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Beréchith (Genèse) — chapitre 48

Texte hébreu (avec taamim), traduction française et commentaire de Rachi traduit en français, verset par verset. Sommaire du Houmash.

Verset 1

וַיְהִ֗י אַֽחֲרֵי֙ הַדְּבָרִ֣ים הָאֵ֔לֶּה וַיֹּ֣אמֶר לְיוֹסֵ֔ף הִנֵּ֥ה אָבִ֖יךָ חֹלֶ֑ה וַיִּקַּ֞ח אֶת־שְׁנֵ֤י בָנָיו֙ עִמּ֔וֹ אֶת־מְנַשֶּׁ֖ה וְאֶת־אֶפְרָֽיִם׃

II arriva après ces faits qu'on dit à Joseph "Ton père est malade " Et il partit emmenant ses deux fils Manassé et Éphraïm

Rachi (2)

On dit à Yossef. Un des messagers. La phrase est elliptique, [le sujet du verbe « dit » n’étant pas indiqué]. Certains enseignent que c’était Efrayim, qui avait l’habitude d’étudier auprès de Ya‘aqov. Lorsque Ya‘aqov est tombé malade dans le pays de Gochèn, il s’est rendu chez son père en Egypte pour le lui annoncer (Midrach tan‘houma 6).

Il prit avec lui ses deux fils. Pour que Ya‘aqov les bénisse avant sa mort.

Verset 2

וַיַּגֵּ֣ד לְיַֽעֲקֹ֔ב וַיֹּ֕אמֶר הִנֵּ֛ה בִּנְךָ֥ יוֹסֵ֖ף בָּ֣א אֵלֶ֑יךָ וַיִּתְחַזֵּק֙ יִשְׂרָאֵ֔ל וַיֵּ֖שֶׁב עַל־הַמִּטָּֽה׃

On l'annonça à Jacob en disant "Voici que ton fils Joseph vient te voir " Israël recueillit ses forces et s'assit sur le lit

Rachi (2)

On raconta. Quelqu’un l’annonça à Ya‘aqov, sans que le texte précise qui. Il existe de nombreux versets ainsi abrégés.

Israël rassembla ses forces. Ya‘aqov a dit : Il est mon fils, mais il est un roi. Je lui dois donc des honneurs. D’où l’on apprend que l’on doit des honneurs à la royauté (Midrach tan‘houma Bo 7). Mochè aussi a rendu honneur à la royauté (Chemoth 11, 8) : « tous tes serviteurs que voici descendront vers moi », (manière délicate de lui dire : « Tu seras toi-même forcé de descendre vers moi. »). De même Eliyahou : « Il ceignit ses reins et courut au devant de A‘hav » (I Melakhim 18, 46).

Verset 3

וַיֹּ֤אמֶר יַֽעֲקֹב֙ אֶל־יוֹסֵ֔ף אֵ֥ל שַׁדַּ֛י נִרְאָֽה־אֵלַ֥י בְּל֖וּז בְּאֶ֣רֶץ כְּנָ֑עַן וַיְבָ֖רֶךְ אֹתִֽי׃

Et Jacob dit à Joseph "Le Dieu tout puissant m'est apparu à Louz au pays de Canaan et m'a béni

Verset 4

וַיֹּ֣אמֶר אֵלַ֗י הִנְנִ֤י מַפְרְךָ֙ וְהִרְבִּיתִ֔ךָ וּנְתַתִּ֖יךָ לִקְהַ֣ל עַמִּ֑ים וְנָ֨תַתִּ֜י אֶת־הָאָ֧רֶץ הַזֹּ֛את לְזַרְעֲךָ֥ אַֽחֲרֶ֖יךָ אֲחֻזַּ֥ת עוֹלָֽם׃

Il m'a dit ‘Je veux te faire croître et fructifier et je te ferai devenir une multitude de peuples et je donnerai ce pays à ta postérité ultérieure comme possession perpétuelle '

Rachi (1)

Je ferai de toi une assemblée de peuples. Dieu m’a ainsi promis qu’il sortira de moi, de nouveau, une assemblée de peuples. Il est vrai qu’il m’avait déjà annoncé : « un peuple, une assemblée de peuples proviendra de toi » (supra 35, 11). Lorsqu’Il parlait « d’un peuple », il s’agissait de Binyamin. Lorsqu’Il parlait « d’une assemblée de peuples », Il faisait allusion à deux peuples en plus de Binyamin. Or, je n’ai plus eu d’autre fils depuis que cette promesse m’a été faite. C’est donc que Dieu a entendu m’annoncer que l’une de mes tribus sera partagée en deux. C’est ce privilège que je vais maintenant te transmettre.

