KOULAM Télécharger l’app

Iguerot Kodesh — lettres 2020 à 2039

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°2020

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2020, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Chevat 5713,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec plaisir votre lettre, par laquelle vous m’apprenez que vous avez instauré un cours de Tanya dans votre synagogue et que vous l’enseignez selon votre compréhension, pour reprendre l’expression figurant dans votre courrier. Il s’agit là d’un mérite incommensurable et inestimable puisque vous rapprochez les enfants d’Israël de l’étude de la ‘Hassidout, qui est l’enseignement profond de la Torah. Et, l’assurance nous est donnée que celui qui l’enseigne et en souligne la valeur, peut, de la sorte, obtenir une bénédiction accrue en tous ses besoins.

Vous dites que vous l’enseignez selon votre compréhension. Vous savez ce qui est écrit et que nous avons maintes fois entendu de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Le Tanya est défini comme la Loi Ecrite de la ‘Hassidout ‘Habad. De fait, son étude est bien comparable à celle de la loi Ecrite, dont le plus grand Sage ne peut avoir une compréhension exhaustive et par laquelle le plus petit enfant entame son étude de la Torah.

Nos Sages disent que, “ dès lors qu’un enfant commence à parler, son père lui enseigne la Torah ”. Il en est donc de même pour le Tanya, que chacun étudie selon sa compréhension, possédant sa propre perception, son endroit spécifique.

Il n’y a donc pas lieu d’en être découragé, quel que soit le niveau que l’on a atteint. En effet, le plus grand Sage n’en a pas lui-même une compréhension exhaustive. Que Dieu fasse que vous poursuiviez cette étude, pour vous-même et pour ceux qui vous écoutent, qu’Il permette qu’elle conduise à la pratique et à l’application concrète.

Lorsque je me trouverai près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, je mentionnerai votre nom et celui de votre épouse, pour la satisfaction de tous vos besoins, selon ce qui est écrit dans votre lettre.

Avec ma bénédiction et en saluant tous ceux qui assistent à votre cours,

N. B. : Je vous adresse un fascicule paru à l’occasion de la troisième Hilloula de mon beau-père, le Rabbi. Vous pourrez sûrement en présenter le contenu à ceux qui reçoivent votre enseignement. Que Dieu vous accorde la réussite en toute chose.

Lettre n°2021

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2021, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Chevat 5713,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu votre lettre avec un peu de retard. Vous me décrivez votre situation et sollicitez mon conseil, afin de déterminer si vous devez vous rendre maintenant en Terre Sainte, avec notre juste Machia’h.

Vous vous trouvez dans un pays où se sont dernièrement installées plusieurs personnes animées par la crainte de Dieu, s’ajoutant à celles qui y résidaient déjà auparavant. Nul ne peut savoir précisément ce que sont les Desseins de Dieu et la raison pour laquelle vous vous trouvez dans cette endroit. Il est dit que “ Dieu prépare les pas de l’homme ”.

A mon sens, vous ne devez donc pas abandonner cet endroit. Il vous faut influencer votre entourage de la manière qui convient, le raffermir dans la Torah et les Mitsvot, lui insuffler l’enthousiasme juif.

Dieu vous accordera de longs jours et de bonnes années, de sorte que vous pourrez illuminer votre voisinage, y développer “ la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière ”, de même que le luminaire de la Torah, c’est-à-dire l’enseignement de la ‘Hassidout, ses pratiques et ses voies.

De fait, il peut s’agir uniquement d’une seule bonne action. Comme vous le savez, le chapitre 25 du Tanya dit que chaque Mitsva, quelle qu’elle soit, est, là-haut, éternelle et immuable. Vous connaissez également le dicton du Baal Chem Tov, que nous avons maintes fois entendu de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Il dit qu’une âme descend ici-bas et pénètre, pendant plusieurs dizaines d’années, dans un corps juif, afin de rendre un service, physique ou moral, à un autre Juif.

Avec ma bénédiction pour de longs jours et de bonnes années, dans toutes les acceptations de ces termes,

Lettre n°2022

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2022, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Chevat 5713,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Perets(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 27 Tévet et la suivante. Que Dieu permette à chacun d’entre nous, au sein de tout le peuple juif, de mener à bien la mission qui lui est confiée ici-bas, dans la tranquillité morale et physique, avec largesse d’esprit.

Vous connaissez la décision du tribunal céleste selon laquelle grâce à l’abnégation dont fit preuve l’Admour Hazaken(2) pour l’enseignement de la ‘Hassidout, ceux qui lui sont liés et suivent ses voies, peuvent avoir le dessus, en tout ce qui concerne la Torah, la crainte de Dieu et les bons comportements. Vous consulterez, à ce sujet, les résumés et notes sur le Tanya, à la page 122.

Tout dépend donc de vous, comme l’expliquent le Maguid de Mézéritch et l’Admour Hazaken à propos de la Michna : “ Sache ce qu’il y a au dessus de toi ”(3).

Vous avez évoqué votre anniversaire et puisse donc Dieu vous accorder de longs jours et de bonnes années. Vous diffuserez une clarté accrue auprès de votre entourage, “ la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière ”, de même que le luminaire de la Torah, c’est-à-dire la ‘Hassidout.

Vous connaissez l’explication du Baal Chem Tov à propos de la divine Providence(4), même si l’on n’en comprend pas toujours le sens. Il se trouve que j’ai reçu, ces jours-ci, une photocopie d’une lettre du Rabbi Rachab(5) qu’il adressa à quelqu’un(6) à l’occasion de son cinquante huitième anniversaire(7). Je vous la joins, à la condition que vous me la restituiez par retour du courrier. Bien évidemment, vous pouvez la recopier, si vous le désirez.

Avec ma bénédiction de réussite, matérielle et spirituelle, en bonne santé et en saluant tous les ‘Hassidim,

Notes

(1) Le Rav P.Motchkin. Voir, à son propos, la lettre n°1927. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°1958. (3) Dont ils donnent la lecture suivante : “ Sache que tout ce qu’il y a là-haut dépend de toi ”. (4) Selon laquelle littéralement toute chose est effet de la divine Providence. (5) Voir, à ce propos, la lettre n°2010. (6) Voir les lettres du Rabbi Rachab, tome 1, page 170. (7) Qui était peut-être l’âge du Rav Motchkin.

Lettre n°2023

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2023, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Chevat 5713,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Morde’haï Hacohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 14 Chevat, de même que la précédente. Pour différentes raisons, ma réponse a été retardée jusqu’à maintenant. Vous m’interrogez sur les points suivants:

A) Je fais d’abord référence à votre recherche concernant les Ethroguim de Calabre. J’avoue que je ne suis pas satisfait que l’on ait pu vous suggérer le doute, à ce sujet. Mais, puisque nous en sommes là, votre proposition de vous rendre là-bas et d’observer la situation sur place est judicieuse.

Vous connaissez le récit que nous avons entendu de mon beau-père, le Rabbi. Un 25 décembre, quelqu’un entra chez le Tséma’h Tsédek et le trouva au milieu d’une étude de la Torah(2). Il s’écria: “ Rabbi, savez-vous quelle est la date? ” Le Tséma’h Tsédek lui répondit: “ Sot! Qui t’a demandé de me le rappeler? ” Malgré cela, il ferma son livre et cessa son étude.

