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Chemoth (Exode) — chapitre 8

Texte hébreu (avec taamim), traduction française et commentaire de Rachi traduit en français, verset par verset. Sommaire du Houmash.

Verset 1

וַיֹּ֣אמֶר יְהוָה֮ אֶל־מֹשֶׁה֒ אֱמֹ֣ר אֶֽל־אַהֲרֹ֗ן נְטֵ֤ה אֶת־יָֽדְךָ֙ בְּמַטֶּ֔ךָ עַ֨ל־הַנְּהָרֹ֔ת עַל־הַיְאֹרִ֖ים וְעַל־הָֽאֲגַמִּ֑ים וְהַ֥עַל אֶת־הַֽצְפַרְדְּעִ֖ים עַל־אֶ֥רֶץ מִצְרָֽיִם׃

L’Éternel dit à Moïse "Parle ainsi à Aaron ‘Dirige ta main avec ta verge sur les fleuves sur les canaux sur les lacs et suscite les grenouilles sur le pays d'Égypte ’ "

Verset 2

וַיֵּ֤ט אַֽהֲרֹן֙ אֶת־יָד֔וֹ עַ֖ל מֵימֵ֣י מִצְרָ֑יִם וַתַּ֨עַל֙ הַצְּפַרְדֵּ֔עַ וַתְּכַ֖ס אֶת־אֶ֥רֶץ מִצְרָֽיִם׃

Aaron dirigea sa main sur les eaux de l'Égypte les grenouilles montèrent et envahirent le pays d'Égypte

Rachi (1)

Monta la grenouille. Il y avait eu une seule grenouille. Ils l’avaient frappée et elle s’était alors transformée en une abondante multitude. Voilà pour le midrach (voir Sanhèdrin 67b). Quant au sens littéral, il exprime l’idée d’un singulier collectif venant désigner une multitude de grenouilles, comme dans : kinam [« la vermine », au singulier (verset 14)], à savoir un fourmillement d’insectes. En français médiéval : « pedulier » (« une multitude de poux »). De même ici : « la grenouille », en français médiéval : « grenouillerie ».

Verset 3

וַיַּֽעֲשׂוּ־כֵ֥ן הַֽחַרְטֻמִּ֖ים בְּלָֽטֵיהֶ֑ם וַיַּֽעֲל֥וּ אֶת־הַֽצְפַרְדְּעִ֖ים עַל־אֶ֥רֶץ מִצְרָֽיִם׃

Autant en firent les devins par leurs enchantements ils suscitèrent des grenouilles sur le pays d'Égypte

Verset 4

וַיִּקְרָ֨א פַרְעֹ֜ה לְמֹשֶׁ֣ה וּֽלְאַהֲרֹ֗ן וַיֹּ֨אמֶר֙ הַעְתִּ֣ירוּ אֶל־יְהוָ֔ה וְיָסֵר֙ הַֽצְפַרְדְּעִ֔ים מִמֶּ֖נִּי וּמֵֽעַמִּ֑י וַֽאֲשַׁלְּחָה֙ אֶת־הָעָ֔ם וְיִזְבְּח֖וּ לַֽיהוָֽה׃

Pharaon manda Moïse et Aaron et leur dit "Sollicitez l'Éternel pour qu'il écarte les grenouilles de moi et de mon peuple je laisserai partir le peuple hébreu pour qu'il sacrifie à l'Éternel "

Verset 5

וַיֹּ֨אמֶר מֹשֶׁ֣ה לְפַרְעֹה֮ הִתְפָּאֵ֣ר עָלַי֒ לְמָתַ֣י ׀ אַעְתִּ֣יר לְךָ֗ וְלַֽעֲבָדֶ֨יךָ֙ וּֽלְעַמְּךָ֔ לְהַכְרִית֙ הַֽצְפַרְדְּעִ֔ים מִמְּךָ֖ וּמִבָּתֶּ֑יךָ רַ֥ק בַּיְאֹ֖ר תִּשָּׁאַֽרְנָה׃

