Lois relatives aux bénédictions · Chapitre 10
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 100 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. De même, qui [re]voit un ami après [un intervalle de] trente jours récite la bénédiction : « Qui nous a fait vivre ». S’il le [re]voit après [un intervalle de] douze mois, il récite la bénédiction : « Béni sois-Tu, Eternel, […] Qui fait revivre les morts ». Qui voit un fruit qui pousse annuellement [à une saison particulière], récite, la première fois qu’il le voit [pour la nouvelle saison], la bénédiction : « Qui nous a fait vivre ».
3. Aurait-on entendu une bonne nouvelle [pour soi et pour autrui, cf. infra § 7], on récite la bénédiction : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui est bon et fait le bien ». Aurait-on entendu une mauvaise nouvelle, on récite la bénédiction : « Béni […] le juge de vérité ». On est tenu de réciter une bénédiction pour un [évènement] malheureux avec enthousiasme, tout comme on récite avec joie une bénédiction pour un bienfait, ainsi qu’il est dit (Deut. 6, 5) : « Tu aimeras l’Eternel ton D.ieu…de tout ton pouvoir » ; est inclus dans cette [mesure d’]amour supplémentaire qui nous a été ordonnée le fait d’être reconnaissant et de louer [D.ieu] avec joie, même en un moment difficile.
4. Si un bienfait arrive à une personne ou si elle entend une bonne nouvelle, bien que les circonstances montrent que ce bien lui causera [finalement] du tort, elle récite la bénédiction « Qui est bon et fait le bien ». De même, si elle est assaillie par un malheur ou entend une mauvaise nouvelle, bien que les circonstances montrent que ce mal lui occasionnera un bien, elle récite la bénédiction : « le juge de vérité », car la bénédiction n’est pas récitée sur [la conséquence] future, mais sur ce qui s’est présentement passé.
5. Serait-il tombé de nombreuses pluies, si l’on a un champ, on récite la bénédiction : « Qui nous a fait vivre ». Si on possède le champ [en association] avec une autre personne, on récite la bénédiction : « Qui est bon et fait le bien ». Et si l’on n’a pas de champ, on récite la bénédiction : « Nous sommes reconnaissants envers toi, Eternel notre D.ieu, pour chaque goutte que Tu as fait descendre pour nous, et [même] si notre bouche était remplie… » jusqu’à « Ils remercieront, loueront, et béniront Ton Nom, notre Roi. Béni sois-Tu, Eternel, D.ieu [Qui est digne] de la multitude de remerciements et de louanges ».
6. A partir de quand récite-t-on la bénédiction pour la pluie ? Dès qu’il y a sur le sol une quantité d’eau [si] importante que la pluie provoque à la surface de l’eau la montée de bulles et celles-ci vont à la rencontre l’une de l’autre.
7. Si on annonce à une personne la mort de son père – dont elle est l’héritière – [la règle suivante est appliquée :] si elle a des frères [qui partageront avec elle l’héritage], elle récite tout d’abord la bénédiction : « le juge de vérité », puis [la bénédiction] « Qui est bon et fait le bien ». Et si elle n’a pas de frère, elle récite [en second] la bénédiction « Qui nous a fait vivre ». En résumé, pour tout évènement bénéfique pour soi et pour autrui, on récite la bénédiction « Qui est bon et fait le bien » ; et pour un bienfait exclusivement personnel, on récite la bénédiction : « Qui nous a fait vivre ».
8. Quatre personnes doivent exprimer leur reconnaissance [envers D.ieu] : un malade qui a guéri, un prisonnier sorti de prison, celui qui descend en mer lorsqu’il [en] remonte, et celui qui prend la route, lorsqu’il parvient dans un lieu habité. Ils doivent remercier [D.ieu] en présence de dix [juifs], dont deux sages, comme il est dit (Psaumes 107, 32) : « Qu’ils l’exaltent dans l’assemblée du peuple, proclament Ses louanges dans le conseil des anciens ». Comment remercie-t-on, et quelle bénédiction récite-t-on ? On se tient au milieu d’eux et on récite la bénédiction : « Béni sois-Tu, Eternel, notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui dispense des bienfaits aux coupables, Qui m’a dispensé tout le bien », et tous ceux qui entendent répondent : « Que Celui Qui t’a dispensé le bien te dispense le bien à jamais ».
