Joseph donna cet ordre à l'intendant de sa maison "Remplis de vivres les sacs de ces hommes autant qu'ils en peuvent contenir et dépose l'argent de chacun à l'entrée de son sac
Or ils venaient de quitter la ville ils en étaient à peu de distance lorsque Joseph dit à l'intendant de sa maison "Va cours après ces hommes et aussitôt atteints dis leur "Pourquoi avez vous rendu le mal pour le bien?
Ils lui répondirent "Pourquoi mon seigneur tient il de pareils discours? Dieu préserve tes serviteurs d'avoir commis une telle action!
Rachi (1)
Loin (‘halila) de tes serviteurs. C’est pour nous une chose dégradante [au sens de ‘houlin (« chose profane »], expression désignant une infamie. Traduction du Targoum : [Dieu] garde pour tes serviteurs ! que le Saint béni soit-Il préserve tes serviteurs de faire pareille chose ! On trouve souvent dans la guemara l’expression : ‘has wechalom (« préservation et paix »).
Quoi! L'argent que nous avons trouvé à l'entrée de nos sacs nous te l'avons rapporté du pays de Canaan et nous déroberions dans la maison de ton maître de l'argent ou de l'or!
Rachi (1)
Voici ! l’argent que nous avons trouvé. On trouve ici l’un des dix raisonnements a fortiori énumérés dans la Tora. Ils sont détaillés dans Beréchith raba (92, 7).
Il répliqua "Oui certes ce que vous dites est juste Seulement celui qui en sera trouvé possesseur sera mon esclave et vous serez quittes "
Rachi (1)
Maintenant aussi, qu’il en soit selon vos paroles. Ce que vous dites est tout aussi juste : vous êtes tous, en vérité, responsables de la chose. Dix personnes, dans les mains de l’une desquelles on découvre un objet volé, doivent toutes être emprisonnées (Beréchith raba 92, 8). Mais moi, je vais agir envers vous « en deçà de la ligne du droit strict » (c’est-à-dire avec indulgence) : « celui chez qui elle sera trouvée sera mon serviteur... »
Ils déchirèrent leurs vêtements chacun rechargea son âne et ils retournèrent à la ville
Rachi (2)
Chaque homme rechargea son âne. Etant donné leur vigueur physique, ils n’avaient pas besoin de s’entraider pour charger.
Ils retournèrent à la ville. C’était la capitale, et pourtant le texte parle ici d’une simple « ville », comme si c’était une localité quelconque ! C’est qu’elle n’avait pas, à leur yeux, s’il fallait y engager le combat, plus d’importance qu’une bourgade de dix habitants.
Joseph leur dit "Quelle action venez vous de commettre! Ne savez vous pas qu'un homme tel que moi devine les mystères?"
Rachi (1)
Ne savez-vous pas qu’il pratique la divination. Ne savez-vous pas qu’un homme de mon rang sait pratiquer la divination, et donc discerner par connaissance, réflexion et intelligence que c’est vous qui avez volé la coupe ?
Juda répondit "Que dirons nous à mon seigneur? Comment parler et comment nous justifier? Le Tout Puissant a su atteindre l'iniquité de tes serviteurs Nous sommes maintenant les esclaves de mon seigneur et nous et celui aux mains duquel s'est trouvée la coupe "
Rachi (2)
Eloqim a trouvé. Nous savons que nous n’avons fait aucun mal. Mais c’est du Saint béni soit-Il qu’est advenu ce qui nous arrive. Le créancier a trouvé l’occasion de se faire payer ce qui lui est dû (Beréchith raba 92, 9).
Et comment nous justifierons-nous (nitstadaq). Du radical tsèdèq (« le droit »). Lorsqu’un verbe dont la première lettre du radical est un tsadè est conjugué au hithpa’él, le taw est remplacé par un tèth. Et ce tèth ne se place pas devant la première lettre du radical, mais entre les deux premières lettres, comme ici dans nitstadaq, du radical tsèdèq, et aussi dans : yitstaba’ (« il sera mouillé »), du radical tseba’ (Daniel 4, 12), wayitstayarou (« ils se firent passer pour des messagers ») (Yehochou‘a 9, 4), du radical tsir (« messager » de fidélité, Michlei 13, 17), hitstayadnou (« nous en fîmes provision », Yehochou‘a 9, 12), du même radical que tsèda ladèrekh (« provisions pour le voyage », infra 45, 21). Quant aux verbes dont la première lettre du radical est un samèkh ou un chin, on les conjugue au hithpa’él avec un taw intercalé entre les deux premières lettres, comme dans weyistabél (« est devenu pesant »), du radical sabol (Qohèleth 12, 5). Mistakél (« je considérais »), du radical sakhol (Daniel 7, 8). Wayichtamér (« on garde »), du radical chamor (Mikha 6, 16). Michtolél (« passe pour un insensé », Yecha’ya 59, 15), du même radical que cholal (Iyov 12, 17) : « il mène les conseillers d’une manière folle ». Mistolél (« tu foules encore aux pieds », Chemoth 9, 17), du même radical que seloula (« foulé », Yecha’ya 18, 15).
