Les enfants d'Israël toute la communauté arrivèrent au désert de Cîn dans le premier mois et le peuple s'arrêta à Kadêch Miryam mourut en ce lieu et y fut ensevelie
Rachi (3)
Toute la communauté. La communauté dans son intégrité, car la « génération du désert » avait totalement disparu et ceux-là étaient destinés à vivre.
Miriam y mourut. Pourquoi le récit de la mort de Miriam fait-il immédiatement suite au chapitre sur la vache rousse ? Pour t’enseigner que, de même que les offrandes procurent l’expiation, de même la mort des justes procure-t-elle l’expiation (Mo‘éd qatan 28a).
Miriam y mourut. Elle aussi mourut par baiser [divin]. Et pourquoi n’est-il pas écrit [comme pour Aharon] : « de la bouche de Hachem » ? Parce que ce n’aurait pas été convenable à l’égard de Hachem (Baba bathra 17a), tandis qu’il est écrit pour Aharon, dans la sidra Mass‘ei, [qu’il est mort] « de la bouche de Hachem » (infra 33, 38).
Or la communauté manqua d'eau et ils s'ameutèrent contre Moïse et Aaron
Rachi (1)
Et il n’y avait pas d’eau pour la communauté. D’où l’on apprend qu’ils ont disposé du puits, tout au long des quarante ans, grâce au mérite de Miriam (Ta‘anith 9a).
et le peuple chercha querelle à Moïse et ils parlèrent ainsi "Ah! Que ne sommes nous morts quand sont morts nos frères devant l'Éternel!
Rachi (3)
Que n’avons-nous expiré. Si seulement nous étions morts !
Quand ont expiré nos frères. Comme ont expiré nos frères : par la peste. Cela nous apprend qu’il n’y a pire mort que celle causée par la soif.
Quand ont expiré (bigwa’). Le mot bigwa’ est un substantif : « la mort de nos frères ». Et il n’est pas correct de le traduire par : « quand sont morts nos frères » car il aurait dû alors être marqué d’un ‘holam (bigwo‘a).
Et pourquoi nous avez vous fait quitter l'Egypte pour nous amener en ce méchant pays qui n'est pas un pays de culture où il n'y a ni figuiers ni vignes ni grenadiers ni eau à boire!"
Moïse et Aaron assaillis par la multitude se dirigèrent vers l'entrée de la tente d'assignation et se jetèrent sur leur face et la majesté divine leur apparut
"Prends la verge et assemble la communauté toi ainsi qu'Aaron ton frère et dites au rocher en leur présence de donner ses eaux tu feras couler pour eux de l'eau de ce rocher et tu désaltéreras la communauté et son bétail "
Rachi (1)
Et leur bétail. D’où l’on apprend que le Saint béni soit-Il ménage l’argent d’Israël (Midrach Tan‘houma).
Puis Moïse et Aaron convoquèrent l'assemblée devant le rocher et il leur dit "Or écoutez ô rebelles! Est ce que de ce rocher nous pouvons faire sortir de l'eau pour vous?"
Rachi (2)
Ils assemblèrent. C’est l’un des endroits où un grand nombre a pu être contenu dans un espace réduit (Midrach Tan‘houma).
Est-ce que de ce rocher-ci nous vous ferons sortir. Ils ne le reconnaissaient plus, car le rocher, lors de la disparition du puits, s’était déplacé pour s’installer parmi les autres. Et les enfants d’Israël leur disaient : « Qu’importe le rocher d’où vous ferez jaillir l’eau ! » Voilà pourquoi [Mochè] les appelle hamorim (« les rebelles »), « des révoltés » en grec, des insensés qui veulent devenir les maîtres (morim) de leurs maîtres. Est-ce que de ce rocher-ci, au sujet duquel nous n’avons pas reçu d’ordre, nous vous ferons sortir de l’eau ?
