"Si l'on trouve dans le pays que l'Éternel ton Dieu te donne en possession un cadavre gisant en plein champ et que l'auteur du meurtre soit resté inconnu,
La ville la plus rapprochée du cadavre étant déterminée les anciens de cette ville prendront une jeune vache qu'on n'aura pas encore employée au travail qui n'aura porté aucun joug
Ces anciens feront descendre la génisse dans un bas fond sauvage où on ne laboure ni ne sème et là dans ce bas fond ils briseront la nuque à la génisse
Rachi (2)
Vers une vallée aride. Dure et inculte.
Ils rompront. On rompt la nuque avec une hachette. Le Saint béni soit-Il a dit : « Vienne une génisse âgée d’un an qui n’a pas produit de fruits, et qu’on lui rompe la nuque dans un endroit qui ne produit pas de fruits, pour expier le meurtre de cet homme, à qui l’on n’a pas laissé le temps de produire des fruits ! » (Sota 46a).
Puis s'avanceront les pontifes descendants de Lévi car ce sont eux que l'Éternel ton Dieu a désignés pour le servir pour prononcer les bénédictions en son nom et c'est par eux qu'est jugé tout débat tout dommage
Et ils diront tour à tour "Nos mains n'ont point répandu ce sang là et nos yeux ne l'ont point vu répandre
Rachi (1)
Nos mains n’ont pas versé. Te serait-il venu à l’esprit que les Anciens du tribunal fussent des meurtriers ? [Cela veut dire, en fait :] « Nous ne l’avons pas vu et nous l’avons laissé repartir sans provisions et sans escorte » (Sota 38b). Quant aux kohanim, ils déclarent : « Pardonne à ton peuple Israël… » (verset 8).
Toi cependant tu dois faire disparaître du milieu de toi le sang innocent si tu veux faire ce qui est juste aux yeux de l'Éternel
Rachi (1)
Et toi, tu extirperas. Cela nous apprend que si l’on découvre le meurtrier après que l’on a rompu la nuque de la génisse, on doit le mettre à mort. Voilà ce qui est « droit aux yeux de Hachem » (Ketouvoth 37b).
Quand tu iras en guerre contre tes ennemis que l'Éternel ton Dieu les livrera en ton pouvoir et que tu leur feras des prisonniers
Rachi (2)
Quand tu sortiras pour la guerre. Le texte parle ici d’une guerre facultative. Il ne saurait en effet être question, pendant la guerre pour Erets Yisrael, de capturer des prisonniers, étant donné qu’il est écrit : « Tu ne laisseras vivre aucune âme » (supra 20, 16).
Tu emprisonneras sa captivité. Y compris les Kena‘anis qui pourront s’y trouver, et bien qu’ils fassent partie des « sept nations ».
si tu remarques dans cette prise une femme de belle figure qu'elle te plaise et que tu la veuilles prendre pour épouse,
Rachi (2)
Une femme. Même une femme mariée.
Tu te la prendras pour femme. La Tora ne stipule ici que pour tenir compte du penchant au mal (Qiddouchin 21b). Car si le Saint béni soit-Il ne la lui avait pas permise, il l’aurait épousée malgré l’interdiction. Mais s’il l’épouse, un jour viendra où il la haïra, comme il est écrit dans la suite : « Lorsque seront à un homme deux femmes, l’une aimée et l’une haïe… » (verset 15), et un jour viendra où il engendrera avec elle un fils indocile et rebelle (verset 18). Voilà pourquoi ces [trois] paragraphes se suivent les uns les autres.
se dépouillera de son vêtement de captive demeurera dans ta maison et pleurera son père et sa mère un mois entier Alors seulement tu pourras t'approcher d'elle et avoir commerce avec elle et elle deviendra ainsi ton épouse
Rachi (3)
Elle ôtera le vêtement de sa captivité. Parce que ses vêtements sont beaux. Car les filles des païens s’embellissaient pendant les guerres afin d’entraîner les autres à se prostituer avec elles.
Elle demeurera dans ta maison. Dans la partie de la maison dont il se sert : Il bute sur elle quand il rentre, il bute sur elle quand il sort, il la voit telle qu’elle pleure, il la voit dans sa laideur. C’est pour qu’il en soit dégoûté.
Elle pleurera son père. Pourquoi tout cela ? Pour que la fille d’Israël soit dans la joie tandis qu’elle est dans la tristesse, pour que la fille d’Israël soit rendue plus belle tandis qu’elle s’enlaidit.
S'il arrive que tu n'aies plus de goût pour elle tu la laisseras partir libre de sa personne mais tu ne pourras pas la vendre à prix d'argent tu ne la traiteras plus comme esclave après lui avoir fait violence
Rachi (2)
Ce sera, si tu ne la désires pas. Le texte t’annonce que viendra un jour où tu la haïras.
