Le Hayom Yom (« De jour en jour ») est le calendrier de pensées 'hassidiques
compilé par le Rabbi de Loubavitch. Voici les enseignements du mois de Nissan,
en français, jour par jour. Tous les mois.
1 Nissan
Pendant tout le mois, on ne dit pas le Ta'hanoun
Après avoir récité le Nassi (Sidour p.368), on dit le "Yehi Ratson" (Sidour p.368) qui est imprimé dans le Sidour Torah Or.
Les Léviim et les Cohanim disent également le Nassi.
Mon père (le Rabbi Rachab) demanda à son beau-frère, Rabbi Moché Horenstein, qui était un Cohen, de dire le "Yehi Ratson" suivant le Nassi. Il lui expliqua qu'un Cohen ou un Lévi doivent également le dire car du fait de la gestation d'une âme à l'intérieur d'une autre.
(Le Nassi décrit le sacrifice des douze chefs de tribu pendant les douze jours d'inauguration du Sanctuaire. Le Cohen et le Lévi savent qu'ils appartiennent à la tribu de Lévi. Néanmoins, le principe de la gestation des âmes a pour conséquence qu'ils peuvent aussi être liés à d'autres tribus.)
2 Nissan
Hilloula de mon père (le Rabbi Rachab), qui quitta ce monde à la veille du dimanche 2 Nissan 5680 (1920), à Rostov. C'est là qu'il repose.
Le premier discours 'hassidique qu'il prononça, après le décès de son père (le Rabbi Maharach), fut dit le second jour de Soukkot 5643 (1882). Il commençait par "Keter Itenou Le'ha", "ils Te donneront une couronne".
. Le dernier discours 'hassidique qu'il prononça de son vivant fut récité pendant le repas de Pourim 5680 (1920). Il commençait par "Rechit Goyim Amalek, Kets Sam La 'Hoche'h", "la première des nations est Amalek. Il fixa une limite à l'obscurité".
3 Nissan
Voici quelques unes des études que s'était fixée mon père (le Rabbi Rachab):
Chaque jour, il apprenait une Paracha du 'Houmach avec le commentaire de Rachi. Il récitait du Tana'h par coeur, un chapitre de Torah, un des Prophètes et un des Ecrits saints, puis un chapitre de Michna, une étude approfondie de la Guemara (deux feuilles par semaine), une étude du sens simple de la Guemara (trois pages par jour), une étude du Talmud de Jerusalem, une étude des Décisionnaires, laquelle toutefois n'était pas quotidienne.
Durant l'année, il concluait l'ensemble du Midrach Rabbah, n'étudiant pas toute la Sidra lorsque celle-ci était longue, et rattrapant ce qu'il n'avait pu étudier, lorsque la Sidra était courte.
4 Nissan
Le service de D.ieu d'un commerçant se décrit en deux points principaux:
. L'effort sur sa propre personne: pendant son activité, durant les moments libres, se trouvant, par exemple, dans son magasin, il apprendra une Michna ou deux, un chapitre de Tanya. Il connaîtra par coeur quelques paroles de la Torah, 'Houmach, Michna, Tehilim, Tanya, afin de les réciter lorsqu'il marche dans la rue ou se trouve au marché.
. L'effort envers les autres: lors de discussions commerciales, il introduira une ouverture dans la conversation pour y inclure une histoire ayant un contenu à retenir; il trouvera le moyen de souligner l'importance de l'étude ou d'autres activités similaires.
5 Nissan
Dans le paragraphe "Retsé" (Sidour p.91) du Birkat Hamazon (bénédiction qui suit le repas), on dit "Baal Hayechouot Ou Vaal Hane'hamot", "le Maître du salut et le maître de la consolation", Baal la première fois, Vaal la seconde.
Mon grand-père (le Rabbi Maharach) expliqua le commentaire de nos Sages selon lequel «ce n'est pas l'endroit de l'homme qui l'honore, mais c'est lui qui honore son endroit». Il indiqua que le mot Kavod a deux significations:
Il peut être rapproché de Kaved, le foie, ainsi qu'il est dit (Chemot 7, 14): "le coeur du Pharaon est dur (Cavet)". Son coeur était devenu comme un foie (froid, insensible). Par ailleurs, Kavod, honneur, désigne le dévoilement d'une Lumière céleste qui entoure le monde.