Moïse répondit à Pharaon "Prends cet avantage sur moi de me dire quand je dois demander pour toi tes serviteurs et ton peuple que les grenouilles se retirent de toi et de tes demeures qu'elles restent seulement dans le fleuve "

Rachi (4)

Glorifie-toi sur moi. Comme dans : « la hache se glorifie-t-elle sur celui qui s’en sert pour fendre ? » (Yecha’ya 10, 15), c’est-à-dire : « se vante-t-elle en disant : je suis plus grande que toi ? ». En français : « vanter ». De même ici : « glorifie-toi sur moi » – « vante-toi d’être assez astucieux pour pouvoir me demander quelque chose de grand en te disant que je ne parviendrai pas à le faire ».

Pour quand (lemathaï) j’implorerai pour toi. Lorsque je te supplierai aujourd’hui afin que disparaissent les grenouilles, quand désires-tu qu’elles disparaissent ? Tu verras ainsi si je tiens parole à l’heure exacte que tu m’auras fixée ! Si le texte avait porté mathaï (« quand »), cela aurait voulu dire : « Quand dois-je implorer ? » Mais puisqu’il est écrit : « pour quand », cela veut dire : « Je vais supplier pour toi aujourd’hui, pour que les grenouilles disparaissent au moment que tu m’auras fixé. Dis-moi le jour où tu veux qu’elles disparaissent ! Les mots a‘tir (« j’implorerai »), a‘tirou (« implorez », verset 4) et weha‘tarti (« j’implorerai », au verset 25) [sont tous au hif‘il], et le texte n’indique pas : a‘tér, ‘itrou, weha‘tharti [à la forme qal]. La racine ‘ayin-taw-réch implique toujours une multiplication des supplications, comme lorsque l’on dit : harbou (« augmentez »), arbè (« j’augmenterai »), ou wehirbéthi (« et j’augmenterai ») qui sont des formes factitives. De même ici pour a‘tir, a‘tirou et weha‘tarti. L’exemple-type est : « vous avez multiplié (weha’tartem) vos paroles contre moi » (Ye‘hezqel 35, 13), c’est-à-dire : « vous en avez dit beaucoup » (voir Rachi Beréchith 25, 21).

Glorifie-toi sur moi. Comme dans : « la hache se glorifie-t-elle sur celui qui s’en sert pour fendre ? » (Yecha’ya 10, 15), c’est-à-dire : « se vante-t-elle en disant : je suis plus grande que toi ? ». En français : « vanter ». De même ici : « glorifie-toi sur moi » – « vante-toi d’être assez astucieux pour pouvoir me demander quelque chose de grand en te disant que je ne parviendrai pas à le faire ».

Pour quand (lemathaï) j’implorerai pour toi. Lorsque je te supplierai aujourd’hui afin que disparaissent les grenouilles, quand désires-tu qu’elles disparaissent ? Tu verras ainsi si je tiens parole à l’heure exacte que tu m’auras fixée ! Si le texte avait porté mathaï (« quand »), cela aurait voulu dire : « Quand dois-je implorer ? » Mais puisqu’il est écrit : « pour quand », cela veut dire : « Je vais supplier pour toi aujourd’hui, pour que les grenouilles disparaissent au moment que tu m’auras fixé. Dis-moi le jour où tu veux qu’elles disparaissent ! Les mots a‘tir (« j’implorerai »), a‘tirou (« implorez », verset 4) et weha‘tarti (« j’implorerai », au verset 25) [sont tous au hif‘il], et le texte n’indique pas : a‘tér, ‘itrou, weha‘tharti [à la forme qal]. La racine ‘ayin-taw-réch implique toujours une multiplication des supplications, comme lorsque l’on dit : harbou (« augmentez »), arbè (« j’augmenterai »), ou wehirbéthi (« et j’augmenterai ») qui sont des formes factitives. De même ici pour a‘tir, a‘tirou et weha‘tarti. L’exemple-type est : « vous avez multiplié (weha’tartem) vos paroles contre moi » (Ye‘hezqel 35, 13), c’est-à-dire : « vous en avez dit beaucoup » (voir Rachi Beréchith 25, 21).

