Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°3726
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3726, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
19 Mena’hem Av 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 15 Mena’hem Av, dans laquelle vous me faites part de votre désir de correspondre avec moi, à propos de tout ce qui concerne nos frères pratiquants, en général, les institutions ‘Habad, les ‘Hassidim et les élèves de la Yechiva, en particulier. Vous sollicitez mon accord pour cela.
Il est clair qu'un tel accord est superflu. Notre Torah, Torah de vie, précise que quiconque peut se rendre utile, en tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot, a l’obligation et le mérite sacré de le faire, car tous les Juifs portent une responsabilité collective.
Il est possible de se rendre utile de différentes façons. L’une d’elles est l’affirmation selon laquelle “ le salut est obtenu par les nombreux conseillers ”, qui est un grand principe, dans le comportement des hommes(1).
Je suis surpris que vous ne me disiez rien de vos études de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, de même que de votre activité dans le domaine de ‘Habad, qui est la finalité de l’homme, ainsi qu’il est dit : “ craindre Dieu et garder Ses Mitsvot ”. C’est pour cela que nos saints maîtres ont fait don d’eux-mêmes. Ils désiraient implanter cette attitude chez les ‘Hassidim et chez ceux qui sont liés à eux, afin que, par leur intermédiaire, elle devienne celle de tout Israël.
Bien plus, vous m’écrivez que vous avez été un élève de la Yechiva Tom’heï Temimim. Or, selon le dicton de l’Admour Hazaken(2), l’érudit n’est pas celui qui apprenait auparavant(3). Et, il en est de même pour le titre de ‘Hassid, qui ne désigne pas celui qui l’était auparavant. En effet, ce qui est consacré a son lieu et son temps(4).
Vous savez sûrement que mon beau-père, le Rabbi a instauré trois études, concernant chacun, qui portent sur le ‘Houmach, les Tehilim, le Tanya et sont bien connues. Vous les garderez, tout au moins, à l’avenir.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Qui doivent solliciter le conseil des autres pour savoir comment se comporter. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°1929. (3) Mais, celui qui le fait à l’heure actuelle. Il ne faut donc pas parler de sa qualité de 'Hassid au passé. (4) On ne peut prendre prétexte du passé pour définir le présent.
Lettre n°3727
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3727, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
22 Mena’hem Av 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre demande de bénédiction et je suis surpris que, pour vous également, il soit nécessaire de souligner, à maintes reprises, à quel point il est plus important de joindre, à une telle demande, une Tsédaka spirituelle(1) plutôt qu’une Tsédaka matérielle(2).
Certes, Iguéret Hakodech, de l’Admour Hazaken, explique que la Tsédaka matérielle a l’effet le plus concret. Néanmoins, j'entends par Tsédaka spirituelle tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot, en général, l’influence que l’on exerce sur son prochain, dans ces domaines, en particulier. Or, vous ne dites rien de tout cela, dans vos lettres. Et, puisse Dieu faire que le fait que vous n’écriviez pas, à ce sujet, ne soit pas le signe d’un manque, en la matière.
Je ne vous demande pas tout cela uniquement pour faire connaître vos bonnes actions dans un autre endroit, même si cela est aussi une Mitsva, puisque vous provoquez ainsi la joie de votre prochain. Néanmoins, il s’agit avant tout, en vous demandant d’écrire à un autre Juif pour lui décrire ce que vous avez accompli, de vous apporter la force et le courage de faire encore plus. On peut vérifier concrètement qu’il en est bien ainsi et aucune autre preuve n’est donc nécessaire.
Avec ma bénédiction,
M. Schneerson,
Notes
(1) Une bonne résolution. (2) Un don.
Lettre n°3728
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3728, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
22 Mena’hem Av 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu votre lettre du 15 Mena’hem Av, qui faisait suite à une interruption particulièrement longue. Vous expliquez votre silence en affirmant que vous n’aviez rien à m'annoncer. Bien évidemment, ma surprise en est d’autant plus grande. N’y a-t-il réellement rien eu à faire, depuis votre dernière lettre, dans le domaine de ‘Habad, malgré les nombreuses possibilités qui s’offrent, en Terre Sainte ?
Or, il me semble que votre dernière lettre date de plus de douze mois. Et, je suis sûr que vous n’avez, vous-même, aucun doute sur la réponse qu’il convient d’apporter à cette question, au même titre que vous ne mettez pas en cause la nécessité d’assurer votre propre subsistance matérielle, chaque jour, chaque semaine. Et, combien plus est-ce le cas pour la subsistance morale.
Vous ne dites pas un mot non plus, dans votre lettre, de votre étude de la partie révélée de la Torah, de la ‘Hassidout et de l’influence positive que vous exercez sur les autres. Et, j'observe qu'il en était de même dans votre précédent courrier.
Que Dieu vous accorde le mérite et le succès de percevoir la situation telle qu’elle est réellement, conformément aux termes très tranchés du verset : “ Si vous marchez dans Mes Décrets ”. Rachi explique : “ En faisant porter vos efforts sur la Torah ”. Le verset poursuit : “ Et si vous gardez Mes Mitsvot ”, ce qui est effectivement une Injonction, qu’on le comprenne ou non. La conséquence en est que “ Je donnerai vos pluies en leur temps ”.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°3729
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3729, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
22 Mena’hem Av 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 16 Mena’hem Av, dans laquelle vous me demandez où vous devez vous installer, après votre mariage, qui sera célébré en un moment bon et fructueux.
En fonction de la description que vous me faites, dans votre lettre, il serait plus judicieux de vous installer à Kfar ‘Habad. Dieu vous confèrera la réussite et, à partir de votre maison, les sources, celles de la ‘Hassidout, se diffuseront à l’extérieur.
Il est expliqué, par ailleurs, que le premier point faisant suite au début est appelé “ extérieur ” par rapport à ce début(1). Et, même d’après la partie révélée de la Torah, un lien particulier est nécessaire pour réconcilier la rigueur et la bonté(2).
Bien évidemment, vous pouvez montrer la présente à ceux qui habitent Kfar ‘Habad. A n’en pas douter, ils vous viendront en aide.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°3497. (2) Qui sont des sentiments allant en direction opposée.
Lettre n°3730
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3730, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה, 22 Mena’hem Av 5715, Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue(1),
Je fais réponse à votre lettre du douzième jour de Mena’hem Av, dans laquelle vous évoquez la fin de vos études, votre état d’esprit, le manque d’indépendance que vous constatez en vous. Il vous semble que vous êtes égarée. Vous pensez donc déménager, pour un an. Ainsi, vous trouvant dans un environnement nouveau, sans possibilité de recevoir, à chaque pas, des instructions de vos parents, vous pourrez acquérir de l’indépendance, vous libérer de cet égarement et de ces doutes. Vous me demandez ce que j’en pense.
D'après ce qu’indique votre lettre, vous ne souhaitez pas vous rendre dans cet endroit pour y rechercher le confort ou le plaisir. Bien au contraire, il s’agit pour vous, de vous tracer un chemin par vos forces propres, de retrouver vos esprits, sous la pression de la situation. De la sorte, vous vous ressaisirez et vous serez capable d'exprimer vos forces profondes.
Si telle est effectivement votre motivation véritable, cela signifie que ce voyage est inutile. Il n’est pas évident qu’en ce lieu, vous pourrez utiliser pleinement les capacités que vous possédez, ni même une partie de celles-ci. En effet, vous avez visité cet endroit, pendant les sept jours de la fête(2) et vous y avez été accueillie d’une certaine façon, mais cela ne vous donne aucune indication sur la manière dont on vous considérera, lorsque vous y rechercherez un travail et un poste, lorsque vous voudrez mener une action sur place.
