Texte hébreu (avec taamim), traduction française et commentaire de Rachi traduit en français,
verset par verset. Sommaire du Houmash.
Verset 1
מִקֵּ֥ץ שֶֽׁבַע־שָׁנִ֖ים תַּֽעֲשֶׂ֥ה שְׁמִטָּֽה׃
"Tous les sept ans tu pratiqueras la loi de rémission
Rachi (1)
A partir de la fin de sept années. J’aurais pu penser [que cette durée dût s’appliquer] à tout prêt. Aussi est-il écrit : « La septième année approche, l’année de relâche… » (verset 9). Et si tu devais considérer que les sept années s’appliquent à tout prêt, à chaque prêt pris individuellement, comment pourrait-on parler d’une « approche » ? D’où l’on déduit qu’il s’agit des sept ans du cycle chabbatique.
Voici le sens de cette rémission tout créancier doit faire remise de sa créance de ce qu'il aura prêté à son prochain Il n'exercera pas de contrainte contre son prochain et son frère dès qu'on a proclamé la rémission en l'honneur du Seigneur
Rachi (1)
Relâchera tout maître la créance de sa main. Relâchera la main de tout créancier.
A la vérité il ne doit pas y avoir d'indigent chez toi car l'Éternel veut te bénir dans ce pays que lui ton Dieu te destine comme héritage pour le posséder
Rachi (2)
Toutefois, qu’il n’y ait pas d’indigent (èvyon) en toi. Il est pourtant écrit plus loin : « Car ne cessera pas l’indigent du milieu du pays… » (verset 11) ! Cela veut dire que, lorsque vous exécutez la volonté de Hachem, il y a des pauvres chez les autres et pas chez vous, et que, lorsque vous n’exécutez pas la volonté de Hachem, il y a des pauvres chez vous.
Indigent (évyon). Le mot èvyon exprime une plus forte idée de pauvreté que ‘ani. Le èvyon est celui qui s’épuise à chaque chose.
Car alors l'Éternel ton Dieu te bénira comme il te l'a promis et tu pourras prêter à bien des peuples mais tu n'emprunteras point et tu domineras sur bien des peuples mais on ne dominera pas sur toi
Rachi (4)
Comme Il t’a parlé. Et où l’a-t-Il dit ? Dans : « Béni seras-tu dans la ville, et béni seras-tu dans le champ » (infra 28, 3).
Tu prêteras (weha‘vateta). Tout verbe traduisant l’idée de prêt, lorsqu’il s’applique au prêteur, est rendu par le hif‘il, comme : « tu prêteras (wehilwitha) à beaucoup de nations » (infra 28, 12), « tu prêteras (weha‘vateta) ». Tandis que si le texte avait employé le verbe au qal, il se serait appliqué à l’emprunteur, comme welawitha (« tu emprunteras »).
Tu prêteras à des nations. J’aurais pu penser que tu dusses emprunter à l’un pour prêter à l’autre. Aussi est-il écrit : « et toi tu n’emprunteras pas ».
Et tu domineras dans de nombreuses nations. J’aurais pu penser que d’autres nations pussent te dominer. Aussi est-il écrit : « et toi elles ne domineront pas ».
Que s'il y a chez toi un indigent d'entre tes frères dans l'une de tes villes au pays que l'Éternel ton Dieu te destine tu n'endurciras point ton cœur ni ne fermeras ta main à ton frère nécessiteux
Rachi (5)
Quand il y aura en toi un indigent. Priorité au plus pauvre.
De chez l’un de tes frères. Ton frère consanguin a priorité sur ton frère utérin.
Tes portes. Les pauvres de ta ville ont priorité sur les pauvres d’une autre ville.
Tu n’endurciras pas. Il est des gens qui se demandent douloureusement s’ils donneront ou s’ils ne donneront pas. Aussi est-il écrit : « tu n’endurciras pas ». Il est des gens qui étendent la main puis la referment. Aussi est-il écrit : « et tu ne fermeras pas ».
A ton frère l’indigent. Si tu ne lui donnes pas, un jour viendra où tu seras son frère en pauvreté.
Garde toi de nourrir une pensée perverse en ton cœur en te disant "que la septième année l'année de rémission approche," et sans pitié pour ton frère nécessiteux de lui refuser ton secours il se plaindrait de toi au Seigneur et tu te rendrais coupable d'un péché,
Rachi (2)
Il appellera sur toi. J’aurais pu penser qu’il fût tenu d’appeler. Aussi est-il écrit : « … et il n’appellera pas sur toi » (infra 24, 15).
Il y aura en toi un péché. De toute façon, et même s’il n’appelle pas. Dans ce cas, pourquoi est-il écrit : « il appellera sur toi » ? Je suis plus empressé à punir à la demande de celui qui appelle que pour celui qui n’appelle pas.
