Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°2201
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2201, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
22 Mena’hem Av 5713,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Binyamin Elyahou(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu vos lettres des 14 et 15 Mena’hem Av, avec ce qui y était joint. Je vous remercie pour la bonne nouvelle que m’annonçait votre seconde lettre. Ainsi, nous avons enfin obtenu la victoire. J’espère qu’avec le temps, ces personnes accepteront également les points sur lesquels, pour l’heure, elles n’ont pas encore donné leur accord. J’attends de bonnes nouvelles, à ce sujet.
Vous évoquez un Rav(2) souhaitant traduire quelques articles et récits des “ Conversations avec les jeunes ”. Je m’en remets à votre jugement et vous déciderez, sur place, ce qu’il y a lieu de faire. Si vous estimez bon de lui en donner l’autorisation et, bien entendu, s’il publie dans un périodique orthodoxe, vous lui demanderez une lettre officielle, par laquelle il s’engage, pour chaque article ou récit publié, à citer la référence du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h, propriétaire exclusif des droits sur ces textes. C’est ce qui a été fait plusieurs fois, dans différents pays.
Trois Mezouzot vous ont été adressées, comme vous l’aviez demandé et le bureau a dû vous contacter directement, à propos de l’abrégé du Choul’han Arou’h.
Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée, de bonne santé et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Notes
(1) Le Rav B.E. Gorodetski. Voir, à son sujet, la lettre n°2028. (2) Dont la confidentialité empêche de citer le nom ici.
Lettre n°2202
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2202, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[23 Mena’hem Av 5713]
J’ai reçu avec plaisir votre lettre du 15 Mena’hem Av(1).
Vous m’avez tranquillisé(2) en me disant que le bassin du Mikwé s’est empli d’environ neuf cents litres d’eau de pluie. C’est seulement à la suite de cela(3) que de l’eau(4) y a été ajoutée.
Notes
(1) Cette lettre est adressée au Rav Morde’haï Perlov, de Milan. Voir, à son sujet, la lettre n°2023. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°2155, également adressée au Rav Perlov. (3) Lorsque cette pluie est tombée. (4) Courante.
Lettre n°2203
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2203, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Mena’hem Av 5713,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous savez sans doute qu’il n’est pas d’usage, dans le mouvement Loubavitch, de faire de la morale et je n’ai pas l’intention de modifier cette habitude. De même, il est inconcevable, au sein de ce mouvement, d’agir pour pouvoir dire, par la suite: “ Ne vous l’avais-je pas dit? En tout état de cause, j’ai au moins sauvé ma propre personne! ”.
Malgré cela, je vous écris cette lettre parce que j’ai bon espoir que vous modifierez rapidement votre attitude envers l’institution dans laquelle vous vous trouvez et que ce changement ne sera pas adopté uniquement par soumission, mais bien parce que vous comprendrez vous-même qu’une attitude comme la vôtre doit être écartée. Après ces quelques mots d’introduction, j’entre dans le vif du sujet.
Vous devez garder en permanence à l’esprit le fait que mon beau-père, le Rabbi, vous a confié la direction de la Yechiva et nous pouvons en déduire deux idées. D’une part, vous avez la possibilité de diriger cette institution conformément à sa volonté et à son intention. D’autre part, c’est là ce que l’on attend de vous et de personne d’autre, parmi les membres de la communauté.
Faire comme si l’on ignorait tout cela ne résout donc rien. Mon beau-père, le Rabbi, ne peut avoir confié à quelqu’un un rôle qu’il n’est pas capable d’assumer. Bien plus, c’est en assumant ces fonctions que vous forgerez le canal vous permettant d’obtenir la bénédiction et la réussite en tout ce que vous accomplissez, en la mission que vous avez reçue et en vos préoccupations personnelles, de même que celles des membres de votre famille.
Néanmoins, mon beau-père, le Rabbi, sait que l’on peut parfois perdre la conscience de tout cela. Il accorde donc la bénédiction et la réussite afin qu’il soit plus aisé de vaincre les obstacles et les voiles. Si vous et votre épouse méditez sincèrement à ce qui s’est passé, durant ces dernières années, depuis le décès de mon beau-père, le Rabbi, vous observerez de nombreuses manifestations de la divine Providence et de la réussite.
Il est clair que vous ne pouvez pas attendre des membres de la communauté un même degré de conscience que le vôtre. En effet, mon beau-père, le Rabbi, a investi en vous, durant toutes ces années. De la sorte, il vous a préparé aux fonctions qu’il vous a confiées.
Vous connaissez sans doute l’expression de mon beau-père, le Rabbi, selon laquelle “ la part la moins enviable se trouvant chez nous est préférable à la meilleure, chez eux ”. Et, cette affirmation ne concerne pas uniquement le monde spirituel d’Atsilout. Elle s’entend également dans ce monde matériel et en particulier dans les institutions de mon beau-père, le Rabbi, pour lesquelles il a fait don de lui-même et promis une immense réussite, pourvu que l’on accepte de suivre sa voie et de mettre en pratique sa volonté, qui est celle de Dieu.
Après avoir indiqué ce que doit être la réflexion à tout cela, je vous dirai maintenant brièvement ce que j’aurais fait si j’étais à votre place et si j’assumais vos fonctions. Ma réaction, en laquelle je vois, sans le moindre doute, la réussite matérielle et spirituelle, eut été la suivante.