B) Vous m’interrogez également sur le fait de quitter l’Italie. Cette éventualité ne me convient pas du tout. Dieu vous a donné le mérite de vous trouver dans un endroit où vous avez la possibilité d’agir et de mener à bien d’importantes réalisations pour ce qui touche au Judaïsme, en général et à la ‘Hassidout, en particulier.

Je ne comprends pas pourquoi vous envisagez ce déménagement, pourquoi vous faites des recherches dans les autres pays. Bien plus, d’après les informations dont je dispose, la situation matérielle et spirituelle n’est pas si bonne, dans les endroits que vous mentionnez.

Vous faites état de votre crainte, inspirée par la situation du monde, en général. Mais, vous ne savez pas quel est l’endroit le plus sûr. De plus, il y a tout lieu de penser que cette crainte disparaîtra très prochainement. En l’occurrence, vous avez fait le choix de vous trouver dans cet état d’esprit et vous pouvez donc cesser d’avoir peur, vous en remettre à la Bonté de Dieu, une Bonté sans contrepartie. Dès lors, vous écarterez l’amertume.

C) Il faut que l’endroit par lequel doivent passer les eaux pluviales(3) soit une terre poreuse et vous me demandez donc s’il est possible de le construire en ciment.

Le Darkeï Techouva sur Mikwaot , chapitre 201, paragraphe 206, citant les responsa Imreï Yocher, dit: “ Il est clair que le passage peut se faire à travers le ciment ”.

Néanmoins, il faut encore déterminer si la composition du ciment n’a pas été modifiée depuis son époque.

D) J’ai été satisfait d’apprendre que ce jeune homme a participé à la construction du Mikwé et vous est venu en aide. Cette action est, par elle-même, importante. De plus, il faut le renforcer, par toutes les manières possibles, dans sa pratique juive et sa présence dans les activités de ‘Habad.

Je lui écris maintenant(4) afin de lui souligner qu’il est important de publier des articles réguliers sur la ‘Hassidout et son environnement, qu’il faut le faire dans la langue du pays. Sans doute, de votre côté, lui en montrerez-vous également la nécessité.

E) J’ai bon espoir que, lorsque vous recevrez cette lettre, vous aurez déjà eu la pluie, de sorte que le Mikwé soit utilisable. A cette occasion, il serait bon de lancer, encore une fois, une campagne pour la pureté familiale. Celle-ci est indispensable et d’elle dépend la santé des enfants qui naissent et même du mari et de la femme.

Dieu fasse que vous m’annonciez de bonnes nouvelles dans tous ces domaines, de même que de l’état de santé de votre épouse et du vôtre. A n’en pas douter, vos efforts pour rapprocher les cœurs des enfants d’Israël de leur Père Qui se trouve dans les cieux vous permettra de connaître une réussite accrue, dans toutes vos préoccupations personnelles, matérielles et spirituelles. En effet, le début du Torah Or explique que, grâce à la Tsédaka(5), on obtient un cerveau et un cœur mille fois plus affinés.

F) Vous avez sûrement reçu mes salutations par monsieur Tsipel(6). Je vous ai également transmis quelques Shekels par son intermédiaire. Il serait bon d’organiser une réunion ‘hassidique, au moment qui convient et de souligner à ceux qui y prendront part l’importance des pratiques juives, en général et de celles de la ‘Hassidout, en particulier. Dieu vous donnera la réussite.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav M.Perlov, de Milan. Voir, à son propos, les lettres n°1588, 2063, 2155 et 2202. (2) Il est de coutume de ne pas étudier la Torah, à cette date, pendant la première partie de la nuit. (3) Pour remplir le Mikwé. (4) Il s’agit de la lettre suivante. (5) En l’occurrence morale. (6) Voir également la lettre suivante.

Lettre n°2024

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2024, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Chevat 5713,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

A) J’ai reçu avec plaisir votre lettre de l’issue du Chabbat Bechala’h, avec la coupure de journal relative au 19 Kislev qui lui était jointe. Je vous remercie de me l’avoir adressée. De même, j’ai reçu, en son temps, votre lettre à laquelle était jointe la causerie du Chabbat au cours duquel a été béni le mois d’Elloul, traduite en italien(1).

Vous savez que l’on ne remercie pas pour l’accomplissement d’une Mitsva. Il est dit, en effet, que “ la récompense de la Mitsva est la Mitsva elle-même ”. Il me semble vous avoir déjà écrit, il y a quelques temps, que vous devriez éditer, régulièrement et de manière fréquente, des enseignements, des récits et des pratiques de la ‘Hassidout en italien. Vous le ferez, par exemple, à proximité du 2 Nissan(2), de la fête de Pessa’h, de Lag Baomer.

Vous trouverez la matière de ces articles dans les recueils de causeries et les Likouteï Dibourim(3) déjà parus. Vous pourrez trouver le reste auprès du grand Rav et ‘Hassid, Rav M.Perlov(1) qui possède sûrement un grand nombre de ces publications.

B) En conséquence, votre intention de publier une brochure sur les activités de ‘Habad, bien sûr en italien, est judicieuse. Il serait bon qu’elle reprenne celle qui a été éditée ici, en Hébreu et qui vient de paraître, en anglais.

Nous avons dernièrement reçu des nouvelles de nos réalisations au Maroc et je vous les joins. Vous trouverez sûrement, sur place, quelqu’un qui comprend l’anglais. Bien évidemment, si le temps le permet, il serait bon que vous envoyiez ici une copie de votre traduction, avant sa parution.

C) Vous me dites que cette brochure sera publiée par le journal de Milan. Je ne connais pas la nature de ce journal et il m’est donc difficile de prendre position. Il serait bon que vous consultiez le grand Rav Perlov et le Rav Gansburg, qui se trouvent sur place.

Mais, il est préférable que la brochure soit éditée par l’association ‘Habad ou par ce journal, chaque formule ayant ses avantages. En tout état de cause, il serait bon de publier, de temps à autre, dans ce journal, des articles sur ‘Habad, comme je le disais.

Vous comprenez bien le mérite acquis par celui qui s’efforce de diffuser des connaissances sur l’enseignement, les coutumes et les pratiques de la ‘Hassidout, dans la langue du pays.

D) Vous me dites que la construction du Mikwé est achevée et j’en suis très satisfait. Vous y avez fait un passage en ciment tendre(1). Lorsque vous recevrez cette lettre, vous aurez sûrement reçu la pluie nécessaire pour le mettre en service.

J’attends de bonnes nouvelles, dans ce domaine.

E) Dans votre première lettre, vous évoquez les “ paroles insensées ” dont il est question dans le Zohar et vous avancez qu’il s’agit des sciences profanes, “ insensées ” par rapport à la sagesse du domaine de la sainteté.

Votre interprétation est la bonne, comme l’explique le discours ‘hassidique, intitulé “ Et, Moché dit : choisis pour nous des hommes ”, de Pourim 5709(4). Vous pourrez le consulter dans le fascicule n°63, à partir du second chapitre.

F) Vous avez sans doute reçu mes salutations, transmises par monsieur Tsipel(1).

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Voir la lettre précédente. (2) Hilloula du Rabbi Rachab, père du précédent Rabbi. (3) Du précédent Rabbi. (4) 1949, du précédent Rabbi.

Lettre n°2025

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2025, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Chevat 5713,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 23 Chevat, par laquelle vous m’indiquez brièvement de quelle manière vous êtes entré à la Yechiva Loubavitch de Lod. Vous concluez en me disant que vous avez maintenant quinze ans et demi et vous me demandez si vous devez quitter la Yechiva et apprendre un métier ou non.