C'est ainsi que doit être compris ce passage:
«Ce n'est pas l'endroit de l'homme qui l'honore», qui le refroidit, le rend insensible. Bien au contraire, «c'est lui qui honore son endroit», car il possède la force nécessaire pour l'éclairer par la lumière de la Torah et du service de D.ieu.
Lorsqu'une âme s'introduit dans un corps, on lui fait jurer d'être un Juste. Ce serment a pour but de la rassasier d'intenses forces lui permettant de mener à bien la mission qui lui est confiée à l'occasion de cette descente (dans le monde matériel). Ce qui est vrai pour la descente de l'âme s'applique dans les mêmes termes à chacun, quel que soit l'endroit où il se trouve.
(Chaque Juif a donc la force d'illuminer son entourage, l'endroit où il se trouve.)
6 Nissan
L'expérience a démontré qu'en diminuant les spéculations, en travaillant de manière ferme et méthodique, en se servant du "plaisir" de la Torah, lorsque «la main droite rapproche et la main gauche repousse», on est certain de connaître la réussite, en particulier pour ce qui concerne les points fondamentaux de notre foi.
(Nos Sages enseignent ainsi (Sotta 47A) qu'il faut tenir son prochain en haute estime, tout en repoussant ses mauvaises actions.)
7 Nissan
Dans la prière "Vayehi Binsoa" (Sidour p.189), nous disons "et suivant la volonté de tout Ton peuple, la maison d'Israël".
Le nom de famille de l'Admour Hazaken était Barou'hovitch, celui de l'Admour Haemtsahi, Chneouri, celui du Tséma'h Tsédek, Schneersohn.
8 Nissan
Chaque âme est investie d'une mission spécifique qu'elle assure par son intellect et ses sentiments, selon sa nature et son caractère.
Il est dit (Tehilim 119, 98): «donne moi la sagesse face à mes ennemis». Lorsque l'on ressent l'effet du mauvais penchant, on peut mettre en évidence ses sentiments naturels, faire preuve de sagesse, corriger ses traits de caractères et assujettir ses propres forces au service de D.ieu.
9 Nissan
Ce ne sont pas les maisons et l'argent qui constituent la richesse juive. L'éternelle richesse juive est la qualité des Juifs qui respectent la Torah et les Mitsvot, mettent au monde des enfants et des petits-enfants respectant la Torah et les Mitsvot.
10 Nissan
Concernant la campagne qui a pour objet de populariser le respect de la pureté familiale dans sa communauté, on méditera au point suivant:
Si D.ieu avait confié à quelqu'un la possibilité de sauver une ville entière de la destruction, D.ieu nous en garde, il aurait, sans nul doute, accepté de risquer sa vie pour y parvenir et aurait remercié D.ieu pour Sa Bonté de lui avoir accordé un tel mérite.
Il en est exactement de même, dans une proportion peut-être même encore plus importante, pour ce qui est de cette campagne: elle permet véritablement de sauver des vies.
(Il est à noter que, le 10 Nissan, mourut Myriam, par le mérite de laquelle les Juifs disposèrent du puits qui leur permit de respecter la pureté familiale dans le désert. Par ailleurs, le Rambam dit: «si l'enfant se nourrit pendant la gestation de sang sain mais entaché par l'état de Nidda, par le non respect de la pureté familiale, ceci l'affectera et il naîtra couvert de plaies et d'ulcères. D'après l'avis de nos Sages, il sera un "Metsora", un lépreux».)
11 Nissan
Durant le jour de son anniversaire, un homme doit s'isoler, évoquer ses souvenirs et y méditer, réparer tout ce qui doit l'être et faire Techouva.
(C'est à cette date que naquit le Rabbi, en 5662 (1902), pour de longs jours et de bonnes années, pour la délivrance et l'éternité.)
12 Nissan
. A Min'ha, on dit Avadim Ayinou (dans la Hagada de Pessa'h).
(Pendant le Chabbat Hagadol, après Min'ha, on dit depuis "Avadim Ayinou" jusqu'à "Le'haper Al Kol Avonoteïnou", car alors commencèrent la délivrance et les miracles. Telle est notre coutume.)