9. Qui voit un endroit où des miracles ont eu lieu pour le peuple juif, comme la Mer rouge, les gués du Jourdain, dit : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui a fait des miracles pour nos pères à cet endroit ». Il en va de même pour tout endroit où des miracles ont eu lieu pour un grand nombre. En revanche, dans un endroit où un miracle a eu lieu pour un particulier, la personne concernée, son fils, et le fils de son fils récitent la bénédiction : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui m’a fait un miracle en cet endroit » ou « Qui a fait un miracle à mes pères à cet endroit ». Qui voit la fosse aux lions [dans laquelle Daniel fut jeté] ou la fournaise ardente (où furent jetés ‘Hanania, Michael et Azaria) récite la bénédiction : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui a fait un miracle pour les justes à cet endroit ». Qui voit un endroit où l’on se livre à un culte idolâtre récite la bénédiction : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Qui est patient envers ceux qui transgressent Sa volonté ». [Devant] un endroit où un culte idolâtre a été déraciné, si c’est en Terre d’Israël, on récite la bénédiction : « Qui a déraciné le culte idolâtre de notre pays » ; et si c’est en diaspora, on récite la bénédiction : « Qui a déraciné le culte idolâtre de cet endroit ». Dans les deux cas, on dit [ensuite la formule suivante :] « De même que Tu l’as déraciné de cet endroit, ainsi, déracine[-le] de tous les endroits, et ramène le cœur de leur adorateurs à Ton service ».
10. Qui voit des maisons juives habitées [et fermement établies, comme à l’époque du second Temple] récite la bénédiction : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui établit les frontières de la veuve ». [Si l’on voit des habitations juives] en ruine, on récite la bénédiction : « Béni […] le juge de vérité ». Qui voit des tombes juives récite la bénédiction : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui vous a créé avec justice, vous a jugé avec justice, vous a entretenu avec justice, et vous a fait mourir avec justice ; Il vous relèvera avec justice pour la vie du monde futur. Béni sois-Tu, Eternel, Qui fait revivre les morts ».
11. Qui voit six cent mille personnes en même temps, si ce sont des païens, dit : « Elle va être confondue, votre mère ; celle qui vous a donné le jour va connaître la rougeur de la honte. Tel sera le sort de ces nations : l’abandon, la ruine, la solitude ». Si ce sont des juifs, en terre d’Israël, il dit : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, le Sage [qui connaît] les secrets ». Qui voit des sages des nations dit : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui a donné de Sa sagesse à [des êtres] de chair et de sang ». [S’il voit] des sages juifs, il récite la bénédiction : « Qui a donné de Sa sagesse à ceux qui Le craignent ». [S’il voit] des rois juifs, il dit : « […] Qui as donné de Son honneur et de Sa puissance à ceux qui Le craignent ». [S’il voit] des rois non juifs, il récite la bénédiction : « […] Qui a donné de Son honneur à des [êtres] de chair et de sang.
12. Celui qui voit un noir ou une personne singulière par l’aspect de son visage ou par ses membres, récite la bénédiction : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui change [l’aspect] des créatures ». Celui qui voit un aveugle ou [une personne qui a une jambe] coupée, ou qui est atteinte d’ulcères, ou qui est couverte de points blancs, ou [qui est atteinte de] quelque chose de semblable, récite la bénédiction : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, le juge de vérité ». Et s’ils sont nés ainsi, on récite [en les voyant] la bénédiction : « Qui change [l’aspect] des créatures ». Qui voit un éléphant, un singe ou une chouette, récite la bénédiction : « Béni […] Qui change [l’aspect] des créatures ».
13. Qui voit de belles créatures particulièrement bien formées ou de beaux arbres, récite la bénédiction : « dont le monde est pourvu de pareilles choses ». Qui se rend dans les champs ou les jardins en Nissan, et voit des arbres bourgeonner et fleurir récite la bénédiction : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Qui n’a laissé aucun manque dans Son monde, et a créé de belles créatures, des arbres bons et beaux afin d’en faire profiter les hommes ».
14. Pour chacun des phénomènes suivants : les vents qui soufflent avec des tourbillons [c’est-à-dire les ouragans], les éclairs, le tonnerre, les grondements entendus dans la terre, semblables [au bruit] de grosses meules, la lumière dans le ciel, qui apparaît comme des étoiles tombant et courant d’un endroit à un autre [il s’agit des étoiles filantes] ou comme des étoiles ayant une queue [les comètes], on récite la bénédiction : « […] Dont la force et la puissance remplissent le monde ». Si l’on désire, on récite la bénédiction : « Qui accomplit [l’œuvre de] la création ».
15. A la vue d’un des montagnes, des collines, des mers, des déserts ou des fleuves avec [au moins] trente jours d’intervalle, on récite la bénédiction : « Qui accomplit [l’œuvre de] la création ». Qui voit la grande mer avec un intervalle de trente jours ou plus récite la bénédiction : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui a créé la grande mer ».
16. Qui voit l’arc-en-ciel récite la bénédiction : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Qui se souvient de l’alliance, est fidèle dans Son alliance, et tient Sa parole ». Qui voit la nouvelle lune récite la bénédiction : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui, par Sa parole, a créé les cieux et, par le souffle de Sa bouche, toutes leurs armées. Loi et temps Il leur a fixés, afin qu’ils ne modifient pas leur tâche. Ils sont heureux et joyeux d’accomplir la volonté de leur Créateur ; travailleurs fidèles dont le travail est juste. Et à la lune Il a dit de se renouveler, couronne de beauté pour ceux qui sont soutenus [par D.ieu] depuis le ventre [maternel] et qui sont amenés à se renouveler comme elle et à glorifier leur Créateur pour la gloire de Son règne. Béni sois-Tu, Eternel, Qui renouvelle les mois. »
17. Il faut réciter cette bénédiction debout. En effet, quiconque récite la bénédiction sur la nouvelle [lune] en temps voulu est considéré comme accueillant la Présence Divine. N’aurait-on pas récité la bénédiction la première nuit, on peut la réciter jusqu’au seizième jour du mois, jusqu’à ce que la lune soit pleine.
