Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°6488
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6488, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
20 Elloul 5718,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Avraham Moché(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 12 Elloul. Il me semble vous avoir déjà répondu une fois(2) à une question que vous m’aviez posée par lettre, à propos de la controverse bien connue entre le Rambam et le Ramban sur le fait que, dans le monde futur, il n’y aura plus d’aliments. Ceci concerne-t-il uniquement l’âme ou bien cela s’applique-t-il également à celle qui se trouve dans un corps ? Vous concluez votre lettre en me demandant si l’on peut, sur la base de cette interprétation, comprendre l’image que donne l’Admour Hazaken dans le Likouteï Torah. Or, il est clair que ce n’est pas le cas. Il y a effectivement là une discussion entre le Rambam et le Ramban. Or, la ‘Hassidout adopte l’avis du Ramban, selon, en particulier, le Likouteï Torah, Parchat Tsav, à la page 15c et le Dére’h Mitsvoté’ha, à la Mitsva des Tsitsit.
Vous me demandez ce qui se passera alors. Il faut mentionner plusieurs points, à ce propos. Tout d’abord, le corps, ayant participé à la Mitsva, devra, bien entendu, en recevoir également la récompense. C’est une évidence. Sans doute augmenterez-vous votre engagement dans les domaines de la sainteté, conformément à l’Injonction selon laquelle on connaît l’élévation dans le domaine de la sainteté. Vous fixerez, en particulier, un temps pour étudier la ‘Hassidout et Dieu vous accordera le succès.
Notes
(1) Le Rav A.M. Greenberg, de Bneï Brak. Voir, à son sujet, la lettre n°6168. (2) Voir les lettres n°6300 et 6357.
Lettre n°6489
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6489, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
22 Elloul 5718,
Brooklyn, New York,
Aux élèves de la Yechiva d’Akko,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, en son temps, la lettre que tous vont ont délégué pour écrire, afin d’être mentionnés, pour le bien et pour la bénédiction. Sans doute avez-vous connaissance et gardez-vous, gravés dans l’esprit, le dicton suivant de nos Sages : “ Celui qui te dit avoir fourni des efforts, sans qu’ils n’aient été couronnés de succès, ne le crois pas ”. Cela veut dire que tout dépend uniquement de vous. Si vous le désirez, vous parviendrez à vous distinguer dans votre étude de la Torah, Torah de vie, de sorte que, avant tout, votre vie sera conforme à l’enseignement de cette Torah et l’étude conduira donc à l’action, à la pratique des Mitsvot de la meilleure façon, avec un ajout, de temps à autre, conformément à l’Injonction selon laquelle : “ On connaît l’élévation dans le domaine de la sainteté ”.
J’espère que la nouvelle année scolaire commencera pour vous dans cet esprit. Je serai heureux de recevoir de bonnes nouvelles de votre réussite dans vos études et dans votre comportement. A l’occasion de la nouvelle année qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, j’adresse mes vœux à chacun d’entre vous, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement. Avec ma bénédiction pour étudier la Torah avec crainte de Dieu,
Lettre n°6490
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6490, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
22 Elloul 5718,
Brooklyn, New York,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, assume une mission
sacrée, se consacre aux besoins communautaires, empli
d’empressement et aux multiples accomplissements,
le Rav Alexander Zissel(1),
Je vous salue et vous bénis
J’ai bien reçu votre lettre et vous voudrez bien m’excuser pour le retard de ma réponse, conséquence de mes nombreuses activités. A maintes reprises, j’ai clairement exprimé mon avis selon lequel l’éducation basée sur les valeurs sacrées qui, à tout moment et de tout temps, a été fondamentale pour notre peuple, les enfants d’Israël, l’est encore bien plus, en la présente époque et en notre Terre Sainte. Il est donc évident que celui ou celle qui s’y consacrent ont un sort heureux, surtout ceux qui le font depuis plusieurs années et qui ont ainsi acquis la certitude qu’il s’agit effectivement de la Mitsva qu’ils doivent accomplir plus scrupuleusement, comme l’expliquent plusieurs textes de ‘Hassidout, en particulier Iguéret Ha Kodech, de l’Admour Hazaken, au chapitre 7, le Séfer Ha Si’hot de l’été 5700(2), à la page 22. Combien plus en est-il ainsi quand on a pu observer que ses propres efforts ont été couronnés de succès. Il y a là, en quelque sorte, la récompense la plus haute, ainsi qu’il est dit : “ Tu verras le monde futur de ton vivant ”. Le conséquence immédiate de tout cela est la suivante. Toute pensée qui met en doute l’utilité d’une telle action, qui conduit à se demander s’il faut poursuivre dans cette direction, n’émane pas du côté droit(3). Vous consulterez également, à ce sujet, le Hayom Yom, à la date du 23 Sivan.
Bien entendu, ces propos n’ont nullement pour but d’occulter ou de minimiser les aspects négatifs dont vous faites état. Mais, il est clair que notre Torah, Torah de vie, nous a fait savoir que ce monde, avec tout ce qu’il contient, est bien celui des forces du mal et de “ l’autre côté ”, dans lequel les actions sont difficiles et mauvaises, où les impies sont puissants, comme le dit le Tanya, à la fin du chapitre 6, non pas pour susciter le découragement ou affaiblir l’empressement, ni même pour justifier le manque d’action de celui qui n’a pas agi comme il l’aurait dû. En effet, plusieurs textes expliquent déjà tout cela, y compris le chapitre 30 du Tanya et vous verrez également son chapitre 24. En fait, l’une des raisons pour lesquelles la Torah nous a révélé tout cela est la nécessité, pour un homme, de ne pas se décourager, quand il est confronté à des difficultés et à des voiles, parfois même à un combat intense, non seulement de la part de ceux dont le rôle est de s’opposer, mais aussi de ceux qui, en apparence, auraient dû lui venir en aide. Au final, le but de la création de l’homme est bien de servir son Créateur. Il doit donc faire tout ce qui est en son pouvoir et Dieu fera ensuite ce que bon lui semble. Car, l’assurance nous a été donnée qu’au bout du compte, on sortirait vainqueur de ce combat, puisque “ aucun d’entre nous ne sera repoussé ” et “ celui qui dit avoir fait des efforts sans que ceux-ci soient couronnés de succès, ne le crois pas ”.
Mon intention n’est pas non plus de prétendre qu’en fonction
de ce que vous observez, il est heureux que vous n’ayez pas été intégré à la structure dans laquelle vous convoitiez une place, comme vous l’expliquez au troisième paragraphe de votre lettre. Vous trouverez une réponse exhaustive à cela dans le récit merveilleux qui est relaté dans l’introduction de mon beau-père, le Rabbi, au Pokéa’h Ivrim, à propos de Rav Yossef, un guide spirituel. Le même récit, dans les termes de l’Admour Haémtsahi, y est reproduit à la page 34 et souligne : “ Mon père(4), pour le bien d’une seule personne, transforme un érudit de la Torah en cocher ”. Méditez donc ! Il s’agissait du bien d’un seul homme et c’était, en l’occurrence, un des ‘Hassidim de l’Admour Hazaken, quelqu’un qui se distinguait tout particulièrement. Or, cet homme fut envoyé à l’autre extrémité et il devint un cocher, au sens le plus littéral. Vous consulterez les détails de cette histoire qui se déroula pendant plusieurs années. Or, tout cela n’est nullement comparable à votre propre situation, puisque vous assurez l’éducation d’enfants juifs. Le Créateur du monde, par rapport Auquel tout est insignifiant, affirme que chacun d’entre eux est Son fils unique. Or, il vous appartient d’assurer leur éducation, avec amour. De ce fait, vous avez reçu la possibilité et la force de vous consacrer à cette activité. Bien plus, il s’agit, en l’occurrence de jeunes. L’influence qu’ils reçoivent se multipliera donc, de nombreuses fois, avec le temps. On sait que la plus petite amélioration d’une graine reçoit une immense importance, quand celle-ci devient un arbre portant des fruits.