J’aurais rassemblé toutes mes forces pour m’assurer que les professeurs sont ceux qui ont reçu la bénédiction de mon beau-père, le Rabbi. Même s’il semble que ceux-ci aient des défauts, dans différents domaines, sachez qu’il n’est pas un seul professeur qui n’en ait pas. Néanmoins, ceux qui ont reçu l’éducation de mon beau-père, le Rabbi, possèdent la bénédiction et la réussite, leur permettant de former des élèves ayant la crainte de Dieu, qui seront donc, en tout point, ce que doit être un garçon poursuivant ses études dans votre Yechiva.
Il est absolument évident qu’un non-Juif ou même quelqu’un qui ne respecte pas la Torah et les Mitsvot ne peuvent pas être des enseignants de cette Yechiva. La question n’est pas de savoir si le Choul’han Arou’h permet une telle pratique, mais bien de déterminer si une telle démarche permet la réussite et le bien de cette institution, de même que la réussite et le bien de toutes les personnes qui sont liées à elle.
Avec ma bénédiction pour que vous acceptiez de méditer comme il convient à tout ce qui vient d’être exposé et d’agir de la manière qui convient, de façon immédiate,
Lettre n°2204
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2204, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Mena’hem Av 5713,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je suis content que vous ayez été convaincu par mes propos sur le mérite de travailler pour les institutions de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Néanmoins, je suis obligé d’introduire ici une correction, car il semble qu’un point de ma lettre n’était pas suffisamment clair.
En effet, parallèlement au grand mérite que constitue le fait de travailler pour les institutions de mon beau-père, le Rabbi, de forger ainsi le canal permettant de satisfaire tous les besoins, matériels et spirituels, de ceux qui apportent leur concours à ce travail, il est bien clair que, plus l’intérêt, le développement et la réussite de l’institution en question grandissent, plus la réussite et la bénédiction accordées à ceux qui y travaillent sont importantes. Mais, pour obtenir cette réussite, il faut s’en tenir à la volonté et à l’intention de mon beau-père, le Rabbi.
Il est inutile de vous décrire à quel point mon beau-père, le Rabbi, tenait à ce que l’ordre établi soit respecté dans les instances internes et, a fortiori, dans les actions concernant l’extérieur. C’est la raison pour laquelle il a instauré, dans les différentes institutions, un point central, donnant des instructions aux différents départements. Selon les personnes et les endroits, ces instructions pouvaient être générales, détaillées ou même extrêmement précises.
Il est clair que ceci ne diminue ou n’écarte le mérite de personne. Seul l’aspect extérieur de l’action est concerné, c’est-à-dire la manière d’agir pour qu’il n’y ait pas de désaccords, pour que l’on puisse présenter un front uni à l’extérieur. En effet, ceux qui sont à l’extérieur observent attentivement, guettant les imperfections et les manques. Il est inévitable que ceux-là souhaitent instaurer la discorde entre les personnes. Certes, ces disputes n’existent pas, concrètement. Mais, avant que de nombreux allers et retours ne permettent de l’établir, beaucoup de tort peut être causé.
Je répète encore une fois qu’il ne s’agit nullement de diminuer qui que ce soit, ce qu’à Dieu ne plaise. Mais, le travail doit être ordonné et, pour cela, il faut qu’il y ait un canal unique, duquel les autres institutions recevront également. Parfois, cela est purement formel et reste sans incidence profonde.
J’espère que ces propos sont suffisants pour vous expliquer la manière de travailler, la procédure et les différentes étapes.
J’ai mentionné le nom des élèves apparaissant sur les listes que vous m’avez adressées, lorsque je me trouvais près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. A n’en pas douter, il invoquera la grande miséricorde de Dieu pour chacun d’entre eux, afin qu’ils obtiennent la satisfaction de tous leurs besoins.
Il me semble vous avoir déjà écrit, l’an dernier, pour vous dire que, s’il est indispensable de maintenir l’usage selon lequel les élèves rentrent chez eux pour le mois de Tichri, il faut, à tout le moins, les fortifier moralement pour le trajet, c’est-à-dire leur indiquer de quelle manière ils doivent se comporter, les munir des discours ‘hassidiques qu’ils comprendront aisément et qu’ils pourront étudier chez eux. Ils devront également commenter la Torah publiquement ou enseigner ces textes.
Mais, je répète que ceci est uniquement s’il n’est pas possible de faire autrement. Car, l’effort doit, bien au contraire, être orienté dans le sens inverse. Pendant les jours redoutables, les dix jours de Techouva et le Jour Sacré, ils doivent tous se trouver dans l’institution où ils reçoivent une éducation empreinte de crainte de Dieu.
La valeur d’une telle manière d’agir et de la diffusion qui en sera faite est inestimable, pour les élèves eux-mêmes et, encore plus, pour leur entourage. Certes, il ne s’agit pas de remettre en cause les coutumes qu’ils pratiquent depuis de nombreuses générations. Pour autant, il est plusieurs usages de ‘Habad qu’ils peuvent adopter sans rien remettre en cause.
J’ai été satisfait de ce que vous écrivez à propos de la fête de la libération. Je suis surpris que vous n’essayiez pas de diffuser de tels accomplissements dans les journaux paraissant dans votre entourage et dans le pays. Certes, il faut s’efforcer de ne pas faire preuve d’ostentation, mais il existe sûrement une voie médiane.
Je vous joins un fascicule paru dernièrement. Vous le mettrez sans doute à la disposition du plus grand nombre et avant tout des élèves.
Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée et dans vos préoccupations personnelles,
Lettre n°2205
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2205, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Mena’hem Av 5713,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je vous écris pour vous dire que le fait de laisser les élèves rentrer chez eux pour toute la durée du mois de Tichri va à l’encontre de la logique et d’une éducation basée sur la crainte de Dieu. Car, si celle-ci est nécessaire toute l’année, il n’est cependant pas de meilleur moment, de temps plus propice pour la réaliser qu’en cette période des Seli’hot, en ces jours redoutables.
S’il n’est pas possible de modifier cet usage, il faut, à tout le moins, apporter un support moral à ces élèves, pour eux-mêmes comme pour les endroits dans lesquels il se rendent. Si les plus grands d’entre eux peuvent être retenus à la Yechiva, au moins pour Roch Hachana, les dix jours de Techouva et le Jour sacré, il faudra se servir de cette période pour les rapprocher des coutumes et des pratiques ‘hassidiques.
Certes, il ne faut pas modifier les usages positifs qu’ils respectent depuis plusieurs générations. Pour autant, il faut leur faire connaître certaines coutumes ‘Habad, afin qu’ils les adoptent, sans pour autant remettre en cause celles des Sefardim.
Lettre n°2206
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2206, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Mena’hem Av 5713,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous avez sans doute appris que plusieurs réfugiés, parmi les ‘Hassidim, se sont installés à Detroit. Vous devez sûrement les rencontrer, de temps à autre. Et, vous participez également aux réunions ‘hassidiques.
Que Dieu vous confère la réussite et qu’Il vous permette de retrouver votre source, d’en avoir le souvenir. Ainsi, on reconnaîtra en vous un ‘Hassid de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera et quelqu’un qui a reçu une éducation ‘hassidique.
Lettre n°2207
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2207, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Mena’hem Av 5713,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre et votre demande de bénédiction du 10 Mena’hem Av. J’en donnerai lecture, lorsque je me trouverai près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.
Le mois d’Elloul et les jours redoutables approchent. Il serait donc bon de faire vérifier les Mezouzot de votre maison, afin de s’assurer qu’elles sont cachères. Vous en ferez de même pour les Tefilin. Et, sans doute, vérifiez-vous, chaque jour, le petit Talith et le grand.
Dieu fera que la grossesse de votre épouse se passe bien. Elle enfantera aisément et aura un enfant en bonne santé. Vous conduirez vos enfants à la Torah, au dais nuptial et aux bonnes actions. Et, vous aurez un foyer ‘hassidique, un foyer de ‘Hassidout Loubavitch.
Avec ma bénédiction,
M. Schneerson,
Lettre n°2208
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2208, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Mena’hem Av 5713,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous concluez votre lettre en me demandant de ne pas m’affecter du fait que votre fils ne soit pas parti en mission, pour le compte du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h. Certes, je ne m’en affecte pas. Néanmoins, j’en suis peiné.
En apparence, ces missions sont confiées par le Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h. Mais, en réalité, elles sont partie intégrante de la formation de ces jeunes gens et leur sont hautement profitables, de différents points de vue.
A mon sens, compte tenu de la personnalité de votre fils, cette mission aurait pu être encore plus salutaire pour lui que pour d’autres élèves de la Yechiva, non seulement parce que celui qui appartient à cette institution ne doit pas se distinguer de tous les autres, mais aussi et surtout parce qu’un tel voyage, une telle mission ont un apport considérable. Toutefois, il est inutile de se plaindre de ce qui est passé.
Je vous joins un fascicule, paru récemment. A n’en pas douter, il vous intéressera.
Avec mes respects et ma bénédiction de bonne santé, pour vous et pour tous les membres de votre famille,
Lettre n°2209
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2209, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Mena’hem Av 5713,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre, avec votre demande de bénédiction et j’en donnerai lecture, en un moment propice, près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.
Il me semble vous avoir déjà écrit que vous devez à tout prix maintenir votre santé physique, au sens le plus littéral. Vous appliquerez donc les prescriptions du médecin, sans chercher à les contourner. Notre sainte Torah dispose qu’il doit en être ainsi et ce principe peut donc être comparé à toutes les autres Mitsvot.
Vous connaissez l’explication de l’Admour Hazaken, rapportée dans le Hayom Yom, à la date de la veille de Roch Hachana, selon laquelle “ on ne peut pas s’imaginer à quel point le corps juif est précieux à Dieu ”. Et, ce qui est clairement établi par de nombreux textes de ‘Hassidout n’a nul besoin d’être démontré.
Certains prétendent qu’ils accomplissent les Mitsvot de la meilleure façon et, de ce fait, ne tiennent pas compte de leur santé physique. En fait, ils vont, de la sorte, à l’encontre de cette meilleure manière de pratiquer la Mitsva.
Vous adopterez donc le comportement qui vient d’être défini et Dieu vous accordera une bonne santé, physique et morale.
Lettre n°2210
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2210, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Mena’hem Av 5713,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous me faites savoir que votre anniversaire sera le 2 Elloul prochain.
Vous connaissez sûrement les pratiques du jour de l’anniversaire, c’est-à-dire la nécessité d’être appelé à la Torah, de donner de la Tsédaka avant les prières de Cha’harit et de Min’ha, d’étudier un discours ‘hassidique afin de le répéter publiquement, au moins partiellement, à la prochaine occasion, de lire des Tehilim.
Que Dieu vous accorde la réussite, afin que vous soyez un ‘Hassid, craignant Dieu et érudit de la Torah.