Verset 6

וַיֹּ֖אמֶר לְמָחָ֑ר וַיֹּ֨אמֶר֙ כִּדְבָ֣רְךָ֔ לְמַ֣עַן תֵּדַ֔ע כִּי־אֵ֖ין כַּֽיהוָ֥ה אֱלֹהֵֽינוּ׃

Il repartit "Dès demain " Moïse reprit "Soit fait selon ta parole afin que tu saches que nul n'égale l'Éternel notre Dieu

Rachi (1)

Il dit : Pour demain. Prie aujourd’hui, pour qu’elles disparaissent demain.

Verset 7

וְסָר֣וּ הַֽצְפַרְדְּעִ֗ים מִמְּךָ֙ וּמִבָּ֣תֶּ֔יךָ וּמֵֽעֲבָדֶ֖יךָ וּמֵֽעַמֶּ֑ךָ רַ֥ק בַּיְאֹ֖ר תִּשָּׁאַֽרְנָה׃

Oui les grenouilles se retireront de toi et de tes demeures de tes serviteurs et de ton peuple elles seront reléguées dans le fleuve "

Verset 8

וַיֵּצֵ֥א מֹשֶׁ֛ה וְאַֽהֲרֹ֖ן מֵעִ֣ם פַּרְעֹ֑ה וַיִּצְעַ֤ק מֹשֶׁה֙ אֶל־יְהוָ֔ה עַל־דְּבַ֥ר הַֽצְפַרְדְּעִ֖ים אֲשֶׁר־שָׂ֥ם לְפַרְעֹֽה׃

Moïse et Aaron étant sortis de chez Pharaon Moïse implora le Seigneur au sujet des grenouilles qu'il avait envoyées contre Pharaon

Rachi (1)

Mochè sortit… cria. Immédiatement, pour qu’elles disparaissent le lendemain.

Verset 9

וַיַּ֥עַשׂ יְהוָ֖ה כִּדְבַ֣ר מֹשֶׁ֑ה וַיָּמֻ֨תוּ֙ הַֽצְפַרְדְּעִ֔ים מִן־הַבָּתִּ֥ים מִן־הַֽחֲצֵרֹ֖ת וּמִן־הַשָּׂדֹֽת׃

et le Seigneur agit selon la parole de Moïse les grenouilles périrent dans les maisons dans les fermes et dans les champs

Verset 10

וַיִּצְבְּר֥וּ אֹתָ֖ם חֳמָרִ֣ם חֳמָרִ֑ם וַתִּבְאַ֖שׁ הָאָֽרֶץ׃

On les entassa par monceaux le pays en était infecté

Rachi (1)

Monceaux sur monceaux. Comme le rend le Targoum Onqelos : « des tas ».

Verset 11

וַיַּ֣רְא פַּרְעֹ֗ה כִּ֤י הָֽיְתָה֙ הָֽרְוָחָ֔ה וְהַכְבֵּד֙ אֶת־לִבּ֔וֹ וְלֹ֥א שָׁמַ֖ע אֲלֵהֶ֑ם כַּֽאֲשֶׁ֖ר דִּבֶּ֥ר יְהוָֽה׃

Mais Pharaon se voyant de nouveau à l'aise appesantit son cœur et ne leur obéit point ainsi que l'avait prédit l'Éternel

Rachi (2)

Il alourdit (wehakhbéd) son cœur. Le verbe en hébreu est à l’infinitif, comme dans : « allant (halokh) et se déplaçant vers le sud » (Beréchith 12, 9) ; « en frappant (wehakoth) Moav » (II Melakhim 3, 24) ; « en consultant (wechaol) Eloqim pour lui » (I Chemouel 22, 13) ; « frappant et blessant (oufatso‘a) » (I Melakhim 20, 37) [tous ces verbes étant à l’infinitif].

Comme a parlé Hachem. Et où l’avait-Il dit ? « Et Pharaon ne vous écoutera pas » (supra 7, 4).

