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Bamidbar (Nombres) — chapitre 21

Texte hébreu (avec taamim), traduction française et commentaire de Rachi traduit en français, verset par verset. Sommaire du Houmash.

Verset 1

וַיִּשְׁמַ֞ע הַכְּנַֽעֲנִ֤י מֶֽלֶךְ־עֲרָד֙ יֹשֵׁ֣ב הַנֶּ֔גֶב כִּ֚י בָּ֣א יִשְׂרָאֵ֔ל דֶּ֖רֶךְ הָֽאֲתָרִ֑ים וַיִּלָּ֨חֶם֙ בְּיִשְׂרָאֵ֔ל וַיִּ֥שְׁבְּ ׀ מִמֶּ֖נּוּ שֶֽׁבִי׃

Le Cananéen roi d'Arad qui habitait au midi ayant appris qu'Israël s'acheminait par ces régions attaqua les Israélites et en fit quelques uns prisonniers

Rachi (4)

Entendit le Kena‘ani. Il entendit que Aharon était mort et que les nuées de gloire avaient disparu…, comme indiqué dans le traité Roch hachana (3a). Et ‘Amaleq a toujours été la cravache servant à punir Israël, prête à sévir à tout moment (Midrach Tan‘houma).

Habitant au sud. Il s’agit de ‘Amaleq, comme il est écrit : « ‘Amaleq demeure dans le pays du sud » (supra 13, 29) (Midrach Tan‘houma). Le texte change son appellation et le désigne sous le nom de Kena‘an, afin que les enfants d’Israël demandent dans leurs prières au Saint béni soit-Il de « donner les Kena‘ani dans leurs mains », bien que ce n’en soit pas. Israël a constaté que leurs vêtements étaient ceux de ‘Amaleq et leur langue celle de Kena‘an. Ils se sont dit : « Nous allons prier sans précision de nom », comme il est écrit : « Si donner, tu donnes “ce peuple-ci” dans ma main… » (verset 2).

Le chemin de Atharim. Le chemin du sud, celui emprunté par les explorateurs, comme il est écrit : « Ils montèrent dans le sud » (supra 13, 22). Autre explication : Le chemin de Atharin, c’est le chemin du grand « guide » (tayyar) qui marchait devant eux, comme il est écrit : « un voyage de trois jours pour explorer (lathour) pour eux une tranquillité » (supra 10, 33) (Midrach Tan‘houma).

Il en emprisonna une captivité. Une servante en tout et pour tout (Yalqout chim‘oni).

Verset 2

וַיִּדַּ֨ר יִשְׂרָאֵ֥ל נֶ֛דֶר לַֽיהוָ֖ה וַיֹּאמַ֑ר אִם־נָתֹ֨ן תִּתֵּ֜ן אֶת־הָעָ֤ם הַזֶּה֙ בְּיָדִ֔י וְהַֽחֲרַמְתִּ֖י אֶת־עָֽרֵיהֶֽם׃

Mais Israël fit un vœu à l'Éternel en disant "Si tu livres ce peuple en mon pouvoir je vouerais ses villes à l'anathème "

Rachi (1)

Je vouerai à la destruction. Je consacrerai leur butin au sanctuaire.

Verset 3

וַיִּשְׁמַ֨ע יְהוָ֜ה בְּק֣וֹל יִשְׂרָאֵ֗ל וַיִּתֵּן֙ אֶת־הַֽכְּנַעֲנִ֔י וַיַּֽחֲרֵ֥ם אֶתְהֶ֖ם וְאֶת־עָֽרֵיהֶ֑ם וַיִּקְרָ֥א שֵׁם־הַמָּק֖וֹם חָרְמָֽה׃

L'Éternel écouta la voix d'Israël et lui livra les Cananéens et on les frappa d'anathème eux et leurs villes et l'on donna à ce lieu le nom de Horma

Rachi (2)

Il les voua à la destruction. En les tuant.

Et leurs villes. En les vouant au sanctuaire.

Verset 4

וַיִּסְע֞וּ מֵהֹ֤ר הָהָר֙ דֶּ֣רֶךְ יַם־ס֔וּף לִסְבֹ֖ב אֶת־אֶ֣רֶץ אֱד֑וֹם וַתִּקְצַ֥ר נֶֽפֶשׁ־הָעָ֖ם בַּדָּֽרֶךְ׃

Ils partirent de Hor la Montagne dans la direction de la mer des Joncs pour tourner le pays d'Edom Le peuple perdit courage pendant cette marche,

Rachi (3)

Le chemin de la mer des Joncs. À cause de la mort de Aharon et de la guerre qu’ils ont eu à mener, ils ont rebroussé chemin en direction de la mer des Joncs, trajet qu’ils avaient suivi lors du prononcé de la punition liée aux explorateurs, comme il est écrit : « … et partez vers le désert, par le chemin de la mer des Joncs » (Devarim 1, 40). Ils ont alors rebroussé chemin de sept étapes, comme il est écrit : « Et les fils d’Israël sont partis de Beéroth-Benei-Ya‘aqan pour Mosséra, là est mort Aharon… » (Devarim 10, 6). Mais est-ce à Mosséra qu’il est mort ? N’est-ce pas plutôt à Hor-la-montagne ? En fait, ils y ont repris le deuil et ils y ont récité des oraisons funèbres comme s’il avait été là, devant eux. Et si tu étudies l’itinéraire (infra 33, 31 et suivants), tu trouveras sept étapes entre Mosséra et Hor-la-montagne (Midrach Tan‘houma).