II répliqua "Loin de moi d'agir ainsi! L'homme aux mains duquel la coupe s'est trouvée sera mon esclave pour vous retournez en paix auprès de votre père "
Alors Juda s'avança vers lui en disant "De grâce seigneur! que ton serviteur fasse entendre une parole aux oreilles de mon seigneur et que ta colère n'éclate pas contre ton serviteur! Car tu es l'égal de Pharaon
Rachi (3)
Une parole aux oreilles de mon seigneur. Puissent mes paroles pénétrer dans tes oreilles (Beréchith raba 93, 6).
Et que ta colère ne s’enflamme pas. D’où l’on peut déduire qu’il lui a parlé durement.
Car tu es comme Pharaon. Je te considère comme le roi. Tel est le sens simple. Explication du midrach : Tu finiras par être frappé par la lèpre pour avoir détenu Binyamin, tout comme Pharaon en a été frappé à cause de mon aïeule Sara, qu’il n’avait détenue que pendant une seule nuit (supra 12, 17). Autre explication : Pharaon décide et ne respecte pas ses propres décisions, il promet et ne tient pas parole. Il en est de même pour toi ! Est-ce cela le « regard » que tu voulais poser lorsque tu nous a dit : « que je pose “mon regard” sur lui » (verset 21) ? Autre explication : « Tu es comme Pharaon » – si tu me pousses à bout, je te tuerai ainsi que ton maître.
Mon seigneur avait interrogé ses serviteurs disant ‘Vous reste t il un père un frère?’
Rachi (1)
Mon seigneur a interrogé. Tu nous as abordés en employant d’emblée des ruses. Fallait-il que tu nous poses toutes ces questions ? Est-ce que nous t’avions demandé la main de ta fille ? Ou bien voulais-tu celle de notre sœur ? Malgré cela nous t’avons répondu sans rien te cacher (Beréchith raba 93, 8).
Nous répondîmes à mon seigneur ‘Nous avons un père âgé et un jeune frère enfant de sa vieillesse son frère est mort et lui resté seul des enfants de sa mère son père le chérit ’
Rachi (2)
Et son frère est mort. C’est par crainte qu’il a proféré ce mensonge. Il a pensé : Si je lui dis qu’il est vivant, il va nous demander de le lui amener (ibid.).
Resté seul de sa mère. De cette mère il n’a pas d’autre frère.
Et nous répondîmes à mon seigneur ‘Le jeune homme ne saurait quitter son père s'il quittait son père il en mourrait ’
Rachi (1)
S’il quittait son père, il mourrait. S’il quittait son père, nous avions peur qu’il mourût (le fils, pas le père) en route, car sa mère aussi est morte en route (ibid.).
Nous répondîmes ‘Nous ne saurions partir Si notre jeune frère nous accompagne nous irons car nous ne pouvons paraître devant ce personnage notre jeune frère n'étant point avec nous ’
Que vous m’arrachiez encore celui ci qu’il lui arrive malheur et vous aurez précipité cruellement ma vieillesse dans la tombe ’
Rachi (2)
Et qu’il lui arrive malheur. Car le Satan attaque à l’heure du danger (Beréchith raba 91, 9).
Vous ferez descendre mes cheveux blancs. Tant qu’il est auprès de moi, sa présence me console de la perte de sa mère et de son frère. S’il venait à mourir, il me semblerait les avoir perdus tous trois le même jour.
Certes ne voyant point paraître le jeune homme il mourra et tes serviteurs auront fait descendre les cheveux blancs de ton serviteur notre père douloureusement dans la tombe
Rachi (1)
Lorsqu’il verra que le jeune homme n’est pas là, il mourra. Son père, de chagrin.
Car ton serviteur a répondu de cet enfant à son père en disant ‘Si je ne te le ramène je serai coupable à jamais envers mon père ’
Rachi (1)
Car ton serviteur a répondu du jeune homme. Et si tu me demandes pourquoi je m’engage dans ce combat avec plus d’ardeur que mes autres frères, c’est qu’ils sont, eux, hors de cause. Tandis que moi, je suis lié par un lien puissant qui fait peser sur moi la menace d’être banni des deux mondes.
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