En fait, il n’est pas de meilleur endroit pour essayer ses capacités qu’Erets Israël(3). La vie y est très diversifiée et chaque force vive peut y être utilisée à sa pleine mesure, en particulier pour ce qui concerne l’éducation et l’enseignement, tout spécialement lorsqu’il est nécessaire de prendre pour référence la Torah et les Mitsvot et non de suivre le courant prônant le laxisme.
En pareil cas, un voyage en un tel endroit, afin d'y rechercher du travail et des épreuves, afin de mettre en évidence ce que l’on cache au fond de soi, est, le plus généralement, une fuite, un moyen de ne pas assumer un travail responsable, au moins pendant quelques mois. Certes, il n’est pas donné à chacun d’en prendre conscience et, bien souvent, on a l’impression que ce désir de voyager a pour motivation, par exemple, la découverte d’un chemin nouveau.
Dans différentes familles, l’autorité et l’amour des parents, lorsque l’on se trouve dans leurs quatre coudées, réduisent les possibilités de révéler ses propres forces. Si un tel risque est fondé(4), vous pourrez faire en sorte qu’au début de l’année scolaire et de l’enseignement, vous ne résidiez pas chez eux. Une telle accommodation sera proche de celle que vous évoquez et vous pourrez prendre vos décisions seule, puisque vous ne vous en remettrez plus à vos parents et à leurs instructions.
Tout ce qui vient d’être dit fait réponse à votre question. Dans les lignes qui suivent, en revanche, je traiterai du point essentiel, qui n’est pas évoqué dans votre lettre et qui est le suivant. Plus de 90% des jeunes gens et des jeunes filles, en notre Terre Sainte, ont du mal à trouver leur voie. Ils sont emplis de doutes sur la manière d’organiser leur vie et sur leur avenir. Ils ne savent pas quel chemin choisir. Or, pour la plupart, ils sont confrontés à de tels doutes par manque de connaissances et du fait de leur ignorance.
En conséquence, chacun et chacune de ceux à qui Dieu a accordé le pouvoir d’influencer les autres, en particulier ceux qui se trouvent sur place et connaissent les responsabilités de la vie des jeunes, leurs “ douleurs de l’enfantement ”, au sens moral, doivent consacrer une large part de leur ardeur et de leurs capacités à leur venir en aide, en cette situation.
Chaque jour, chaque semaine qui s’écoule, alors que ces jeunes sont laissés pour compte, peut mettre leur avenir en danger, les conduire à prendre, de leur propre initiative, des décisions fâcheuses, par manque de connaissances, parce qu’ils ne sont pas guidés. Celui qui, par un effet de la divine Providence, n’est pas confronté à ces doutes essentiels, parce qu’il a reçu une bonne éducation ou a évolué dans un environnement favorable, doit agir de la manière qui a été décrite, afin de s’acquitter d’une dette, contractée en fonction de ce qui lui a été personnellement accordé.
Car, le plus grand effort que l’on peut consentir, en la matière, ne permettra que de s’acquitter partiellement de cette dette. Bien évidemment, nul n’est autorisé à se dispenser de cette mission sacrée et j’aimerais savoir ce que vous faites, vous-même, dans ce domaine.
A mon avis, cette mission incombe à tous les jeunes gens et jeunes filles, a fortiori à ceux qui se trouvent en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. Là, des milliers, des dizaines de milliers d’âmes juives peuvent être sauvées du danger.
Votre lettre semble indiquer que vous n’avez peut-être pas envisagé le problème sous cet angle. J’ai bon espoir qu’au moins à lecture de ces lignes, vous réfléchirez à tout cela, avec l’attention qui convient et vous en tirerez les conclusions qui s'imposent. A mon sens, celles-ci sont claires et évidentes. Au plus vite, vous assumerez donc votre rôle, en prenant part à cette mission sacrée, avec le plus grand empressement.
Puisse Dieu faire que vous connaissiez la réussite, en cela et que vous y trouviez une pleine satisfaction intellectuelle. J’attends de vous une bonne nouvelle.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita, le secrétaire,
Notes
(1) Cette lettre est adressée à une jeune fille. (2) Vraisemblablement à Soukkot. (3) Où réside la jeune fille à laquelle cette lettre est adressée. (4) Dans le cas particulier de cette jeune fille.
Lettre n°3731
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3731, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Mena’hem Av 5715,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
empli de connaissances, le Rav C.Y.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous évoquez ma remarque, formulée à propos de vos récits(2). Je suis d’accord avec vous et nos Sages disent qu’il est une Mitsva de conforter les propos des Sages et surtout des chefs. Néanmoins, il en est ainsi uniquement lorsqu’il y a tout lieu de penser que les propos desquels il s'agit ont bien été transmis avec précision.
En revanche, s’il n’est pas du tout certain qu’il en soit ainsi, parce que le récit en question a été propagé, d’un conteur à un autre, d’une bouche à une autre, ce qui a nécessairement eu pour effet d’en transformer certains détails, surtout ceux que l’on ne saisit pas, il est préférable, au lieu de rechercher des explications difficilement acceptables, de dire, tout simplement, qu’un mot ou deux ne sont pas précis, ce qui élude la question.
Je vous joins un fascicule qui a été édité, pour une certaine raison. Il contient le discours ‘hassidique intitulé “ Tsion sera libéré par le jugement et ses captifs, par la Tsédaka ”, de l’Admour Hazaken, avec des notes du Tséma’h Tsédek. Vous le mettrez sûrement à la disposition du plus grand nombre. Le mérite public dépend de vous.
Avec mes respects et ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav Chlomo Yossef Zevin, de Jérusalem, auteur de l’Encyclopédie talmudique. Voir, à son sujet, la lettre n°3405. (2) Il s’agit de la lettre n°3657.
Lettre n°3732
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3732, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Mena’hem Av 5715,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Issar(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu les deux livres dont vous êtes l’auteur, Ye’hideï Segoula et Rabbi Meïr Yé’hyel d’Ostrovtsa. Je vous en remercie. Sans doute garderez-vous, à l’avenir, cette bonne habitude et vous enverrez vos livres à ma bibliothèque, d’autant qu’ils y sont mis à la disposition du public.
Comme signe d’amitié, j’ai feuilleté ces livres, en fonction du temps dont je disposais. Il me semble qu’il serait d’un grand apport, pour ces articles, de les assortir d'une liste de références(2), après chaque texte ou bien à la fin du livre. Le lecteur pourra les consulter et y trouver plus de détails, à propos de ce qui est exposé, assez brièvement, dans ces textes.
Il serait bon de dresser également la liste des livres et des écrits traitant du même sujet que chaque article. Parfois, au moins pour les personnes de choix, c’est également là un moyen de parvenir à une compréhension plus précise.
J’observe, sur la jaquette du livre, que vous avez l’intention d’en éditer un second volume. Les présents propos ne sont donc pas une plainte relative au passé(3). En effet, il vous sera possible d'indiquer, dans le second volume, les références du premier. Ainsi, les propos des maîtres de notre Torah parfaite ne seront pas inférieurs à ceux dont le contenu est vain, mais qui sont, cependant, agrémentés de références, d’une bibliographie, d’une liste de dates.
