Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°8967
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8967, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Nissan 5725,
Brooklyn, New York,
A l’attention de monsieur Chalom Lewin(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je viens de recevoir votre télégramme. Je vous remercie beaucoup pour vos vœux et pour vos bénédictions(2). Quiconque bénit est lui-même béni, de la manière la plus large. Il faut présumer que la poste s’acquitte de sa mission et que vous avez donc reçu mon précédent courrier, de même que la copie de ma lettre(3), bien que vous ne m’en ayez pas accusé réception. Bien entendu, cela(4) importe peu, mais j’ai, néanmoins, bon espoir que vous avez médité au contenu de ce courrier, que vous approuvez le cheminement de ma pensée et que ceci reçoit une application concrète, sous la forme des actions qui conviennent.
De fait, tel est également le contenu de la présente période. En effet, lorsque commencera la soirée de Pessa’h, on célébrera le Séder, dans toutes les maisons des enfants d’Israël. Or, son objectif est défini par différents textes de la Loi écrite et de la Loi orale. Il est, en particulier, exprimé par le verset : “ Et, tu diras à ton fils ”. Nos Sages précisent que ceci ne concerne pas uniquement l’enfant sage, mais aussi ceux qui appartiennent aux autres catégories. A quelqu’un comme vous, il est sûrement inutile d’en dire plus.
A l’occasion de la fête de Pessa’h, temps de notre liberté, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, j’adresse, à vous-même et à tous ceux qui vous suivent, ma bénédiction pour que cette fête soit cachère et joyeuse, pour une libération véritable de tout ce qui fait obstacle, moralement et physiquement. Puis, vous conserverez cette joie et cette liberté en tous les jours de l’année. Avec mes respects et ma bénédiction,
Notes
(1) Voir, à son sujet, la lettre n°8681. (2) A l’occasion de l’anniversaire du Rabbi, le 11 Nissan. (3) Qui était jointe à ce courrier. (4) Le fait d’en accuser réception.
Lettre n°8968
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8968, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Nissan 5725,
Brooklyn,
Aux dirigeants de la Yechiva Tom’heï Temimim
de Lod, que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
Je reproduis ici le texte du télégramme que le Rabbi Chlita a bien voulu vous adresser, en ce jour :
“ Ayez un Chabbat(1) et une fête de Pessa’h cachère et joyeuse, le plaisir(2) et la liberté(3) véritable, surtout en une année entière et intègre(4).
Mena’hem Schneerson, ”
A n’en pas douter, comme l’avait demandé le Rav H.C.(5) et comme je vous l’avais confirmé(6), vous avez effectivement pris la direction de la branche A’heï Temimim de Richon Letsion sans qu’il y ait eu d’interruption et tous les ‘Hassidim vous viennent en aide, en la matière. Avec mes respects et ma bénédiction pour une fête cachère et joyeuse,
Le secrétaire,
C. M. Simpson,
N. B. : Sans doute vous intéresserez-vous, de la manière qui convient, à ses archives(7), les manuscrits, les livres de la partie révélée de la Torah et de la ’Hassidout, afin de les transférer dans la bibliothèque du Rabbi Chlita. Je vous remercie d’avance de bien vouloir me dire ce qu’il en est.
Notes
(1) Le premier jour de Pessa’h était, en 5725, un Chabbat. (2) Lié au Chabbat. (3) Liée à Pessa’h. (4) Ayant deux mois d’Adar et le plus grand nombre de jours. (5) Le Rav ‘Haïm Chaoul Brook, directeur de la Yechiva A’heï Temimim de Richon Letsion. Voir, à son propos, la lettre n°8826. (6) Voir, à ce sujet, la lettre n°8949. (7) Celles du Rav Brook.
Lettre n°8969
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8969, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[24 Nissan 5725]
J’ai eu en main, “ par hasard ”, votre article(1), paru dans le numéro de Pessa’h du Jewish advocat, qui est intitulé : “ A propos des Juifs athées ”(2). Je dis “ par hasard ” parce que votre article se trouve sur la page suivant celle de ma lettre, consacrée au thème du dialogue. Néanmoins, il va sans dire que, pour nous autres Juifs, le hasard n’existe pas, car tout est effet de la divine Providence. De fait, un Juif recherche systématiquement des allusions et, en l’occurrence, je vois dans la présentation conjointe de ces articles une possibilité de saisir cette opportunité afin de vous écrire ces quelques lignes, après une trop longue interruption de notre correspondance ou des quelques mots que nous échangeons à l’occasion d’une réunion ‘hassidique. De fait, on m’a transmis que vous avez assisté, à différentes reprises, aux réunions ‘hassidiques, mais que vous n’avez pas souhaité vous approcher, pour diverses raisons. Bien évidemment, votre article m’a “ intrigué ” et j’en ai pris connaissance avec intérêt.
Vous écrivez que vous avez imaginé, d’emblée, que la déclaration formulée par ce rabbin tristement célèbre, ou tragicomique, à l’encontre du Maître du monde était l’expression d’une protestation contre un manque d’équité dans le monde. Je suppose qu’il n’y a là qu’une figure de style, car vous savez sûrement que quelqu’un qui a été formé dans un séminaire affilié à un mouvement dont la philosophie s’oppose à la lutte et à la rébellion, qui recherche donc uniquement une vie plus facile et plus confortable, ne peut pas avoir atteint un tel niveau.
Bien entendu, je suis d’accord avec vous quand vous dites que l’argument : “ Celui Qui juge la terre entière ne ferait-Il pas justice ? ” peut être authentique et recevoir la détermination qui convient uniquement quand il émane du cœur douloureux de l’homme qui est animé d’une foi profonde. Et, du reste, c’est pour cette raison que le premier qui souleva un tel argument ne fut autre que notre père Avraham, grand croyant et père de tous les “ croyants, fils de croyants ”(3). Nos Sages disent(4) également que le premier qui souleva la question : “ Le Juste connaît le mal et l’impie, le bien ” n’était nul autre que Moché, notre maître, celui qui transmit aux enfants d’Israël et au monde entier l’idéal selon lequel : “ Je suis l’Eternel ton Dieu ” et “ tu n’auras pas d’autres dieux ”, ces “ autres dieux ” incluant également la compréhension
et la rationalité humaines, que l’on divinise en en faisant le décideur en dernière instance.
En conséquence, je suis surpris que vous n’ayez pas adopté cette manière de penser et que vous ne soyez pas parvenu à cette même conclusion. Comme vous le savez, en effet, la réponse qui est faite à l’argument soulevé par Moché, notre maître, selon le récit de nos Sages(5), quand on lui montra que l’on déchirait la chair de Rabbi Akiva avec des peignes de fer : “ Est-ce là la récompense que l’on donne à la Torah ? ”, fut la suivante : “ Tais-toi ! Telle était la Pensée de Dieu ”. Rappelons-nous que cet argument avancé par Moché n’était pas uniquement des mots. Telle était bien son idée et c’est pour cette raison que la réponse fut : “ Tais-toi !’ ”, qu’on ne lui demanda pas uniquement de cesser de parler de cela, mais bien d’ôter cette idée de son esprit.
La seule réponse qui pouvait être donnée, en la matière, était donc la suivante : “ Telle était la Pensée de Dieu ”, ce qui, en fait, n’est en aucune façon une explication. Mais, la foi de Moché notre maître n’en fut nullement affaiblie.
Et, il en est de même pour tous ceux qui interrogent, qui posent des questions d’une manière authentique. Bien au contraire, leur foi s’en trouve raffermie, comme cela est clairement dit à propos de Job. Il en
fut de même pour notre père Avraham qui non seulement resta ferme dans sa foi mais, en outre, fut en mesure de surmonter toutes les épreuves. Il en fut de même également pour d’autre “ rebelles ”, qui furent de profonds croyants, jusqu’au dernier jour de leur vie.
Je pense que vous serez d’accord avec moi pour admettre qu’il n’est pas le fait du hasard que ceux qui ont posé des questions authentiques soient restés fermes en leur foi. D’ailleurs, il n’aurait pas pu en être autrement, car, quand on se pose réellement la question, quand celle-ci est bien l’expression et la conséquence d’un désir sincère de justice et de droiture, il est clair qu’un sentiment aussi profond ne peut émaner que de la conviction que cette justice n’est véritable que dans la mesure où elle provient d’une source surnaturelle(6), c’est-à-dire transcendant à la fois l’intellect et le sentiment des hommes. La question qui est posée ne contredit donc pas cette perception et ce sentiment, pas même en leur dimension profonde et en la base même de leur existence. Néanmoins, après cette première étape impétueuse, on doit prendre conscience que l’approche consistant à poser une question, à rechercher une explication rationnelle à ce qui transcende la logique n’a pas de sens. Aussi, après avoir exprimé son émotion et sa douleur, il faut bien, au final, adopter la conclusion selon laquelle : “ malgré tout cela, je conserve la foi ”, avec encore plus de force.
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Tout ce qui vient d’être dit est basé sur votre article, mais il y a aussi un autre point, une idée qui concerne l’ensemble de ce problème et il est surprenant que ceci ait été occulté. Ce point est le suivant. Après tout, ce prétendu conflit avec la foi n’est pas un fait nouveau, ayant fait son apparition en notre génération. Notre peuple a malheureusement déjà subi des massacres et des persécutions dans les précédentes générations. Les exactions des Croisés, par exemple, en “ proportion ” et de manière relative, n’ont pas été plus légères que celles de Hitler, avec, toutefois, la différence suivante. A l’époque, il n’y avait pas le moindre espoir que la situation puisse changer. Ces massacres avaient été perpétrés au nom de “ cet homme ” et de la trinité qui, selon le Judaïsme, est, à proprement parler, une forme d’idolâtrie que les Juifs ne pouvaient en aucune façon accepter. Après que les Turcs aient été vaincus par les Croisés, il devint clair qu’il n’y avait plus aucune perspective pour les victimes. En revanche, à l’époque d’Hitler, puisse son nom être effacé, les persécutions furent “ simplement ” le fait de la méchanceté et de la nature cruelle des hommes. On pouvait donc espérer que l’humanité prendrait le dessus et, avant tout, que les victimes seraient enfin les vainqueurs, qu’ils marqueraient la fin de Hitler, puisse son nom être effacé.
