KOULAM Télécharger l’app

Beréchith (Genèse) — chapitre 24

Texte hébreu (avec taamim), traduction française et commentaire de Rachi traduit en français, verset par verset. Sommaire du Houmash.

Verset 1

וְאַבְרָהָ֣ם זָקֵ֔ן בָּ֖א בַּיָּמִ֑ים וַֽיהוָ֛ה בֵּרַ֥ךְ אֶת־אַבְרָהָ֖ם בַּכֹּֽל׃

Or Abraham était vieux avancé dans la vie et l'Éternel avait béni Abraham en toutes choses

Rachi (1)

Et Hachem avait béni Avraham en tout. La guematria (valeur numérique des lettres) de bakol (« en tout ») est la même que celle du mot ben (« fils »). Etant donné que Dieu l’avait béni en lui donnant un fils, il fallait à présent qu’il lui fasse prendre femme.

Verset 2

וַיֹּ֣אמֶר אַבְרָהָ֗ם אֶל־עַבְדּוֹ֙ זְקַ֣ן בֵּית֔וֹ הַמֹּשֵׁ֖ל בְּכָל־אֲשֶׁר־ל֑וֹ שִֽׂים־נָ֥א יָֽדְךָ֖ תַּ֥חַת יְרֵכִֽי׃

Abraham dit au serviteur le plus ancien de sa maison qui avait le gouvernement de tous ses biens "Mets je te prie ta main sous ma hanche,

Rachi (2)

Le plus ancien (zeqan) de sa maison. Le mot zaqen est ici à l’état construit. Aussi est-il ponctué zeqan, avec un pata‘h sous le qof.

Sous ma hanche. Parce que celui qui prête serment doit tenir en main un objet servant à une mitswa, comme un rouleau de la Tora ou des tefilin (Chevou‘oth 38b, Beréchith raba 59, 8). Etant donné que la circoncision a été la première mitswa qu’a observée Avraham et qu’elle s’est accompagnée de souffrance, elle lui était d’autant plus chère. C’est donc elle qu’il a utilisée.

Verset 3

וְאַשְׁבִּ֣יעֲךָ֔ בַּֽיהוָה֙ אֱלֹהֵ֣י הַשָּׁמַ֔יִם וֵֽאלֹהֵ֖י הָאָ֑רֶץ אֲשֶׁ֨ר לֹֽא־תִקַּ֤ח אִשָּׁה֙ לִבְנִ֔י מִבְּנוֹת֙ הַֽכְּנַעֲנִ֔י אֲשֶׁ֥ר אָֽנֹכִ֖י יוֹשֵׁ֥ב בְּקִרְבּֽוֹ׃

pour que je t'adjure par l'Éternel Dieu du ciel et de la terre de ne pas choisir une épouse à mon fils parmi les filles des Cananéens avec lesquels je demeure,

Verset 4

כִּ֧י אֶל־אַרְצִ֛י וְאֶל־מֽוֹלַדְתִּ֖י תֵּלֵ֑ךְ וְלָֽקַחְתָּ֥ אִשָּׁ֖ה לִבְנִ֥י לְיִצְחָֽק׃

mais bien d'aller dans mon pays et dans mon lieu natal chercher une épouse à mon fils à Isaac "

Verset 5

וַיֹּ֤אמֶר אֵלָיו֙ הָעֶ֔בֶד אוּלַי֙ לֹֽא־תֹאבֶ֣ה הָֽאִשָּׁ֔ה לָלֶ֥כֶת אַֽחֲרַ֖י אֶל־הָאָ֣רֶץ הַזֹּ֑את הֶֽהָשֵׁ֤ב אָשִׁיב֙ אֶת־בִּנְךָ֔ אֶל־הָאָ֖רֶץ אֲשֶׁר־יָצָ֥אתָ מִשָּֽׁם׃

Le serviteur lui dit "peut être cette femme ne voudra t elle pas me suivre dans ce pays ci devrai je ramener ton fils dans le pays que tu as quitté?"

Verset 6

וַיֹּ֥אמֶר אֵלָ֖יו אַבְרָהָ֑ם הִשָּׁ֣מֶר לְךָ֔ פֶּן־תָּשִׁ֥יב אֶת־בְּנִ֖י שָֽׁמָּה׃

Abraham lui répondit "Garde toi d’y ramener mon fils!

Verset 7

יְהוָ֣ה ׀ אֱלֹהֵ֣י הַשָּׁמַ֗יִם אֲשֶׁ֨ר לְקָחַ֜נִי מִבֵּ֣ית אָבִי֮ וּמֵאֶ֣רֶץ מֽוֹלַדְתִּי֒ וַֽאֲשֶׁ֨ר דִּבֶּר־לִ֜י וַֽאֲשֶׁ֤ר נִֽשְׁבַּֽע־לִי֙ לֵאמֹ֔ר לְזַ֨רְעֲךָ֔ אֶתֵּ֖ן אֶת־הָאָ֣רֶץ הַזֹּ֑את ה֗וּא יִשְׁלַ֤ח מַלְאָכוֹ֙ לְפָנֶ֔יךָ וְלָֽקַחְתָּ֥ אִשָּׁ֛ה לִבְנִ֖י מִשָּֽׁם׃

L’Éternel le Dieu des cieux qui m’a retiré de la maison de mon père et du pays de ma naissance qui m’a promis qui m’a juré en disant "Je donnerai cette terre ci à ta race" lui il te fera précéder par son envoyé et tu prendras là bas une femme pour mon fils

Rachi (5)

Hachem, le Eloqim des cieux, qui m’a pris de la maison de mon père. Il n’ajoute pas les mots : « et Eloqim de la terre », contrairement au verset 3 où il a dit : « et je te ferai jurer par Hachem, le Eloqim des cieux et Eloqim de la terre... ». Avraham a voulu ainsi signifier la chose suivante : « Maintenant, Il est le Eloqim du ciel et de la terre, car j’ai habitué les créatures à proclamer Son nom. En revanche, lorsqu’Il m’a fait quitter la maison de mon père, Il était bien le Dieu du ciel, mais pas celui de la terre. Car les hommes ne Le connaissaient pas et Son nom n’était pas couramment répandu sur la terre » (Beréchith raba 59).

De la maison de mon père. De ‘Haran.

Et du pays de mon engendrement. De Our-Kasdim.

Et qui m’a parlé. Le mot li (« à moi ») veut dire : « à mon sujet », tout comme le mot ‘alaï dans : « afin que Hachem accomplisse la parole qu’Il a dite “à mon sujet” (‘alaï) » (I Melakhim 2, 4). De même, toutes les fois que le verbe dabèr est suivi de li (« à moi »), lo (« à lui ») ou lahem (« à eux »), cela veut dire : « à mon sujet », « à son sujet » ou « à leur sujet », et c’est ainsi que traduit le Targoum. Pour dire : « parler à quelqu’un », on n’emploie pas li, lo, ou lahem, mais élaï, élaw ou aléhem. En revanche, le verbe amor (« dire ») est suivi de la préposition le lorsqu’il exprime l’idée de « dire à quelqu’un ».