Avec ma bénédiction,
N. B. : Vous m’interrogez sur les Tefilin de Rabbénou Tam(1). Tout dépend, en fait, de la quantité et de la qualité de vos connaissances de ‘Hassidout(2). Vous demanderez à votre guide spirituel de m’écrire, à ce sujet. Sans doute respectez-vous également l’immersion rituelle instaurée par Ezra(3).
Notes
(1) Sur la possibilité des les porter. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°2166. (3) Nécessaire après chaque relation conjugale.
Lettre n°2211
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2211, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Mena’hem 5713,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
A) Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous m’interrogez sur le discours ‘hassidique(1) intitulé “ Mon cœur t’a dit ”, qui figure dans le fascicule n°81. Il y est dit que l’homme doit implorer Dieu de lui accorder une bonne compréhension de la perception divine(2). Vous vous demandez pourquoi l’on ne parle pas également de perception de la Torah.
L’explication est la suivante. Il existe plusieurs formes d’étude de la Torah que l’on peut classer, par ordre croissant, de la manière suivante:
1. On peut étudier la Torah uniquement pour déterminer comment l’on doit se comporter. En pareil cas, la Torah reçoit un rôle accessoire(3).
2. On peut également l’étudier afin de la connaître, de la comprendre et de la percevoir.
3. On peut aussi s’en pénétrer, en ayant conscience qu’elle est la Sagesse et la Volonté du Saint béni soit-Il. Or, “ Lui et Sa Sagesse ne font qu’un ”. Grâce à la Torah qu’il étudie, un Juif s’unifie donc à Dieu. Différents textes, en particulier les livres du Maharal de Prague, affirment ainsi que Dieu est “ la science, ce que l’on sait et ce qui est su ”. Vous consulterez le troisième chapitre de la Mitsva de la foi en Dieu(4). A ce stade, un homme peut exercer une influence sur la Torah, puisqu’il la relie à Celui Qui la donne.
Ce qui vient d’être exposé permet de comprendre deux images que l’on trouve dans les propos de nos maîtres. Parfois, le peuple d’Israël est défini comme la fiancée et il reçoit alors l’influence de la Torah. Nos Sages constatent, à ce propos, que “ le don de la Torah fut le jour du mariage ”. D’autres fois, Israël est appelé le fiancé et c’est alors la Torah qui est la fiancée. Dans ce cas, les Juifs donnent l’influence et la Torah la reçoit.
Il est clair que celui qui étudie la Torah de la troisième façon en comprend non seulement le raisonnement et la sagesse, mais aussi l’aspect divin. C’est la raison pour laquelle il est dit, dans ce discours ‘hassidique, qu’il faut implorer Dieu de parvenir à une bonne compréhension de la perception divine. Telle est effectivement la finalité de l’étude.
B) Vous me posez également une autre question. Vous avez coutume de prier dans une synagogue de notre rite(5) et vous craignez que le Choffar n’y soit pas sonné de la meilleure façon(6).
Nos Sages disent que “ le Dieu de Yaakov vient en aide à celui qui prie dans un endroit fixe ”. Il ne me semble donc pas bon d’aller ailleurs, en particulier dans une communauté qui ne sera pas du même rite. La partie révélée de la Torah indique également qu’une telle manière d’agir n’est pas souhaitable, durant les jours redoutables. En effet, l’officiant intercale alors des cantiques au milieu des bénédictions du Chema Israël, ce que, nous-mêmes, nous ne faisons pas, car nous considérons qu’il s’agit d’une interruption, au sein de cette bénédiction. Comment pourriez-vous, dès lors, faire partie de cette communauté et accepter cet officiant alors que, pour vous, il s’agit effectivement d’une interruption?
A mon sens, il est une autre raison pour laquelle vous devez rester dans la synagogue où vous avez prié jusqu’à maintenant. En effet, si vous craignez que le Choffar ne soit pas bien sonné, vous pourrez, en vous trouvant sur place, vérifier que ce n’est pas le cas. Ainsi, vous rendrez un service à tous les présents.
Que Dieu vous accorde une bonne santé. En effet, vous vous plaignez de votre voix. Or, les jours de sonnerie du Choffar(7) approchent. Il serait donc bon d’étudier les discours ‘hassidiques de Roch Hachana, en particulier ceux qui figurent dans le Sidour(8) et dans le Atéret Roch. Il y est question de l’origine de la voix et de la manière dont elle se répand.
Lorsque vous perfectionnerez vos connaissances spirituelles, en la matière, Dieu vous en donnera l’équivalent matériel(9). Bien évidemment, il faut se conformer aux lois de la nature et vous suivrez donc les prescriptions du médecin.
Avec ma bénédiction de bonne santé, physique et morale à la fois,
Notes
(1) Du précédent Rabbi. (2) Le Rabbi note en bas de page : “ Voir, à ce sujet, le Kountrass Haïtpaalout, au chapitre 3 ”. (3) Par rapport au comportement que l’on doit avoir. (4) Dans le Dére’h Mitsvoté’ha, du Tséma’h Tsédek. (5) Celui de ‘Habad. (6) A Roch Hachana, par manque de précision dans la formation des différents sons. (7) Le mois d’Elloul et Roch Hachana. (8) De l’Admour Hazaken. (9) La guérison de la voix.