En d’autres termes, un Juif qui était croyant jusqu’en 1940, né au vingtième siècle, ayant connaissance de l’histoire juive et des événements vécus par notre peuple, des persécutions et des souffrances, de celles des Croisés et de celles qui les précédaient, depuis l’époque de Nabuchodonosor, roi de Babel, pouvait, certes, se demander en quoi lui-même et sa famille étaient spécifiquement concernés par le plan de Hitler. En revanche, le fait qu’en permanence, “ on se dresse contre nous pour nous détruire ” qu’il peut arriver que l’on soit touché personnellement n’était nullement un fait nouveau(6). L’apparition de Hitler ne pouvait donc pas remettre en cause sa foi en le Maître du monde. Seul celui qui, au préalable, était affaibli dans sa foi et recherchait une “ justification ” pour s’écarter du Maître du monde, trouva, pour ainsi dire, un prétexte dans l’épisode de Hitler. De fait, si l’histoire de Hitler révéla un fait nouveau(7), c’est dans un autre domaine, celui du développement de la culture et de la civilisation des hommes.
Beaucoup ont cru, surtout dans les milieux de ceux que l’on a appelé les Maskilim, qu’au vingtième siècle, on avait atteint un tel degré de civilisation, incluant différents systèmes “ hautement ” philosophiques, un enseignement large et répandu, un réseau scolaire et de nombreuses universités, une haute éthique et de belles manières, qu’en conséquence, ce qui s’était passé dans les temps obscurs et moyenâgeux était désormais inconcevable. Cet état d’esprit se révéla dans la littérature, dans la presse et également dans les expressions orales de grandes personnalités et de penseurs. De la sorte, on voulut écarter l’approche “ archaïque ” du Tana’h selon laquelle “ le bienfait des nations est une faute ” et l’affirmation de Rabbi Chimeon Ben Yo’haï(8) selon laquelle : “ c’est un principe(6) établi, on sait que Esav déteste Yaakov ”. Soudain, se produisit la terrible catastrophe. La culture et la civilisation du vingtième siècle se sont effondrés. Et, il est apparu qu’il n’était nullement contradictoire, d’une part, d’être un philosophe ou bien un poète, ayant de bonnes manières, participant à des réunions distinguées, dans les élégants salons de Berlin et, d’autre part, d’arriver à Treblinka, par exemple, et d’y commettre tout ce qui a été perpétré dans cet endroit. Bien plus, il ne s’agit pas là de cas exceptionnel, de “ monstres ”, de terribles créatures à forme humaine, mais bien de cent millions d’hommes, de tout un peuple. Or, pour citer les titres de vos articles, “ le monde est resté silencieux ”. Et, l’on pourrait rajouter un sous-titre, soulignant qu’une grande partie du monde se réjouissait que “ la chose ” était faite et que d’autres s’en chargeaient, ou encore étaient satisfaits malgré le fait que d’autres s’en chargeaient.
Si l’histoire de Hitler devait remettre en cause la foi, d’une certaine façon, cela aurait dû être pour montrer et même pour établir clairement que l’on ne peut pas s’en remettre à la conception humaine de la justice et de la droiture, y compris celle d’un homme ayant une formation supérieure et des diplômes universitaires, lui-même fils d’un académicien diplômé. A notre grand regret et à notre immense peine, on a peur d’énoncer clairement une telle conclusion et, encore plus, les conséquences logiques qu’elle doit avoir, dans l’existence quotidienne. Et, ce mutisme, ce non-dit existent, de la même façon, chez les portes paroles du monde religieux, y compris ceux qui ont observé de leurs propres yeux ce que des hommes ont été capables de faire, quand ils ne dépendent que d’eux-mêmes. Il en est ainsi, comme je le disais au début de cette lettre, parce que l’on cherche à avoir une vie plus aisée et plus confortable, à dormir plus tranquille. Car, il est tellement plus facile d’être en phase avec le monde, bien que ce soit ce même monde qui est resté silencieux et, pour une large part, qui a même été satisfait en son cœur.
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Permettez-moi maintenant une remarque personnelle, en relation avec l’échange que nous avons eu, lorsque nous nous sommes rencontrés, dans mon
bureau. Votre série d’articles intitulés : “ Le monde est resté silencieux ” a encore une fois éveillé en moi une idée que je voudrais exprimer, à cette occasion. Se souvenir et ne pas oublier, comme la Torah le dit : “ Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek ”, est, bien évidemment, une initiative souhaitable. Selon la précision de nos Sages(9), il s’agit même d’une Injonction positive, surtout quand on constate la tendance qui se développe actuellement, la volonté d’oublier et de faire oublier. Mais, après tout cela, le souvenir reste uniquement une partie du devoir qui nous incombe. Le reste, qui en est sans doute la partie la plus importante, consiste à travailler, à lutter activement(6) contre la soi-disant “ solution finale ” qui avait été conçue par Hitler, au même titre que par Haman.
Cette lutte doit prendre la forme d’action orientées vers : “ ainsi il se multipliera et prospérera ”. Or, on n’atteindra pas ce but en étant mélancolique, en s’employant à se rappeler et à ne pas oublier, aussi important que cela puisse être. Il faut, en outre, renforcer et développer le désir de bâtir le peuple juif en tant que peuple, très simplement en mettant en pratique les termes du verset : “ Ils fructifièrent, se multiplièrent et devinrent très puissants ”, ce qui est exactement l’inverse de la “ solution finale ” qui avait été planifiée. Dans ce domaine comme dans tous les autres, il est nécessaire, en plus de la motivation qui convient, de donner un exemple de sa propre personne. A fortiori est-ce le cas pour quelqu’un qui a personnellement vécu ces événements. Une telle personne doit montrer, non seulement que Hitler, que son nom soit effacé, n’a pas réussi, mais, en outre, qu’on doit le défier, avec tous ceux qui lui viennent en aide. Pour cela, il faut fonder une grande famille, avoir des fils, des filles et des petits-enfants.
Je me permets d’affirmer, avec la plus grande fermeté, qu’aussi important qu’il puisse être de relater à la présente génération ce qui nous est arrivé, notre objectif premier n’en reste pas moins de mettre en pratique les termes de nos Sages(10) : “ tu vis contre ton gré ” en mettant l’accent sur : “ tu vis ”(6), c’est-à-dire en faisant en sorte que cette vitalité soit évidente. En d’autres termes, vous devez faire tout ce qui est en votre pouvoir pour vous arracher à vos souvenirs, dans le moment présent, pour organiser votre vie, pour vous marier, pour bâtir un foyer juif et une famille juive. Ceci sera la chute certaine(6) de Hitler, la preuve qu’il ne sera pas parvenu à supprimer un ‘Hassid de Vichnitz(11). Bien au contraire, vous aurez des enfants et des petits-enfants, des ‘Hassidim de Vichnitz, jusqu’à la fin des générations. Mon but n’est pas ici de prononcer un mot plaisant et, de fait, peu importe qu’il s’agisse, en l’occurrence, d’un ‘Hassid de Vichnitz, de Loubavitch ou de n’importe quel Juif respectueux de la Torah et des Mitsvot. S’il peut en être ainsi, il est clair que c’est bien là la démarche constructive. Vous avez vécu des moments terribles, au cours de votre vie et vous vous trouvez actuellement en Amérique. Si vous le souhaitez vraiment, vous serez en mesure de réaliser tout cela. Et, que Dieu vous accorde la réussite.
Une plus longue lettre est-elle nécessaire ? Si, dans quelques semaines, vous vous mariez “ conformément à la Loi de Moché et d’Israël ”, avec Mazal Tov, ma lettre et l’effort que vous aurez fait pour la lire auront été justifiés.
Notes
(1) Cette lettre est adressée à monsieur Elie Wiesel. (2) Voir le Likouteï Si’hot, tome 33, à la page 255. (3) Selon le traité Chabbat 97a. (4) Dans le traité Bera’hot 7a. (5) Dans le traite Mena’hot 29b. (6) Le Rabbi souligne le “ sur ” de “ surnaturelle ”, de même que les mots : “ nullement un fait nouveau ”, “ principe ”, “ activement ”, “ tu vis ” et “ certaine ”. (7) Voir, à ce sujet, la lettre n°8940. (8) Dans le Sifri, cité par le commentaire de Rachi sur le verset Vaychla’h 33, 4. (9) Voir l’Encyclopédie talmudique, à l’article “ Souvenir de ce qu’a fait Amalek ”, à la page 219 et les références qui y sont indiquées. (10) Traité Avot, fin du chapitre 4. (11) Puisque telle est l’origine de Elie Wiesel.
Lettre n°8970
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8970, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Nissan 5725,
Brooklyn,
A) Je fais réponse à votre lettre du 20 Nissan, dans laquelle vous me parlez de votre fille(1). Vous ne me précisez pas si l’on a exploité pleinement l’influence que les autres peuvent exercer sur elle. Cela peut sûrement être le cas dans le cadre de l’école qu’elle a fréquentée, de même que parmi les officiers de l’armée. On peut observer à chaque pas que l’influence sur les enfants qui est le fait des amis, surtout quand ils ont le même âge, se révèle, bien souvent, plus efficace que celle qui émane directement des parents. Tout cela est bien évident, mais j’ai pensé qu’il était de mon devoir de vous le rappeler.
B) Tous les membres de la famille sont liés, non seulement de façon matérielle, mais aussi moralement. Il est donc bien évident qu’un renforcement de la crainte de Dieu, de la part de chacun d’entre eux, aura un effet également sur les autres membres de la famille. A fortiori est-ce le cas pour les parents envers leurs enfants. Plus l’ajout consenti par les parents sera grand et plus sa conséquence sera importante.