Et Moïse leva la main et il frappa le rocher de sa verge par deux fois il en sortit de l'eau en abondance et la communauté et ses bêtes en burent
Rachi (1)
Deux fois. Car il n’avait laissé s’écouler, la première fois, que des gouttes, Hachem n’ayant pas ordonné de le frapper mais de lui parler (verset 8). Or, ils ont parlé, mais à un autre rocher, lequel n’a rien laissé jaillir. Ils se sont dit : « Peut-être devrions-nous le frapper comme la première fois », comme il est écrit : « tu frapperas dans le rocher » (Chemoth 17, 6). C’est alors que se présenta ce rocher-là et il le frappa (Midrach Tan‘houma).
Mais l'Éternel dit à Moïse et à Aaron "Puisque vous n'avez pas assez cru en moi pour me sanctifier aux yeux des enfants d'Israël aussi ne conduirez vous point ce peuple dans le pays que je leur ai donné "
Rachi (3)
Puisque vous n’avez pas cru en moi. Le texte nous révèle que, s’il n’y avait eu cet unique péché, ils seraient entrés en Erets Yisrael. Il n’aurait pas fallu, en effet, que l’on pût dire à leur sujet : « Le péché commis par Mochè et Aharon est aussi grave que celui du reste de la génération du désert, à laquelle a été interdite l’entrée dans le pays. » Mais la question : « leur égorgera-t-on du menu bétail et du gros bétail… ? » (supra 11, 22) ne constitue-t-elle pas une faute plus grave que celle-ci ? En fait, étant donné qu’il a parlé là-bas en privé, le texte ne lui tient pas rigueur, tandis que les paroles prononcées ici ont été émises en présence de tout Israël, de sorte que le texte lui en tient rigueur à cause de la sanctification du Nom divin (voir Rachi ibid.).
Pour me sanctifier. Car si vous aviez parlé au rocher et qu’il eût fait jaillir de l’eau, j’aurais été sanctifié aux yeux de la communauté qui se serait dit : « Si ce rocher, qui ne parle ni n’entend ni n’a besoin de nourriture, exécute l’ordre de Hachem, à plus forte raison nous incombe-t-il de le faire ! »
C’est pourquoi (lakhén) vous ne ferez pas venir. Le mot lakhén est une formule de serment, comme dans : « C’est pourquoi (lakhén) j’ai juré à la maison de ‘Eli… » (I Chemouel 3, 14). C’est dans la hâte qu’Il a prononcé ce serment afin qu’ils ne se répandent pas en supplications.
Ce sont là les eaux de Meriba parce que les enfants d'Israël contestèrent contre le Seigneur qui fit éclater sa sainteté par elles
Rachi (2)
Elles sont les eaux de Meriva. Ce sont les mêmes que celles mentionnées ailleurs, à savoir celles qu’ont vues les astrologues de Pharaon et qui leur ont fait prédire que le sauveur d’Israël allait être frappé par l’eau. D’où la décision : « Tout fils l’engendré vous le jetterez vers le fleuve » (Chemoth 1, 22) (Chemoth raba, Sota 12b, Sanhèdrin 101b).
Il se sanctifia en eux. Parce que c’est par elles que moururent Mochè et Aharon. Lorsque le Saint béni soit-Il prononce un jugement contre ceux qui lui sont consacrés, Il se fait craindre et sanctifier par le genre humain (Zeva‘him 115b). De même est-il écrit : « Tu es redoutable, Eloqim, auprès de ceux qui te sanctifient. » (Tehilim 68, 36), et aussi : « Je serai sanctifié en ceux qui me sont proches » (Wayiqra 10, 3).
Moïse envoya de Kadêch des députés au roi d'Edom "Ainsi parle ton frère Israël tu connais toutes les tribulations que nous avons éprouvées
Rachi (2)
Ton frère Israël. Pour quelle raison est-il fait ici état du lien fraternel ? Il voulait lui dire : « Nous sommes frères, descendants d’Avraham, ainsi il est écrit : “ta descendance sera étrangère” (Beréchith 15, 13). C’est à nous deux qu’il appartenait de payer cette dette » (Midrach Tan‘houma).
Tu connais tout le malheur. Qui a entraîné la séparation de votre ancêtre et du nôtre : « Il alla vers une autre terre, à cause de son frère Ya‘aqov » (Beréchith 36, 6), à cause de la dette qui leur incombait à tous deux et dont il s’est démis sur Ya‘aqov.
