer qu’il est à l’origine de l’éducation antireligieuse que recevra cet enfant, bien plus qu’il le pousse vers elle de ses propres mains.
On sait que l’un de nos maîtres répondait par écrit à ceux qui l’interrogeaient, y compris à ‘Hol Hamoed(4). Il disait, en effet : “ Est-ce parce que j’entends accomplir la Mitsva d’une meilleure façon que je dois mettre de côté ce qui est fondamental pour mon prochain ? ”. Il est clair que l’on ne peut pas causer la perte d’une âme juive pour des considérations politiques.
Or, il s’agit, en l’occurrence, de centaines, de milliers de Juifs, bien plus, d’élèves dont la responsabilité vous avait déjà été confiée. Les directeurs d’école doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour que ceux-ci restent, au moins, fidèles à leur foi, même s’ils n’ont pas le pouvoir d’en faire des ‘Hassidim ou tout au moins, s’ils ne sont pas des ‘Hassidim, des Juifs pratiquant les Mitsvot de la meilleure façon.
Notes
(1) Le Rav C.E. Chaoulsohn. (2) A été circoncis. (3) Dans ce journal. (4) Bien qu’il soit alors préférable de s’abstenir d’écrire.
Lettre n°2264
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2264, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Mar’hechvan 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je viens de recevoir les quelques lignes que vous m’avez écrites, le 12 Mar’hechvan, avec ce qui y était joint, l’article intitulé “ étincelles de ‘Habad ”. Je vous remercie beaucoup pour cette attention.
Sans doute, avant
de m’envoyer cet article, l’avez-vous examiné avec toute l’attention nécessaire. J’espère que ces étincelles ont rejoint la lueur qui se trouve au fond de votre âme, afin de vous permettre de multiplier vos accomplissements, au quotidien, dans le sens requis par l’enseignement de ‘Habad.
Telle est, en effet, la finalité de l’homme juif, qui doit se sanctifier pour Dieu, appartient à une “ nation de prêtres ”, non seulement quand il prie ou étudie la Torah, mais également lorsqu’il marche dans la rue, mange ou boit, comme l’écrit le Rambam, au cinquième chapitre de ses lois des opinions.
Avec mes respects et ma bénédiction,
Lettre n°2265
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2265, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Mar’hechvan 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, qui n’était pas datée et également à celle de votre épouse. Je voudrais, encore une fois, vous exprimer mon opinion, que je vous ai déjà communiquée. Vous savez ce que je pense du départ de Paris(1), en particulier lorsque l’on a une activité au sein de la Yechiva(2).
Vous désirez obtenir mon accord pour aller peiner dans un autre endroit, même s’il s’agit de l’Amérique ou du Canada. Cela n’est pas mon affaire.
Il serait bon que vous correspondiez avec ceux qui se sont installés ici, il y a quelques mois. Vous leur demanderez de vous dire la vérité, de vous expliquer ce qui leur arrive ici, ce qu’ils ont recherché et ce qu’ils ont obtenu, en ces quelques mois qu’ils ont passé dans cet endroit. Peuvent-ils citer quoi que ce soit d’autre que le fait de se trouver en Amérique, ce qui, à mon sens, est loin d’être une qualité, non seulement d’après la Torah mais aussi en fonction de ce que le bon sens permet d’établir ?
Vous m’écrivez que la Yechiva n’observe pas votre travail de manière positive. En conséquence, vous n’êtes pas suffisamment occupé. De plus, il est difficile de développer la Yechiva. En tout état de cause, la solution à tout cela n’est pas de s’enfuir de Paris et d’aller peiner dans un autre endroit.
Il est grand temps que tous ceux qui sont liés à nos saints maîtres fassent usage des forces qui leur sont accordées et qu’ils mènent à bien, de manière sincère, la mission qui leur est confiée. Alors, à n’en pas douter, ils connaîtront la réussite, auront une meilleure santé non seulement physiquement, mais aussi moralement.
Que Dieu fasse que vous et votre épouse preniez la décision qui est réellement la meilleure pour vous, matériellement et spirituellement à la fois.
Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée,
Notes
(1) Dans différentes lettres écrites en 5712 et 5713, le Rabbi indiquait que les ‘Hassidim résidant à Paris devaient rester dans cette ville. (2) De Brunoy, dans la région parisienne.
Lettre n°2266
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2266, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Mar’hechvan 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous m’écrivez à propos de votre fille aînée, qui est déjà mariée depuis huit ans et n’a toujours pas d’enfant. Vous devez, tout d’abord, vérifier si elle respecte bien la pureté familiale, comme les femmes juives doivent le faire. C’est là, chez les Juifs, le premier moyen d’avoir des enfants et que ceux-ci soient en bonne santé.
Bien évidemment, ces lois exercent leur influence sur les enfants et les petits-enfants, pour de nombreuses générations. Il ne faut donc pas être gêné d’en parler une fois, puis une seconde et de nombreuses fois, jusqu’à l’adoption de ces principes qui sont à la base de la pureté familiale. J’espère que vous agirez en ce sens.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°2267
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2267, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Mar’hechvan 5714,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
se consacre aux besoins communautaires
et assume une mission sacrée,
le Rav Aharon(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 11 ‘Hechvan, dans laquelle vous me dites que vous visitez les villages(2), pour le compte du grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre fidèlement aux besoins communautaires, Rav Chlomo Matusof(3).