S’agissant de tous les problèmes pour lesquels vous proposez une solution, il est bien clair que l’on ne peut pas émettre des règles définitives. Le critère décisif, en la matière est la recherche du plus grand intérêt. De façon général, en pareil cas, on peut constater qu’en évitant l’affrontement déclaré et en introduisant ces idées d’une manière indirecte, on fait en sorte que le camp adverse se fatigue, qu’il oublie tout cela et qu’il se consacre à d’autres préoccupations. Bien entendu, si une confrontation directe s’avère nécessaire, il n’y a pas lieu de s’en affecter, dès lors que l’on assume la mission du Maître du monde. Mais, comme je l’ai dit, on arrivera à cette extrême seulement après avoir essayé toutes le autres.
Selon l’expression courante, “ une douleur partagée est une demie consolation ” même s’il est douloureux de devoir se suffire d’une telle consolation. Sachez donc que je reçois des lettres ayant un même contenu que la vôtre de la part de nombreux responsables, dans l’éducation comme dans d’autres domaines communautaires. En lisant et en examinant les livres d’Ethique des générations précédentes, y compris sur une longue période, on y trouvera, de manière large, l’exposé de telles plaintes, similaires à celle que vous formulez dans votre lettre. Il est pourtant dit : “ Si les anciens étaient comme des anges…(5) ”. Et, le verset Kohélet 7, 10, précise clairement : “ Ne dis pas : ‘pourquoi les premiers jours étaient-ils meilleurs que ceux-ci ?’ car une telle question n’est pas formulée avec sagesse ”.
Bien entendu, après tout cela, certains posent encore une question qui semble très forte : pourquoi Dieu fit-Il qu’il en soit ainsi ? Mais, à quoi bon poser des questions, alors que ce que l’on attend de l’homme est exprimé par le verset : “ Tu seras intègre envers l’Eternel ton Dieu ” ? De fait, cette même question a déjà été posée par le Rambam, dans le Guide des Egarés, dans son introduction au commentaire de la Michna, à la conclusion de ce texte, à propos de l’affirmation de nos Sages selon laquelle “ le monde a été créé précisément pour ordonner qu’il en soit ainsi ”.
Il découle de tout cela que vous devez multiplier des actions comme celles que vous avez menées jusqu’à maintenant. Et, que votre cœur soit assuré que c’est bien là la Mitsva que vous devez respecter plus scrupuleusement et également briller par elle(6). Vous multiplierez donc ces accomplissements, quantitativement et qualitativement, dans toute la mesure du possible et même au-delà du possible. En effet, les capacités de l’homme sont modifiées par sa motivation et, comme le tranche notre sainte Torah, “ quand un homme se sanctifie quelque peu ici-bas, il est largement sanctifié d’en haut ”. Vous le ferez avec joie et inspiration. L’assurance nous a été donnée que la joie brise les limites, y compris celles du domaine de la sainteté et, a fortiori, celles de “ l’autre côté ”. J’attends donc de bonnes nouvelles de tout cela. Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement,
Notes
(1) Le Rav A.Z. Bunin. Voir,
à son sujet, la lettre n°5355. (2) 1940, du précédent Rabbi. (3) Celui du bien. (4) L’Admour Hazaken. (5) Nous sommes comme des hommes et si les anciens étaient comme des hommes, nous sommes comme des ânes. (6) Zahir signifie à la fois respecter scrupuleusement et briller.
Lettre n°6491
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6491, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
22 Elloul 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du début d’Elloul, le mois de la miséricorde, dans laquelle vous me communiquez l’avis des médecins, pour vous et pour votre épouse. Ils considèrent que votre état est normal. Malgré cela, vous n’avez, pour l’heure, pas encore d’enfants. Or, nous sommes en une période de grande miséricorde, comme l’explique le Likouteï Torah, de l’Admour Hazaken, selon lequel les treize Attributs de miséricorde divine éclairent pendant le mois d’Elloul. Le Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il
accueille chacun avec bienveillance et Il montre un visage souriant à tous. Combien plus est-ce le cas en Tichri, le septième mois, rassasié de tout le bien. Vous et votre épouse devez donc renforcer votre confiance en Dieu, prier de tout votre cœur pendant ces semaines et ces mois, afin qu’Il satisfasse le désir de votre cœur. Si ce qu’à Dieu ne plaise, ces semaines s’écoulent sans…, vous penserez alors au conseil de cette personne, mais nos maîtres disent : “ Pense que tout est bien et tout sera effectivement bien ”.
Bien entendu, tout ajout à la Torah et aux Mitsvot multiplie les bénédictions de Dieu en les besoins de l’homme et des membres de sa famille. Aussi bonne que puisse être votre situation, il reste toujours possible de l’améliorer. Pour ce qui vous concerne, en particulier, vous devez fixer une étude quotidienne de l’enseignement profond de la Torah, laquelle est appelée “ arbre de vie ” et dans laquelle il n’y a pas de voiles, pas d’occultations, comme l’explique Iguéret Ha Kodech, de l’Admour Hazaken, au chapitre 26. Chaque jour, avant la prière du matin et avant celle de Min’ha, bien entendu pendant la semaine, vous prélèverez quelques pièces pour la Tsédaka. Votre épouse en fera de même jusqu’à la fin du mois de Tichri, qui approche et qui est rassasié de tout le bien. Bien évidemment, vous vous engagerez à tout cela sans en faire le vœu. Puisse Dieu faire que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne année et que ceci vous permette, avant tout, d’obtenir la satisfaction du désir de votre cœur. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, afin d’être inscrits et scellés pour une bonne année,
N. B. : Je répète que les prélèvements pour la Tsédaka et la fixation d’un temps pour l’étude de la ‘Hassidout doivent être adoptés sans en faire le vœu.
Lettre n°6492
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6492, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
22 Elloul 5718,
Brooklyn,
Aux participants à la réunion ‘hassidique du jour lumineux
du 18 Elloul, date de la naissance des deux luminaires,
le Baal Chem Tov et l’Admour Hazaken, dont le mérite nous
protégera, que Dieu vous accorde longue vie(1),
Je vous salue largement et vous bénis,
J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre, me communiquant vos impressions du moment de la réunion ‘hassidique. Une telle réunion, de tout temps et à tout moment, exerce un effet profond, très important. Comme le dit un dicton de l’Admour Hazaken : “ Ce qu’une réunion ‘hassidique peut accomplir, l’ange Mi’haël lui-même ne peut le faire ”. Combien plus en est-il ainsi quand le temps lui-même est propice et qu’il révèle ainsi une dimension supplémentaire. Un homme est tenu de s’exprimer selon la formulation de son maître. En l’occurrence : “ Le 18 Elloul est le jour qui a vivifié et qui vivifie encore le mois d’Elloul. Cette date apporte la vitalité
à la forme du service de Dieu basé sur le verset : ‘Je suis à mon Bien Aimé et mon Bien Aimé est à moi’. ”
Elloul inclut en lui les trois piliers sur lesquels le monde repose(2) et la Techouva, qui les surpasse, comme l’expliquent différents textes, en particulier
le Kountrass Elloul 5711(3). Telle est donc l’idée centrale, la vitalité et la dimension profonde de tout ce qui est accompli pendant ce mois. Puisse Dieu faire que les accomplissements de ce jour se révèlent en tous les domaines, dans les pensées, les paroles et les actions, les vêtements de l’âme et, avec encore plus de puissance et de force, en l’âme elle-même et en sa dimension profonde. Telle est notre requête fervente, depuis le début d’Elloul : “ Recherchez Ma Face. Eternel, je rechercherai Ta face ”. On peut déduire l’importance de tout cela de l’élévation que l’on obtient en agissant de la sorte, comme l’explique le Likouteï Torah, à la fin du discours ‘hassidique intitulé : “ Reviens, Israël ”. C’est ainsi que l’on atteint le niveau duquel il est dit : “ On ne verra pas Ma Face ”. Avec ma bénédiction afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année, avec les membres de votre famille, auquel Dieu accordera longue vie,
N. B. : Cette conclusion n’est pas une simple répétition de la bénédiction individuelle qui vous a été donnée au préalable, pour une bonne année. En effet, l’une possède ce que l’autre n’a pas(4), comme on peut le déduire du Chaar Ha I’houd Ve Ha Emouna, au début du chapitre 12, expliquant ce qui apparaît quand les lettres sont combinées afin de constituer des mots. Or, chaque Juif possède une lettre de la Torah. Et, les dix jours de Techouva permettent de détailler et de clarifier toute chose, comme l’indique le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, lois de Roch Hachana, chapitre 582, paragraphe 7.