Jadis nos pères descendirent en Egypte et nous y avons demeuré de longs jours puis les Egyptiens ont agi méchamment envers nous et nos pères
Rachi (2)
Nous ont fait du mal. De nombreux malheurs nous ont assaillis.
Et à nos pères. D’où l’on apprend que les patriarches éprouvent de la souffrance dans leur tombe lorsque des malheurs s’abattent sur Israël (Midrach Tan‘houma).
Mais nous avons Imploré l'Éternel et il a entendu notre voix et il a envoyé un mandataire qui nous a fait sortir de l'Egypte Or nous voici à Kadêch ville qui confine à ta frontière
Rachi (2)
Il a entendu notre voix. Conformément à la bénédiction que nous avons reçue de notre ancêtre : « La voix, c’est la voix de Ya‘aqov… » (Beréchith 27, 22) – lorsque nous implorons, nous sommes exaucés.
Un messager. Il s’agit de Mochè. D’où l’on apprend que les prophètes sont appelés « messagers » (Midrach Tan‘houma), comme il est écrit : « Ils se moquaient des “messagers” de Eloqim » (II Divrei Hayamim 36, 16).
Permets nous de traverser ton pays! Nous ne passerons pas par tes champs ni par tes vignes et nous ne boirons point de l'eau des citernes nous suivrons la route royale sans nous en écarter à droite ou à gauche jusqu'à ce que nous ayons passé ta frontière "
Rachi (3)
Nous passerons, de grâce, par ton pays. Tu ne peux pas t’opposer à ce que nous prenions possession d’Erets Yisrael. Étant donné que tu n’as pas payé ta part de la dette, aide-nous un peu en nous laissant traverser ton pays !
Et nous ne boirons pas l’eau du puits. Il aurait fallu écrire : l’eau « des puits » ! Voici, en fait, ce qu’a voulu dire Mochè : « Il est vrai que nous disposons de la manne comme nourriture et d’un puits pour boire. Nous n’en boirons cependant pas, et nous vous achèterons, dans votre intérêt, de quoi manger et de quoi boire. » D’où l’on apprend qu’un voyageur, même s’il a emporté de quoi manger, doit s’approvisionner chez le commerçant [local] pour lui procurer un bénéfice (Midrach Tan‘houma).
Nous irons par le chemin du roi…. Nous musellerons notre bétail afin qu’il n’aille pas brouter çà et là.
Edom lui répondit "Tu ne traverseras point mon pays car je me porterais en armes à ta rencontre "
Rachi (1)
De peur que par l’épée je sorte à ta rencontre. Vous vous targuez de la « voix » dont vous avez hérité de votre ancêtre et dites : « Nous avons crié vers Hachem, Il a entendu notre “voix” ». Je vais, moi, sortir contre vous avec ce dont j’ai hérité du mien : « Et sur ton “épée” tu vivras » (Beréchith 27, 40) (Midrach Tan‘houma).
Les enfants d'Israël lui dirent "C'est par la chaussée que nous voulons monter et si nous buvons de ton eau moi ou mes bestiaux j'en paierai le prix mais il n'en sera rien je ne ferai que traverser à pied "
Rachi (1)
Seulement, sans autre chose. Aucune chose ne te causera de dommage.
Ils partirent de Kadêch et les enfants d'Israël en masse arrivèrent à Hor la Montagne
Rachi (2)
Toute la communauté. « Totalement » intègre et « totalement » prête à entrer en Erets Yisrael. Plus personne parmi eux n’était visé par l’interdiction, tous ceux qui devaient mourir dans le désert ayant disparu. Ceux qui restaient sont ceux à propos desquels il est écrit : « Vous êtes tous vivants aujourd’hui » (Devarim 4, 4) (Midrach Tan‘houma).
Hor-la-montagne. Une montagne (har) posée sur une montagne, comme une petite pomme posée sur une grande. Il est vrai que la nuée qui les précédait nivelait les hauteurs (voir Rachi supra 10, 34). Cependant, trois sommets ont subsisté : le mont Sinaï pour la Tora, le mont Nevo pour servir de sépulture à Mochè, et Hor-la-montagne pour servir de sépulture à Aharon (Midrach Tan‘houma).
