וַיִּסְע֖וּ בְּנֵ֣י יִשְׂרָאֵ֑ל וַֽיַּחֲנוּ֙ בְּעַֽרְב֣וֹת מוֹאָ֔ב מֵעֵ֖בֶר לְיַרְדֵּ֥ן יְרֵחֽוֹ׃
Les enfants d'Israël repartirent et ils allèrent camper dans les plaines de Moab sur la rive du Jourdain qui fait face à Jéricho
Texte hébreu (avec taamim), traduction française et commentaire de Rachi traduit en français, verset par verset. Sommaire du Houmash.
וַיִּסְע֖וּ בְּנֵ֣י יִשְׂרָאֵ֑ל וַֽיַּחֲנוּ֙ בְּעַֽרְב֣וֹת מוֹאָ֔ב מֵעֵ֖בֶר לְיַרְדֵּ֥ן יְרֵחֽוֹ׃
Les enfants d'Israël repartirent et ils allèrent camper dans les plaines de Moab sur la rive du Jourdain qui fait face à Jéricho
וַיַּ֥רְא בָּלָ֖ק בֶּן־צִפּ֑וֹר אֵ֛ת כָּל־אֲשֶׁר־עָשָׂ֥ה יִשְׂרָאֵ֖ל לָֽאֱמֹרִֽי׃
Balak fils de Cippor ayant su tout ce qu'Israël avait fait aux Amorréens,
Balaq fils de Tsipor vit tout ce qu’Israël fit au Émori. Il s’est dit : « Ces deux rois, en qui nous avions confiance, ne leur ont pas résisté. À plus forte raison ne le pourrons-nous pas nous-mêmes. » C’est pourquoi : « Moav eut beaucoup peur… » (Midrach Tan‘houma).
וַיָּ֨גָר מוֹאָ֜ב מִפְּנֵ֥י הָעָ֛ם מְאֹ֖ד כִּ֣י רַב־ה֑וּא וַיָּ֣קָץ מוֹאָ֔ב מִפְּנֵ֖י בְּנֵ֥י יִשְׂרָאֵֽל׃
Moab eut grand peur de ce peuple parce qu'il était nombreux et Moab trembla à cause des enfants d'Israël
Eut peur (wayagar). Le mot wayagar exprime l’idée d’appréhension, comme dans : « Ayez l’appréhension (gourou) de l’épée… » (Iyov 19, 29).
Moav fut dégoûté. Ils ont été dégoûtés de leur vie, comme dans : « Rivqa dit à Yits‘haq : Je suis dégoûtée de ma vie » (Beréchith 27, 46).
וַיֹּ֨אמֶר מוֹאָ֜ב אֶל־זִקְנֵ֣י מִדְיָ֗ן עַתָּ֞ה יְלַֽחֲכ֤וּ הַקָּהָל֙ אֶת־כָּל־סְבִ֣יבֹתֵ֔ינוּ כִּלְחֹ֣ךְ הַשּׁ֔וֹר אֵ֖ת יֶ֣רֶק הַשָּׂדֶ֑ה וּבָלָ֧ק בֶּן־צִפּ֛וֹר מֶ֥לֶךְ לְמוֹאָ֖ב בָּעֵ֥ת הַהִֽוא׃
Et Moab dit aux anciens de Madian "Bientôt cette multitude aura fourragé tous nos alentours comme le bœuf fourrage l'herbe des champs!" Or Balak fils de Cippor régnait sur Moab à cette époque
Aux anciens de Midyan. Mais n’étaient-ils pas des ennemis héréditaires, comme il est écrit : « … qui frappa Midyan dans les champs de Moav » (Beréchith 36, 35), ce qui veut dire que Midyan avait engagé les hostilités contre Moav ? C’est en fait leur appréhension commune d’Israël qui les a incités à faire la paix. Et pour quelle raison Moav a-t-il pris conseil auprès de Midyan ? Lorsqu’ils ont vu qu’Israël avait remporté des victoires par des moyens surnaturels, ils se sont dit : « C’est en Midyan qu’a grandi leur chef. Allons leur demander ce qu’il a de particulier ! » Ils leur ont répondu : « Il n’a de force que dans sa bouche. » « Dans ce cas, ont-ils rétorqué, nous allons nous aussi les faire attaquer par un homme dont la force est dans sa bouche. » (Midrach Tan‘houma).
Comme broute le bovin. Là où a brouté un bœuf il n’est plus de bénédiction (Midrach Tan‘houma).
En ce temps-là. [Balaq] n’était pas destiné à régner. Il était l’un des princes de Midyan et on l’a nommé roi à la mort de Si‘hon en raison des circonstances du moment (Midrach Tan‘houma).
וַיִּשְׁלַ֨ח מַלְאָכִ֜ים אֶל־בִּלְעָ֣ם בֶּן־בְּעֹ֗ר פְּ֠תוֹרָה אֲשֶׁ֧ר עַל־הַנָּהָ֛ר אֶ֥רֶץ בְּנֵֽי־עַמּ֖וֹ לִקְרֹא־ל֑וֹ לֵאמֹ֗ר הִ֠נֵּה עַ֣ם יָצָ֤א מִמִּצְרַ֨יִם֙ הִנֵּ֤ה כִסָּה֙ אֶת־עֵ֣ין הָאָ֔רֶץ וְה֥וּא יֹשֵׁ֖ב מִמֻּלִֽי׃
Il envoya des messagers à Balaam fils de Beor à Pethor qui est sur le fleuve dans le pays de ses concitoyens pour le mander en ces termes "Un peuple est sorti d'Egypte déjà il couvre la face du pays et il est campé vis à vis de moi
À Pethor. De même que tous les gens déposent de l’argent chez leur banquier (choul‘hani, mot exprimant l’idée de « table »), de même tous les rois lui soumettaient-ils leurs lettres [pethora en araméen, également : « table »]. Au sens littéral, [Pethor] est le nom d’un endroit (Midrach Tan‘houma).