Verset 5

וְעַתָּ֡ה שְׁנֵֽי־בָנֶיךָ֩ הַנּֽוֹלָדִ֨ים לְךָ֜ בְּאֶ֣רֶץ מִצְרַ֗יִם עַד־בֹּאִ֥י אֵלֶ֛יךָ מִצְרַ֖יְמָה לִי־הֵ֑ם אֶפְרַ֨יִם֙ וּמְנַשֶּׁ֔ה כִּרְאוּבֵ֥ן וְשִׁמְע֖וֹן יִֽהְיוּ־לִֽי׃

Eh bien! Tes deux fils qui te sont nés au pays d'Égypte avant que je vinsse auprès de toi en Égypte deviennent les miens non moins que Ruben et Siméon Éphraïm et Manassé seront à moi

Rachi (2)

Avant que je vienne auprès de toi. Avant que je sois arrivé auprès de toi, c’est-à-dire : entre le moment où tu as été séparé de moi et celui où je suis arrivé auprès de toi.

Ils sont miens. Ils entrent dans le compte de mes autres fils, de manière à recevoir, chacun séparément, sa part de territoire.

Verset 6

וּמֽוֹלַדְתְּךָ֛ אֲשֶׁר־הוֹלַ֥דְתָּ אַֽחֲרֵיהֶ֖ם לְךָ֣ יִֽהְי֑וּ עַ֣ל שֵׁ֧ם אֲחֵיהֶ֛ם יִקָּרְא֖וּ בְּנַֽחֲלָתָֽם׃

Quant aux enfants que tu engendrerais après eux ils te seront attribués ils s'appelleront du nom de leurs frères à l'égard de leur héritage

Rachi (1)

Quant à l’engendrement.... Si tu devais engendrer d’autres enfants, ils n’entreront pas dans le compte de mes fils, mais ils seront intégrés aux tribus d’Efrayim et de Menachè, sans pouvoir porter, aux côtés des autres tribus, un nom particulier qui leur donnerait droit à une part d’héritage. Il est vrai que le pays sera partagé au prorata du nombre de têtes, ainsi qu’il est écrit : « à celui qui est nombreux tu augmenteras son héritage, à celui qui est peu nombreux tu diminueras son héritage » (Bamidbar 26, 54). Il est vrai aussi que chacun, sauf les aînés, recevra part égale, [les descendants de Yossef recevant, qu’ils aient constitué une seule ou deux tribus, la même part de territoire]. Cependant, seuls ces enfants-là, [descendants d’Efrayim et de Menachè] porteront le nom d’une tribu spécifique, avec les conséquences que cela comporte : participation au tirage au sort, désignation d’un chef de tribu et attribution d’un drapeau.

Verset 7

וַֽאֲנִ֣י ׀ בְּבֹאִ֣י מִפַּדָּ֗ן מֵתָה֩ עָלַ֨י רָחֵ֜ל בְּאֶ֤רֶץ כְּנַ֨עַן֙ בַּדֶּ֔רֶךְ בְּע֥וֹד כִּבְרַת־אֶ֖רֶץ לָבֹ֣א אֶפְרָ֑תָה וָֽאֶקְבְּרֶ֤הָ שָּׁם֙ בְּדֶ֣רֶךְ אֶפְרָ֔ת הִ֖וא בֵּ֥ית לָֽחֶם׃

Pour moi quand je revins du territoire d'Aram Rachel mourut dans mes bras au pays de Canaan pendant le voyage lorsqu'une kibra de pays me séparait encore d'Éphrath je l'inhumai là sur le chemin d'Éphrath qui est Bethléem "

Rachi (3)

Et moi, comme je venais de Padan. Ce désagrément de devoir transporter mon corps pour l’enterrer au pays de Kena‘an, je te l’impose alors que moi-même ne l’ai pas fait pour ta mère. Elle est morte tout près de Beith Lè’hem, [et je n’ai pas pris la peine de l’enterrer ailleurs qu’au lieu de son décès].