Bien plus, en la présente génération orpheline, alors que certaines catégories de personnes peuvent être attirées par un rayon de lumière(4), il faut que ce qu’on leur présente soit extérieurement attrayant, afin de susciter l’intérêt. De la sorte, ce qui n'a qu'une valeur totalement accessoire conduira vers le plus fondamental. Vous savez ce que dit le Rambam, à propos de l’éducation des enfants(5). Et, ceci s’applique encore plus clairement à ceux qui sont des enfants par le niveau de leurs connaissances. Vous consulterez la longue explication qu’il donne, à ce sujet, dans son commentaire de la Michna, traité Sanhédrin, début du chapitre 10. Vous verrez également le Michné Torah, à la fin des lois de la Techouva.
Une autre petite remarque peut être formulée, qui est, cependant, très importante, en notre génération, alors que nombreux sont ceux qui font passer l’obscurité pour de la lumière et la lumière pour de l’obscurité. Vous présentez, dans votre livre, des personnes appartenant à des catégories très différentes et même opposées. Or, pour reprendre l’image du Zohar(6), il est dit que Moché fut enterré dans la Torah et l’on sait que l’on n’enterre côte à côte que des amis. Pourtant, dans votre livre, vous n’avez pas toujours procédé de la sorte(7).
Vous auriez pu répartir ces articles en plusieurs parties, si vous teniez, pour une quelconque raison, à évoquer tous ces sujets à la fois. En tout état de cause, l’auteur d’un article ne doit pas être en opposition à celui de l’article qui lui fait suite. Comme je l’ai dit, tout cela est particulièrement important, car il ne faut pas induire en erreur le lecteur non averti, lequel pensera que tous ceux qui ont présentés conjointement dans le livre possèdent la même grandeur, dans la Torah et dans la crainte de Dieu. Cette allusion suffira pour qu’un sage comprenne ce que je veux dire.
J’ai observé, dans la liste relative au second volume, le nom du Rabbi Rachab. Une brève biographie, le concernant, qui a été éditée il y a quelques années et qui est basée sur les notes de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, vous a été adressée, par envoi séparé.
Avec mes respects et ma bénédiction afin que vous parveniez à renforcer l’esprit du Judaïsme véritable et de la Tradition d’Israël, pénétrée de lumière et de chaleur ‘hassidiques, parmi ceux qui reçoivent votre influence,
M. Schneerson,
N. B. : Du fait du respect qu’il est nécessaire de témoigner aux écrits saints, il ne semble pas du tout bon de faire imprimer des versets calligraphiés selon l’écriture du Séfer Torah, dans les livres de Hala’ha ou de Aggada et, a fortiori, dans les livres biographiques. Je suis donc très surpris d’observer que vous l’avez fait, à la fin de votre ouvrage.
Une page de la Meguilat Esther a également été éditée, mais cela n’est nullement comparable, car elle ne comporte pas le Nom de Dieu. En outre, il y avait là un moyen d’indiquer à tous de quelle manière on écrit une Meguila, ce qui n’est pas le cas, en l’occurrence.
Notes
(1) Le Rav I.Fraenkel. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°3657. (3) Qui est inutile. (4) Ramenés à la pratique juive. (5) Il faut les inciter à étudier la Torah en leur promettant des friandises. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Tome 1, page 27b. Vous consulterez également les commentaires du Zohar ”. (7) Dans le livre, des avis divergents sont présentés l’un à la suite de l’autre.
Lettre n°3733
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3733, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Mena’hem Av 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse au second fascicule qui était joint à votre lettre. Vous me dites que des personnes très différentes les unes des autres se réunissent chez vous, le Chabbat, en ce qui est, en quelque sorte, une réunion ‘hassidique et j’en suis, bien entendu, satisfait.
Il est sûrement inutile de vous rappeler ce que disent nos Sagres, dans la Michna : “ L’acte est essentiel, et non la théorie ”. De chaque réunion ‘hassidique doit donc résulter une “ synthèse finale ”, selon la terminologie 'hassidique. Celle-ci sera concrètement applicable, au moins dans l’aspect pratique de la pensée. Ceci peut être comparé à la supériorité de celui qui base sa prière sur les idées de la ‘Hassidout, par rapport à celui qui se limite à en acquérir la connaissance. Et, cela va peut-être même au delà de cette distinction.
Il est dit que celui qui a fait une erreur sur l’interprétation d’une Michna doit revenir sur ses propos. Il ne faut donc pas qu'il y ait une controverse, une confusion, à ce sujet, d’autant que chacun de ceux que vous citez, dans votre lettre, exerce, à son tour, son influence sur un groupe de personnes. Chaque progrès que l’un d’entre eux fera sera ainsi multiplié par le nombre de ceux qui le suivent. Vous connaissez, à ce sujet, l’image d’une petite bougie, dont la clarté est décuplée par une lanterne.
Certes, on peut observer concrètement et l’on peut comprendre logiquement que l’action concrète est plus difficile à accepter qu’une idée, a fortiori la plus théorique. Néanmoins, nos Sages disent que l’on acquiert la Torah par la souffrance, ce qui veut dire, pour une large part, par des déconvenues et par des hésitations morales.
Lettre n°3734
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3734, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Mena’hem Av 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous me dites que, lorsque vous étudiez la Torah, il vous arrive parfois de ne pas comprendre le cours auquel vous assistez. Vous en concevez de la tristesse.
Une telle situation est fréquente, chez de nombreux élèves. Il n’y a donc pas lieu de s’en affecter outre mesure, même si, bien évidemment, il faut réduire, au maximum, ces minutes pendant lesquelles la compréhension est absente.
L’une des solutions, en pareil cas, est l’étude sur texte. Ainsi, lorsque vous écoutez le cours, vous aurez devant vous un livre ouvert, à la page sur laquelle il porte. Parfois, il est même bon de fermer les yeux, pendant quelques instants. En effet, cette réduction de la vision favorise l’audition et la réflexion. De plus, il ne faut pas non plus exagérer cette incompréhension. Elle ne dure sans doute que quelques instants et elle provient sûrement du fait que la pensée est saisie par d’autres idées.
Vous me dites que, en méditant à la signification des mots de la prière, vous prenez du retard, par rapport à la communauté. A ce sujet, vous demanderez un conseil à votre professeur, qui vous indiquera comment étudier et comment prier. Et, vous vous conformerez à son avis.
Comme vous me le demandez, je mentionnerai votre nom et celui de votre frère, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Vous gardez sûrement les trois études concernant chacun, qui ont été instituées par mon beau-père, le Rabbi. Celles-ci portent sur le ‘Houmach, les Tehilim, le Tanya et elles sont bien connues. Et, vous engagerez votre grand frère à en faire de même. Comme le veut la coutume juive, vous prendrez cet engagement sans en faire le vœu. Pour autant, il faudra le respecter scrupuleusement.
Que Dieu vous accorde la réussite dans l’étude de la Torah, avec la crainte de Dieu et que vous mettiez en pratique les termes du verset : “ Servez Dieu dans la joie ”.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°3735
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3735, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Mena’hem Av 5715,
Brooklyn,
A l’association des femmes et des jeunes filles ‘Habad,
en notre Terre Sainte, groupement de …,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous bénis et vous salue,
J’ai bien reçu votre lettre et je suis surpris de ces longues interruptions, dans la transmission des informations vous concernant.
La période du début est sans doute passée. En effet, “ tous les commencements sont difficiles ”, mais, désormais, vous élargirez de plus en plus vos activités, conformément aux besoins du moment, qui sont de plus en plus importants. Et, rien ne résiste à la volonté.