Vous avez eu le mérite d’entrer à la Yechiva de façon merveilleuse, selon vos propres termes. Bien plus, vous vous trouvez dans une Yechiva où l’on étudie à la fois la partie révélée de la Torah et la ‘Hassidout. Vous devriez donc comprendre que Dieu vous vient en aide et vous guide vers le bien matériel et spirituel.

Pour vous mettre à l’épreuve, on vous inspire, de temps à autre, l’idée d’abandonner vos études. Vous devez écarter ces pensées et vous consacrer à l’étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, avec entrain et ardeur.

Il est bien évident que Celui Qui nourrit tous les êtres assurera votre propre subsistance, le moment venu. Vous ne devez pas vous préoccuper de cela à votre âge, vous préparer dès maintenant à gagner votre vie, alors que cela dépend uniquement du Saint béni soit-Il.

Se lier à Sa Torah et à Ses Mitsvot est un moyen merveilleux pour gagner sa vie plus aisément, le moment venu. A l’opposé, quitter la tente de l’étude prématurément y fait obstacle. Que Dieu vous donne le mérite d’étudier la Torah avec crainte de Dieu et que vous connaissiez la réussite, en la matière.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°2026

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2026, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Chevat 5713,

Brooklyn, New York,

A l’association d’entraide Chomreï Chabbat et à ses

dirigeants, les Rabbanim, ‘Hassidim qui craignent Dieu

et se consacrent fidèlement aux besoins communautaires,

le Rav Avraham Scharfstein et

le Rav Yo’hanan Gordon,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai été satisfait d’avoir connaissance de vos réalisations positives et de recevoir le bref compte rendu de vos accomplissements, durant cette année. Tout ce qui appartient au domaine de la sainteté se développe. J’espère qu’il en sera de même pour l’étendue de vos activités, pendant les prochains jours, de sorte que les Juifs ne subissent pas la misère, mais, bien au contraire, voient leurs affaires prospérer.

Dans une causerie prononcée en 5701(1), mon beau-père, le Rabbi, a souligné la grande valeur de la bienfaisance(2), telle qu’elle fut pratiquée par Rav Israël, un commerçant de Polotsk qui était un ‘Hassid du Tséma’h Tsédek.

Se trouvant à Loubavitch à l’occasion de la Parchat Vayéra(3), Rav Israël entendit un discours ‘hassidique du Tséma’h Tsédek, dans lequel il expliqua que notre père Avraham était généreux physiquement, financièrement et moralement. Ce texte soulignait qu’Avraham, par ses bonnes actions, parvint, tout en se trouvant dans ce monde matériel, à prendre le relais de l’Attribut de Bonté du monde spirituel d’Atsilout et en concluait qu’Avraham était plus élevé que cet Attribut.

Rav Israël ne comprit pas l’intégralité de ce discours, mais il fut conquis par ces quelques mots. Après être rentré chez lui, il les répéta, lors d’une réunion ‘hassidique, puis il retourna à son magasin. Bien qu’il n’ait pas eu besoin d’argent, il emprunta une somme à Rav Na’hman, un autre commerçant, afin de lui offrir la Mitsva de la bienfaisance. D’autres commerçants apprirent également l’importance de cette bonne action et empruntèrent, chaque jour, de l’argent l’un à l’autre.

Lorsque Rav Israël revint à Loubavitch, le Tséma’h Tsédek l’appela et lui demanda des explications sur son attitude. Par la suite, le Rabbi Maharach(4) lui demanda pourquoi il avait interrogé Rav Israël. Le Tséma’h Tsédek répondit qu’il avait perçu, chez Israël le commerçant, une colonne de lumière issue de l’Attribut de Bonté d’Atsilout.

Ainsi, la Mitsva de la bienfaisance est fondamentale même lorsque l’on n’a pas besoin d’argent. Combien plus l’est-elle pour celui qui en a réellement besoin. La récompense de cette pratique est inestimable. Différents textes de nos Sages l’établissent.

Je souhaite, néanmoins, souligner, un aspect particulier de cette récompense. Bien évidemment, la bonté, dans ce monde, émane, avant tout, de Dieu Lui-même, Qui prête à chacun d’entre nous les forces de son âme divine, afin que nous puissions mener à bien la mission qui nous est confiée dans ce monde matériel et même grossier. La ‘Hassidout explique le profit qui est tiré de cette bienfaisance divine. L’âme descend ici-bas pour pouvoir, par la suite, s’élever encore plus haut, à un stade sans aucune commune mesure avec celui qu’elle quitte.

Le prêt émane donc de Dieu. C’est Lui Qui met à notre disposition tout ce dont nous avons besoin. Or, Il en tire également un profit, si l’on peut s’exprimer ainsi. Le Midrach dit, en effet, que “ les Juifs, quand ils font la Volonté de Dieu, Lui apportent la force et la puissance ”. Le discours ‘hassidique intitulé “ Ses accomplissements sont positifs ” que mon beau-père, le Rabbi prononça le 10 Chevat 5709 explique tout cela.

Je conclus ma lettre en exprimant le souhait que chacun d’entre vous, au sein du peuple juif, mène à bien la mission qui lui est confiée ici-bas, de manière joyeuse.

Avec ma bénédiction de réussite,

Vous trouverez ci-joint ma participation à votre œuvre de bienfaisance, un chèque de cent dollars, à titre de don et un second chèque du même montant, à titre de prêt.

Notes

(1) 1941, dans le Séfer Hasi’hot 5701, page 45. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°2090. (3) Qui traite de notre père Avraham. (4) Fils du Tséma’h Tsédek.

Lettre n°2027

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2027, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Chevat 5713,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Its’hak Zalman(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre demande de bénédiction, à l’occasion du 10 Chevat et j’en donnerai lecture, sans en faire le vœu, en un moment propice, près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

A cette occasion, je voudrais formuler quelques remarques sur le bulletin d’Adar, que je viens de recevoir, en espérant que vous pourrez encore introduire les corrections nécessaires :

A) Vous ne parlez pas du tout du demi Shekel(2), ni à la première page, ni à la seconde. Cela est important cette année, puisque c’est à l’issue du Chabbat(3).

B) Concernant les mets que l’on envoie à des amis(4), il faut préciser qu’il s’agit uniquement d’aliments.

C) A la fin de la seconde page, il faut remplacer “ satisfaction ” par “ satisfaction juive ”(5).

D) Vous évoquez, à la troisième page, la situation des endeuillés. Il serait bon de rappeler la formule traditionnelle de condoléances, acceptée par tout le peuple juif(6) : “ Dieu les consolera, parmi tous les endeuillés de Sion et de Jérusalem ”. Il est important de la connaître, puisque l’on s’adresse à des endeuillés. De plus, il faut saisir chaque occasion de faire connaître les lois et les coutumes juives.

E) A la quatrième page, de même qu’à la fin de la troisième et, plus généralement, chaque fois que l’on cite les noms de plusieurs personnes, l’un des moyens que l’on peut adopter pour éviter les mécontentements et les rancœurs, puisque l’un est nécessairement cité avant l’autre, est le suivant. Ces noms doivent être classés par ordre alphabétique.

Par ailleurs, je m’aperçois que vous citez, à la page 3, les événements de l’histoire juive selon le calendrier du mois. Le livre Dvar Yom Beyomo pourra vous rendre service, dans ce domaine. Il a été réédité, ces dernières années.

