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Iguerot Kodesh — lettres 3286 à 3305

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°3286

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3286, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Chevat 5715,

Brooklyn,

Aux distingués ‘Hassidim, qui craignent Dieu,

appartenant à l’association de bienfaisance

Chomreï Chabbat, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai appris avec plaisir, par le distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, Rav Yo’hanan Gordon, votre secrétaire, qu’une réunion exceptionnelle de votre association a lieu, à l’occasion de votre quarante sixième anniversaire, aujourd’hui même, ainsi qu’il est écrit “ aujourd’hui pour les accomplir ”, en cette Paracha dans laquelle il est dit: “ Si tu prêtes de l’argent à Mon peuple ”. Et, nos Sages précisent que ce “ si ” n’est pas conditionnel, mais qu’il introduit bien une obligation, au même titre que cet autre verset “ aujourd’hui(1), si vous écoutez Sa voix ”. En effet, c’est ainsi que l’on fait venir le Machia’h aujourd’hui, selon le traité Sanhédrin 98a.

Conformément à l’affirmation de nos Sages selon laquelle “ à quiconque ajoute(2), on ajoute(3) ”, j’espère que Dieu vous accordera une plus grande réussite, dans votre œuvre de bienfaisance, qui est plus importante que la Tsédaka. En effet, un acte de bienfaisance est également possible envers celui qui vit dans l’opulence et qui est riche. Nos Sages constatent eux-mêmes, au traité Soukka 49b, que la bienfaisance concerne également les riches.

Je formule le vœu et je vous accorde ma bénédiction pour que votre action soit menée en conformité avec la fin de ce même verset, “ Si tu prêtes de l’argent à Mon peuple, au pauvre qui se trouve avec toi ”. Le prêteur a besoin d’une certaine somme et, de ce fait, il est défini comme un pauvre. Mais, celui qui le lui prête le possède uniquement à titre de dépôt. En effet, on souhaite lui conférer le mérite de cette immense Mitsva, car, si ce n’était pas le cas, on ne lui aurait pas donné le moyen de l’accomplir, comme l’explique le saint Or Ha ‘Haïm.

Et, ce sentiment en inspire un autre, plus élevé, une forme plus haute de Tsédaka et de bienfaisance, conformément au diction bien connu des premiers ‘Hassidim(4), que nous a transmis mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera “ Ce morceau de pain que je possède, il est à toi comme à moi ”. Et, ils disaient d’abord “ à toi ”, puis “ à moi ”.

Ce dicton peut être aisément compris d’après le commentaire de l’Admour Hazaken, dans Iguéret Hakodech et plusieurs autres textes, affirmant que les bénédictions célestes, en particulier celles qui concernent, à proprement parler, le domaine matériel, peuvent être obtenues, ici-bas, précisément par la Mitsva de Tsédaka.

Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée, afin que chacun et chacune des participants, physiquement et financièrement, de même que les membres de leur famille, obtiennent un plus large succès.

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Machia’h viendra. (2) Un effort. (3) Des bénédictions. (4) Voir Iguerot Kodech du précédent Rabbi, tome 9, lettre n°3042.

Lettre n°3287

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3287, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Chevat 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

A) J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre, dans laquelle vous évoquez différents problèmes. En revanche, vous ne faites aucune allusion à ce qui vous est arrivé en 5687(1). Mon beau-père, le Rabbi, m’a fait part des qualités et des capacités dont vous avez alors fait preuve. Il y a tout lieu de penser que, si vous les révélez et les utilisez encore une fois, ce sera pour le bien du plus grand nombre.

Les paroles des Justes sont éternelles et immuables, ce qui veut dire également qu’elles agissent en permanence. Vous avez dû assister à leur réalisation, au moins partielle et je vous saurais gré de me communiquer les détails, à ce sujet. Je vous en remercie d’avance.

Dans le pays où nous nous trouvions auparavant(2), on demandait à chacun de faire un effort pour renforcer les Yechivot et les diffuser, dans l’esprit de la Tradition juive, même s’il fallait risquer sa vie pour cela, au sens le plus physique. Il est sûrement inutile de vous souligner qu’il doit, encore plus clairement, en être ainsi lorsque l’on se trouve dans un lieu et un pays où le seul sacrifice qui est attendu est celui qui demandé par la ‘Hassidout, c’est-à-dire le renoncement à sa propre volonté.

Lors de la révélation du Sinaï, la Torah et les Mitsvot furent données, parce que l’on dit: “ Nous ferons et (ensuite) nous comprendrons ”. Or, il en est de même pour le don quotidien de la Torah et des Mitsvot. En effet, nous bénissons Dieu, “ Qui donne la Torah ”, au présent et il est donc nécessaire de proclamer d’emblée que “ nous ferons et (ensuite) nous comprendrons ”. C’est après que l’on peut s’investir dans l’effort(3), par ses forces de découverte intellectuelle, d’analyse raisonnée et de compréhension, par son intellect en général, comme l’expliquent plusieurs livres et discours de la ‘Hassidout ‘Habad.

Ceux qui peuvent exercer leur influence sur la jeunesse ont un mérite tout particulier. Car, il est plus aisé de changer la personnalité d’un jeune homme ou d’une jeune fille que celle d’une personne d’âge mur et, a fortiori, d’âge avancé.

B) Vous évoquez la suite de la parution du périodique Hakrya Vehakedoucha.

Vous savez sans doute qu’à la fin de la seconde guerre mondiale, mon beau-père, le Rabbi a demandé que cesse la parution de cette publication.

C) Vous parlez de la formation des moniteurs et des professeurs à enseigner la ‘Hassidout en Hébreu. Comme vous le savez, plusieurs enseignants de ‘Hassidout, en Terre Sainte, donnent leurs cours dans la Langue sacrée.