Notes
(1) Cette lettre fut adressée à plusieurs implantations de ‘Hassidim. (2) Voir, à ce sujet, les lettres n°3777 et 5743. (3) 1951, présentant des textes du précédent Rabbi. (4) Voir, à ce propos, les lettres n°1867, 1868 et 1919.
Lettre n°6493
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6493, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
22 Elloul 5718,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
Je fais réponse à votre lettre du jour lumineux du 18 Elloul. En un moment propice, je mentionnerai votre nom et tous ceux que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que chacun obtienne la satisfaction de ses besoins, conformément à ce que vous écrivez.
Conformément à ce que dit mon beau-père, le Rabbi, le 18 Elloul est le début de Roch Hachana, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien. On peut donc déjà dire : “ Que s’achève cette année et ses malédictions, que commence la nouvelle année et ses bénédictions ”. Que l’on ait désormais uniquement de bonnes nouvelles, d’un bien visible et tangible, dans tous les domaines que vous citez. Qu’il en soit ainsi en bonne santé, dans l’enthousiasme et l’opulence matérielle. Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrite et scellée pour une bonne année,
Lettre n°6494
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6494, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Elloul 5718,
Brooklyn, New York,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, se consacre aux
besoins communautaires, empli d’empressement, aux
multiples accomplissements, le Rav Chlomo(1),
Je vous salue et vous bénis,
C’est avec plaisir et satisfaction que j’ai reçu votre lettre. Vous me dites que l’on a déjà versé un cautionnement, en un moment fructueux, pour le nouveau bâtiment, dans lequel seront concentrés toutes les activités de Loubavitch. Il est sûrement inutile de souligner qu’il s’agit là d’un acquis important. J’espère qu’il en résultera, à long terme, des conséquences positives, grâce à des réalisations énergiques, élargies, importantes et concrètes, qui vivifieront tous les domaines d’action de Loubavitch à Londres et, plus généralement, en Angleterre. Par la diffusion des sources(2), vous vivifierez et renforcerez la situation du Judaïsme et, en particulier, celle de l’éducation basée sur les valeurs sacrées. Que Dieu accorde la réussite, une réussite considérable à vous-même, à ceux qui partagent vos idées et vous secondent dans votre travail. Nos Sages disent que “ celui qui se sanctifie quelque peu, ici-bas, est largement sanctifié d’en haut ”. Combien plus en est-il ainsi quand on se sanctifie largement, ici-bas. En outre, on est tenu de connaître l’élévation dans le domaine de la sainteté.
S’agissant du nom, je propose qu’on appelle cet édifice Loubavitch House ou bien, si, pour une raison quelconque, cela n’est pas possible, Habad House. Puisse Dieu faire que s’accomplissent les termes du verset : “ La gloire de l’homme consiste à résider dans sa maison ”. La ‘Hassidout précise que ces mots font allusion à l’Homme céleste, à Dieu, Qui souhaite posséder une demeure, un sanctuaire ici-bas. Celui-ci sera empli de Torah, de Mitsvot, de ‘Hassidout se révélant de la meilleure façon. Je vous adresse, ainsi qu’aux membres de votre famille, mes vœux afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, de même que tous ceux qui agissent, dans ce domaine, avec les membres de leur propre famille. Tous connaîtront le succès dans leurs réalisations communautaires et en leurs préoccupations personnelles. Avec ma bénédiction pour donner ces bonnes nouvelles,
Me basant sur le verset : “ Je suis l’ami de tous ceux qui Te craignent et gardent Tes Préceptes ”, je vous joins ma participation personnelle au coût d’achat de Loubavitch House.
Notes
(1) Le Rav C.Perin, de Londres. Voir, à son sujet, la lettre n°6242. (2) De la ‘Hassidout.
Lettre n°6495
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6495, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Elloul 5718,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre
aux besoins communautaires, le Rav David(1), le Cho’het,
Je vous salue et vous bénis,
Après une interruption particulièrement longue, j’ai bien reçu votre lettre du 23 Elloul, avec ce qui y était joint. Vous me demandez si, à mon avis, il est permis de prier dans une synagogue où l’on se sert d’un microphone, le Chabbat et les fêtes. Je suis surpris que vous puissiez avoir un doute à propos d’une pratique aussi effroyable. En effet, l’utilisation d’un microphone est une transgression publique du Chabbat et des fêtes. Et, veut-on “ conquérir la reine alors que je me trouve à la maison ”(2), en agissant de la sorte dans un lieu où l’on prie Celui Qui donne la Torah et ses Mitsvot ? Le Chabbat n’est-il pas considéré comme l’ensemble des Mitsvot, comme le dit le Yerouchalmi, à la fin du chapitre 3 du traité Nedarim ?
Une telle transgression du Chabbat est effectuée au nom de tous ceux qui appartiennent à cette synagogue. En effet, les responsables, qui en prennent la décision, les représentent tous. On peut donc mettre en doute la prière et la lecture de la Torah qui y ont lieu, non uniquement la partie qui est prononcée devant le microphone, mais aussi celle qui la précède et celle qui la suit. Tout ceci est la stricte application de la Loi, pour ce qui concerne le Chabbat. Il en serait ainsi même s’il n’y avait pas, en l’occurrence, une profanation du Nom de Dieu. Si, en outre, on intègre également cette notion, cette pratique en est d’autant plus grave. A mon sens, il est bien évident qu’il est préférable de prier seul, y compris à Roch Hachana et à Yom Kippour, plutôt que de se rendre dans cette synagogue, ce qu’à Dieu ne plaise.
A l’occasion de la nouvelle année qui vient, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, j’adresse, par la présente, mes vœux à vous-même et à tous les vôtres, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement. Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav D.Patachnik, de Baltimore. Voir, à son sujet, la lettre n°4808. (2) Selon les mots de A’hachvéroch, dans la Meguila.
Lettre n°6496
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6496, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Elloul 5718,
Brooklyn, New York,
Je vous salue et vous bénis,
Il y a quelques semaines, vous m’aviez écrit(1) à propos de la séparation(2) que vous n’aviez pas pu réaliser parce que ceux qui s’y opposaient l’ont emporté. Pour autant, avez-vous ajouté, on peut espérer une amélioration, une évolution de la situation. J’espère qu’avec la nouvelle année scolaire, cette évolution positive sera chose faite. En tout état de cause, j’ai bon espoir que vous poursuivez vos efforts, avec l’empressement qui convient. Bien plus, vous connaissez les arguments avancés par le camp adverse. Vous avez donc fait et vous faites encore tout ce qui est nécessaire pour que ceux-ci soient écartés d’emblée. Votre lettre semble indiquer que l’on mette tout d’abord en avant le coût qui en résultera. Or, si l’on établit un programme afin de réduire les dépenses, chaque fois que cela est possible, on supprime cet argument.
Il est sûrement inutile de vous rappeler que, si un salut intégral(3) n’est pas possible, celui-ci peut au moins être partiel, concerner au moins pour les grandes classes. Le mérite de ce qui est public, en l’occurrence de ces élèves, vous viendra en aide pour qu’au final, le salut soit effectivement intégral. A l’occasion de la nouvelle année, qui vient pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, je vous adresse, de même qu’à tous ceux qui vous suivent, mes vœux pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement à la fois. Avec mes respects et ma bénédiction,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°6177. (2) Entre les garçons et les filles, à l’école. (3) Pour toute l’école.
Lettre n°6497
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6497, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Elloul 5718,
Brooklyn,
Au jeune Yossef(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 4 Elloul, dans laquelle vous me dites que vous n’êtes pas certain d’obtenir une prolongation de votre visa(2). En la matière, chaque pays possède une législation différente. Vous devez donc vérifier ce qu’il en est dans les pays où vous pourriez éventuellement vous installer. Puis, vous choisirez celui qui vous convient le mieux ou bien vous rentrerez en Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie.
