Alors l'Éternel dit à Moïse "Regarde! je fais de toi un dieu à l'égard de Pharaon et Aaron ton frère sera ton prophète
Rachi (2)
Je t’ai fait un inspirateur pour Pharaon. Un juge qui châtie. Pour le châtier par des plaies et des souffrances.
Sera ton prophète. Traduction du Targoum Onqelos : metourgemanakh (« ton interprète »). Le terme de prophétie (nevoua) comporte toujours une connotation de discours public et de déclamation, devant le peuple, de paroles de remontrance. La racine du mot nevoua est la même que dans : « l’expression (niv) des lèvres » (Yecha’ya 57, 19) ; « la bouche du sage exprime (yanouv) la sagesse » (Michlei 10, 31) ; « il cessa de s’exprimer (méhithnaboth) » (I Chemouel 10, 13). En allemand : « Prediger ».
Toi tu diras tout ce que je t'aurai ordonné et Aaron ton frère parlera à Pharaon pour qu'il renvoie les Israélites de son pays
Rachi (2)
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Toi tu déclareras. Une seule fois chaque message, tel que tu l’auras entendu de ma bouche, et Aharon ton frère l’exposera et l’expliquera aux oreilles de Pharaon.
Pour moi j'endurcirai le cœur de Pharaon et je multiplierai mes signes et mes preuves de puissance dans le pays d'Égypte
Rachi (1)
Et moi j’endurcirai. Parce qu’il a résisté avec méchanceté et qu’il s’est dressé contre moi. Il est bien connu devant moi que les nations idolâtres ne trouvent aucune satisfaction à mettre tout leur cœur à revenir [à moi]. Aussi est-il bon pour moi que son cœur s’endurcisse de manière que je multiplie mes signes contre lui et qu’alors vous reconnaissiez, vous, ma puissance. Telle est en effet la manière d’agir du Saint béni soit-il : Il amène des châtiments sur les nations afin qu’Israël entende et craigne, ainsi qu’il est écrit (Tsefania 3, 6-7) : « J’ai anéanti des nations, leurs tours d’angle sont en ruines… J’ai dit : “Aussi me craindras-tu et en tireras-tu une leçon” » (voir Yevamoth 63a). Cependant, pour les cinq premières plaies, il n’est pas écrit : « Hachem endurcit le cœur de Pharaon », mais : « le cœur de Pharaon s’endurcit » (Midrach tan‘houma).
Pharaon ne vous écoutera pas mais j'imposerai ma main sur l'Égypte et je ferai sortir mes légions les Israélites mon peuple du pays d'Égypte après une vindicte éclatante
Rachi (1)
Ma main. « Ma main » au sens propre [et non au sens figuré habituel : « Ma puissance »], pour les frapper.
"Lorsque Pharaon vous dira ‘Produisez une preuve de votre mission’ tu diras à Aaron ‘Prends ta verge et jette la devant Pharaon qu'elle devienne serpent!’"
Rachi (1)
Un prodige. Un signe qui démontre que celui qui vous envoie possède la puissance.
Moïse et Aaron se rendirent chez Pharaon et firent exactement comme l'avait prescrit le Seigneur Aaron jeta sa verge en présence de Pharaon et de ses serviteurs et elle devint serpent
Pharaon de son côté manda les experts et les magiciens et les devins de l'Égypte en firent autant par leurs prestiges
Rachi (1)
Avec leurs sortilèges (belahateihèm). Traduction du Targoum Onqelos : bela‘hacheihon (« par leurs incantations »). Ce mot n’est employé nulle part ailleurs dans le texte. On peut le rapprocher de : « la lame (lahat) de l’épée tournoyante » (Beréchith 3, 24), dont il semble qu’elle flamboyait par la vertu d’une incantation.
L'Éternel dit à Moïse "Le cœur de Pharaon est opiniâtre il refuse de laisser partir le peuple
Rachi (1)
Lourd (kavéd). Le texte correct du Targoum Onqelos est yaqir [adjectif], et non ithyaqar [verbe]. Le mot kavéd est en effet un adjectif, comme dans : « car la chose est trop lourde (khavéd) pour toi » (infra 18, 18).
Va trouver Pharaon le matin comme il se dirigera vers les eaux tu te tiendras sur son passage au bord du fleuve et cette verge qui a été changée en serpent tu l'auras à la main
Rachi (1)
Voici, il sort vers l’eau. Pour ses besoins naturels. Car il se faisait passer pour une divinité, assurant qu’il n’avait pas de besoins. Aussi se levait-il de bonne heure pour aller les faire dans le Nil (Chemoth raba).
Et tu lui diras ‘L'Éternel Divinité des Hébreux m'avait délégué vers toi pour te dire Renvoie mon peuple et qu'il m'adore au désert or tu n'as pas obéi jusqu'à présent
Rachi (1)
Jusqu’ici (‘ad ko). Jusqu’à maintenant. Explication du midrach : Jusqu’à ce que tu m’entendes annoncer la mort des premiers-nés, où je commencerai par dire : « Ainsi (ko) a parlé Hachem : Vers la moitié de la nuit… » (infra 11, 4).