C) J’ajoute également que tout ce qui vient d’être décrit peut parfois se produire dans le cas où, lors de la gestation de cet enfant, on ne respectait pas scrupuleusement les principes et les lois de la pureté familiale, statut de Nidda, examen de pureté, immersion rituelle dans un Mikwé conforme, par manque de connaissances ou bien pour d’autres raisons. Or, la Techouva, pour une large part, peut avoir un effet rétroactif. Il faut donc s’efforcer de respecter soi-même ces règles et de les faire respecter par les autres. Là encore, plus on agira en ce sens et mieux cela sera.
Il serait bon de faire vérifier les Mezouzot de votre maison, afin de vous assurer de leur validité, conformément à la Hala’ha. Vous en ferez de même pour vos Tefillin, si elles n’ont pas été vérifiées au cours des douze derniers mois. Chaque jour, avant de mettre les Tefillin, vous prélèverez quelques pièces pour la Tsedaka. Et, votre épouse adoptera l’usage positif qui consiste à donner de la Tsedaka avant l’allumage des bougies, à la veille du Chabbat et des fêtes. En un moment propice, on mentionnera vos noms, lorsque vous me les communiquerez, en précisant celui de la mère, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que le souhait de votre cœur soit positivement exaucé. Il ne me semble pas du tout judicieux que votre fille se rende(2) dans un pays où les Juifs sont très peu nombreux, quantitativement et qualitativement. Avec ma bénédiction afin de me donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Fréquentant un non Juif. (2) Afin d’être éloigné de ce non Juif.
Lettre n°8971
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8971, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[27 Nissan 5725]
Il semble que vous ayez reçu des informations inexactes(1). En effet, lorsque je me suis entretenu avec le Rav Mena’hem Ha Cohen, à propos des Séfers Torah que l’on envoie en notre Terre Sainte(2), puisse-t-elle restaurée et rebâtie, en présence de monsieur Ichaya, j’ai clairement souligné que je ne faisais pas de différence entre un Mochav et l’autre, un Kfar et l’autre. Il suffit que ce soit un endroit où le Séfer Torah sera effectivement utilisé. Je souligne donc clairement que je ne les donne pas à une certaine institution ou bien à un certain Kfar. Il ne faudra pas rechercher, dans mes propos, la moindre discrimination. Ce serait le contraire de mon intention. J’ai demandé également, quand on donnera le Séfer Torah à un certain endroit, de préciser que je ne l’ai pas envoyé précisément pour cet endroit, car tel n’est pas mon propos. On se contentera de dire que le Séfer Torah a été envoyé par le centre Loubavitch se trouvant ici, mais qu’en revanche, il n’a pas été décidé a priori, d’ici, de les attribuer à tel endroit ou à telle institution, ce qui aurait pour effet d’exclure les autres endroits et les autres institutions.
D’après votre première lettre, je pense qu’il n’est pas inutile d’ajouter un autre point, également basé sur les discussions que nous avons eues, lorsque vous vous trouviez ici. Nous considérions, l’un et l’autre, qu’il n’y a pas lieu de se servir de la Torah et de la religion dans l’intérêt des partis(3) qui n’ont pas de rapport avec la religion. Il en est donc de même pour ce qui fait l’objet de notre propos. Il ne faut pas se servir d’un Séfer Torah qui a été envoyé d’ici, ni de n’importe quel autre Séfer Torah, en ayant un tel objectif.
Notes
(1) Cette lettre est adressée à monsieur Yossef Dekel. Voir, à son sujet, la lettre n°8699. (2) Afin d’être offerts à des lieux qui n’en possèdent pas. (3) Politiques en Erets Israël.
Lettre n°8972
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8972, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Tiféret(1) de Tiféret(2) 5725,
Brooklyn, New York,
A l’attention de tous les participants à la réunion
‘hassidique générale, entre amis, à l’occasion du
dixième anniversaire de la création des jeunes de
l’association ‘Habad, que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
On connaît(3) la causerie de mon beau-père, le Rabbi(4) selon laquelle il est une erreur de penser que seul un Rabbi, un Grand d’Israël, est en mesure de faire du bien à l’ensemble du peuple juif(5). En réalité, chaque Juif peut y parvenir par sa prière et par sa supplication(6). Dieu, béni soit-Il, prendra en compte notre pauvreté, Il entendra notre plainte, Il exaucera notre prière et Il accordera un salut global à tout le peuple juif, matériellement et spirituellement. De fait, nous avons, à l’heure actuelle, un comportement qui transcende la nature, comme on peut le vérifier et, de nos jours, “ le faible dit : Je suis fort ”(7).
C’est comme si l’on se préparait maintenant à escalader une montagne, un mont élevé, jusqu’à atteindre les quatre coudées(8) de son sommet. C’est précisément à ce moment qu’il faut réunir toutes ses forces afin de parvenir au but, car il ne reste que quatre coudées à franchir. Dès lors chaque brin d’herbe que l’on découvre, chaque brindille, chaque caillou que l’on peut saisir par la main, sur lequel on appuie son pied ou son corps deviennent particulièrement précieux. La lumière qui éclaire, à ce moment, est indispensable. Quand elle brille, la clarté que l’on perçoit est bienfaisante et c’est grâce à elle que l’on se maintient.
L’image de l’ascension d’une montagne figure dans la ‘Hassidout(9), qui parle de deux hommes, l’un se trouvant au sommet de la montagne et l’autre à son pied. Elle souligne que celui qui est en bas doit avoir de la force pour escalader, connaître les chemins, porter des vêtements adaptés afin de ne pas trébucher(10). Toutefois, s’il ne dispose pas de tout cela, il devra alors faire don de sa propre personne. En, pareil cas, tout objet auquel il peut se raccrocher, toute lumière qui l’éclaire ont une grande valeur.
En cette période, nous nous trouvons à proximité du sommet de la montagne. De fait, on peut constater que la venue du Machia’h est proche, que celui-ci se trouve derrière le mur(11). L’homme qui a l’ouie fine entend sa voix et le voit. Il suffit de parcourir la petite distance qui reste. Pour cela, il faut accorder de la valeur à tout ce qui est précieux, il faut disposer de la lumière qui éclaire, c’est-à-dire de la Torah et de sa diffusion. On doit personnellement étudier la Torah et la propager. Car, c’est avant la lumière du jour(12) que le sommeil est le plus profond. Un effort est alors nécessaire pour ne pas sombrer dans la torpeur. Grâce à lui, on devient un réceptacle, capable de capter la lumière du jour. Chaque Juif est tenu d’en avoir conscience et, quand il rencontre un autre Juif, il doit lui dire : “ Ecoute, mon frère, ne dors pas alors que le jour se lève ! ”.
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Les jeunes de l’association ‘Habad existent désormais depuis dix ans, ce qui est la perfection du chiffre et de son contenu(13). Puisse donc Dieu faire que chacun et tous ensemble se motivent, par toutes ses dix forces intérieures(14), afin d’agir, pour le bien véritable de soi-même et de son prochain. Cette action sera profonde et intègre, puisque cette année est elle-même(15) intègre(16) et entière(17).
Il en sera ainsi grâce à l’effort émanant des forces qui entourent l’âme, à la foi, en particulier quand elle se révèle de la manière la plus forte, comme ce fut le cas lors de la sortie d’Egypte et la soumission au joug de la Royauté céleste(18). Ainsi, les forces intérieures et leurs manifestations sont présentes, fermes et brillantes(19). Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit et pour me donner de bonnes nouvelles de tout cela,
M. Schneerson,
Notes
(1) Soit le 2 Iyar. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Séfer Ha Toledot Admour Maharach, aux pages 6 et 7, de même que la séquences de discours ‘hassidiques intitulée : ‘Les eaux nombreuses’, de 5636, à partir du chapitre 104 ”. (3) Voir le Likouteï Si’hot, tome 23, à la page 435. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Du 19 Kislev 5699, reproduite, d’après les notes de l’un des présents, de manière concise, pour ce qui concerne ce point ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ On ne sait pas jusqu’à quel point la formulation est précise, car le texte de cette causerie n’a pas été relu par le Rabbi ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Torah Or, additifs, à la page 103a et le Or Ha Torah, Béréchit, tome 1, dans les additifs ”. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Yoël 4, 10. Et, la présente période est décrite par le verset 4, 1 : C’est à ce moment que Je ferai revenir la captivité de Yehouda et de Jérusalem ”. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ De fait, celles-ci sont considérées comme le domaine de l’homme, selon le Maor Le Chabbat, à la page 96b, comme son endroit, selon le traité Erouvin 48a. Et, l’on consultera le Torat ‘Haïm, Chemot, de l’Admour Haémtsahi, à la fin du discours ‘hassidique intitulé : ‘Et, tu feras deux chérubins’, à la page 463a-b ”. (9) Le Rabbi note, en bas de page : “ Notamment dans le discours ‘hassidique intitulé : ‘Rabbi Yochoua Ben Lévi dit : trois cent dix mondes’, de 5698 ”. (10) Le Rabbi note, en bas de page : “ Il devra être fort en son âme, posséder l’amour et la crainte de Dieu qui sont les deux ailes permettant son élévation, fort en son corps, ayant transformé et affiné son âme animale, connaître les voies de la Torah et des Mitsvot, les chemins du service de Dieu. Les vêtements de son âme, ses pensées, ses paroles et ses actions, devront être positifs, comme l’explique le discours ‘hassidique de la Parchat Nasso 5673. On consultera aussi celui de la Parchat Vayéchev 5675 ”. Le discours de la Parchat Nasso 5673 figure dans le Séfer Ha Maamarim 5672-5676, à la page 260. (11) Le Rabbi note, en bas de page : “ Chir Hachirim 2, 9, qui dit ensuite : ‘Il veille’, ce qui explique la suite de la causerie : ‘entend sa voix et le voit’. On verra le Zohar, tome 3, à la page 114b, le Or Ha Torah, à la même référence, qui dit : ‘derrière notre mur : si l’œil était autorisé à voir… ”. (12) Le Rabbi note, en bas de page : “ On consultera le traité Bera’hot 62b ”. (13) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Pardès, à la seconde porte ”. (14) Le Rabbi note, en bas de page : “ Tanya, au chapitre 3. Voir le Likouteï Torah, Vaykra, à la page 4b ”. (15) Elle possède un second mois d’Adar et le plus grand nombre de jours. (16) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le traité Ara’hin 31a et le Tséma’h Tsédek sur Tehilim 19, 8, au paragraphe 4 ”. (17) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Rambam, lois de la sanctification du nouveau mois, chapitre 8, au paragraphe 6 ”. (18) Le Rabbi note, en bas de page : “ Discours ‘hassidique intitulé : ‘Vous vous trouvez tous’, de 5675 ”. (19) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Midrash Tan’houma, à la Parchat Nitsavim ”.