Pour contourner le pays d’Édom. Puisqu’on ne les avait pas autorisés à traverser son pays.

L’âme du peuple se découragea (littéralement : « l’âme se rétrécit ») dans le chemin. À cause de la fatigue du voyage, laquelle leur pesait. Ils se sont dit : « À présent que nous étions sur le point d’entrer dans le pays, voilà que nous rebroussons chemin ! La même chose est arrivée à nos ancêtres, qui ont dû rester trente-huit ans jusqu’à ce jour. » Voilà pourquoi leur âme s’est découragée à cause des peines du voyage, en français médiéval : « encrot lor » (« cela les dégoûtait »). Et il n’est pas correct de dire que « l’âme du peuple se découragea “parce qu’ils étaient” dans le chemin » sans indiquer la raison de leur découragement. Car toutes les fois que le texte parle de « rétrécissement de l’âme », il donne la raison de son rétrécissement. Exemples : « … et mon âme fut rétrécie “à cause d’eux” » (Zekhariya 11, 8), « … et son âme fut rétrécie “de la misère d’Israël” » (Choftim 10, 16). On peut employer l’expression « rétrécissement de l’âme » à propos de toute chose pénible qui survient à l’homme. Lorsqu’un homme est tourmenté, son esprit ne dispose pas d’un horizon assez large pour lui permettre d’assumer ce qui lui arrive, ni son cœur de la place nécessaire pour y abriter sa douleur. Quant à cette chose pénible même, on peut lui appliquer un terme exprimant l’idée d’intensité, parce qu’elle est trop grande, trop lourde pour l’homme. Exemple : « … et leur âme aussi se dégoûta de moi » (Zekhariya ibid.), c’est-à-dire qu’elle s’est élevée contre moi. Autre exemple : « Et elle augmente : tu me fais la chasse comme un lion… » (Iyov 10, 16). Le principe de cette explication est que tout « rétrécissement de l’âme » à cause d’une chose signifie qu’on ne peut pas la supporter, que la raison ne peut la souffrir.

Verset 5

וַיְדַבֵּ֣ר הָעָ֗ם בֵּֽאלֹהִים֮ וּבְמֹשֶׁה֒ לָמָ֤ה הֶֽעֱלִיתֻ֨נוּ֙ מִמִּצְרַ֔יִם לָמ֖וּת בַּמִּדְבָּ֑ר כִּ֣י אֵ֥ין לֶ֨חֶם֙ וְאֵ֣ין מַ֔יִם וְנַפְשֵׁ֣נוּ קָ֔צָה בַּלֶּ֖חֶם הַקְּלֹקֵֽל׃

et il se plaignit de Dieu et de Moïse "Pourquoi nous avez vous tirés de l'Egypte pour nous faire mourir dans ce désert? Car il n'y a point de pain point d'eau et nous sommes excédés de ce misérable aliment "

Rachi (4)

Contre Eloqim et contre Mochè. Ils ont mis sur le même plan serviteur et maître (Midrach Tan‘houma).

Pourquoi nous avez-vous fait monter. Tous deux sur le même plan.

Et notre âme est dégoûtée. Cela est aussi une expression de « rétrécissement de l’âme » et de dégoût.

Du pain misérable (haqeloqel). C’est parce que la manne était entièrement assimilée dans les organes qu’ils l’ont appelée qeloqél (« léger »). Ils se sont dit : « Cette manne va se gonfler dans nos intestins. À-t-on jamais vu une créature née d’une femme avaler sans évacuer d’excréments ? » (Yoma 75b, ‘Avoda zara 75b).

Verset 6

וַיְשַׁלַּ֨ח יְהוָ֜ה בָּעָ֗ם אֵ֚ת הַנְּחָשִׁ֣ים הַשְּׂרָפִ֔ים וַֽיְנַשְּׁכ֖וּ אֶת־הָעָ֑ם וַיָּ֥מָת עַם־רָ֖ב מִיִּשְׂרָאֵֽל׃

Alors l'Éternel suscita contre le peuple les serpents brûlants qui mordirent le peuple et il périt une multitude d'Israélites

Rachi (2)

Les serpents brûlants. Ils brûlaient l’homme par le venin de leurs dents.

Ils mordirent le peuple. Que revienne le serpent qui a été puni pour avoir calomnié, et qu’il punisse ceux qui ont calomnié ! Que revienne le serpent pour qui tous les aliments ne possèdent qu’un seul goût, celui de la terre, et qu’il punisse les ingrats chez qui une seule nourriture prend des goûts multiples ! (Midrach Tan‘houma).