Depuis la sortie d'Egypte, les enfants d'Israël sont appelés Tsivot Hachem, les armées de D.ieu (Chemot 12,4). La différence entre des serviteurs, terme qualifiant également les Juifs et des armées, est la suivante:
Le serviteur exécute le travail de son maître, qui peut recevoir différentes formes: l'un enfilera des perles, le second fera d'autres travaux minutieux, alors qu'un troisième s'occupera de simples besognes. De ce dernier, sont attendus de la fatigue et beaucoup d'efforts. Pour autant, il ne lui est pas demandé de faire don de sa propre vie.
L'armée est composée de serviteurs qui s'acquittent de leur tâche sans ménager leur fatigue, avec beaucoup d'efforts, aussi bien lors d'une guerre défensive que pendant une guerre offensive. Ils se tiennent à leur poste avec la plus grande détermination, sans s'effrayer devant l'opposant et l'ennemi. Leur service n'est pas basé sur leur compréhension, car ils agissent en fonction des instructions de leurs officiers.
En Egypte, les Juifs connaissaient une profonde dégradation. Ils étaient soumis à d'âpres et amères épreuves. Malgré cela, ils ne changèrent par leur nom, leur langue et leurs habits distinctifs. Ils demeurèrent à leur poste, avec la plus grande abnégation. Ils savaient, en effet, que D.ieu avait donné l'assurance qu'Il les libèrerait.
Celui qui, dans de telles conditions, adopte une attitude similaire, appartient à l'armée de D.ieu, Qui lui vient en aide, d'une manière naturelle tout en transcendant la nature.
13 Nissan
Hilloula du Tséma'h Tsédek, qui quitta ce monde en 5626 (1866) à Loubavitch, où il fut enterré.
Voici l'une des histoires de mon grand-père (le Rabbi Maharach):
Le Tséma'h Tsédek commença à rédiger des dissertations érudites sur le Talmud et des commentaires de la 'Hassidout à l'âge de douze ans.
(Ce jour est également celui de la Hilloula du Beth Yossef. Une allusion peut être trouvée à ce fait dans la Meguila (3,12): «et furent appelés les scribes du roi (le Beth Yossef et le Tséma'h Tsédek), le premier mois, le treizième jour du mois.)
14 Nissan
. Dans la famille du Rabbi, on ne charge pas le Rav de la vente du 'Hamets, mais on le lui vend directement, avec une tierce personne qui se porte garante.
Lorsque l'on cuisait les Matsot Chemourot, à la veille de Pessa'h, dans l'après-midi, mon père (le Rabbi Rachab) était personnellement présent. Il disait également le Hallel mais s'interrompait, au besoin au milieu d'un paragraphe, afin d'indiquer comment pétrir, cuire ou faire les autres travaux.
15 Nissan
Pour le Maror et le 'Hazeret, notre coutume consiste à placer à la fois du raifort et de la salade sur le plateau du Séder.
. Le Kiddouch est récité debout (tout comme le Chabbat ou le Yom Tov).
. La Hagada commence par "He La'hma" et non "Ha La'hma".
. Lorsque l'on récite la bénédiction sur le Maror, on pense à la faire porter aussi sur sa seconde partie, celle du Kore'h, qui est consommé entre deux morceaux de Matsa.
Mon père (le Rabbi Rachab) écourtait le premier Seder, afin de manger l'Afikoman avant le milieu de la nuit. Il allongeait, en revanche, le second qui commençait à neuf heures du soir et se prolongeait jusqu'à trois ou quatre heures du matin. Alors, il commentait longuement la Hagada.
L'Admour Hazaken dit:
«La Matsa du premier soir est une nourriture de foi, celle du second soir, une nourriture de guérison. Lorsque la guérison conduit à la foi, lorsqu'on remercie D.ieu d'être guéri, on a néanmoins été malade. En revanche, lorsque la foi conduit à la guérison, il n'y a, a priori, pas eu de maladie.»
(Selon les termes du Rambam: «à celui qui adopte les comportements que nous avons enseignés, je garantis qu'il ne connaîtra pas la maladie... sera entier en son corps... tous les jours».)
16 Nissan
Le second soir de la fête des Matsot, le Chema Israël récité avant le coucher, est dit comme à chaque Yom Tov.