En un moment propice, je mentionnerai la personne que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, conformément à ce que vous m’écrivez dans votre lettre. Vous trouverez sûrement les mots qui conviennent pour expliquer à son père que plus l’on ajoute à la pratique de la Torah et des Mitsvot, plus l’on multiplie les bénédictions de Dieu en ce qu’un homme a besoin, de même que les membres de sa famille.
Vous évoquez la traduction de la Michna en français pour les élèves. Vous faites apparemment allusion à une véritable traduction et non à l’explication qui doit leur être donnée quand on la leur enseigne. A mon avis, si cela est nécessaire, il faut traduire uniquement les chapitres présentant des lois qui sont encore en application à l’heure actuelle, par exemple les traités Bera’hot ou Chabbat. Pour l’heure, cela sera sûrement suffisant pour satisfaire le besoin. Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Le Rav Y.Kievman. Voir, à son sujet, les lettres n°5896 et 6059. (2) Vraisemblablement pour séjourner en France.
Lettre n°6498
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6498, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Elloul 5718,
Je vous bénis et vous salue,
Je fais réponse à votre lettre du 16 Elloul, dans laquelle vous évoquez les paiements et les dédommagements que vous devriez maintenant recevoir d’Allemagne. Vous êtes d’avis qu’il convient de les refuser et vous m’en donnez la raison. Or, il est clair que la situation actuelle est totalement différente de celle qui régnait, il y a quelques temps, quand on se demandait s’il fallait accepter ces dédommagements ou non. Ce point est à l’ordre du jour depuis plusieurs années et il a été très largement diffusé. L’action d’un individu en la matière, le fait qu’il demande ou non ce qui lui revient de droit ne changera donc pas le sentiment négatif dont vous faites état, de même que leur réhabilitation ou la proximité avec eux.
Vous dites que, quand un voleur restitue l’objet de son larcin, sa peine s’en trouve allégée, ce qui n’est pas le cas si cette restitution n’est pas acceptée. Or, différents textes de notre Torah établissent qu’il faut lui reprendre l’objet volé, même si ce voleur est un non Juif. Bien plus, s’il conserve l’objet volé, il s’en trouvera renforcé. Combien plus est-ce le cas, en l’occurrence, puisque le voleur l’est resté, encore à l’heure actuelle. Le renforcer n’irait donc pas dans le sens du bien pour le monde. Bien entendu, ceci ne s’appelle pas recevoir de la Tsédaka de la part des non Juifs, car ces dédommagements sont versés aux riches et aux pauvres de la même façon. Il ne s’agit donc nullement d’une Tsédaka.
A mon sens, vous ferez donc tout ce qui est en votre possible pour réclamer la somme la plus importante, car celle-ci vous revient. Mais, pour faire suite à ce qui est mentionné dans votre lettre, vous en prélèverez un cinquième pour la Tsédaka. Bien entendu, ceux qui vous versent ces dédommagements ne partageront nullement le mérite de cette Tsédaka, car ils ne font que restituer ce qui a été volé à son propriétaire, lequel emploie ce montant comme il l’entend. Vous connaissez sûrement l’usage positif des femmes juives qui consiste à prélever de la Tsédaka avant d’allumer les bougies, à la veille du Chabbat et des fêtes. Tout au moins l’adopterez-vous à l’avenir. Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrite et scellée pour une bonne année,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°6499
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6499, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Elloul 5718,
Brooklyn, New York,
Aux fils et filles d’Israël, partout où ils se trouvent,
que Dieu leur accorde longue vie,
Je vous salue largement et vous bénis,
Le mois d’Elloul et surtout les jours de Seli’hot, ainsi que les dix jours de Techouva sont le temps(1) d’établir un juste bilan moral, sans s’abuser soi-même, de l’année qui vient de s’écouler, afin d’en déduire les bonnes résolutions que l’on doit arrêter pour l’année qui vient, chez soi comme en toutes ses préoccupations. En outre, ces jours sont propices et, selon l’idée centrale du Psaume que l’on récite alors deux fois par jour : “ Recherchez Ma Face. Eternel, je rechercherai Ta face ”, ils impliquent(2) et exigent une telle recherche, celle d’un contenu, profond et intérieur, autour de soi, dans l’âme et dans le monde. De la sorte, on trouve et l’on met en évidence la Divinité qui vivifie le monde et l’emplit.
Ces deux points, le bilan moral et la recherche de “ Ma face ”, sont liés et l’un dépend de l’autre. En établissant le bilan du passé, en effet, on commet souvent, très souvent, une erreur, en ne prenant en compte que ce qui est superficiel, extérieur, en soi-même comme dans son entourage. Et, il en est de même quand on établit un plan et un mode de vie pour l’année qui vient. Tels sont donc l’appel et l’exigence de ces jours. On doit évaluer ses propres forces et ses capacités.
Aussi importantes que soient les forces révélées, les possibilités évidentes dont on dispose de conformer son existence quotidienne aux enseignements de notre Torah, Torah de vie, aussi déterminé et fort que soit le caractère de l’homme, lui permettant de ne pas s’affecter d’un environnement hostile, de suivre la voie de la Torah et des Mitsvot, il doit savoir qu’il possède encore, “ en réserve ”, beaucoup plus que cela, des opportunités qu’il peut mettre en évidence par l’effort qui convient, d’immenses forces intérieures, la détermination et la puissance le conduisant à mettre en application dans sa vie ce qui constitue le bien et la vérité.
Pour cela, il est nécessaire de mettre en pratique les termes du verset : “ Recherchez Ma face ”. Il faut rechercher et mettre en évidence ses forces et ses capacités. Dès lors, “ tu trouveras, lorsque tu chercheras ”, on pourra obtenir un tel résultat, après avoir recherché et exigé ce qui convient.
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Ce qui vient d’être dit concerne, spécifiquement et beaucoup plus largement, les guides spirituels, les Rabbanim et même les pères, ceux qui donnent la vie et qui animent l’existence morale de la maison et de la famille. On peut constater qu’à chaque pas, à chaque étape, ceux-ci sont saisis par le doute et la peur : peut-être telle parole est-elle trop sévère, peut-être a-t-on trop d’exigences, peut-être certains sont-ils repoussés, de ce fait.
C’est donc à eux que s’adressent l’appel et l’exigence de cette période : “ Recherchez Ma face ”. Il faut observer, rechercher et exprimer la dimension profonde de ceux à qui l’on accorde son influence. On doit évaluer leurs capacités en fonction de leur richesse intérieure, selon la valeur de leur âme qui est “ une parcelle de Divinité véritable ”(3). Avec l’approche et l’effort de leur part qui conviennent, on peut mettre en évidence(4) la richesse et les forces occultes(5) que chacun d’entre eux cache en lui, afin qu’elles se manifestent, y compris dans l’existence quotidienne. Il faut donc leur venir en aide, leur donner ce qu’ils souhaitent recevoir, une Torah intègre, avec toutes ses Mitsvot, avec l’idée fondamentale selon laquelle : “ La Torah est éternelle ”, à toute époque et en tout endroit.
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C’est précisément grâce à une telle approche que l’on établit un juste bilan, que l’on parvient à évaluer ses propres forces et celles des personnes que l’on veut diriger sur le droit chemin. Ce bilan portera sur le passé et sur la manière d’organiser l’avenir, afin que l’année qui vient soit “ pleine ” du contenu qui convient, en tout ce qui dépend de l’homme.
C’est donc de cette manière que l’on emplit son année, en particulier des bénédictions de Dieu dans tous les domaines, matériels et spirituels. Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année,
Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Tour Ora’h ‘Haïm, au début du chapitre 581 ”. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Likouteï Torah, Parchat Reéh, à la page 32b ”. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Job 31, 2. Le Tanya, au début du chapitre 2, ajoute : ‘véritable’. ” (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir le Rambam, lois du divorce, à la fin du chapitre 2, qui dit : ‘Il veut appartenir au peuple d’Israël. Il veut accomplir toutes les Mitsvot et s’écarter des Interdits ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Commentant le verset : ‘Vous serez une terre de convoitise’, le Baal Chem Tov explique que les plus grands Sages ne peuvent pas atteindre les immenses trésors cachés en chaque Juif, terre de convoitise de Dieu, comme l’écrit mon beau-père, le Rabbi, selon ce qui est rapporté par le Hayom Yom, à la page 54 ”.
