"Vous êtes les enfants de l'Éternel votre Dieu ne vous tailladez point le corps ne vous rasez pas entre les yeux en l'honneur d'un mort
Rachi (2)
Vous ne vous tailladerez pas. Vous ne pratiquerez pas dans votre chair des incisions et des entailles pour un mort, de la manière pratiquée par les Emoris. Car vous êtes les fils de Hachem, et vous devez être beaux, et non entaillés et tondus.
Entre vos yeux. Près du front. Et étant donné qu’il est écrit ailleurs : « Ils ne feront pas de calvitie “à leur tête” » (Wayiqra 21, 5), c’est toute la tête qui est incluse dans l’interdiction « entre les yeux ».
Car tu es un peuple consacré à l'Éternel ton Dieu et c'est toi qu'il a choisi l'Éternel pour lui être un peuple spécial entre tous les peuples répandus sur la terre
Rachi (1)
Car tu es un peuple saint. Ta sainteté elle-même vient de tes ancêtres, et de plus « Hachem a choisi en toi… »
Verset 3
לֹ֥א תֹאכַ֖ל כָּל־תּֽוֹעֵבָֽה׃
Tu ne mangeras d'aucune chose abominable
Rachi (1)
Aucune abomination. Tout ce que j’ai déclaré « abominable » pour toi, comme le percement de l’oreille du premier né d’un animal afin qu’il puisse être égorgé [en tout lieu] du pays. C’est ce que j’ai déclaré abominable pour toi par le verset : « … il n’aura aucun défaut corporel » (Wayiqra 22, 21). Le texte vient enseigner ici que l’on ne peut l’égorger et le consommer à cause de ce défaut-là. La cuisson de la viande dans le lait, voilà une chose que j’ai déclarée abominable pour toi, et le texte interdit ici sa consommation (‘Houlin 114b).
le cerf le chevreuil le daim le bouquetin l'antilope l'aurochs le zémer
Rachi (3)
Le cerf et la gazelle et le daim. Cela nous apprend que les bêtes sauvages font partie des animaux [du verset 4], et cela nous apprend que les animaux sauvages impurs sont plus nombreux que les purs, car on détaille toujours ce qui est en minorité (‘Houlin 63b).
Et le bouquetin (waaqo). Le mot aqo correspond à l’araméen ya‘ala : « ya‘ali des roches » (Iyov 39, 1). En français médiéval : « esteinboc ».
Et le buffle (outheo). Le mot theo correspond à l’araméen tourbala : le « taureau de la forêt », le mot bala voulant dire « forêt » en araméen (‘Houlin 80a).
Bref tout quadrupède qui a le pied corné et divisé en deux ongles distincts parmi les animaux ruminants vous pouvez le manger
Rachi (4)
Fendu. Fêlé, comme le rend le Targoum Onqelos.
Sabot. En français : « plante ».
Divisés. Divisés en deux ongles, car il existe des sabots fendus et non entièrement divisés en deux ongles, et cet animal est impur.
Dans l’animal. Cela signifie : Consomme ce qui se trouve dans l’animal. D’où l’on a appris que la che‘hita de sa mère autorise la consommation du fœtus (‘Houlin 69a).
Mais vous ne mangerez point les suivants qui ruminent ou qui ont l'ongle fendu seulement le chameau le lièvre la gerboise (car ils ruminent mais n'ont pas l'ongle fendu ils seront impurs pour vous)
Rachi (1)
La chessou‘a. C’est une créature qui possède deux dos et deux colonnes vertébrales (Nidda 24a, ‘Houlin 60b). Nos maîtres ont enseigné : Pourquoi cette répétition [par rapport à Wayiqra 11] ? Pour les animaux, c’est à cause de la chessou‘a, et pour les oiseaux, c’est à cause du milan (verset 13), qui n’avaient pas été cités dans Wayiqra (ibid. 63b).