(Le premier soir, en revanche, est appelé "soirée de protection". On dit alors uniquement le premier paragraphe du Chema (Sidour p.119) et la bénédiction "Hamapil" (p.123).)
Celui qui n'a pas de père, D.ieu nous en garde, fait également précéder le "Ma Nichtana" de la formule «Père, je te poserai quatre questions».
Dans le même esprit, celui qui a déjà perdu son père et sa mère, dit néanmoins, dans le Birkat Hamazon (qui suit le repas), «Puisse-t-Il bénir mon père et ma mère» (Sidour p.93).
17 Nissan
«Celui-ci (Zé), qui commente largement la sortie d'Egypte, est digne d'éloge».
Le terme Zé indique un niveau du Sacré, ainsi qu'il est dit: «Voici (Zé), c'est notre D.ieu». Celui qui multiplie les explications relatives à la sortie d'Egypte enrichira le Zé, l'élément de Sainteté qu'il porte en lui.
18 Nissan
A Min'ha, on dit "Pata'h Elyahou" mais non "Hodou" (Sidour p.124 / 125).
(C'est le cas lorsque le Yom Tov ou le 'Hol Hamoëd est un vendredi. Mais, si le Yom Tov est un Chabbat, on dira "Hodou" le vendredi à Min'ha.)
En 5608 (1848), le Tséma'h Tsédek prononça un discours 'hassidique introduit par le verset «si tu prêtes de l'argent (Kessef) à Mon peuple».
L'argent fait allusion à l'âme, qui éprouve une soif (Kossef) et une envie perpétuelle de s'élever, ainsi qu'il est dit: «l'esprit de l'homme monte vers les hauteurs». Le terme "homme" désigne ici l'âme juive, car il est dit «vous (Israël) êtes appelés des hommes».
L'âme est prêtée à l'homme et il est écrit: «des jours ont été créés». Le nombre des jours de l'existence est fixé pour chacun. Or, «s'il manque un jour, il manque un habit».
(Ce verset figure dans l'étude du 'Houmach de ce jour. Les Mitsvot que l'homme accomplit pendant sa vie physique constituent les vêtements de son âme.
Ce jour est, en outre, l'anniversaire de la naissance de Rabbi Lévi Its'hak, père du Rabbi Chlita de Loubavitch, en 5638 (1878). A cette date, fut célébrée la circoncision du Rabbi Chlita, en 5662 (1902). Rabbi Lévi Its'hak expliqua alors la signification de ces deux événements.)
19 Nissan
On dit (dans la prière Le'ha Dodi) "Gam Besim'ha Oubetsahola" (avec joie et allégresse) (Sidour p.132).
. Les prières "Chalom Ale'hem", "Echet 'Haïl", "Mizmor Ledavid", "Da Hi Seoudata" et "Veiten Le'ha" sont récitées à voix basse (Sidour p. 144-146 ; 235).
Mon père (le Rabbi Rachab) expliqua, une fois, les quatre questions du "Ma Nichtana":
«En quoi cette nuit est-elle différente de toutes les autres nuits?». En quoi le présent exil, comparé à la nuit, est-il différent des précédents?
«Toutes les nuits, nous ne trempons pas nos aliments, fut-ce même une seule fois. Cette nuit, nous les trempons deux fois». Tremper signifie se rincer, se clarifier et se purifier. Dans les exils précédents, la purification ne fut pas totale. Aussi, furent-ils suivis d'un autre exil. Celui-ci, par contre, apportera à la fois la purification du corps et le dévoilement de l'âme.
«Toutes les nuits, nous mangeons du 'Hametz ou de la Matsa, cette nuit, seulement de la Matsa». Dans les autres exils, l'effort, même après la fin de l'exil, émanait de l'âme divine, à laquelle fait allusion la Matsa, symbole de la soumission, mais il découlait également de l'âme animale, qui évoque le 'Hametz, faisant penser à l'orgueil. Après ce dernier exil, par contre, «l'esprit d'impureté sera retiré de la terre».
