Joseph ne put se contenir malgré tous ceux qui l'entouraient Il s'écria "Faites sortir tout le monde d'ici!" Et nul homme ne fut présent lorsque Joseph se fit connaître à ses frères
Rachi (1)
Et Yossef ne put se contenir, devant tous ceux qui se tenaient près de lui. Il ne pouvait accepter que les Egyptiens se tiennent là et qu’ils assistent à l’humiliation de ses frères au moment où il s’en ferait reconnaître.
II éleva la voix en pleurant Les Égyptiens l'entendirent la maison de Pharaon l'entendit,
Rachi (1)
La maison de Pharaon l’entendit. La maison de Pharaon, c’est-à-dire ses serviteurs et les gens de sa maison. Le mot bayith (« maison ») ne signifie pas la maison au sens étroit. C’est comme « la maison de Yehouda... la maison d’Israël » (I Melakhim 12, 21). En français médiéval : « maisande ».
Joseph dit à ses frères "Approchez vous de moi je vous prie " Et ils s'approchèrent II reprit "Je suis Joseph votre frère que vous avez vendu pour l'Égypte
Rachi (1)
Approchez donc de moi. Comme il les voyait en train de reculer, il s’est dit : Mes frères sont maintenant remplis de confusion ! Aussi leur a-t-il parlé avec douceur, sur un ton suppliant, et il leur a montré qu’il était circoncis (Beréchith raba 93, 8).
Et maintenant ne vous affligez point ne soyez pas irrités contre vous mêmes de m'avoir vendu pour ce pays car c'est pour le salut que le Seigneur m'y a envoyé avant vous
Rachi (1)
Car c’est pour la subsistance. Pour assurer votre subsistance.
Non ce n'est pas vous qui m'avez fait venir ici c'est Dieu et il m'a fait devenir le père de Pharaon le maître de toute sa maison et l'arbitre de tout le pays d'Égypte
Rachi (1)
Père. Il a fait de moi son collègue et m’a conféré la dignité de patron (« père du roi ») (Beréchith raba 93, 10).
Hâtez vous retournez chez mon père et dites lui ‘Ainsi parle ton fils Joseph Dieu m'a fait le maître de toute l'Égypte viens auprès de moi ne tarde point!
Rachi (1)
Et montez vers mon père. Erets Israël est plus élevé que tous les pays qui l’entourent (Pessiqta zoutretha).
Tu habiteras la terre de Gessen et tu seras rapproché de moi toi tes enfants tes petits enfants ton menu et ton gros bétail et tout ce qui t'appartient
Là je te fournirai des vivres car cinq années encore il y aura famine afin que tu ne souffres point toi ta famille et tout ce qui est à toi ’
Rachi (1)
De peur que tu ne tombes dans la misère (tiwaréch). Traduction du Targoum. On trouve le même terme yarach (« devenir pauvre ») dans : « morich ouma’achir (“qui appauvrit et qui enrichit”) » (I Chemouel 2, 7).
Or vous voyez de vos yeux comme aussi mon frère Benjamin que c’est bien moi qui vous parle
Rachi (2)
Vos yeux voient. La gloire à laquelle j’ai accédé (voir verset suivant). Vous voyez aussi que je suis votre frère, puisque j’ai été circoncis comme vous. Vous voyez aussi « que c’est bien ma bouche qui vous parle », puisque je m’exprime en langue sainte.
Et les yeux mon frère Binyamin. Après les avoir mentionnés séparément, il les met tous sur le même plan d’égalité, comme pour dire : « De même qu’il n’y a pas en moi de haine contre Binyamin, puisqu’il n’a pas participé à ma vente, de même n’en ai-je pas dans mon cœur contre vous » (Meguila 16b).
Il se jeta au cou de Benjamin son frère et pleura et Benjamin aussi pleura dans ses bras
Rachi (2)
Il tomba au cou [tsaweré – littéralement : « les cous »] de Binyamin son frère, il pleura. Sur les deux sanctuaires qui se trouveront sur le territoire de Binyamin, et qui seront détruits l’un et l’autre (Meguila 16b).
Et Binyamin pleura à son cou. Sur le sanctuaire de Chilo qui se trouvera sur le territoire de Yossef, et qui sera détruit.
