Lois relatives aux sacrifices quotidiens et additionnels · Chapitre 10
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 503 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. La communauté offre encore un bouc en expiatoire, qui est brûlé ; c’est le bouc dont le partenaire est le bouc émissaire.
3. Le premier jour de la fête de Souccot, on offre en sacrifice supplémentaire (moussaf) du jour treize taureaux, deux béliers et quatorze agneaux, tous en holocaustes, et un bouc en sacrifice expiatoire dont la chair est consommée par les cohanim. De même, chacun des sept jours de la fête de Souccot, on offre deux béliers, quatorze agneaux et un bouc en expiatoire.
4. En revanche, on n’offre pas le même nombre de taureaux chaque jour de la fête de Souccot, mais on en enlève un chaque jour : le deuxième jour de la fête, on offre douze taureaux, le troisième jour, onze, et ainsi de suite de sorte que le sacrifice du septième jour consiste en sept taureaux, deux béliers et quatorze agneaux, tous offerts comme holocaustes, et un bouc en expiatoire.
5. Le jour de Chemini Atséret, on offre comme offrande supplémentaire (moussaf) du jour : un taureau, un bélier et sept agneaux, tous en holocaustes, et un bouc en expiatoire ; ces sacrifices ne sont pas la suite des sacrifices de la fête de Souccot : il s’agit d’une offrande de moussaf à part.
6. Tous les sept jours de la fête de Souccot, on verse en libation de l’eau sur l’autel ; il s’agit là d’une loi dite à Moïse sur le Sinaï. En même temps que les libations de vin qui accompagnent le sacrifice quotidien du matin, on verse l’eau en libation, séparément.
7. Aurait-on versé l’eau dans le vin ou le vin dans l’eau pour ensuite verser les deux en libation d’un seul récipient, on est quitte des libations de vin et d’eau. Aurait-on fait les libations d’eau avant le sacrifice, voire fait les libations d’eau la nuit, on est quitte. On verse les libations sur le coin sud-est, au-dessus de la mi-hauteur de l’autel, et le tout, à savoir l’eau et le vin, descend dans les trous appelés chitine. Comment procédait-on pour les libations d’eau ? Un cohen préposé à cette tâche remplissait du Chiloa’h – source d’eau proche de Jérusalem – un pichet en or ayant une capacité de trois log. Lorsque lui et le cortège qui l’accompagnait parvenaient à la porte de l’Eau, une des portes sud du parvis, ils sonnaient une tékia, une téroua et une tékia. Le cohen montait sur la rampe de l’autel avec le pichet à la main, il tournait à sa gauche du côté du coin sud-ouest de l’autel et versait l’eau du pichet dans un bol qui s’y trouvait. Il y avait deux bols en argent au coin sud-ouest de l’autel : l’un à l’ouest servait pour l’eau et l’autre à l’est servait pour le vin des libations. Ces bols étaient percés à leur base de deux trous ressemblant à deux fines narines. Le trou du bol pour l’eau était plus étroit que celui du bol pour le vin, afin que l’eau finisse de s’écouler en même temps que le vin.
8. Le cohen qui versait l’eau en libation, on lui disait : « Lève ta main en versant l’eau » afin que tout le monde voie clairement qu’il verse l’eau dans le bol. Car une fois, un cohen versa les libations sur ses pieds et non dans le bol, et tous les présents le bombardèrent de leurs étrog qu’ils tenaient à la main, se disant que ce cohen était un membre de la secte des Saducéens qui dénient la validité de la Loi orale et affirment qu’il n’est pas prescrit de verser de l’eau en libation.
9. La cérémonie des libations d’eau se déroule de la même façon le chabbat qu’en semaine, si ce n’est que l’on remplissait l’eau de la source depuis vendredi. On remplissait d’eau une cruche en or ne faisant pas partie des ustensiles sacerdotaux ; on la déposait dans la loge, et le lendemain, c’est-à-dire le chabbat, on remplissait le pichet destiné aux libations à partir de cette cruche.
10. Si l’eau de la cruche s’était renversée ou était restée découverte, on remplissait de l’eau à partir du kior et on la verse en libation.
11. Chacun des jours de la fête de Souccot, les lévites récitaient un autre chant pour accompagner le sacrifice supplémentaire (moussaf) de la journée. Le premier jour de demi-fête (‘Hol Hamoed), ils récitaient le psaume 29 : « Célébrez l’Éternel, ô, fils de D.ieu ». Le deuxième jour de ‘Hol Hamoed, ils récitaient le psaume 50 où il est dit : « Quant au méchant, D.ieu lui dit, etc. ». Le troisième jour de ‘Hol Hamoed, ils récitaient le psaume 94 à partir du verset 16 : « Qui m’assistera pour faire front aux malfaiteurs ». Le quatrième jour de ‘Hol Hamoed, ils récitaient le début de ce même psaume, où il est dit : « Réfléchissez donc, ô, gens stupides, etc. ». Le cinquième jour de ‘Hol Hamoed, ils récitaient le psaume 81 où il est dit : « J’ai déchargé du fardeau son épaule ». Le sixième jour de ‘Hol Hamoed, ils récitaient le psaume 82 où il est dit : « tous les fondements de la terre sont ébranlés ». Et si chabbat tombait l’un de ces jours de ‘Hol Hamoed, le psaume du sixième jour : « tous les fondements de la terre sont ébranlés » était repoussé.