Il est difficile d’expliquer la grandeur du mérite que vous acquerrez, de la sorte. Il est un dicton(4) du Baal Chem Tov que rapporta, de nombreuses fois, mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera : “ Chaque Juif et chaque Juive est chéri par le Saint béni soit-Il, infiniment plus qu’un fils unique par ses parents qui l’ont eu à un âge avancé ”.
Vous pouvez en conclure à quel point il est important de rapprocher le cœur de ce fils unique de son Père Qui se trouve dans les cieux, d’autant que vous décrivez l’effort physique qu’il vous en coûte, puisque vous devez chevaucher un animal(5). La récompense est à la mesure de l’effort(6).
Puisse Dieu faire que vous observiez, de vos yeux de chair, les fruits de votre mission sacrée. Car, c’est bien là la récompense la plus considérable. La Michna dit, en effet, que “ la rétribution de la Mitsva est la Mitsva elle-même ”. Vous connaîtrez donc la réussite dans vos préoccupations personnelles.
Nos Sages disent que l’on doit connaître l’élévation, en tout ce qui concerne le domaine de la Sainteté. Vous redoublerez donc d’ardeur, en tous ces accomplissements et, “ à quiconque ajoute(7), on ajoute(8) ”, par une influence céleste, en tous vos besoins, matériels et spirituels.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav A.Benhamou. (2) Du sud marocain. (3) De Casablanca. Voir, à son propos, la lettre n°2273. (4) Voir,
à ce propos, la lettre n°1964. (5) Les déplacements étaient faits à dos d’âne. (6) Textuellement : “ La trace, sur le dos du chameau, dépend du poids de son fardeau ”. (7) Des efforts. (8) Des bénédictions.
Lettre n°2268
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2268, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
18 Mar’hechvan 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre de ce jour et, lorsque je me trouverai près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, je mentionnerai le nom de vos enfants, afin qu’il soit aisé de les éduquer. Vous concevrez d’eux, de même que votre épouse, beaucoup de satisfaction ‘hassidique.
Il serait bon de limiter leur formation séculaire, tout au moins de ne pas la développer, jusqu’à un certain âge. De fait, la rue s’en chargera(1). Vous intensifierez donc leurs études sacrées. Commentant le verset : “ Si elle(2) n’avait pas été détruite, Tsour n’aurait pas été puissante ”, nos Sages soulignent que cette puissance est également physique. En effet, “ Israël est un peuple unique sur la terre ” et doit donc instaurer une harmonie parfaite entre le corps et l’âme. Lorsque cette dernière se renforce, le premier le fait également.
Avec ma bénédiction de réussite pour l’influence que vous exercez sur votre entourage, afin de le rapprocher de la Tradition d’Israël, ce qui vous permettra de recevoir bénédiction et réussite dans vos préoccupations personnelles,
N. B. : J’ai reçu, il y a quelques temps, votre lettre concernant l’état de santé de votre père, le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires. A son âge, il est très utile, pour conserver la santé physique, qu’il ait une activité rémunérée, afin de pouvoir subvenir à ses propres besoins. Une modification, en la matière, peut causer un tort plus important que le bénéfice qu’il pourrait en tirer. Néanmoins, il faut s’efforcer que le travail qui lui est confié soit facile, dans toute la mesure du possible.
Bien évidemment, pour ne pas être choqué, votre père doit donner son plein accord à tout cela. S’il est possible de le faire, il faudrait s’arranger pour la proposition émane de lui. En tout état de cause, Dieu accordera à votre père et à votre mère de longs jours et de bonnes années qui, selon le dicton de mon beau-père, le Rabbi, seront bonnes dans toutes les acceptations de ce terme(3).
Notes
(1) De leur apporter cette formation. (2) Jérusalem. (3) Voir, à ce propos, les lettres n°1960, 2016, 2354 et 2419.
Lettre n°2269
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2269, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
18 Mar’hechvan 5714,
Brooklyn,
Au jeune homme, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et assume une mission sacrée, le Rav ‘Haïm(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu avec plaisir votre lettre dans laquelle vous me dites que vous vous êtes installé à Boston, que vous enseignez à la Yechiva(2) et également hors de celle-ci. J’ai été satisfait de constater que vous ne vous contentez pas d’assumer la mission qui vous est confiée. Vous redoublez d’ardeur et recherchez d’autres centres d’activité, afin de faire pleinement usage de vos forces et d’influencer votre entourage.
Vous savez que l’expression employée par nos Sages, en différents textes, est “ se consacrer(3) à la Torah ”. Mon beau-père, le Rabbi, donne, à ce sujet, l’explication suivante. Lorsque quelqu’un possède un commerce qui lui fournit sa subsistance matérielle, il n’attend pas que l’on vienne le voir et qu’on le sollicite. Il recherche lui-même, jour et nuit, le moyen de prospérer et de connaître la largesse.
Or, il en est de même lorsque l’on se “ consacre ” à la Torah et au Judaïsme, en général. Il faut chercher et trouver, avec l’effort qui convient, le moyen d’assurer sa subsistance morale. Et l’Attribut du bien est plus fort…(4). C’est donc de cette manière que vous obtiendrez la bénédiction et la réussite, afin d’assurer votre subsistance matérielle, en particulier et de satisfaire toutes vos préoccupations personnelles, en général.
Je suis surpris que vous ne parliez pas des réunions d’enfants, pendant le Chabbat(5). Celles-ci existent sans doute, dans votre endroit. Si ce n’est pas le cas, il serait bon de les instaurer, de la manière qui convient et en les développant.