Non! Il faut lui donner et lui donner sans que ton cœur le regrette car pour prix de cette conduite l'Éternel ton Dieu te bénira dans ton labeur et dans toutes les entreprises de ta main
Rachi (3)
Donner, tu lui donneras. Cent fois si nécessaire.
A lui. En tête-à-tête.
Car à cause de cette chose-là. Même si tu n’as fait que promettre de donner, tu recueilleras la récompense de cette promesse en même temps que celle attachée à l’acte.
Or il y aura toujours des nécessiteux dans le pays c'est pourquoi je te fais cette recommandation ouvre ouvre ta main à ton frère au pauvre au nécessiteux qui sera dans ton pays!
Rachi (4)
C’est pourquoi. A cause de cela.
En disant. C’est pour ton bien que je t’en donne le conseil.
A ton frère, à ton pauvre. A quel frère ? Au pauvre.
A ton pauvre (la‘aniyèkha). Le mot la‘aniyèkha ne s’écrit qu’avec un seul yod. Il est donc au singulier. Tandis qu’avec deux yod il serait au pluriel.
Si un Hébreu ton frère ou une femme hébreue te sont vendus ils te serviront six ans et la septième année tu les renverras libres de chez toi
Rachi (1)
Lorsque te sera vendu. Par autrui. C’est le tribunal qui l’a vendu à cause d’un vol qu’il a commis. Il a pourtant déjà été stipulé : « Lorsque tu achèteras un serviteur hébreu… » (Chemoth 21, 2), et il s’agit là-bas aussi de celui qui a été vendu par le tribunal ! Le texte, en fait, introduit ici deux dispositions nouvelles. La première est qu’il parle ici de la servante hébreue, et elle aussi sortira après la sixième année. Et il ne peut pas s’agir d’une vente par le tribunal, car une femme ne peut pas être vendue à cause d’un vol qu’elle aura commis. Il est en effet écrit : « Il sera vendu pour son vol [à lui] » (Chemoth 22, 2), et non : « pour son vol [à elle] » (Sota 23b). Il s’agit donc d’une fillette mineure vendue par son père, et on nous apprend ici qu’elle sortira si les six années s’achèvent avant qu’elle présente des signes de puberté. La seconde disposition nouvelle est celle des « gratifications » (verset 14).
mais donne lui des présents de ton menu bétail de ta grange et de ton pressoir ce dont l'Éternel ton Dieu t'aura favorisé fais lui en part
Rachi (2)
Gratifier (ha‘néq), tu le gratifieras. La racine ‘nq (‘ayin, noun, qof) traduit l’idée d’une parure portée en hauteur et bien visible, quelque chose qui exprime de manière ostensible que l’on s’est bien conduit [avec celui qui la porte]. Certains l’expliquent comme désignant un fardeau porté au cou [du serviteur].
De ton menu bétail, et de ton aire et de ton pressoir. J’aurais pu penser [que l’on ne dût donner] que de ceux-là. Aussi est-il écrit : « de ce en quoi Il te bénira » – de tout ce dont ton Créateur t’aura béni. Dans ce cas, pourquoi cette énumération ? De même que ceux-là ont ceci de spécifique qu’ils sont aptes à se reproduire, de même [englobera-t-on] tout ce qui est apte à se reproduire, [donc] hormis les mules. Et nos maîtres ont déduit, dans le traité Qiddouchin (17a), en utilisant un mode de raisonnement faisant appel à deux textes qui contiennent le même mot (guezéra chawa), la quantité qu’il faut donner de chaque espèce.
Souviens toi que tu fus esclave au pays d'Egypte et que l'Éternel ton Dieu t'a affranchi c'est pourquoi je te prescris aujourd'hui ce commandement
Rachi (1)
Tu te souviendras que tu as été serviteur. Et je t’ai gratifié, et ce à deux reprises : avec les dépouilles de l’Egypte et avec les dépouilles de la mer. Toi aussi, sois gratifiant et à plusieurs reprises.
alors tu prendras un poinçon tu en perceras son oreille contre la porte et il restera ton esclave indéfiniment Tu en useras de même pour ta servante
Rachi (2)
Serviteur pour toujours. J’aurais pu penser qu’il fallût prendre ces mots au sens littéral. Aussi est-il écrit : « Vous retournerez chaque homme vers sa possession et retournerez chaque homme vers sa famille » (Wayiqra 25, 10). D’où l’on déduit que ce : « pour toujours » correspond au jubilé (Mekhilta).
Et aussi à ta servante feras-tu ainsi. Tu la gratifieras. J’aurais pu penser que le texte l’eût assimilée [à l’homme] en ce qui concerne le percement [de l’oreille]. Aussi est-il écrit : « Et si dire, le “serviteur” dit… » (Chemoth 21, 5) – on peut percer l’oreille du serviteur, pas celle de la servante.