Lettre n°2212
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2212, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Mena’hem Av 5713,
Brooklyn,
Aux dirigeants de la Yechiva Loubavitch, à Montréal,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai déjà expliqué plusieurs fois que l’on s’élève dans le domaine de la sainteté et non…(1). Nos Sages disent que ce principe s’applique en tout ce qui concerne la sainteté et, a fortiori, à une institution ayant une vocation éducative.
L’éducation est, en effet, un moyen de semer, de planter. Il est donc indispensable de constater un développement, en la matière. En l’occurrence, votre institution porte le nom de Yechiva, mais il semble que, pour l’heure, elle soit plutôt un Talmud Torah ou, tout au plus, une Yechiva élémentaire(2). Dans les premières années de son existence, quelques uns de ses dirigeants avaient dans l’idée d’en faire, à terme, une Yechiva digne de ce nom. Puis, d’une année à l’autre, ce projet a été abandonné. Bien plus, on justifie cet abandon, de différentes manières et, comme la volonté induit la compréhension, on est capable de bâtir différents raisonnements pour démontrer qu’il est même impossible d’obtenir un tel résultat.
Par un effet de la divine Providence, des élèves se sont présentés à vous, issus des familles ‘hassidiques qui sont venus d’Europe. Il y a également des élèves potentiels parmi les réfugiés, animés par la crainte de Dieu, qui se sont installés dans votre pays. Dieu vous a permis de trouver également des enseignants compétents. Tout cela a été obtenu sans effort de votre part.
Je vous ai affirmé, à différentes reprises, que de cela dépendait la réussite de votre institution, qu’il fallait donc saisir toute opportunité, le plus rapidement possible, pour que cette institution soit, à proprement parler, une Yechiva.
En constatant les nombreux miracles, survenus de manière surnaturelle, parce que mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël, dont le mérite nous protège, invoque la miséricorde divine, j’ai eu bon espoir qu’il intercéderait pour vous, également en l’occurrence et que vous observeriez et comprendriez la situation, que vous verriez à quel point le bonheur et la réussite de cette institution, de ceux qui la dirigent et des membres de leur famille, dépend de tout cela.
Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée, conformément à la volonté de notre chef, mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera,
Notes
(1) L’inverse, la chute. (2) Limitée aux plus jeunes classes.
Lettre n°2213
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2213, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Mena’hem Av 5713,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Yossef(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 16 Mena’hem Av. J’ai été satisfait d’apprendre que vous avez l’intention de visiter d’autres pays africains(2), dans lesquels vous ne vous étiez pas rendu, la fois précédente. Nous avons parlé ensemble, à différentes reprises, du fait que les institutions Loubavitch doivent se développer, comme tout ce qui appartient au domaine de la sainteté. De cela, dépend la réussite de toutes les entreprises.
Comme l’indique un dicton(3) de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, la situation actuelle est comparable à celle d’un homme qui gravit une montagne particulièrement abrupte. En effet, celui qui marche dans la plaine peut s’arrêter quelques instants pour se reposer. A l’opposé, celui qui escalade une montagne reculera, glissera jusqu’en bas de celle-ci, s’il le fait.
Vous étudierez donc la possibilité d’élargir le nombre des endroits que vous visitez. Ceci aura un effet positif non seulement dans le domaine matériel, mais aussi spirituellement.
Il est sûrement inutile de vous rappeler ce dont nous nous sommes maintes fois entretenus. Dans les endroits que vous visitez, vous rechercherez, dans les synagogues ou même chez des particuliers, les livres qui ne sont pas utilisés et que nous ne possédons pas ici.
Si cela est nécessaire, on peut proposer de les échanger contre les ouvrages édités ici par nos soins, en particulier ceux qui sont accessibles à tous, comme les recueils de causeries. Vous investirez sûrement vos efforts, en la matière. Je m’en remets à votre jugement pour déterminer ce qui convient le mieux, en chaque endroit.
En saluant tous les ‘Hassidim, en particulier, le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav Yermyahou(4), avec ma bénédiction de réussite dans la collecte de biens matériels et l’ensemencement de spiritualité, dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Notes
(1) Le Rav Y.Weinberg. Voir, à son propos, la lettre n°1364. (2) Afin de collecter des fonds pour les institutions Loubavitch. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°1880. (4) Le Rav Y.Alay. Voir, à son sujet, la lettre n°2147.
Lettre n°2214
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2214, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er jour de Roch ‘Hodech Elloul 5713,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav ‘Haïm Mena’hem(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu votre lettre en son temps et, lorsque je me trouvais près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, j’ai mentionné votre nom, ceux de votre épouse, de votre mère et de tous les membres de votre famille, pour la satisfaction des besoins de chacun.
Que Dieu fasse que votre installation dans une nouvelle maison permette que s’accomplisse en vous la promesse selon laquelle “ celui qui change d’endroit modifie son Mazal ”, pour le bien et pour la bénédiction, matérielle et spirituelle à la fois.
A cette occasion, sans doute renforcerez-vous également votre “ maison ” spirituelle, c’est-à-dire l’étude de la Torah, comme le discours ‘hassidique du Likouteï Torah intitulé “ Chant et cantique pour l’inauguration de la maison ” et la fin de la séquence de discours intitulée “ Les eaux nombreuses ”, prononcés en 5636(2).
La Guemara y fait également allusion, qui dit que, depuis la destruction du Temple, c’est-à-dire de la maison de Dieu, ainsi qu’il est dit: “ Ils Me feront un Sanctuaire et Je résiderai parmi eux ”, le Saint béni soit-Il ne possède que les quatre coudées de la Hala’ha(3).