Dans l’attente de vos bonnes nouvelles en tout ce qui vient d’être dit,

Notes

(1) Le Rav I.Z. Posner. Voir, à son propos, la lettre n°892. (2) Que l’on donne à la veille de Pourim. (3) La fête de Pourim. Il faut donc expliquer que le demi Shekel doit être donné dès jeudi. (4) Le jour même de Pourim. (5) Le Rabbi dit “ jewish ”, en anglais. (6) Pour la consolation des endeuillés.

Lettre n°2028

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2028, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er jour de Roch ‘Hodech Adar 5713,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

et se consacre au besoins communautaires,

le Rav B.E. G.(1),

Je vous salue et vous bénis,

A) Je viens de recevoir votre lettre du 25 Chevat. Il est bien clair que transférer l’une de nos institutions du Maroc en Terre Sainte, sans la modifier, n’a pas de sens. Par ailleurs, je ne vois pas l’utilité de réunir les jeunes gens de l’extérieur, d’autres écoles et de leur venir en aide pour qu’ils s’installent en Terre Sainte. Tel n’est pas le rôle de Loubavitch.

D’après ce dont j’ai parlé avec monsieur Kol(2), et tel est, pour l’heure, mon avis personnel, les élèves de notre école ayant eu de bons résultats dans un certain domaine pourront, à titre de récompense, bénéficier de notre aide et de notre intervention pour leur installation en Terre Sainte.

Il faudra faire connaître tout cela aux autres élèves et à tous les Juifs du Maroc. En étant l’élève de Ohaleï Yossef Its’hak pendant un certain temps, on reçoit la possibilité, si cette institution le juge bon, de s’installer en Terre Sainte.

De fait, monsieur Kol m’a dit que l’immigration des personnes âgées, incapables de travailler, est interrompue. En revanche, les parents d’élèves auront la possibilité de s’installer en Terre Sainte pendant deux ans.

B) J’ai écris au Rav C.(3) pour lui demander de donner de la Matsa Chemoura à ceux qui nous viennent en aide, au Maroc. Il vous montrera sûrement ma lettre et vous déciderez ensemble de ce qu’il y a lieu de faire, en la matière.

Je lui ai demandé également de faire paraître régulièrement, dans les journaux et les périodiques du Maroc, des nouvelles présentant les réalisations de ‘Habad sur place ou au moins, plus généralement, la ‘Hassidout et tout ce qui la concerne. Là encore, vous vous efforcerez de trouver un moyen pour que ces parutions et cette diffusion soient réalisées de la manière la plus adaptée.

C) J’ai appris dernièrement qu’a fonctionné au Maroc, pendant un certain temps, une association appelée Dovev Sifteï Yechénim(4). Celle-ci a édité de nombreux livres. Il serait bon que vous expédiez un exemplaire de chacun d’entre eux ici, à titre gracieux.

Je ne sais pas s’il est préférable que vous vous en occupiez vous-même ou bien que le Rav C.(3) le fasse, afin que cette requête soit satisfaite. Il semble que figurent, parmi les responsables de l’association, le Rav Toledano, de Meknès et le Rav C.Z. Cohen, de Casablanca. Il sera possible de le vérifier sur place.

Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée et en transmettant mes salutations aux ‘Hassidim du Maroc,

Notes

(1) Le Rav Binyamin Elyahou Gorodetski. Voir, à son propos, les lettres n°1458 et 2201. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°1985. (3) Le Rav Chlomo Matusof, de Casablanca. (4) Il fait remuer les lèvres de ceux qui reposent.

Lettre n°2029

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2029, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er jour de Roch ‘Hodech Adar 5713,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Ye’hyel Mi’hel(1),

Je vous salue et vous bénis,

A) C’est avec retard que j’accuse réception de vos trois lettres, de la veille de ‘Hanouka, du 9 et du 18 Chevat, avec la demande de bénédiction jointe, qui a été lue, en un moment propice, près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

B) J’ai été satisfait d’apprendre que l’étude des différents traités du Talmud a été répartie, ce 24 Tévet, date de la Hilloula de l’Admour Hazaken. J’ai également pris connaissance avec satisfaction de vos enseignements publics. Comme vous le savez, nos Sages disent que “ à quiconque ajoute(2), on ajoute(3) ”.

C) Vous me dites qu’il vous sera possible d’édifier un Mikwé conforme à l’avis du Rabbi Rachab(4). S’il est certain que cette décision soit suivie d’effet, vous recevrez sûrement l’aide de l’association des ‘Hassidim ‘Habad en Terre Sainte, pour le montant que vous mentionnez, c’est-à-dire environ cent cinquante livres israéliennes.

D) Sans doute poursuivez-vous votre enseignement de la ‘Hassidout, dans la synagogue que vous mentionnez dans votre lettre.

Vous m’interrogez sur des personnes résidant à l’extérieur d’Erets Israël et visitant ce pays avec l’intention de le quitter par la suite. Vous me demandez s’ils doivent respecter le second jour de la fête. Vous leur avez dit d’adopter le comportement de ceux qui vivent dans l’endroit où ils passent la fête, c’est-à-dire en Erets Israël, en vous basant sur le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, seconde édition, chapitre 1, paragraphe 8, qui contredit le Michméret Chalom du Rabbi de Keidanov, au chapitre 32. Vous mentionnez également le premier chapitre du Chaar Hacollel.

Nous devons nous en tenir aux instructions de mon beau-père, le Rabbi, chef de notre génération(5), dont le mérite nous protégera. Celui-ci demanda à plusieurs résidents d’Erets Israël qui étaient venus ici avec l’intention de rentrer chez eux par la suite de conserver la coutume d’Erets Israël. On peut en conclure qu’il en va de même dans l’autre sens(6).

Avec ma bénédiction de réussite et de bonne santé,

Notes

(1) Le Rav Y.M. Dabroskin, de ‘Haïfa. Voir, à son sujet, les lettres n°1643, 2089 et 2135. (2) A ses efforts. (3) Des bénédictions. (4) Voir, à ce propos, la lettre n°2082. (5) Voir, à ce propos, la lettre n°973. (6) Ceux qui vont en Erets Israël doivent adopter la pratique de ce pays.

Lettre n°2030

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2030, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Adar 5713,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

aux multiples connaissances, le Rav Douberich(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu les épreuves de vos commentaires sur le Meïri(2), portant vraisemblablement sur le traité Mikwaot. Le temps ne me permet pas de m’y approfondir comme il conviendrait de le faire, d’autant que je ne possède pas le Meïri sur les traités Mikwaot et Nidda. Néanmoins, par respect pour vous, j’ai consulté ces commentaires dans la mesure du temps dont je disposais et je me contenterai de deux remarques:

A) Vous citez d’abord le Meïri, chapitre 2, Michna 1. Je m’interroge sur le commentaire que vous en donnez.

En effet, de manière générale, deux points caractérisent un Mikwé: 1. Il sert, tout d’abord, à l’immersion rituelle. Il faut pouvoir y tremper tout son corps en une seule fois. Tous les avis s’accordent pour reconnaître que cette obligation émane de la Torah. 2. La quantité d’eau devant se trouver dans le Mikwé est-elle toujours de quarante Séa ou bien varie-t-elle selon que la personne qui s’y trempe est petite, grande ou moyenne? Les Sages, des premières et des dernières générations se demandent si un enfant peut se tremper dans moins de quarante Séa d’eau et si un adulte doit le faire dans une quantité d’eau plus importante que celle-ci. Bien évidemment, ceux qui considèrent que quarante Séa suffisent pour l’adulte n’en exigent pas moins qu’il puisse y immerger l’ensemble de son corps en une seule fois.