Qu'il ne t'en coûte pas trop de le renvoyer libre de chez toi car il a gagné deux fois le salaire d'un mercenaire en te servant six années et l'Éternel ton Dieu te bénira dans toutes tes entreprises
Rachi (1)
Car au double de l’engagement d’un homme à gages. D’où l’on a déduit que le serviteur hébreu sert [son maître] tant de jour que de nuit, ce qui est le « double » du service des ouvriers journaliers. Et quel est son travail de nuit ? Son maître peut lui déférer une servante cananéenne dont les enfants appartiendront à celui-ci (Qiddouchin 15a).
Tous les premiers nés mâles de ton gros et de ton menu bétail tu les consacreras à l'Éternel ton Dieu tu ne feras point travailler le premier né de ton gros bétail et tu ne tondras point le premier né de tes brebis
Rachi (2)
Tout premier-né […] tu le sanctifieras. Alors qu’il est écrit ailleurs : « Toutefois, le premier-né qui sera destiné comme prémices à Hachem […] un homme ne le sanctifiera pas » (Wayiqra 27, 26). Comment cela se peut-il ? On ne le sanctifiera pas pour un autre sacrifice. Et l’on nous apprend ici que c’est une mitswa de dire : « Te voici sanctifié par droit d’aînesse » (‘Arkhin 29a). Autre explication : Il n’est pas possible de dire : « tu le sanctifieras », alors qu’il est écrit ailleurs : « il ne le sanctifiera pas », et il n’est pas possible de dire : « il ne le sanctifiera pas », alors qu’il est écrit ailleurs : « tu le sanctifieras ». Comment cela se peut-il ? Tu peux en sanctifier la contre-valeur et en donner la jouissance au trésor du Temple (ibid.).
Tu ne travailleras pas avec le premier-né de ton bovin, et tu ne tondras pas…. Nos maîtres ont enseigné que l’inverse est également interdit (Bekhoroth 25a). Mais le texte parle des situations les plus fréquentes.
C'est devant l'Éternel ton Dieu à l'endroit qu'il aura choisi que tu le consommeras annuellement toi et ta famille
Rachi (3)
Tu le mangeras devant Hachem, ton Eloqim. C’est au kohen qu’il s’adresse, car nous avons déjà trouvé que [l’animal] premier-né fait partie des dons faits aux kohanim, qu’il soit sain ou porteur de défauts corporels (Bekhoroth 28a), comme il est écrit : « Et leur chair sera à toi… » (Bamidbar 18, 18).
D’année en année. D’où l’on apprend que l’on ne diffère pas [sa consommation] de plus d’un an (Bekhoroth 28a). J’aurais pu penser que passé l’année il fût inapte [à être sacrifié]. Mais on l’a déjà comparé au ma‘assér chéni, comme il est écrit : « Tu mangeras devant Hachem, ton Eloqim […] le ma‘assér de ta céréale, de ton moût et de ton huile, et les premiers-nés de ton gros bétail et de ton menu bétail » (supra 14, 23). De même que le ma‘assér chéni ne devient pas inapte d’une année à l’autre, de même [l’animal] premier-né ne devient-il pas inapte, sauf que c’est une mitswa [de l’offrir] dans sa première année.
D’année en année. Si on l’a égorgé à la fin de sa [première] année, on peut le consommer le même jour et le premier jour de l’année suivante. Cela nous apprend qu’on peut le consommer pendant deux jours et la nuit [qui les sépare] (Bekhoroth 27b).
Que s'il a un défaut s'il est boiteux ou aveugle ou s'il a quelque autre vice grave ne l'immole pas à l'Éternel ton Dieu
Rachi (3)
Un défaut. Règle générale.
Boiteux ou aveugle. Détail.
Tout mauvais défaut. Retour à la règle générale (voir Rachi Wayiqra 14, 9). De même que [les défauts corporels énumérés] comme « détail » sont visibles et irréversibles, de même tout défaut [inclus dans la règle générale] doit-il être visible et irréversible (Bekhoroth 37a).
Seulement tu n'en mangeras point le sang tu le répandras à terre comme de l'eau
Rachi (1)
Seulement tu ne mangeras pas son sang. Afin que tu ne dises pas : Du moment que cet animal devenu entièrement permis provient d’une catégorie soumise à des interdictions – [puisque bien que] sacré on l’égorge hors [de l’enceinte du Temple] sans rachat et qu’on le consomme – et donc que tu puisses penser que son sang soit également permis. Aussi est-il écrit : « Seulement tu ne mangeras pas son sang. »
Lisez le Houmash avec Rachi dans Koulam
La paracha de la semaine, verset par verset, avec le commentaire de Rachi en français — gratuit, iOS & Android.
Télécharger Koulam