Pays de son peuple. De Balaq. C’est de là qu’il était originaire, et [Bil‘am] lui avait prédit qu’il régnerait un jour. Sans doute te demanderas-tu la raison pour laquelle le Saint béni soit-Il a fait résider Sa chekhina sur un païen pervers. C’est pour ne pas donner prétexte aux peuples du monde à dire : « Si nous avions eu des prophètes, nous aurions retrouvé le bon chemin. » Voilà pourquoi Il leur a élu des prophètes, mais ils ont brisé les barrières [morales] du monde. Car les peuples, à l’origine, étaient hostiles à la débauche, et celui-là est venu les inciter à se livrer à la prostitution (Midrach Tan‘houma).
Pour l’appeler. C’est lui qu’il a appelé, et dans son propre intérêt, car il lui promettait. beaucoup d’argent.
Un peuple est sorti d’Égypte. Sans doute demanderas-tu : « En quoi cela te porte-t-il préjudice ? » C’est parce que…
Il couvre l’œil du pays. Ils ont mis à mort Si‘hon et ‘Og qui, chargés de nous protéger (voir Rachi sous supra 21, 23), se sont dressés contre eux.
Et il demeure vis-à-vis de moi (milouli). Le mot mimouli est écrit sans waw et peut donc [étant lu : memali] être traduit par : « ils sont sur le point de m’anéantir », comme dans : « je les ai anéantis (amilam) » (Tehilim 118, 10) (Midrach Tan‘houma).
וְעַתָּה֩ לְכָה־נָּ֨א אָֽרָה־לִּ֜י אֶת־הָעָ֣ם הַזֶּ֗ה כִּֽי־עָצ֥וּם הוּא֙ מִמֶּ֔נִּי אוּלַ֤י אוּכַל֙ נַכֶּה־בּ֔וֹ וַאֲגָֽרְשֶׁ֖נּוּ מִן־הָאָ֑רֶץ כִּ֣י יָדַ֗עְתִּי אֵ֤ת אֲשֶׁר־תְּבָרֵךְ֙ מְבֹרָ֔ךְ וַֽאֲשֶׁ֥ר תָּאֹ֖ר יוּאָֽר׃
Viens donc je te prie et maudis moi ce peuple car il est plus puissant que moi peut être parviendrai je à le vaincre et le repousserai je du pays Car je le sais celui que tu bénis est béni et celui que tu maudis est maudit "
Nous frapperons (nakè) en lui. Mon peuple et moi les battrons. Autre explication : On trouve ce mot dans la Michna : « On procède à une “déduction” (menakè) sur le prix » (Baba Metsi‘a 105b). Ici : les « diminuer » quelque peu.
Car je sais…. Que tu as aidé à vaincre Moav par la guerre de Si‘hon (Midrach Tan‘houma).
וַיֵּ֨לְכ֜וּ זִקְנֵ֤י מוֹאָב֙ וְזִקְנֵ֣י מִדְיָ֔ן וּקְסָמִ֖ים בְּיָדָ֑ם וַיָּבֹ֨אוּ֙ אֶל־בִּלְעָ֔ם וַיְדַבְּר֥וּ אֵלָ֖יו דִּבְרֵ֥י בָלָֽק׃
Les anciens de Moab et ceux de Madian partirent munis des honoraires de la divination et arrivés chez Balaam lui transmirent les paroles de Balak
Des sortilèges dans leur main. Toutes sortes de sortilèges, afin qu’il ne dise pas : « Je n’ai pas emporté mes outils ! » Autre explication : Les anciens de Midyan disposaient d’un moyen magique leur permettant de dire : « S’il nous accompagne dès la première fois, c’est qu’il est vraiment doué [du sens prophétique]. Mais s’il nous éconduit, c’est qu’il ne sert à rien. » Voilà pourquoi, lorsqu’il leur a dit : « Passez la nuit ici ! » (verset 8), ils se sont dit : « Il n’y a rien à espérer de lui. » et ils l’ont quitté et sont rentrés chez eux. Il est en effet écrit : « … les princes de Moav demeurèrent avec Bil‘am » (verset 8), tandis que les anciens de Midyan s’en étaient allés (Midrach Tan‘houma).