Or le bruit s'était répandu à la cour de Pharaon savoir les frères de Joseph sont venus ce qui avait plu à Pharaon et à ses serviteurs
Rachi (1)
Et la voix fut entendue dans la maison de Pharaon. La préposition « dans » est sous-entendue. Il s’agit ici de la maison elle-même (contrairement au verset 2).
Emmenez votre père et vos familles et venez près de moi je veux vous donner la meilleure province de l'Égypte vous consommerez la moelle de ce pays
Rachi (2)
Le meilleur du pays d’Egypte. Le pays de Gochèn. Il prophétisait, sans savoir ce qu’il prophétisait. Car ils rendront un jour le pays semblable à un fond de mer privé de ses poissons.
La graisse du pays. La « graisse » désigne toujours la meilleure part.
Pour toi tu es chargé de cet ordre faites ceci prenez dans le pays d'Égypte des voitures pour vos enfants et pour vos femmes faites y monter votre père et revenez
Rachi (2)
Et à toi, il est ordonné. De ma bouche de leur dire :
Faites ceci !. Parle leur ainsi, c’est avec mon autorisation.
II donna à tous individuellement des habillements de rechange pour Benjamin il lui fit présent de trois cents pièces d'argent et de cinq habillements de rechange
Pareillement il envoya à son père dix ânes chargés des meilleurs produits de l'Égypte et dix ânesses portant du blé du pain et des provisions de voyage pour son père
Rachi (4)
Il envoya comme ceci. Comme le nombre qui suit. Et quel est ce nombre ? Dix ânes...
Du meilleur de l’Egypte. La guemara précise qu’il a envoyé à son père du vin vieux, spécialement salutaire aux vieillards (Meguila 16b). Pour le midrach, il s’agissait de fèves brisées [réputées calmantes] (Beréchith raba 94, 2).
De grain et de pain. Comme le traduit le Targoum.
Et de nourriture. C’est ce qui accompagne le pain.
Il reconduisit ses frères lorsqu'ils partirent et il leur dit "Point de rixes durant le voyage!"
Rachi (1)
Ne vous agitez pas pendant le voyage. Ne vous engagez pas dans des discussions halakhiques, de peur que vous ne vous égariez (Ta‘anith 10b). Autre explication : Ne marchez pas à grandes enjambées, et veillez à entrer en ville quand il fait encore jour. Selon le sens simple de ce verset, on doit l’expliquer toutefois comme suit : Yossef craignait, étant donné la honte dans laquelle ils étaient plongés, qu’ils ne se querellent en route pour l’avoir vendu, et qu’ils n’en viennent à se dire l’un à l’autre : « C’est à cause de toi qu’il a été vendu ! Tu nous disais du mal de lui et tu nous l’as fait prendre en haine ! »
Ils lui apprirent que Joseph vivait encore et qu'il commandait à tout le pays d'Égypte Mais son cœur restait froid parce qu'il ne les croyait pas
Rachi (2)
Et il commande. La conjonction ki a ici le sens de achèr (« que »).
Son cœur se figea. Son cœur changea et se refusa à croire. Son cœur se refusait à croire ce que lui disaient ses fils. On trouve le même verbe wayafag (« se figea ») dans la michna : « les épices changent de goût (mefiguim) » (Beitsa 14a), ainsi que dans : « sans cesse (hafougoth) » (Eikha 3, 49). Le Targoum rend les mots : « son odeur ne s’est pas changée » (Yirmeya 48, 11) par lo fag.
Alors ils lui répétèrent toutes les paroles que Joseph leur avait adressées et il vit les voitures que Joseph avait envoyées pour l'emmener et la vie revint au cœur de Jacob leur père
Rachi (2)
Toutes les paroles que Yossef leur avait parlées. Yossef leur avait donné un signe : Lorsqu’il avait été séparé de son père, il était occupé à étudier le passage de la Tora relatif à la génisse (‘egla) dont on brise la nuque (Devarim 21, 6) [en expiation d’un meurtre dont l’auteur n’a pu être identifié]. Aussi le texte spécifie-t-il : « il vit les voitures (‘agaloth) que “Yossef” avait envoyées », et non : « que “Pharaon” avait envoyées » (Beréchith raba 94, 3).
L’esprit de Ya’aqov revint à la vie. La chekhina, qui s’était retirée de lui (à cause de son état d’abattement), est revenue l’habiter (voir Targoum Onqelos).
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