12. Nous avons déjà expliqué que toutes les « gardes » de cohanim étaient au nombre de vingt-quatre et que toutes servaient de manière identique durant les fêtes de pèlerinage. Durant la fête de Souccot, voici comment les « gardes » de cohanim se partageaient les sacrifices : chaque « garde » offrait chaque jour un taureau, un bélier ou le bouc expiatoire. Mais en ce qui concerne les agneaux, certaines « gardes » en offraient deux et d’autres en offraient un. Comment cela ? Le premier jour de la fête de Souccot, il y avait treize taureaux, deux béliers et un bouc et chaque « garde » offrait un animal parmi ceux-là, donc au total seize sacrifices pour seize gardes ; il restait donc quatorze agneaux pour huit gardes, répartis de la manière suivante : six « gardes » en offraient deux et deux « gardes » en offraient un. Le deuxième jour, il y avait douze taureaux, deux béliers et un bouc : chaque garde offrait un animal parmi ceux-là, ce qui fait quinze sacrifices pour quinze gardes. Il restait donc quatorze agneaux pour neuf gardes, répartis de la manière suivante : cinq gardes en offraient deux et quatre en offraient un. Le troisième jour, il y avait onze taureaux, deux béliers et un bouc : chaque garde offrait un de ces animaux, ce qui fait quatorze sacrifices pour quatorze gardes. Il restait donc quatorze agneaux pour dix gardes, répartis de la manière suivante : quatre gardes en offraient deux et six en offraient un. Le quatrième jour, il y avait dix taureaux, deux béliers et un bouc : chaque garde offrait un de ces animaux, ce qui fait treize sacrifices pour treize gardes. Il restait donc treize agneaux pour onze gardes, répartis de la manière suivante : trois gardes en offraient deux et huit en offraient un. Le cinquième jour, il y avait neuf taureaux, deux béliers et un bouc : chaque « garde » offrait un de ces animaux, ce qui fait douze sacrifices pour douze « gardes ». Il restait donc quatorze agneaux pour douze « gardes », répartis de la manière suivante : deux « gardes » en offraient deux et dix en offraient un. Le sixième jour, il y avait huit taureaux, deux béliers et un bouc : chaque « garde » offrait un de ces animaux. Il restait donc quatorze agneaux pour treize « gardes », répartis de la manière suivante : une « garde » en offrait deux et douze « gardes » en offraient un. Le septième jour, il y avait sept taureaux, deux béliers et un bouc ainsi que quatorze agneaux, ce qui correspond au nombre de « gardes » : chaque « garde » offrait donc un animal.
13. Toute garde qui avait offert un taureau un jour n’offrait pas de taureau le lendemain, mais on procédait à tour de rôle. Le huitième jour, Chemini Atséret, où il n’y avait pas suffisamment de sacrifices pour partager entre toutes les gardes, tous les cohanim qui le souhaitaient, indépendamment des gardes auxquelles ils appartenaient, pouvaient participer à un tirage au sort ensemble, comme pour les autres fêtes de pèlerinage, ainsi que nous l’avons expliqué.
14. Lorsque le premier jour de fête de Souccot tombait un chabbat, il y avait au total soixante et un issarone de fine fleur de farine qui étaient offerts dans le cadre des libations accompagnant tous les sacrifices supplémentaires (moussaf) et les sacrifices quotidiens. On ne mélangeait pas l’une avec l’autre ces offrandes de fine fleur de farine accompagnant des sacrifices différents, comme expliqué au § suivant.
15. On ne mélange jamais les libations, c’est-à-dire les offrandes de farine et de même les offrandes de vin qui accompagnent différents sacrifices ; au contraire, les libations accompagnant les sacrifices des taureaux sont offertes distinctement, les libations accompagnant les béliers sont offertes distinctement, et les libations accompagnant les agneaux sont offertes distinctement. Cette règle est valable aussi bien pour les sacrifices communautaires que pour les sacrifices individuels.
16. Toutes les graisses des sacrifices, qu’il s’agisse de sacrifices communautaires ou individuels, ne doivent pas être mélangées l’une avec l’autre ; au contraire, on brûle les parties sacrificielles de chaque sacrifice séparément. Toutefois, si elles se sont mélangées, on les brûle toutes ensemble.
17. Si des oblations de fine fleur de farine faisant partie des libations accompagnant différents sacrifices se sont mélangées l’une avec l’autre après que chaque sorte d’oblation a été pétrie dans l’huile distinctement, elles sont valides et peuvent être offertes ensemble.
18. Si les oblations ont été pétries dans l’huile et que leur huile et leur fine fleur de farine se sont ensuite mélangées comme indiqué au § précédent, il est dès lors permis a priori de mélanger le vin de leurs libations respectives. De même, une fois qu’on a déjà brûlé sur l’autel les oblations des libations, chacune séparément, il est permis de mélanger le vin de leurs libations.
19. Lorsqu’on mélange le vin des libations, dans les cas où les oblations ont été mélangées ou lorsqu’elles ont déjà été offertes, on peut même mélanger le vin des libations accompagnant un sacrifice offert la veille avec le vin accompagnant un sacrifice offert le jour même et de même on peut mélanger le vin accompagnant un sacrifice offert par un particulier avec le vin accompagnant un sacrifice communautaire. On peut mélanger le vin des libations accompagnant des taureaux avec le vin des libations accompagnant des béliers, ou bien le vin des libations accompagnant des agneaux avec le vin des libations accompagnant des agneaux ; mais on ne peut pas mélanger le vin des libations accompagnant des agneaux avec le vin des libations accompagnant des taureaux ou des béliers.
20. On ne mélange jamais a priori le vin des libations, exception faite quand la fine fleur de farine des oblations s’est mélangée ou après que les oblations ont été brûlées sur l’autel, comme nous l’avons expliqué.
Fin des lois des offrandes quotidiennes et supplémentaires, avec l’aide de D.ieu.
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