וַיֹּ֣אמֶר אֲלֵיהֶ֗ם לִ֤ינוּ פֹה֙ הַלַּ֔יְלָה וַהֲשִֽׁבֹתִ֤י אֶתְכֶם֙ דָּבָ֔ר כַּֽאֲשֶׁ֛ר יְדַבֵּ֥ר יְהוָ֖ה אֵלָ֑י וַיֵּֽשְׁב֥וּ שָׂרֵֽי־מוֹאָ֖ב עִם־בִּלְעָֽם׃
Il leur répondit "Restez ici cette nuit et je vous rendrai réponse selon ce que l'Éternel m'aura dit " Et les princes moabites restèrent chez Balaam
Passez la nuit ici. L’esprit saint ne reposait sur lui que la nuit, tout comme chez tous les autres prophètes appartenant aux peuples du monde. Il en a été de même pour Lavan, comme il est écrit : « Eloqim vint vers Lavan l’Arami dans un rêve de la nuit… » (Beréchith 31, 24), comme un homme qui va rejoindre sa concubine en cachette (Midrach Tan‘houma).
Comme Hachem me parlera. S’Il m’autorise à aller avec des hommes tels que vous, je viendrai avec vous. Mais peut-être Son honneur ne me permettra-t-il de voyager qu’avec des dignitaires plus haut placés que vous.
Demeurèrent. Ils restèrent.
וַיָּבֹ֥א אֱלֹהִ֖ים אֶל־בִּלְעָ֑ם וַיֹּ֕אמֶר מִ֛י הָֽאֲנָשִׁ֥ים הָאֵ֖לֶּה עִמָּֽךְ׃
Dieu aborda Balaam en disant "Qui sont ces hommes là chez toi?"
Qui sont ces hommes-là avec toi. C’est pour l’induire en erreur qu’Il lui a posé cette question. « C’est donc, [a pensé Bil‘am], qu’il lui arrive de ne pas tout savoir et de n’avoir pas toujours parfaitement conscience de la réalité ! Je vais donc faire en sorte de trouver un moment approprié pour maudire sans qu’Il s’en aperçoive ! » (Midrach Tan‘houma).
וַיֹּ֥אמֶר בִּלְעָ֖ם אֶל־הָֽאֱלֹהִ֑ים בָּלָ֧ק בֶּן־צִפֹּ֛ר מֶ֥לֶךְ מוֹאָ֖ב שָׁלַ֥ח אֵלָֽי׃
Balaam répondit à Dieu "C'est Balak fils de Cippor roi de Moab qui m'envoie dire
Balaq fils de Tsipor…. Sans doute ne suis-je pas considéré à tes yeux, mais je le suis à ceux des rois (Midrach Tan‘houma).
הִנֵּ֤ה הָעָם֙ הַיֹּצֵ֣א מִמִּצְרַ֔יִם וַיְכַ֖ס אֶת־עֵ֣ין הָאָ֑רֶץ עַתָּ֗ה לְכָ֤ה קָֽבָה־לִּי֙ אֹת֔וֹ אוּלַ֥י אוּכַ֛ל לְהִלָּ֥חֶם בּ֖וֹ וְגֵֽרַשְׁתִּֽיו׃
Déjà ce peuple sorti de l'Egypte a couvert la face du pays Viens donc maudis le moi peut être pourrai je l'attaquer et l'expulserai je "
Maudis-le (qava) moi. Le mot qava (« maudis ») est plus fort que ara [dont s’était servi Balaq (verset 6)], car il contient une invocation explicite [du Nom divin] (Midrach Tan‘houma).
Je le chasserai. Du monde. Balaq s’était contenté de dire : « et je le chasserai du pays » (verset 6), voulant dire par là qu’il ne cherchait qu’à les éloigner de lui. Mais Bil‘am les haïssait plus encore que Balaq (Midrach Tan‘houma).
וַיֹּ֤אמֶר אֱלֹהִים֙ אֶל־בִּלְעָ֔ם לֹ֥א תֵלֵ֖ךְ עִמָּהֶ֑ם לֹ֤א תָאֹר֙ אֶת־הָעָ֔ם כִּ֥י בָר֖וּךְ הֽוּא׃
Dieu dit à Balaam "Tu n'iras point avec eux Tu ne maudiras point ce peuple car il est béni!"
Tu n’iras pas avec eux. Il répondit : « Dans ce cas, je les maudirai depuis ici ! » [Hachem] répliqua : « Tu ne maudiras pas le peuple ! ». Il rétorqua : « S’il en est ainsi, je vais les bénir ! » Il dit : « Ils n’ont pas besoin de ta bénédiction, “car il est béni” ! » Cela ressemble à une guêpe à laquelle on aura dit : « Foin de ton miel, foin de ton dard ! » (Midrach Tan‘houma).
וַיָּ֤קָם בִּלְעָם֙ בַּבֹּ֔קֶר וַיֹּ֨אמֶר֙ אֶל־שָׂרֵ֣י בָלָ֔ק לְכ֖וּ אֶֽל־אַרְצְכֶ֑ם כִּ֚י מֵאֵ֣ן יְהוָ֔ה לְתִתִּ֖י לַֽהֲלֹ֥ךְ עִמָּכֶֽם׃
Balaam s'étant levé le matin dit aux officiers de Balak "Retournez dans votre pays car l'Éternel n'a pas voulu me permettre de partir avec vous "
D’aller avec vous. Si ce n’est avec des dignitaires plus haut placés que vous. Cela nous apprend qu’il était pétri d’orgueil et qu’il ne voulait pas dévoiler sa dépendance par rapport à Hachem, sinon de manière arrogante. C’est pourquoi : « Balaq continua encore… » (verset 15).