Et qui m’a juré. Lors de l’alliance entre les morceaux (Beréchith raba 59, 10).

Verset 8

וְאִם־לֹ֨א תֹאבֶ֤ה הָֽאִשָּׁה֙ לָלֶ֣כֶת אַֽחֲרֶ֔יךָ וְנִקִּ֕יתָ מִשְּׁבֻֽעָתִ֖י זֹ֑את רַ֣ק אֶת־בְּנִ֔י לֹ֥א תָשֵׁ֖ב שָֽׁמָּה׃

Que si cette femme ne consent pas à te suivre tu seras dégagé du serment que je t'impose Mais en aucune façon n'y ramène mon fils "

Rachi (2)

Tu seras quitte de mon serment. Et tu lui prendras une femme parmi les filles de ‘Anér, Echkol et Mamré (Qiddouchin 51a).

Seulement n’y ramène pas mon fils. Le mot raq (« seulement ») comporte un sens restrictif. Mon fils ne retournera pas, mais Ya’aqov, mon petit-fils, finira par y retourner.

Verset 9

וַיָּ֤שֶׂם הָעֶ֨בֶד֙ אֶת־יָד֔וֹ תַּ֛חַת יֶ֥רֶךְ אַבְרָהָ֖ם אֲדֹנָ֑יו וַיִּשָּׁ֣בַֽע ל֔וֹ עַל־הַדָּבָ֖ר הַזֶּֽה׃

Le serviteur posa sa main sous la hanche d'Abraham son maître et lui prêta serment à ce sujet

Verset 10

וַיִּקַּ֣ח הָ֠עֶבֶד עֲשָׂרָ֨ה גְמַלִּ֜ים מִגְּמַלֵּ֤י אֲדֹנָיו֙ וַיֵּ֔לֶךְ וְכָל־ט֥וּב אֲדֹנָ֖יו בְּיָד֑וֹ וַיָּ֗קָם וַיֵּ֛לֶךְ אֶל־אֲרַ֥ם נַֽהֲרַ֖יִם אֶל־עִ֥יר נָחֽוֹר׃

Le serviteur prit dix chameaux parmi les chameaux de son maître et partit chargé de ce que son maître avait de meilleur II s'achemina vers Aram Double Fleuve du côté de la ville de Nahor

Rachi (3)

Parmi les chameaux de son maître. Ils se distinguaient des autres chameaux en ce qu’ils sortaient muselés pour qu’ils ne puissent voler et qu’ils n’aillent pas brouter dans les champs d’autrui (Beréchith raba 59, 10, Pirqé deRabi Eli‘èzèr 16).

Tous les biens de son maître étant en sa main. Avraham avait rédigé au profit de Yits‘haq un acte de donation de tout ce qui lui appartenait, afin de les décider à lui envoyer leur fille (Beréchith raba 59).

Aram-Naharayim (littéralement : « Aram des deux fleuves »). Elle était située entre deux fleuves, [l’Euphrate et le Tigre].

Verset 11

וַיַּבְרֵ֧ךְ הַגְּמַלִּ֛ים מִח֥וּץ לָעִ֖יר אֶל־בְּאֵ֣ר הַמָּ֑יִם לְעֵ֣ת עֶ֔רֶב לְעֵ֖ת צֵ֥את הַשֹּֽׁאֲבֹֽת׃

II fit reposer les chameaux hors de la ville près de la fontaine c'était vers le soir au temps où les femmes viennent puiser de l'eau

Rachi (1)

Il fit s’agenouiller les chameaux. Il les fit s’accroupir (Beréchith raba 59, 11).

Verset 12

וַיֹּאמַ֓ר ׀ יְהוָ֗ה אֱלֹהֵי֙ אֲדֹנִ֣י אַבְרָהָ֔ם הַקְרֵה־נָ֥א לְפָנַ֖י הַיּ֑וֹם וַֽעֲשֵׂה־חֶ֕סֶד עִ֖ם אֲדֹנִ֥י אַבְרָהָֽם׃

Et il dit "Seigneur Dieu de mon maître Abraham! daigne me procurer aujourd'hui une rencontre et sois favorable à mon maître Abraham

Verset 13

הִנֵּ֛ה אָֽנֹכִ֥י נִצָּ֖ב עַל־עֵ֣ין הַמָּ֑יִם וּבְנוֹת֙ אַנְשֵׁ֣י הָעִ֔יר יֹֽצְאֹ֖ת לִשְׁאֹ֥ב מָֽיִם׃

Voici je me trouve au bord de la fontaine et les filles des habitants de la ville sortent pour puiser de l'eau

Verset 14

וְהָיָ֣ה הַֽנַּעֲרָ֗ אֲשֶׁ֨ר אֹמַ֤ר אֵלֶ֨יהָ֙ הַטִּי־נָ֤א כַדֵּךְ֙ וְאֶשְׁתֶּ֔ה וְאָֽמְרָ֣ה שְׁתֵ֔ה וְגַם־גְּמַלֶּ֖יךָ אַשְׁקֶ֑ה אֹתָ֤הּ הֹכַ֨חְתָּ֙ לְעַבְדְּךָ֣ לְיִצְחָ֔ק וּבָ֣הּ אֵדַ֔ע כִּֽי־עָשִׂ֥יתָ חֶ֖סֶד עִם־אֲדֹנִֽי׃

Eh bien! la jeune fille à qui je dirai ‘Veuille pencher ta cruche que je boive’ et qui répondra ‘Bois puis je ferai boire aussi tes chameaux’ puisses tu l'avoir destinée à ton serviteur Isaac et puissé je reconnaître par elle que tu t'es montré favorable à mon maître!"

Rachi (3)

C’est elle que tu auras destinée. Elle sera digne de lui, car elle sera charitable, et elle méritera d’entrer dans la maison d’Avraham. Le sens du verbe est « prouver par un choix », en français médiéval : « aprover ».

Et je saurai par elle. C’est une prière : « fais-moi savoir par elle ».

Que tu as agi avec bonté. Si elle appartient à sa famille et si elle lui convient, « je saurai que tu as agi avec bonté ».

Verset 15

וַֽיְהִי־ה֗וּא טֶרֶם֮ כִּלָּ֣ה לְדַבֵּר֒ וְהִנֵּ֧ה רִבְקָ֣ה יֹצֵ֗את אֲשֶׁ֤ר יֻלְּדָה֙ לִבְתוּאֵ֣ל בֶּן־מִלְכָּ֔ה אֵ֥שֶׁת נָח֖וֹר אֲחִ֣י אַבְרָהָ֑ם וְכַדָּ֖הּ עַל־שִׁכְמָֽהּ׃

II n'avait pas encore fini de parler que voici venir Rébecca la fille de Bathuel fils de Milka épouse de Nahor frère d'Abraham sa cruche sur l'épaule

Verset 16

וְהַֽנַּעֲרָ֗ טֹבַ֤ת מַרְאֶה֙ מְאֹ֔ד בְּתוּלָ֕ה וְאִ֖ישׁ לֹ֣א יְדָעָ֑הּ וַתֵּ֣רֶד הָעַ֔יְנָה וַתְּמַלֵּ֥א כַדָּ֖הּ וַתָּֽעַל׃

Cette jeune fille était extrêmement belle vierge nul homme n'avait encore approché d'elle Elle descendit à la fontaine emplit sa cruche et remonta

Rachi (2)

Vierge. A l’endroit de l’hymen.