Vous précisez, dans votre lettre, que vous enseignez le Eïn Yaakov, à la synagogue. Il serait bon d’y instaurer un cours sur les lois usuelles(6), par exemple celles de l’abrégé du Choul’han Arou’h ou bien celles qui sont présentées dans le Dére’h ‘Haïm du Gaon de Lissa. Ces lois sont également imprimées dans différents rituels de prière, par exemple le Sidour avec le Chaar Ha Collel ou le Sidour Chneï Lou’hot Haberit.
Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée et afin que vous vous installiez de manière positive, très prochainement,
N. B. : Vous voudrez bien transmettre mes salutations à votre ami, le jeune homme, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, Morde’haï(7). Je suis surpris de n’avoir aucune nouvelle de lui, depuis votre départ.
Notes
(1) Le Rav H.Ciment, de Boston. Voir, à son propos, les lettres n°2493 et 2620. (2) De cette ville. (3) Que l’on pourrait également traduire par “ faire son activité, son métier, son commerce de l’étude de la Torah ”. (4) Que celui du malheur. (5) Voir, à ce sujet, la lettre n°2493. (6) Voir, à ce sujet, la lettre n°2456. (7) Le Rav Morde’haï Scharfstein.
Lettre n°2270
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2270, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
18 Mar’hechvan 5714,
Brooklyn,
Aux dirigeants des jeunes de l’association ‘Habad
en notre Terre Sainte,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
A) Après un long mutisme, j’ai enfin reçu votre lettre du 9 Mar’hechvan, avec ce qui y était joint. Je vous remercie au moins de me l’avoir écrit maintenant. J’espère que vous vous arrangerez, à l’avenir, pour qu’il n’y ait plus d’aussi longs silences. Le simple fait de savoir qu’il faudra rendre des comptes permettra d’intensifier ce qui est accompli
B) De façon générale, je suis satisfait de ce qui a été fait pendant le mois de Tichri. Néanmoins, il manque encore un point important, qui est le suivant. Il faut se développer, s’étendre, car on doit connaître l’élévation en tout ce qui concerne le domaine de la Sainteté. Or, si l’on considère ce qui était accompli, vous n’avez nullement progressé, bien au contraire.
Je comprends les raisons que vous me donnez dans votre lettre, de même que celles qui y apparaissent en allusion. Mais, vous connaissez le dicton de mon beau-père, le Rabbi(1), selon lequel tout cela concerne uniquement l’ange Mi’haël, chargé de rédiger par écrit les mérites d’Israël et de le défendre.
Lorsqu’il y a une raison probante, on ne peut pas se plaindre. Toutefois, pour ce qui nous concerne, nous connaissons le dicton du Tséma’h Tsédek(2) selon lequel “ nous sommes des travailleurs du jour ”. Notre rôle est d’éclairer et, en ne le faisant pas, on perd l’étincelle émanant du luminaire et parfois même le luminaire lui-même, en tel endroit ou en tel autre. Pour des personnes comme vous, il est sûrement inutile d’en dire plus.
C) Je suis surpris que vous n’évoquiez pas la parution du prochain Bitaon(3). En effet, les précédents ont fait bonne impression. Ces recueils doivent donc être maintenus, à l’occasion des fêtes ou des jours particuliers du calendrier ‘Habad, en particulier pendant le mois de Kislev.
Que Dieu vous accorde la réussite.
D) Il me semble vous avoir déjà souligné l’importance de vous introduire dans les cercles de la jeunesse orthodoxe et, bien évidemment, avant tout dans les Yechivot. Vous mènerez également une action auprès de ceux qui, pour l’heure, ne sont pas encore pratiquants, la première priorité, dans ce domaine, étant les soldats.
Avec l’effort qui convient, vous trouverez les moyens d’entrer en contact avec eux.
Dans l’attente de vos bonnes nouvelles, je conclus en vous adressant mes souhaits de réussite dans votre mission sacrée et précisément d’une réussite considérable.
Notes
(1) Voir, à ce propos, les lettres n°1910 et 2235. (2) Voir, à ce propos, les lettres n°2235, 2101 et 2443. (3) Le Bitaon ‘Habad, organe des jeunes de l’association ‘Habad.
Lettre n°2271
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2271, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
20 Mar’hechvan 5714,
Brooklyn,
Aux dirigeants de la Yechiva et du Talmud Torah
de Kfar ‘Habad, que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre question. Vous me dites que vous vous interrogez, à propos de certaines classes, dans lesquelles la langue d’étude était, jusqu’à ce jour, le Yiddish. Pour différentes raisons, que vous mentionnez dans votre lettre, vous vous demandez ce qu’il y a lieu de faire,
à la prochaine rentrée et vous sollicitez mon avis.
Malgré les raisons invoquées, il est nécessaire que les études se poursuivent en Yiddish, comme c’était le cas jusqu’à maintenant. Vous voyez de quelle manière les forces négatives luttent à propos de chaque détail, sont prêtes à tout pour obtenir la victoire. Ce qui est, chez nous, un élément constitutif de la Torah ne serait donc pas comparable à ce qui fait l’objet de leurs préoccupations ?
Or, vous savez que toutes les pratiques doivent être maintenues, même s’il s’agit de la couleur des lacets et, combien plus, pour tout ce qui concerne l’éducation. Il est difficile de prévoir les conséquences que peut avoir la moindre modification, intervenant pendant les années de l’enfance, sur tout le reste de l’existence. Pour des personnes comme vous, il est sûrement inutile d’en dire plus.
Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Lettre n°2272
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2272, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
20 Mar’hechvan 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je vous joins une copie de la lettre que j’ai adressée à l’association des femmes et des jeunes filles ‘Habad. Je ne connais pas votre épouse, la Rabbanit, mais je présume qu’elle est à l’image de ce que vous êtes vous-même. Elle est donc à même d’influencer son entourage de la manière qui est décrite dans cette lettre.