Une kivra de pays. Le mot kivra désigne une mesure de longueur, égale à deux mille coudées, comme la distance maximum qu’il est permis de parcourir le chabath. C’est ce qu’enseigne rabi Mochè Hadarchan. Et ne crois pas que ce sont les pluies qui m’ont empêché de la transporter jusqu’à ‘Hèvron pour l’y enterrer : C’était la saison sèche, et le sol était percé et garni de trous comme une passoire (kevara).

Je l’ai enterrée là. Je ne l’ai même pas transportée jusqu’à Beith Lè’hem, pour l’amener en pays habité. Et je sais que tu m’en fais intérieurement le reproche. Mais sache que c’est sur ordre divin que je l’ai enterrée à cet endroit, afin qu’elle vienne au secours de ses descendants lorsque Nevouzaradan les enverra en exil et qu’ils passeront près de son tombeau (Pessiqta rabathi 3). Ra‘hel sortira alors de sa sépulture et elle implorera pour eux, en pleurant, la miséricorde divine, ainsi qu’il est écrit : « une voix est entendue à Rama... ». (Yirmeya 31, 14). Et le Saint béni soit-Il répondra : « ton acte aura sa récompense, parole de Hachem, et tes enfants retourneront dans leur frontière » (versets 15 et 16). Le Targoum Onqelos traduit le mot kivra par « un labour de terre », c’est-à-dire ce que l’on peut labourer en un jour. Je pense qu’ils avaient une mesure fixe qu’ils appelaient : « pour un seul labour ». En français médiéval : « charuede ». Tout comme nous disons : « il laboure (kariv) et recommence » (Baba Metsi‘a 107a), « autant qu’en emporte un renard d’un champ labouré (bé karba) » (Yoma 43b).

Verset 8

וַיַּ֥רְא יִשְׂרָאֵ֖ל אֶת־בְּנֵ֣י יוֹסֵ֑ף וַיֹּ֖אמֶר מִי־אֵֽלֶּה׃

Israël remarqua les enfants de Joseph et il dit "Qui sont ceux là?"

Rachi (2)

Israël vit les fils de Yossef. Il voulait les bénir, mais la chekhina s’est retirée de lui, parce que d’Efrayim allaient un jour sortir Yerov’am (Jéroboam) et A‘hav (Achab), et de Menachè Yéhou (Jéhu) et ses fils (Midrach tan‘houma 6, Pessiqta rabathi 3).

Il dit : Qui sont ceux-là. D’où sont sortis ceux-là, qui ne sont pas dignes de recevoir une bénédiction ?

Verset 9

וַיֹּ֤אמֶר יוֹסֵף֙ אֶל־אָבִ֔יו בָּנַ֣י הֵ֔ם אֲשֶׁר־נָֽתַן־לִ֥י אֱלֹהִ֖ים בָּזֶ֑ה וַיֹּאמַ֕ר קָֽחֶם־נָ֥א אֵלַ֖י וַאֲבָֽרְכֵֽם׃

Joseph répondit à son père "Ce sont mes fils que Dieu m'a donnés dans ce pays " Jacob reprit "Approche les de moi je te prie que je les bénisse "

Rachi (2)

Ici (bazè – littéralement : « par ceci »). Il lui a montré son acte de fiançailles et son acte de mariage. Yossef a imploré la miséricorde divine, et l’esprit saint est revenu reposer sur Ya‘aqov (Midrach tan‘houma 6).

Il dit : Prends-les vers moi, je te prie, et je les bénirai. Voici à quoi fait allusion le texte : « Et moi, j’ai été un guide pour Efrayim, pour qu’il “les” prenne (qa‘ham) sur ses bras » (Hoché‘a 11, 3), c’est-à-dire : J’ai dirigé mon esprit en Ya‘aqov, à cause d’Efrayim, afin qu’il « les » prenne [Efrayim et Menachè] sur ses bras.

Verset 10

וְעֵינֵ֤י יִשְׂרָאֵל֙ כָּֽבְד֣וּ מִזֹּ֔קֶן לֹ֥א יוּכַ֖ל לִרְא֑וֹת וַיַּגֵּ֤שׁ אֹתָם֙ אֵלָ֔יו וַיִּשַּׁ֥ק לָהֶ֖ם וַיְחַבֵּ֥ק לָהֶֽם׃

Or les yeux d'Israël appesantis par la vieillesse ne pouvaient plus bien voir Il fit approcher de lui ces jeunes gens leur donna des baisers les pressa dans ses bras