D’après l’impression que l’on peut avoir d’ici, l’un des points les plus importants est d’entretenir une relation permanente et de plus en plus soutenue avec les mères des élèves des écoles, en particulier des écoles ‘Habad, afin de les encourager, de les soutenir, pour que l’ambiance de la maison soit le prolongement de celle de l’école et qu’elle ne s’y oppose pas, ce qu’à Dieu ne plaise. C’est ainsi que l’éducation de ces enfants sera la plus efficace.
Bien évidemment, il ne suffit pas d’aider ces mères matériellement, même si cela est très important et parfaitement judicieux. Il faut aussi les rencontrer, de temps à autre, afin de leur expliquer l’importance d’une éducation dispensée dans l’esprit de notre Torah, Torah de vie, de susciter leurs questions, de les conduire à faire état des problèmes auxquels elles sont confrontées. De la sorte, on pourra les résoudre de la meilleure façon et, ainsi, faire disparaître différents obstacles et difficultés, dans l’existence quotidienne des élèves et de leurs parents.
Tout cela est d’actualité, à l’occasion de la rentrée scolaire, qui approche. Bien plus, Elloul, le mois de la miséricorde, commencera, ces jours-ci. Alors, le cœur de chaque Juif et de chaque Juive met en éveil l’essence de lui-même, qui reste toujours fidèle à Dieu. Et, le chantre d’Israël exprime son souhait et son désir en ces termes : “ Je demande une chose à Dieu, c’est la requête que je formule. Je veux résider dans la maison de Dieu ”.
Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée,
Lettre n°3736
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3736, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er jour de Roch ‘Hodech Elloul 5715,
Brooklyn, New York,
Au docteur Avraham et à Miriam Aharonov(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 12 Mena’hem Av, qui faisait suite à la mienne, laquelle répondait à la question que vous me posiez, sur la manière de donner une expression à votre désir de venir en aide aux activités de ‘Habad, d’une manière large, en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. Vous évoquez, dans votre courrier, la création d’un “ fonds permanent pour la formation professionnelle(2) des jeunes scolarisés à la Yechiva Tom’heï Temimim Loubavitch, portant le nom du docteur Miriam et d’Avraham Aharonov ”.
Si cette décision est déjà prise, que Dieu fasse qu’elle soit en un moment bon et fructueux, qu’elle produise de bons fruits, dans une large proportion.
En revanche, si vous pesez encore le pour et le contre, je ne peux pas vous cacher mon opinion, qui est la suivante.
Nous devons tenir compte du fait que nous vivons en une époque troublée, marquée par la crise de l’éducation traditionnelle et surtout de l’éducation ‘hassidique. Chaque instant permettant de sauver les jeunes est donc précieux. En ce moment de combat, une action éducative à effet immédiat doit être privilégiée par rapport à celle qui ne donnera des fruits qu’à terme, car, entre temps, des dizaines, peut-être même des centaines de jeunes israéliens se perdent, ce qu’à Dieu ne plaise.
De ce point de vue, la conclusion est, bien entendu, que tous les moyens, toutes les forces pouvant être mobilisés doivent, en priorité, être consacrés à l’éducation immédiate et non à un fonds permanent, ni même à la formation professionnelle des jeunes gens et des diplômés. Il convient, avant tout, de fournir aux écoles les moyens d’accueillir un plus grand nombre de jeunes élèves, qui sont “ les brebis du troupeau ”.
Même si, d’un point de vue qualitatif, un tel accomplissement n’est nullement comparable à celui auquel vous aviez pensé, la pratique a, maintes fois, fait la preuve que la multiplication quantitative aboutit, à terme, à un ajout qualitatif. Nos Sages disent, en effet, que “ mille entreprennent l’étude de la Loi Ecrite, cent accèdent à la Michna, dix à la Guemara et un seul à l’enseignement ”.
En tout état de cause, je vous souhaite la réussite dans votre entreprise, quelle que soit la manière dont vous la mènerez à bien. Vous voudrez bien me faire savoir la suite que vous donnerez à tout cela et je vous en remercie d’avance.
Avec mes respects et ma bénédiction afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne année,
Notes
(1) Voir, à son sujet, la lettre n°3595. (2) A l’issue des études à la Yechiva.
Lettre n°3737
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3737, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er Elloul 5715,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Nissan(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu votre lettre du 23 Mena’hem Av, qui faisait suite à une interruption. Celui Qui protège Son peuple, Israël, Qui “ ne dort pas et ne somnole pas ”, protègera chacun et chacune d’entre vous, au sein du peuple juif, d’un œil attentif, matériellement et spirituellement.
Vous connaîtrez la réussite, en votre mission sacrée, de manière surnaturelle, dans la tranquillité de l’esprit et du corps.
Je vous joins un recueil consacré à Elloul, dont vous mettrez sûrement le contenu à la disposition du plus grand nombre. Le mérite de ce qui est public dépend de vous.
Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,
N. B. Vous me demandez de quelle manière convaincre les enfants d’Israël, se trouvant au Maroc, qui manquent de connaissances(2). Vous savez que “ les Justes sont à l’image de leur Créateur ”. Dieu Lui-même dit : “ J’ai inscrit l’Essence de Moi-même et Je l’ai donnée(3) ”. Or, il en est de même pour nos maîtres, les maîtres de ‘Habad, qui exprimèrent l’essence d’eux-mêmes, dans leurs discours ‘hassidiques et dans leurs saintes causeries. Il faut donc puiser en ces textes et, selon l’expression du Tséma’h Tsédek, poursuivre l’action jusqu’à la venue du Machia’h.
Notes
(1) Le Rav N.Pinson, du Maroc. Voir, à son sujet, la lettre n°3597. (2) Textuellement : “ Qui n’ont pas servi leurs maîtres autant qu’il l’aurait fallu ”. (3) Dans la Torah, lors de la révélation du Sinaï. Les initiales des mots constituant cette phrase formant le terme Ano’hi, Je, premier mot des dix Commandements.
Lettre n°3738
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3738, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er Elloul 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous m’écrivez que vous conduisez l’office(1). Vous connaissez sans doute l’usage en vigueur(2), en la matière, depuis plusieurs années, qui consiste à réviser les prières et les cantiques, quelques jours avant de les réciter devant la communauté. Et, il faut connaître, au moins, la signification littérale de ces prières.
De fait, il est nécessaire, tout au long de l’année, de réviser, y compris ce que l’on connaît bien. Naturellement, il faut aussi connaître les lois de la prière, en particulier celles qui concernent l’officiant.
Que Dieu vous accorde la réussite, en tout ce qui vient d’être dit.
Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,
Notes
(1) Pendant Roch Hachana et Yom Kippour. (2) Voir, à ce sujet, les lettres n°2224 et 3798.
Lettre n°3739
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3739, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er Elloul 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu votre lettre du 22 Mena’hem Av, qui faisait suite à un long silence. La divine Providence vous a donné le moyen de diffuser les sources(1), au sein d'une certaine Yechiva, parmi certains élèves. On peut constater qu’une telle opportunité est un don de Dieu, pour les élèves de la Yechiva comme pour vous-même. Vous pouvez en déduire à quel point l’effort, en la matière, est nécessaire.
Certes, parfois un don de Dieu peut rester sans effet, ce qu’à Dieu ne plaise. A l’opposé, lorsque l’on en fait usage, on obtient, bien évidemment, un résultat largement supérieur à celui que l’on aurait eu par ses forces propres. En l’occurrence, votre joie n’est pas ce qu’elle devrait être, car il semble que votre effort soit particulièrement faible. Or, un léger effort de votre part, quel qu’il eut été, y compris au bénéfice du doute et même du doute d’un doute, aurait clairement assuré votre subsistance spirituelle et matérielle. Combien plus en eut-il été ainsi si cet effort avait été conforme à ce qui vient d’être dit.