Verset 7

וַיָּבֹא֩ הָעָ֨ם אֶל־מֹשֶׁ֜ה וַיֹּֽאמְר֣וּ חָטָ֗אנוּ כִּֽי־דִבַּ֤רְנוּ בַֽיהוָה֙ וָבָ֔ךְ הִתְפַּלֵּל֙ אֶל־יְהוָ֔ה וְיָסֵ֥ר מֵֽעָלֵ֖ינוּ אֶת־הַנָּחָ֑שׁ וַיִּתְפַּלֵּ֥ל מֹשֶׁ֖ה בְּעַ֥ד הָעָֽם׃

Et le peuple s'adressa à Moïse et ils dirent "Nous avons péché en parlant contre l'Éternel et contre toi intercède auprès de l'Éternel pour qu'il détourne de nous ces serpents!" Et Moïse intercéda pour le peuple

Rachi (1)

Mochè pria. D’où l’on apprend que celui à qui l’on demande pardon ne doit pas avoir la cruauté de le refuser (Midrach Tan‘houma).

Verset 8

וַיֹּ֨אמֶר יְהוָ֜ה אֶל־מֹשֶׁ֗ה עֲשֵׂ֤ה לְךָ֙ שָׂרָ֔ף וְשִׂ֥ים אֹת֖וֹ עַל־נֵ֑ס וְהָיָה֙ כָּל־הַנָּשׁ֔וּךְ וְרָאָ֥ה אֹת֖וֹ וָחָֽי׃

L'Éternel dit à Moïse "Fais toi même un serpent et place le au haut d'une perche quiconque aura été mordu qu'il le regarde et il vivra!"

Rachi (2)

Sur une perche. Sur une bannière appelée en français: « portique ». De même : « … et comme une bannière (oukheness) sur la colline » (Yecha’yah 30, 17), « … j’élèverai ma bannière (nissi) » (Yecha’yah 49, 22), « élevez une bannière… » (Yecha’yah 13, 2). Parce qu’elle est haute, bien apparente et visible, on l’appelle « bannière ».

Quiconque sera mordu. Lorsqu’on est mordu par un chien ou par un âne, on en souffre jusqu’à en dépérir. La morsure du serpent était cependant plus rapidement mortelle. Voilà pourquoi le texte commence par dire, [à propos de quiconque ayant été mordu] : « il la regardera » – d’un regard indéterminé, tandis qu’il précise, s’agissant d’une morsure du serpent, qu’il le « fixait du regard ». Celui qui avait été mordu par un serpent ne guérissait rapidement que s’il le fixait intensément du regard (Midrach Tan‘houma). Et nos maîtres ont enseigné : Un serpent peut-il donc faire vivre ou faire mourir ? Cela veut dire que lorsque les enfants d’Israël regardaient vers le haut et soumettaient leur cœur à leur père dans le ciel ils étaient guéris, et sinon ils dépérissaient (Roch hachana 29a).

Verset 9

וַיַּ֤עַשׂ מֹשֶׁה֙ נְחַ֣שׁ נְחֹ֔שֶׁת וַיְשִׂמֵ֖הוּ עַל־הַנֵּ֑ס וְהָיָ֗ה אִם־נָשַׁ֤ךְ הַנָּחָשׁ֙ אֶת־אִ֔ישׁ וְהִבִּ֛יט אֶל־נְחַ֥שׁ הַנְּחֹ֖שֶׁת וָחָֽי׃

Et Moïse fit un serpent d'airain le fixa sur une perche et alors si quelqu'un était mordu par un serpent il levait les yeux vers le serpent d'airain et était sauvé

Rachi (1)

Un serpent de cuivre (ne‘hach ne‘hocheth). Il ne lui avait pas été ordonné de le faire en cuivre, mais Mochè s’est dit : « Le Saint béni soit-Il l’appelle na‘hach. Je vais donc, par assonance, le faire en cuivre (ne‘hocheth). »

Verset 10

וַיִּסְע֖וּ בְּנֵ֣י יִשְׂרָאֵ֑ל וַֽיַּחֲנ֖וּ בְּאֹבֹֽת׃

Les enfants d'Israël levèrent le camp puis campèrent à Oboth

Verset 11

וַיִּסְע֖וּ מֵֽאֹבֹ֑ת וַֽיַּחֲנ֞וּ בְּעִיֵּ֣י הָֽעֲבָרִ֗ים בַּמִּדְבָּר֙ אֲשֶׁר֙ עַל־פְּנֵ֣י מוֹאָ֔ב מִמִּזְרַ֖ח הַשָּֽׁמֶשׁ׃

Partis d'Oboth ils campèrent à lyyê Haabarîm dans le désert situé devant Moab vers le soleil levant

Rachi (3)

À ‘Iyyé-Ha‘avarim. Je ne sais pas pourquoi cet endroit est appelé ‘Iyyim. Le mot ‘aï signifie : ruine, endroit balayé. Seule la lettre ‘ayin fait partie du radical, du même mot que yaïm (« pelles ») (voir Chemoth 27, 3) ou dans : « et la grêle balayera (weya‘a)… » (Yecha’yah 28, 17).

Ha‘avarim. Chemin de passage (ma‘avar) servant à ceux qui traversaient le mont Nevo en direction du pays de Kena‘an. Il formait la frontière entre le pays de Moav et celui de Émori.

Sur la face de Moav, à l’est du soleil. À l’est du pays de Moav.