Lettre n°6500
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6500, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
26 Elloul 5718,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
Je fais réponse à votre lettre du 7/9, dans laquelle vous me dites qu’il vous arrive très souvent d’être interrogée sur ce qui concerne le Judaïsme, sur votre désir de vous conformer aux enseignements de la Torah, de pratiquer les Mitsvot. Vous me demandez comment répondre et quelle attitude adopter. De façon générale, il n’y a pas lieu de s’engager dans de telles discussions. Quand on vous pose ces questions, vous devez conseiller de s’adresser à un Rav, tranchant la Hala’ha, qui se trouve dans votre endroit ou bien à un recteur de Yechiva. De telles personnes étudient la Torah chaque jour et ils y trouvent les explications et les réponses à toutes les questions.
Vous répondrez donc uniquement que chaque Juif doit, c’est une évidence, mettre en pratique la Torah et les Mitsvot, données par le Créateur du monde, Qui le dirige, par Dieu, béni soit-Il. Et, s’il s’avère que cela est difficile et demande un effort particulier, c’est précisément à ce propos que le verset dit : “ L’Eternel votre Dieu vous met à l’épreuve afin de savoir si vous aimez l’Eternel ”. Mais, une telle épreuve n’est que momentanée. Quand on la surmonte, on reçoit les bénédictions de Dieu. Vous devez donc maintenir un comportement conforme à celui d’une jeune fille juive vertueuse. En effet, chacune d’entre elles est appelée fille de Sarah, Rivka, Ra’hel et Léa. Si vous le désirez réellement, vous pourrez agir de la sorte et connaître la réussite.
Il serait bon que vous visitiez le bureau du Beth Rivka et les institutions Ohaleï Yossef Loubavitch, à Casablanca. Vous y rencontrerez les enseignantes de Beth Rivka, vous leur parlerez et elles pourront vous expliquer les réponses aux questions que vous posez, pour le cas où elles seraient soulevées encore une fois, à l’avenir. Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrite et scellée pour une bonne année,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
N. B. : Mon secrétariat ne rédige pas en français. C’est la raison pour laquelle la présente réponse est dans la Langue sacrée. Mais, pour votre part, vous pouvez continuer à m’écrire en français, car je lis cette langue.
Lettre n°6501
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6501, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
26 Elloul 5718,
Brooklyn,
Aux membres du comité de Kfar ‘Habad,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
Je suis surpris de ne pas avoir de vos nouvelles depuis bien longtemps. Puisse Dieu faire que cela soit un bon signe, mieux encore un signe distinctif, ce qui lui confère la reconnaissance de la Torah, établissant que tout va effectivement bien.
Pour l’heure, voici ce qui fait l’objet de la présente. La septième année, celle de la Chemitta, approche et sans doute a-t-on pris toutes les mesures nécessaires pour assurer la subsistance de ceux qui, jusqu’à maintenant, ont exercé une activité agricole, en particulier les Sefardim et les marocains, dont l’installation est loin d’avoir été pleinement réalisée. Il est clair que ceux-ci ne disposent pas de plusieurs moyens de gagner leur vie. Cette lettre vous est adressée en express, compte tenu de l’importance de l’enjeu. Une réponse détaillée sur tout cela serait donc appréciée. Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne année,
Pour le Rabbi Chlita,
Lettre n°6502
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6502, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Jours de Seli’hot 5718,
Brooklyn, New York,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux
nombreuses connaissances, homme plein d’enthousiasme,
aux multiples accomplissements, le Rav Chlomo(1),
Je vous salue et vous bénis,
A l’occasion de la nouvelle année, qui arrive, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, je vous adresse, par la présente, à vous et à tous les vôtres, mes vœux afin que vous soyez inscrits et scellés, pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement. Avec mes respects et ma bénédiction,
J’ai bien reçu vos deux livres, le premier tome du Nézer Ha Kodech et le Chaareï Tahara sur le traité Mikwaot. Vous voudrez bien me faire l’honneur de m’adresser également les autres ouvrages que vous avez publiés. Je vous remercie beaucoup pour ceux-ci, de même que pour ceux que vous m’adresserez à l’avenir. En signe d’amitié, et bien que je dispose de peu de temps, j’ai feuilleté certaines pages de ces livres et je vous adresse quelques remarques rapides, pouvant être formulées à mon humble avis. Nos Sages disent, en effet, au traité Baba Metsya 84a, que le fait de poser des questions développe l’étude et met en évidence ce que l’on ne savait pas, la paix s’instaurant, au final, entre les Sages.
Au début du Nézer Ha Kodech : Vous interprétez les propos du Rambam, dans ses lois des sacrifices impropres, chapitre 1, paragraphe 15 en disant que le sacrifice qui sort de l’endroit consacré est impur et communique l’impureté, ce qui n’est pas le cas pour l’impureté des mains. Or, vous m’excuserez de dire qu’à mon sens, on ne peut pas prêter au Rambam une position aussi innovante, alors qu’il n’y en a aucune nécessité, d’autant qu’aucun texte du Rambam n’y fait allusion. Car, si une telle allusion existait, le Kessef Michné, le Lé’hem Michné et le Michné La Méle’h, commentant ces lois, n’auraient pas pu l’ignorer. Bien plus, le Rambam aurait dû le préciser clairement. Et, l’on ne peut penser qu’il ne le fait pas parce qu’il n’a l’habitude d’énoncer que des principes établis. En effet, selon vous, il s’agit effectivement d’un principe établi par le Yerouchalmi.
En outre, votre interprétation ne permet pas de comprendre ce qui est dit dans les lois des causes premières de l’impureté, chapitre 8, au paragraphe 3 : “ Le sacrifice ayant dépassé son temps est comme une impureté première et il rend donc les mains impures ”. En effet, le sacrifice qui sort de l’endroit consacré est également comme une impureté première. Malgré cela, il ne rend pas les mains impures. Mais, il semble que vous ayez adopté cette interprétation pour les raisons suivantes :
A) Ceci répond à la question que pose le Michné La Méle’h, à cette même référence des lois des causes premières de l’impureté : dans quel but le Rambam écrit-il spécifiquement que la viande du sacrifice de Pessa’h sortie à l’extérieur reste pure ? Or, à ce propos, une réponse a été donnée, pour le Michné La Méle’h, selon laquelle le Rambam entend ainsi faire une distinction entre ce qui est certain et ce qui n’est qu’une situation de doute. Vous devez donc vous-même adopter cette manière de lire les propos du Rambam. Si vous ne le faites pas, vous perdez tout moyen d’expliquer la longueur de sa remarque : “ Il s’agit d’un doute et c’est pour cela qu’il n’est pas impur, car, au bénéfice du doute, on reste pur ”.
B) Ceci permet aussi de comprendre pourquoi le Rabad ne fait pas référence à la décision du Rambam, dans ses lois des causes premières de l’impureté, prenant une position de permission par rapport à ce que dit la Guemara. Or, le Rabad ne critique pas cette position. Mais, même selon votre raisonnement, cette explication n’est pas satisfaisante, car pourquoi le Rabad aurait-il prêté une idée nouvelle au Rambam, pour ensuite s’interroger sur son exactitude ? S’il n’introduit pas cette idée, la question ne se pose plus ! Et, il n’y a pas lieu de penser que, du fait de l’importance des sacrifices, on doit adopter une position rigoriste pour toute question se posant à leur propos. Certes, le Rabad n’a pas soulevé d’objection dans les lois des causes premières de l’impureté, mais vous reconnaissez qu’il ne le fait pas non plus dans les lois du sacrifice de Pessa’h.