J’ai déjà écrit à plusieurs ‘Hassidim que nous avons le mérite de vivre une époque où tout se transforme, se précise et s’éclaircit. Certes, les épreuves sont difficiles. Mais, dans différents domaines, en particulier pour ce qui concerne les ‘Hassidim, en notre Terre Sainte(2), je suis sûr que la subsistance matérielle peut être assurée si l’on se consacre, de la manière qui convient, à la subsistance morale. Malheureusement, je ne suis pas encore parvenu à convaincre(3).
J’ai déjà écrit à quelques ‘Hassidim, en notre Terre Sainte, pour leur dire que leur situation est comparable à celle que décrit le chapitre 40 du Tanya, c’est-à-dire celle de l’homme qui, se tenant près d’un fleuve, réclame de l’eau à boire. En effet, celui-ci refuse de baisser la tête vers ce fleuve, vers cette source d’eaux vives, alors que, s'il le faisait, il pourrait boire et avoir du pain, c’est-à-dire assurer sa subsistance matérielle, au sens le plus littéral.
Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit et afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,
Notes
(1) De la 'Hassidout. (2) Où réside vraisemblablement le destinataire de la présente. (3) Les 'Hassidim habitant en Terre Sainte.
Lettre n°3740
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3740, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er Elloul 5715,
Brooklyn,
Au jeune Chalom(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 21 Mena’hem Av, dans laquelle vous me faites part de votre projet de venir poursuivre vos études, à la Yechiva Tom’heï Temimim, ici-même. En fait, il faudrait continuer vos études à la Yechiva Tom’heï Temimim de France(2) et vous efforcer d’exercer une influence positive sur les autres, en particulier sur les élèves, venus du Maroc, qui fréquentent cette institution(3). Car, ceux-ci méritent une attention particulière.
Heureux est le sort de quiconque se consacrera à tout cela, en tant que Rav et, encore plus, en tant qu’ami. Nos Sages disent(4), en effet, que “ j’ai beaucoup appris de mes maîtres et de mes amis plus que de mes maîtres ”. Dieu agit “ mesure pour mesure ”(5), mais d'une manière largement accrue, comme l’expliquent nos Sages, cités par l’introduction du Tanya, à propos du verset “ Dieu illumine les yeux de l’un et de l’autre ”.
Vous me faites part de votre anniversaire et, à cette occasion, vous adopterez sûrement les coutumes des ‘Hassidim, en montant à la Torah durant le Chabbat qui précède cette date, si elle n’est pas un jour de lecture, en donnant de la Tsédaka avant la prière de Cha’harit et celle de Min’ha ou bien, si c’est un Chabbat ou un jour de fête, à la veille de cette date, en étudiant un passage supplémentaire de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, en plus des trois études qui concernent chacun, celles du ‘Houmach, des Tehilim et du Tanya, qui sont bien connues.
Puisse Dieu faire que vous ayez une année de réussite, dans l’étude de la Torah et dans la pratique des Mitsvot, de la meilleure façon.
Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,
Notes
(1) Le Rav C.Edelman. (2) A Brunoy, dans la région parisienne. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°3433. (4) De la manière dont on agit envers Lui.
Lettre n°3741
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3741, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Elloul 5715,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Mena’hem Zeev Halevi(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre de ce lundi et voici ce que doit être le contenu de votre réponse à cet homme(2).
A) Je suis surpris, en le lisant, qu’il ne s’aperçoive pas à quel point il se contredit. En effet, dans sa lettre, il détruit lui-même les arguments qu’il développe, dans ce courrier et dans le précédent. Il dit qu’il est permis, en Terre Sainte, de voter, pour les élections municipales(3). Et, selon lui, ce qui est permis doit vraisemblablement être une nécessité.
Or, avec tout le respect qui lui est dû, l’interdiction grave et absolue qu’il définit(4) s’applique ici(5), de la même façon. En effet, les partis qui se présentent à la Knesset le font également aux élections municipales. Il prétend qu’il ne faut pas leur venir en aide, que les femmes élues de cette façon siègent d'une manière impudique, comme il le précise dans sa lettre. Mais, la seule différence est l’interdiction d’installer une structure(6) en Terre Sainte, dont il est question à la fin du traité Ketouvot et rien d’autre.
Il n’y a donc nullement lieu de faire intervenir ici les trois fautes pour lesquelles on doit se laisser tuer, plutôt que de les commettre(7). Bien plus, en une analyse plus profonde, il y a bien ici l’interdiction d’installer une structure en Terre Sainte. Car, la municipalité de Jérusalem est une structure à part entière, au delà même de l’état fondé en Terre Sainte. De fait, l’opposition, en la matière, est encore plus forte, jusqu’à maintenant.
B) Concernant les autres points dont il traite dans sa lettre, il cite le Rambam, demandant de se réfugier dans les déserts(8). Et, il explique qu’il en est ainsi, également, à l’extérieur d’Erets Israël. Là encore, une contradiction se trouve, dans sa lettre, puisqu’il qualifie d’acte ignorant ce qui est fait à l’extérieur d’Erets Israël et d’acte de révolte, ce qui a lieu en Terre Sainte.
En réalité, la distinction devant être faite est beaucoup plus sévère. A l’extérieur d’Erets Israël, on n’impose pas ce qui va à l’encontre de la foi, ce qu’à Dieu ne plaise. Il y a donc uniquement lieu de craindre que “ l’œil voit et le cœur convoite ”. Il n’en est pas de même dans une ville qui est majoritairement ou même totalement peuplée de Juifs. Vous devez comprendre ce que je veux dire. Avec tout le respect qui lui est dû, l’ensemble des explications qu’il donne à ce sujet est donc difficile à accepter.
C) Il évoque le fait de payer pour avoir accès aux différents services publics et il compare cela au fait de rétribuer quelqu’un pour son effort. Là encore, cette comparaison n’a pas lieu d’être. En effet, il sait sans doute qu’en payant l’eau, on ne prend pas uniquement en compte l’effort, mais l’on couvre réellement toutes les dépenses, non pas seulement, comme il l’écrit, la propreté des rues, mais aussi les frais de garde permettant que l’on ne puisse pas mettre en pratique une Injonction clairement exprimée par la Torah, “ Vous détruirez…(9) ”, bien plus, que l’on renforce leurs lieux de culte ou, pire encore, que l’on
protège les missions. Point n’est besoin d’en dire plus, tant cela est effroyable.
Il dit que l’on n’a pas le choix et il affirme, dans sa lettre et dans ‘Homaténou(10), que tout cela appartient aux trois fautes pour lesquelles on doit se laisser tuer plutôt que de les transgresser, qu’il faut donc faire preuve d’abnégation, en la matière. Mais, ceux qui adoptent sa conception mettent en danger les autres Juifs se trouvant en Terre Sainte, par le fait qu’ils ne votent pas, permettant ainsi que quelques députés impies de plus soient élus. Et, ils proclament leur position à l’extérieur d’Erets Israël et également en Terre Sainte, faisant ainsi la preuve tranchée de ce qui est l’avis majoritaire, dans ce pays. On ne peut pas imaginer une plus grande profanation du Nom de Dieu.
S’il s’agit effectivement des trois fautes pour lesquelles il faut se laisser tuer plutôt que de les transgresser, il est clair qu’ils ne peuvent pas invoquer la contrainte. Bien plus, ils pourraient utiliser des bougies ou du pétrole(11) ou encore de l’eau de source(12).