Verset 12

מִשָּׁ֖ם נָסָ֑עוּ וַֽיַּחֲנ֖וּ בְּנַ֥חַל זָֽרֶד׃

De là ils repartirent et campèrent dans la vallée de Zéred

Verset 13

מִשָּׁם֮ נָסָעוּ֒ וַֽיַּחֲנ֗וּ מֵעֵ֤בֶר אַרְנוֹן֙ אֲשֶׁ֣ר בַּמִּדְבָּ֔ר הַיֹּצֵ֖א מִגְּבֻ֣ל הָֽאֱמֹרִ֑י כִּ֤י אַרְנוֹן֙ גְּב֣וּל מוֹאָ֔ב בֵּ֥ין מוֹאָ֖ב וּבֵ֥ין הָֽאֱמֹרִֽי׃

De là ils repartirent et campèrent sur la rive de l'Arnon située dans le désert et partant du territoire des Amorréens car l'Arnon est la frontière de Moab entre Moab et le territoire amorréen

Rachi (3)

De la limite (miguevoul) du Émori. La limite extrême de leur territoire, comme dans : « la limite de Moav » (Devarim 2, 18). Le mot guevoul signifie : « frontière », « extrémité ».

De l’autre côté de l’Arnon. Ils ont contourné le pays de Moav par tout le sud et l’est jusqu’à atteindre l’autre rive de l’Arnon, en pays du Émori, au nord du pays de Moav.

Qui sort de la limite du Émori. Une langue de terre appartenant aux Émoris fait saillie depuis leur frontière et pénètre en territoire de Moav jusqu’au Arnon qui forme la frontière de Moav. C’est là qu’ont campé les enfants d’Israël, sans toutefois pénétrer en territoire de Moav. « Car l’Arnon est la limite de Moav », et ils ne leur avaient pas donné la permission de traverser leur pays. Mochè n’a pas fait état de cette interdiction, contrairement à Yifta‘h : « Et il envoya aussi au roi de Moav, mais il ne voulut pas » (Choftim 11, 17). Cependant, Mochè y a fait allusion lorsqu’il a dit : « Comme m’ont fait les fils de ‘Essaw, qui demeurent dans Sé‘ir, et les Moavis, qui demeurent à ‘Ar… » (Devarim 2, 29) – de même que ceux-là ne nous ont pas permis de traverser leur pays, de même Moav (Midrach Tan‘houma).

Verset 14

עַל־כֵּן֙ יֵֽאָמַ֔ר בְּסֵ֖פֶר מִלְחֲמֹ֣ת יְהוָ֑ה אֶת־וָהֵ֣ב בְּסוּפָ֔ה וְאֶת־הַנְּחָלִ֖ים אַרְנֽוֹן׃

C'est pourquoi l'on cite dans l'histoire des guerres du Seigneur "Vaheb en Soufa et les affluents de l'Arnon

Rachi (3)

C’est pourquoi il est dit. À propos de cette étape et des miracles qui s’y sont produits, « il est dit dans le livre des guerres de Hachem » que lorsqu’on raconte les miracles dont ont bénéficié nos ancêtres, on fait état de Wahév, etc.

Wahév. Comme yahév. De même que l’on dit : waèd au lieu de : yaèd, de même dit-on : wahév au lieu de yahév. Le waw fait partie de la racine. Le mot signifie : ce que Hachem leur « a donné » (yahév) et comment Il a multiplié les miracles à la mer des Joncs (soufa).

Et les vallées de l’Arnon. De même que l’on raconte les miracles de la mer des Joncs, de même doit-on raconter ceux des vallées de l’Arnon, puisque là aussi de grands miracles ont été opérés (Midrach Tan‘houma). Et lesquels ?…

Verset 15

וְאֶ֨שֶׁד֙ הַנְּחָלִ֔ים אֲשֶׁ֥ר נָטָ֖ה לְשֶׁ֣בֶת עָ֑ר וְנִשְׁעַ֖ן לִגְב֥וּל מוֹאָֽב׃

et encore le bassin des rivières qui s'étend vers Chébeth Ar et confine à la frontière de Moab "

Rachi (1)

Et la cascade (weèchèd) des vallées. Le Targoum Onqelos traduit échèd par chefoukh (« le déversement » des torrents), car là a été versé le sang des Émoris qui s’y étaient embusqués. Les montagnes y étaient élevées et la vallée profonde et étroite. Les montagnes étaient si rapprochées l’une de l’autre que l’on pouvait se parler d’un sommet à celui lui faisant face. Un chemin passait au fond de la gorge. Les Émoris se sont dit : « Lorsque les enfants d’Israël entreront dans le pays en traversant le défilé, nous sortirons des grottes des montagnes qui la dominent et nous les tuerons avec des flèches et des pierres servant de projectiles. » Ces anfractuosités se trouvaient dans la montagne du côté de Moav, et face à elles, sur la montagne du côté de Émori, se trouvaient des éperons et des corniches formant saillie. Aussitôt qu’Israël s’est engagé dans le passage, la montagne située en Erets Yisrael s’est mise à trembler, comme une servante qui sort accueillir sa maîtresse, et elle s’est rapprochée de celle du côté de Moav. Les éperons ont pénétré dans les anfractuosités et ont tué leurs occupants. Voilà ce que veut dire : « qui s’incline vers Chèvèth-‘Ar » – la montagne s’est inclinée pour se rapprocher du territoire de Moav et s’y agglutiner. Telle est l’idée contenue dans les mots : « et s’appuie à la limite de Moav » (Midrach Tan‘houma).