18. Qui voit le soleil le jour de l’équinoxe du printemps, mercredi matin, au début du cycle de vingt-huit ans – équinoxe [commençant] au début de la nuit de [mardi à] mercredi – récite la bénédiction : « Béni […] Qui accomplit [l’œuvre de] la création ». De même, on récite la bénédiction : « Qui accomplit [l’œuvre de] la création » dans chacun des [cas] suivants : - lorsque la lune revient au début de la constellation du bélier, en début de mois, n’étant inclinée ni vers le Nord, ni vers le Sud ; - quand chacune des cinq planètes atteint le début de la constellation du bélier, et n’est inclinée ni vers le nord, ni vers le sud ; - à tout moment où la constellation du bélier apparaît montant du côté Est.
19. Qui voit des maisons de païens habitées dit : « L’Eternel démolira la maison des orgueilleux » (Proverbes 15, 25). Serait-elles détruites, il dit : « D.ieu des vindictes, l’Eternel, le D.ieu des vindictes est apparu » (Psaumes 94, 1). Quand on voit des tombes de païens, on dit : « Elle va être confondue, votre mère… » (Psaumes 50, 12).
20. Qui entre aux thermes dit : « Qu’il soit Ta volonté, Eternel notre D.ieu, de me faire entrer en paix, sortir en paix, et de me sauver ; sauve-moi de ce [péril] et de [dangers] similaires à l’avenir ». Lorsqu’il sort des thermes, il dit : « Je Te suis reconnaissant, Eternel mon D.ieu, pour m’avoir sauvé du feu… ».
21. Qui entre subir une saignée dit : « Qu’il soit Ta volonté, Eternel mon D.ieu que cette activité soit un remède pour moi, car Tu es un médecin gracieux. Béni sois-Tu, Eternel, Qui guérit les malades ».
22. Qui va mesurer sa grange dit : « Qu’il soit Ta volonté, Eternel mon D.ieu, d’envoyer la bénédiction dans l’œuvre de mes mains ». Quand il commence à mesurer, il dit : « Béni soit Celui qui envoie la bénédiction dans ce tas ». S’il implore la pitié [de D.ieu] après avoir mesuré, cela est une prière vaine. Qui implore [D.ieu] pour un [évènement] passé, sa prière est vaine.
23. Qui entre dans la maison d’études dit : « Que ce soit Ta volonté, Eternel mon D.ieu, que je ne trébuche pas sur une question de halakha, que je ne déclare ni impur ce qui est pur, ni pur ce qui est impur, ni interdit ce qui est permis, ni permis ce qui est interdit, que je ne trébuche pas sur une question de halakha et que mes collègues se rient de moi, et que mes collègues ne trébuchent pas et que je me rie d’eux ».
24. Quand il sort de la maison d’études, il dit : « Je suis reconnaissant envers Toi, Eternel mon D.ieu, de m’avoir donné part parmi ceux qui siègent à la maison d’étude et non parmi ceux qui sont assis aux coins de rue. Je me lève tôt et ils se lèvent tôt ; je me lève tôt pour les paroles de la Thora et eux se lèvent tôt pour des futilités. Je peine et ils peinent ; je peine pour les paroles de la Thora et suis récompensé [tandis qu’]eux peinent et ne sont pas récompensés. Je cours et ils courent ; je cours vers la vie du monde futur, et ils courent vers le puits de la destruction ».
25. Qui entre dans une grande ville [où il se trouve en insécurité] dit : « Que ce soit Ta volonté, Eternel mon D.ieu, de me faire entrer en paix dans cette ville ». S’il [y] est entré en paix, il dit : « Je Te remercie, Eternel mon D.ieu, de m’avoir fait entrer en paix ». Quand il s’apprête à partir, il dit : « Que ce soit Ta volonté, Eternel mon D.ieu, de me faire sortir de cette ville en paix ». S’il [en] est sorti en paix, il dit : « Je Te remercie, Eternel, mon D.ieu, de m’avoir fait sortir de cette ville en paix. Tout comme Tu m’as fait sortir en paix, ainsi, conduis-moi en paix, prépares [mes pas] en paix, soutiens-moi en paix, et sauve-moi de la main d’ennemis ou d’embuscade sur la route ».
26. En règle générale, l’homme doit toujours implorer [D.ieu] en demandant pitié pour le futur, et remercier [D.ieu] pour ce qui s’est passé, avec des remerciements et des louanges selon ses capacités. Qui abonde continuellement dans les louanges et les remerciements pour D.ieu est digne de louanges.
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