De fait, la quantité d’eau est une caractéristique du Mikwé, alors que la possibilité de s’y tremper en une seule fois est relative à l’immersion proprement dite. Aussi, lorsque le Meïri écrit, dans son commentaire du traité Nidda, que ne s’est pas acquittée de son obligation la personne si grande qu’elle ne peut pas se tremper en une seule fois, ou bien qui le fait dans de l’eau concentrée en un endroit plat, il fait sûrement référence à celui dont l’ensemble du corps est recouvert par l’eau en une seule fois, mais qui, néanmoins, ne s’est pas acquitté de son obligation. Telle n’est pas votre interprétation.

De fait, c’est ainsi qu’il faut comprendre la formulation de nos Sages, qui disent: “ Tout son corps monte dans l’eau ” et non “ est recouvert par l’eau ”. En effet, un autre verset permet d’établir l’obligation de tremper tout son corps en une seule fois, comme le dit la Torat Cohanim sur le verset Vaykra 22, 10. Il s’agit donc bien ici de “ monter ” dans l’eau, c’est-à-dire, selon l’explication du ‘Hatam Sofer, d’y faire doublement disparaître sa personnalité. En tout état de cause, même si l’on choisit une autre interprétation, il est clair qu’il ne s’agit pas ici d’être recouvert par l’eau.

De plus, il est évident que l’obligation de tremper tout son corps en une seule fois n’impose pas une quantité d’eau minimale. Si le bassin a la même forme que le corps de la personne qui s’y trempe et n’est qu’un peu plus long et un peu plus large, une seule goutte d’eau suffira pour qu’elle s’y trempe.

De fait, les Sages des dernières générations s’interrogent sur ce changement de formulation de la Torat Cohanim, du Talmud et des Décisionnaires. En effet, la Torah Cohanim, au verset Vaykra 15, 16, dit que “ tout son corps monte dans l’eau ”, ce qui suppose une coudée de large, une coudée de long sur trois coudées de hauteur, soit le volume correspondant à quarante Séa et précise quelles doivent être les dimensions du bassin.

Le Talmud, au traité Erouvin 4b, dit que ce volume correspond à quarante Séa selon l’évaluation des Sages, alors que le Choul’han Arou’h Yoré Déa, au début du chapitre 201, adopte l’ordre inverse et dit que, selon l’évaluation des Sages, ce sont les quarante Séa qui correspondent à un volume d’une coudée de large, une coudée de long sur trois coudées de hauteur.

Le Goulot Alyot pose cette question dans son commentaire du traité Mikwaot, chapitre 1, Michna 1, paragraphe 1. Vous trouverez tous les avis émis à ce sujet dans le Chiyour Mikwé, du Rav Naé, paru à Jérusalem, à partir de la page 3.

Par ailleurs, selon l’avis qui considère qu’un adulte peut se tremper dans quarante Séa, la nécessité d’immerger tout son corps en une seule fois est seulement une indication, mais non une obligation.

Tout ceci pourrait être développé, mais nous ne le ferons pas ici.

B) Vous vous demandez pourquoi le Meïri ne compte pas le Mikwé dans la liste dressée par le chapitre 17 du traité Kelim(3).

On pourrait répondre que la Michna du traité Kelim énumère uniquement ce qui n’a pas de mesure fixe, ni minimale ni maximale, y compris d’après l’avis des Sages. Pour le Mikwé, en revanche, ceux-ci ont imposé quarante Séa également au plus petit enfant afin d’adopter une mesure uniforme pour tous.

Une remarque sur la conclusion.

Vous répondez à la question soulevée par les responsa Yehouda Yaalé. En effet, le Choul’han Arou’h Yoré Déa, chapitre 120, paragraphe 12, dit qu’il faut tremper les anses de tous les ustensiles, sans distinction. A la fin des lois de l’immersion rituelle, en revanche, une différence est faite en fonction de la longueur de cette anse. Vous en déduisez que l’anse doit être entièrement trempée au Mikwé, mais qu’une séparation(4) disqualifie cette immersion uniquement si elle se trouve à l’intérieur de la longueur minimale(5).

A mon sens, il est impossible d’interpréter le Choul’han Arou’h de cette façon, puisqu’il y est dit clairement: “ L’anse sera trempée jusqu’à l’endroit où l’on a l’intention de la couper et cela suffit ”.

Comme vous me le demandez, je vous restitue ces épreuves. Je vous remercie encore une fois de me les avoir adressées pour relecture, au moins en fonction du temps dont je dispose.

Je vous joins un fascicule paru dernièrement qui, à n’en pas douter, vous intéressera.

Avec ma bénédiction pour que vous conceviez une satisfaction ‘hassidique de votre fille,

Notes

(1) Le Rav D.Zuckerman, de Buffalo. (2) Imprimés en 5744-1984 dans son livre Beth Aharon, à la page 331. (3) Des éléments n’ayant pas une mesure fixe. (4) Entre l’eau et cette anse, par exemple une étiquette qui aurait dû être retirée au préalable. (5) De cette anse.

Lettre n°2031

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2031, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Adar 5713,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Meïr(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec plaisir votre lettre de lundi dernier. Que Dieu fasse que votre enseignement public soit fructueux. En rapprochant les cœurs des enfants d’Israël de leur Père Qui se trouve dans les cieux, vous recevrez sûrement une bénédiction et une réussite accrues, dans vos préoccupations personnelles, matérielles et spirituelles.

Vous connaissez la valeur que j’accorde à l’action concrète, me basant sur différents textes de la ‘Hassidout. Je souligne qu’il est nécessaire, par tous les moyens possibles, de faire connaître les lois les plus courantes(2). Celui qui enseigne publiquement doit donc y consacrer au moins quelques instants.

Ces lois se trouvent, pour la plupart, dans le Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm(3) et, de manière plaisante, on peut citer, à ce propos, le commentaire que font nos Sages du verset “ Ne soupèse pas le chemin de la vie ”. Ils disent, en effet : “ Ne soupèse pas les Mitsvot de la Torah ”.

Il faut donc écarter la conception courante selon laquelle l’étude du Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm ne concerne que ceux qui ont encore des connaissances limitées.

Avec ma bénédiction de bonne santé et en transmettant mes salutations à tous les ‘Hassidim,

Notes

(1) Le Rav M.Gurkov, de Londres. (2) Voir, à ce propos, les lettres n°1720, 2041 et 2100. (3) Qui signifie “ le chemin de la vie ”.

Lettre n°2032

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2032, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2 Adar 5713,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Zéev Yehouda Halevi(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’espère que vous avez reçu à temps mon télégramme relatif à la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi(2), dont le mérite nous protège. Sans doute avez-vous organisé une réunion ‘hassidique amicale. En effet, nos Sages soulignent, au traité Sanhédrin 103b, la valeur d’un repas qui rapproche ceux qui le partagent, révèle la Présence divine également aux…(3).

Combien plus en est-il ainsi lorsque dix Juifs se rassemblent, puisque le simple fait qu’ils soient ensemble suffit pour obtenir cette révélation, y compris lorsqu’ils ne font rien(4), comme le dit Igueret Hakodech, au paragraphe 23.

Vous consulterez également le Korban Haéda sur le Yerouchalmi Erouvin, chapitre 1, paragraphe 10. Et cette révélation est encore plus clairement obtenue lorsque l’on prononce des paroles de la Torah. Je suis convaincu que toutes les bonnes résolutions qui ont été prises seront suivies d’effet, dans les pensées, les paroles et les actions.