Vous citez, à ce propos, le verset “ des pommes d’or dans des seaux d’argent ”. Il est donc sûrement inutile de souligner que la relation entre le contenu et la langue doit être celle qui existe entre l’or et l’argent. La différence doit même être inférieure à celle-ci. Vous savez, en effet, que le Rambam(4) cite ce verset pour illustrer le rapport entre une image de la Torah et ce qu’elle décrit, mais non entre le contenu des propos et la langue.

En conséquence, je suis un peu surpris que vous privilégiez l’argent, par rapport à l’or, dans votre lettre(5). Vous précisez que certaines instances, en Terre Sainte, prennent en compte l’apparence extérieure, plus que le contenu profond. Il est clair que je ne vous soupçonnais pas de cela. J’ai justifié votre position en me disant que l’atmosphère d’Erets Israël peut avoir une incidence, en la matière. Si cette suspicion est sans fondement, je m’en réjouirai moi-même.

Sans doute userez-vous de votre influence auprès de ces instances, dans toute la mesure du possible, pour obtenir que les jeunes de l’association ‘Habad reçoivent les moyens d’élargir leurs actions, grâce à la subvention plus importante qui leur sera accordée.

Bien évidemment, on vous dira que cela va à l’encontre des principes et du programme de ces instances. Pour autant, celles-ci reconnaîtront qu’il est un principe encore plus fondamental de faire en sorte que le public écoute les paroles de la Torah et ne se révolte pas contre elles, ce qu’à Dieu ne plaise.

D) J’ai lu avec plaisir, à la fin de votre lettre, que vous allez m’envoyer un exemplaire des chapitres et des articles que vous avez publiés, de même que votre livre qui est actuellement sous presse. Sans doute l’avez-vous déjà fait et je vous en remercie.

E) Comme vous me le demandez, j’ai donné à mon secrétariat l’instruction de vous adresser le catalogue de nos publications. Vous m’indiquerez les livres et les articles qui vous intéressent. Ceux-ci vous seront adressés, sans en faire le vœu, s’ils sont encore disponibles.

F) Vous avez sûrement pris part à la réunion ‘hassidique du jour de la Hilloula(6). Je vous adresse les discours ‘hassidiques prononcés à cette occasion, qui ont été publiés avec quelques additifs.

Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) 1927, année de l’emprisonnement du précédent Rabbi, en Russie soviétique. (2) La Russie. (3) Intellectuel, pour comprendre la Torah. (4) Dans l’introduction du Guide des égarés, au paragraphe “ Le sage dit ”. (5) La langue d’enseignement, par rapport à son contenu. (6) Du précédent Rabbi, le 10 Chevat.

Lettre n°3288

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3288, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Chevat 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 15 Chevat, dans laquelle vous me dites que vous ne ressentez aucun lien envers vos études, car vous êtes troublé par vos pensées.

Comme vous le savez, chaque Juif possède une lettre de la Torah, par l’intermédiaire de laquelle il reçoit tout ce qui le concerne. Il est donc inconcevable que vous n’ayez aucun lien avec la Torah, qui est une Torah de vie. Néanmoins, le mauvais penchant, le “ roi vieux et fou ” voile et occulte la vérité.

Nos Sages donnent la solution à une telle situation: “ Si tu croises ce dévoyé, conduis-le à la maison d’étude ”. Vous devez investir vos efforts dans l’étude, avec ardeur et constance. De la sorte, Dieu vous accordera la réussite.

De plus, votre étude sera pure, car elle sera précédée de la prière fervente, d’une immersion rituelle et d’une étude de l’âme de la Torah, de sa dimension profonde, qui est l’enseignement de la ‘Hassidout.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°3289

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3289, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Chevat 5715,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

issu d’une illustre famille, le Rav Chalom

Yé’hezkel Shraga(1) Chlita,

Je vous salue et vous bénis,

C’est avec plaisir que j’ai reçu votre lettre, en son temps, de même que ce qu’elle contenait, des responsa portant sur le statut des personnes dépendant d’un plaignant(2). Comme vous me le demandez, celles-ci vous sont restituées.

Vous avez mentionné, dans vos responsa, les références du Talmud et des Décisionnaires traitant de cette question. A mon sens, le point essentiel est le suivant. Les juges doivent, dans toute la mesure du possible, s’efforcer d’établir si le risque que le plaignant se retire est réel ou bien illusoire.

En effet, un juge a l’obligation de rendre un verdict rigoureusement exact et nos Sages tranchent, au traité Chevouot 30b, comme le citent les Tossafot, au traité Baba Batra 8b, que, dans la plupart des cas, c’est en fonction de ces éléments que le juge décidera s’il doit suivre l’accusé, lorsque celui-ci prétend, par la suite, que le plaignant s’est retiré.

Je vous joins ce qui a été publié à l’occasion de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, ce 10 Chevat. Cela vous intéressera sûrement.

Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav C.Y. S. Rubin Halbershtam, Rabbi de Tchéchinov. Voir, à son sujet, la lettre n°2397. (2) Dont le destinataire de cette lettre est l’auteur et pour lesquelles il demande vraisemblablement l’avis du Rabbi.

Lettre n°3290

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3290, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Chevat 5715,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

que l’on appelle le docteur Ulman,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 10/2 et je suis content d’apprendre que le docteur Zuber est prêt à vous venir en aide.

Je suis surpris que vous ne mentionnez pas, dans votre lettre, les actions positives que vous menez, dans votre ville, afin de renforcer la pratique juive et de la diffuser. L’Admour Hazaken, auteur du Tanya et Décisionnaire de la partie cachée de la Torah, auteur du Choul’han Arou’h et Décisionnaire de la partie révélée de la Torah, explique, à la fin du chapitre 25 du saint Tanya, que chaque action réalisée de la sorte est immuable, là-haut et n’est soumise à la dimension du temps qu’ici-bas. Vous consulterez ce texte.