Verset 11

וַיֹּ֤אמֶר יִשְׂרָאֵל֙ אֶל־יוֹסֵ֔ף רְאֹ֥ה פָנֶ֖יךָ לֹ֣א פִלָּ֑לְתִּי וְהִנֵּ֨ה הֶרְאָ֥ה אֹתִ֛י אֱלֹהִ֖ים גַּ֥ם אֶת־זַרְעֶֽךָ׃

et Israël dit à Joseph "Je ne comptais pas revoir ton visage et voici que Dieu m'a fait voir jusqu'à ta postérité"

Rachi (2)

Je n’avais pas pensé (lo filalti). Mon cœur ne s’était même pas hasardé à imaginer que je reverrais encore ton visage.

pensé (filalti). Le mot filalti a le sens de « penser », comme dans : « apporte un conseil, produis une pensée (felila) » (Yecha’ya 16, 3).

Verset 12

וַיּוֹצֵ֥א יוֹסֵ֛ף אֹתָ֖ם מֵעִ֣ם בִּרְכָּ֑יו וַיִּשְׁתַּ֥חוּ לְאַפָּ֖יו אָֽרְצָה׃

Joseph les retira d'entre ses genoux et se prosterna devant lui jusqu'à terre

Rachi (2)

Yossef les retira. Après que Ya‘aqov les eut embrassés, Yossef les retira d’entre ses genoux pour les placer l’un à droite, l’autre à gauche, afin qu’il pût poser ses mains sur eux et les bénir.

Il se prosterna devant lui. Dans un mouvement de recul, face à son père.

Verset 13

וַיִּקַּ֣ח יוֹסֵף֮ אֶת־שְׁנֵיהֶם֒ אֶת־אֶפְרַ֤יִם בִּֽימִינוֹ֙ מִשְּׂמֹ֣אל יִשְׂרָאֵ֔ל וְאֶת־מְנַשֶּׁ֥ה בִשְׂמֹאל֖וֹ מִימִ֣ין יִשְׂרָאֵ֑ל וַיַּגֵּ֖שׁ אֵלָֽיו׃

Puis Joseph les prit tous deux Éphraïm de la main droite à gauche d'Israël et Manassé de la main gauche à droite d'Israël et il les fit avancer vers lui

Rachi (1)

Efrayim à sa droite, à la gauche d’Israël. Quand on se présente devant quelqu’un, on a sa droite face à la gauche de l’autre. Menachè étant l’aîné, il aurait dû être à sa droite pour recevoir sa bénédiction.

Verset 14

וַיִּשְׁלַח֩ יִשְׂרָאֵ֨ל אֶת־יְמִינ֜וֹ וַיָּ֨שֶׁת עַל־רֹ֤אשׁ אֶפְרַ֨יִם֙ וְה֣וּא הַצָּעִ֔יר וְאֶת־שְׂמֹאל֖וֹ עַל־רֹ֣אשׁ מְנַשֶּׁ֑ה שִׂכֵּל֙ אֶת־יָדָ֔יו כִּ֥י מְנַשֶּׁ֖ה הַבְּכֽוֹר׃

Israël étendit la main droite l'imposa sur la tête d'Éphraïm qui était le plus jeune et mit sa main gauche sur la tête de Manassé il croisa ses mains quoique Manassé fut l'aîné

Rachi (1)

Il plaça (sikél) ses mains. Traduction du Targoum : Il mit de l’intelligence (sékhèl) dans ses mains. Il a intentionnellement, avec réflexion et intelligence, placé ses mains à cet effet, en connaissance de cause. Il savait que Menachè était l’aîné, et malgré cela il n’a pas mis sa main droite sur lui.

Verset 15

וַיְבָ֥רֶךְ אֶת־יוֹסֵ֖ף וַיֹּאמַ֑ר הָֽאֱלֹהִ֡ים אֲשֶׁר֩ הִתְהַלְּכ֨וּ אֲבֹתַ֤י לְפָנָיו֙ אַבְרָהָ֣ם וְיִצְחָ֔ק הָֽאֱלֹהִים֙ הָֽרֹעֶ֣ה אֹתִ֔י מֵֽעוֹדִ֖י עַד־הַיּ֥וֹם הַזֶּֽה׃

Il bénit Joseph puis dit "Que la Divinité dont mes pères Abraham et Isaac ont suivi les voies que la Divinité qui a veillé sur moi depuis ma naissance jusqu'à ce jour