Et nul homme ne l’avait connue. Par des rapports anormaux. Car les filles des peuples païens préservaient l’endroit de leur virginité et se prostituaient par un autre endroit. Le texte témoigne ici de sa parfaite pureté (Beréchith raba 60, 5).

Verset 17

וַיָּ֥רָץ הָעֶ֖בֶד לִקְרָאתָ֑הּ וַיֹּ֕אמֶר הַגְמִיאִ֥ינִי נָ֛א מְעַט־מַ֖יִם מִכַּדֵּֽךְ׃

Le serviteur courut au devant d'elle et dit "Laisse moi boire s'il te plaît un peu d'eau à ta cruche "

Rachi (2)

Le serviteur courut à sa rencontre. Parce qu’il avait vu que l’eau montait vers elle (Beréchith raba).

Fais-moi boire. Ce mot désigne la gorgée que l’on avale. En français : « humer ».

Verset 18

וַתֹּ֖אמֶר שְׁתֵ֣ה אֲדֹנִ֑י וַתְּמַהֵ֗ר וַתֹּ֧רֶד כַּדָּ֛הּ עַל־יָדָ֖הּ וַתַּשְׁקֵֽהוּ׃

Elle répondit "Bois seigneur " Et vite elle fit glisser sa cruche jusqu'à sa main et elle lui donna à boire

Rachi (1)

Elle fit abaissa sa cruche. De son épaule.

Verset 19

וַתְּכַ֖ל לְהַשְׁקֹת֑וֹ וַתֹּ֗אמֶר גַּ֤ם לִגְמַלֶּ֨יךָ֙ אֶשְׁאָ֔ב עַ֥ד אִם־כִּלּ֖וּ לִשְׁתֹּֽת׃

Après lui avoir donné à boire elle dit "Pour tes chameaux aussi je veux puiser de l'eau jusqu'à ce qu'ils aient tous bu "

Rachi (2)

Jusqu’à ce qu’ils aient fini de boire. La conjonction im (« si ») a ici le sens de achèr (« que »).

Jusqu’à ce qu’ils aient fini de boire. Le Targoum traduit par : « lorsqu’ils eurent assez », c’est-à-dire lorsqu’ils eurent bu à suffisance, ce qui est une manière de « finir de boire ».

Verset 20

וַתְּמַהֵ֗ר וַתְּעַ֤ר כַּדָּהּ֙ אֶל־הַשֹּׁ֔קֶת וַתָּ֥רָץ ע֛וֹד אֶֽל־הַבְּאֵ֖ר לִשְׁאֹ֑ב וַתִּשְׁאַ֖ב לְכָל־גְּמַלָּֽיו׃

Et elle se hâta de vider sa cruche dans l'abreuvoir courut de nouveau à la fontaine pour puiser et puisa ainsi pour tous les chameaux

Rachi (2)

Elle vida. Dans le sens de « verser ». Ce mot est souvent employé dans le langage de la michna, comme dans : « celui qui vide d’un récipient dans un autre » (‘Avoda Zara 72a), ainsi que dans le texte biblique, comme dans : « ne vide pas mon âme » (Tehilim 141, 8), ou dans : « parce qu’il a vidé (dans le sens de : « abandonner ») son âme à la mort » (Yecha’ya 53, 12).

L’abreuvoir. Une pierre creuse dans laquelle boivent les chameaux.

Verset 21

וְהָאִ֥ישׁ מִשְׁתָּאֵ֖ה לָ֑הּ מַֽחֲרִ֕ישׁ לָדַ֗עַת הַֽהִצְלִ֧יחַ יְהוָ֛ה דַּרְכּ֖וֹ אִם־לֹֽא׃

Et cet homme émerveillé la considérait en silence désireux de savoir si l'Éternel avait béni son voyage ou non

Rachi (3)

Etonné (michtaé). Ce mot exprime la stupéfaction, comme dans : « dans les villes désolées... la terre sera stupéfaite (tichaè) de désolation » (Yecha’ya 6, 11).

Etonné (michtaé. Il était stupéfait et interdit de voir sa parole sur le point de se réaliser. Mais il ne savait pas si elle appartenait ou non à la famille d’Avraham. Le mot michtaé est la forme hithpa’él de la racine chao. Il n’y a donc pas lieu de s’étonner de la présence de la lettre taw. En effet, lorsque l’on conjugue au hithpa‘él un verbe dont la première lettre du radical est un chin, le taw caractéristique de ce mode vient s’insérer entre les deux premières lettres de ce radical. Exemples : michtolél, [de la racine chalol], hichtomém, [de la racine chamom], ou encore : « les lois de ‘Omri seront observées (wiyichtammér, de la racine chamor) » (Mikha 6, 16). Ici aussi, michtaé est de la même racine que tichaè. Et de même que l’on trouve le mot mechoumam (de la racine chamom) appliqué à un homme frappé d’étonnement, restant muet et plongé dans ses pensées, comme dans : « ceux qui viendront après lui seront frappés de stupeur (nachammou) » (Iyov 18, 20), ou dans : « cieux, soyez stupéfaits (chommou) » (Yirmeya 2, 12), ou dans : « il est resté pendant environ une heure plongé dans la stupeur (èchtomam) » (Daniel 4, 16), de même peut-on interpréter le mot michtaé comme s’appliquant à un homme frappé d’étonnement et plongé dans ses pensées. Et le Targoum Onqelos fait dériver ce mot de la racine chaho (« attendre ») : « il restait là sur place, attendant de voir si Hachem avait fait réussir son entreprise ». Il ne faut pas, en tous cas, le traduire par « boire » (chato), car ce serait un contresens, et la présence du alèf ne s’expliquerait pas.

Etonné à son sujet. Comme dans : « dis de moi : il est mon frère » (supra 20, 13). De même : « les hommes de l’endroit demandèrent au sujet de sa femme » (infra 26, 7), [où la préposition constituée par la lettre lamèd a le sens de « au sujet de »].

Verset 22

וַיְהִ֗י כַּֽאֲשֶׁ֨ר כִּלּ֤וּ הַגְּמַלִּים֙ לִשְׁתּ֔וֹת וַיִּקַּ֤ח הָאִישׁ֙ נֶ֣זֶם זָהָ֔ב בֶּ֖קַע מִשְׁקָל֑וֹ וּשְׁנֵ֤י צְמִידִים֙ עַל־יָדֶ֔יהָ עֲשָׂרָ֥ה זָהָ֖ב מִשְׁקָלָֽם׃

Lorsque les chameaux eurent fini de boire cet homme prit une boucle en or du poids d'un béka et deux bracelets pour ses bras du poids de dix sicles d'or

Rachi (3)

Bèqa’. Allusion aux chèqel d’Israël, qui seront versés à raison d’un bèqa’ par tête (Chemoth 28, 26).