Bien évidemment, ces lignes n’ont pas pour objet de lui faire de la peine, mais bien de lui montrer que, lorsqu’il s’agit de leurs besoins physiques, ils deviennent conciliants. En revanche, pour ce qui concerne les dizaines ou même les centaines de milliers de Juifs, qui pourront, plus aisément, mettre en pratique les Mitsvot de notre Dieu, dans leur existence quotidienne, ils font preuve d’une rigueur déplacée.
D) Il dit qu’une protestation extérieure, et non intérieure, est nécessaire. Je ne comprends pas pourquoi l’une exclurait l’autre. En fait, les deux peuvent être menées simultanément, comme ce fut le cas, lors de la manifestation qui a eu lieu aux Etats Unis. En effet, quelques membres d’Agoudat Israël y ont participé, alors que des représentants de ce parti siègent à la Knesset.
E) Il dit que la Agouda et le Mizra’hi ont voulu constituer un bloc(13) et que les hommes de ‘Habad, en Terre Sainte, ont été les intermédiaires entre ces formations. Cette formulation n’est pas exacte, car c’est, en fait, le Rabbi Chlita(14) qui a joué ce rôle, comme il l’a dit clairement. Il trouve cela scandaleux.
Or, il aurait pu poser une autre question. En effet, il dit lui même, dans sa lettre, qu’il faut participer aux élections municipales. Pour autant, il doit savoir que, dans différents endroits, la Agouda a formé une coalition avec des partis beaucoup plus à gauche que celui-ci. Il doit comprendre ce que je veux dire.
F) Il cite, dans sa lettre, les catégories de Juifs avec lesquels il prétend qu’il ne faut pas parler, ni avoir des contacts, qu’il ne faut pas chercher à aider. Le Tséma’h Tsédek, dans sa Mitsva de l’amour du prochain(15), apporte la réponse à de tels propos(16) et que Dieu fasse que ce qu’il dit ne s’applique pas à lui.
Puisse Dieu faire également qu’il n’ait rien de commun avec ceux pour qui l’on ne doit pas parler aux personnes qui ont pris part au vote, a fortiori s’ils ont donné leur voix, pour différentes raisons, au Mizra’hi, aux Poaleï Mizra’hi, ou même au Mapaï. Une telle conception émane de la force du mal de Midyan, qui, pour notre malheur, entre en lutte contre Dieu, comme l’explique le discours ‘hassidique intitulé “ Enrôlez pour vous des hommes ”, de l’Admour Hazaken.
Je suis surpris par son attitude, qui ne correspond pas au nom qu’il porte. Son premier prénom est, en effet, Ichaya. Or, nos Sages nous racontent de quelle manière celui-ci intervint, lorsque l’on défia l’honneur d’Israël. C’était à l’époque d’A’haz, dans la génération duquel il y avait de nombreux idolâtres, y compris au sein même du Sanctuaire.
Avant les élections, on pouvait imaginer qu’il en serait ainsi. Mais, à l’heure actuelle, surtout en Elloul, chacun établit assurément un bilan. Or, celui-ci est, en l’occurrence, bien clair. Si le Mizra’hi et la Agouda avaient constitué un front uni, si tous ceux qui le pouvaient avaient voté pour cette liste orthodoxe, d’autres représentants de ces partis auraient siégé à la Knesset, comme le reconnaissent les experts, ce qui veut dire que les partis de gauche auraient été moins représentés.
Dieu peut tout faire et Il accordera donc qu’il n’en résulte aucun mal, pour toutes les lois qui seront promulguées en Terre Sainte. Néanmoins, on aurait dû tenir compte de l’affirmation de nos Sages selon laquelle on ne doit pas compter sur un miracle. Et, celui qui empêche des dizaines, peut-être même des centaines de Juifs de prendre part aux élections est personnellement responsable de la présence, à la Knesset, de quatre députés, ou plus, issus de partis qui se révoltent contre Dieu et de la diminution conséquente de la représentation de l’Agouda et du Mizra’hi.
On peut réellement se demander qui est capable d’assumer une telle responsabilité et, bien plus, de transformer la réalité au point de dire qu’il y a là l’expression de la crainte de Dieu la plus pure.
G) Un point essentiel de sa lettre provoque mon plus grand étonnement. En effet, nous nous en tenons aux enseignements du Baal Chem Tov et de ses disciples. Or, le Baal Chem Tov lui-même connut une élévation de l’âme, un Roch Hachana. Alors, il entendit clairement et il répéta, par la suite, que la venue du Machia’h, c’est-à-dire la rédemption de la Présence divine et des enfants d’Israël, dépendait de la diffusion des sources de la ‘Hassidout, à l’extérieur. Tout cela est longuement et logiquement expliqué, dans une causerie du Rabbi Rayats, de Sim’hat Torah 5690(17), que vous consulterez.
Et, l’on peut également déduire qu’il en est ainsi, si l’on consulte l’introduction de Rabbi ‘Haïm Vital au Chaar Ha Hakdamot, soulignant que l’on retarde la délivrance en s’abstenant d’étudier la partie profonde de la Torah.
Après tout cela, comment celui à qui la divine Providence a accordé la possibilité d’exercer une influence sur plusieurs milliers de personnes peut-il s’abstenir de les inviter à l’étude de l’enseignement profond de la Torah, “ l’arbre de vie ” ? Or, dans d’autres domaines, il répète ses mises en garde une seconde, puis une troisième fois, alors que le doute ou, tout au moins le doute du doute subsiste(18). En revanche, il s’agit, en l’occurrence, d’une parole importante, prononcée par le roi Machia’h, adressée au Baal Chem Tov qui, connaissant une élévation de l’âme, pénétra dans son sanctuaire céleste. Elle fut énoncée de manière claire et supprimant tous les doutes. Malgré cela, il n’en dit pas un mot.
Pour autant, il ne fait pas l’ombre d’un doute que s’il menait campagne, au moins pour le dixième de ce qu’il a fait, concernant les élections en Terre Sainte, il aurait conduit, le jour même, des milliers et peut-être même des dizaines de milliers de Juifs à étudier l’enseignement profond de la Torah. De la sorte, la délivrance aurait été hâtée, de manière claire et indubitable.
Il m’excusera pour tout ce qui vient d’être exposé, mais il est dit, à propos de chacun d’entre nous : “ Tu t’éloigneras du mensonge ”. Or, le silence, en l’occurrence, peut être comparé à l’acceptation du mensonge. Il faut donc dire la vérité telle qu’elle est, sans craindre…(19).
H) De fait, on peut s’étonner de ce qu’il dit des personnes avec lesquelles il ne faut pas entrer en contact et qu’il ne faut pas protéger. En effet, le Zohar, à la référence que je citais dans ma lettre précédente, précise que Moché notre maître, le “ berger fidèle ”, eut un bon comportement(20), ce qui ne fut pas même le cas d’Avraham, comme ce texte le précise.
Ceci est dit à propos de ceux qui firent le veau d’or et l’on connaît le récit, rapporté à propos du verset : “ Ils se levèrent pour se divertir ”, selon lequel ils commirent alors les trois fautes, immoralité, idolâtrie, crime. Or, précisent nos Sages, le Roi était alors au festin(21). Malgré cela, si Moché, le berger fidèle, n’avait pas dit : “ Sinon(22), efface-moi(23) ”, alors…(24).
I) Il dit qu’il ne faut pas se servir du terme ‘Hachmal(25) et l’on peut se demander sur quoi il se base. En effet, le traité ‘Haguiga et le commentaire de Rachi sur le verset Yé’hezkel 1, 27, parlent du concept et non du terme.