Verset 16

וּמִשָּׁ֖ם בְּאֵ֑רָה הִ֣וא הַבְּאֵ֗ר אֲשֶׁ֨ר אָמַ֤ר יְהוָה֙ לְמֹשֶׁ֔ה אֱסֹף֙ אֶת־הָעָ֔ם וְאֶתְּנָ֥ה לָהֶ֖ם מָֽיִם׃

Puis ils gagnèrent Beêr ce puits à propos duquel le Seigneur dit à Moïse "Assemble le peuple je veux lui donner de l'eau "

Rachi (1)

Et de là vers Beér. De là la cascade s’est jetée dans le puits. Comment cela ? Le Saint béni soit-Il a dit : « Qui fera connaître tous ces miracles à mes enfants ? » Comme le dit le proverbe, « si tu donnes du pain à un enfant, fais-le savoir à sa mère ! » (Chabath 10b). Après leur passage, les montagnes ont retrouvé leur place, et le puits a été précipité dans la vallée d’où il a ramené du sang des tués, des bras et des membres qu’il a fait défiler autour du camp. Israël l’a vu et a entonné un cantique (Midrach Tan‘houma).

Verset 17

אָ֚ז יָשִׁ֣יר יִשְׂרָאֵ֔ל אֶת־הַשִּׁירָ֖ה הַזֹּ֑את עֲלִ֥י בְאֵ֖ר עֱנוּ־לָֽהּ׃

C'est alors qu'Israël chanta ce cantique "Jaillis ô source! Acclamez la!

Rachi (1)

Monte, puits. De la vallée, et fais monter vers moi ce que tu portes ! Et d’où sait-on que c’est le puits qui le leur a appris ? De ce qu’il est écrit : « et de là vers Beér » (verset 16). Mais le puits n’a-t-il existé que depuis ce moment-là ? Ne les accompagnait-il pas depuis le début des quarante ans ? En fait, il était descendu pour donner de la notoriété aux miracles. Il en va de même de : « Alors chantera Israël… ». Ce cantique a été récité à la fin des quarante ans, tandis que le puits leur a été donné au début de cette période. Et pour quelle raison n’en est-il fait mention qu’ici ? La réponse à cette question se trouve dans le commentaire ci-dessus (Midrach Tan‘houma).

Verset 18

בְּאֵ֞ר חֲפָר֣וּהָ שָׂרִ֗ים כָּר֨וּהָ֙ נְדִיבֵ֣י הָעָ֔ם בִּמְחֹקֵ֖ק בְּמִשְׁעֲנֹתָ֑ם וּמִמִּדְבָּ֖ר מַתָּנָֽה׃

Ce puits des princes l'ont creusé les plus grands du peuple l'ont ouvert avec le sceptre avec leurs verges! " Et de Midbar ils allèrent à Mattana

Rachi (3)

Puits, des princes l’ont foré. C’est le puits qu’ont foré les princes : Mochè et Aharon.

Avec leurs bâtons (bemich‘anotham). Le mot bemich‘anotham veut dire : « avec leurs bâtons ».

Et de Midbar. Il leur a été donné.

Verset 19

וּמִמַּתָּנָ֖ה נַֽחֲלִיאֵ֑ל וּמִנַּֽחֲלִיאֵ֖ל בָּמֽוֹת׃

de Mattana à Nahalïel de Nahalïel à Bamoth

Rachi (1)

Et de Matana, Na‘haliel. Comme le rend le Targoum Onqelos.

Verset 20

וּמִבָּמ֗וֹת הַגַּיְא֙ אֲשֶׁר֙ בִּשְׂדֵ֣ה מוֹאָ֔ב רֹ֖אשׁ הַפִּסְגָּ֑ה וְנִשְׁקָ֖פָה עַל־פְּנֵ֥י הַיְשִׁימֹֽן׃

et de Bamoth au plateau qui est dans la campagne de Moab au sommet du Pisga d'où l'on découvrait l'étendue du désert

Rachi (4)

Et de Bamoth, la vallée qui est dans le champ de Moav. C’est là qu’est mort Mochè et là qu’a disparu le puits. Autre explication : « L’ont creusé les hommes nobles du peuple » (verset 18) signifie que lors des étapes, chaque prince prenait son bâton et tirait une ligne vers son drapeau et son camp. L’eau du puits suivait ce tracé et elle arrivait jusque devant le campement de chaque tribu (Midrach Tan‘houma).

Avec le législateur (verset 18). Par l’intermédiaire de Mochè, qui est appelé « législateur », comme il est écrit : « … car là était cachée la part du législateur » (Devarim 33, 21). Et pourquoi le nom de Mochè n’apparaît-il pas dans ce cantique ? Parce qu’il a été puni à cause du puits. Et puisque n’apparaît pas le nom de Mochè, n’apparaît pas non plus celui du Saint béni soit-Il. Cela ressemble à un roi que l’on aura invité à un banquet. Il dira : « Si mon ami y est, j’y serai aussi. Sinon, je n’irai pas » (Midrach Tan‘houma).

Au sommet du Pisga. Comme le rend le Targoum Onqelos : « le sommet de la hauteur ». Le mot pisga veut dire : « hauteur », comme dans : « élevez (pisgou) ses palais » (Tehilim 48, 14).