Au sein même de cette étude de la Torah, il doit y avoir la mesure de sel(4). Or, la “ terre salée ” de la Torah en est la dimension profonde, c’est-à-dire l’étude de la ‘Hassidout. Vous consulterez, à ce sujet, le Likouteï Torah, à la fin de la Parchat Vaykra. Et, rien ne résiste à la volonté.
Il est dit que “ celui qui prétend ne pas avoir fait d’effort et avoir, néanmoins, connu la réussite, ne le crois pas ”. Mais, il est dit aussi que “ celui qui prétend avoir fait des efforts et, pour autant, ne pas avoir obtenu la réussite, ne le crois pas ”. Bien plus, la réussite que l’on obtient ainsi(5) est littéralement surnaturelle.
Avec ma bénédiction pour que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne et douce année,
Notes
(1) Le Rav H.M. Teychtel. (2) 1876, par le Rabbi Maharach. (3) C’est-à-dire l’étude de la Torah. (4) Qui permet à la récolte de se conserver. (5) En faisant des efforts.
Lettre n°2215
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2215, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er jour de Roch ‘Hodech Elloul 5713,
Brooklyn,
Je vous salue largement et vous bénis,
Je vous adresse quelques bons d’envoi en port payé dont il m’a été possible de disposer. Ceux-ci ont été partiellement financés par l’un des fonds appartenant à mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Puisse donc Dieu faire que s’accomplisse en vous la promesse selon laquelle “ celui qui reçoit une pièce de Job est béni ”.
Certes, le contexte du traité Baba Batra semble indiquer qu’il doit s’agir précisément d’une pièce et non de n’importe quel montant, comme le dit aussi le traité Kiddouchin 12a. Néanmoins, il s’agit là d’une des pièces les plus petites, y compris parmi celles qui sont en bronze.
Vous consulterez, à ce sujet, le Taameï Ha Mitsvot, de Rabbi ‘Haïm Vital, à la fin de la Parchat Reéh, le Peri Ets ‘Haïm, à la porte des Cantiques, fin du cinquième chapitre et d’autres textes encore. Cette idée ne sera pas développée ici.
Lettre n°2216
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2216, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er jour de Roch ‘Hodech Elloul 5713,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
se consacre aux besoins communautaires,
multiplie les réalisations positives,
le Rav Yochoua(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai lu avec effroi la lettre dans laquelle vous décrivez le malheur qui vous a frappé, avec la perte de votre épouse. Puisse Dieu faire que vous ne connaissiez plus, désormais, la peine et le chagrin.
Peut-être avez vous déjà entendu le récit suivant(2), transmis par les plus anciens parmi les ‘Hassidim ‘Habad. Lorsque le Tséma’h Tsédek perdit son épouse, la Rabbanit, il en fut très découragé et mentionna de nombreuses fois, dans ses propos, l’affirmation du Zohar (tome 3, page 5a), selon laquelle “ un roi qui n’a pas de reine n’est pas un roi ”.
Son fils, le Rabbi Maharil(3) vint lui rendre visite et lui demanda: “ Père, ne nous as-tu pas enseigné, d’après le traité Kiddouchin 30b, que le verset “ conçois ta vie avec la femme que tu aimes ” fait allusion à la Torah? ”. Son père, le Tséma’h Tsédek, lui dit alors: “ Mon fils, tu m’as fait revivre ”.
Les ‘Hassidim ont coutume de dire que ce récit soulève une difficulté. En effet, il s’agit là d’un célèbre enseignement de nos Sages, qui était sûrement bien connu du Tséma’h Tsédek. Dès lors que lui apporta son fils, le Rabbi Maharil?
L’explication est, en fait, la suivante. Il faut parfois faire descendre une notion du monde de l’idée et de la pensée jusqu’à celui de la parole et de l’action, dans lequel se trouve le corps, dont la valeur peut ainsi être établie. Dès lors, on prend conscience du manque que constitue une déficience de la vitalité. Et, c’est seulement dans ce monde matériel que ce manque peut être comblé.
En pareil cas, il faut prononcer une parole, qui est une petite action(4) et conduit même à l’action, au sens propre du terme. Nos Sages constatent que “ le prisonnier ne se libère pas lui-même ” et l’initiative doit donc venir de quelqu’un d’autre. Néanmoins il doit s’agir d’un proche, qui saura prononcer une parole ferme, exerçant son effet ici-bas, conduisant à l’action et, jusqu’à un certain point, comblant le manque.
Tel est donc le sens de ce dialogue entre un fils et un père. Ce dernier était un Décisionnaire. Il trancha donc, reprenant les termes de la Guemara, que la femme, dans ce verset, désignait la Torah. Or, celle-ci régit la nature et l’existence, y compris de manière rétroactive, comme l’indique le Yerouchalmi Ketouvot, chapitre 1, paragraphe 2. Ainsi, le manque disparaît.
Puisse Dieu faire que vous combliez le manque, au moins partiellement, en redoublant d’ardeur dans l’étude de la Torah et, en particulier, de la ‘Hassidout, en multipliant les réalisations positives pour la Torah, pour la grandir, la parer et l’imprégner de crainte de Dieu.
J’ai lu la feuille que vous avez jointe à votre lettre, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera et qui est le Juste, fondement du monde.
Avec ma bénédiction pour que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,
Notes
(1) Le Rav Y.Sheftman. Voir, à son sujet, la lettre n°1872. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°1463. (3) Rabbi Yehouda Leïb, son second fils, qui devint le Rabbi de Kapoust. (4) Celle de bouger les lèvres.