Verset 12

וַיֹּ֣אמֶר יְהוָה֮ אֶל־מֹשֶׁה֒ אֱמֹר֙ אֶֽל־אַהֲרֹ֔ן נְטֵ֣ה אֶֽת־מַטְּךָ֔ וְהַ֖ךְ אֶת־עֲפַ֣ר הָאָ֑רֶץ וְהָיָ֥ה לְכִנִּ֖ם בְּכָל־אֶ֥רֶץ מִצְרָֽיִם׃

L'Éternel dit à Moïse "Parle ainsi à Aaron ‘Étends ta verge et frappe la poussière de la terre elle se changera en vermine dans tout le pays d'Égypte ’ "

Rachi (1)

Dis à Aharon. Il ne convenait pas que la poussière fût frappée par Mochè, car elle l’avait protégé quand il avait tué l’Egyptien : « Il le cacha dans le sable » (supra 2, 12). Aussi est-ce Aharon qui l’a frappée.

Verset 13

וַיַּֽעֲשׂוּ־כֵ֗ן וַיֵּט֩ אַֽהֲרֹ֨ן אֶת־יָד֤וֹ בְמַטֵּ֨הוּ֙ וַיַּךְ֙ אֶת־עֲפַ֣ר הָאָ֔רֶץ וַתְּהִי֙ הַכִּנָּ֔ם בָּֽאָדָ֖ם וּבַבְּהֵמָ֑ה כָּל־עֲפַ֥ר הָאָ֛רֶץ הָיָ֥ה כִנִּ֖ים בְּכָל־אֶ֥רֶץ מִצְרָֽיִם׃

Ils obéirent Aaron étendit sa main armée de la verge frappa la poussière de la terre et la vermine couvrit hommes et bêtes toute la poussière de la terre se transforma en vermine par tout le pays d'Égypte

Rachi (1)

Et la vermine fut. Un pullulement. En français médiéval : « pedulier » (« une multitude de poux »).

Verset 14

וַיַּֽעֲשׂוּ־כֵ֨ן הַֽחַרְטֻמִּ֧ים בְּלָֽטֵיהֶ֛ם לְהוֹצִ֥יא אֶת־הַכִּנִּ֖ים וְלֹ֣א יָכֹ֑לוּ וַתְּהִי֙ הַכִּנָּ֔ם בָּֽאָדָ֖ם וּבַבְּהֵמָֽה׃

Les devins essayèrent à leur tour par leurs enchantements de faire disparaître la vermine mais ils ne purent la vermine resta sur les hommes et sur le bétail

Rachi (2)

Pour faire sortir les poux. Pour les créer en les « faisant sortir » [c’est-à-dire : en en faisant surgir] d’un autre endroit.

Et ils ne purent. Car le démon est sans pouvoir sur une créature d’une taille inférieure à celle d’un grain d’orge (Sanhèdrin 67b).

Verset 15

וַיֹּֽאמְר֤וּ הַֽחַרְטֻמִּם֙ אֶל־פַּרְעֹ֔ה אֶצְבַּ֥ע אֱלֹהִ֖ים הִ֑וא וַיֶּֽחֱזַ֤ק לֵב־פַּרְעֹה֙ וְלֹֽא־שָׁמַ֣ע אֲלֵהֶ֔ם כַּֽאֲשֶׁ֖ר דִּבֶּ֥ר יְהוָֽה׃

Les devins dirent à Pharaon "Le doigt de Dieu est là!" Mais le cœur de Pharaon persista et il ne les écouta point ainsi que l'avait dit l'Éternel

Rachi (2)

C’est le doigt de Eloqim. Cette plaie n’est pas l’œuvre de la sorcellerie, mais elle vient de Hachem (Chemoth raba).

Comme a parlé Hachem. Quand il avait dit :] « Et Pharaon ne vous écoutera pas » (supra 7, 4).