Et deux bracelets (tsemidim). Allusion aux deux tables de la loi, qui étaient jumelées (metsoumadoth).

Du poids de dix pièces d’or. Allusion aux dix commandements qui y seront inscrits (Beréchith raba 60, 6).

Verset 23

וַיֹּ֨אמֶר֙ בַּת־מִ֣י אַ֔תְּ הַגִּ֥ידִי נָ֖א לִ֑י הֲיֵ֧שׁ בֵּית־אָבִ֛יךְ מָק֥וֹם לָ֖נוּ לָלִֽין׃

et il dit "De qui es tu fille? daigne me l'apprendre Y a t il dans la maison de ton père de la place pour nous loger?"

Rachi (2)

Il dit : De qui es-tu la fille ?. C’est après lui avoir offert ces cadeaux qu’il lui pose la question. Il était sûr que, par le mérite d’Avraham, le Saint béni soit-Il allait faire réussir son entreprise.

Pour passer la nuit (lalin). Pour passer une seule nuit. Le mot lin est un substantif, et elle répondra : laloun (verset 25) : « pour y passer plusieurs nuits ».

Verset 24

וַתֹּ֣אמֶר אֵלָ֔יו בַּת־בְּתוּאֵ֖ל אָנֹ֑כִי בֶּן־מִלְכָּ֕ה אֲשֶׁ֥ר יָֽלְדָ֖ה לְנָחֽוֹר׃

Elle lui répondit "Je suis la fille de Bathuel fils de Milka qui l'a enfanté à Nahor "

Rachi (1)

La fille de Bethouel. Elle commence par répondre à la première question, puis à la seconde.

Verset 25

וַתֹּ֣אמֶר אֵלָ֔יו גַּם־תֶּ֥בֶן גַּם־מִסְפּ֖וֹא רַ֣ב עִמָּ֑נוּ גַּם־מָק֖וֹם לָלֽוּן׃

Elle lui dit encore "II y a chez nous de la paille et du fourrage en abondance et de la place pour loger "

Rachi (1)

Et du fourrage. Tout ce qui sert à la nourriture des chameaux est appelée mispo, comme la paille et l’orge.

Verset 26

וַיִּקֹּ֣ד הָאִ֔ישׁ וַיִּשְׁתַּ֖חוּ לַֽיהוָֽה׃

L'homme s'inclina et se prosterna devant l'Éternel

Verset 27

וַיֹּ֗אמֶר בָּר֤וּךְ יְהוָה֙ אֱלֹהֵי֙ אֲדֹנִ֣י אַבְרָהָ֔ם אֲ֠שֶׁר לֹֽא־עָזַ֥ב חַסְדּ֛וֹ וַֽאֲמִתּ֖וֹ מֵעִ֣ם אֲדֹנִ֑י אָֽנֹכִ֗י בַּדֶּ֨רֶךְ֙ נָחַ֣נִי יְהוָ֔ה בֵּ֖ית אֲחֵ֥י אֲדֹנִֽי׃

et iI dit "Beni soit l’Éternel Dieu de mon maître Abraham qui n’a pas retiré sa faveur et sa fidélité à mon maître!"

Rachi (1)

En chemin. Le chemin qui est le bon, le chemin droit, le chemin dont j’avais besoin. Toutes les fois que l’on trouve en tête d’un nom les lettres beith, lamèd ou hé ponctuées d’un pata‘h, cela indique que l’on parle d’une chose déjà mentionnée ailleurs, ou dont l’identification ne fait pas de doute.

Verset 28

וַתָּ֨רָץ֙ הַֽנַּעֲרָ֔ וַתַּגֵּ֖ד לְבֵ֣ית אִמָּ֑הּ כַּדְּבָרִ֖ים הָאֵֽלֶּה׃

La jeune fille courut dans la chambre de sa mère et raconta ces choses

Rachi (1)

Dans la maison de sa mère. Les femmes avaient l’habitude de disposer d’une maison où elles se tenaient pour faire leur travail, et une fille ne se confie qu’à sa mère (Beréchith raba 60, 7).

Verset 29

וּלְרִבְקָ֥ה אָ֖ח וּשְׁמ֣וֹ לָבָ֑ן וַיָּ֨רָץ לָבָ֧ן אֶל־הָאִ֛ישׁ הַח֖וּצָה אֶל־הָעָֽיִן׃

Or Rébecca avait un frère nommé Laban Laban accourut auprès de l'homme qui se tenait dehors près de la fontaine

Rachi (1)

Lavan courut. Pourquoi a-t-il couru et en vue de quoi ? « Lorsqu’il vit l’anneau... », il s’est dit que c’était un homme riche et il a été attiré par son argent.

Verset 30

וַיְהִ֣י ׀ כִּרְאֹ֣ת אֶת־הַנֶּ֗זֶם וְֽאֶת־הַצְּמִדִים֮ עַל־יְדֵ֣י אֲחֹתוֹ֒ וּכְשָׁמְע֗וֹ אֶת־דִּבְרֵ֞י רִבְקָ֤ה אֲחֹתוֹ֙ לֵאמֹ֔ר כֹּֽה־דִבֶּ֥ר אֵלַ֖י הָאִ֑ישׁ וַיָּבֹא֙ אֶל־הָאִ֔ישׁ וְהִנֵּ֛ה עֹמֵ֥ד עַל־הַגְּמַלִּ֖ים עַל־הָעָֽיִן׃

Lorsqu'il vit la boucle et les bracelets aux bras de sa sœur lorsqu'il entendit sa sœur Rébecca dire "Ainsi m'a parlé cet homme" il était allé vers lui Celui ci attendait près des chameaux au bord de la fontaine

Rachi (1)

Près des chameaux. Pour les garder. Comme dans : « il se tenait auprès d’eux » (supra 18, 8), pour les servir, [la préposition ‘al soulignant un acte de service].

Verset 31

וַיֹּ֕אמֶר בּ֖וֹא בְּר֣וּךְ יְהוָ֑ה לָ֤מָּה תַֽעֲמֹד֙ בַּח֔וּץ וְאָֽנֹכִי֙ פִּנִּ֣יתִי הַבַּ֔יִת וּמָק֖וֹם לַגְּמַלִּֽים׃

Laban lui dit "Viens bien aimé du Seigneur! pourquoi restes tu dehors lorsque j'ai préparé la maison et qu'il y a place pour les chameaux?"

Rachi (1)

J’ai nettoyé la maison. De toute idole (Beréchith raba 60, 8).