Je vous joins le fascicule édité à proximité de la date de cette Hilloula. Celui-ci présente un discours ‘hassidique(5) que mon beau-père, le Rabbi affectionnait particulièrement, comme il l’écrit dans sa lettre, imprimée au début de ce fascicule.

Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav Z.Y. Segal, de Manchester. Voir, à son sujet, les lettres n°1274, 1520 et 2141. (2) Le 10 Chevat. (3) Prophètes de l’idole de Baal. (4) Voir également la lettre n°2015. (5) Il s’agit du discours intitulé “ Dieu n’agit pas avec ruse envers ses créatures ”, prononcé en 5685-1925.

Lettre n°2033

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2033, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Adar 5713,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

Bien qu’il ne soit pas dans mon habitude d’intervenir en pareil cas, je le fais, en l’occurrence, par ces quelques lignes, car il semble que la levure ait fait monté la pâte au delà de toute mesure. J’écris en Yiddish afin qu’il ne soit pas nécessaire de traduire mes propos de l’Hébreu :

A) Les livres sacrés établissent, et chaque Juif y croit de toute sa foi, que Dieu et Lui seul “ nourrit chacun et satisfait ses besoins ”, qu’il s’agisse d’individus, d’institutions ou d’organisations. C’est ce que nous affirmons dans la bénédiction suivant le repas et même dans son premier paragraphe, instauré par Moché notre maître, “ notre Dieu, Roi du monde, Qui nourrit le monde entier… Il est le Dieu Qui nourrit chacun et satisfait ses besoins ”.

Dieu souhaite conférer aux Juifs le mérite de mettre en pratique les Mitsvot. Il est donc fréquent qu’Il soumette quelqu’un à une épreuve, en lui transmettant les moyens financiers destinés à assurer la subsistance d’une autre personne ou d’une autre institution. Dès lors, on vérifie si le dépositaire de cet argent a bien compris qu’on lui a confié la mission de le remettre à celui à qui il revient de droit.

S’il s’avère qu’il est possible de s’en remettre à lui et de lui faire confiance, on lui accorde la récompense de la Mitsva de la Tsédaka, dont il est dit que “ l’homme reçoit l’intérêt dans ce monde, mais le capital lui est conservé pour le monde futur ”. De plus, Dieu lui maintiendra Sa confiance et lui confiera encore d’autres missions. Ses affaires fructifieront et il aura ainsi le moyen de subvenir aux besoins d’autres personnes et d’institutions. Il sera le canal par lequel celles-ci obtiendront les moyens de leur existence.

Bien évidemment, le mauvais penchant ne peut pas supporter une telle situation. Il cherche donc, par tous les moyens, à convaincre l’homme qu’il n’a pas gagné cet argent parce que telle est la Volonté de Dieu, mais bien parce qu’il est particulièrement avisé, fin commerçant. Ce qu’il possède est donc le résultat de son dynamisme et de son intelligence. Il en est ainsi le propriétaire absolu, car il a une valeur que ne possède pas le “ sot ”, incapable de gagner autant d’argent que lui. Il acceptera, néanmoins, de lui rendre un service et de lui offrir quelques cents.

En conséquence, celui qui aura reçu ces quelques cents devra comprendre qu’on a été particulièrement bon à son égard. Il devra s’emplir d’une immense reconnaissance, le bénir personnellement et non, comme on le fait après le repas, en affirmant que Dieu “ nourrit chacun et satisfait ses besoins ”. Il devra, bien au contraire, être convaincu que sa subsistance lui vient d’un homme. S’il refuse de l’admettre, on n’aura aucune obligation envers lui puisque l’on est le véritable propriétaire de cet argent.

Pour écarter une conception à ce point erronée, on demande à chaque Juif de proclamer, dès son réveil, que “ Tu m’as restitué mon âme avec miséricorde ”. Ainsi, c’est uniquement par un effet de Sa miséricorde que Dieu restitue son âme à l’homme. De même, la première requête que nous formulons, dans la prière du Chemoné Essré, est la suivante : “ Tu accordes le discernement à l’homme. Fais que nous puissions l’obtenir ”, afin de prendre conscience que nul ne possède l’intelligence intrinsèque, la clairvoyance et le jugement. Tout dépend de Dieu, dont on doit recevoir les bienfaits à tout instant.

Lorsqu’un homme a le mérite de ne pas se laisser convaincre par son mauvais penchant, il peut demeurer, pour de longs jours et de

bonnes années, l’émissaire de Dieu, chargé de transmettre leurs moyens financiers à plusieurs personnes et, plus généralement, de financer ce qui concerne la Torah et les Mitsvot.

S’il n’en a pas le mérite, ce qu’à Dieu ne plaise, il est inutile de préciser ce qui en découlera, car chaque Juif souhaite dire et écrire uniquement ce qui est positif. Pour autant, il faut bien savoir ce qu’il en est.

B) Il est aussi une autre situation. Un homme peut, non seulement, refuser d’être l’émissaire de Dieu, chargé de transmettre l’argent qui revient à certaines personnes ou à des réalisations liées à la Torah et aux Mitsvot, mais, en outre, se faire le délégué du mauvais penchant et dilapider cet argent.

Néanmoins, Dieu est bonté et miséricorde. Il ouvre donc, en pareil cas, la possibilité de la Techouva. Très simplement, cela signifie que si l’on a envisagé une mauvaise action, on peut la rectifier et si celle-ci met en cause une autre personne ou bien ce qui est lié à la Torah et aux Mitsvot, la Techouva doit intervenir avant que le tort ne lui soit causé de manière irréversible.

Après cette entrée en matière, je voudrais rappeler brièvement ce qui s’est passé, concernant l’impression du livre.

Un Juif a fait savoir qu’il voulait financer l’édition d’un livre d’Ethique grâce auquel il a lui-même retrouvé la voie de la Torah et des Mitsvot. En conséquence, il souhaitait que ce livre parvienne à des centaines et même à des milliers de Juifs, qui, de cette façon, pourraient également se rapprocher de Dieu et de la pratique juive.

Il est bien clair qu’un tel désir émane du bon penchant, qu’il est inspiré par Dieu. Lorsqu’il est exprimé verbalement et communiqué à d’autres personnes, il prend la forme d’un vœu, prononcé devant Dieu. En d’autres termes, on dit alors à Dieu : “ Je reconnais et j’affirme que c’est Toi Qui m’as accordé ces moyens financiers. Je comprends que, pour une partie de ces moyens, je ne suis qu’un émissaire, chargé d’accomplir Ta Volonté et de mener à bien la mission que Tu me confies, celle de faciliter à de nombreux Juifs la proximité de la pratique juive ”.

Il est bien clair qu’un tel désir ne peut en aucune manière émaner du mauvais penchant.

Pour que ce désir positif puisse être suivi d’effet, il a été porté à la connaissance de personnes chargées de l’impression de tels livres, c’est-à-dire ayant le mérite d’éditer des ouvrages qui rapprochent les Juifs de Dieu et de Ses Commandements, non pas par leurs forces propres, comme on l’a dit, mais par celle que Dieu leur accorde.

Il s’agit, en l’occurrence, de Juifs pratiquants, souhaitant donc obtenir un résultat concret au plus vite. Ceux-ci n’ont donc pas attendu que l’argent soit effectivement versé. Ils se sont servis d’un montant que d’autres ont donné pour différents accomplissements, liés à la Torah et aux Mitsvot, mais qui ont été différés. Ils en ont fait usage pour réaliser au plus vite le désir positif exprimé par cet homme, celui d’éditer un livre, afin que l’influence exercée par lui puisse se manifester le plus rapidement possible.