Ainsi parle l'Éternel Voici qui t'apprendra que je suis l'Éternel! Je vais frapper de cette verge que j'ai à la main les eaux du fleuve et elles se convertiront en sang
Rachi (1)
Elles seront changées en sang. Parce qu’il ne tombe pas de pluie en Egypte et que c’est le Nil qui, par ses crues, irrigue le pays, de sorte que les Egyptiens lui vouent un culte. Voilà pourquoi Hachem a commencé par frapper leur idole, avant de les frapper eux-mêmes.
L'Éternel dit à Moïse "Parle ainsi à Aaron ‘Prends ta verge dirige ta main sur les eaux des Égyptiens sur leurs fleuves sur leurs canaux sur leurs lacs sur tous leurs réservoirs et elles deviendront du sang et il n'y aura que du sang dans tout le pays d'Égypte même dans les vaisseaux de bois et de pierre ’ "
Rachi (6)
Dis à Aharon. Etant donné que le fleuve avait protégé Mochè quand on l’y avait jeté, ce n’est pas par sa main qu’il a été frappé, ni pour la plaie du sang ni pour celle des grenouilles, mais par la main de Aharon.
Leurs rivières. Ce sont les rivières d’eau courante, comme celles de chez nous.
Leurs canaux. Ce sont les canalisations servant à l’irrigation, creusées par la main de l’homme, qui vont de la rivière jusque dans les champs. Quand le Nil est en crue, l’eau monte et se dirige, à travers ces canalisations, vers les champs à irriguer.
Leurs étangs. Les réserves d’eau, qui ne proviennent pas d’une source et qui ne s’écoulent pas, mais demeurent stagnantes. En français médiéval : « estang »
Dans tout le pays d’Egypte. Y compris dans leurs établissements de bains et dans les baignoires de leurs maisons.
Et dans les bois et dans les pierres. L’eau qui se trouve dans les ustensiles en bois et dans les ustensiles en pierre.
Moïse et Aaron agirent ainsi qu'avait ordonné l'Éternel Aaron leva la verge frappa les eaux du fleuve à la vue de Pharaon et de ses serviteurs et toutes les eaux du fleuve se changèrent en sang
Les poissons du fleuve moururent le fleuve devint infect et les Égyptiens ne purent boire de ses eaux Il n'y eut que du sang dans tout le pays d'Égypte
Mais comme les devins de l'Égypte en faisaient autant par leurs prestiges le cœur de Pharaon persista et il ne leur céda point selon ce qu'avait prédit l'Éternel
Rachi (2)
Par leurs sortilèges (belateihèm. ) – Des incantations que l’on prononce en secret et à voix basse. Nos maîtres ont enseigné que le mot belateihèm désigne l’œuvre des démons, et belahateihèm (verset 11) celle des sorciers (Sanhèdrin 67b).
Le cœur de Pharaon se renforça. Il disait : « Ce que vous avez fait est de pure sorcellerie ! C’est comme amener de la paille à ‘Afarayim, une ville remplie de paille ! De même, vous amenez de la sorcellerie en Egypte, un pays rempli de magies ! » (Mena‘hoth 85a).
Sept jours pleins s'écoulèrent après que l'Éternel eut frappé le fleuve
Rachi (1)
Il se remplit. Sept jours durant, pendant lesquels le fleuve n’a pas repris son état antérieur. Chacune des plaies a opéré pendant un quart de mois, Mochè ayant, pendant les trois autres quarts, averti et mis en garde [les Egyptiens].
Si tu refuses de le renvoyer je m'apprête à infester de grenouilles tout ton territoire
Rachi (2)
Et si tu refuses (maén). Si tu es un « refusant ». L’adjectif maén a le même sens que memaén [participe du mode pi‘él], à cette différence près qu’il qualifie un comportement habituel, comme dans : « j’étais paisible (chalaw) » (Iyov 16, 12) ; « Moav était calme (chaanan) depuis sa jeunesse et paisible (choqét) sur ses lies » (Yirmeya 48, 11) ; « triste et irrité (weza‘éf) » (I Melakhim 20, 43) [tandis que memaén s’applique à celui qui refuse à un moment particulier].
Frapper (noguéf) toute ta limite. [Le mot noguéf signifie] « frapper ». Aussi le mot maguéfa ne signifie-t-il pas nécessairement l’acte de « donner la mort », mais celui de « frapper », comme dans : « Et lorsque des hommes se querelleront, ils cogneront (wenogfou) une femme enceinte… » (infra 21, 22), où il ne s’agit pas de coups mortels. Ou dans : « avant que vos pieds ne se heurtent (yithnaguefou) » (Yirmeya 13, 16) ; « pour que ton pied ne heurte pas (tigof) une pierre » (Tehilim 91, 12) ; « une pierre où l’on se heurte (nèguèf) » (Yecha’ya 8, 14).
Le fleuve regorgera de grenouilles elles en sortiront pour envahir ta demeure et la chambre où tu reposes et jusqu'à ton lit les demeures de tes serviteurs celles de ton peuple et tes fours et tes pétrins
Rachi (2)
Elles monteront. Du fleuve.
Dans ta maison. Et ensuite « la maison de tes serviteurs ». C’est lui qui avait fait le premier pas en conseillant [de faire du mal à Israël], dans : « il dit à son peuple » (supra 1, 9). C’est donc lui qui a été puni en premier (Sota 11a).
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