Verset 32

וַיָּבֹ֤א הָאִישׁ֙ הַבַּ֔יְתָה וַיְפַתַּ֖ח הַגְּמַלִּ֑ים וַיִּתֵּ֨ן תֶּ֤בֶן וּמִסְפּוֹא֙ לַגְּמַלִּ֔ים וּמַ֨יִם֙ לִרְחֹ֣ץ רַגְלָ֔יו וְרַגְלֵ֥י הָֽאֲנָשִׁ֖ים אֲשֶׁ֥ר אִתּֽוֹ׃

L'homme entra dans la maison et déchargea les chameaux on apporta de la paille et du fourrage pour les chameaux et de l'eau pour laver ses pieds et les pieds des hommes qui l'accompagnaient

Rachi (1)

Il déchargea les chameaux. Il a détaché leurs muselières, qu’il avait fixées pour qu’ils n’aillent pas brouter dans les champs d’autrui.

Verset 33

ויישם (וַיּוּשַׂ֤ם) לְפָנָיו֙ לֶֽאֱכֹ֔ל וַיֹּ֨אמֶר֙ לֹ֣א אֹכַ֔ל עַ֥ד אִם־דִּבַּ֖רְתִּי דְּבָרָ֑י וַיֹּ֖אמֶר דַּבֵּֽר׃

On lui servit à manger mais il dit "Je ne mangerai point que je n'aie dit ce que j'ai à dire " On lui répondit "Parle "

Rachi (1)

Jusqu’à ce que j’aie dit. La conjonction im équivaut ici à achèr ou à ki, comme dans : « jusqu’à (‘ad ki) ce que vienne Chilo » (infra 49, 10). Et c’est ce qu’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : ki peut avoir quatre sens : l’un d’eux équivaut au mot araméen i qui correspond à l’hébreu im (Roch haChana 3a. Voir Rachi sous supra 18, 15).

Verset 34

וַיֹּאמַ֑ר עֶ֥בֶד אַבְרָהָ֖ם אָנֹֽכִי׃

Et il dit "Je suis le serviteur d'Abraham

Verset 35

וַֽיהוָ֞ה בֵּרַ֧ךְ אֶת־אֲדֹנִ֛י מְאֹ֖ד וַיִּגְדָּ֑ל וַיִּתֶּן־ל֞וֹ צֹ֤אן וּבָקָר֙ וְכֶ֣סֶף וְזָהָ֔ב וַֽעֲבָדִם֙ וּשְׁפָחֹ֔ת וּגְמַלִּ֖ים וַֽחֲמֹרִֽים׃

L'Éternel a béni grandement mon maître de sorte qu'il est devenu puissant il lui a accordé menu et gros bétail argent et or esclaves mâles et femelles chameaux et ânes

Verset 36

וַתֵּ֡לֶד שָׂרָה֩ אֵ֨שֶׁת אֲדֹנִ֥י בֵן֙ לַֽאדֹנִ֔י אַֽחֲרֵ֖י זִקְנָתָ֑הּ וַיִּתֶּן־ל֖וֹ אֶת־כָּל־אֲשֶׁר־לֽוֹ׃

Sara l'épouse de mon maître a enfanté vieille déjà un fils à mon maître celui ci lui a fait don de tous ses biens

Rachi (1)

Il lui a donné tout ce qu’il a. Il leur a montré l’acte de donation (Pirqé deRabi Eli‘èzèr 16).

Verset 37

וַיַּשְׁבִּעֵ֥נִי אֲדֹנִ֖י לֵאמֹ֑ר לֹֽא־תִקַּ֤ח אִשָּׁה֙ לִבְנִ֔י מִבְּנוֹת֙ הַֽכְּנַעֲנִ֔י אֲשֶׁ֥ר אָֽנֹכִ֖י יֹשֵׁ֥ב בְּאַרְצֽוֹ׃

Or mon maître m'a adjuré en disant ‘Tu ne prendras point une épouse à mon fils parmi les filles des Cananéens dans le pays desquels je réside

Rachi (1)

Tu ne prendras pas une femme à mon fils parmi les filles kena‘anies. A moins que tu ne sois allé au préalable dans la maison de mon père et que la jeune fille n’accepte pas de te suivre.

Verset 38

אִם־לֹ֧א אֶל־בֵּית־אָבִ֛י תֵּלֵ֖ךְ וְאֶל־מִשְׁפַּחְתִּ֑י וְלָֽקַחְתָּ֥ אִשָּׁ֖ה לִבְנִֽי׃

Non mais tu iras dans la maison de mon père dans ma famille et là tu choisiras une épouse à mon fils ’

Verset 39

וָֽאֹמַ֖ר אֶל־אֲדֹנִ֑י אֻלַ֛י לֹֽא־תֵלֵ֥ךְ הָֽאִשָּׁ֖ה אַֽחֲרָֽי׃

Et je dis à mon maître ‘Peut être cette femme ne me suivra t elle pas?’

Rachi (1)

Peut-être la femme ne viendra-t-elle pas après moi. Le mot oulaï (« peut-être ») est écrit ici sans waw, de sorte qu’on peut le lire : élaï (« vers moi »). Eli‘èzèr avait une fille, et il cherchait à préparer Avraham à se tourner vers lui pour la faire épouser par Yits‘haq. Avraham lui a dit : « Mon fils est béni et toi, tu es maudit. Or, le maudit ne peut s’unir au béni ! » (Beréchith raba 59).

Verset 40

וַיֹּ֖אמֶר אֵלָ֑י יְהוָ֞ה אֲשֶׁר־הִתְהַלַּ֣כְתִּי לְפָנָ֗יו יִשְׁלַ֨ח מַלְאָכ֤וֹ אִתָּךְ֙ וְהִצְלִ֣יחַ דַּרְכֶּ֔ךָ וְלָֽקַחְתָּ֤ אִשָּׁה֙ לִבְנִ֔י מִמִּשְׁפַּחְתִּ֖י וּמִבֵּ֥ית אָבִֽי׃

Il me répondit ‘L'Éternel dont j'ai toujours suivi les voies placera son envoyé à tes côtés et il fera prospérer ton voyage et tu prendras une femme pour mon fils dans ma famille au foyer de mon père

Verset 41

אָ֤ז תִּנָּקֶה֙ מֵאָ֣לָתִ֔י כִּ֥י תָב֖וֹא אֶל־מִשְׁפַּחְתִּ֑י וְאִם־לֹ֤א יִתְּנוּ֙ לָ֔ךְ וְהָיִ֥יתָ נָקִ֖י מֵאָֽלָתִֽי׃

Alors tu seras libéré de mon serment puisque tu seras allé dans ma famille pareillement s'ils te refusent tu seras libéré de ce serment ’

Verset 42

וָֽאָבֹ֥א הַיּ֖וֹם אֶל־הָעָ֑יִן וָֽאֹמַ֗ר יְהוָה֙ אֱלֹהֵי֙ אֲדֹנִ֣י אַבְרָהָ֔ם אִם־יֶשְׁךָ־נָּא֙ מַצְלִ֣יחַ דַּרְכִּ֔י אֲשֶׁ֥ר אָֽנֹכִ֖י הֹלֵ֥ךְ עָלֶֽיהָ׃

Or aujourd'hui je suis arrivé près de la fontaine et j'ai dit ‘Éternel Dieu de mon maître Abraham! veux tu de grâce faire réussir la voie où je marche?