Verset 16

וַיֹּ֨אמֶר יְהוָ֜ה אֶל־מֹשֶׁ֗ה הַשְׁכֵּ֤ם בַּבֹּ֨קֶר֙ וְהִתְיַצֵּב֙ לִפְנֵ֣י פַרְעֹ֔ה הִנֵּ֖ה יוֹצֵ֣א הַמָּ֑יְמָה וְאָֽמַרְתָּ֣ אֵלָ֗יו כֹּ֚ה אָמַ֣ר יְהוָ֔ה שַׁלַּ֥ח עַמִּ֖י וְיַֽעַבְדֻֽנִי׃

L'Éternel dit à Moïse "Demain de bon matin présente toi devant Pharaon car il se dirigera vers les eaux et dis lui ‘Ainsi parle l'Éternel Renvoie mon peuple pour qu'il m'adore!

Verset 17

כִּ֣י אִם־אֵֽינְךָ֮ מְשַׁלֵּ֣חַ אֶת־עַמִּי֒ הִנְנִי֩ מַשְׁלִ֨יחַ בְּךָ֜ וּבַֽעֲבָדֶ֧יךָ וּֽבְעַמְּךָ֛ וּבְבָתֶּ֖יךָ אֶת־הֶֽעָרֹ֑ב וּמָ֨לְא֜וּ בָּתֵּ֤י מִצְרַ֨יִם֙ אֶת־הֶ֣עָרֹ֔ב וְגַ֥ם הָֽאֲדָמָ֖ה אֲשֶׁר־הֵ֥ם עָלֶֽיהָ׃

Que si tu ne renvoies pas mon peuple moi je susciterai contre toi et tes serviteurs et ton peuple et tes maisons les animaux malfaisants les maisons des Égyptiens seront envahies par eux comme aussi la contrée où ils demeurent

Rachi (2)

Moi j’enverrai. Je vais lâcher contre toi. De même : « *… et j’enverrai contre eux la dent des animaux » (Devarim 32, 24), le mot [« envoyer »] exprimant l’idée d’une « excitation ». En français : « inciter ».

Les bêtes sauvages (hè‘arov). Toutes sortes de bêtes malfaisantes, ainsi qu’une variété [‘arbouvia, même racine que ‘arov] de serpents et de scorpions, et ils les anéantiront. Le midrach fournit une raison au recours à chacune des plaies en particulier : Hachem a employé les mêmes tactiques que celles des rois lorsqu’ils assiègent une ville. Ils commencent par détruire les points d’eau, puis ils font grand tapage à coups de trompettes pour effrayer [les assiégés] et semer l’épouvante. C’est ainsi que les grenouilles coassaient et faisaient du bruit… comme expliqué dans le Midrach de rabi Tan‘houma.

Verset 18

וְהִפְלֵיתִי֩ בַיּ֨וֹם הַה֜וּא אֶת־אֶ֣רֶץ גֹּ֗שֶׁן אֲשֶׁ֤ר עַמִּי֙ עֹמֵ֣ד עָלֶ֔יהָ לְבִלְתִּ֥י הֱיֽוֹת־שָׁ֖ם עָרֹ֑ב לְמַ֣עַן תֵּדַ֔ע כִּ֛י אֲנִ֥י יְהוָ֖ה בְּקֶ֥רֶב הָאָֽרֶץ׃

Je distinguerai en cette occurrence la province de Gessen où réside mon peuple en ce qu'il n'y paraîtra point d'animaux malfaisants afin que tu saches que moi l'Éternel je suis au milieu de cette province

Rachi (2)

Je distinguerai. Je mettrai à part, comme dans : « Hachem distinguera entre le bétail d’Israël et entre le bétail d’Egypte » (infra 9, 4) ; « elle n’est pas mystérieuse pour toi » (Devarim 30, 11), c’est-à-dire : elle n’est pas séparée ni tenue à l’écart de toi.

Afin que tu saches que je suis Hachem au milieu de la terre. Même si ma chekhina est dans le ciel, ma décision est à exécuter dans les mondes inférieurs.