Lettre n°8973
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8973, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Iyar 5725,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav ‘Haïm Israël,
Je vous salue et vous bénis,
Vous me faites remarquer(1) que l’explication des Tossafot, commenté par le Yam Chel Chlomo sur le traité Baba Kama 80a à propos de “ l’accueil du garçon ”(2) s’applique également à la naissance d’une fille(3). En fait, on peut considérer qu’une différence existe effectivement pour une fille, la joie n’étant pas entière, pour ce qui la concerne, comme le fait remarquer le traité Baba Batra 16b(4).
Notes
(1) Voir le Likouteï Si’hot, tome 32, à la page 233. (2) Du repas spécifique qui a lieu le premier vendredi soir après la naissance d’un garçon. (3) Dès lors, pourquoi un tel repas n’a-t-il pas lieu pour sa naissance ? (4) Qui précise : “ Le monde ne peut exister s’il n’y a pas des garçons et des filles. Malgré cela, heureux celui dont les enfants sont des garçons et malheur à celui dont les enfants sont des filles ”.
Lettre n°8974
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8974, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
5 Iyar 5725,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à vos lettres, dans laquelle vous évoquez vos fiançailles(1) et vous me dites que vous avez envisagé de toucher votre barbe(2). Il est bien évident qu’une union doit être basée sur le bon vouloir et sur une ferme détermination à se venir en aide mutuellement, dans tous les domaines, a fortiori pour ce qui concerne le Judaïsme, la Torah et ses Mitsvot, qui sont le fondement du bonheur, pour un Juif et une Juive, dans ce monde comme dans le monde futur. Bien entendu, pour ce qui concerne le bien et la sainteté, il existe plusieurs niveaux, l’un au-dessus de l’autre, selon les termes de nos Sages(3), une Mitsva, une meilleure façon de faire la Mitsva, la façon la meilleure. Et, ceux qui, pour une quelconque raison, se placent uniquement au niveau de la Mitsva, savent aussi que la meilleure façon est, au sens simple, un ajout, un mieux, une pratique plus belle, même si, pour une certaine raison, ils ne la mettent pas en pratique.
Bien évidemment, le canal et le réceptacle pour que les enfants d’Israël reçoivent la bénédiction de Dieu en tous leurs besoins est un comportement quotidien conforme à la Torah et à ce qui la concerne. En conséquence, quand on sollicite une bénédiction spécifique de Celui Qui donne la Torah et Qui ordonne la Mitsva, on doit renforcer ce comportement, de la meilleure façon. Vous en déduirez, y compris selon l’avis de ceux qui présentent le fait de ne pas toucher la barbe comme un moyen de mieux accomplir la Mitsva(4), que l’on doit se préserver d’une telle manière d’agir lorsque l’on sollicite une bénédiction spécifique de la part de Celui Qui donne la Torah et Qui ordonne la Mitsva, a fortiori quand on jette les bases d’un édifice éternel, d’un mariage. Bien entendu, d’autres Décisionnaires considèrent que le fait de ne pas toucher la barbe est bien une Injonction de notre Torah et, quand on a adopté leur avis depuis de nombreuses années, on ne doit pas même envisager de changer d’attitude dans un moment ordinaire et, encore moins, en une période comme celle-ci(5).
Comme je l’ai dit, lorsque l’un des deux(6) a été éduqué selon l’avis qui ne voit pas en cette pratique un moyen de mieux accomplir la Mitsva, son obligation première est de renforcer l’autre, dans ce domaine, afin qu’il adopte une attitude positive envers la pratique juive, y compris quand il s’agit de mieux accomplir la Mitsva. Combien plus doit-il en être ainsi lorsque l’autre a lui-même pratiqué de cette façon pendant plusieurs années et, plus encore, si, pour lui, il ne s’agit pas d’un moyen de mieux accomplir la Mitsva, mais bien d’une Injonction, de la Mitsva elle-même. Et, ce qui vient d’être exposé à propos de la barbe s’applique, de la même façon, à de nombreuses autres Mitsvot de la Torah, y compris d’application quotidienne. En conséquence, avant de sceller une union, il faut être absolument certain de la position que l’on adopte, en la matière : faut-il renoncer à son propre avis lorsque l’autre ne voit, en une certaine pratique, qu’un moyen de mieux accomplir la Torah ? Bien plus, la vie exige qu’un renoncement ne soit pas consenti uniquement parce que l’on ne peut pas faire autrement, qu’on est obligé de passer par là, qu’on en éprouve de l’amertume et que l’on s’insurge. Bien au contraire, on doit renoncer de plein gré, de son bon vouloir, dans la joie et l’enthousiasme. Et, comme je l’ai dit, cela ne concerne pas uniquement le fait de toucher la barbe, mais, de manière identique, toutes les autres Mitsvot de la Torah et la façon la meilleure de les mettre en pratique. Car, de tels problèmes peuvent être soulevés fréquemment et la solution doit résulter d’un consensus, adopté dans la joie et l’enthousiasme, qui est essentiel, en la matière.
Vous pourrez déduire de tout ce qui vient d’être dit ma réponse à votre question. Vous devez évaluer votre propre situation avec une attention particulière : êtes-vous réellement prêt à une telle concession, alors que, comme vous l’écrivez vous-même, vous vous dirigez toujours vers la même direction, en vous concentrant particulièrement sur la pratique des Mitsvot la plus scrupuleuse et la meilleure ? C’est en fonction de cette évaluation que vous déciderez ce qu’il y a lieu de faire. Je préciserai, en outre, un autre point, bien que celui-ci soit tout aussi évident. La question que vous posez se rapporte à votre mariage, mais, en réalité, elle est d’actualité de tout temps et en tout lieu, car la Torah est éternelle et ses Mitsvot sont immuables. En outre, chaque Juif et chaque Juive a reçu l’Injonction de connaître l’ascension dans le domaine de la sainteté, de ne pas redescendre. Selon les termes de nos Sages(7), “ nous avons reçu l’Injonction de nous élever dans le domaine de la sainteté ”. Puisse donc Dieu, Qui accorde Sa Providence à chacun et à chacune, vous guider, en tout cela, vers ce qui sera bon pour vous, d’un bien véritable. Avec ma bénédiction afin de m’en donner de bonnes nouvelles,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Voir le Likouteï Si’hot, tome 17, à la page 499. (2) De la tailler pour faciliter ces fiançailles. Voir, à ce sujet, les lettres n°8297 et 9001. (3) Voir le traité Chabbat 21b. (4) Mais non une obligation absolue. (5) Lorsque la bénédiction de Dieu est nécessaire. (6) Le jeune homme et la jeune fille désirant se fiancer. (7) Dans le traité Bera’hot 28a.
Lettre n°8975
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8975, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
veille du Chabbat Parchat Kedochim,
“ Vous serez saints ” 5725,
Brooklyn, New York,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre(1). On trouve, dans la Paracha de cette semaine, dès son début, une première Injonction, qui inclut en elle tout ce qui constitue la Torah et les Mitsvot. Il est dit, en effet : “ Vous serez saints ”(2). Et, une notion préalable permettra de le comprendre. Cette Injonction s’adresse “ à toute la communauté des enfants d’Israël ” et elle est justifiée de la manière suivante : “ car, Je suis saint, Moi, l’Eternel votre Dieu ”(2). Comme on le sait, une question est posée à ce sujet : quel est le contenu de l’Injonction : “ vous serez saints ” ? Quelle idée nouvelle est introduite de cette façon ? N’est-ce pas là le but de la Torah, dans son ensemble(3) et de ses Mitsvot(4), la finalité de chacune(5) de ses Préceptes ? L’explication est, en fait la suivante(6). Cette Injonction reçoit une portée générale et elle demande de s’écarter de tout ce qui est superflu, même si la Torah ne nous met pas en garde, à ce propos, ne nous l’interdit pas. Nous devons, malgré tout, être purs, parfaits et nous en séparer.
Certes, un homme pourrait se dire, surtout s’il établit un juste bilan moral en son âme, s’il fait une évaluation exacte de sa propre situation : “ Suffis-toi de ce que t’interdit la Torah ! ”(7). Et, que Dieu fasse que l’on mette en pratique toutes les Injonctions clairement énoncées par la Torah, celles qui figurent dans la Loi écrite, celles des Sages et même les comportements plus scrupuleux, les pratiques plus rigoristes ayant été introduits par les derniers Sages. Seul celui qui a atteint un tel stade de perfection pourra ensuite se consacrer à une forme aussi élevée du service de Dieu et rejeter tout ce qui est superflu. C’est précisément pour cela que le verset précise d’emblée, souligne que cette Parole est adressée “ à toute la communauté des enfants d’Israël ”, sans aucune exception et qu’il en ainsi parce que “ Je suis saint, Moi, l’Eternel votre Dieu ”. De la sorte, chacun et chacune de ceux qui sont concernés par cette Injonction pourront la comprendre, car il a été dit à tous : “ Je suis l’Eternel ton Dieu ”, ce qui est la justification de ce Précepte et sa raison d’être(8).