On peut en conclure le mérite et la responsabilité investis en chacune de ces actions, y compris celle qui apparaît, à nos yeux, comme la plus humble et la plus modeste. Une illustration de cette idée peut être trouvée dans le domaine qui est le vôtre, celui de la recherche en cancérologie. Au début(1), une seule cellule(2) se développe de manière anormale. Et, si l’on n’empêche pas ce développement, elle apporte la destruction à tout le groupe auquel elle appartient.

Or, s’il en est ainsi pour ce qui est négatif, combien plus est-ce le cas dans le domaine du bien. Quand l’homme prend la décision d’agir sur une seule cellule et de la développer “ anormalement ” dans un sens positif, il confère la réussite à tout le groupe auquel cette cellule appartient.

Tout cela fait l’objet de vos recherches et il est donc inutile d’en dire plus.

Je viens de recevoir le journal et je vous en remercie.

Avec ma bénédiction de réussite et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Notes

(1) De la maladie. (2) En anglais dans le texte, “ cell ”.

Lettre n°3291

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3291, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Chevat 5715,

Brooklyn,

Au Juste, Rav et ‘Hassid, issu d’une illustre

famille, aux comportements généreux,

le Rav ‘Haïm Chimeon Zeev(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du jour de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, emplie d’explications émanant des quatre paliers d’interprétation de la Torah, qui traitent du nom de celui dont on a célébré la Hilloula(2), lequel est effectivement significatif.

Nos Sages enseignent que le Saint béni soit-Il inspire aux parents de chaque enfant le nom qui lui convient, en fonction de sa source céleste. Ce nom est, en effet, gravé sous le trône céleste et vous consulterez, à ce sujet, en particulier, la vingt troisième introduction du Chaar Ha Guilgoulim, de même que le Emek Ha Méle’h, porte 1, fin du chapitre 4, le saint Or Ha ‘Haïm sur le verset Devarim 29, 19 et le Déguel Ma’hané Éphraïm, sur Béréchit. Combien plus en est-il ainsi lorsqu’il s’agit du nom d’un chef d’Israël, dont l’âme est le cerveau, la tête de celles de sa génération, comme l’explique le second chapitre du saint Tanya.

On peut trouver une allusion à ce qui est dit dans votre lettre dans l’explication selon laquelle la valeur numérique de Yossef(3) est six fois celle du Tétragramme(4), comme le souligne, en particulier, le Likouteï Torah du Ari Zal, à la Parchat Vayéchev. Or, le Rabbi appartenait à la sixième génération suivant celle de l’Admour Hazaken, fondateur de la ‘Hassidout ‘Habad.

Par ailleurs, la valeur numérique d’Its’hak(5) est huit fois celle du Tétragramme(6), selon le Peri Ets ‘Haïm, dans son commentaire de la Haggadah, explication 28. Et, le Rabbi appartenait à la huitième génération suivant celle du Baal Chem Tov, fondateur de la ‘Hassidout générale. Vous consulterez également le Likouteï Torah du Ari Zal, à la fin de la Parchat Vayéra, qui précise le rapport entre Yossef, Its’hak et ces valeurs numériques.

Commentant le verset “ au commencement, Dieu créa ”, nos Sages disent, en effet, que “ le Saint béni soit-Il voulut créer le monde par l’Attribut de rigueur. Il vit que celui-ci ne pouvait se maintenir. Il lui associa donc l’Attribut de miséricorde, ainsi qu’il est dit : lorsque l’Eternel Dieu fit la terre et le ciel ”. Le sens de cette association est le suivant. Le comportement miraculeux est révélé, dans le monde, par les Justes.

Les noms introduisent également cette idée, Yossef, ainsi qu’il est dit “ Dieu m’ajoute (Yossef) un autre fils ”, selon l’interprétation du Tséma’h Tsédek(7) précisant que “ l’autre ” est transformé en “ fils ”, Its’hak, ainsi qu’il est dit : “ Dieu m’a fait objet de rire (Ts’hok) ”, en élevant et en affinant le voile du Nom divin Elokim, protégeant celui d’Avaya, Qui est comparé au soleil et, “ alors notre bouche s’emplira de rire (S’hok) ”, dans le monde futur, comme l’explique le Midrach Ha Néélam, Béréchit, page 115a, grâce à la transformation de la matière. Cette transformation est accomplie pendant la période de l’exil.

Quiconque médite à la vie et aux actions de mon beau-père, le Rabbi, dans ce monde matériel observera que ces deux éléments, qui n’en font qu’un, sont la base et la finalité de sa mission sacrée.

Je vous joins la copie d’une de mes lettres(8), concernant l’une de nos coutumes. A n’en pas douter, elle vous intéressera.

Avec mes respects et ma bénédiction de bonne santé,

Notes

(1) Le Rav H.C. Z. Rubin. Voir, à son sujet, la lettre n°3121. (2) Le précédent Rabbi. (3) Le premier prénom du précédent Rabbi. (4) Cent cinquante six, soit six fois vingt six. (5) Le second prénom du précédent Rabbi. (6) Deux cent huit, soit huit fois vingt six. (7) Voir le Or Ha Torah Béréchit, page 386b et également la lettre n°2758. (8) Il s’agit de la lettre n°3260.

Lettre n°3292

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3292, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Chevat 5715,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

Le Rav Guerchon ‘Hano’h Heni’h(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai été satisfait de recevoir votre lettre, dans laquelle vous évoquez le renforcement et la diffusion de la pratique juive, dans l’esprit de la Tradition. De tout temps, ceci fut une nécessité et une obligation personnelle pour chacun. Mais, combien plus est-ce le cas, avec encore plus d’énergie, en cette période d’obscurité profonde et intense.

Nous n’avons pas encore obtenu la délivrance véritable, ni même le début de celle-ci. Néanmoins, tous les indices établissent que notre juste Machia’h “ se trouve derrière notre mur(2) ”, selon les termes du Rambam, lois des rois, chapitre 11, paragraphe 4 et c’est également ce qu’a dit mon beau-père, le Rabbi.