«Toutes les nuits, nous mangeons toutes sortes de légumes, cette nuit, seulement des herbes amères». Lorsque quelqu'un éprouve de la jalousie, son visage verdit (comme un légume). Dans chaque exil, il y eut différentes formes de jalousie, par exemple la rivalité entre les érudits. Ce dernier exil connaîtra la plus haute jalousie, ainsi qu'il est dit: «Chaque Juste sera jaloux du dais dressé pour son ami».
«Toutes les nuits, nous mangeons assis ou accoudés, cette nuit, nous sommes tous accoudés». Les dévoilements de l'exil (le manger) suscitent le plaisir. On distingue l'essence du plaisir de son émanation. L'un parviendra, par son effort, à accéder au premier, l'autre n'aura que le second. Après ce dernier exil, par contre, tous les Juifs atteindront l'essence du plaisir.
20 Nissan
Pendant une fête de Pessa'h, Rabbi 'Haïm Avraham, fils de l'Admour Hazaken, rendit visite à son frère, l'Admour Haemtsahi, afin de lui souhaiter une bonne fête. Rabbi 'Haïm Avraham rapporta, à cette occasion, les propos suivants de l'Admour Hazaken:
«A Pessa'h, on ne doit pas proposer de nourriture ou de boisson à son invité. A l'inverse, ce dernier peut se servir lui-même».
(Certaines personnes adoptent, en effet, des règles très restrictives à Pessa'h, qui les empêchent de consommer ce qu'ils n'ont pas eux-mêmes préparé. Offrir de la nourriture à une telle personne pourrait, ainsi, la mettre dans l'embarras.)
21 Nissan
.Lorsqu'on lit le Cantique de la Mer, on se tient debout.
A Loubavitch, on avait coutume de veiller pendant la septième nuit de Pessa'h, à Chavouot et à Hochaana Rabba.
Lorsque j'avais neuf ans, je n'allais plus dormir, à Chevii Chel Pessa'h. Il faut étudier toute cette nuit.
22 Nissan
. Pendant la journée, on s'efforce d'adopter l'ordre suivant. On récite d'abord le Kidouch. On dit ensuite la prière de Min'ha. Puis, on prend le repas de la fête.
(On établit, de cette façon, un parallèle avec le troisième repas du Chabbat, qui est également pris après Min'ha.)
. Le Baal Chem Tov prenait trois repas à A'haron Chel Pessa'h.
. Il appelait le dernier repas d'A'haron Chel Pessa'h "la Seouda du Machia'h". C'est à A'haron Chel Pessa'h qu'est consommé le repas du Machia'h, car un rayon de la clarté messianique éclaire alors de manière évidente.
En 5666 (1906), pour la première fois, les élèves de la Yechiva Tom'heï Temimim, à Loubavitch, prirent ensemble leur repas, à Pessa'h, dans la grande salle d'étude. Il y avait alors 310 élèves et dix huit tables. Mon père (le Rabbi Rachab) partagea le repas d'A'haron Chel Pessa'h avec ces élèves. Il demanda que l'on distribue quatre coupes de vin à chacun et dit:
«Ceci est le repas du Machia'h».
(Bien sûr, il n'en fut pas ainsi uniquement cette année-là. La pratique fut adoptée par la suite également.)
23 Nissan
La présence du Machia'h se révèle pendant A'haron Chel Pessa'h. Elle est alors à la portée de chaque Juif.
Pessa'h symbolise le "bond en avant" (plutôt que l'ordre établi). C'est également une "nuit de protection" (propice à la rédemption). De façon générale, cette fête est perçue comme un temps de liberté. Puis, lorsqu'elle s'achève, on s'introduit dans le monde extérieur. C'est alors qu'intervient ce dévoilement du Machia'h: il apporte la ferme résolution qui est nécessaire pour se maintenir dans le monde.
24 Nissan
On a coutume de ne pas dire la bénédiction de "Chehe'hyanou" pendant la période de l'Omer.
Nous possédons tous en nous ce qui ne relève pas du bien. Le bouc émissaire, symbolisant le mal, que l'on envoyait à Azazel, était partie intégrante du service de D.ieu effectué dans le Temple. Chaque créature matérielle a immanquablement en elle un élément négatif. Il faut donc l'envoyer vers le mal, vers une "terre inculte".