Verset 16

הַמַּלְאָךְ֩ הַגֹּאֵ֨ל אֹתִ֜י מִכָּל־רָ֗ע יְבָרֵךְ֮ אֶת־הַנְּעָרִים֒ וְיִקָּרֵ֤א בָהֶם֙ שְׁמִ֔י וְשֵׁ֥ם אֲבֹתַ֖י אַבְרָהָ֣ם וְיִצְחָ֑ק וְיִדְגּ֥וּ לָרֹ֖ב בְּקֶ֥רֶב הָאָֽרֶץ׃

que l'ange qui m'a délivré de tout mal bénisse ces jeunes gens! Puisse t il perpétuer mon nom et le nom de mes pères Abraham et Isaac! Puisse t il multiplier à l'infini au milieu de la contrée "

Rachi (3)

Que l’ange qui m’a délivré. L’ange qui m’est envoyé habituellement dans ma détresse, ainsi qu’il est écrit : « un ange de Eloqim me dit dans le rêve... Je suis le Qél de Beith-El » (supra 31, 11 et suivants).

bénisse les enfants. Menachè et Efrayim.

Et qu’ils se multiplient (weyidgou). Comme les poissons (daguim) qui fructifient et se multiplient sans que le mauvais œil ait prise sur eux.

Verset 17

וַיַּ֣רְא יוֹסֵ֗ף כִּֽי־יָשִׁ֨ית אָבִ֧יו יַד־יְמִינ֛וֹ עַל־רֹ֥אשׁ אֶפְרַ֖יִם וַיֵּ֣רַע בְּעֵינָ֑יו וַיִּתְמֹ֣ךְ יַד־אָבִ֗יו לְהָסִ֥יר אֹתָ֛הּ מֵעַ֥ל רֹאשׁ־אֶפְרַ֖יִם עַל־רֹ֥אשׁ מְנַשֶּֽׁה׃

Joseph remarqua que son père posait sa main droite sur la tête d'Éphraïm et cela lui déplut il souleva la main de son père pour la faire passer de la tête d'Éphraïm sur la tête de Manassé

Rachi (1)

Il soutint la main de son père. Il la souleva de dessus la tête de son fils, et la soutint dans sa propre main.

Verset 18

וַיֹּ֧אמֶר יוֹסֵ֛ף אֶל־אָבִ֖יו לֹא־כֵ֣ן אָבִ֑י כִּי־זֶ֣ה הַבְּכֹ֔ר שִׂ֥ים יְמִֽינְךָ֖ עַל־רֹאשֽׁוֹ׃

et il dit à son père "Pas ainsi mon père! Puisque celui ci est l’aîné mets ta main droite sur sa tête "

Verset 19

וַיְמָאֵ֣ן אָבִ֗יו וַיֹּ֨אמֶר֙ יָדַ֤עְתִּֽי בְנִי֙ יָדַ֔עְתִּי גַּם־ה֥וּא יִֽהְיֶה־לְּעָ֖ם וְגַם־ה֣וּא יִגְדָּ֑ל וְאוּלָ֗ם אָחִ֤יו הַקָּטֹן֙ יִגְדַּ֣ל מִמֶּ֔נּוּ וְזַרְע֖וֹ יִֽהְיֶ֥ה מְלֹֽא־הַגּוֹיִֽם׃

Son père s'y refusa et dit "Je le sais mon fils je le sais lui aussi deviendra un peuple et lui aussi sera grand mais son jeune frère sera plus grand que lui et sa postérité formera plusieurs nations "

Rachi (4)

Je sais, mon fils, je sais. Qu’il est l’aîné.

Lui aussi deviendra un peuple, et lui aussi sera grand. Car c’est de lui que sortira Guid’on (Gédéon), par l’intermédiaire de qui le Saint béni soit-Il opérera un miracle (Midrach tan‘houma 6).

Cependant, son frère le petit sera plus grand que lui. Car c’est de lui que sortira Yehochou‘a, qui donnera sa terre à Israël et qui lui enseignera la Tora (ibid.).

Et sa descendance sera une plénitude de nations. Le monde entier sera fasciné par son prestige et par son renom quand Yehochou‘a arrêtera le soleil à Guiv‘on, et la lune dans la vallée d’Ayalon (Yehochou‘a 10, 12, ‘Avoda Zara 25a).