Verset 19

וְשַׂמְתִּ֣י פְדֻ֔ת בֵּ֥ין עַמִּ֖י וּבֵ֣ין עַמֶּ֑ךָ לְמָחָ֥ר יִֽהְיֶ֖ה הָאֹ֥ת הַזֶּֽה׃

Oui je ferai une séparation salutaire entre mon peuple et le tien c'est à demain qu'est réservé ce prodige ’ "

Rachi (1)

Je placerai une séparation. Qui opérera une distinction « entre mon peuple et ton peuple ».

Verset 20

וַיַּ֤עַשׂ יְהוָה֙ כֵּ֔ן וַיָּבֹא֙ עָרֹ֣ב כָּבֵ֔ד בֵּ֥יתָה פַרְעֹ֖ה וּבֵ֣ית עֲבָדָ֑יו וּבְכָל־אֶ֧רֶץ מִצְרַ֛יִם תִּשָּׁחֵ֥ת הָאָ֖רֶץ מִפְּנֵ֥י הֶֽעָרֹֽב׃

Ainsi fit l'Éternel Un formidable essaim d'animaux pénétra dans la demeure de Pharaon et dans celles de ses serviteurs dans tout le pays d'Égypte la terre était infestée par eux

Rachi (1)

Le pays fut détruit (ticha‘héth). La forme verbale employée ici signifie que le pays était « en train d’être détruit ». Telle est également la manière de traduire du Targoum Onqelos : hith‘habalath.

Verset 21

וַיִּקְרָ֣א פַרְעֹ֔ה אֶל־מֹשֶׁ֖ה וּֽלְאַהֲרֹ֑ן וַיֹּ֗אמֶר לְכ֛וּ זִבְח֥וּ לֵֽאלֹהֵיכֶ֖ם בָּאָֽרֶץ׃

Pharaon manda Moïse et Aaron et dit "Allez sacrifier à votre Dieu dans le pays "

Rachi (1)

Sacrifiez à votre Eloqim dans le pays. A l’endroit où vous êtes, sans aller dans le désert.

Verset 22

וַיֹּ֣אמֶר מֹשֶׁ֗ה לֹ֤א נָכוֹן֙ לַֽעֲשׂ֣וֹת כֵּ֔ן כִּ֚י תּֽוֹעֲבַ֣ת מִצְרַ֔יִם נִזְבַּ֖ח לַֽיהוָ֣ה אֱלֹהֵ֑ינוּ הֵ֣ן נִזְבַּ֞ח אֶת־תּֽוֹעֲבַ֥ת מִצְרַ֛יִם לְעֵֽינֵיהֶ֖ם וְלֹ֥א יִסְקְלֻֽנוּ׃

Moïse répondit "Il ne convient pas d'agir ainsi car c'est la terreur de l'Égypte que nous devons immoler à l'Éternel notre Dieu Or nous immolerions sous leurs yeux la terreur des Égyptiens et ils ne nous lapideraient point!

Rachi (2)

L’abomination de l’Egypte. L’objet de vénération des Egyptiens, comme dans : « et pour Milkom, l’abomination des fils de Ammon » (II Melakhim 23, 13). Par rapport à Israël, on appelle cela une « abomination ». On peut aussi expliquer ce terme d’une autre manière : « L’abomination des Egyptiens » signifie que les Egyptiens ont en horreur que nous allions offrir en sacrifice ce qui constitue pour eux un objet de vénération.

Et ils ne nous lapideront pas. C’est une question.