Rachi (1)

Je suis venu aujourd’hui. Aujourd’hui je suis parti, et aujourd’hui je suis arrivé. De là nous apprenons que la route s’est « rétrécie » (Sanhèdrin 95a). Rabi A‘ha dit : la conversation des serviteurs des patriarches est plus chère à Dieu que la Tora de leurs enfants. En effet, le récit de Eli‘èzèr est répété deux fois, tandis que de nombreuses prescriptions essentielles de la Tora ne sont signalées que par allusion.

Verset 43

הִנֵּ֛ה אָֽנֹכִ֥י נִצָּ֖ב עַל־עֵ֣ין הַמָּ֑יִם וְהָיָ֤ה הָֽעַלְמָה֙ הַיֹּצֵ֣את לִשְׁאֹ֔ב וְאָֽמַרְתִּ֣י אֵלֶ֔יהָ הַשְׁקִֽינִי־נָ֥א מְעַט־מַ֖יִם מִכַּדֵּֽךְ׃

Eh bien! je suis arrêté au bord de cette fontaine s'il arrive qu'une jeune fille vienne pour puiser que je lui dise ‘Donne moi je te prie à boire un peu d'eau de ta cruche’

Verset 44

וְאָֽמְרָ֤ה אֵלַי֙ גַּם־אַתָּ֣ה שְׁתֵ֔ה וְגַ֥ם לִגְמַלֶּ֖יךָ אֶשְׁאָ֑ב הִ֣וא הָֽאִשָּׁ֔ה אֲשֶׁר־הֹכִ֥יחַ יְהוָ֖ה לְבֶן־אֲדֹנִֽי׃

et qu'elle me réponde ‘Non seulement bois toi même mais pour tes chameaux aussi je veux puiser’ que ce soit là la femme que l'Éternel agrée pour le fils de mon maître

Rachi (2)

Toi aussi. Y compris les hommes qui étaient avec lui.

Destine. Il a choisi et fait connaître Son choix. Cette forme verbale (hiph‘il de yokha‘h) signifie toujours « établir clairement par un choix ».

Verset 45

אֲנִי֩ טֶ֨רֶם אֲכַלֶּ֜ה לְדַבֵּ֣ר אֶל־לִבִּ֗י וְהִנֵּ֨ה רִבְקָ֤ה יֹצֵאת֙ וְכַדָּ֣הּ עַל־שִׁכְמָ֔הּ וַתֵּ֥רֶד הָעַ֖יְנָה וַתִּשְׁאָ֑ב וָֽאֹמַ֥ר אֵלֶ֖יהָ הַשְׁקִ֥ינִי נָֽא׃

Je n'avais pas encore achevé de parler en moi même voici que Rébecca s'est approchée sa cruche sur l'épaule elle est descendue à la fontaine et a puisé et je lui ai dit ‘Donne moi s'il te plait à boire ’

Rachi (1)

Je n’avais pas encore achevé. Le verbe est au futur, et veut dire : « avant que j’aie achevé », alors que l’action est au présent. Il arrive qu’une action au présent s’exprime par un temps passé, et le texte aurait pu dire : « je n’avais pas encore achevé », avec le verbe au passé. Il arrive aussi qu’elle s’exprime par un temps futur, comme dans : « Car Iyov se disait (le verbe amar étant au passé)... c’est ainsi qu’agissait Iyov » (alors que le verbe ya’assè est au futur) (Iyov 1, 5), les deux verbes, selon le contexte, exprimant une action au présent puisque Iyov se disait : « peut-être mes enfants ont-ils commis quelque péché », et c’est pourquoi il agissait ainsi [en offrant des sacrifices].

Verset 46

וַתְּמַהֵ֗ר וַתּ֤וֹרֶד כַּדָּהּ֙ מֵֽעָלֶ֔יהָ וַתֹּ֣אמֶר שְׁתֵ֔ה וְגַם־גְּמַלֶּ֖יךָ אַשְׁקֶ֑ה וָאֵ֕שְׁתְּ וְגַ֥ם הַגְּמַלִּ֖ים הִשְׁקָֽתָה׃

Aussitôt elle a oté sa cruche de dessus son épaule en disant ‘Bois et puis j’abreuverai tes chameaux ’

Verset 47

וָֽאֶשְׁאַ֣ל אֹתָ֗הּ וָֽאֹמַר֮ בַּת־מִ֣י אַתְּ֒ וַתֹּ֗אמֶר בַּת־בְּתוּאֵל֙ בֶּן־נָח֔וֹר אֲשֶׁ֥ר יָֽלְדָה־לּ֖וֹ מִלְכָּ֑ה וָֽאָשִׂ֤ם הַנֶּ֨זֶם֙ עַל־אַפָּ֔הּ וְהַצְּמִידִ֖ים עַל־יָדֶֽיהָ׃

Je l’ai interrogée disant ‘De qui es tu fille?’ Elle a répondu ‘De Bathuel fils de Nahor que Milka a enfanté à celui ci ’ Alors j'ai passé la boucle à ses narines et les bracelets à ses bras

Rachi (1)

Je l’ai interrogée... j’ai mis. Il inverse l’ordre des faits, puisqu’il avait d’abord donné et ensuite interrogé. C’est pour qu’ils ne le prennent pas au mot et ne lui disent : « Comment as-tu pu lui donner, alors que tu ne savais pas encore qui elle était ? »

Verset 48

וָֽאֶקֹּ֥ד וָֽאֶשְׁתַּחֲוֶ֖ה לַֽיהוָ֑ה וָֽאֲבָרֵ֗ךְ אֶת־יְהוָה֙ אֱלֹהֵי֙ אֲדֹנִ֣י אַבְרָהָ֔ם אֲשֶׁ֤ר הִנְחַ֨נִי֙ בְּדֶ֣רֶךְ אֱמֶ֔ת לָקַ֛חַת אֶת־בַּת־אֲחִ֥י אֲדֹנִ֖י לִבְנֽוֹ׃

Et je me suis incliné et prosterné devant l'Éternel et j'ai béni l'Éternel Dieu de mon maître Abraham qui m'a dirigé dans la vraie voie en me faisant choisir la parente de mon maître pour son fils

Verset 49

וְ֠עַתָּה אִם־יֶשְׁכֶ֨ם עֹשִׂ֜ים חֶ֧סֶד וֶֽאֱמֶ֛ת אֶת־אֲדֹנִ֖י הַגִּ֣ידוּ לִ֑י וְאִם־לֹ֕א הַגִּ֣ידוּ לִ֔י וְאֶפְנֶ֥ה עַל־יָמִ֖ין א֥וֹ עַל־שְׂמֹֽאל׃

Et maintenant si vous voulez agir avec affection et justice envers mon maître dites le moi sinon dites le moi afin que je me dirige à droite ou à gauche "

Rachi (2)

Vers la droite. Chez les filles de Yichma‘el.

Vers la gauche. Chez les filles de Lot, qui demeurait à la gauche d’Avraham (Beréchith raba 60, 9).