Il me semble qu’il faut également rappeler la question du Rabad. Comment justifier cette longue analyse, tendant à montrer que la Hala’ha suit l’avis de Ravina ? Le Rambam ne pense-t-il pas que “ ce qui va être coupé peut être considéré comme s’il l’était déjà ” ? Ce qui est sorti de l’endroit consacré rend donc impur, même si l’on n’adopte pas l’avis de Ravina, comme vous le remarquez vous-même, à propos du Lé’hem Michné. A mon sens, le Rabad, dans les objections qu’il soulève contre le Michné Torah, exprime également sa position concernant la Hala’ha. Et, si le Rambam, maintenant son propre avis, adopte, dans un autre domaine, la même conception, qui a été critiquée par le Rabad, il est bien clair que ce dernier n’en change pas d’avis pour autant. Bien au contraire, la critique qu’il a formulée une fois s’applique aussi aux autres points pour lesquels le Rambam a le même avis. Si l’on adopte cette manière de lire le Rabad, on peut écarter de nombreuses questions et objections qui lui ont été opposées par différents textes, ce qui inclut aussi les remarques du Lé’hem Michné, à cette référence et le second principe, précédemment rappelé. De même, on comprend également la longue explication du Rabad destinée à montrer que la Hala’ha adopte l’avis de Ravina. En effet, celui-ci démontre ainsi l’impureté, même si l’on admet que “ ce qui va être coupé peut être considéré comme s’il l’était déjà ”.
Dans le même livre, à la même référence du Rambam, à propos du grand prêtre : Vous demandez ce que le grand prêtre vient faire ici. A mon humble avis, on peut le comprendre en observant que le Rambam introduit son propos par : “ De ce fait ”. Quel est le sens de cette expression et pourquoi ne pas dire simplement que le sacrifice qui n’a pas été transporté de la manière qui convient est ainsi disqualifié ? On peut donc proposer l’explication suivante. Le Rambam ne fait aucune nuance et, selon lui, toutes les autres manières de transporter ce sacrifice sont donc impropres, y compris pour celui qui a l’habitude de faire la Che’hita sur le coin de l’autel, comme le font remarquer le Lé’hem Michné et le Michné La Méle’h. Le Rambam précise donc que celui qui a l’habitude de faire la Che’hita à cet endroit afin de se trouver à proximité de l’autel n’en est pas dispensé pour autant de transporter le sacrifice, à pied, jusqu’à cet autel. Et, “ de ce fait ”, s’il s’agit de quelqu’un qui agit systématiquement de cette façon, par exemple le grand prêtre, qui emprunte le chemin le plus court quand il transporte le sang de l’aspersion et qui reçoit les membres des sacrifices en restant immobile à l’endroit où il est debout, puis les jette sur l’autel, il n’en aura pas moins disqualifié le sacrifice si, recevant le sang, il reste immobile à sa place(2).
Vous consulterez le traité Yoma 35b, qui dit : “ entre le sanctuaire et l’autel ”, de même que l’explication de la Guemara, à ce sujet. Vous verrez aussi le traité Tamid, chapitre 7, Michna 3. Il faut noter, en outre, que la possibilité d’asperger en restant éloigné dépend de la force de l’homme, comme le constate le traité Zeva’him 64a. Or, le grand prêtre est plus fort que ses frères, comme le précise le traité Yoma 18a. Le Michné Méle’h, pour sa part, dit : “ De ce fait, le Cohen(3) qui reçoit ”, mais il me semble qu’il s’agit d’une imprécision.
Dans le Chaareï Tahara, au début du Tosséfet Tahara : Le Roch parle d’une “ eau stagnante ” et, à cette occasion, vous commentez ce passage du traité Pessa’him. Or, le Roch, commentant le traité Taharot, à la fin du chapitre 8, dit bien qu’il s’agit, dans le traité Pessa’him, d’une “ eau puisée ”, ce qui est le contraire de sa propre explication, dans les lois du Mikwé. Le Golot Alyot, commentant le traité Mikwaot, pose déjà cette question et il n’y apporte pas de réponse. Vous consulterez sa longue analyse, faisant état de tous les points que vous mentionnez vous-même.
A la fin du Tosséfet Tahara : “ Dans le monde futur, Je vous purifierai pour l’éternité et vous ne serez plus impurs, ainsi qu’il est dit : ‘Je vous aspergerai d’eaux pures et vous serez purifiés’ ”. Le Chaareï Tahara précise : “ Dans le monde futur, lorsque ‘J’ôterai l’esprit d’impureté de la terre’ ”. Or, ce verset, “ J’ôterai l’esprit d’impureté de la terre ”, fait allusion à la purification de l’homme, d’un homme, de plusieurs hommes ou même de tout le peuple juif. Pour autant, le mal existera encore dans le monde, y compris d’une manière concrète, chez les autres nations, chez les animaux et même chez les non Juifs qui se seront introduits dans le peuple d’Israël. De lors, une mauvaise action restera possible et elle pourra même toucher des Juifs.
Il n’en est pas de même pour le verset : “ J’ôterai l’esprit d’impureté de la terre ”, qui décrit la purification du monde, lorsque, selon les termes de nos Sages, au traité Soukka 52a, “ le Saint béni soit-Il prendra le mauvais penchant et l’égorgera ”. Ces deux faits ne seront pas nouveaux et l’on a déjà observé une préfiguration de l’un et de l’autre. Ainsi, le Yerouchalmi, à la fin du traité Bera’hot, dit : “ Il n’a plus de mauvais penchant, car il l’a tué ” ou, plus encore : “ son mauvais penchant est devenu bon ”. Le traité Yoma 35b formule une même affirmation à propos de : “ celui qui a passé la majeure partie de sa vie sans commettre de faute ”. Il n’en est pas de même en revanche pour l’affirmation du traité Yoma 69b, commentée par le Maharcha, selon laquelle : “ Le mauvais penchant de l’idolâtrie a été transmis aux membres de la grande Assemblée ”(4).
Ceci a une incidence sur la récompense et la punition, qui existeront encore pendant la première période de la délivrance, bien que Dieu viendra alors en aide et apportera la purification. De fait, Il vient toujours en aide, faute de quoi un homme ne pourrait pas vaincre son mauvais penchant. Il n’en sera pas de même lors de la seconde période de la délivrance, qui sera, selon l’expression du traité Chabbat 151b, “ des années au cours desquelles il n’y aura plus de mérite et plus de culpabilité ”. Vous consulterez également le Zohar, tome 3, page 125a, qui permet de répondre à la question posée par le Kessef Michné et le Lé’hem Michné sur le Rambam, dans ses lois de la Techouva, chapitre 8, au paragraphe 7. Vous verrez aussi l’objection du Rabad et le commentaire du Radbaz sur le Rambam, lois des rois, au début du chapitre 12, de même que le Avodat Ha Kodech, de Rabbi Meïr Ben Gabbay, tome 2, au chapitre 38 et Iguéret Ha Kodech, de l’Admour Hazaken, à la fin du chapitre 26. Tout cela ne sera pas développé ici.
Notes
(1) Le Rav C.Goren, qui fut, par la suite, le grand rabbin de Tsahal, puis le grand Rabbin ashkénaze d’Israël. (2) Et, ne marche pas, à pied, pour en asperger l’autel. (3) Et, non le grand prêtre, Cohen Gadol. (4) Qui prirent la décision de le faire disparaître.
Lettre n°6503
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6503, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[Fin d’Elloul 5718]
Je suis surpris de ne pas avoir de vos nouvelles depuis bien longtemps déjà. Mais, j’ai bon espoir qu’en tout état de cause, vous poursuivez vos études, au sein de la Yechiva. On sait la valeur intrinsèque d’une telle étude qui, en outre, est soulignée par nos maîtres, dans différents textes. De plus, ces années sont celles qui préparent l’ensemble de votre vie, dont la bonne direction et l’intégrité dépendent donc des bases solides et de la préparation judicieuse que vous aurez pu introduire. C’est pour cela que l’intensité de la préparation doit toujours être renforcée. En effet, l’utilité en sera multipliée de nombreuses fois, pendant les dizaines d’années de votre existence, qui viendront par la suite. Bien plus, à votre âge, il ne s’agit pas encore d’un ajout à la période nécessaire, mais bien d’une préparation à proprement parler.