וַיָּק֨וּמוּ֙ שָׂרֵ֣י מוֹאָ֔ב וַיָּבֹ֖אוּ אֶל־בָּלָ֑ק וַיֹּ֣אמְר֔וּ מֵאֵ֥ן בִּלְעָ֖ם הֲלֹ֥ךְ עִמָּֽנוּ׃
Les princes de Moab se retirèrent revinrent auprès de Balak et lui dirent "Balaam a refusé de nous accompagner "
וַיֹּ֥סֶף ע֖וֹד בָּלָ֑ק שְׁלֹ֣חַ שָׂרִ֔ים רַבִּ֥ים וְנִכְבָּדִ֖ים מֵאֵֽלֶּה׃
Balak revint à la charge en envoyant des princes plus nombreux et plus considérés que ceux là
וַיָּבֹ֖אוּ אֶל־בִּלְעָ֑ם וַיֹּ֣אמְרוּ ל֗וֹ כֹּ֤ה אָמַר֙ בָּלָ֣ק בֶּן־צִפּ֔וֹר אַל־נָ֥א תִמָּנַ֖ע מֵֽהֲלֹ֥ךְ אֵלָֽי׃
Arrivés chez Balaam ils lui dirent "Ainsi parle Balak fils de Cippor Ne te défends pas de grâce de venir auprès de moi
כִּֽי־כַבֵּ֤ד אֲכַבֶּדְךָ֙ מְאֹ֔ד וְכֹ֛ל אֲשֶׁר־תֹּאמַ֥ר אֵלַ֖י אֶֽעֱשֶׂ֑ה וּלְכָה־נָּא֙ קָֽבָה־לִּ֔י אֵ֖ת הָעָ֥ם הַזֶּֽה׃
Car je veux te combler d'honneurs et tout ce que tu me diras je le ferai mais viens de grâce maudis moi ce peuple!"
Car honorer, je t’honorerai beaucoup. Je te donnerai plus que ce que tu as pris dans le passé (Midrach Tan‘houma).
וַיַּ֣עַן בִּלְעָ֗ם וַיֹּ֨אמֶר֙ אֶל־עַבְדֵ֣י בָלָ֔ק אִם־יִתֶּן־לִ֥י בָלָ֛ק מְלֹ֥א בֵית֖וֹ כֶּ֣סֶף וְזָהָ֑ב לֹ֣א אוּכַ֗ל לַֽעֲבֹר֙ אֶת־פִּי֙ יְהוָ֣ה אֱלֹהָ֔י לַֽעֲשׂ֥וֹת קְטַנָּ֖ה א֥וֹ גְדוֹלָֽה׃
Balaam répondit en ces termes aux serviteurs de Balak "Quand Balak me donnerait de l'argent et de l'or plein son palais je ne pourrais contrevenir à l'ordre de l'Éternel mon Dieu en aucune façon
Le plein de sa maison d’argent et d’or. Cela nous apprend qu’il était cupide et qu’il convoitait l’argent d’autrui. Il s’est dit : « Il est juste qu’il me donne tout son or et tout son argent. Car il lui faudra, sinon, engager de nombreuses troupes armées, et ce sans être assuré d’une victoire. Tandis que moi, je suis certain de l’emporter ! » (Midrach Tan‘houma).
Je ne pourrai pas transgresser. Il a dû avouer, bien à contrecœur, qu’il était soumis à la volonté d’un autre, et il a prophétisé ici qu’il ne pourrait pas abolir les bénédictions qu’ont reçues les patriarches de la part de la chekhina (Midrach Tan‘houma).
וְעַתָּ֗ה שְׁב֨וּ נָ֥א בָזֶ֛ה גַּם־אַתֶּ֖ם הַלָּ֑יְלָה וְאֵ֣דְעָ֔ה מַה־יֹּסֵ֥ף יְהוָ֖ה דַּבֵּ֥ר עִמִּֽי׃
Et maintenant veuillez attendre ici vous aussi cette nuit que je sache ce que l'Éternel doit encore me dire "
Vous aussi. Sa langue a commis un lapsus : « Vous aussi » – un jour viendra où vous repartirez déçus comme les premiers.
Ce que continuera. Comme Il ne transformera pas Sa bénédiction en malédiction, pourvu qu’Il n’ajoute pas de bénédiction ! Il a prophétisé ici qu’Il leur donnera, par son entremise, de nouvelles bénédictions.
וַיָּבֹ֨א אֱלֹהִ֥ים ׀ אֶל־בִּלְעָם֮ לַיְלָה֒ וַיֹּ֣אמֶר ל֗וֹ אִם־לִקְרֹ֤א לְךָ֙ בָּ֣אוּ הָֽאֲנָשִׁ֔ים ק֖וּם לֵ֣ךְ אִתָּ֑ם וְאַ֗ךְ אֶת־הַדָּבָ֛ר אֲשֶׁר־אֲדַבֵּ֥ר אֵלֶ֖יךָ אֹת֥וֹ תַֽעֲשֶֽׂה׃
Dieu aborda Balaam pendant la nuit en lui disant "Puisque ces hommes sont venus pour te mander va pars avec eux! Et cependant les ordres que je te donnerai ceux là seulement tu les accompliras!"
Si c’est pour t’appeler. Si l’appel t’est destiné et que tu crois pouvoir en retirer un profit, « lève-toi, va avec eux ! ».