Et l’on peut regarder. Cette hauteur « regarde » l’endroit appelé yechimon, terme voulant dire : « désert aride ». Autre explication : Le puits pouvait être regardé depuis le désert, car il était enfoui dans le lac de Tibériade. Celui qui se trouve dans le désert voit distinctement dans le lac comme une sorte de formation rocheuse : C’est le puits. Ainsi l’explique Rabi Tan‘houma.

Verset 21

וַיִּשְׁלַ֤ח יִשְׂרָאֵל֙ מַלְאָכִ֔ים אֶל־סִיחֹ֥ן מֶֽלֶךְ־הָאֱמֹרִ֖י לֵאמֹֽר׃

Israël envoya des députés à Sihôn roi des Amorréens pour lui dire

Rachi (1)

Israël envoya des messagers. Alors que cet envoi de messagers est attribué ailleurs à Mochè, comme il est écrit : « J’ai envoyé des messagers, du désert de Qedémoth, à Si‘hon, roi de ‘Hechbon… » (Devarim 2, 26). De même : « Mochè envoya des messagers, de Qadéch vers le roi d’Édom… » (supra 20, 14). Et il est écrit à propos de Yifta‘h : « Israël envoya des messagers au roi d’Édom… » (Choftim 11, 17). Ces versets, en fait, se complètent les uns les autres, et ce que l’un dissimule l’autre le révèle. Car Mochè s’identifie à Israël et inversement, cela pour t’apprendre que le prince d’une génération l’incarne entièrement, car le prince constitue sa totalité (Midrach Tan‘houma).

Verset 22

אֶעְבְּרָ֣ה בְאַרְצֶ֗ךָ לֹ֤א נִטֶּה֙ בְּשָׂדֶ֣ה וּבְכֶ֔רֶם לֹ֥א נִשְׁתֶּ֖ה מֵ֣י בְאֵ֑ר בְּדֶ֤רֶךְ הַמֶּ֨לֶךְ֙ נֵלֵ֔ךְ עַ֥ד אֲשֶֽׁר־נַעֲבֹ֖ר גְּבֻלֶֽךָ׃

"Je voudrais passer par ton pays Nous ne traverserons ni champs ni vignobles nous ne boirons point de l'eau des citernes nous irons par la route royale jusqu'à ce que nous ayons passé ta frontière "

Rachi (1)

Je passerai dans ton pays. Bien qu’ils n’aient pas reçu l’ordre d’engager avec eux des pourparlers de paix, ils la leur ont néanmoins demandée (Midrach Tan‘houma).

Verset 23

וְלֹֽא־נָתַ֨ן סִיחֹ֣ן אֶת־יִשְׂרָאֵל֮ עֲבֹ֣ר בִּגְבֻלוֹ֒ וַיֶּֽאֱסֹ֨ף סִיחֹ֜ן אֶת־כָּל־עַמּ֗וֹ וַיֵּצֵ֞א לִקְרַ֤את יִשְׂרָאֵל֙ הַמִּדְבָּ֔רָה וַיָּבֹ֖א יָ֑הְצָה וַיִּלָּ֖חֶם בְּיִשְׂרָאֵֽל׃

Mais Sihôn ne permit point à Israël de traverser son territoire et Sihôn rassembla tout son peuple marcha à la rencontre d'Israël vers le désert et atteignit Yahça où il livra la bataille à Israël

Rachi (2)

Et Si‘hon ne donna pas. Parce que tous les rois de Kena‘an lui payaient tribut afin qu’il les protège et qu’il interdise le passage aux ennemis. De sorte que, lorsque les enfants d’Israël lui ont demandé de pouvoir traverser son pays, il leur a répondu : « Mon rôle ici est de les protéger contre vous, et vous me demandez pareille chose ! » (Midrach Tan‘houma).

Il sortit à la rencontre d’Israël. Même si ‘Hechbon n’avait abrité que des mouches, aucune créature n’aurait pu la conquérir. Et même si Si‘hon s’était trouvé dans un village sans défense, aucun homme n’aurait pu le vaincre. Il en aurait été ainsi, à plus forte raison, s’il s’était trouvé à ‘Hechbon. Le Saint béni soit-Il a dit : « Pourquoi compliquer la tâche de mes enfants en les obligeant à assiéger ville après ville ? » Aussi a-t-Il incité tous les guerriers à sortir des villes et à opérer leur regroupement dans un seul endroit, et c’est là qu’ils sont tombés. Les enfants d’Israël ont fait ensuite mouvement vers les villes où ils n’ont rencontré aucune résistance, car il n’y restait plus que les femmes et les enfants (Midrach Tan‘houma).

Verset 24

וַיַּכֵּ֥הוּ יִשְׂרָאֵ֖ל לְפִי־חָ֑רֶב וַיִּירַ֨שׁ אֶת־אַרְצ֜וֹ מֵֽאַרְנֹ֗ן עַד־יַבֹּק֙ עַד־בְּנֵ֣י עַמּ֔וֹן כִּ֣י עַ֔ז גְּב֖וּל בְּנֵ֥י עַמּֽוֹן׃

Israël le passa au fil de l'épée et il conquît son pays depuis l'Arnon jusqu'au Jaboc jusqu'aux possessions des Ammonites car elle était forte la frontière des enfants d'Ammon

Rachi (1)

Car elle était forte. En quoi était-elle forte ? En ce que le Saint béni soit-Il avait averti [Israël] en leur disant : « Ne leur sois pas hostile ! » (Devarim 2, 19).