Il découle de tout cela que chaque semaine, chaque mois consacré à l’étude de la Torah, ave l’ardeur et la constance qui conviennent, ce qui est possible uniquement en se liant à des compagnons d’étude, dans l’enceinte de la Yechiva, ne peuvent pas être inutiles, ce qu’à Dieu ne plaise. Bien au contraire, c’est là le plus grand intérêt que l’on peut attendre de cette période. Et, vous connaissez l’image qui est donnée, à ce propos, selon laquelle un petit ajout à la graine que l’on plante en terre se trouve multiplié de nombreuses fois en l’arbre qui grandira par la suite.
Lettre n°6504
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6504, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[Eté 5718 ?]
Vous soulevez une objection à propos du compte de l’Omer(1), car, dites-vous, il ne faut pas faire en sorte que l’on puisse penser qu’il y ait deux Torah(2). Je ne comprends pas votre question. En effet, la Torah établit clairement que chacun doit compter l’Omer à titre individuel, tout comme il est dit : “ elle(3) comptera pour elle ”, puis célébrer Chavouot au cinquantième jour de ce compte. Il n’en est pas de même pour le compte de la Chemitta et du jubilé(4),comme l’expliquent les Tossafot, au traité Mena’hot 65b. En l’occurrence, le compte individuel est le seul moyen de fixer la fête de Chavouot(5).
Or, vous prétendez qu’il n’en est pas ainsi et que quelqu’un pourrait célébrer la fête de Chavouot au quarante neuvième jour, selon son compte, puisqu’on ne peut le dispenser de compter. Un second le fera au cinquante et unième jour et un troisième, au cinquantième jour. Et, de nombreuses autres questions se posent également. Ainsi, les semaines, en ce cas, ne sont pas intègres, ou bien du fait d’un manque ou au contraire du fait d’un ajout.
Vous citez le Lé’hem Michné, au chapitre 7 des lois du Loulav, mais il répond lui-même à la question que vous mentionnez et vous le consulterez. Vous qualifiez ma conclusion de “ fait véritablement nouveau ”, mais, à mon humble avis, le seul fait nouveau est ici l’évidence d’une telle conclusion et l’impossibilité qu’il en soit autrement. Vous avez sûrement reçu, en son temps, ma lettre qui faisait réponse aux questions que vous m’avez posées sur les Tefillin.
Notes
(1) Voir à ce propos les lettres n°6298 et 6415 selon lesquelles celui qui traverse le fuseau horaire de changement de date pendant cette période doit, néanmoins, poursuivre son propre compte de l’Omer et célébrer la fête de Chavouot en conséquence. (2) Ce qui est le cas quand tous ne célèbrent pas Chavouot à la même date. (3) La femme désirant se purifier. (4) Confié au tribunal et non à chaque individu. (5) Car la Torah ne lui fixe pas de date dans le calendrier.
Lettre n°6505
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6505, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Veille de Roch Hachana 5719,
Brooklyn, New York,
Aux membres des groupements des femmes et jeunes filles
‘Habad, en tout endroit, que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous bénis et vous salue,
Au seuil de la nouvelle année, qui arrive, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, je formule le vœu que vous toutes, en général et chacune, en particulier, ayez une bonne et douce année, ce qui inclut, bien évidemment, le succès dans l’action de votre groupement. Celui-ci sera à la fois quantitatif, en multipliant le nombre des membres et qualitatif, par l’approfondissement de chaque action.
De fait, dans les domaines de la Torah et des Mitsvot, du bien et de la sainteté, une situation, aussi bonne qu’elle puisse être, peut être améliorée encore et encore.
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La base de l’action est l’amour du prochain, comme l’expliquent largement différents textes de la ‘Hassidout, en particulier les causeries de nos maîtres et chefs.
Je rapporterai donc ici un extrait d’une causerie de mon beau-père, le Rabbi(1), un récit dont le Tséma’h Tsédek avait fait état, en son temps. Ce jour, veille de Roch Hachana, est, du reste, l’anniversaire de sa naissance. Que son mérite protège donc nous-mêmes et tout Israël !
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“ Mon arrière-grand-père, le Tséma’h Tsédek reçut de son grand-père, notre grand maître, l’Admour Hazaken, un récit du Baal Chem Tov, qu’il avait entendu à Mézéritch(2) :
Le Baal Chem Tov, avant sa révélation et pendant les premières années qui la suivirent, avait l’habitude de voyager dans les bourgades juives. En plein milieu du marché, il réunissait autour de lui de simples Juifs, hommes, femmes et enfants afin de leur raconter des histoires, qui étaient essentiellement des Midrashim de nos Sages. Il prolongeait son récit et le commentait, ou bien le liait à une anecdote de nos Sages, afin que ceux qui l’écoutaient comprennent son discours et s’en pénètrent.
Une fois, lors d’une telle occasion, le Baal Chem Tov souligna l’importance d’aimer son prochain, l’intensité que ce sentiment devait recevoir chez chaque Juif, dès lors qu’il a conscience de l’amour que Dieu porte à tous les Juifs. Il illustra cette idée par l’image suivante. Il y avait, dans cette ville, un homme qui s’appelait Rav Yaakov et avait une parfaite connaissance, par cœur, du Talmud, de la Guemara, du commentaire de Rachi et des Tossafot. Il étudiait donc en répétant ces textes, de mémoire, ce qui n’était pas rare, à l’époque, dans les bourgades juives.
Pour étudier de mémoire, on doit concentrer son attention beaucoup plus que si l’on dispose d’un texte. Une fois, Rav Yaakov étudiait, par cœur donc, un commentaire des Tossafot long et difficile. Soudain, un jeune enfant arriva et il développa devant lui une idée brillante. Rav Yaakov en fut profondément étonné et il interrompit son étude. Voici donc ce que peut accomplir un enfant. De même, Dieu Lui-même, poursuivit le Baal Chem Tov, étudie la Torah pendant les trois premières heures du jour, comme le rapportent nos Sages. Malgré cela, quand on formule une requête devant Dieu, Il interrompt Son étude et se consacre aux prières, aux demandes des Juifs.
Quand Dieu annonça aux anges qu’Il voulait créer l’homme, ceux-ci Lui demandèrent quelle apparence il aurait. Prenant connaissance de la réponse, ils s’exclamèrent : “ Qui est cet homme pour que Tu en fasses mention ? Quelle est sa raison d’être ? ”. Puis, quand un Juif se lève, le matin, qu’il court prier avec la communauté, à la première heure, qu’il est ensuite occupé et fatigué, tout au long de la journée, mais qu’il abandonne, néanmoins, ses affaires afin de courir à la synagogue, pour la prière de Min’ha, d’écouter le cours de Eïn Yaakov, entre Min’ha et Arvit, de dire enfin la prière d’Arvit et, après tout cela, de rentrer chez lui pour répéter cette explication du Eïn Yaakov aux membres de sa famille, Dieu convoque les anges, exprime sa fierté d’avoir créé l’homme et leur dit :
‘Vous autres, les anges, ne portez pas, sur votre épaule, le joug de la nécessité d’assurer sa subsistance. Vous n’avez pas d’épouse, pas d’enfants, pas de tracas, pas d’impôts et de taxes, pas de contraintes. L’homme, par contre, doit effectivement gagner sa vie et Je lui ai donné l’ordre d’en prendre la responsabilité. D’après la Torah, il doit subvenir aux besoins de son épouse et de ses enfants. Il est occupé et fatigué, doit s’acquitter d’impôts et de taxes, il supporte le poids de l’exil. Malgré tout cela, voyez comment il se comporte !’
Si l’on médite au fait que Dieu s’enorgueillit de toute bonne action réalisée par un Juif, si l’on se pénètre de cette idée, on en sera largement influencé. ”
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Comme on l’a déjà souligné à différentes reprises, les propos de nos maîtres et les récits qu’ils nous ont communiqués délivrent un enseignement et une leçon à chacun de ceux qui en ont connaissance. Simultanément, ils insufflent la force, la détermination et la bénédiction permettant de les mettre en pratique. Tout dépend donc de celui qui en prend connaissance et qui doit donc les percevoir de la manière qui convient.
Dieu fasse que l’on agisse de la manière qui vient d’être dite et que l’on connaisse la réussite en tous les domaines. Je vous adresse ma bénédiction afin que chacune d’entre vous soit inscrite et scellée pour une bonne année, avec tous les membres de sa famille, auxquels Dieu accordera longue vie.