Et cependant. Que tu le veuilles ou non, « la chose que je te déclarerai, celle-là tu la feras ». Et malgré cela, « Bil‘am alla… », se disant : « Peut-être Le convaincrai-je de donner Son accord. »
וַיָּ֤קָם בִּלְעָם֙ בַּבֹּ֔קֶר וַֽיַּחֲבֹ֖שׁ אֶת־אֲתֹנ֑וֹ וַיֵּ֖לֶךְ עִם־שָׂרֵ֥י מוֹאָֽב׃
Balaam se leva le matin sangla son ânesse et partit avec les princes de Moab
Il sangla son ânesse. D’où l’on apprend, puisqu’il l’a sanglée lui-même, que la haine abolit les privilèges du rang hiérarchique. Le Saint béni soit-Il a dit : « Dépravé que tu es ! Avraham, leur patriarche, t’a précédé, comme il est écrit : “Avraham se leva de bon matin, il sangla son âne” » (Beréchith 22, 3) (Sanhèdrin 105b).
Avec les princes de Moav. De tout cœur avec eux.
וַיִּֽחַר־אַ֣ף אֱלֹהִים֮ כִּֽי־הוֹלֵ֣ךְ הוּא֒ וַיִּתְיַצֵּ֞ב מַלְאַ֧ךְ יְהוָ֛ה בַּדֶּ֖רֶךְ לְשָׂטָ֣ן ל֑וֹ וְהוּא֙ רֹכֵ֣ב עַל־אֲתֹנ֔וֹ וּשְׁנֵ֥י נְעָרָ֖יו עִמּֽוֹ׃
Mais Dieu étant irrité de ce qu'il partait un ange du Seigneur se mit sur son chemin pour lui faire obstacle Or il était monté sur son ânesse et ses deux jeunes esclaves l'accompagnaient
Parce qu’il allait. Tout en ayant vu que la chose déplaisait à Hachem, il avait voulu y aller.
Pour l’accuser. C’était un ange de miséricorde, et il voulait l’empêcher de commettre un péché qui causerait sa propre perte (Midrach Tan‘houma).
Et ses deux garçons étaient avec lui. D’où l’on apprend qu’une haute personnalité, lorsqu’elle part en voyage, doit se faire accompagner par deux hommes à son service, lesquels sont également au service l’un de l’autre (Midrach Tan‘houma).
וַתֵּ֣רֶא הָֽאָתוֹן֩ אֶת־מַלְאַ֨ךְ יְהוָ֜ה נִצָּ֣ב בַּדֶּ֗רֶךְ וְחַרְבּ֤וֹ שְׁלוּפָה֙ בְּיָד֔וֹ וַתֵּ֤ט הָֽאָתוֹן֙ מִן־הַדֶּ֔רֶךְ וַתֵּ֖לֶךְ בַּשָּׂדֶ֑ה וַיַּ֤ךְ בִּלְעָם֙ אֶת־הָ֣אָת֔וֹן לְהַטֹּתָ֖הּ הַדָּֽרֶךְ׃
L'ânesse voyant l'ange du Seigneur debout sur son passage et l'épée nue à la main s'écarta de la route et alla à travers champs Balaam frappa l'ânesse pour la ramener sur la route
L’ânesse vit. Tandis que lui n’a rien vu. Le Saint béni soit-Il a donné à l’animal une vue plus pénétrante que celle de l’homme, parce que celui-ci, étant doué d’intelligence, serait bouleversé en voyant les démons.
Et son épée dégainée dans sa main. Il a dit : « Ce dépravé a déposé son arme favorite, car l’épée des nations c’est l’épée, et il se présente contre [Israël] avec l’arme de ce dernier, à savoir la bouche ! Moi aussi je vais le combattre avec sa propre arme ! » Et c’est ce qui a fini par arriver : « … et Bil‘am fils de Be‘or, ils le tuèrent par l’épée » (infra 31, 8) (Midrach Tan‘houma).
וַֽיַּעֲמֹד֙ מַלְאַ֣ךְ יְהוָ֔ה בְּמִשְׁע֖וֹל הַכְּרָמִ֑ים גָּדֵ֥ר מִזֶּ֖ה וְגָדֵ֥ר מִזֶּֽה׃
Alors l'ange du Seigneur se plaça dans un chemin creux entre les vignes clôture deçà clôture delà
Dans un sentier (bemich‘ol). C’estt ainsi que le rend le Targoum Onqelos. De même : « … si la poussière de Samarie suffit “pour le creux des pieds” (lich‘alim)… » (I Melakhim 20, 10) – la poussière qui colle à la plante des pieds quand ils marchent, et de même : « Qui a mesuré les eaux par le creux (becha‘olo)… » (Yecha’yah 40, 12) – par ses pieds en marchant.
Une clôture de-ci et une clôture de-là. Le mot guèdèr employé sans autre précision désigne une clôture de pierres.
וַתֵּ֨רֶא הָֽאָת֜וֹן אֶת־מַלְאַ֣ךְ יְהוָ֗ה וַתִּלָּחֵץ֙ אֶל־הַקִּ֔יר וַתִּלְחַ֛ץ אֶת־רֶ֥גֶל בִּלְעָ֖ם אֶל־הַקִּ֑יר וַיֹּ֖סֶף לְהַכֹּתָֽהּ׃
L'ânesse voyant l'ange du Seigneur se serra contre le mur et froissa contre le mur le pied de Balaam qui la frappa de nouveau
Elle se pressa (watila‘hets). [À la forme pronominale] : elle se le fit à elle-même.