L'Éternel parla à Moïse et à Aaron à Hor la Montagne sur les confins du pays d'Edom en ces termes
Rachi (1)
Sur la limite du pays d’Édom. Cela nous apprend que pour s’être rapprochés de ‘Essaw l’impie, leurs entreprises ont été sapées et ils ont perdu ce juste. C’est de la même manière que le prophète dit à Yehochafat : « Parce que tu t’es lié avec A‘hazia, Hachem a détruit tes œuvres… » (II Divrei Hayamim 20, 37) (Midrach Tan‘houma).
"Aaron doit rejoindre ses pères car il n'entrera point dans le pays que j'ai donné aux enfants d'Israël attendu que vous avez dérogé à ma parole au sujet des eaux de Meriba
Prends donc Aaron avec Eléazar son fils et fais les monter sur le mont Hor
Rachi (1)
Prends Aharon. Par des paroles de consolation. Dis-lui : « Heureux es-tu de voir ta couronne être attribuée à ton fils, mérite que moi-même n’aurai pas ! » (Midrach Tan‘houma).
dépouille Aaron de son costume et revêts en Eléazar son fils alors Aaron rejoindra ses pères et il mourra là "
Rachi (1)
De ses vêtements. « Fais-lui revêtir ses habits de kohen gadol, puis enlève-les lui pour les donner à son fils en sa présence ! » [Mochè] lui dit : « Entre dans cette grotte ! » Il y entra et y vit un lit préparé et une lumière allumée. Il lui dit : « Monte sur le lit ! » Et il monta. « Écarte les bras ! » Il les écarta. « Ferme la bouche ! » Il la ferma. « Clos les yeux ! » Il les ferma. Aussitôt Mochè se prit à souhaiter la même mort, comme il est écrit : « … comme est mort Aharon, ton frère » (Devarim 32, 50) – de la mort que tu as désirée (Sifri Haazinou).
Et Moïse dépouilla Aaron de son costume le fit revêtir à Eléazar son fils et Aaron mourut là au sommet de la montagne Moïse et Eléazar redescendirent la montagne
La communauté voyant qu'Aaron avait cessé de vivre toute la maison d'Israël le pleura trente jours
Rachi (3)
Toute la communauté vit…. Lorsqu’ils virent que Mochè et El‘azar étaient redescendus et que Aharon ne l’était pas, ils ont demandé : « Où est Aharon ? » Il leur a répondu : « Il est mort. » « Se peut-il, ont-ils répliqué, que l’ange de la mort, qu’il avait pourtant vaincu en faisant arrêter le fléau (supra 17, 13), ait pu le vaincre ? » Aussitôt Mochè invoqua la miséricorde divine, et les anges de service leur montrèrent Aharon étendu sur le lit. Ils l’ont vu et ont alors cru (Midrach Tan‘houma).
Toute la maison d’Israël. Hommes et femmes. Car Aharon, qui était épris de paix, rétablissait la concorde entre les rivaux et l’amour entre mari et femme.
Avait expiré (ki gawa’). Il est incorrect, à mon avis, de traduire par : « “car” il était mort », à moins de rendre wayirou (« ils virent ») par : « ils furent visibles ». Car nos maîtres n’ont expliqué le mot ki comme voulant dire ici : « car » que pour introduire le midrach selon lequel les nuées de gloire ont disparu [à la mort de Aharon], et ce conformément à l’enseignement de Rabi Avahou. Car Rabi Avahou a enseigné : « Il ne faut pas lire : wayirou (“ils virent”), mais : wayyéraou (“ils furent visibles”) » (Roch hachana 3a). Cette interprétation justifie la traduction par « car », étant donné que c’est une explication de ce qui précède : Pourquoi ont-ils « été visibles » ? Parce que Aharon était mort. Mais dans la traduction du Targoum Onqelos : « toute la communauté vit », on ne peut pas rendre ki par « car », mais par « que », parfois employé comme im (« si »), comme dans : « Et si (weïm) pourquoi mon esprit ne serait-il pas à bout de patience ? » (Iyov 21, 4), de nombreux passages étant à traduire ainsi, comme : « Si (im) ses jours sont déterminés » (Iyov 14, 5).
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