ni le porc parce qu'il a l'ongle fendu mais ne rumine point il sera impur pour vous Ne mangez point de leur chair et ne touchez point à leur cadavre
Rachi (1)
Et à leur charogne (nevéla) vous ne toucherez pas. Nos maîtres ont appliqué cette règle aux fêtes de pèlerinage, en ce que l’on doit se rendre pur lors de ces fêtes. J’aurais pu penser que cette interdiction dût s’appliquer toute l’année durant. Aussi est-il écrit : « Dis aux pontifes, fils de Aharon [tu leur diras : Qu’il ne se rende pas impur pour une âme dans ses peuples] » (Wayiqra 21, 1). Si l’impureté causée par le contact avec un mort, qui est grave, est interdite aux kohanim et non aux yisraélim, à plus forte raison en est-il de celle, légère, que cause le contact avec la nevéla d’un animal (voir Rachi Wayiqra 11, 8).
Et le milan et le faucon. Le milan (raa) est le même oiseau que le faucon (aya) et l’autour (daya) (‘Houlin 63b). Et pourquoi s’appelle-t-il raa ? Parce qu’il a la vue (raa) très perçante. Et pourquoi l’interdire sous tous ses noms ? Pour ne pas procurer un argument à un contradicteur enclin à discuter au cas où l’un l’interdirait sous le nom de milan et où un autre, pour l’autoriser, dirait : « On l’appelle “vautour” ! » ou : « On l’appelle “autour”, et le texte n’a pas interdit celui-ci ! » En ce qui concerne les oiseaux, on a énuméré les oiseaux impurs pour t’apprendre que les oiseaux purs sont plus nombreux que ceux impurs. Aussi a-t-on énuméré les moins nombreux.
Tout insecte ailé sera impur pour vous l'on n'en mangera point
Rachi (1)
Vermine de la gent volante. Ce sont les insectes qui bourdonnent sur la terre. C’est ainsi que sont appelés « vermine » les mouches, les frelons et les sauterelles [appartenant aux espèces] impures.
Verset 20
כָּל־ע֥וֹף טָה֖וֹר תֹּאכֵֽלוּ׃
mais tout volatile pur vous pourrez le manger
Rachi (1)
Tout volatile pur vous mangerez. Et non celui qui est impur. Le texte stipule ici un commandement actif associé à une interdiction. Il en est de même de l’animal : « Celui-là vous le mangerez » (verset 6), et non l’animal impur. Une interdiction, lorsqu’elle est déduite d’un commandement actif, est considérée comme étant elle-même un commandement actif, de telle sorte que sa transgression constitue à la fois celle d’un commandement actif et celle d’une interdiction.
Vous ne mangerez d'aucune bête morte donne la à manger à l'étranger admis dans tes murs ou vends la à ceux du dehors car tu es un peuple consacré à l'Éternel ton Dieu Tu ne feras pas cuire un chevreau dans le lait de sa mère
Rachi (3)
A l’étranger qui est dans tes portes. L’étranger admis à domicile, celui qui s’est engagé à ne pas se livrer à l’idolâtrie, mais qui mange des viandes interdites (‘Avoda zara 64b, voir Rachi Wayiqra 25, 35).
Car tu es un peuple saint pour Hachem. Sanctifie-toi par ce qui t’est permis. Des choses autorisées que d’autres ont pour habitude de s’interdire, ne te les permets pas en leur présence (Pessa‘him 50b).
Tu ne feras pas cuire un chevreau. L’interdiction figure à trois reprises dans la Tora : pour exclure les animaux sauvages, les oiseaux et les animaux [domestiques] impurs (‘Houlin 113a).
Tu prélèveras la dîme du produit de ta semence de ce qui vient annuellement sur ton champ,
Rachi (2)
Décimer, tu décimeras. Quel rapport relie-t-il ce sujet avec le sujet précédent ? Le Saint béni soit-Il a dit à Israël : « Ne m’obligez pas à “faire cuire les chevreaux” de la récolte quand ils sont encore dans “le sein de leurs mères”. Car si vous ne prélevez pas correctement les ma‘asroth, à proximité de l’époque du mûrissement, je susciterai la venue d’un vent d’est qui les desséchera, comme il est écrit : “[semblable au blé] flétri avant de monter en épi.” » (II Melakhim 19, 26) (Midrach Tan‘houma). Et il en est de même des bikourim.