Le Machia’h sera un érudit de la Torah, accomplissant les Mitsvot comme le roi David. Il connaîtra la Loi Ecrite et la Loi Orale, conduira tous les Juifs sur le droit chemin de la Torah, renforcera les domaines où des manques se font encore sentir. Il mènera les guerres de Dieu, puis reconstruira le Temple, rassemblera les exilés. Et, il ne se contentera pas de cela, mais fera en sorte que le monde entier serve Dieu, ainsi qu’il est dit : “ Pour Le servir d’une seule épaule ”. Or, ce Machia’h est déjà “ derrière notre mur ”!

En conséquence, nul ne peut se contenter de sa part de la Torah et des Mitsvot, en général, de la Techouva, en particulier, au sens le plus littéral, ou de respecter tous les Commandements, plus spécifiquement. On doit, en outre, influencer ses amis et ses connaissances, afin que tous accèdent également à la Techouva et mettent en pratique les Mitsvot, dans leur existence quotidienne, respectent la Cacherout, le Chabbat, la pureté familiale, éduquent leurs enfants selon la Loi de Moché et d’Israël.

C’est cela et uniquement cela qui conduira, au plus vite, vers le début de la délivrance et non les idéaux politiques, ni les quelques Mitsvot que l’on fait le choix de mettre en pratique alors que, dans la Torah, celles-ci n’existent pas. Par la suite, ce sera la délivrance complète, très bientôt et de nos jours.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav G.H. H. Stein. (2) Sa venue est proche.

Lettre n°3293

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3293, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Chevat 5715,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Yaakov Its’hak(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu vos deux lettres de la semaine de la Parchat Bo. Mon temps, à l’heure, actuelle, ne me permet pas de développer un commentaire de Torah.

A) Vous me demandez si les femmes ont l’habitude, chez nous, de ne pas se rendre au bain pendant les jours de pureté(2), comme le dit le Baït ‘Hadach, Tour Yoré Déa, chapitre 188. je n’ai jamais entendu que l’on adopte une telle pratique. Vous trouverez les différents avis, émis à ce propos, dans le Darkeï Techouva, chapitre 188, paragraphe 9. Vous consulterez également les responsa Maharcham, tome 2, chapitre 40 et les responsa Maharach Engel, tome 6, chapitre 97.

B) L’auteur des responsa Pekoudat Eléazar, que j’ai mentionnées dans ma lettre(3), est le grand Rav Eléazar Lew. Cet ouvrage a été édité à Satmar, en 5691(4). Le problème de l’électricité y est envisagé, en particulier à propos de ‘Hanoukka. Vous consulterez également le Michpeteï Ouzyel, tome 1, le Kaf Ha ‘Haïm, chapitre 673, le Yaskil Avdi, tome 2, Ora’h ‘Haïm, chapitre 9, le Ha Meassef, neuvième année, tome 8, chapitre 91 et le Chochana, paru à Djerba en 5715, tome 10.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lorsque l’on dit les Psaumes du Hallel dans la lecture des Tehilim(5), on le fait sans bénédiction, en étant assis et l’on ne répète aucun des versets. On est alors considéré comme si on les étudiait. Du fait de ces modifications, il est établi que l’on ne dit pas le Hallel, que l’on ne prononce pas l’éloge de Dieu, que l’on ne fait que lire des versets.

C’est la raison pour laquelle certains lisent tous les Tehilim chaque jour, bien que “ celui qui lit quotidiennement le Hallel...(6) ”. Vous consulterez, à ce sujet, le Maguen Avraham, au début du chapitre 584, le Chneï Lou’hot Ha Berit, traité Tamid, page 257, le Tséma’h Tsédek sur les Tehilim 40, 7, paragraphe 10.

Les aliments mis en conserve perdent-ils ainsi leur saveur et faut-il, de ce fait, dire la bénédiction de

Cheakol en les consommant ou non? Tout dépend du goût de chacun et cela n’a rien à voir avec le fait que ce qui est en conserve est considéré comme ayant été cuit. Il faut prendre en compte la raison de ce principe.

Je ne comprends pas ce qui est ajouté, lorsqu’une marmite ancienne et vide est placée sur le feu. Bien au contraire, ceci a pour effet de la détériorer, surtout si elle est en acier. On peut le constater pratiquement et un verset de remontrance (Yé’hezkel 24, 11) le confirme: “ Elle la posa, vide, sur les braises, afin que...(7) ”.

Vous citez, à ce propos, le Choul’han Arou’h, chapitre 318, fin du paragraphe 12, mais il est question, dans ce texte, d’une marmite pleine d’eau. Or, si une permission a été donnée(8), dans ce cas, combien plus doit-il en être ainsi, quand elle est vide et qu’il y a un risque de détérioration. Il n’y a pas lieu de craindre, dans une telle situation, que l’on commence à la forger.

C’est la raison pour laquelle tous les Décisionnaires établissent clairement, au chapitre 253, paragraphe 3: “ une marmite ancienne et vide ”, sans faire de distinction entre l’argile et l’acier. Certes, il est bien question, à la fin du chapitre 502, d’argile, mais, en fait, l’acier pose moins de problème et l’on peut trouver un moyen de permettre cette marmite, même quand elle est neuve. Vous consulterez ce texte.

Il est interdit de soigner un idolâtre, en fonction du verset “ tu ne les prendras pas en grâce ”, d’après le traité Avoda Zara 20a et non parce qu’il est nécessaire de lui nuire. De fait, on ne cherche pas à nuire à tous les idolâtres, comme le dit le Choul’han Arou’h Yoré Déa, au début du chapitre 158. En conséquence, il n’y a pas lieu de faire une distinction entre le cas où il y a un danger et le cas où il n’y en a pas. C’est une évidence.

Notes

(1) Le Rav Y.I. Zalts. Voir, à son sujet, la lettre n°2998. (2) Précédant l’immersion rituelle. (3) Il s’agit de la lettre n°3192. (4) 1931. (5) Le 24 de chaque mois, selon leur répartition mensuelle. (6) Est répréhensible, car il banalise l’éloge de Dieu. (7) Elle se brise. (8) Dans les lois du Chabbat.