Toutefois, la même question se pose encore. Comment connaître l’ascension dans le service de Dieu au point de se sanctifier en ce qui est permis, alors que l’on trébuche encore(9) sur ce qui est interdit, au moins pour les fautes que l’on “ foule du talon ”(10) ? La réponse à cette question figure dans ce même verset, selon une autre explication(11) qui en est donnée et qui permet de comprendre comment on a le pouvoir et le moyen de mettre en pratique cette Injonction. En effet, cette Parole était adressée “ à toute la communauté des enfants d’Israël ”, tous réunis(12), constituant ainsi un seul et même grand organisme. Bien plus, cette Paracha(13) fut dite alors qu’ils étaient rassemblés, qu’ils se trouvaient ensemble(14) d’une façon concrète(2). Or, grands sont le pouvoir et le mérite de ce qui est public, surtout quand il s’agit de toute la communauté des enfants d’Israël, comme c’est le cas en l’occurrence. Une force accrue, en la matière, est accordée de cette façon, dès lors que la raison en a été énoncée : “ car, Je suis saint, Moi, l’Eternel ton Dieu ”. En d’autres termes, “ si vous vous sanctifiez, Je vous considérerai comme si vous M’aviez sanctifié ”(15).
On peut comprendre l’inspiration et l’enthousiasme qui en résultent pour l’homme, quand il se dit qu’en mettant en pratique cette Injonction, il sera considéré comme s’il avait sanctifié l’Eternel son Dieu. Il est clair qu’il mettra alors en éveil ses forces profondes, ses forces les plus intérieures afin de prendre le dessus face à tout obstacle se dressant devant l’accomplissement, d’une manière pleine et entière, du Précepte : “ Vous serez saints ”(16). En mettant en pratique l’Injonction : “ Vous serez saints ”, on en reçoit la récompense et, selon un autre commentaire qui est donné de ce verset(17) : grâce à tout cela, le fait que “ Je suis saint, Moi, l’Eternel ” pourra être “ votre Dieu ”, Auquel nous nous attacherons dans la sainteté.
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Puisse Dieu faire que ce qui est exposé ci-dessus s’accomplisse en chacun et en chacune. Conformément à une autre interprétation qui est donnée de ce verset, basée sur le principe établi selon lequel une forme impérative est aussi un futur et une assurance donnée que celle-ci sera suivie d’effet(18), cette promesse s’accomplira pleinement et “ vous serez saints ”, d’une sainteté si haute qu’elle pourra être “ identique à Moi ”(19), similaire à la sainteté de “ Moi, l’Eternel votre Dieu ”, même si le verset dit qu’il ne peut pas en être ainsi.
Bien plus, “ votre Dieu ” est aussi “ votre force et votre vitalité ”(20), découlant de “ Ma sainteté ”(21), car “ Je suis saint ”. Avec ma bénédiction,
M. Schneerson,
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Vous précisez(22) que cette illustration a été faite pendant ‘Hol Ha Moéd. Pour l’avenir, il serait bon de vérifier s’il est permis de faire une photographie pendant ‘Hol Ha Moéd, surtout à l’époque actuelle, lorsque l’on s’arrange d’emblée pour qu’il en soit ainsi(23).
Notes
(1) Cette lettre a été adressée à plusieurs personnes. Voir le Likouteï Si’hot, tome 7, à la page 322. (2) Le Rabbi souligne les mots : “ vous serez saints ”, “ car, Je suis saint, Moi, l’Eternel votre Dieu ” et “ d’une façon concrète ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Et, les versets disent : ‘Vous serez pour Moi une nation sacrée’ et ‘Voici les Paroles’, comme le souligne le Zohar, tome 3, début de la Parchat Kedochim, à la page 81a ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Le Séfer Ha Mitsvot du Rambam, à la quatrième racine, dit : ‘Vous serez saints : Sois saint en mettant en pratique ce que Je t’ai commandé’ ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Nos Sages disent, dans la Me’hilta, à propos du verset Chemot 22, 30 : ‘Quand le Saint béni soit-Il introduit une Mitsva pour les enfants d’Israël, Il leur accorde une sainteté accrue’ ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon le Ramban, commentant le verset Kedochim 19, 2 et l’on peut se demander pourquoi ce Précepte n’est pas mentionné parmi les Injonctions, au sein desquelles on ne cite même pas : ‘Vous vous sanctifierez’. Toutefois, le Ramban ne contredit pas le Rambam, dans ses notes sur la quatrième racine du Séfer Ha Mitsvot, à propos du verset : ‘Vous serez saints’. Cela veut bien dire que, pour ce qui concerne la Hala’ha, il adopte effectivement la position du Rambam, d’après laquelle il s’agit de mettre en pratique l’ensemble de la Torah. Ceci s’écarte de l’explication qui est donnée ici, c’est-à-dire de la nécessité de rejeter ce qui est superflu. Il en est de même pour le verset : ‘Vous vous sanctifierez’, pour lequel il expose la position du Baal Hala’hot Guedolot, qui n’est cependant pas la sienne. Le Séfer ‘Harédim, à la fin de la partie sur les Injonctions de la Torah, du Gaon, Rabbi Chlomo Ibn Gabirol, dit que l’on compte parmi les six cent treize Mitsvot de la Torah, le verset : ‘vous serez saints’, faisant obligation de rejeter ce qui est superflu. Et, l’on consultera, à ce propos, les modifications figurant dans le Tanya, à la fin des chapitres 27 et 30 ”. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Yerouchalmi, traité Nedarim, au début du chapitre 9. Voir les huit chapitres du Rambam, au chapitre 4. Likouteï Torah, Parchat Matot, à la page 84b ”. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ Le Torat Cohanim, à cette référence, dit : ‘Vous serez saints, car Je suis saint, Moi, l’Eternel votre Dieu : Que doit faire celui qui appartient à l’aréopage du Roi ? Il doit imiter le Roi’ ”. (9) Le Rabbi note, en bas de page : “ Likouteï Torah, Parchat Devarim, à la page 62d. Et, nos Sages ajoutent, au traité Guittin 70a : ‘Ceci souligne que la force du corps participe également à la chute’ ”. Le Rabbi souligne ici le mot : “ ajoutent ”. (10) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir Tehilim 49, 6, le Midrash Tan’houma et les commentateurs de la Torah, au début de la Parchat Ekev, de même que le Or Ha Torah, à cette référence ”. (11) Le Rabbi note, en bas de page : “ Rachi, commentant le verset Vaychla’h 33, 20, dit que : ‘les Paroles de la Torah sont comme un maillet qui pulvérise le rocher’. Bien souvent, les différentes explications à propos d’un même point ne se contredisent pas ”. (12) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Tanya, au chapitre 32 ”. (13) Selon le commentaire de Rachi sur le verset 19, 1, basé sur le Torat Cohanim. (14) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Likouteï Torah, au début de la Parchat Nitsavim ”. (15) Le Rabbi note, en bas de page : “ Torat Cohanim, commentant ce verset ”. (16) Le Rabbi note, en bas de page : “ On consultera le Tanya, à la fin du chapitre 27, qui ajoute qu’en mettant en pratique l’Injonction : ‘Sanctifies-toi en ce qui t’est permis’, non seulement on repousse le mal, mais, en outre, ‘on révèle largement la sainteté du Saint béni soit-Il et celle-ci suscite pour l’homme, ici-bas, une sainteté élevée, qui lui vient largement et puissamment en aide, en son service de Dieu’ ”. Le Rabbi souligne ici le mot : “ ajoute ”. (17) Le Rabbi note, en bas de page : “ Ramban, à cette référence ”. (18) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Or Ha Torah, du Tséma’h Tsédek, sur ce verset, à la page 109 ”. (19) Le Rabbi note, en bas de page : “ Midrash Vaykra Rabba, à la fin du chapitre 24. Voir le Or Ha Torah, du Tséma’h Tsédek, au début de la Parchat Kedochim ”. (20) Le Rabbi note, en bas de page : “ Tour et Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, au chapitre 5 ”. (21) Le Rabbi note, en bas de page : “ En mettant en pratique l’Injonction : ‘Sanctifies-toi en ce qui t’est permis’, on obtient que ce niveau éclaire, d’une manière évidente, les âmes juives, dans le monde futur, comme l’expliquent la fin du discours ‘hassidique intitulé : ‘Vous serez pour Moi’, de 5660 et le Or Ha Torah, Parchat Yethro, page 811. Et, ceci nous permettra de comprendre l’interprétation qui est donnée par le Midrash Tan’houma, à la Parchat Kedochim, fin du chapitre 5 : ‘Le Saint béni soit-Il est appelé ‘saint’ et Il qualifie les enfants d’Israël de ‘saints’. Le Saint béni soit-Il dit : Dans ce monde, ils sont appelés ‘saints’ et, dans le monde futur, on les proclamera ‘saints’. On consultera le traité Baba Batra 75b et le commentaire de Rachi, à cette même référence, de même que le Likouteï Torah, Parchat Nitsavim, à la page 51c ”. (22) Ce paragraphe figure dans le Likouteï Si’hot, tome 17, à la page 504. (23) Ce qui veut dire que l’on fait le choix de ‘Hol Ha Moéd pour être photographié. Or, une telle pratique revient à fixer, d’emblée, qu’un travail sera effectué en ce jour. Voir, à ce propos, le Séfer Itvaadouyot 5744, tome 1, à partir de la page 485.
Lettre n°8976
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8976, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
mardi de la Parchat Emor 5725,
Brooklyn, New York,
Aux participantes à la dixième convention
annuelle des femmes et jeunes filles ‘Habad,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous bénis et vous salue,
Votre convention, cette année(1), qui marque une période de dix ans, présente plus d’aspects spécifiques que d’ordinaire et elle doit donc imprimer une orientation à vos accomplissements, conformément à la leçon et à l’enseignement qui sont délivrés par le chiffre dix. Celui-ci conclut les unités(2) et il introduit les dizaines(2), marquant, de cette façon, l’accession à un stade plus élevé, non seulement quantitativement(2), mais aussi qualitativement(2). A partir du chiffre dix, une organisation nouvelle est introduite, non pas uniquement un plus grand nombre, mais, en outre, un niveau plus haut.