De fait, cette lettre s’adresse à toutes les femmes. Néanmoins, l’aplomb particulier qui est nécessaire pour faire de la morale à toutes, sans distinction, est une qualité spécifique des femmes et des jeunes filles ‘Habad. Vous consulterez, à ce sujet, le Dére’h Mitsvoté’ha, à la page 112b.
Si elle a besoin d’explications complémentaires, vous ne manquerez pas de les lui donner. Je vous remercie, par avance, de vos efforts, dans ce domaine et je souhaite du succès, dans cette entreprise à votre épouse, la Rabbanit. Permettre à la clarté du Judaïsme d’irradier dans son entourage constitue un mérite particulier, justifiant que soit renforcée et raffermie la clarté de ses yeux.
Avec mes respects et ma bénédiction,
Lettre n°2273
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2273, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Mar’hechvan 5714,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Chlomo(1),
Je vous salue et vous bénis,
A) J’ai bien reçu vos lettres des 7, 18 et 19 Mar’hechvan, de même que les précédentes des 11 et 29 Tichri. Je vous remercie pour la bonne nouvelle du début des études, pour les garçons comme pour les filles. Sans doute, tous les problèmes posés par la rentrée des classes et la reprise des études, le logement des élèves et les différentes questions, seront-ils réglés.
Que Dieu vous donne la réussite, de même qu’à ceux qui vous viennent en aide. Que vos efforts portent leurs fruits au plus vite et de manière concrète.
B) Lorsque vous adressez ici une copie de ce qui est envoyé par le Joint(2), il est inutile de le traduire en Hébreu. L’original suffit, car je sais lire le français.
Je vous remercie de m’avoir annoncé que vous allez mieux. A n’en pas douter, tout ira bien. Vous avez le grand mérite de mettre en pratique la Volonté de notre Père Qui se trouve dans les cieux. Comme vous le savez, nos Sages disent que lorsque l’on adapte sa propre volonté à celle de Dieu, on obtient que Dieu adapte celle des autres à la sienne. Dès lors, Dieu Lui-même adopte envers l’homme le comportement qu’il désire. Vous consulterez, à ce sujet, le Likouteï Torah Chir Hachirim, à la page 25d.
Avec ma bénédiction de réussite, dans votre mission sacrée, que vous assumerez en bonne santé, vous-même et tous les membres de votre famille,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav C.Matusof, de Casablanca, Maroc. Voir, à son sujet, les lettres n°2139, 2289, 2365 et 2541. (2) Organisation philanthropique américaine finançant les activités du mouvement Loubavitch au Maroc.
Lettre n°2274
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2274, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Mar’hechvan 5714,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Avraham Alter(1), le Cho’het,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai eu de vos nouvelles avec plaisir par le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, Rav Mena’hem Zéev Halevi Gringlass(2). Lorsque je me trouverai près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, je mentionnerai votre nom, comme vous me le demandez dans votre lettre.
Vous connaissez sans doute l’explication, donnée par plusieurs textes de ‘Hassidout, selon laquelle la Che’hita est un moyen d’attirer(3). Matériellement, celle-ci, quand elle est bien faite, attire l’animal ou la volaille vers un état permettant à l’homme de le confondre à sa chair et à son sang. Or, il en est de même, dans la dimension spirituelle. Il est nécessaire d’attirer son corps et son âme animale, afin qu’elles puissent se transmuter en âme divine, caractéristique de l’homme, Adam, ainsi appelé parce qu’il est créé à l’image de Dieu(4).
C’est ce qu’expliquent le Assara Maamarot, dans la partie intitulée “ Mère de tous les vivants ”, deuxième section, chapitre 33, le Chneï Lou’hot Haberit, page 301b et d’autres textes encore.
Pour cela, il faut donc réaliser une bonne Che’hita. Si l’âme animale est forte, on lui tranchera une veine et une artère(5), afin de supprimer le désir de manger et de boire, comme le précise le traité Bera’hot 32a et de purifier l’atmosphère ambiante, selon la fin du chapitre 6 du Tanya. Il s’agira alors de la trachée artère et de l’œsophage. Si l’âme animale est moins forte(6), il suffira de trancher l’un des deux, en l’occurrence celui qui exerce le plus grand attrait.
Conformément à l’avis de Rabbi Yehouda, il convient de considérer ces artères avec prudence, d’en ôter le sang, c’est-à-dire l’enthousiasme éprouvé pour ce qui caractérise un animal. De fait, Rabbi Yehouda est appelé ainsi parce qu’il loue Dieu(7), y compris pour ce qu’il ne comprend pas encore.
Dieu fasse que vous puissiez accomplir tout cela dès maintenant, pour vous et pour votre entourage, en bonne santé et avec largesse d’esprit.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav A.A. Kalifan. (2) De Montréal. Voir, à son propos, la lettre n°2408. (3) Vers le domaine de la Sainteté. Voir, à ce propos, la lettre n°1881. (4) Adam, l’homme est de la même étymologie que Adamé, je ressemble. (5) Comme c’est le cas pour un animal. (6) Comme c’est le cas pour une volaille. (7) Yehouda est de la même étymologique que Hodaa, reconnaissance, louange.
Lettre n°2275
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2275, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
26 Mar’hechvan 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je viens de recevoir votre lettre du mercredi de la Parchat ‘Hayé Sarah, dans laquelle vous me dites que l’intervention chirurgicale nécessaire pour votre fracture a été fixée à vendredi prochain.