Bien plus, différents textes du Ets ‘Haïm et, plus généralement, ceux de la Kabbala, établissent un lien entre ce terme et la Klipat Noga(26). Vous consulterez le Ets ‘Haïm, à la porte ‘Hachmal et le discours ‘hassidique du Tséma’h Tsédek, imprimé dans les additifs du Torah Or, qui est paru aux éditions Kehot.
Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
A.
Kwint,
N. B. : En lui écrivant, vous n’oublierez sûrement pas de mentionner les écrits du Juste, le Rav Alfandari(27).
Notes
(1) Le Rav M.Z. Gringlass, de Montréal. Voir à son sujet, la lettre n°3559. (2) Au Rav Ichaya Acher Zelig Margolis, qui discutait, avec le Rav Gringlass, de l’opportunité de prendre part aux élections, en Israël. Voir, à ce sujet, la lettre n°3559. (3) Mais non pour celles de la Knesset. (4) Pour les législatives. (5) Pour les municipales. (6) En l’occurrence, un état. (7) L’idolâtrie, le crime et l’immoralité. (8) Dans ses lois des opinions, au début du chapitre 6, il dit : “ Celui qui habite dans un pays dont les usages sont corrompus se réfugiera dans les grottes, les crevasses et les déserts, plutôt que d’adopter un comportement condamnable ”. (9) Tous les endroits dans lesquels les non-Juifs ont servi (les idoles). (10) Notre muraille, vraisemblablement le bulletin de ce courant d’idées. (11)
Si l’on ne veut pas se servir de leur électricité. (12) Si l’on ne veut pas se servir de leur eau courante. (13) Voir, à ce sujet, la lettre n°3489. (14) Le Rabbi se cite lui-même, dans l’argumentaire qu’il apporte au Rav Gringlass pour répondre au Rav Margolis. (15) Dans le Dére’h Mitsvoté’ha. (16) Considérant avec sévérité ceux qui médisent des autres Juifs. (17) 1930. (18) Quant au bien fondé de ces mises en gardes. (19) De froisser celui à qui ces propos s’adressent. (20) Il sut défendre véritablement les enfants d’Israël, quand ils commirent la faute du veau d’or. (21) Juste après le don de la Torah, en un moment de grande élévation. (22) Si Tu ne leurs pardonnes pas (pour la faute du veau d’or). (23) De Ton livre (la Torah). (24) Tous les enfants d’Israël auraient disparu, du fait de la faute. (25) Selon son sens moderne d’électricité, alors qu’il s’agit d’un terme de la Torah. (26) La force du mal qui conserve la possibilité de s’élever. (27) Voir, à ce sujet, les lettres n°3455 et 3621.
Lettre n°3742
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3742, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Elloul 5715,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Yona(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous m’interrogez sur ce que dit le Akéda, au début du chapitre 80 : “ On ne peut s’imaginer la capacité divine de réunir les aspects opposés ”. Vous faites valoir que Dieu est qualifié de Tout Puissant.
Vous avez parfaitement raison de formuler cette remarque.
Les Sages d’Israël adoptant l’avis du Akéda considèrent qu’Il est Tout Puissant, dans la mesure de ce que l’intellect peut concevoir. Le Mekor ‘Haïm l’explique brièvement, à cette même référence. Bien évidemment, cette interprétation est difficile à accepter.
Mais, les plus grands, parmi les premiers Sages, ceux de la Kabbala ou de la ‘Hassidout, ont déjà montré que Dieu ne connaît pas la limite, qu’Il est Tout Puissant, au sens le plus littéral. Vous consulterez, à ce sujet, en particulier, les responsa du Rachba, tome 1, chapitre 418, le Séfer Ha ‘Hakira, du Tséma’h Tsédek, à la page 68 et le discours ‘hassidique intitulé “ Purifie notre cœur ” de 5677(2).
Une preuve tranchée, en ce sens, peut être tirée du traité Yoma 21a, qui dit que “ l’arche sainte n’occupait pas de place(3) ”, bien que, selon l’Injonction divine, celle-ci devait avoir deux coudées et demi de longueur, pour une coudée et demi de largeur et de hauteur.
Notes
(1) Le Rav Y.Dresher. Voir, à son sujet, la lettre n°3676. (2) 1917, du Rabbi Rachab. (3) Dans le Saint des Saints du Temple.
Lettre n°3743
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3743, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Elloul 5715,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Chmouel Yehouda(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 24 Mena’hem Av, avec ce qu’elle contenait. Les photographies et les commentaires vous sont renvoyés, par envoi séparé, pour lequel une assurance a été contractée.
De façon générale, pour ce qui concerne, par exemple, la forme des lettres(2), une tradition orale existe, qui est accompagnée de dessins, mais il est difficile d’expliquer tout cela, par écrit, dans le détail. Vous recherchez donc, en Terre Sainte, des ‘Hassidim qui ont une bonne connaissance, dans ce domaine. Peut-être est-il possible de s’en remettre à ceux que vous citez, s’ils détiennent la tradition d’experts et de scribes compétents. Vous pourrez vérifier tout cela et vous en déduirez les détails.
Vous envisagez la possibilité de citer les coutumes ‘Habad figurant dans les fascicules, lorsque vous éditez un livre. Il est important de préciser la référence de chacune de ces coutumes, c’est-à-dire le fascicule ou la brochure desquels elle est issue. Et, le texte devra en être relu de manière très précise.
Vous évoquez les Tefillin de Chimoucha Rabba et de Rabad(3). L'avis du Chimoucha Rabba porte sur trois points, sur les ornements placés au dessus des lettres, sur la mesure des deux doigts de longueur et deux doigts de largeur(4), sur l'introduction des parchemins à la droite de celui qui porte les Tefillin. En fait, on peut également qualifier de Chimoucha Rabba des Tefillin qui répondent à seulement un de ces trois critères. Pour autant, différents textes permettent d'établir que, pour le Chimoucha Rabba, le troisième critère est déterminant. Vous consulterez, à ce sujet, les responsa de Rabbi Mena'hem Azarya de Fano, le Matsat Chimourim, le Emek Ha Méle'h, le Mayan Ha 'Ho'hma, du Ari Zal.
Le Michméret Chalom, dernière édition, chapitre 4, expose tout cela longuement et vous le consulterez. Il cite également le texte du Peri Ets 'Haïm sur lequel se basent ceux qui ont un avis divergent. Il mentionne aussi le Tiféret Chmouel, que vous évoquez dans votre lettre. Vous verrez aussi le Meassef Le 'Hol Ha Ma'hanot, début du chapitre 34, paragraphes 3 et 9. Néanmoins, aucune preuve ne peut en être tirée pour ce qui vient d'être dit, c'est-à-dire concernant la nécessité de placer les parchemins à la droite de celui qui porte les Tefillin. En effet, on peut très bien orner les lettres et faire des Tefillin de Rachi ayant deux doigts de long et deux doigts de large. De la sorte, on aura bien accompli la Mitsva des Tefillin, selon le Chimoucha Rabba.
Il faut en conclure qu'il existe également une autre différence entre Rachi et le Chimoucha Rabba. En effet, d'après l'enseignement ésotérique de la Torah, ce sont précisément les Tefillin de Rachi que l'on doit porter, mais ce point ne sera pas développé ici.
Concernant le nombre de tours des Tsitsit, notre coutume consiste, comme vous le savez, à en faire trois, trois et un, puis deux, trois et trois et ainsi de suite, les deux tours complétant, bien évidemment, le tour unique qui les précèdent(5). Vous mentionnez, à ce propos, le Chaar Ha Kavanot, mais je ne comprends pas ce que vous en tirez, car ce qu'il dit ne concerne pas notre propos.