C’est l’une des raisons pour lesquelles le chiffre dix possède un rôle particulier, dans la Torah et donc également dans la vie juive. C’est pour cela que tout acte sacré et certaines prières, le Bare’hou, le Kaddish, la Kedoucha se déroulent uniquement en présence d’un Minyan, d’un quorum de dix personnes. Commentant le verset de notre Paracha, 22, 32 : “ Je serai sanctifié parmi les enfants d’Israël ”(2), nos Sages soulignent(3) que chaque Juif, à titre individuel, est cher et saint. Pour autant, quand dix hommes se réunissent, tous constituent une communauté(2), possédant une sainteté qui est toute autre. Au sein même de cette communauté, chaque individu reçoit lui-même une élévation particulière.
Le chiffre dix est aussi le nombre des forces de l’âme(2), comme l’expliquent nos saints livres, en particulier le Tanya(2), de l’Admour Hazaken(4), fondateur de la ‘Hassidout ‘Habad. Car, chaque homme possède bien dix forces particulières, qui sont liées à son esprit. Il s’agit de celles de l’intellect(2), la découverte intellectuelle, l’analyse raisonnée, la synthèse finale et des sept forces de l’émotion(2) et du sentiment. De fait, le fondement de la conception de ‘Habad est la révélation des forces de l’intellect, afin qu’elles dirigent celles du sentiment, en particulier l’amour et la crainte de Dieu(2), s’exprimant en toutes les émotions, en particulier dans le comportement(2) quotidien, en tous les domaines.
Mon beau-père, le Rabbi et les maîtres de ‘Habad, en toutes les générations, ont maintes fois souligné le rôle central des femmes dans la mise en application des valeurs de ‘Habad, au quotidien. La femme, maîtresse de maison(2), qui bâtit son foyer, fixe, pour une large part, ce que sera l’esprit et le comportement de la famille. Elle exerce, en outre, une large influence, directe ou indirecte, sur son entourage. La Torah lui délivre un enseignement et lui donne également la force de le mettre en pratique : elle doit se servir, de la manière qui convient, des dix forces de son âme, ainsi qu’il est dit (Michlé 9, 1) : “ Les sagesses des femmes ont construit leur maison, dressé leurs sept colonnes ”, par leurs forces intellectuelles, qui sont au nombre de trois, comme on l’a vu et par les sept colonnes, correspondant aux différents sentiments.
*
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Nous entrons dans la seconde décennie de votre action liée à la Torah et aux Mitsvot. Puisse donc Dieu faire que chaque groupe des femmes et jeunes filles ‘Habad, que chaque participante à ces groupes, s’élève vers un niveau plus haut, dans tous les domaines qui viennent d’être définis, qu’elle soit bénie du succès le plus large, à la fois matériellement et spirituellement. Avec ma bénédiction de réussite et pour donner de bonnes nouvelles,
M. Schneerson,
Notes
(1) Voir le Likouteï Si’hot, tome 7, à la page 329. (2) Le Rabbi souligne les mots : “ unités ”, “ dizaines ”, “ quantitativement ”, “ qualitativement ”, “ Je serai sanctifié parmi les enfants d’Israël ”, “ une communauté ”, “ forces de l’âme ”, “ Tanya ”, “ l’intellect ”, “ l’émotion ”, “ l’amour et la crainte de Dieu ”, “ comportement ” et “ maîtresse de maison ”. (3) Dans le traité Bera’hot 21b. (4) Au chapitre 3 du Tanya.
Lettre n°8977
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8977, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Iyar 5725,
Brooklyn, New York,
Aux dirigeants de la Yechiva centrale Tom’heï Temimim,
aux dirigeants de la branche A’heï Temimim, à Richon
La Tsion, que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu les deux comptes-rendus du 18 Nissan(1). Ma réponse a été retardée car j’ai pensé qu’ils auraient un complément, après réception de mes télégrammes(2), bien qu’ils aient été envoyé avant la réception de ces comptes-rendus. Toutefois, je ne souhaite plus retarder ma réponse et je fais donc référence au contenu de ces comptes-rendus, que je reprends dans l’ordre :
Au premier paragraphe : La décision d’avoir une direction unique(3) semble judicieuse. Il s’agira donc de la direction de la Yechiva de Lod, à laquelle on adjoindra des représentants qui appartenaient au préalable à la Yechiva de Richon Le Tsion.
Au second paragraphe : Vous parlez également d’une représentation distincte par rapport à l’extérieur. En la matière, il faut, bien entendu, mettre l’accent plus sur “ par rapport à l’extérieur ” que sur : “ distincte ”. De même, le compte-rendu stipule bien que ceci concerne uniquement les collectes financières.
S’agissant des personnes qui pourront être ces représentants, de même que du directeur exécutif, il vous appartient de formuler des propositions.
Nous avalisons, par la présente, les candidats qui sont cités par ce compte-rendu, pour la direction de la Yechiva, c’est-à-dire le Rav Yaakov Yossef Raskin et le Rav Mendel Brook. Le directeur exécutif restera celui qui est actuellement en place, le Rav M.Goldberg.
Nous avalisons également le cinquième paragraphe, selon lequel il n’y a pas lieu, pour l’heure, de faire entrer des personnes nouvelles dans la direction ou bien dans le bureau de la Yechiva, pour différentes raisons. De fait, peut-on négliger la raison la plus évidente, la nécessité de ne pas multiplier les dépenses, de consacrer toute son énergie à multiplier le nombre des élèves, de poursuivre la construction, de planifier et de réaliser les collectes de la branche de Richon Le Tsion, mentionnées ci-dessus ?
Pour ce qui est de l’annexe au compte-rendu, la pension de la veuve, qui aura de longs jours et de bonnes années, du distingué et agréable ‘Hassid qui craint Dieu(4), fondateur de cette branche et qui l’a dirigée, avec abnégation, pendant plusieurs années, sera calculée en fonction de l’usage en la matière, en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, en particulier au sein des institutions ‘Habad. S’agissant des dédommagements qui reviennent à telle personne, nous n’avons pas connaissance de tout cela ici. Là encore, il faudra adopter l’usage en vigueur dans les Yechivot.
Concernant le poste et la maison devant être attribués à celui que vous citez, il a déjà été précisé ci-dessus que le moment n’est pas du tout propice au recrutement de nouvelles personnes. On pourra le faire uniquement dans le cadre qui a été précisé plus haut, par exemple pour les collectes financières. En la matière, il convient de s’intéresser à des hommes qui ont de l’expérience dans ce domaine, à qui l’on a déjà confié de telles responsabilités et qui les ont assumées avec succès, comme le veut l’usage en vigueur. Nos maîtres et chefs, qui président également toutes les branches des Yechivot Tom’heï Temimim, en tout lieu et de tout temps, se tiennent là-haut et ils invoquent l’immense miséricorde de Dieu pour ces institutions, à la fois quantitativement et qualitativement. Ils révèleront donc la bénédiction et le succès pour la branche A’heï Temimim de Richon Le Tsion, dans le cadre de la Yechiva centrale, en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie.
Heureux est le sort de chacun et de chacune des ‘Hassidim, se trouvant sur place ou bien en tout autre endroit, qui apporteront leur aide, en la matière, dans toute la mesure de leurs moyens, dans la joie et l’enthousiasme, en instaurant la proximité entre les personnes, comme l’explique longuement le Kountrass Hé’haltsou, du Rabbi Rachab, avec les additifs de mon beau-père, le Rabbi, l’un et l’autre étant les fondateurs et les dirigeants de ces Yechivot. Tous seront ainsi bénis de tout le bien, selon la manière du Saint béni soit-Il, Qui agit “ mesure pour mesure ”(5), mais en proportion largement accrue et ils concevront beaucoup de satisfaction ‘hassidique et véritable de tous leurs enfants, à la fois les fils et les filles, conformément aux programmes des Yechivot Tom’heï Temimim et des écoles Beth Rivka. Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit, de même que pour me donner de bonnes nouvelles,
M. Schneerson,
Notes
(1) Voir le Likouteï Si’hot, tome 24, à la page 498. (2) Il s’agit de la lettre n°8968. (3) Pour les deux Yechivot. Voir, à ce sujet, la lettre n°8949. (4) Le Rav ‘Haïm Chaoul Brook. Voir, à son sujet, la lettre n°8949. (5) De la manière dont on agit envers Lui. Voir, à ce sujet, le Pessikta Zoutrata sur le verset Chemot 3, 6.
Lettre n°8978
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8978, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Iyar 5725,
Brooklyn,
Au grand Rav, ‘Hassid qui craint Dieu, aux
multiples accomplissements, le Rav A.D.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du second jour de Roch ‘Hodech Iyar, que j’ai reçue avec retard. Vous y décrivez la préparation à la publication d’un recueil de décisions hala’hiques et vous concluez en me demandant une approbation(2). Vous connaissez, néanmoins, l’usage de la maison de notre maître(3), instaurée par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, selon laquelle on ne donne pas d’approbation, pour différentes raisons. Vous voudrez bien m’en excuser.
Votre lettre a renforcé mon espoir que vous vous efforcez de diffuser le Judaïsme traditionnel en tout endroit où s’exerce votre influence, y compris à l’extérieur de votre communauté. En effet, “ tu aimeras ton prochain comme toi-même ” est un “ grand principe de la Torah ”(4) et “ tous les enfants d’Israël endossent une responsabilité collective ”(5). En outre, l’assurance nous a été donnée que les paroles émanant du cœur pénètrent dans le cœur de celui qui les écoute et y exercent leur effet. Le mérite de ce qui est public vous vient en aide.
Je me permets d’ajouter un autre point, qu’il me semble avoir déjà abordé une fois avec vous. Il s’agit de la nécessité impérative de fixer un temps pour l’étude de la dimension profonde de la Torah, laquelle, à notre époque, a été révélée par la ‘Hassidout. A quelqu’un comme vous, il est sûrement inutile de l’expliquer longuement. Depuis toujours, en effet, nos frères sefardim ont été coutumiers d’une étude de cette partie de la Torah. Avec mes respects et ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav A.D. Chalom, de Mexico. (2) Du Rabbi pour cet ouvrage. (3) Des maîtres de ‘Habad. Voir, à ce sujet, la lettre n°8257. (4) Selon le Torat Cohanim, cité par le commentaire de Rachi sur le verset Kedochim 19, 18. (5) D’après le traité Chevouot 39a.