Verset 25

וַיִּקַּח֙ יִשְׂרָאֵ֔ל אֵ֥ת כָּל־הֶֽעָרִ֖ים הָאֵ֑לֶּה וַיֵּ֤שֶׁב יִשְׂרָאֵל֙ בְּכָל־עָרֵ֣י הָֽאֱמֹרִ֔י בְּחֶשְׁבּ֖וֹן וּבְכָל־בְּנֹתֶֽיהָ׃

Israël s'empara de toutes ces villes et il s'établit dans toutes les villes des Amorréens à Hesbon et dans toutes ses dépendances

Rachi (1)

Ses banlieues. Les villages qui lui étaient contigus.

Verset 26

כִּ֣י חֶשְׁבּ֔וֹן עִ֗יר סִיחֹ֛ן מֶ֥לֶךְ הָֽאֱמֹרִ֖י הִ֑וא וְה֣וּא נִלְחַ֗ם בְּמֶ֤לֶךְ מוֹאָב֙ הָֽרִאשׁ֔וֹן וַיִּקַּ֧ח אֶת־כָּל־אַרְצ֛וֹ מִיָּד֖וֹ עַד־אַרְנֹֽן׃

Car Hesbon était devenue la ville de Sihôn roi des Amorréens celui ci ayant fait la guerre au précédent roi de Moab et lui ayant pris tout son territoire jusqu'à l'Arnon

Rachi (2)

Et c’est lui qui guerroyait. Pourquoi fallait-il que ce fût écrit ? Parce qu’il est écrit : « Ne sois pas hostile à Moav… » (Devarim 2, 9) et que ‘Hechbon appartenait à Moav. Il est indiqué ici que Si‘hon la leur avait arrachée et que, dès lors, il était devenu loisible à Israël de l’attaquer (‘Houlin 60b).

De sa main. De sa domination.

Verset 27

עַל־כֵּ֛ן יֹֽאמְר֥וּ הַמֹּֽשְׁלִ֖ים בֹּ֣אוּ חֶשְׁבּ֑וֹן תִּבָּנֶ֥ה וְתִכּוֹנֵ֖ן עִ֥יר סִיחֽוֹן׃

C'est à ce propos que les poètes disaient "Venez à Hesbon! Cité de Sihôn qu'elle se relève et s'affermisse!

Rachi (5)

C’est pourquoi. À cause de la guerre que Si‘hon a livrée contre Moav.

Diront les poètes (mochlim). Il s’agit de Bil‘am, au sujet duquel il est écrit : « Il proféra son allégorie (mechalo) » (infra 23, 7).

Les poètes. Bil‘am et Be‘or. Ce sont eux qui avaient dit :

Venez à ‘Hechbon. Que Si‘hon n’avait pas réussi à conquérir. Il avait alors engagé Bil‘am pour maudire [Moav]. Et c’est ce que lui a dit Balaq : « car “je sais” que celui que tu bénis est béni, et celui que tu maudis est maudit » (infra 22, 6) (Midrach Tan‘houma).

Qu’elle soit construite et qu’elle s’établisse. ‘Hechbon, au nom de Si‘hon, pour être sa ville.

Verset 28

כִּי־אֵשׁ֙ יָֽצְאָ֣ה מֵֽחֶשְׁבּ֔וֹן לֶֽהָבָ֖ה מִקִּרְיַ֣ת סִיחֹ֑ן אָֽכְלָה֙ עָ֣ר מוֹאָ֔ב בַּֽעֲלֵ֖י בָּמ֥וֹת אַרְנֹֽן׃

Car un feu a jailli de Hesbon une flamme de la ville de Sihôn qui a dévoré Ar en Moab les maîtres des hauteurs d'Arnon

Rachi (3)

Car un feu est sorti de ‘Hechbon. Après que Si‘hon l’eut conquise.

Elle a dévoré ‘Ar -en-Moav. Le nom de cette province était ‘Ar en hébreu et Le‘hayyath en araméen.

‘Ar -en-Moav. ‘Ar qui fait partie de Moav.

Verset 29

אוֹי־לְךָ֣ מוֹאָ֔ב אָבַ֖דְתָּ עַם־כְּמ֑וֹשׁ נָתַ֨ן בָּנָ֤יו פְּלֵיטִם֙ וּבְנֹתָ֣יו בַּשְּׁבִ֔ית לְמֶ֥לֶךְ אֱמֹרִ֖י סִיחֽוֹן׃

C'est fait de toi Moab! Tu es perdu peuple de Camôs! Ses fils il les laisse mettre en fuite ses filles emmener captives par un roi amorréen par Sihôn!

Rachi (4)

Malheur à toi, Moav. [Bil‘am et Be‘or] ont maudit Moav afin qu’il tombe dans les mains [de Si‘hon] (Midrach Tan‘houma).

Kemoch. C’est le nom d’une divinité de Moav (Choftim 11, 24).

Il a donné ses fils. Celui qui livre les enfants de Moav

« comme fuyards ». Il les fait fuir et se réfugier loin de l’épée, et ses filles sont emmenées en captivité.