Par la suite, des éléments extérieurs ont surgi et un différend est intervenu entre celui qui avait émis le vœu d’éditer ce livre et ceux qui se sont chargés de son impression. Au final, cet homme a changé d’avis.

Ce changement a deux significations. D’une part, cet homme déclare à Dieu qu’il n’éprouve plus le désir qu’il avait au préalable d’imprimer un livre d’Ethique, alors qu’il affirmait, par cet acte, que ses moyens financiers Lui appartiennent, en réalité. Il dit ainsi : “ Je reviens sur ce que je T’ai dit et je prétends désormais le contraire. Agis en conséquence ”.

Il annonce également à ceux qui ont imprimé ce livre : “ Il est vrai que je vous avais donné un ordre et que vous avez fait usage de l’argent de la Tsédaka pour le réaliser. De fait, vous avez été mandatés par moi pour agir ainsi. Mais, je ne m’en affecte pas et n’ai pas l’intention de vous donner cet argent, car je prétends que vous avez mal agi envers moi ”.

Je pense qu’il est inutile de préciser de quelle manière la Torah définit ces deux conséquences. Que Dieu fasse que toutes les personnes impliquées rectifient leur action avant que le tort causé ne devienne irréversible, ce qu’à Dieu ne plaise.

Vous savez à qui tout cela fait allusion et la ‘Hassidout, propos du Dieu de vie, permettrait, en la matière, un développement encore plus large que celui qui vient d’être fait. Pour ce qui vous concerne personnellement, vous connaissez l’enseignement du Baal Chem Tov selon lequel tout, y compris le détail le plus insignifiant, est effet de la divine Providence. Or, vous avez été, en la matière, l’un des intermédiaires et, semble-t-il, celui dont le rôle a été déterminant.

La ‘Hassidout définit deux catégories d’intermédiaires, celui qui relie, c’est-à-dire qui ne possède pas d’existence propre, se contentant de faire la jonction entre deux éléments et celui qui introduit une rupture, possédant effectivement une existence propre, de sorte que, quand une mission lui est confiée, il l’exprime dans ses propres termes et y fait intervenir son désir personnel.

Il est dit que les Justes sont peu nombreux, que les hommes se trouvent, pour la plupart, dans la catégorie médiane, exposée aux deux penchants à la fois. Dès lors, le mauvais penchant s’exprime également. Or, il convient de rejeter immédiatement son avis, comme l’explique le Tanya.

Il en est de même pour ce qui vous concerne, puisque vous avez eu le mérite d’être l’intermédiaire par lequel telle personne a décidé de prélever de son argent pour faire éditer un livre d’Ethique.

Avec ma bénédiction de bonne santé physique, de bonne santé morale et pour que Dieu vous inspire le désir de mettre en pratique Sa Volonté, de sorte que cette situation trouve une solution positive, au plus vite,

Lettre n°2034

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2034, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Adar 5713,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Barou’h(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du mardi de la Parchat Yethro, qui faisait réponse à la mienne. J’aimerais savoir si vous avez obtenu une réponse de l’Appel Juif unifié(2) à votre requête télégraphique et écrite et, le cas échéant, quelle est cette réponse.

On doit savoir, si l’on veut venir en aide à notre Terre Sainte, qu’il faut y renforcer tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot. On ne peut avoir la prétention d’être plus avisé que Dieu. En effet, il est bien clair que nous n’en avons pas été renvoyés par la volonté des Romains ou de Vespasien, mais bien parce que “ du fait de nos fautes, nous avons été exilés de notre terre ”.

Notre sainte Torah dit, à la fin de la Parchat A’hareï, qu’Erets Israël ne supporte pas la faute. Quiconque souhaite l’aider et désire réellement son bien, de même que celui des Juifs qui y résident, doit, avant tout, agir en ce sens et ne pas se laisser convaincre que d’autres préoccupations sont plus importantes, ou même ont une valeur identique.

Pour édifier une maison et la maintenir, il faut d’abord lui faire des fondations solides. Si celles-ci ne sont pas assez fortes ou pas adaptées, ce qu’à Dieu ne plaise, plus l’édifice sera grand et plus elles seront inutilisables et même dommageables.

Il faut éviter de parler négativement d’Erets Israël, sauf lorsqu’il s’agit d’agir concrètement. Il m’est donc difficile d’en dire plus, d’autant que ce bref exposé sera suffisant pour vous convaincre, j’en suis persuadé.

Vous m’écrivez que vous voulez envoyer une scie électrique à Kfar ‘Habad, mais vous souhaitez que l’on prenne en charge les frais de transport. J’aimerais savoir approximativement à combien ceux-ci s’élèvent et si un document officiel est nécessaire pour l’importation de cette scie en Terre Sainte.

Je vous souhaite un joyeux Pourim. Avant même cette fête, vous vous emploierez à raffermir tout ce qui a trait à la Torah et aux Mitsvot. On ne peut jamais considérer que l’on s’est définitivement acquitté de son obligation, en la matière. Si on le désire sincèrement, Dieu accorde la réussite et l’on accomplit des Mitsvot joyeuses, d’une manière joyeuse.

Avec ma bénédiction à l’occasion de Pourim,

Notes

(1) Le Rav B.Levitin. Voir, à son propos, la lettre n°1070. (2) En anglais dans le texte.

Lettre n°2035

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2035, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Adar 5713,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre demande de bénédiction de la veille du Chabbat, 28 Chevat. Lorsque je me trouverai près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, j’en donnerai lecture, de même que de l’autre demande de bénédiction que vous m’adressez au nom de vos beaux-parents.

Je suis surpris que vous ne parliez pas de vos réalisations positives au sein de la Yechiva Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch. Bien plus, Igueret Hakodech, au chapitre 7 et le Séfer Hasi’hot été 5700, à la page 22, disent que chaque âme possède une Mitsva qui lui est spécifique, par l’intermédiaire de laquelle reçoivent l’élévation toutes les autres Mitsvot, toutes les bonnes actions. C’est grâce à elle que Dieu accorde toutes les bénédictions.

Vous avez le mérite que cette Mitsva, en ce qui vous concerne, s’effectue dans la tente de la Torah, au sein d’une institution fondée par mon beau-père le Rabbi, dirigée par lui, portant son nom et imprégnée de son esprit. Chaque requête, chaque demande de bénédiction doivent donc être liées à ce que vous accomplissez pour cette institution.

Que Dieu vous accorde le mérite et la réussite, afin que vous puissiez m’annoncer de bonnes nouvelles en tout ce qui vient d’être dit.

Avec ma bénédiction de joyeux Pourim,

Lettre n°2036

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2036, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Adar 5713,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Yossef(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du mardi de la Parchat Michpatim, dans laquelle vous me faites part de votre succès avec vos élèves. Puisse Dieu faire que vous redoubliez d’ardeur, en la matière. Nos Sages disent, en effet, que l’on doit connaître l’élévation en tout ce qui touche au domaine de la sainteté.

Il ne faut donc nullement se contenter de la situation actuelle. Tout d’abord, ce qui touche la Torah est “ plus long que la terre et plus large que la mer ”. La logique courante établit qu’il en est bien ainsi, puisqu’il s’agit de la Torah et des Mitsvot du Saint béni soit-Il, Infini véritable.