Lettre n°8979
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8979, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Iyar 5725,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
Je fais réponse à votre lettre du 4 Iyar. Nos Sages nous ont fait savoir que “ rien ne résiste à la Techouva ”(1), dont la définition est le regret du passé et une bonne résolution pour l’avenir. Il précisent aussi(2) que : “ l’on dit au Nazir(3) : Va-t-en, ne t’approche pas du pourtour de la vigne ”(4). Et, ils ont instauré une prière quotidienne, dans les bénédictions du matin, qui dit : “ Ne nous soumets pas à l’épreuve ”. Ceci(5) est, en outre, une Injonction de notre sainte Torah et il est donc certain qu’un homme a le moyen de la mettre pleinement en pratique. Car, tout ne dépend que de la détermination, comme je l’indiquais également dans mon précédent courrier.
Puisse Dieu faire que l’abnégation et le don de soi pour l’éducation des enfants d’Israël basée sur les valeurs sacrées, une éducation qui rapproche le cœur des enfants d’Israël de notre Père Qui se trouve dans les cieux, protège chacun et chacune de ceux qui ont besoin d’une bénédiction, dans tous les domaines où celle-ci est nécessaire. De fait, ces jours sont favorables, puisque l’on approche de la fête de Chavouot, temps du don de notre Torah. Avec ma bénédiction afin de me donner de bonnes nouvelles de tout cela, dans la confiance en Dieu et la joie,
Notes
(1) Selon le Rambam, dans ses lois de la Techouva, à la fin du chapitre 3. (2) Dans le traité Chabbat 13a. (3) Qui n’a pas le droit de consommer le fruit de la vigne. (4) Il faut donc prendre des précautions pour être en mesure de tenir son engagement. (5) La Techouva.
Lettre n°8980
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8980, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Iyar 5725,
Brooklyn, New York,
A l’attention du Rav Aharon Shuster Chlita,
grand Rabbin d’Amsterdam,
Je vous salue et vous bénis,
Après une longue interruption, j’ai bien reçu votre lettre du 4 Iyar et, en un moment propice, je mentionnerai le nom de cette personne près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, conformément à ce que vous m’écrivez.
C’est vous qui m’avez transmis cette requête et puisse donc Dieu faire que vous m’en donniez de bonnes nouvelles. Vos actions destinées à diffuser le Judaïsme traditionnel dans votre sainte communauté, dans toute le mesure de l’influence que vous y exercez et que vous élargissez, de temps à autre, vous protégera, avec tous les vôtres. En effet, ces réalisations sont pour le bien des fils et filles d’Israël, desquels il est dit(1) : “ Vous êtes des enfants pour l’Eternel votre Dieu ”. Elles suscitent le plaisir de notre Père Qui se trouve dans les cieux, par l’Attribut de Dieu, Qui agit “ mesure pour mesure ”(2), mais en proportions largement accrues. Vous-même concevrez donc beaucoup de satisfaction de tous vos descendants. Avec mes respects et ma bénédiction pour que vous me donniez de bonnes nouvelles,
A cette occasion, je me permets de vous joindre une copie de ma lettre adressée à tous(3). J’espère qu’elle vous intéressera. De fait, son contenu s’applique tout au long de l’année.
Notes
(1) Devarim 14, 1. (2) De la manière dont on agit envers Lui. Voir le Pessikta Zoutrata sur le verset Chemot 3, 6. (3) Il s’agit de la lettre n°8965.
Lettre n°8981
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8981, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Iyar 5725,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, se consacre aux besoins
communautaires, aux multiples accomplissements, le Rav Moché(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu votre seconde lettre avec plaisir et joie. Malgré mes nombreuses occupations et la longue liste d’attente des courriers, j’ai adressé un courrier, conformément à votre demande, à ceux qui fréquentent la synagogue, de même qu’à ceux qui la soutiennent.
Bien entendu, tout ce qui est dit dans cette lettre s’applique encore plus clairement à vous-même et aux membres de votre famille. On connaît(2), en effet, l’explication de l’Admour Hazaken, que nous avons maintes fois entendue de mon beau-père, le Rabbi, à propos de la Michna(3) : “ Deux personnes saisissent un vêtement ”, selon laquelle celui qui conduit une autre personne à accomplir une Mitsva en reçoit également une part. Ainsi, en plus de l’aspect essentiel, votre action et la réussite que vous connaissez en ce domaine, vous revient aussi une partie des réalisations et des efforts de ceux qui vous ont secondé, en cet accomplissement de la plus haute importance, l’ouverture d’une synagogue et maison d’étude ‘Habad à Natanya(4).
Que Dieu vous accorde Son aide, à l’avenir, afin de mettre en pratique tout ce qui concerne ‘Habad, à Natanya et en tout endroit que vous pourrez atteindre, pour de longs jours et de bonnes années, dans la joie et l’enthousiasme. Dans l’attente de bonnes nouvelles de tout cela, je vous souhaite un bon Chabbat(5) et un bon mois.
Notes
(1) Le Rav M.Bimbad, de Natanya. (2) Voir notamment, à ce sujet, la lettre n°6416. (3) Du début du traité Baba Metsya. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°8963. (5) Le 25 Iyar 5725 était un jeudi.
Lettre n°8982
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8982, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה, veille du saint
Chabbat qui bénit le mois de Sivan 5725,
Brooklyn, New York,
A tous les participants au dîner annuel de la Yechiva A’heï Temimim
Loubavitch de Newark, que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
Votre dîner annuel aura lieu, cette année, dans la semaine de Chavouot, temps du don de notre Torah(1) et aboutissement final de la sortie d’Egypte(1). Ces fêtes, Pessa’h et Chavouot, rappellent des événements historiques, directement liés, qui ont été vécus par notre peuple. Leur enseignement profond et immuable permet à chaque Juif de les revivre et de s’en pénétrer(2), dans son existence quotidienne, en tout lieu et à tout moment. L’idée est la suivante. La sortie d’Egypte, libération de l’esclavage, à la fois de la servitude profonde(1) à la nature humaine et de l’assujettissement extérieur(1) à son environnement, ne peut être obtenue que par l’intermédiaire de la Torah et des Mitsvot, qui illuminent l’existence de l’individu et de la communauté, au quotidien.
A ceci s’ajoute un autre point, cette année, puisque celle-ci a deux(3) Adars(1). La finalité d’une telle année est de s’assurer que les fêtes seront bien célébrées en leur période, Pessa’h, tout d’abord et, par conséquent, Chavouot également, cinquantième jour du compte(4), puis toutes les autres fêtes, de la même façon. Néanmoins, la sainte Torah renferme une infinité d’explications et d’enseignements, car elle n’a pas de fin, tout comme Celui Qui la donne est Infini, béni soit-Il. Il en est donc de même pour une année qui a deux Adars. L’une des leçons qu’elle délivre est la suivante. Un Juif doit être maître de son temps et le régler en fonction de la Torah. Les activités du monde elles-mêmes, planter et récolter, puisque Pessa’h est le temps de récolter l’orge et Chavouot, celui de la moisson du blé, doivent être liées à la sortie d’Egypte, afin de ne pas être l’esclave du monde et de la nature, bien au contraire d’en être le maître, par la force de la Torah et des Mitsvot que Dieu a données aux Juifs. Plus encore, même si l’on a connu le manque, de par le passé, il reste possible, non seulement de le compléter, mais aussi de constituer une réserve pour l’avenir, comme le souligne cette année, grâce au mois d’Adar qui lui est ajouté.
Puisse Dieu faire que ce dîner annuel fournisse l’expression concrète de tout ce qui vient d’être dit à chacun et à chacune des participants, avec les membres de leur famille. De la sorte, ils raffermiront les fondements de la Torah et des Mitsvot, en leur foyer et dans leur entourage, en particulier en renforçant et en développant la Yechiva A’heï Temimim de votre ville. J’adresse mes salutations aux chers invités et aux participants. Avec ma bénédiction de réussite, de même que pour donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Le Rabbi souligne les mots : “ temps du don de notre Torah ”, “ sortie d’Egypte ”, “ profonde ”, “ extérieur ” et “ deux Adars ”. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°8582. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°8965. (4) De l’Omer.
Lettre n°8983
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8983, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
2 Sivan 5725,
Brooklyn, New York,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre(1). C’est en ce jour que Moché entreprit de se consacrer aux enfants d’Israël, afin qu’ils soient au mesure de recevoir la Torah(2) et il leur dit : “ Et, vous serez pour Moi une nation de prêtres ”(3). On peut penser que l’explication de cette expression est la suivante. Ces mots font allusion aux trois(4) qualités positives, aux “ couronnes ” qui furent données à ce peuple, au début du don de la Torah(5), “ vous serez pour Moi ”(6), vous vous libèrerez pour Moi, vous vous consacrerez à la Torah(6) et à rien d’autre(7), “ une nation ”(6) de rois possédant toutes les qualités, “ de prêtres ”(6) de Cohanim(8) effectuant le service.
Bien plus, lors du don de la Torah, chacun des enfants d’Israël se libéra pour Dieu, se consacra uniquement à la Torah, reçut des couronnes qui furent placées sur sa tête(9) et devint apte à consommer les sacrifices(10). Le commencement de ce processus fut le suivant(11). Moché éprouva le désir de s’élever vers Dieu et l’effort accompli ici-bas mit en évidence le dévoilement céleste. Aussitôt, “ l’Eternel l’appela… vous serez pour Moi une nation de prêtres ”.