Verset 50

וַיַּ֨עַן לָבָ֤ן וּבְתוּאֵל֙ וַיֹּ֣אמְר֔וּ מֵֽיְהוָ֖ה יָצָ֣א הַדָּבָ֑ר לֹ֥א נוּכַ֛ל דַּבֵּ֥ר אֵלֶ֖יךָ רַ֥ע אוֹ־טֽוֹב׃

Pour réponse Laban et Bathuel dirent "La chose émane de Dieu même! nous ne pouvons te répondre ni en mal ni en bien

Rachi (2)

Répondit Lavan, et Bethouel. Lavan, qui était un impie, s’est dépêché de répondre avant son père.

Nous ne pouvons te parler. Nous ne pouvons te refuser cette chose, ni en t’opposant de mauvaises raison, ni en en faisant valoir de bonnes. Il est en effet, selon tes propres paroles, que « la chose émane de Eloqim », et que c’est Lui qui l’a mise sur ton chemin.

Verset 51

הִנֵּֽה־רִבְקָ֥ה לְפָנֶ֖יךָ קַ֣ח וָלֵ֑ךְ וּתְהִ֤י אִשָּׁה֙ לְבֶן־אֲדֹנֶ֔יךָ כַּֽאֲשֶׁ֖ר דִּבֶּ֥ר יְהוָֽה׃

Voici Rébecca à ta disposition prends la et pars et qu'elle soit l'épouse du fils de ton maître comme l'a décidé l'Éternel "

Verset 52

וַיְהִ֕י כַּֽאֲשֶׁ֥ר שָׁמַ֛ע עֶ֥בֶד אַבְרָהָ֖ם אֶת־דִּבְרֵיהֶ֑ם וַיִּשְׁתַּ֥חוּ אַ֖רְצָה לַֽיהוָֽה׃

Le serviteur d'Abraham ayant entendu leurs paroles se prosterna à terre en l'honneur de l'Éternel

Rachi (1)

Il se prosterna à terre. D’où l’on apprend qu’il faut remercier Dieu pour une bonne nouvelle.

Verset 53

וַיּוֹצֵ֨א הָעֶ֜בֶד כְּלֵי־כֶ֨סֶף וּכְלֵ֤י זָהָב֙ וּבְגָדִ֔ים וַיִּתֵּ֖ן לְרִבְקָ֑ה וּמִ֨גְדָּנֹ֔ת נָתַ֥ן לְאָחִ֖יהָ וּלְאִמָּֽהּ׃

puis il étala des bijoux d'argent des bijoux d'or et des parures les donna à Rébecca et donna des objets de prix à son frère et à sa mère

Rachi (1)

Des objets précieux (miguedanoth). Ce mot désigne, comme megadim dans Chir hachirim (7, 14), des fruits délicats qu’il avait emportés d’Erets Israël (Beréchith raba 60, 11).

Verset 54

וַיֹּֽאכְל֣וּ וַיִּשְׁתּ֗וּ ה֛וּא וְהָֽאֲנָשִׁ֥ים אֲשֶׁר־עִמּ֖וֹ וַיָּלִ֑ינוּ וַיָּק֣וּמוּ בַבֹּ֔קֶר וַיֹּ֖אמֶר שַׁלְּחֻ֥נִי לַֽאדֹנִֽי׃

Ils mangèrent et burent lui et les gens qui l'accompagnaient et passèrent la nuit en ce lieu quand ils furent levés le lendemain il dit "Laissez moi retourner chez mon maître "

Rachi (1)

Ils passèrent la nuit. Toute lina (« nuitée ») indiquée dans le texte désigne une seule nuit.

Verset 55

וַיֹּ֤אמֶר אָחִ֨יהָ֙ וְאִמָּ֔הּ תֵּשֵׁ֨ב הַנַּֽעֲרָ֥ אִתָּ֛נוּ יָמִ֖ים א֣וֹ עָשׂ֑וֹר אַחַ֖ר תֵּלֵֽךְ׃

Le frère et la mère de Rébecca répondirent "Que la jeune fille reste avec nous quelque temps au moins une dizaine de jours ensuite elle partira "

Rachi (3)

Son frère dit, et sa mère. Et Bethouel, où était-il ? Il voulait empêcher le départ de sa fille. Aussi un ange est-il venu le faire mourir (Beréchith raba 60, 12).

Quelques jours (yamim). Une année, comme dans : « pendant une année pleine (yamim) cette faculté subsistera » (Wayiqra 25, 29), parce qu’on donnait aux jeunes filles un délai de douze mois pour préparer leur trousseau (Ketouvoth 57b).

Ou une dizaine. Dix mois. Et si tu soutiens qu’il s’agit vraiment de « jours », je te répondrai qu’il n’est pas d’usage, quand on demande quelque chose, de commencer par modérer ses exigences pour les augmenter ensuite en cas de refus.

Verset 56

וַיֹּ֤אמֶר אֲלֵהֶם֙ אַל־תְּאַֽחֲר֣וּ אֹתִ֔י וַֽיהוָ֖ה הִצְלִ֣יחַ דַּרְכִּ֑י שַׁלְּח֕וּנִי וְאֵֽלְכָ֖ה לַֽאדֹנִֽי׃

II leur répliqua "Ne me retenez point puisque Dieu a fait réussir mon voyage laissez moi partir que je retourne chez mon maître "

Verset 57

וַיֹּֽאמְר֖וּ נִקְרָ֣א לַֽנַּעֲרָ֑ וְנִשְׁאֲלָ֖ה אֶת־פִּֽיהָ׃

Ils dirent "Appelons la jeune fille et demandons son avis "

Rachi (1)

Et interrogeons sa bouche. D’où nous apprenons que l’on ne marie une femme qu’avec son consentement.

Verset 58

וַיִּקְרְא֤וּ לְרִבְקָה֙ וַיֹּֽאמְר֣וּ אֵלֶ֔יהָ הֲתֵֽלְכִ֖י עִם־הָאִ֣ישׁ הַזֶּ֑ה וַתֹּ֖אמֶר אֵלֵֽךְ׃

ils appelèrent Rébecca et lui dirent "Pars tu avec cet homme?" Elle répondit "Je pars"

Rachi (1)

Elle dit : J’irai. De mon propre chef, et même si vous ne le voulez pas.

Verset 59

וַֽיְשַׁלְּח֛וּ אֶת־רִבְקָ֥ה אֲחֹתָ֖ם וְאֶת־מֵֽנִקְתָּ֑הּ וְאֶת־עֶ֥בֶד אַבְרָהָ֖ם וְאֶת־אֲנָשָֽׁיו׃

ils laissèrent partir Rébecca leur sœur et sa nourrice le serviteur d'Abraham et ses gens

Verset 60

וַיְבָֽרְכ֤וּ אֶת־רִבְקָה֙ וַיֹּ֣אמְרוּ לָ֔הּ אֲחֹתֵ֕נוּ אַ֥תְּ הֲיִ֖י לְאַלְפֵ֣י רְבָבָ֑ה וְיִירַ֣שׁ זַרְעֵ֔ךְ אֵ֖ת שַׁ֥עַר שֹֽׂנְאָֽיו׃

Et ils bénirent Rébecca en lui disant "Notre sœur! puisses tu devenir des milliers de myriades! et puisse ta postérité conquérir la porte de ses ennemis!"