Lettre n°3294

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3294, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Chevat 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu votre lettre du 17 Chevat, qui faisait suite à un silence. Je suis surpris que vous ne me disiez rien de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Celle-ci a été célébrée le 10 Chevat. Sans doute, un changement en a-t-il résulté pour vous, dans votre étude de son enseignement ou bien dans un autre domaine. Et, comme c’est le cas pour le don de la Tsédaka, j’espère que votre générosité s’est exprimée non seulement pour vous-même, mais aussi pour les autres(1).

Vous me décrivez les différentes personnes, se trouvant dans l’endroit où vous êtes actuellement, qui ne peuvent pas ou ne veulent pas se consacrer au renforcement ou à la diffusion de la pratique juive, pour des raisons diverses et variées. Il faut pourtant faire confiance à la divine Providence, laquelle conduit un homme dans un certain endroit, à un certain moment. Rien ne lui manque alors pour mener à bien la mission qui lui est confiée. Pour autant chacun reçoit le libre arbitre et deux voies s’ouvrent donc devant lui, comme le précise le verset(2). Mais ces mêmes versets se concluent par: “ Et, tu choisiras la vie ”, apportant ainsi les forces nécessaires pour que ce soit effectivement le cas.

Ce qui vient d’être dit s’applique aux personnes que vous mentionnez, mais aussi à vous-même. Certes, une ou quelques personnes qui agissent ne peuvent être comparées au grand nombre, qui le fait. Néanmoins, quand un homme a accompli tout ce qui est en son pouvoir pour motiver les membres de la communauté et leur demander de prendre part à cette mission sacrée, il n’est pas dispensé pour autant d’agir lui-même, y compris quand tous les autres n’ont pas répondu à son appel.

Plus encore, c’est bien souvent en ce cas que s’applique l’enseignement de nos Sages selon lequel “ celui qui en a le mérite reçoit sa propre part et celle de son ami ”, dans le Gan Eden. Or, le Gan Eden véritable ou même un stade encore plus élevé que cela est l’attachement à Dieu, Qui ordonne de mettre en pratique les Mitsvot pour se lier au Dieu de vie, ainsi qu’il est dit: “ La récompense de la Mitsva est la Mitsva elle-même(3) ”.

Il est inutile de préciser ce qui est bien compréhensible et tout à fait évident.

Je vous joins les discours ‘hassidiques du jour de la Hilloula, qui ont été publiés avec des additifs. Sans doute en mettrez-vous le contenu à la disposition du plus grand nombre.

Avec ma bénédiction de bonne santé et de succès en tout ce qui vient d’être dit,

Notes

(1) En les invitant à en faire de même. (2) Au début de la Parchat Reéh: “ Vois, J’ai placé devant toi aujourd’hui une bénédiction et une malédiction ”. (3) Par l’attachement à Dieu qu’elle permet.

Lettre n°3295

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3295, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

22 Chevat 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 2 Chevat, avec la demande de bénédiction qu’elle contenait et également celle du jour de la Hilloula(1). J’en donnerai lecture, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

Vous évoquez votre situation et vous dites que ma lettre a suscité votre découragement. Il est bien clair que telle n’était pas mon intention. Il n’est donc pas possible que ma lettre ait eu un tel effet. Ce découragement est, en outre, une intervention du mauvais penchant, qui trouble l’homme, par toutes les manières possibles. Parfois, celui-ci accepte même de prendre l’apparence d’un ‘Hassid, empli de crainte de Dieu(2), comme le dit le Hayom Yom, à la date du 23 Sivan.

J’ai déjà écrit plusieurs fois et je répète, à nouveau qu’en vérité, vous devriez être satisfait de votre sort, même en tenant compte de tous les éléments que vous décrivez, d’autant que vous réjouir de votre situation permettra de l’améliorer, de différents points de vue, comme l’indiquent les références citées dans mes précédentes lettres et dans celle-ci.

Vous faites remarquer que, même en faisant abstraction de la tension, une telle situation

n’est pas favorable. Il est bien clair que je suis d’accord avec vous, sur ce point. Nous divergeons, en revanche, sur le point suivant. A mon sens, il est tout à fait évident que le meilleur remède est de ne plus penser à ce qui s’est passé, de ne pas même peser le pour et le contre. Vous, en revanche, avez l’habitude de méditer à votre situation et de trouver tous les moyens de justifier votre position.

Puisse Dieu faire qu’à l’avenir, vous cessiez, au moins, de penser à vos douleurs physiques. Si vous avez des difficultés à y parvenir, vous adopterez la pratique suivante. Vous étudierez ,dans le texte, ce qui est susceptible de susciter votre intérêt. S’immerger dans la Torah permet de repousser les pensées qui ne sont pas désirables. Ce qui est clairement établi et peut être constaté dans la pratique n’a nul besoin d’être démontré.

Avec ma bénédiction de bonne santé et de réussite auprès de vos élèves, dans la joie,

Notes

(1) Du précédent Rabbi, le 10 Chevat. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°3011.

Lettre n°3296

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3296, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

22 Chevat 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous me dites que vous êtes Mohel et vous me demandez quelles sont les coutumes de ‘Habad pour une circoncision, pour les jours qui la précèdent et pour ceux qui la suivent.

Je n’ai pas reçu d’instructions précises, à ce sujet. De façon générale, nous respectons ce qui est dit dans le Sidour de l’Admour Hazaken et vous consulterez le Chaar Ha Collel, à cette même référence. Mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, avait coutume(1), lorsqu’il était invité à une circoncision, dont il était, bien entendu, le Sandak(2), de donner un certain montant pour la Yechiva, au début du repas. Il précisait que cela était une avance sur les frais ultérieurs de scolarité, pour l’enfant qui venait de naître.