Puisse Dieu faire qu’en ces jours propices, le reflet de Moché que chaque âme d’Israël porte en elle(12) se consacre à toutes les forces de cette âme. Et, tous les Juifs, sans attendre un conseil, proclameront, du plus petit au plus grand : “ Tout ce qu’a demandé l’Eternel, nous l’accomplirons ”(13). Puis, l’on mettra en pratique la Mitsva de se limiter, celle de se séparer et, de la sorte, on sera prêt pour le don de la Torah(14). Avec ma bénédiction, exprimée selon les termes de notre maître, mon beau-père, le Rabbi, pour recevoir la Torah avec joie et d’une manière profonde,
M. Schneerson,
Notes
(1) Cette lettre fut adressée à plusieurs personnes. Voir le Likouteï Si’hot, tome 8, à la page 244. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, partie Ora’h ‘Haïm, fin du chapitre 494 ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Chabbat 86b ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Ceci permet de comprendre pourquoi le Talmud mentionne uniquement : ‘Et, vous serez pour Moi une nation de prêtres’, la partie médiane des propos qui furent tenus aux enfants d’Israël ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Commentaire de la Michna sur le traité Avot, chapitre 4, à la Michna 13, selon la répartition figurant dans le Siddour de l’Admour Hazaken. Voir le début de la séquence de discours ‘hassidiques de 5672, précisant que ces trois éléments correspondent aux trois lignes entre lesquelles se répartissent les Sefirot. Et, le discours ‘hassidique intitulé : ‘Tu es saint’, dans la séquence de discours de 5666, souligne qu’il s’agit là des couronnes de tout l’enchaînement des mondes. La Michna conclut en mentionnant ‘la couronne du bon renom’. On peut considérer que celle-ci correspond au ‘peuple sacré’, puisque le Me’hilta précise : ‘ainsi qu’il est dit : Et, qui est comme Ton peuple, Israël ?’. Telle est l’éloge qui est faite d’Israël selon le traité Bera’hot 6a. Mais, le Talmud, au traité Chabbat, n’en fait pas mention, tout comme la Michna du traité Avot ne compte pas cette couronne. L’Admour Hazaken y fait cependant allusion par un ‘etc.’, bien que le Talmud ne la cite pas, mais ce point ne sera pas développé ici ”. (6) Le Rabbi souligne les mots : “ vous serez pour moi ”, “ Torah ”, “ nation ” et “ prêtres ”. (7) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon le commentaire du Me’hilta à propos du verset précédent, qui dit également : ‘Vous serez pour Moi’ ”. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ Targoum Yonathan, à cette référence ”. (9) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Chabbat 88a et le Séder Elyahou Zouta, au chapitre 4, se conclut par : ‘ainsi qu’il est dit : Et, vous serez pour Moi une nation de prêtres et un peuple sacré’ ”. (10) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon le Me’hilta ”. (11) Le Rabbi note, en bas de page : “ Zohar, tome 2, à la page 79b. Or Ha ‘Haïm, à cette référence et différents Midrashim sur le Me’hilta de Rabbi Chimeon Ben Yo’haï ”. (12) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Tanya, au chapitre 42 ”. (13) Le Rabbi note, en bas de page : “ Commentaire du Ramban sur le verset Yethro 19, 7 ”. (14) Le Rabbi note, en bas de page : “ Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, à la même référence ”.
Lettre n°8984
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8984, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
2 Sivan 5725,
Brooklyn, New York,
Au grand Rav, distingué et agréable ‘Hassid,
qui craint Dieu, le Rav T.H.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre de ce lundi, de même que vos explications de la Torah que vous m’aviez adressées au préalable(2). Il est bien connu que mon propos n’est pas de trancher la Hala’ha, en particulier dans les domaines qui sont traités par de nombreux Décisionnaires. Vous voudrez bien m’en excuser.
Nos Sages soulignent l’importance de commenter la Torah. Le Rambam, dans son Séfer Ha Mitsvot, à l’Interdit n°347, considère que le verset : “ et à l’épouse de ton prochain…(3) ” s’applique uniquement à l’homme. C’est également l’avis du Séfer Mitsvot Guedolot, à l’Interdit n°97. Et, il semble que le Séfer Ha Ireim, au chapitre 214, affirme aussi : “ Notre Créateur nous met en garde contre l’homme immoral ” et non : “ contre l’immoralité ”, selon la formulation qui figure dans certaines versions. Le ‘Hinou’h, à la Mitsva n°35, précise que : “ Cette interdiction a été répétée ” et le Min’hat ‘Hinou’h, à cette même référence, indique : “ Si l’on met quelqu’un en garde, on doit mentionner, dans cette mise en garde, les deux versets à la fois ”, ce qui veut dire qu’il n’explique pas pourquoi cet Interdit s’applique précisément à l’homme.
Commentant le verset A’hareï 18, 20, le Ramban dit : “ Peut-être faut-il voir en cela la raison de l’interdiction ”, mais l’on peut réellement se demander si cette interprétation a une incidence sur la Hala’ha, car : 1. il dit lui-même que son explication ne concerne pas la Hala’ha, dans le cas d’une punition, 2. il revient sur sa position(4) et il écrit ensuite : “ Voici ce qui est juste à mes yeux… ”, mais il ne dit pas, par exemple : “ Il y a une autre explication ”, 3. il conclut, à cette référence : “ Nos Sages expliquent ”, faisant ainsi allusion aux Sages qui énoncent la Hala’ha de la Torah.
Notes
(1) Le Rav Tsvi Hirsch Friedman. (2) Voir le Likouteï Si’hot, tome 7, à la page 320 et tome 32, à la page 245. (3) “ Tu ne donneras pas ta semence ”. (4) Le Rabbi souligne l’expression : “ revient sur sa position ”.
Lettre n°8985
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8985, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Sivan 5725,
Brooklyn, New York,
Aux élèves(1) de la première classe de l’école
‘Habad du Mochav Meitav D. N. Gilboa,
Je vous bénis et vous salue,
Votre lettre m’est bien parvenue et elle m’a procuré un grand plaisir(2). Que Dieu exauce positivement les souhaits de votre cœur et que vous connaissiez le succès dans l’étude de la Torah, qui est appelée : “ Torah de vie ”, car elle est un enseignement pour la vie quotidienne, une source de bénédiction pour une vie réellement bonne.
Vous connaissez sûrement la fête de Chavouot, temps du don de notre Torah et vous avez dû entendre que la Torah a été donnée uniquement après que tous les enfants d’Israël aient proclamé : “ Nos enfants seront nos garants ”(3), ce qui inclut à la fois les garçons et les filles. Cela veut dire que c’est par le mérite des fils et des filles d’Israël que la Torah a été donnée à tout notre peuple. On peut en déduire à quel point il est fondamental que les enfants juifs aient un comportement basé sur les Mitsvot et les directives de la Torah, avant tout qu’ils honorent leurs parents et leurs enseignants, qu’ils se consacrent à l’étude avec élan et ardeur. J’espère que chacune d’entre vous donnera l’exemple d’une fille d’Israël, descendante de nos Mères, Sarah, Rivka, Ra’hel et Léa. Avec ma bénédiction de réussite et pour me donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Ce terme est employé au féminin. (2) Voir le Likouteï Si’hot, tome 33, à la page 234. (3) Selon le Midrash Chir Hachirim Rabba, chapitre 1, au paragraphe 4.
Lettre n°8986
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8986, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Sivan 5725,
Brooklyn, New York,
Aux grands élèves de la Yechiva élémentaire
Tom’heï Temimim Loubavitch de Lod,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre(1) du 17(2) Iyar, dans laquelle vous me faites part de votre décision positive, celle d’exercer une influence sur les plus jeunes élèves, de les rapprocher des voies et des usages de la ‘Hassidout, par des actions systématiques et de leur donner un bon exemple de ce que doivent être les élèves de la Yechiva Tom’heï Temimim. A n’en pas douter, ceci a été réalisé selon les instructions et, bien entendu, avec l’accord, de la direction de cette Yechiva Tom’heï Temimim.
Vous connaissez sûrement la règle de notre sainte Torah, relative à ce qui est suffisamment humide pour humecter un autre objet, par contact(3). Pour cela, il faut disposer de plus d’eau, de plus d’humidité qu’à l’accoutumée. Or, en l’occurrence, “ il n’est d’eau que la Torah ”(4) et nos Sages expliquent(5) que : “ tout comme l’eau descend des cimes élevées vers les points les plus bas… ”(6). Il en est bien ainsi pour chacun en particulier. Il est dit(7) que : “ celui qui est timide n’apprend pas ”, bien qu’il ait honte de révéler qu’il n’a pas compris ou bien qu’il ait besoin d’explications complémentaires. Aussi, du fait de son grand amour pour la Torah, il renoncera à son niveau, à son honneur, il posera une question et il sollicitera une explication. Par la suite, le même principe s’applique encore quand on grandit. Nos Sages soulignent(5), en effet, qu’en enseignant à ses élèves, on apprend plus qu’en échangeant avec ses amis et même avec son maître. De façon générale, une allusion à tout cela a été faite par le don de la Torah, qui commença lorsque : “ l’Eternel descendit(8) sur le mont Sinaï ”. Et, la Torah fut donnée aux enfants d’Israël, dont l’âme descend(8) “ d’une cime élevée vers une fosse profonde ”. C’est là, précisément, qu’elle reçoit la Torah, une Torah de vie, là qu’elle met en pratique les Mitsvot, desquelles il est dit : “ On vivra par elles ”.
Puisse Dieu faire que vous redoubliez d’ardeur et d’entrain en l’étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout. Cette étude s’appliquera à l’action concrète, par la pratique effective des Mitsvot et par l’influence exercée sur les autres. Tout ceci sera accompli dans la joie et l’enthousiasme, comme il sied pour tout acte du service de Dieu. Avec ma bénédiction afin de recevoir la Torah avec joie et d’une manière profonde,
Notes
(1) Voir le Likouteï Si’hot, tome 11, à la page 256. (2) Le Rabbi écrit Tov, bon, terme dont la valeur numérique est dix-sept. (3) Selon le traité Bera’hot 25b. (4) Selon le traité Baba Kama 17a. (5) Dans le traité Taanit 7a. (6) La Torah en fait de même et s’introduit dans la matière du monde. (7) Selon le traité Avot, chapitre 2, à la Michna 5. (8) Le Rabbi souligne les mots : “ descendit ” et “ descend ”.
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