Verset 30

וַנִּירָ֛ם אָבַ֥ד חֶשְׁבּ֖וֹן עַד־דִּיבֹ֑ן וַנַּשִּׁ֣ים עַד־נֹ֔פַח אֲשֶׁ֖רׄ עַד־מֵֽידְבָֽא׃

Hesbon perdu nous les avons poursuivis de nos traits jusqu'à Dibôn nous avons dévasté jusqu'à Nôfah même jusqu'à Mèdeba! "

Rachi (4)

L’empire de ‘Hechbon est perdu. Leur puissance.

‘Hechbon est perdue jusqu’à (‘ad) Divon. La puissance et le joug que Moav avait imposés sur ‘Hechbon ont pris fin. De même, le Targoum Onqelos rend sar (« s’est retiré ») (supra 14, 9) par ‘ada, c’est-à-dire : « la domination “s’est retirée” de Divon ». Quant au mot nir (ici : « empire »), il comporte une connotation de puissance, de joug et de domination par quelqu’un, comme dans : « … afin qu’il y ait toujours une domination (nir) pour David, mon serviteur » (I Melakhim 11, 36).

Nous avons dévasté (wanachim). Le chin de wanachim est ponctué d’un daguéch et le mot signifie : « dévastation ». Ainsi diront les poètes : « Nous les avons dévastés. »

Jusqu’à Nofakh. Nous les avons dévastés jusqu’à Nofakh.

Verset 31

וַיֵּ֨שֶׁב֙ יִשְׂרָאֵ֔ל בְּאֶ֖רֶץ הָֽאֱמֹרִֽי׃

Israël s'établit donc dans le pays des Amorréens

Verset 32

וַיִּשְׁלַ֤ח מֹשֶׁה֙ לְרַגֵּ֣ל אֶת־יַעְזֵ֔ר וַֽיִּלְכְּד֖וּ בְּנֹתֶ֑יהָ ויירש (וַיּ֖וֹרֶשׁ) אֶת־הָֽאֱמֹרִ֥י אֲשֶׁר־שָֽׁם׃

Moïse envoya explorer Yazêr on s'empara de ses dépendances et l'on déposséda les Amorréens qui y demeuraient

Rachi (1)

Mochè envoya pour explorer Ya’zér. Les explorateurs l’ont conquise en disant : « Nous n’agirons pas comme nos devanciers, car nous faisons confiance, pour engager le combat, à la puissance que possède la prière de Mochè » (Midrach Tan‘houma).

Verset 33

וַיִּפְנוּ֙ וַֽיַּעֲל֔וּ דֶּ֖רֶךְ הַבָּשָׁ֑ן וַיֵּצֵ֣א עוֹג֩ מֶֽלֶךְ־הַבָּשָׁ֨ן לִקְרָאתָ֜ם ה֧וּא וְכָל־עַמּ֛וֹ לַמִּלְחָמָ֖ה אֶדְרֶֽעִי׃

Puis ils se dirigèrent en montant plus haut vers le Basan Og roi du Basan s'avança à leur rencontre avec tout son peuple pour leur livrer bataille à Edréi

Verset 34

וַיֹּ֨אמֶר יְהוָ֤ה אֶל־מֹשֶׁה֙ אַל־תִּירָ֣א אֹת֔וֹ כִּ֣י בְיָֽדְךָ֞ נָתַ֧תִּי אֹת֛וֹ וְאֶת־כָּל־עַמּ֖וֹ וְאֶת־אַרְצ֑וֹ וְעָשִׂ֣יתָ לּ֔וֹ כַּֽאֲשֶׁ֣ר עָשִׂ֗יתָ לְסִיחֹן֙ מֶ֣לֶךְ הָֽאֱמֹרִ֔י אֲשֶׁ֥ר יוֹשֵׁ֖ב בְּחֶשְׁבּֽוֹן׃

Mais l'Éternel dit à Moïse "Ne le crains point car je le livre en tes mains lui et tout son peuple et son pays et tu le traiteras comme tu as traité Sihôn roi des Amorréens qui résidait à Hesbon "

Rachi (1)

Ne le crains pas. Mochè avait peur d’engager le combat, car [Si‘hon] allait peut-être bénéficier du mérite d’Avraham, comme il est écrit : « Vint le rescapé… » (Beréchith 14, 13). Or, le « rescapé » n’était autre que ‘Og, lequel avait réchappé des Refaïm que Kedorla‘omèr et ses alliés avaient vaincus à ‘Achteroth-Qarnayim, et il est écrit : « Car seulement ‘Og, roi du Bachane, est resté du restant des Refaïm… » (Devarim 3, 11).

Verset 35

וַיַּכּ֨וּ אֹת֤וֹ וְאֶת־בָּנָיו֙ וְאֶת־כָּל־עַמּ֔וֹ עַד־בִּלְתִּ֥י הִשְׁאִֽיר־ל֖וֹ שָׂרִ֑יד וַיִּֽירְשׁ֖וּ אֶת־אַרְצֽוֹ׃

Et ils le battirent ainsi que ses fils et tout son peuple tellement qu'ils n'en laissèrent survivre aucun et ils conquirent son territoire

Rachi (1)

Ils le frappèrent. Mochè l’a tué, comme indiqué dans le traité Berakhoth (54b) : « ‘Og a arraché un rocher de trois parsas… »

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