Chacun est tenu de s’exprimer selon les termes de son maître et, une fois, alors que j’étais moi-même présent, à Varsovie, le Rabbi donna vingt zlotys d’or et dit : “ Ceci est pour la Yechiva Tom’heï Temimim, à titre d’avance sur les frais de scolarité ”.

Vous me dites que vous avez eu le mérite de goûter “ l’arbre de vie ”, qui est l’enseignement de la ‘Hassidout. Méditez donc à cette expression, que vous employez vous-même, “ l’arbre de vie ”. Sans doute, vous efforcerez-vous de fixer une étude de ces Paroles du Dieu de vie. Nos Sages tranchent que “ l’action, et non l’étude, est essentielle ” et vous adopterez donc ses usages et ses pratiques(3).

Bien plus, vous êtes chargé de faire contracter l’alliance(4) aux enfants d’Israël. Or, une alliance transcende l’intellect et la compréhension, comme le souligne le Likouteï Torah, au début de la Parchat Nitsavim. Et, celle-ci est pratiquée sur le corps d’un enfant qui n’est pas encore parvenu à la maturité intellectuelle, ainsi qu’il est dit : “ On le circoncira, au huitième jour ”. C’est alors que commence à s’introduire(5) l’âme du domaine de la Sainteté, selon le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, seconde édition, fin du chapitre 4.

Votre comportement doit donc être conforme à ce principe. Vous devez étudier l’enseignement profond de la Torah, ses secrets, qui, de manière intrinsèque, transcendent l’intellect. On commence donc une telle étude avec une forme de soumission qui est plus basse que la compréhension. De la sorte, l’homme révèle l’aspect caché de son âme, du domaine de la Sainteté. En effet, la partie cachée de la Torah, quand elle se révèle, met également en évidence l’aspect caché d’Israël.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Voir le Hayom Yom, à la date du 28 Adar Cheni et le Séfer Ha Minhaguim ‘Habad, à la page 23. (2) Celui qui tient l’enfant, pendant la circoncision. (3) Celles de la ‘Hassidout. (4) De la circoncision. (5) Dans le corps.

Lettre n°3297

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3297, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Chevat 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre dans laquelle vous m’apprenez, très brièvement, que vous êtes bien arrivé, que l’ordre et la paix règnent dans votre foyer et dans votre famille. Je suis surpris que vous ne me disiez pas que votre prise de fonction au sein de la Yechiva, selon ce que vous me rapportiez avant votre départ, s’est bien passé. Sans doute me préciserez-vous tout cela à la prochaine occasion.

Vous me dites que, depuis que vous avez eu l’idée de vous installer à Jérusalem et de consacrer plus de temps au service de Dieu, vous avez régulièrement des empêchements et des ennuis. Quelqu’un comme vous sait sûrement qu’il en a toujours été ainsi, car les paroles de la Torah sont acquises au prix de l’effort et nos Sages affirment: “ Celui qui te dit ne pas avoir fait d’effort et avoir, néanmoins, connu le succès, ne le crois pas ”.

Or, l’effort ne consiste pas uniquement à comprendre de manière juste. Il doit aussi ôter les obstacles extérieurs. C’est la raison pour laquelle la Michna(1) évoque l’étude de la Torah et la pratique des Mitsvot, en état de pauvreté, ou bien la négligence de la Torah, en état de richesse, mais non la pratique de celui qui est riche. En revanche, on peut comprendre qu’elle n’évoque pas la carence de l’étude chez le pauvre. En pareil cas, une punition ne lui est pas systématiquement infligée et nos Sages disent précisément de Hillel qu’il “ met les pauvres en accusation ”(2).

En conséquence, “ la voie de la Torah est la suivante: du pain et de l’eau...(3) ” et “ prenez garde aux fils des pauvres ”. En outre, elle est également acquise en réduisant son propre plaisir. Et, quand on en a le mérite, après avoir, dans un premier temps, surmonté l’épreuve, les voiles et les difficultés, après n’en avoir tenu aucun compte, on les verra se réduire, jusqu’à disparaître complètement, en particulier grâce à l’étude de la Torah, surtout celle de son “ âme ”, que le saint Zohar, tome 3, page 124b, appelle “ arbre de vie ”, ne souffrant aucun mélange(4).

J’espère que vous vous remémorez, de temps à autre, ce que nous avons dit à propos de l’importance d’étudier cette âme de la Torah, sa dimension profonde et que vous le faites concrètement, puisque “ le fait de bouger les lèvres est considéré comme une action ”, même si celle-ci est qualifiée de “ petite ”(5). Par la suite, cette action concrète sera nécessairement accrue.

Avec ma bénédiction et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Notes

(1) Traité Avot chapitre 4, Michna 9. (2) Car, il était lui-même pauvre et se consacrait, néanmoins, à l’étude de la Torah. Si ce n’était le comportement de Hillel, on ne pourrait donc pas tenir rigueur à un pauvre de négliger l’étude, du fait de ses problèmes. (3) Tu mangeras, selon le traité Avot, chapitre 6, Michna 4. (4) Entre la vie et la mort. (5) Le Rabbi note, en bas de page: “ Mahary Ibn Migach, dans les commentaires du Rachba sur le traité Chevouot 21a et, plus longuement, Likouteï Torah sur trois Parachyot, page 54d ”.

Lettre n°3298

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3298, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Chevat 5715,

Brooklyn,

Aux dirigeants de Kfar ‘Habad,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du jour de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, de même que celles qui la précédaient. Je veux être certain qu’au moins, à l’avenir, vous m’écrirez pour me décrire les différentes réunions ‘hassidiques qui se tiennent à Kfar ‘Habad, avec le détail qui convient.

Je formulerai cette remarque, en particulier, en référence à ce que vous écrivez de la fête du 19 Kislev, dont vous me donnez une brève description, alors que celle-ci aurait dû être beaucoup plus précise. Vous compléterez ce qui doit l’être, en la matière, à la prochaine occasion, si l’envoi de l’enregistrement de cette réunion est retardé, ou bien si celui-ci n’est pas intégral. Après la réunion des jeunes de l’association ‘Habad qui a eu lieu, dernièrement, au Kfar, le contenu des allocutions m’a été adressé immédiatement.