Rachi (1)

Puisses-tu devenir des milliers de myriades. Puisses-tu, avec ta descendance, recevoir la même bénédiction que celle donnée à Avraham au Mont Moria : « je multiplierai à profusion ta descendance » (supra 22, 17). Dieu veuille que cette descendance soit de toi et pas d’une autre femme.

Verset 61

וַתָּ֨קָם רִבְקָ֜ה וְנַֽעֲרֹתֶ֗יהָ וַתִּרְכַּ֨בְנָה֙ עַל־הַגְּמַלִּ֔ים וַתֵּלַ֖כְנָה אַֽחֲרֵ֣י הָאִ֑ישׁ וַיִּקַּ֥ח הָעֶ֛בֶד אֶת־רִבְקָ֖ה וַיֵּלַֽךְ׃

Rébecca et ses suivantes se levèrent se placèrent sur les chameaux et suivirent cet homme le serviteur emmena Rébecca et partit

Verset 62

וְיִצְחָק֙ בָּ֣א מִבּ֔וֹא בְּאֵ֥ר לַחַ֖י רֹאִ֑י וְה֥וּא יוֹשֵׁ֖ב בְּאֶ֥רֶץ הַנֶּֽגֶב׃

Or Isaac revenait de visiter la source du Vivant qui me voit il habitait la contrée du Midi

Rachi (2)

Venait d’arriver au puits du « vivant de ma vision ». Il était allé ramener Hagar chez Avraham, son père, pour qu’il l’épouse (Beréchith raba 60, 14).

Et il habitait dans le pays du sud. Près de ce puits, ainsi qu’il est écrit : « Avraham partit de là pour la contrée du sud. Il s’installa entre Qadéch et entre Chour » (supra 20, 1). Et c’est là que se trouvait le puits, ainsi qu’il est écrit : « il se trouve entre Qadéch et entre Bèrèd » (supra 16, 14).

Verset 63

וַיֵּצֵ֥א יִצְחָ֛ק לָשׂ֥וּחַ בַּשָּׂדֶ֖ה לִפְנ֣וֹת עָ֑רֶב וַיִּשָּׂ֤א עֵינָיו֙ וַיַּ֔רְא וְהִנֵּ֥ה גְמַלִּ֖ים בָּאִֽים׃

Isaac était sorti dans les champs pour se livrer à la méditation à l'approche du soir En levant les yeux il vit que des chameaux s'avançaient

Rachi (1)

Pour prier (lassoua‘h). Ce mot a le sens de « prier » (Berakhoth 26b, Beréchith raba 60, 14), comme dans : « il épanche sa prière (si‘ho) » (Tehilim 102, 1).

Verset 64

וַתִּשָּׂ֤א רִבְקָה֙ אֶת־עֵינֶ֔יהָ וַתֵּ֖רֶא אֶת־יִצְחָ֑ק וַתִּפֹּ֖ל מֵעַ֥ל הַגָּמָֽל׃

Rébecca levant les yeux aperçut Isaac et se jeta à bas du chameau

Rachi (2)

Elle vit Yits‘haq. Elle l’a trouvé si beau qu’elle en est restée saisie.

Elle se jeta. Elle s’est laissée glisser à terre (Beréchith raba 60, 15), comme le traduit le Targoum. Elle s’est penchée vers le sol, mais elle n’est pas arrivée jusqu’à terre. De même : « veuille pencher ta cruche » (verset 14), ou : « Il incline les cieux » (Tehilim 18, 10), pareillement traduits dans le Targoum. On retrouve la même idée dans : « s’il tombe, il ne reste pas terrassé » (Tehilim 37, 24), c’est-à-dire que l’homme intègre trébuche vers la terre, mais sans y tomber.

Verset 65

וַתֹּ֣אמֶר אֶל־הָעֶ֗בֶד מִֽי־הָאִ֤ישׁ הַלָּזֶה֙ הַֽהֹלֵ֤ךְ בַּשָּׂדֶה֙ לִקְרָאתֵ֔נוּ וַיֹּ֥אמֶר הָעֶ֖בֶד ה֣וּא אֲדֹנִ֑י וַתִּקַּ֥ח הַצָּעִ֖יף וַתִּתְכָּֽס׃

et elle dit au serviteur "Quel est cet homme qui marche dans la campagne à notre rencontre?" Le serviteur répondit "C'est mon maître " Elle prit son voile et s'en couvrit

Rachi (1)

Elle se couvrit. Le verbe est au hithpa’él, avec un sens passif, comme dans : « elle fut enterrée (watiqavér) » (infra 35, 8), « elle se brisa (watichavér) » (I Chemouel 4, 18).

Verset 66

וַיְסַפֵּ֥ר הָעֶ֖בֶד לְיִצְחָ֑ק אֵ֥ת כָּל־הַדְּבָרִ֖ים אֲשֶׁ֥ר עָשָֽׂה׃

Le serviteur rendit compte à Isaac de tout ce qu'il avait fait

Rachi (1)

Le serviteur raconta. Il lui a rapporté les miracles dont il avait bénéficié, à savoir le « rétrécissement » de la route (Beréchith raba 60, 15) et l’apparition de Rivqa suite à sa prière.

Verset 67

וַיְבִאֶ֣הָ יִצְחָ֗ק הָאֹ֨הֱלָה֙ שָׂרָ֣ה אִמּ֔וֹ וַיִּקַּ֧ח אֶת־רִבְקָ֛ה וַתְּהִי־ל֥וֹ לְאִשָּׁ֖ה וַיֶּֽאֱהָבֶ֑הָ וַיִּנָּחֵ֥ם יִצְחָ֖ק אַֽחֲרֵ֥י אִמּֽוֹ׃

lsaac la conduisit dans la tente de Sara sa mère il prit Rébecca pour femme et il l'aima et il se consola d’avoir perdu sa mère

Rachi (2)

Dans la tente de Sara sa mère. Il l’a conduite dans la tente, et elle a pris la ressemblance de Sara, sa mère, c’est-à-dire qu’elle est devenue aussitôt comme Sara, sa mère. Aussi longtemps que Sara était en vie, une lumière était allumée de chaque veille de chabath à la suivante, la pâte qu’elle pétrissait était bénie, et une nuée était fixée au-dessus de la tente. Tout cela a cessé à sa mort, pour reprendre à l’arrivée de Rivqa (Beréchith raba 60, 16).

De sa mère. Il est naturel que tant qu’un homme a sa mère, elle soit tout pour lui, et qu’à sa mort sa femme soit sa consolation (Pirqé deRabi Eli‘èzèr 32).

← Chapitre précédent Chapitre suivant →
Lisez le Houmash avec Rachi dans Koulam La paracha de la semaine, verset par verset, avec le commentaire de Rachi en français — gratuit, iOS & Android. Télécharger Koulam