Verset 20

וַיְבָ֨רְכֵ֜ם בַּיּ֣וֹם הַהוּא֮ לֵאמוֹר֒ בְּךָ֗ יְבָרֵ֤ךְ יִשְׂרָאֵל֙ לֵאמֹ֔ר יְשִֽׂמְךָ֣ אֱלֹהִ֔ים כְּאֶפְרַ֖יִם וְכִמְנַשֶּׁ֑ה וַיָּ֥שֶׂם אֶת־אֶפְרַ֖יִם לִפְנֵ֥י מְנַשֶּֽׁה׃

Il les bénit alors et il dit "Israël te nommera dans ses bénédictions en disant Dieu te fasse devenir comme Éphraïm et Manassé!" II plaça ainsi Éphraïm avant Manassé

Rachi (2)

En toi Israël bénira. Quand on voudra bénir ses enfants, on les bénira en récitant la bénédiction qui leur a été octroyée, et l’on dira à son fils : « Eloqim te fasse devenir comme Efrayim et Menachè ! »

Il plaça Efrayim. Dans sa bénédiction, avant Menachè, lui donnant ainsi préséance dans l’ordre des drapeaux (Bamidbar 2, 18 et 10, 22) et pour l’inauguration du tabernacle (Bamidbar 7, 48 et 54, Beréchith raba 97, 5).

Verset 21

וַיֹּ֤אמֶר יִשְׂרָאֵל֙ אֶל־יוֹסֵ֔ף הִנֵּ֥ה אָֽנֹכִ֖י מֵ֑ת וְהָיָ֤ה אֱלֹהִים֙ עִמָּכֶ֔ם וְהֵשִׁ֣יב אֶתְכֶ֔ם אֶל־אֶ֖רֶץ אֲבֹֽתֵיכֶֽם׃

Israël dit à Joseph "Voici je vais mourir Dieu sera avec vous et il vous ramènera au pays de vos aïeux

Verset 22

וַֽאֲנִ֞י נָתַ֧תִּֽי לְךָ֛ שְׁכֶ֥ם אַחַ֖ד עַל־אַחֶ֑יךָ אֲשֶׁ֤ר לָקַ֨חְתִּי֙ מִיַּ֣ד הָֽאֱמֹרִ֔י בְּחַרְבִּ֖י וּבְקַשְׁתִּֽי׃

Or je te promets une portion supérieure à celle de tes frères portion conquise sur l'Amorréen à l'aide de mon épée et de mon arc "

Rachi (5)

Et moi, je t’ai donné. Parce que tu te seras astreint à t’occuper de ma sépulture, je te donne moi aussi en héritage un lieu où tu seras inhumé. Et quel est-il ? C’est Chekhem (Sichem), ainsi qu’il est écrit : « Et les ossements de Yossef que les enfants d’Israël avaient ramenés d’Egypte, ils les inhumèrent à Chekhem » (Yehochou‘a 24, 32).

Une part (chekhem) au-dessus de tes frères. Le mot chekhem (« part ») est à prendre à la lettre : il s’agit effectivement de la ville de Chekhem, qui te sera attribuée en supplément par rapport à tes frères.

Par mon épée et par mon arc. Lorsque Chim‘on et Léwi ont tué les habitants de Chekhem, toutes les populations environnantes se sont liguées contre eux. Aussi Ya‘aqov a-t-il dû prendre les armes pour les combattre (Beréchith raba 80, 10). Autre explication [de la « part “au-dessus” »] : La part au-dessus, c’est celle dévolue à l’aîné (Beréchith raba 97, 6). Or, ses fils ont reçu deux parts, et le mot chekhem signifie « part », ainsi qu’il résulte de nombreux exemples dans le texte : « car tu les mettras en parts (chèkhèm) » (Tehilim 21, 13), c’est-à-dire : tu feras en sorte que mes ennemis soient éparpillés devant moi. « Je vais partager la part (chekhem) » (Tehilim 60, 8). « En route ils tueront pour sa part (chèkhma) » (Hoché‘a 6, 9), c’est-à-dire chacun sa part. « Pour Le servir d’une seule part (chekhem) » (Tsefania 3, 9), c’est-à-dire d’un même esprit.

Que j’ai prise de la main du Emori. De la main de ‘Essaw, qui a agi comme un Emori. Autre explication : qui trompait mon père par les paroles (imré) de sa bouche (voir Rachi supra 25, 28).

Par mon épée et par mon arc (ouveqachti). (Par mes armes spirituelles, à savoir) ma sagesse et ma prière (baqachathi) (voir Targoum Onqelos et Baba Batra 123a).

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