D’après ce que certains m’ont écrit, on craint que les vergers ne constituent des lieux de cachette(1). Il faut réfléchir, se demander si une telle appréhension est justifiée et s’il faut s’adresser aux administrations concernées. Bien plus, si l’échange avec les terrains de Mehadrin(2) est retardé, on pourrait y planter des vergers également(3). Et, acceptera-t-on de renforcer la garde, en fonction des vergers qui auront été ajoutés? Le doute subsiste, à ce propos.

Je vous adresse ma bénédiction de réussite, en votre mission sacrée, celle de renforcer et de développer Kfar ‘Habad, afin qu’il soit un Sanctuaire pour Dieu, ici-bas. Pour cela, la spiritualité et la matérialité doivent être saines. Vous connaîtrez donc la réussite afin de mettre en pratique la Volonté de Dieu, grâce au réceptacle qui contient Sa bénédiction, la paix, l’unité et l’attachement à notre maître, en mettant en pratique son désir et sa volonté au sein de ce Kfar, comme l’explique, bien entendu, le second chapitre du Tanya.

Dans l’attente de vos bonnes nouvelles à propos de tout ce qui vient d’être dit,

Notes

(1) Pour les terroristes arabes, comme ce fut le cas pour le meurtre dont il est question à la lettre n°3161. (2) Voir, à ce propos, les lettres n°1939, 1978 et 2242. (3) La compagnie des vergers Mehadrin disposait d’un terrain, proche de Kfar ‘Habad, qui lui était rattaché, mais n’avait pas encore été aménagé en vergers. Une négociation était menée, depuis quelques temps déjà, pour disposer de ce terrain, afin de construire un plus grand nombre de maisons pour le Kfar, comme l’indiquait la lettre n°3060. Le Rabbi souligne donc que, si un retard survient, la compagnie Mehadrin pourrait aménager des

vergers sur ce terrain.

Lettre n°3299

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3299, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Chevat 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous me dites que quelques personnes, parmi les originaires du Yémen, vous empêchent d’organiser des Messibot Chabbat(1) pour les petits garçons et les petites filles. Celles-ci considèrent, en effet, qu’une telle pratique est interdite, pendant le Chabbat, mais vous ne me précisez pas pour quelles raisons.

Peut-être est-ce à cause des chants et des danses(2), d’après le Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm, chapitre 339, paragraphe 3. Si c’est effectivement le cas, vous devez vous adresser aux Rabbanim de la communauté yéménite et leur expliquer que les Perouchim(3) ont, depuis longtemps, autorisé cette pratique, du fait de la joie de la Mitsva. Or, une coutume juive est partie intégrante de la Torah et il faut prendre en compte ce qui est l’usage courant.

Il est certain que les Sefardim eux-mêmes adoptent une telle pratique, à Sim’hat Torah et, me semble-t-il, également à Pessa’h, au moment du Séder. Or, ceux qui évitent tout cela le font, pendant le Chabbat et les fêtes, pour la même raison. La joie qui accompagnait le moment où l’on puisait de l’eau, dans le Temple(4), est, en revanche, différente, comme le disent les Tossafot, au traité Soukka 50b.

Vous leur expliquerez que ces Messibot Chabbat ont été instituées par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, un chef d’Israël. Et, l’on trouve une longue explication de la permission, donnée en la matière, dans les responsa Min’hat Eléazar, tome 1, chapitre 29 et fin du tome 2, chapitre 36, y compris d’après l’avis du Beth Yossef(5).

Lorsque leurs Rabbanim autoriseront les Messibot Chabbat, celles-ci s’en trouveront sûrement renforcées. De nos jours, il n’y a pas lieu de mettre en opposition le Beth Yossef et le Ramah(6). Vous consulterez le Choul’han Arou’h et ses commentateurs, Ora’h ‘Haïm, chapitre 339, paragraphe 3. Il n’y a donc, en cela, aucune différence entre les Ashkenazim et les Sefardim.

J’espère que tout cela s’arrangera au plus vite, afin que l’on ne vous soupçonne pas d’imposer des coutumes ashkénazes aux Sefardim, d’origine yéménite.

Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée,

Notes

(1) Les après-midi récréatives du Chabbat, pour les enfants. (2) Qui pourraient conduire à l’emploi d’instruments de musique. (3) Qui prônaient le respect scrupuleux des Mitsvot. (4) A la mi-fête de Soukkot. (5) Sur lequel se basent les Sefardim. (6) Sur lequel se basent les Ashkenazim.

Lettre n°3300

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3300, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Chevat 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je ne souhaite pas lier une remarque à un ou à plusieurs noms. Un récit du Tséma’h Tsédek indique qu’il doit en être ainsi. Je ne l’ai pas entendu de mon beau-père, le Rabbi et je ne sais donc pas s’il est exact. Mais, en tout état de cause, son contenu l’est effectivement. Ce récit est le suivant.

Après avoir fait de la morale aux présents, lors d’une réunion ‘hassidique, le Tséma’h Tsédek indiqua qu’il agissait, de la sorte, comme s’il était un chapelier. Celui-ci, en effet, confectionne de nombreux chapeaux, de différentes tailles, sur lesquels le nom du propriétaire n’est pas inscrit. Celui qui vient par la suite en essaye plusieurs et peut donc en trouver un qui soit à sa taille. Dès lors, il le porte et celui-ci lui appartient.

Le Tséma’h Tsédek conclut: “ Et, c’est bien à lui que je faisais allusion ”. Or, il en est de même en l’occurrence.

Lettre n°3301

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3301, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Chevat 5715,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav David(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du jour du nouvel an des arbres(2). Je suis surpris et étonné que chacun m’interroge individuellement sur le fait de s’installer à Kfar ‘Habad(3). Et, certains prennent même la précaution de formuler plusieurs fois leur question.