Elle pressa (watil‘hats). [À la forme active] : elle le fit au pied de Bil‘am.
וַיּ֥וֹסֶף מַלְאַךְ־יְהוָ֖ה עֲב֑וֹר וַֽיַּעֲמֹד֙ בְּמָק֣וֹם צָ֔ר אֲשֶׁ֛ר אֵֽין־דֶּ֥רֶךְ לִנְט֖וֹת יָמִ֥ין וּשְׂמֹֽאול׃
Mais de nouveau l'ange du Seigneur prit les devants et il se plaça dans un lieu étroit où il n'était possible de s'écarter ni à droite ni à gauche
L’ange de Hachem continua de passer. À repasser devant lui afin de le devancer plus loin, comme dans : « Et lui il passa devant eux… » (Beréchith 33, 3). On trouve dans le midrach Tan‘houma : Pour quelle raison l’ange s’est-il placé à trois endroits successifs ? Pour symboliser les trois patriarches.
וַתֵּ֤רֶא הָֽאָתוֹן֙ אֶת־מַלְאַ֣ךְ יְהוָ֔ה וַתִּרְבַּ֖ץ תַּ֣חַת בִּלְעָ֑ם וַיִּֽחַר־אַ֣ף בִּלְעָ֔ם וַיַּ֥ךְ אֶת־הָֽאָת֖וֹן בַּמַּקֵּֽל׃
L'ânesse voyant encore l'ange du Seigneur se coucha sous Balaam enflammé de colère Balaam la frappa de son bâton
וַיִּפְתַּ֥ח יְהוָ֖ה אֶת־פִּ֣י הָֽאָת֑וֹן וַתֹּ֤אמֶר לְבִלְעָם֙ מֶֽה־עָשִׂ֣יתִֽי לְךָ֔ כִּ֣י הִכִּיתַ֔נִי זֶ֖ה שָׁלֹ֥שׁ רְגָלִֽים׃
Alors le Seigneur ouvrit la bouche de l'ânesse qui dit à Balaam "Que t'ai je fait pour que tu m'aies frappée ainsi à trois reprises?"
Ces trois fois (regalim). [Hachem] lui a transmis l’allusion suivante : « Comment peux-tu vouloir anéantir un peuple qui célèbre tous les ans trois fêtes de pèlerinage (regalim) ? » (Midrach Tan‘houma).
וַיֹּ֤אמֶר בִּלְעָם֙ לָֽאָת֔וֹן כִּ֥י הִתְעַלַּ֖לְתְּ בִּ֑י ל֤וּ יֶשׁ־חֶ֨רֶב֙ בְּיָדִ֔י כִּ֥י עַתָּ֖ה הֲרַגְתִּֽיךְ׃
Balaam répondit à l'ânesse "Parce que tu te joues de moi! Si je tenais une épée certes je te tuerais sur l'heure!"
Tu t’es jouée de moi. Comme le rend le Targoum Onqelos : une expression « de honte et de mépris ».
Que n’ai-je une épée dans ma main. Ces mots, prononcés devant les princes, constituaient un grand affront : Cet homme, qui se dit capable d’aller détruire un peuple entier par la puissance de sa bouche, aurait besoin d’une arme contre son ânesse ! (Midrach Tan‘houma).
וַתֹּ֨אמֶר הָֽאָת֜וֹן אֶל־בִּלְעָ֗ם הֲלוֹא֩ אָֽנֹכִ֨י אֲתֹֽנְךָ֜ אֲשֶׁר־רָכַ֣בְתָּ עָלַ֗י מֵעֽוֹדְךָ֙ עַד־הַיּ֣וֹם הַזֶּ֔ה הַֽהַסְכֵּ֣ן הִסְכַּ֔נְתִּי לַֽעֲשׂ֥וֹת לְךָ֖ כֹּ֑ה וַיֹּ֖אמֶר לֹֽא׃
Et l'ânesse dit à Balaam "Ne suis je pas ton ânesse que tu as toujours montée jusqu'à ce jour? Avais je accoutumé d'agir ainsi avec toi?" Et il répondit "Non "
Est-ce qu’être habituée, j’étais habituée. Comme le rend le Targoum Onqelos : « Ai-je jamais appris ? » De même : « Est-ce qu’un homme peut apprendre (yiskan) à Dieu ? » (Iyov 22, 2). Nos maîtres ont expliqué ce verset dans la Guemara (‘Avoda zara 4b, Sanhèdrin 105b) : On lui a demandé : « Pourquoi n’es-tu pas monté à cheval ? » Il a répondu : « Je l’ai envoyé au pâturage », etc.