Année après année. D’où l’on déduit que l’on ne prélève pas le ma‘assér de la nouvelle récolte sur la précédente (Sifri).
et tu la consommeras en présence de l'Éternel ton Dieu dans la localité qu'il aura choisie comme résidence de son nom savoir la dîme de ton blé de ton vin et de ton huile les premiers nés de ton gros et de ton menu bétail afin que tu t'accoutumes à honorer continuellement l'Éternel ton Dieu
Rachi (1)
Tu mangeras…. Il s’agit ici du ma‘assér chéni, car nous avons déjà appris qu’il faut donner le ma‘assér richon aux lewiim, comme il est écrit : « Lorsque vous prendrez des fils d’Israël… » (Bamidbar 18, 26). Et Il leur a donné l’autorisation de la manger en tout lieu, comme il est écrit : « Vous le mangerez en tout endroit » (ibid. verset 31). Il s’agit donc ici nécessairement d’un autre ma‘assér.
Si le chemin trop long pour toi ne te permet pas ce transport éloigné que tu seras du lieu choisi par l'Éternel ton Dieu comme siège de son nom et parce que l'Éternel ton Dieu t'aura comblé de biens,
Rachi (1)
Parce qu’Il te bénira. En rendant la récolte trop abondante pour pouvoir être transportée.
Tu emploieras cet argent à telle chose qu'il te plaira gros ou menu bétail vins ou liqueurs fortes enfin ce que ton goût réclamera et tu le consommeras là en présence de l'Éternel ton Dieu et tu te réjouiras avec ta famille
Rachi (3)
Pour tout ce que désirera ton âme. Règle générale (‘Erouvin 27b).
Pour du gros bétail et du menu bétail, et pour du vin et pour une boisson enivrante. Détail.
Et pour tout ce que te demandera ton âme. Retour à la règle générale (voir Rachi Wayiqra 14, 9). De même que les exemples cités ont ceci de spécifique qu’ils sont des produits du sol et qu’ils sont comestibles, [de même la dernière règle générale, [à savoir : « et pour tout ce que te demandera ton âme »], doit-elle également comporter cette spécificité] (Baba Qama 63a).
Et le Lévite qui sera dans tes murs tu ne le négligeras pas car il n'a point de part ni de patrimoine comme toi
Rachi (2)
Et le Léwi […] tu ne le délaisseras pas. En t’abstenant de lui donner le ma‘assér richon.
Car il n’a pas de part ni d’héritage avec toi. Hormis lèqet, chikh‘ha, péa et ce qui est hefqèr (« sans maître »), dans lesquels il a une part comme toi et qui ne sont pas assujettis au ma‘assér (Baba Qama 74b).
A la fin de la troisième année tu extrairas la dîme entière de tes produits de cette année et tu la déposeras dans tes murs,
Rachi (1)
A partir de la fin de trois années. Cela vient t’apprendre que si l’on n’a pas donné ses ma‘asroth de la première et de la deuxième année du cycle chabbatique, on devra, la troisième année, les enlever de sa maison.
pour que le Lévite qui n'a point de part ni de patrimoine comme toi l'étranger l'orphelin et la veuve qui sont dans tes murs puissent venir manger et se rassasier de la sorte l'Éternel ton Dieu te bénira en toute œuvre que ta main pourra faire
Rachi (3)
Viendra le Léwi. Pour prendre le ma‘assér richon.
Et l’étranger et l’orphelin. Ils prendront le ma‘assér chéni, qui revient au pauvre cette année-là, et tu ne la consommeras pas à Jérusalem comme tu étais tenu de le faire avec le ma‘assér chéni les deux [premières] années.
Ils mangeront, seront rassasiés. Donne-leur de quoi les rassasier. D’où l’on a déduit que l’on ne doit pas donner au pauvre moins [qu’un demi-kav de blé ou moins qu’un kav d’orge] (‘Erouvin 29a). Quant à toi, tu iras à Jérusalem avec le [second] ma‘assér de la première et de la deuxième année que tu avais tardé à apporter et tu déclareras : « J’ai extirpé ce qui est saint de la maison » (infra 26, 13), ainsi que cela sera expliqué dans le paragraphe correspondant.
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