Tu ne l’exploiteras (tith‘ammér) pas. Tu ne te serviras pas d’elle. La servitude et le service se disent en persan : ‘amraa. Voilà ce que j’ai appris dans les écrits de Rabi Mochè Hadarchan.
Si un homme possède deux femmes l'une qu'il aime l'autre qu'il dédaigne si l'une et l'autre lui donnent des enfants et que le fils premier né se trouve appartenir à la femme dédaignée,
le jour où il partagera entre ses fils l'héritage de ce qu'il possède il ne pourra point conférer le droit d'aînesse au fils de la femme préférée aux dépens du fils de la dédaignée qui est l'aîné
C'est le fils aîné de la dédaignée qu'il doit reconnaître pour tel lui attribuant une part double dans tout son avoir car c'est lui qui est le premier fruit de sa force à lui appartient le droit d'aînesse
Rachi (2)
Double portion. Autant que deux frères (Baba Bathra 123a).
De tout ce qui sera trouvé être à lui. D’où l’on déduit que l’aîné, contrairement à ce qu’il recueille dans les biens présents de son père, ne reçoit pas une double part dans ce qui adviendra à celui-ci après sa mort (Bekhoroth 52a).
Si un homme a un fils libertin et rebelle sourd à la voix de son père comme à celle de sa mère et qui malgré leurs corrections persiste à leur désobéir,
Rachi (3)
Indocile (sorér). Il s’est éloigné (sar) de la bonne voie.
Et rebelle (oumorè). Il désobéit aux ordres de son père. Même expression que dans : mamrim (supra 9, 7).
Ils le châtieront. Ils lui adressent un avertissement en présence de trois personnes et le condamnent à la peine de malqouth. Le fils indocile et rebelle n’est coupable que s’il a volé et mangé un tartimar de viande et que s’il a bu un demi log de vin, comme il est écrit : « glouton et ivrogne » (verset 20). Et il est écrit : « Ne sois pas parmi les ivrognes de vin ni parmi les gloutons de viande » (Michlei 23, 20). Et le fils indocile et rebelle est mis à mort à cause de ce qui [ne manquera pas d’arriver] un jour, car la Tora a pénétré au plus profond de sa psychologie : Un jour viendra où il dilapidera le patrimoine de son père et, cherchant en vain à assouvir ses passions, il se tiendra à la croisée des chemins et détroussera les passants. La Tora dit : « Qu’il meure innocent plutôt que de mourir coupable ! » (Sanhèdrin 70a à 71b).
et ils diront aux anciens de la ville "Notre fils que voici est libertin et rebelle n'obéit pas à notre voix s'adonne à la débauche et à l'ivrognerie "
Alors tous les habitants de cette ville le feront mourir à coups de pierres et tu extirperas ainsi le vice de chez toi car tout Israël l'apprendra et sera saisi de crainte
Rachi (1)
Et tout Israël entendra et craindra. D’où l’on déduit que le tribunal doit annoncer publiquement : « Untel a été lapidé comme étant un fils indocile et rebelle ! » (Sanhèdrin 89a).
Quand un homme convaincu d'un crime qui mérite la mort aura été exécuté et que tu l'auras attaché au gibet,
Rachi (2)
Et quand il y aura à un homme un péché justiciable de mort. Le fait que ce paragraphe fasse immédiatement suite à celui sur le fils indocile et rebelle est destiné à nous enseigner que si son père et sa mère s’attendrissent sur lui, il finira mal et commettra des crimes le rendant passible de la peine de mort devant le tribunal.
Tu le pendras sur un arbre. Nos maîtres ont enseigné que tous ceux qui ont été lapidés doivent être pendus, car il est écrit : « car ce qui est pendu est malédiction pour Eloqim » (verset 23) et que celui qui maudit Hachem encourt la lapidation (Wayiqra 24, 16, Sanhèdrin 45b).
tu ne laisseras pas séjourner son cadavre sur le gibet mais tu auras soin de l'enterrer le même jour car un pendu est chose offensante pour Dieu et tu ne dois pas souiller ton pays que l'Éternel ton Dieu te donne en héritage
Rachi (1)
Car ce qui est pendu est malédiction (qilelath) pour Eloqim. C’est un affront fait au Roi, car l’homme est fait à Son image et [les enfants] d’Israël sont Ses enfants (Sanhèdrin 46b). Cela ressemble à deux frères jumeaux se ressemblant dont l’un sera devenu roi et dont l’autre aura été arrêté pour brigandage et pendu. Tous ceux qui le voient s’exclament : « C’est le roi qui a été pendu ! » Toutes les fois que le texte emploie le mot qelala (« malédiction »), c’est dans le sens de : « déchéance », « affront », comme dans : « Il m’a maudit d’une malédiction passionnée » (I Melakhim 2, 8).
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