Je ne sais pas si quelqu'un est compétent, dans ce domaine, à Jérusalem. Néanmoins, le Taameï Ha Minhaguim, dans sa version actuelle, ne mentionne pas les livres de 'Habad traitant des sujets qu'il évoque. En effet, ces ouvrages n'étaient pas disponibles, dans la ville où l'auteur se trouvait. Il serait donc bon, dans la mesure du possible, de combler maintenant cette lacune. En effet, l'assurance nous a été donnée que les sources(6) doivent se répandre à l'extérieur.
Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,
M. Schneerson,
Vous m'interrogez sur le commentaire du Baal Chem Tov qui apparaît dans le Kéter Chem Tov, tome 2, page 34d(7). En effet, celui-ci fait mention de farine fine, alors que selon le commentaire de Rachi, au traité Baba Metsya 87a, il s'agit de farine ordinaire. Le recueil Baal Chem Tov signale que cette question est soulevée par le Meïr Netivim, tome 2 et dans le chapitre Koa'h Chor du Tevouat Chor.
Notes
(1) Le Rav C.Y. Weinfeld, de Jérusalem, de la maison d’édition Eshkol. (2) Voir, à ce sujet, les lettres n°3215 et 3745. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°1338. (4) Qui sont les dimensions des boîtiers de Tefillin. (5) De sorte que ces tours soient toujours groupés par trois. (6) De la 'Hassidout. (7) Page 61b, dans la version publiée par les éditions Kehot.
Lettre n°3744
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3744, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Elloul 5715,
Brooklyn,
Au Rav, distingué 'Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Betsalel(1), le Cho'het,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du dimanche de la Parchat Reéh. Je reste surpris, même après l'avoir lue, que vous ayez cessé de m'écrire pendant si longtemps. Vous évoquez votre enseignement à la Yechiva(2). Or, la Hala'ha précise qu'un effort n'est jamais vain. Combien plus en est-il ainsi quand il s'agit d'une action concrète. Vous connaissez également le dicton selon lequel un acte est préférable à mille plaintes. Et, de cette formulation positive, on peut également déduire une formulation négative, en concluant que, s'il n'y a pas de fruits, c'est qu'il n'y a pas eu d'action.
Nous vivons, en ce moment(3) des jours pendant lesquels il faut s'efforcer de parler positivement, de considérer les bonnes actions de chacun et non leur diminution. Puisse donc Dieu faire que les 'Hassidim d'Australie prennent en compte, encore une fois, ce que je leur ai dit, dans différentes lettres(4), c'est-à-dire qu'une seule action supplémentaire, apportée à une institution de mon beau-père, le Rabbi, chef d'Israël, aurait également apporté la bénédiction nécessaire pour assurer votre subsistance matérielle.
Un dicton, cité dans les discours 'hassidiques(5), affirme que l'on ne peut greffer une tête à celui qui en est dépourvu(6). Il vous appartient donc de prendre la décision de reconsidérer cette question. Puisse Dieu faire que cette décision soit à la mesure de la situation véritable, ce qui permettra effectivement de prendre de bonnes résolutions.
Il est dommage que tant de temps se soit écoulé, conformément à la question que pose l'Admour Hazaken, à la fin du chapitre 40 du Tanya, à propos de celui qui se trouve au bord d'un fleuve et qui réclame de l'eau à boire. Car, on ne peut comprendre pourquoi cet homme crie. De même, chacun de vous à la possibilité d'obtenir de Dieu la subsistance, grâce à la diffusion des sources(7) en général, au renforcement et au développement de cette institution, en particulier. Or, vous criez, affirmant que vous souhaitez l'obtenir par des voies détournées.
Avec ma bénédiction, en saluant tous les 'Hassidim et en vous souhaitant d'être inscrit et scellé pour une bonne année,
Je viens de recevoir votre lettre du mardi de la Parchat Choftim et j'y fais réponse. Je voulais dire, dans mon courrier, que chacun doit intensifier les actions qu'il a menées, jusqu'à maintenant, dans les domaines de Ohaleï Yossef Its'hak. Un tel ajout est concevable et possible.
Pour renforcer tout cela, il sera bon que la décision de cet ajout, prise par chacun, soit publique, comme l'indique le discours 'hassidique intitulé Enrôlez d'entre vous des hommes.
Les réunions 'hassidiques que vous tenez avec les élèves de la Yechiva sont d'un grand apport. Puisse Dieu faire qu'elles soient plus fréquentes.
Notes
(1) Le Rav B.Wilshanski. Voir, à son sujet, la lettre n°2452. (2) Loubavitch, en Australie. (3) Pendant le mois d'Elloul. (4) Voir, en particulier, la lettre n°3615. (5) Voir Torat Chmouel 5634, page 314. (6) Suggérer artificiellement la réflexion à quelqu'un. (7) De la 'Hassidout.
Lettre n°3745
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3745, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Elloul 5715,
Brooklyn,
Au distingué 'Hassid qui craint Dieu,
le Rav 'Haïm(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du premier jour de Roch 'Hodech Elloul:
A) Concernant la forme des lettres(2), dans l'écriture du Séfer Torah, des Tefillin et des Mezouzot, selon la coutume de 'Habad, différentes modifications ont été introduites, par rapport à ce que dit l'Admour Hazaken, dans son Choul'han Arou'h. Plusieurs textes expliquent pourquoi certaines décisions hala'hiques de l'Admour Hazaken ne sont pas les mêmes, dans son Choul'han Arou'h, dans son Sidour et dans la pratique concrète, telle qu'il l'a instaurée. Vous consulterez aussi, en particulier, le début du Chaar Ha Collel, le Kountrass Pisskeï Ha Sidour, du Rav Naé.
Concernant les Tefillin, en particulier, vous savez ce que dit le Beth Rabbi, au chapitre 10. Cet ouvrage précise que l'Admour Hazaken fit en sorte qu'elles soient en accord avec la tradition des premiers Sages et la Kabbala du Ari Zal, de la manière dont elles sont écrites, confectionnées et portées. Vous consulterez ce texte.
Ces précisions sont transmises oralement, entre scribes et il est difficile de les exposer par écrit, avec tout le détail nécessaire. Pour ce qui est de votre question, vous consulterez donc un scribe appliquant la coutume de 'Habad. Il vous expliquera tout cela.
B) Vous faites également référence aux dimensions des Tefillin(3), deux doigts de longueur sur deux doigts de largeur. Selon plusieurs des derniers Sages, dans le Choul'han Arou'h, Ora'h 'Haïm, chapitre 32, paragraphe 41, cette mesure s'applique à la base(4). Néanmoins, le Peri Megadim, interprétant l'avis de Rachi, considère qu'il s'agit du boîtier proprement dit. C'est, semble-t-il, également l'avis du Roch. Le Tour fait aussi référence aux boîtiers, comme le fait remarquer le Ot 'Haïm, à la même référence, paragraphes 19 et 20.
C'est la raison pour laquelle ceux qui souhaitent mettre en pratique la Mitsva de la meilleure façon choisissent des boîtiers dont la mesure est deux doigts de longueur et deux doigts de largeur.
Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,
Pour le Rabbi Chlita,
Notes
(1) Le Rav H.Sachitski. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°3743. (3) Des boîtiers. (4) Du boîtier, qui est traversée par la lanière.
Étudiez les Iguerot Kodesh dans Koulam
Recherche dans les 8 945 lettres, lecture confortable, brakha du jour — gratuit, iOS & Android.
Télécharger Koulam