Comme je le disais dans le télégramme que je vous ai adressé, je voudrais vous réitérer ma bénédiction afin que cette opération se déroule en un moment bon et fructueux. Très vite, vous recouvrerez la santé et retrouverez votre travail, qui vous permet de venir en aide aux enfants d’Israël, dans le domaine matériel et, au final, également de manière spirituelle.
De fait, les enfants d’Israël sont “ un peuple de prêtres et une nation sainte ”. Leurs préoccupations matérielles sont donc saintes pour notre Dieu. Selon le dicton bien connu du Baal Chem Tov(1), une âme peut s’introduire dans un corps physique pendant soixante dix ans ou même, si des forces particulières lui sont accordées, pendant quatre vingt ans, uniquement pour rendre un service, une fois, à son prochain, matériellement ou spirituellement.
J’ai lu avec plaisir que votre fille s’est bien mariée. Certes, vous me dites qu’il n’est pas aisé d’influencer son mari, pour tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot. Néanmoins, le résultat est à la mesure de l’effort et qu’importe si Dieu a décidé de vous attribuer une large récompense(2) ? Bien au contraire, ceci doit vous faire redoubler d’ardeur, en la matière. Car, si des parents doivent venir en aide à leurs enfants en leurs besoins matériels, combien plus doivent-ils le faire spirituellement.
Vous savez que tout ce que l’homme obtient est, en réalité, un prêt que le Créateur du monde lui consent. Pour le rembourser, cet homme doit organiser sa vie et ses actions en sorte qu’il cause du plaisir à Celui Qui accorde le prêt. Or, son existence est physique et il fut façonné avec de la terre. Il peut donc trébucher, rembourser ce prêt avec retard.
Néanmoins, l’assurance a été donnée que rien ne résiste à la volonté et à la Techouva.
De plus, le Saint béni soit-Il agit “ mesure pour mesure ”(3). Lorsque celui qui prête ne fait pas subir de pressions à ceux qui en sont les bénéficiaires, quand il accepte de leur accorder un délai supplémentaire, bien plus, le fait avec bienveillance, en leur disant un mot agréable, il obtient que le Prêteur suprême, le Saint béni soit-Il, adopte envers lui la même attitude.
J’attends de vos bonnes nouvelles. Vous m’annoncerez, après l’opération, que vous allez bien et que vous retournez à votre travail, de la manière qui vient d’être décrite. Que Dieu fasse que vous donniez également de bonnes nouvelles de votre gendre, de votre fille et de votre épouse.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Voir à ce propos, les lettres n°911, 1450, 2021, 2587 et 2593. Voir aussi les lettres du précédent Rabbi, tome 8, lettre n°2342. (2) En attendant, de sa part, un intense effort pour convaincre son gendre. (3) A la façon dont l’homme le fait lui-même.
Lettre n°2276
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2276, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
26 Mar’hechvan 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du vendredi de la Parchat ‘Hayé Sarah et je réponds à votre interrogation. Votre sœur est mariée au frère de votre fiancée et vous me demandez ce que j’en pense, car votre fiancée appartient à une famille érudite et pudique.
Cette question est évoquée dans le testament de Rabbi Yehouda le ‘Hassid, au paragraphe 33. L’explication, à ce sujet, figure dans les Pisskeï Dinim du Tséma’h Tsédek, partie Yoré Déa, page 213a. Le Tséma’h Tsédek indique qu’il a lui-même adopté un tel comportement en mariant son fils et sa fille à une fille et à un fils(1). Vous consulterez le long développement qui est donné à ce sujet.
Ce problème est également traité par le Chiveim Temarim, qui commente le testament de Rabbi Yehouda le ‘Hassid et par le Otsar Ha Posskim, imprimé à Jérusalem, Even Haézer, pratiquement à la conclusion du second chapitre.
Concrètement, il s’agit d’une bonne proposition(2) et votre couple sera béni. Toutefois, il serait bon que vous, c’est-à-dire vos deux couples, ne résidiez pas dans la même ville(3) ou, en tout cas, pas dans le même quartier. Cette précaution est demandée lorsque deux frères épousent deux sœurs. Combien plus est-elle efficace pour un fils et une fille qui épousent une fille et un fils, cas plus ordinaire, pour lequel aucune restriction n’est introduite, comme le disent les Décisionnaires, à ces références, que vous consulterez.
Puisse Dieu faire que votre union soit célébrée en un moment bon et fructueux et que vous bâtissiez un foyer ‘hassidique.
Avec ma bénédiction et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Notes
(1) C’est-à-dire à une sœur et un frère. (2) Cette union est positive. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°1707.
Lettre n°2277
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2277, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
26 Mar’hechvan 5714,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
Je fais réponse à votre lettre du 21 Mar’hechvan, dans laquelle vous évoquez le voyage de votre mari. Vous en êtes peiné et vous souhaitez qu’il n’ait pas lieu.
Vos craintes, en la matière, sont sans fondement. Vous devez raffermir votre confiance en Dieu et en mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, car les Talmud Torah et les Yechivot, dans l’endroit où il va, portent son nom. Le fait qu’il se rende là-bas n’est pas cause de tristesse, ce qu’à Dieu ne plaise. Bien au contraire, c’est de cette façon que connaîtront la bénédiction et la réussite ceux qui apportent leur participation à ces réalisations, de même que leur famille.