Lettre n°2217
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2217, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[1er Elloul 5713]
Un aspect de la Mitsva de la circoncision la distingue de toutes les autres Mitsvot. Nous le préciserons après avoir tout d’abord introduit une notion préalable. On peut interpréter de deux manières le fait que les enfants soient dispensés de pratiquer les Mitsvot:
1. On peut considérer que la Torah et les Mitsvot ne les concernent pas, car elles ont été données uniquement aux adultes.
2. On peut dire aussi que la Torah et les Mitsvot ont été confiées à l’ensemble du peuple d’Israël. Néanmoins, les enfants ne sont pas tenus de les mettre en pratique et ils ne sont donc pas punis, s’ils ne le font pas, car ils n’ont pas la maturité intellectuelle nécessaire pour cela.
Le fait d’opter pour l’une ou l’autre de ces interprétations a une incidence concrète. Selon la première, un enfant ne commet pas une faute en transgressant un Interdit de la Torah. A l’opposé, il peut s’agir, en pareil cas, d’une faute pour l’adulte, auquel différents textes confient la responsabilité de cet enfant. Ce dernier, en revanche, n’est pas concerné par l’Interdit. Il s’agit, pour lui, d’un acte permis. Il n’a donc pas à regretter ce qu’il a fait, ne doit pas rechercher son expiation. On peut, toutefois, s’interroger sur une telle affirmation, si l’on considère le traité Yebamot 48b, le Yaabets et le Ahavat Etan, à cette référence. Par contre, rien de tel ne peut être dit si l’on opte pour la seconde interprétation.
La Hala’ha précise, dans le Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm, à la fin du chapitre 343, qu’il est bon, pour un adulte, d’adopter une pratique destinée à expier les fautes qu’il a commises, étant enfant. Ce principe s’applique également dans les cas où cela n’est pas clairement stipulé, comme le dit le Rambam, dans ses lois des liaisons interdites, chapitre 3, paragraphe 17, dans les lois des vœux, chapitre 11, paragraphe 4 et comme le précisent les commentateurs, à la même référence. On consultera, à ce sujet, les explications des premiers Sages sur le traité Kiddouchin 19a. Ceci constitue une preuve pour la seconde interprétation.
En outre, l’étude de la Torah concerne les enfants, au même titre que toutes les autres Mitsvot. Plus encore, la Torah la rend obligatoire et en confie la responsabilité au père ou au maître, qui doivent l’enseigner aux enfants. De fait, l’étude, dans sa globalité, est directement liée à cette obligation, car nos Sages affirment, au traité Kiddouchin 29b, qu’il est une Mitsva d’enseigner soi-même la Torah à quelqu’un, chaque fois que d’autres sont tenus de le faire(1).
Et, l’on peut considérer qu’il n’y a pas là une simple indication, mais bien une raison, une explication. De ce point de vue, l’étude de la Torah, dans sa globalité, est non seulement liée, mais même subordonnée à la mise en pratique de l’Injonction “ Et vous l’enseignerez à vos enfants ”.
Au delà de tout cela, la Mitsva de la circoncision possède une particularité. Tout d’abord, elle concerne les enfants et la Torah les oblige à la mettre en pratique, au même titre que la Mitsva d’étudier la Torah.
Bien plus, la Mitsva d’étudier la Torah incombe aux enfants uniquement lorsqu’ils grandissent, au moins quelque peu. De plus, elle peut être réalisée également en l’absence de petits enfants. En effet, l’Injonction “ Et vous l’enseignerez à vos enfants ” peut aussi être mise en pratique avec des enfants adultes, puisqu’elle porte sur l’ensemble de la Torah et que l’on étudie la Guemara uniquement à partir de l’âge de quinze ans(2).
Il n’en est pas de même pour la circoncision, qui concerne précisément l’enfant et même le plus petit, peu après sa naissance. De fait, nos Sages s’interrogent, au traité Nidda 31b : “ Pourquoi la Torah demande-t-elle de pratiquer la circoncision à huit jours ” et non avant cela ?
On peut expliquer ces différences de la manière suivante. L’enfant, à l’instant qu’il grandit, est tenu de mettre en pratique toutes les Mitsvot. Il doit donc, avant cela, étudier la Torah, qui lui permet de savoir ce qu’il doit faire. Et, c’est uniquement peu avant l’âge adulte qu’il est possible de se préparer à l’atteindre. La nécessité d’appliquer a donc pour conséquence que l’étude de la Torah est parfaite uniquement chez l’adulte.
Il n’en est pas de même pour la circoncision, qui est une alliance conclue avec le Saint béni soit-Il, dans le but d’affaiblir l’attrait physique et l’emprise de la matière, selon le Guide des égarés, tome 3, fin du chapitre 49, rapporté par le Be’hayé, à la fin de la Parchat Le’h Le’ha. C’est alors que l’âme divine s’introduit dans le corps, selon le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, dernière édition, fin du chapitre 4. Vous consulterez également le discours ‘hassidique intitulé “ Je suis à mon Bien Aimé ”, prononcé en 5709(3). Grâce à cette âme divine, il est possible de résister à l’âme animale, qui est “ le roi insensé ”, s’emparant du corps de l’homme dès l’instant de sa naissance.