Notes
(1) Prononcée le 19 Kislev 5699 (1938) et figurant dans le Séfer Ha Si’hot 5696-5700, à la page 317. (2) De son maître, le Maguid de Mézéritch.
Lettre n°6506
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6506, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Veille de Roch Hachana 5719,
Brooklyn, New York,
A l’attention du docteur Yossef Goldschmidt, directeur du
du département de l’éducation religieuse de la sainte ville
de Jérusalem, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 22 Elloul, qui vient de me parvenir. Je commencerai par vous exprimer ma gratitude pour l’intérêt que vous manifestez, pour votre aide, de par le passé et, plus encore, pour votre promesse d’aide, pour l’avenir, non pas uniquement celui qui est à long terme, mais aussi pour l’avenir immédiat, pour ces mois-ci, au seuil de cette nouvelle année scolaire. Il est sûrement inutile de remercier quelqu’un comme vous. Malgré cela, je vous exprime ma chaleureuse reconnaissance, conformément à l’affirmation de nos Sages selon laquelle “ on conseille l’empressement à ceux qui possèdent naturellement cette qualité ”. Or, l’expression de la gratitude est propice à l’empressement grâce auquel on peut multiplier les actions positives. J’espère que vous constaterez vous-même un tel effet, en particulier dans les domaines où il convient de dépasser la ligne de la Loi et surtout quand il faut la dépasser largement.
S’agissant du point essentiel que vous abordez dans votre lettre, c’est-à-dire la nécessité, pour les enseignants et les enseignantes, de posséder un minimum de connaissances et d’aptitudes à l’éducation et à la pédagogie, il va sans dire que je partage votre avis et la preuve en est, comme vous le constatez vous-même dans votre lettre, que cette conception est mise en application, ici-même, dans les Yechivot Loubavitch et qu’une telle exigence est concrètement formulée dans la vie. Néanmoins, quelqu’un qui vit en Terre Sainte depuis plusieurs années, qui a vu de quelle manière tout a été créé et fait à partir du néant(1), sait que cela a pris du temps, qu’il a fallu, pour obtenir ce résultat, renoncer à plusieurs points essentiels, très importants, parce qu’il fallait introduire des acquis fondamentaux, faire en sorte que ceux-ci soient suivis d’effet. A l’heure actuelle, une décennie après 5708(2), une bonne partie de ce qui est indispensable se trouve encore dans cette situation. Pour autant, on ne regrette pas d’avoir procédé de la sorte, car il est encore plus important et fondamental que la situation se perpétue, même en l’état, avec ses carences et ses déficiences. En conséquence, je suis convaincu que vous adopterez cette approche et cette conception également pour le point que vous abordez dans votre lettre, concernant les écoles ‘Habad. Du reste, aux Etats-Unis également, cette évolution a pris quelques années. En Erets Israël aussi, on se dirige en ce sens, même s’il est, bien entendu, difficile de fixer le jour et l’heure auxquels toutes les requêtes judicieuses seront satisfaites, en matière d’aptitude pédagogique et de connaissances.
Mon espoir est conforté par le fait qu’il s’agisse(3), en l’occurrence, de jeunes gens, faisant preuve d’un grand dévouement dans leur rôle d’enseignants et d’éducateurs. Car, le fait de s’installer dans des endroits éloignés(4) était exclu, non seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour le milieu dans lequel ils évoluaient, non pas uniquement pour des motifs économiques, mais surtout pour des raisons religieuses. Malgré cela, ils ont accepté le principe de se rendre là où ils se trouvent relativement seuls, dans un environnement étranger. Au final, ils n’en ont pas tiré des trésors d’argent et d’or, ni même d’immenses acquis religieux, car chacun d’entre eux, dans son entourage(5), diffusait déjà les valeurs juives. Leur abnégation et leur enthousiasme à l’idée de se rendre dans ces endroits éloignés afin d’y éduquer les enfants juifs étaient suffisamment grands pour écarter les aspects négatifs, y compris les plus fondamentaux. Il est donc naturel que cet enthousiasme prenne le dessus sur les difficultés qu’il peut y avoir à acquérir des connaissances et à renforcer sa pédagogie. J’ai la conviction que pratiquement tous possèdent des moyens et des aptitudes, en la matière. Si certains en manquent, c’est parce que, jusqu’à présent, ceci ne leur était d’aucune utilité et ils n’en ressentaient pas le besoin. J’admets que l’acquisition de ces connaissances n’est pas sanctionnée par l’obtention d’un diplôme officiel. Mais, pour quelqu’un comme vous, surtout dans la situation que connaît Erets Israël, ce n’est pas la feuille de papier appelée diplôme qui compte, mais bien les connaissances effectives et, avant tout, le dévouement pour le bien des élèves.
Je me permets de joindre à la présente une copie de la lettre que j’ai adressée à tous, à l’occasion de ce Roch Hachana(6). Il y est question de la confiance qui doit être accordée aux Juifs, en tout ce qui concerne la foi. A mon sens, il en est de même pour la forme de confiance à laquelle vous faites allusion dans votre lettre, dans le domaine de l’éducation et de la pédagogie. De fait, ceci est absolument identique, car votre activité, en la matière, se conçoit uniquement dans la mesure où l’on voit en elle un ordre de notre sainte Torah, Torah de vie.
A l’occasion de la nouvelle année qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, j’adresse mes vœux à vous-même et à tous ceux qui vous suivent, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, à la fois matériellement et spirituellement, en ce qui vous concerne personnellement et dans vos accomplissements publics, qui sont les canaux et les réceptacles de la bénédiction de Dieu, apportant la richesse, physique et morale. Avec mes respects et ma bénédiction,
Notes
(1) Lors de la constitution du pays. (2) 1948, date de la création de l’état. (3) Les ‘Hassidim enseignant dans le réseau des écoles Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch en Terre Sainte. (4) De tout communauté religieuse constituée. (5) Avant de se rendre dans l’endroit reculé où ils enseignent actuellement. (6) Il s’agit de la lettre n°6499.
Lettre n°6507
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6507, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Tichri 5719,
Brooklyn,
Au jeune Its’hak(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 26 Elloul et je vous joins la réponse que je fais à ce groupe de jeunes orthodoxes. Vous la leur commenterez sûrement, si cela s’avère nécessaire, en fonction de leur niveau de connaissances. Il est inutile de souligner que l’effort pour intégrer de nouveaux membres doit être une grande priorité, en particulier pour ceux qui ont déjà appartenu à ce groupe, selon ce que vous m’écrivez.
Comme vous le précisez vous-même, vous avez déjà observé le fruit de l’action que vous avez menée, en la matière. Puisse Dieu multiplier Son aide pour votre effort et pour en ressentir le fruit. Vous avancerez, d’une étape vers l’autre, dans la Torah et les Mitsvot, de même que dans l’influence que vous exercez ainsi. Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, afin d’être définitivement inscrit pour une bonne année,
N. B. : Vous m’interrogez sur le sens de l’affirmation de nos Sages selon laquelle : “ celui qui est plus grand que son prochain a aussi un penchant vers le mal plus grand ”. L’explication en est la suivante. Quand on donne à un homme une âme importante, une âme divine d’un niveau élevé, son âme animale est également plus forte, par ses sentiments et par ses manifestations, c’est-à-dire par l’opposition qu’elle manifeste, pour différentes raisons, afin que l’on ne puisse pas prétendre qu’un homme a emporté la victoire dans le combat(2) parce qu’il avait une âme divine élevée et une âme animale très faible. Par la suite, quand on lutte, par les forces de son âme divine, afin d’éclairer par “ la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière ”, est ainsi enclenché le processus selon lequel “ la lumière repousse l’obscurité ” et “ quand l’un se redresse, l’autre s’écroule ”. Au final, on peut atteindre le stade auquel on constate la disparition de ce mauvais penchant, quand on le tue par le jeûne, comme l’explique le saint Tanya à propos de David, roi d’Israël.
Notes
(1) Le Rav I.Ohayon, d’Agadir, Maroc. Voir, à son sujet, la lettre n°6373. (2) Du bien contre le mal.
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