25 Nissan
L'effort de chacun dans le service de D.ieu doit être à la mesure de son caractère et de ses qualités. Quelqu'un peut être capable d'enfiler des perles ou de tailler des pierres précieuses mais se contenter de faire cuire du pain (l'équivalent de ces travaux pour le service de D.ieu sera aisément perçu). Une telle personne accomplit sans nul doute une tache d'une grande utilité. Elle lui sera cependant comptée comme une faute.
('Heth, la faute, signifie également le manque.)
26 Nissan
. On bénit le Roch 'Hodech Iyar.
. On lit tous les Tehilim, le matin.
. C'est un jour de Farbrenguen.
. Haftara : Halo Kivnei Kouchim
Voici un extrait d'un discours de mon père (le Rabbi Rachab):
«La 'Hassidout demande l'application du verset "il rincera sa chair dans l'eau et se vêtira (de vêtements sacerdotaux)". Ainsi, la compréhension de la 'Hassidout doit rincer la chair et ce qui lui est inhérente, toutes les habitudes qu'elles génèrent. C'est alors seulement que l'on peut se revêtir des vêtements sacerdotaux.
Penser à la 'Hassidout, en parler, adopter les comportements des 'Hassidim, méditer avant la prière, sont des "vêtements sacerdotaux", appartenant à la Sainteté. Par contre, "rincer sa chair dans l'eau" n'est possible qu'au prix d'un effort personnel.
Les vêtements de l'âme sont donnés d'en haut à chacun. Par contre, rincer ce qui est inhérent à la nature du corps, conduire sa chair à la Sainteté ne peut être réalisé que par l'effort de l'homme.
C'est là ce que demande la 'Hassidout. Notre grand maître, l'Admour Hazaken fit don de lui-même pour que s'accomplisse cet idéal. Il ouvrit la voie de l'abnégation totale pour le service de D.ieu par la prière, pour se lier à l'Essence de D.ieu. La 'Hassidout place le 'Hassid face à face avec l'Essence divine.»
27 Nissan
Ce qui est permis mais n'est accompli que pour son plaisir est totalement mauvais, comme l'explique l'Admour Hazaken (Tanya Chapitre 7). Car il est dit «sanctifie-toi dans ce qui t'est permis».
Il faut donc pénétrer de Sainteté les choses permises en en faisant des instruments de renforcement de la Torah, des Mitsvot, de la crainte de D.ieu et des traits de caractère positifs.
28 Nissan
Des 'Hassidim demandèrent à l'Admour Hazaken:
«Quelle est la forme du service de D.ieu la plus élevée, l'amour de D.ieu ou l'amour d'Israël?»
Il répondit:
«L'amour de D.ieu et l'amour d'Israël sont tous deux incrustés dans la Nechama, le Roua'h et le Nefech, les trois parties de l'âme possédée par chaque Juif. Le verset dit clairement: «Je vous ai aimé, dit l'Eternel». Il en découle que l'amour d'Israël est plus élevé, car on aime ceux qu'aime Celui que l'on aime.»
29 Nissan
L'introduction à "Likouteï Torah sur trois Parachyot" est un discours 'hassidique commençant par les mots «pour comprendre le sens de l'âme divine, ainsi qu'il est écrit: "ne mangez pas"». Celui-ci fut, à l'origine, prononcé par l'Admour Hazaken devant le Tséma'h Tsédek.
Ce dernier le répéta en sa présence et l'Admour Hazaken lui dit: «Eh bien! Quel parfum y apportes-tu?»
Alors, le Tséma'h Tsédek rédigea ce discours et y ajouta des notes, en bas de page. L'Admour Hazaken corrigea ce texte et demanda d'introduire les notes dans le corps du discours.
Selon le conseil de mon père (le Rabbi Rachab), c'est ce discours qui fut choisi comme introduction au "Likouteï Torah sur trois Parachyot" (du Rabbi Maharach).
30 Nissan
Les Farbrenguens du troisième repas du Chabbat, ceux du Chabbat qui bénit le mois, des jours de fêtes, des Roch 'Hodech et des célébrations 'hassidiques ont lieu à la synagogue.
Les Farbrenguens de Melavé Malka (à l'issue du Chabbat) se déroulent au domicile des 'Hassidim.
Le Hayom Yom du jour dans Koulam
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