C’est la raison pour laquelle il n’est pas nécessaire d’être grand pour recevoir la circoncision. Bien au contraire, une adhésion au domaine de la Sainteté d’une manière qui transcende la raison permet de lutter efficacement contre l’esprit de folie s’emparant de l’homme qui commet une faute, comme l’écrit le Rambam, dans ses lois des opinions, chapitre 2, paragraphe 2. Vous consulterez également le Kountrass Oumayan, aux chapitres 26 et 27.
La circoncision doit donc, bien évidemment, être pratiquée à proximité de la naissance. Et, vous consulterez le Guide des égarés, à la même référence, qui dit : “ Tout est comme si l’enfant se trouvait encore en gestation jusqu’à la fin de son septième jour. C’est seulement à l’issue de cette période qu’il peut être considéré comme ayant fait son apparition à l’air du monde ”. Vous consulterez aussi le Zohar, tome 3, page 43b et le Midrash Devarim Rabba, au début du chapitre 6.
Tel est également le service de Dieu du mois d’Elloul, dont le nom est constitué des initiales des mots formant le verset : “ L’Eternel ton Dieu circoncira ton cœur et le cœur ” de ta descendance(4), selon le Baal Hatourim, commentant le verset Devarim 30, 6. Il est ainsi établi que ce service transcende la raison. C’est à ce propos qu’il est dit : “ Recherchez Ma Face ”, celle de l’âme émanant du domaine de la Sainteté. Dès lors, “ Eternel, je rechercherai Ta Face ” et ainsi est conclue l’alliance avec le Saint béni soit-Il.
Notes
(1) C’est-à-dire lorsqu’il n’a pas les moyens d’être autonome dans son étude. (2) On ne pourra donc pas l’enseigner aux plus petits. (3) 1949, du précédent Rabbi. (4) Voir, à ce sujet, les lettres n°1191, 2220 et 2229.
Lettre n°2220
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2220, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
2 Elloul 5713,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Moché Hacohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du mardi de la Parchat Choftim, qui était particulièrement concise. Conformément à votre demande, je vous joins également un reçu(2).
Nous parvenons en Elloul, mois de la miséricorde et je vous joins donc la causerie(3) d’un Chabbat au cours duquel fut béni le mois d’Elloul. Elle n’a pas été dite cette année, mais son contenu reste valable chaque année et tout au long de l’année, d’autant que le nom d’Elloul est constitué des initiales des mots formant le verset : “ L’Eternel ton Dieu circoncira ton cœur et le cœur ” de ta descendance(4), qui fait allusion à la Techouva, le verset : “ Je suis à mon Bien Aimé et mon Bien Aimé est à moi ”, qui introduit la prière, le verset : “ Il l’a fait arrivé par sa main et Je te fixerai un endroit dans lequel il pourra se réfugier ”, qui correspond à la Torah, le verset : “ des envois de mets, l’un à son ami et des cadeaux aux pauvres ”, qui symbolise la Tsédaka.
Mon introduction au Kountrass du 18 Elloul 5710(5) explique tout cela. Vous mettrez le contenu de ce fascicule à la disposition du plus grand nombre, de la manière qui convient.
Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année, de même que votre épouse, ce qui, bien entendu, inclut aussi une bonne santé,
Notes
(1) Le Rav M.Shayevits. Voir, à son sujet, la lettre n°1951. (2) Pour le don qui accompagnait cette lettre. (3) Du Rabbi lui-même. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°2217. (5) 1950, du précédent Rabbi.
Lettre n°2221
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2221, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
2 Elloul 5713,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Votre lettre, m’apprenant que vous êtes bien arrivé en Terre Sainte, m’est parvenue aujourd’hui. Le bateau dans lequel vous voyagez a déjà quitté New York et je suis donc conduit à vous adresser ce courrier par l’intermédiaire de mon bureau, à Paris(1), afin de vous signaler que le paquebot Jérusalem, sur lequel vous avez l’intention d’embarquer à Marseille, appartient à une compagnie juive et que son équipage est juif(2). Il est donc interdit d’y voyager pendant le Chabbat, ou même de s’y trouver et, de la sorte, de profiter des travaux(3) qui y sont effectués.
Selon les informations dont je dispose, ce bateau quittera Marseille, jeudi ou vendredi prochain et il n’accostera à ‘Haïfa qu’après le Chabbat. Un tel voyage est donc bien une transgression du Chabbat. S’il ne vous est pas possible d’emprunter un autre bateau, vous pourrez et vous devrez poursuivre votre voyage d’une autre manière, par train ou par avion jusqu’à Naples, où vous pourrez passer le Chabbat, puis, à l’issue de celui-ci, rejoindre le paquebot Jérusalem qui, d’après mes informations, quittera cette ville le dimanche.
Sans doute ne vous contenterez-vous pas de vous sauver, vous-même et votre épouse, de la transgression du Chabbat. Vous transmettrez également ce message à d’autres personnes craignant la Parole de Dieu qui pourraient commettre cette faute par manque d’information, ce qu’à Dieu ne plaise.
Avec ma bénédiction afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,
Pour le Rabbi Chlita,
Notes
(1) Sous la direction du Rav B.E. Gorodetski. Voir, à son sujet, la lettre n°1970. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°1320. (3) Contrevenant au Chabbat.
Lettre n°2222
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2222, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
2 Elloul 5713,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous avez sans doute connaissance de la pratique judicieuse selon laquelle, pendant les quelques jours précédant le mariage, on étudie intégralement les chapitres 16 et 17 de la “ porte de la Sainteté ”, dans le Réchit ‘Ho’hma.
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