Verset 23

דֶּ֚רֶךְ שְׁלֹ֣שֶׁת יָמִ֔ים נֵלֵ֖ךְ בַּמִּדְבָּ֑ר וְזָבַ֨חְנוּ֙ לַֽיהוָ֣ה אֱלֹהֵ֔ינוּ כַּֽאֲשֶׁ֖ר יֹאמַ֥ר אֵלֵֽינוּ׃

C'est à trois journées de chemin dans le désert que nous voulons aller et nous y sacrifierons à l'Éternel notre Dieu selon ce qu'il nous enjoindra "

Verset 24

וַיֹּ֣אמֶר פַּרְעֹ֗ה אָֽנֹכִ֞י אֲשַׁלַּ֤ח אֶתְכֶם֙ וּזְבַחְתֶּ֞ם לַֽיהוָ֤ה אֱלֹֽהֵיכֶם֙ בַּמִּדְבָּ֔ר רַ֛ק הַרְחֵ֥ק לֹֽא־תַרְחִ֖יקוּ לָלֶ֑כֶת הַעְתִּ֖ירוּ בַּֽעֲדִֽי׃

Pharaon reprit "Je vous laisserai partir pour sacrifier à l'Éternel votre Dieu dans le désert toutefois gardez vous d'aller trop loin Intercédez pour moi "

Verset 25

וַיֹּ֣אמֶר מֹשֶׁ֗ה הִנֵּ֨ה אָֽנֹכִ֜י יוֹצֵ֤א מֵֽעִמָּךְ֙ וְהַעְתַּרְתִּ֣י אֶל־יְהוָ֔ה וְסָ֣ר הֶֽעָרֹ֗ב מִפַּרְעֹ֛ה מֵֽעֲבָדָ֥יו וּמֵֽעַמּ֖וֹ מָחָ֑ר רַ֗ק אַל־יֹסֵ֤ף פַּרְעֹה֙ הָתֵ֔ל לְבִלְתִּי֙ שַׁלַּ֣ח אֶת־הָעָ֔ם לִזְבֹּ֖חַ לַֽיהוָֽה׃

Moïse répondit "Sitôt que je t'aurai quitté je vais intercéder auprès de l'Éternel et les animaux malfaisants se retireront de Pharaon de ses serviteurs et de son peuple dès demain Du moins que Pharaon cesse de se jouer de nous en ne laissant pas le peuple partir pour sacrifier à l'Éternel "

Rachi (1)

Se moquer. Comme s’il y avait : « “de” se moquer » [avec le préfixe le (« de »)].

Verset 26

וַיֵּצֵ֥א מֹשֶׁ֖ה מֵעִ֣ם פַּרְעֹ֑ה וַיֶּעְתַּ֖ר אֶל־יְהוָֽה׃

Sorti de chez Pharaon Moïse implora le Seigneur

Rachi (1)

Il implora (wayè‘tar) vers Hachem. [Le verbe est au qal et veut dire :] « il a mis toutes ses forces dans sa prière ». Si le texte avait employé [le verbe au hif‘il] (waya‘tir), il aurait pu le faire, et cela aurait voulu dire : « il a insisté dans la prière ». Mais comme il est au qal, il signifie : « il a beaucoup prié ».

Verset 27

וַיַּ֤עַשׂ יְהוָה֙ כִּדְבַ֣ר מֹשֶׁ֔ה וַיָּ֨סַר֙ הֶֽעָרֹ֔ב מִפַּרְעֹ֖ה מֵֽעֲבָדָ֣יו וּמֵֽעַמּ֑וֹ לֹ֥א נִשְׁאַ֖ר אֶחָֽד׃

Le Seigneur accomplit la parole de Moïse et il éloigna les animaux malfaisants de Pharaon de ses serviteurs et de son peuple il n'en demeura pas un

Rachi (1)

Il retira les bêtes sauvages. Mais elles ne sont pas mortes, comme étaient mortes les grenouilles. Car si elles avaient péri, les Egyptiens auraient pu tirer un profit de leurs peaux (Chemoth raba).

Verset 28

וַיַּכְבֵּ֤ד פַּרְעֹה֙ אֶת־לִבּ֔וֹ גַּ֖ם בַּפַּ֣עַם הַזֹּ֑את וְלֹ֥א שִׁלַּ֖ח אֶת־הָעָֽם׃

Mais Pharaon s'opiniâtra cette fois encore et il ne laissa point partir le peuple

Rachi (1)

Aussi cette fois-là. Bien qu’il leur eût dit : « Moi, je vous renverrai » (verset 24), il n’a pas tenu parole.

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