וַיְגַ֣ל יְהוָה֮ אֶת־עֵינֵ֣י בִלְעָם֒ וַיַּ֞רְא אֶת־מַלְאַ֤ךְ יְהוָה֙ נִצָּ֣ב בַּדֶּ֔רֶךְ וְחַרְבּ֥וֹ שְׁלֻפָ֖ה בְּיָד֑וֹ וַיִּקֹּ֥ד וַיִּשְׁתַּ֖חוּ לְאַפָּֽיו׃
Soudain le Seigneur dessilla les yeux de Balaam et il vit l'ange du Seigneur debout sur la route l'épée nue à la main il s'inclina et se prosterna sur sa face
וַיֹּ֤אמֶר אֵלָיו֙ מַלְאַ֣ךְ יְהוָ֔ה עַל־מָ֗ה הִכִּ֨יתָ֙ אֶת־אֲתֹ֣נְךָ֔ זֶ֖ה שָׁל֣וֹשׁ רְגָלִ֑ים הִנֵּ֤ה אָֽנֹכִי֙ יָצָ֣אתִי לְשָׂטָ֔ן כִּֽי־יָרַ֥ט הַדֶּ֖רֶךְ לְנֶגְדִּֽי׃
L'ange du Seigneur lui dit "Pourquoi as tu frappé ton ânesse par trois fois? C'est moi qui suis venu me poser en obstacle parce que ce voyage a lieu contre mon gré
Parce que le voyage a dévié (yarat) contre moi. Nos maîtres de la Michna ont expliqué le mot yarat comme étant un composé des trois mots : yara (« elle eut peur »), raatha (« elle vit ») et nateta (« elle s’écarta »), parce que « le voyage est contre mon gré », c’est-à-dire qu’il me met en colère et qu’il m’offense (Chabath 105a). Au sens littéral : « le voyage m’est trop hâtif », dans le sens de ratat (« s’effrayer » ou « trembler »), car je vois le voyageur se hâter et courir sur un chemin qui m’irrite et me contrarie. Le texte s’exprime ici de manière elliptique, comme dans : « Le roi David languissait… » (II Chemouel 13, 39). Autre explication : Le mot yarat a ici le sens d’apaisement, comme dans : « … Par des méchants Il me calme (yarténi) » (Iyov 16, 11) – Il m’apaise et me console par des méchants qui ne sont là que pour contrarier.
וַתִּרְאַ֨נִי֙ הָֽאָת֔וֹן וַתֵּ֣ט לְפָנַ֔י זֶ֖ה שָׁלֹ֣שׁ רְגָלִ֑ים אוּלַי֙ נָֽטְתָ֣ה מִפָּנַ֔י כִּ֥י עַתָּ֛ה גַּם־אֹֽתְכָ֥ה הָרַ֖גְתִּי וְאוֹתָ֥הּ הֶֽחֱיֵֽיתִי׃
Cette ânesse m'a vu et elle s'est écartée à mon aspect trois fois si elle ne s'était écartée de devant moi assurément je t'aurais fait mourir tandis que je l'aurais laissée vivre "
Peut-être (oulaï) s’est-elle écartée. Le mot oulaï est ici synonyme de loulé (« si ne… pas »), dont il arrive qu’il ait le sens.
Toi aussi je t’aurais fait mourir. Il y a dans ce verset une inversion de l’ordre des mots, le mot « aussi » devant se placer devant « fait mourir », c’est-à-dire : Je ne t’aurais pas seulement gêné, je t’aurais aussi tué, tandis qu’elle
« je l’aurais laissée vivre ».. Et maintenant, dès lors qu’elle a parlé et t’a réprimandé et que tu n’as pas pu la réfuter – comme il est écrit : « Il dit : non ! » (verset 30) – je l’ai fait mourir, afin que l’on ne dise pas : « Voici celle qui a réduit Bil‘am au silence par ses réprimandes et à laquelle il n’a su que répondre ! » Car Hachem ménage la dignité des créatures humaines, comme dans : « et vous tuerez l’animal » (Wayiqra 20, 15), ou dans : « tu tueras la femme et l’animal » (Wayiqra 20, 16) (Midrach Tan‘houma).
וַיֹּ֨אמֶר בִּלְעָ֜ם אֶל־מַלְאַ֤ךְ יְהוָה֙ חָטָ֔אתִי כִּ֚י לֹ֣א יָדַ֔עְתִּי כִּ֥י אַתָּ֛ה נִצָּ֥ב לִקְרָאתִ֖י בַּדָּ֑רֶךְ וְעַתָּ֛ה אִם־רַ֥ע בְּעֵינֶ֖יךָ אָשׁ֥וּבָה לִּֽי׃
Balaam répondit à l'ange du Seigneur "J'ai péché parce que je ne savais pas que tu fusses posté devant moi sur le chemin et maintenant si cela te déplaît je m'en retournerai "
Car je ne savais pas. Cela aussi lui est un affront, car il doit avouer à son corps défendant, tandis qu’il se vantera de « connaître la connaissance du Très-Haut » (infra 24, 16), qu’il n’en connaît rien (Midrach Tan‘houma).
Si cela est mauvais à tes yeux, je m’en retournerai. Cette réponse constitue une protestation contre Hachem. [Bil‘am] lui dit : « C’est Lui-même qui m’a ordonné d’aller, et toi, un ange, tu infirmes ce qu’Il a dit ! C’est bien Son habitude de donner un ordre pour qu’un ange, ensuite, le révoque ! Il a dit à Avraham : “Prends s’il te plaît ton fils…” (Beréchith 22, 2) et Il est ensuite, par l’intermédiaire d’un ange (Beréchith 22, 11), revenu sur ce qu’Il avait dit. Moi aussi, si cela te déplaît, il faudra que je m’en retourne. » (Midrach Tan‘houma).