Vous me dites que, selon différents textes, le corps est trop petit pour contenir l’âme dans son intégralité(2), alors qu’un autre texte explique que les notions de petitesse et de grandeur n’ont pas de sens, pour l’âme, de sorte que celle d’un enfant peut également faire vivre Og, roi de Bachan(3).

En fait, cette question ne se pose même pas, comme l’explique le discours ‘hassidique intitulé “ la source de vie se trouve auprès de Toi ”, prononcé en 5700(4). Ce texte dit que la lumière ne subit aucune modification. Il n’en est pas de même lorsque l’on parle de révélation profonde de la quintessence(5). C’est pour cela que le corps ne peut pas la supporter.

Notes

(1) Le Rav Y.Goldstein. Voir, à son propos, les lettres n°433 et 466. (2) La majeure partie de celle-ci reste donc là-haut. (3) Qui était un géant. (4) 1940, par le précédent Rabbi. (5) De cette âme.

Lettre n°2037

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2037, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Adar 5713,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec plaisir votre lettre du 3 Adar, qui m’a tranquillisé, car j’avais appris qu’en rentrant chez vous, à votre retour d’ici, vous n’étiez pas en bonne santé. Dieu merci, votre lettre indique que vous avez recouvré la santé.

Une explication plaisante peut être introduite en fonction de l’analogie que constatent nos Sages entre les mots Leétano, en sa force et Letanao, à sa condition(1). En effet, le Saint béni soit-Il dit que les cieux et la terre se maintiendraient uniquement si les enfants d’Israël respectaient la Torah et les Mitsvot. Et, les livres de l’Ethique et de la ‘Hassidout précisent que les cieux englobent toute l’existence spirituelle et la terre, l’existence physique.

Pour un Juif ou une Juive, la pérennité de tout cela dépend donc la Torah et des Mitsvot, qui sont les canaux et les réceptacles véhiculant toutes les bénédictions, ainsi qu’il est dit: “ Si vous suivez Mes Décrets, Je vous donnerai...(2).

J’ai appris avec plaisir, à la fin de votre lettre, qu’une réunion des femmes et jeunes filles ‘Habad(3) devait avoir lieu dimanche dernier. Elle a sûrement connu la réussite, de sorte que ces femmes ont un désir encore plus fort d’intensifier leur service de Dieu, dans les jours qui viennent, en particulier en Adar, puisque l’on se réjouit depuis le début de ce mois, à cause de la fête de Pourim qui y est célébrée.

Certes, nos Sages constatent également à propos de ‘Hanouka et de Pessa’h que les femmes prirent une part dans le miracle. Néanmoins, leur participation apparaît encore plus clairement à Pourim(4).

Je conclurai par les paroles de Torah avec lesquelles vous commencez vous-même votre lettre. Vous parlez du fait de saluer son maître et vous citez le Choul’han Arou’h Yoré Déa, chapitre 242, paragraphe 16. Vous consulterez également ses commentateurs.

On trouve, à ce sujet(5), une différence entre ceux qui résident en Erets Israël et ceux qui se trouvent à Babel, comme le constate le ‘Hiloufeï Minhaguim. Ce livre est difficile à se procurer et je vous reproduis donc les références citées à ce sujet : le traité Bera’hot 27b, le traité Nazir 20b pour lequel vous verrez la différence entre la version du Rif et celle du Roch, le Maadaneï Yom Tov, à cette référence, le traité Baba Kama 73b, les Tossafot et le Yefé Enaïm à cette référence, le traité Chevouot 32a que vous consulterez, le Yerouchalmi Bera’hot et Nazir aux mêmes références.

Notes

(1) En fonction de cette analogie, nos Sages interprètent le verset, relatif au passage de la mer Rouge, selon lequel “ au matin, la mer retrouva sa force (Leétano) ”, de la manière suivante: “ La mer respecta la condition qui lui avait été fixée (Letanao) ”. (2) Vos pluies en leur temps, Guéchem désignant à la fois la pluie et les biens matériels. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°1869. (4) Du fait de la reine Esther. (5) Dans la manière de saluer son maître.

Lettre n°2038

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2038, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Adar 5713,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous évoquez la venue ici de votre fils et vous savez sûrement ce que j’en pense. A l’heure actuelle, les possibilités d’agir sont, en Terre Sainte, très importantes, y compris pour les jeunes, qui doivent donc faire usage des forces dont ils disposent, dans ce domaine.

Pour ce qui concerne plus spécifiquement votre fils, il doit transformer la Yechiva de Lod en une Yechiva Loubavitch. En effet, pour l’heure, les garçons qui étaient là-bas et sont venus ici depuis quelques temps manquent de soumission et de sens du devoir.

Je ne sais pas précisément pourquoi il en est ainsi. Or, cela est important pour les élèves qui viennent de Terre Sainte. En effet, ils n’ont le droit de quitter ce pays qu’à certaines conditions et en particulier, pour ce qui les concerne, dans le but d’étudier la Torah. En conséquence, lorsqu’ils viennent ici et n’en font qu’à leur tête, on est en droit de se demander si, en pareil cas, les Sages donnent l’autorisation de quitter la Terre Sainte.

Je ne souhaite pas en dire plus car ces remarques devraient, en fait, être transmises à la direction de la Yechiva, à Lod et, en l’occurrence, j’en parlais uniquement pour ce qui concerne votre fils. Je pense donc qu’il doit passer au moins cet hiver et l’été prochain à Lod. Puis, au milieu de l’été, je recevrai l’avis de la Yechiva, pour ce qui le concerne. Alors, nous évoquerons cette question encore une fois.

Avec ma bénédiction pour que vous conceviez une satisfaction ‘hassidique de tous vos enfants et que vous soyez, avec votre épouse, en bonne santé, physique et morale,

Lettre n°2039

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2039, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Adar 5713,

Brooklyn, New York,

Au grand Rav, homme de qualité, distingué et raffiné,

issu d’une grande lignée, importante personnalité,

‘Hassid qui craint Dieu et possède de larges connaissances,

le Rav David Sasson,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec joie votre précieuse lettre du 3 Chevat, qui contenait les photocopies de trois manuscrits anciens, confirmant la décision hala’hique de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, selon laquelle le mot Daka du verset “ Celui qui a les parties génitales écrasées (Daka) n’entrera pas dans l’assemblée de Dieu ” doit être écrit avec un Alef(1).

Vous connaissez sans doute les nombreux avis qui ont été émis à ce sujet. Tous sont cités dans le Michnat Avraham.

Je dois mentionner également ce que m’a rapporté mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Lorsqu’il se trouvait à Worms, il vit un Séfer Torah qui, selon la tradition locale, fut écrit par le Maharam de Rottenberg(2). Daka y était écrit avec un Alef. Il le vit également dans un Séfer Torah de Prague qui, selon une antique tradition locale, fut corrigé par Ezra le Scribe.

A titre de remerciement, un paquet séparé vous a été envoyé, qui contient le Sdeï ‘Hémed du ‘H. ‘H. M.(3), qui est Séfarade.

Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, les lettres n°1623 et 1668. (2) Qui recopia un Séfer Torah descendu du ciel à cet effet. (3) ‘Ha’ham ‘Hizkya Medini.

← Lettres précédentes Lettres suivantes →
Étudiez les Iguerot Kodesh dans Koulam Recherche dans les 8 945 lettres, lecture confortable, brakha du jour — gratuit, iOS & Android. Télécharger Koulam