Il semble que des difficultés soient ainsi soulevées. Mais, tout d’abord, on ne sait pas quelles sont celles auxquelles on serait confronté dans une autre situation. De plus, ces épreuves semblent insurmontables uniquement parce qu’on veut les considérer comme telles et surtout parce qu’elles sont nouvelles. Si l’on considère les obstacles qu’affrontent les ‘Hassidim, dans tous les endroits où ils se trouvent, les problèmes auxquels ils sont confrontés et les résultats qu’ils obtiennent, le manque de confort que l’on éprouve, dans l’endroit où se rend votre mari, est sans commune mesure, infiniment moindre.
Je voudrais vous dire également que ceux qui se rendent dans cet endroit n’y restent pas pour de nombreuses années. De fait, ils y vont pour moins d’un an, car on ne peut interrompre son travail en cours d’année, mais, passé ce délai, ceux qui demandent à repartir et en donnent la raison sont remplacés par une autre personne, qui n’est pas encore engagée dans ce travail. Il est clair que nul ne sera contraint à rester.
D’un autre côté, ce qui est accompli, même en une seule journée, requiert un engagement total. Il ne s’agit pas de chercher uniquement à s’acquitter de son obligation, de consulter sa montre pour savoir quand s’achèveront ces vingt quatre heures, afin d’être débarrassé de cet exil. En pareil cas, non seulement le travail lui-même n’est pas bien fait, mais, en outre, la situation est inconfortable pour ceux qui assument ce travail.
Je voudrais résumer en quelques mots ce qui vient d’être dit. A l’issue d’une année passée en cet endroit, nul ne sera contraint d’y rester. Pendant l’année, en revanche, j’espère pouvoir compter sur un plein engagement, afin que s’accomplisse la volonté de mon beau-père, le Rabbi. Et, je suis convaincu que cet accomplissement ouvrira la voie et sera un réceptacle approprié pour recevoir les bénédictions divines, en tous ses besoins, pour lui-même et pour tous les membres de sa famille.
L’influence qu’une femme exerce sur son mari est déterminante. A mon sens, votre mari, dès qu’il arrivera là-bas, doit faire des démarches pour que vous le rejoigniez, de même que vos enfants. De la sorte, vous pourrez vous-même vérifier que Dieu est effectivement présent là-bas, qu’Il y accorde la bénédiction et la réussite et, pour ce qui vous concerne, plus qu’en tout autre endroit.
Ainsi, vous-même et votre mari serez heureux de constater que Dieu vous a accordé la possibilité de mettre en pratique Sa Volonté et de recevoir Ses bénédictions, matérielles et spirituelles.
J’attends de vos bonnes nouvelles et vous accorde ma bénédiction de bonne santé,
Lettre n°2278
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2278, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Mar’hechvan 5714,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Nissan(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous m’écrivez que les grands élèves(2) qui sont restés sont peu nombreux. Ceux-ci, ou au moins quelques uns d’entre eux, sont donc découragés du fait qu’ils ne se trouvent pas ici. Vous leur expliquerez que ce sentiment n’a nullement lieu d’être. Bien au contraire, ils doivent se considérer comme mes émissaires, chargés d’illuminer l’atmosphère dans laquelle ils se trouvent, de même que les hommes qui y vivent, grâce au luminaire de la Torah, qui est l’enseignement de la ‘Hassidout. De cette façon, ils les rapprocheront également de “ la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière ”.
Ils consulteront, à ce sujet, le Likouteï Torah, au début de la Parchat Vaykra, commentant, d’après la ‘Hassidout, le principe selon lequel “ un émissaire s’identifie à celui qui le mandate ”. Il est clair que l’on ne peut pas en dire autant des élèves qui se trouvent ici. Vous comprendrez ce que je veux dire.
Ils méditeront au dicton de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, selon lequel un soldat part au combat en chantant une marche militaire joyeuse. Combien plus la joie est-elle nécessaire, en la matière. Il ne peut en être autrement lorsqu’il s’agit de connaître l’avancement parmi ceux qui stagnent. De plus, le Baal Chem Tov exige qu’il en soit ainsi, ainsi qu’il est dit : “ Servez Dieu dans la joie ”. Et, de manière allusive, le Rambam tranche la Hala’ha en ce sens, à la fin des lois du Loulav.
La joie est donc indispensable pour qu’ils mettent en pratique la mission qui leur est confiée et ce qu’ils doivent accomplir ici-bas. Il est sans doute inutile d’en dire plus. Vous trouverez sûrement les mots qui conviennent pour leur expliquer tout cela avec précision, en fonction de la situation qui est actuellement la leur.
Bien évidemment, vous vous adresserez également aux élèves qui ne sont pas découragés. En effet, les termes du verset “ les sacrifices pour Dieu sont un esprit humble ” s’appliquent à tous. Pour autant, il est dit, effectivement : “ Servez Dieu dans la joie ”.
Il est dit aussi que “ chaque âme se tient devant le Saint Roi ”(3). Puis, elle descend et s’introduit dans un corps physique, précisément dans le but de servir le Créateur, d’éclairer la part du monde qui lui est confiée, comme l’expliquent le Tanya et différents textes. Nos maîtres, en particulier, mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, ont souligné que l’on doit agir non seulement pour soi-même et ses proches, mais aussi pour ceux qui sont éloignés, afin que les sources, et non uniquement l’eau du puits, soient diffusées à l’extérieur.