וַיֹּאמֶר֩ מַלְאַ֨ךְ יְהוָ֜ה אֶל־בִּלְעָ֗ם לֵ֚ךְ עִם־הָ֣אֲנָשִׁ֔ים וְאֶ֗פֶס אֶת־הַדָּבָ֛ר אֲשֶׁר־אֲדַבֵּ֥ר אֵלֶ֖יךָ אֹת֣וֹ תְדַבֵּ֑ר וַיֵּ֥לֶךְ בִּלְעָ֖ם עִם־שָׂרֵ֥י בָלָֽק׃
Mais l'ange du Seigneur dit à Balaam "Va avec ces hommes! Et cependant la parole que je te dicterai celle là seule tu la diras " Et Balaam poursuivit sa route avec les officiers de Balak
Va avec les hommes. On dirige l’homme dans le chemin où il désire aller (Makoth 10b).
Et toutefois. Que tu le veuilles ou non, « la parole que je te déclarerai… ».
Va avec les hommes. Ton destin sera le même que le leur : Un jour viendra où tu disparaîtras du monde.
Avec les princes de Balaq. Il partagea leur joie de pouvoir maudire [Israël] (Midrach Tan‘houma).
וַיִּשְׁמַ֥ע בָּלָ֖ק כִּ֣י בָ֣א בִלְעָ֑ם וַיֵּצֵ֨א לִקְרָאת֜וֹ אֶל־עִ֣יר מוֹאָ֗ב אֲשֶׁר֙ עַל־גְּב֣וּל אַרְנֹ֔ן אֲשֶׁ֖ר בִּקְצֵ֥ה הַגְּבֽוּל׃
Balak ayant appris que Balaam venait alla le recevoir à Ir Moab qui est sur la limite de l'Arnon au point extrême de la frontière
Balaq entendit. Il a envoyé des messagers pour s’annoncer.
Vers ‘Ir-Moav. Vers sa capitale, son chef-lieu, comme pour dire : « Regarde ce qu’ils veulent détruire ! » (Midrach Tan‘houma).
וַיֹּ֨אמֶר בָּלָ֜ק אֶל־בִּלְעָ֗ם הֲלֹא֩ שָׁלֹ֨חַ שָׁלַ֤חְתִּי אֵלֶ֨יךָ֙ לִקְרֹא־לָ֔ךְ לָ֥מָּה לֹֽא־הָלַ֖כְתָּ אֵלָ֑י הַֽאֻמְנָ֔ם לֹ֥א אוּכַ֖ל כַּבְּדֶֽךָ׃
Et Balak dit à Balaam "Ne t'avais je pas appelé par un premier message? Pourquoi n'es tu pas venu près de moi? Est ce qu'en vérité je n'ai pas le pouvoir de te faire honneur?"
Est-ce qu’en vérité je ne pourrai pas t’honorer. Il a prédit qu’un jour viendra où il se séparera de lui dans la honte (Midrach Tan‘houma).
וַיֹּ֨אמֶר בִּלְעָ֜ם אֶל־בָּלָ֗ק הִֽנֵּה־בָ֨אתִי֙ אֵלֶ֔יךָ עַתָּ֕ה הֲיָכֹ֥ל אוּכַ֖ל דַּבֵּ֣ר מְא֑וּמָה הַדָּבָ֗ר אֲשֶׁ֨ר יָשִׂ֧ים אֱלֹהִ֛ים בְּפִ֖י אֹת֥וֹ אֲדַבֵּֽר׃
Balaam répondit a Balak "Tu le vois je suis venu vers toi mais est il en ma puissance de dire quoi que ce soit? La parole que Dieu mettra dans ma bouche c'est celle là que je dois dire "
וַיֵּ֥לֶךְ בִּלְעָ֖ם עִם־בָּלָ֑ק וַיָּבֹ֖אוּ קִרְיַ֥ת חֻצֽוֹת׃
Balaam fit route avec Balak et ils arrivèrent à Kiryath Houçoth
Qiryath-‘Houtsoth. Une ville pleine de boutiques, dont les rues (‘houtsoth) étaient pleines d’hommes, de femmes et d’enfants, comme pour dire : « Vois et aie pitié d’eux, afin qu’ils ne soient pas anéantis ! » (Midrach Tan‘houma).
וַיִּזְבַּ֥ח בָּלָ֖ק בָּקָ֣ר וָצֹ֑אן וַיְשַׁלַּ֣ח לְבִלְעָ֔ם וְלַשָּׂרִ֖ים אֲשֶׁ֥ר אִתּֽוֹ׃
Balak immola bœufs et brebis dont il envoya des parts à Balaam et aux officiers qui l'accompagnaient
Du gros bétail et du menu bétail. Très peu de chose : rien qu’un bovin et un mouton (Midrach Tan‘houma).
וַיְהִ֣י בַבֹּ֔קֶר וַיִּקַּ֤ח בָּלָק֙ אֶת־בִּלְעָ֔ם וַֽיַּעֲלֵ֖הוּ בָּמ֣וֹת בָּ֑עַל וַיַּ֥רְא מִשָּׁ֖ם קְצֵ֥ה הָעָֽם׃
Et le matin venu Balak alla prendre Balaam et le conduisit sur les hauteurs de Baal d'où il vit jusqu'aux dernières lignes du peuple
Les hauteurs de Ba‘al. Comme le rend le Targoum Onqelos : « À la hauteur de son adoration ». C’est le nom d’une idole.