Si l’on ne dispose pas d’emblée de tous les moyens nécessaires pour obtenir un tel résultat, on doit, néanmoins, réunir toutes ses forces et trouver le moyen d’y parvenir. Combien plus en est-il ainsi pour celui auquel la divine Providence a confié un rôle enviable, a dit : “ Fais le choix de la vie ”. Celui-là doit mener à bien sa mission avec une joie véritable, brisant toutes les limites, y compris celles de l’intellect et du sentiment. En pareil cas, ses accomplissements seront considérables.
Il est sûrement inutile de décrire l’immense pitié qu’inspire l’âme qui, quittant le Saint Roi, a franchi diverses étapes pour s’introduire dans un corps confus, en ce monde matériel, dominé par les impies, mais, au final, n’a pas accompli la mission qui lui était impartie, n’a pas même rapproché celui qui devait l’être.
A l’inverse, il est superflu de dire à quel point cette âme est heureuse lorsque l’on s’efforce de mener à bien la mission reçue, de le faire de manière profonde, de la meilleure façon possible, comme l’expliquent différents textes, en particulier la séquence de discours ‘hassidiques de 5666(4), décrivant le travail d’un serviteur digne de ce nom.
Il en est de même pour vous et pour ceux qui vous viennent en aide. La divine Providence vous a confié un mérite et notre maître, chef de cette génération, mon beau-père, le Rabbi, vous a chargé d’étudier la Torah et de servir Dieu afin d’illuminer toute l’Europe par le luminaire de la Torah émanant de l’Essence de Dieu, c’est-à-dire l’enseignement de la ‘Hassidout. Tout ce qui vient d’être dit s’applique donc à vous, de la même façon.
Néanmoins, l’acte est essentiel et non l’étude. Il faut donc rechercher tous les moyens, les façons, les possibilités de développer, quantitativement et qualitativement, la Yechiva Loubavitch de Brunoy. Pour l’heure, sans doute la dimension quantitative doit-elle être privilégiée. Nos Sages constatent, en effet, que “ lorsque mille commencent à étudier la Loi Ecrite ”, au final, c’est seulement “ un seul (qui) l’enseignera ”. Et, vous consulterez ce que le Likouteï Torah sur trois Parachyot dit, à propos de cette explication de nos Sages(5).
En conséquence, il faut mobiliser toutes les forces possibles, tous les hommes pouvant agir, saisir toutes les occasions qui se présentent, de toutes les manières possibles, afin que s’accomplisse Sa Volonté, que les Juifs soient des ‘Hassidim, conformément au dicton de l’Admour Hazaken(6), que nous a rapporté mon beau-père, le Rabbi, selon lequel la ‘Hassidout s’adresse à tous les Juifs.
Il faut que tous les ‘Hassidim sur lesquels vous exercez votre influence fassent usage de leurs forces, de leurs capacités et de leur temps en ce sens. Aucun d’entre eux ne doit pouvoir penser que son intervention est superflue, qu’il ne peut être d’aucune utilité, justifier ainsi qu’on ne lui confie aucun rôle.
L’obligation en incombe à chacun et à chacune, comme le demandent les maîtres de ‘Habad. Tous doivent agir sur leur propre personne et sur la part du monde qui leur est confiée. Toutefois, cette responsabilité peut être envisagée à différents niveaux et celle qui est portée par un homme à qui Dieu accorde une plus grande influence est d’autant plus importante.
J’espère que ces quelques lignes vous permettront de mobiliser tous ceux qui reçoivent votre influence et même les autres, dès lors que ceux-ci peuvent contribuer à atteindre cet objectif. Au sens le plus simple, il faut faire des efforts pour diffuser la ‘Hassidout. Pour commencer, il faut développer la Yechiva Loubavitch de Brunoy, en y ajoutant des élèves, ashkénazes et séfarades. Ceux-ci, quantitativement, seront les plus nombreux possibles et, qualitativement, s’amélioreront, dans toute la mesure du possible.
Il ne suffit donc pas que ceux qui ont agi en ce sens jusqu’ici continuent à le faire, qu’on leur donne simplement les moyens de poursuivre leur action. Bien au contraire, chacun doit redoubler d’ardeur en ce sens, non seulement qualitativement, mais aussi quantitativement.
Il est sûrement possible d’obtenir que l’un ne gêne pas l’autre, que l’on s’organise pour que celui qui agit en conçoive de la satisfaction, qu’il ne soit pas nécessaire de faire sans cesse appel à la soumission. Il est clair que Dieu ne retire à personne la rétribution qui lui revient. Cette action sera donc fructueuse et tous assureront, de la manière qui convient, leur subsistance et celle des membres de leur famille.
Dans l’attente de vos bonnes nouvelles, au plus vite, je conclus en vous adressant ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée et en saluant tous les ‘Hassidim.
Notes
(1) Le Rav N.Nemanov, de Brunoy. Voir, à son sujet, les lettres n°1944 et 2565. (2) De la Yechiva Loubavitch de Brunoy, les autres ayant rejoint la Yechiva Loubavitch de New York. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°2292. (4) 1906, du Rabbi Rachab. (5) Voir le Or Hatorah Béréchit, tome 6, page 1026b. (6) Voir, à ce sujet, les lettres n°1595, 2199, 2286, 2318, 2374, 2399, 2455 et 2532.
Lettre n°2279
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2279, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er Kislev 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre dans laquelle vous me faites part de votre anniversaire et me demandez si vous devez commencer à porter les Tefilin de Rabbénou Tam(1).
Si vous respectez les règles de l’immersion rituelle d’Ezra(2), si vous étudiez chaque jour la ‘Hassidout, bien évidemment sans en faire le vœu, mais de manière fixe, ce qui, bien sûr, n’inclut pas ce qui peut arriver de manière exceptionnelle ou en cas de force majeure, vous commencerez effectivement à vous habituer à porter les Tefilin de Rabbénou Tam, quelques jours avant votre anniversaire. Puis, à partir de ce jour, vous les porterez de manière fixe.
Que Dieu fasse que vous connaissiez la réussite dans l’étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout. De fait, vous savez que les Tefilin de Rabbénou Tam correspondent à l’Attribut de découverte intellectuelle, spécifiquement lié à l’enseignement profond de la Torah.
Vous influencerez également votre prochain, afin de le rapprocher de “ la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière ”, de même que du luminaire de la Torah(3), en éprouvant un sentiment d’amour pour lui.
Notes
(1) Voir, à ce sujet, les lettres n°1899, 2084, 2166, 2169 et 2210. (2) Imposant celle-ci après chaque relation conjugale. (3) Son enseignement profond.
Lettre n°2280
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2280, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er Kislev 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Pour ce qui est de votre dispute, il est bien évident que je n’ai demandé à personne de faire souffrir un Juif, ni les membres de sa famille. Tel n’est pas mon rôle. Pour autant, je n’apprécie pas qu’il en soit ainsi. Je ne suis pas d’accord que vous vous démettiez des fonctions qui vous ont été confiées, même si votre salaire n’est pas important. Je désapprouve également la publicité faite autour du fait qu’un Rav a été appelé à vous départager.
Gagnerez-vous quelque chose de tout cela ? J’en doute. Chaque fois que l’on se présente devant un Rav, en pareil cas, on ne peut jamais prévoir ce que sera la conclusion.
Il y a également un autre point. On doit chercher à obtenir les moyens d’assurer sa subsistance matérielle et non de satisfaire ses propres ambitions. Or, je ne crois pas qu’une Yechiva ou une institution ayant eu connaissance de l’esclandre que vous avez faite vous proposera un poste, en sachant que, selon vous, celui-ci ne devra plus vous être retiré par la suite.
Lettre n°2281
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2281, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Kislev 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre, dans laquelle vous me dites que vous avez dernièrement subi, dans votre immeuble, des dégâts qu’il semble impossible d’expliquer de manière naturelle. Lorsque je me trouverai près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, je mentionnerai vos noms, afin que vous connaissiez la réussite, que Dieu vous accorde Sa bénédiction matérielle, de sorte que vous transformiez ces biens matériels en spiritualité.
Car, conformément au dicton de l’Admour Hazaken(1), que nous a maintes fois répété mon beau-père, le Rabbi, “ Dieu accorde aux Juifs des biens matériels, afin qu’ils en fassent de la spiritualité ”.
Il serait bon que vous augmentiez votre participation à la Tsédaka, prélevée sur votre caisse commune. Vous m’écrivez, en effet, que vous êtes associé dans la propriété de cette immeuble. Vous donnerez donc de la Tsédaka avec largesse et en abondance. Ainsi, vous élargirez les canaux par lesquels Dieu vous accorde la bénédiction et la réussite.
De même, si vous mangez ou buvez dans certaines pièces de ce bâtiment, il serait bon qu’il s’y trouve de bonnes Mezouzot, de même que quelques livres sacrés, comme un Sidour, un ‘Houmach, un livre de Tehilim et un Tanya. Chaque jour d’ouverture de cet immeuble, ceux qui s’y trouvent, y résidant ou y travaillant, liront quelques passages dans l’un de ces livres ou bien prieront.
Dieu vous donnera la réussite et vous pourrez annoncer de bonnes nouvelles, en tous ces domaines. Plus vous agirez avec largesse et mieux cela sera pour vous.
Votre chèque a été transmis au fonds pour les réalisations discrètes(2), qui soutient des réalisations communautaires et des individus, sans en faire état publiquement. Il s’agit d’une des formes les plus hautes de la Tsédaka(3). Elle est particulièrement favorable pour protéger du “ mauvais œil ”(4) et elle permet de “ se développer largement sur la terre ”.
Dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, les lettres n°1637 et 2461. (2) Géré par le Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h et chargé des actions confidentielles, voulues par le Rabbi. (3) Puisque celui qui la donne ne sait pas qui en bénéficie et celui qui la reçoit ne sait pas de qui elle provient. (4) Le Rabbi dit simplement “ de l’œil ”.
Lettre n°2282
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2282, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Kislev 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous ne m’écrivez plus depuis quelques temps et puisse Dieu faire qu’il y ait là un indice favorable, une preuve que tout va bien. Néanmoins, il serait bon que vous m’adressiez une lettre pour me le confirmer.
En ce mois de Kislev, celui de la délivrance, vous parviendrez à vous convaincre que vous devez mettre en pratique les enseignements de nos Sages, qui ont ordonné de s’en remettre à l’avis des médecins et de le faire joyeusement. Car, qu’importe de quelle manière et par quelles actions vous mettez en pratique la Volonté du Créateur ? Il suffit que vous le fassiez sans calcul préalable.
Lorsque Dieu demande de se conférer à l’avis du médecin, il faut effectivement le faire, être satisfait d’avoir, de cette façon, la possibilité de mettre en pratique la Volonté divine et donc agir avec joie. Dès lors, Dieu accorde Son aide et l’on peut vérifier qu’il y a effectivement de quoi être satisfait.
J’espère que vous m’écrivez pour me dire que vous avez effectivement adopté cette attitude. Que Dieu vous accorde largement Sa bénédiction, de même qu’à tous les membres de votre famille, afin que vous soyez en bonne santé et que vous gagniez largement votre vie.
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