J’ai dit clairement que, à mon avis, c’est bien là le canal, le réceptacle, le lieu de la bénédiction de Dieu et de la réussite. Mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, invoque la miséricorde divine pour les ‘Hassidim, rescapés du pays où nous nous trouvions auparavant(4), qui sont actuellement en Terre Sainte, à Kfar ‘Habad, dans la partie qui existe déjà comme dans celle qui est en cours de construction.

Chacun et chacune d’entre vous doit donc s’efforcer de s’y installer, de la manière qui convient, sans ruser, sans être, de ce fait, en dette envers les autres. Et, ceux qui, pour l’heure, doivent encore trouver la totalité ou une partie des moyens de leur subsistance dans un autre endroit de la Terre Sainte rechercheront les moyens et même les artifices pour qu’à terme, ils gagnent leur vie dans le Kfar.

On peut vérifier que les sources de revenus se multiplient, au sein du Kfar, grâce aux constructions et aux nouvelles institutions. J’ai bon espoir que celles-ci se développeront. Bien plus, les plus jeunes, parmi les responsables communautaires des ‘Hassidim, en Terre Sainte, doivent également envisager la possibilité de s’installer dans ce Kfar. Bien évidemment, ceci ne concerne pas ceux qui sont liés à d’autres endroits, du fait de leur activité dans le domaine de ‘Habad. Leur présence est nécessaire ailleurs et c’est donc là qu’ils pourront assurer leur propre subsistance.

Très prochainement, ceux qui voudront s’installer au Kfar, à n’en pas douter, seront nombreux. Bien évidemment, ceux qui auront participé à son édification et à son développement seront prioritaires et non ceux qui se seront tenus de côté ou, a fortiori, ceux qui s’y trouvaient, mais ont préféré aller ailleurs, pour des raisons illusoires ou avec des justifications qui n’en sont pas. En fait, il n’y a là que des attaques du mauvais penchant qui, à l’évidence, fait tout ce qui est en son pouvoir pour détourner l’homme du service de Dieu et le troubler. Par ailleurs, le mauvais penchant ne supporte pas non plus que l’on connaisse l’opulence matérielle. Il s’efforce donc de la remettre en cause et de la diminuer.

En conséquence, ceux qui, pour l’heure, ont quitté le Kfar et se sont installés dans d’autres endroits doivent également, à mon avis, trouver les moyens d’y revenir et s’y consacrer à forger les canaux et les réceptacles pour la bénédiction et la réussite, comme je le disais.

Vous voudrez bien diffuser la présente opinion parmi les ‘Hassidim. Il est dit que la Torah prend en pitié les biens matériels des Juifs(5). Il est donc inutile de m’écrire pour me poser des questions dont la réponse est bien évidente.

Puisse Dieu faire que les voiles et les obstacles affrontés par chacun et chacune diminuent également dans ce domaine, jusqu’à disparaître totalement. Vous observerez votre bonheur spirituel et matériel dans l’endroit où vous vous trouvez et vous n’aurez nul besoin d’aller le chercher là où il est inexistant.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav D.Bravman. Voir, à son sujet, la lettre n°3219. (2) Le 15 Chevat. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°3262. (4) La Russie. (5) En l’occurrence, les frais d’envoi de lettres inutiles.

Lettre n°3302

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3302, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Chevat 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous me dites que vous déplorez la méconnaissance, par votre fils, des sciences profanes et que vous ne savez pas comment il gagnera sa vie. En fait, il n’est pas étonnant que vous ne le sachiez pas, car nos Sages disent qu’il en est de même pour tous(1): “ Nul ne sait comment il assurera sa propre subsistance ”. Vous consulterez Iguéret Hakodech, de l’Admour Hazaken, au début du chapitre 22, qui compare cette méconnaissance au fait que l’on ne sache pas quand la royauté de David sera restaurée. Néanmoins, certains se trompent eux-mêmes et se vantent de connaître l’avenir avec précision, la manière dont ils assureront leur subsistance et celle des membres de leur famille.

Concrètement, votre fils a dix huit ans et il serait donc particulièrement judicieux, non seulement pour son bien être moral, mais aussi pour son bien être physique, qu’il ne soit pas dérangé par des pensées relatives à sa carrière. Il étudiera donc la Torah, dans le calme et avec ardeur. A n’en pas douter, Celui Qui subvient aux besoin de tous, a d’ores et déjà prévu un canal et un réceptacle pour lui. Et, qu’importe si, pour l’heure, il ne sait pas ce qu’ils sont?

Bien plus, son père a eu le mérite de recevoir sa propre éducation au sein de la Yechiva Tom’heï Temimim. Il doit donc remercier Dieu et Le louer, puisque, malgré les voiles, les obstacles, les persécutions, Il lui a accordé le succès d’avoir un fils qui se consacre à la Torah et au service de Dieu, qui met en pratique la finalité de la création de l’homme, le service du Créateur.

Vous me parlez ensuite de votre second fils et vous me dites qu’il n’a pas de persévérance, qu’il perd donc beaucoup de temps, bien qu’il possède des capacités. Or, je suis surpris de ne pas voir, dans votre lettre, la mention du fait que cela vous dérange. Puisse Dieu faire que vous cherchiez à améliorer la situation de votre second fils plutôt qu’à modifier le comportement de votre aîné.

Bien évidemment, mon but n’est pas de vous faire de la morale, ce qu’à Dieu ne plaise. Néanmoins, vous m’avez demandé mon avis et il faut bien que je vous décrive la situation telle qu’elle m’apparaît. Mon analyse est donc celle que je viens de vous communiquer.

Comme vous me le demandez, je mentionnerai votre nom, celui de votre épouse et ceux de vos fils, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Sans doute invoquera-t-il la miséricorde divine pour que tous soient en bonne santé, pour que vous et votre épouse conceviez beaucoup de satisfaction ‘hassidique de vos enfants, qui craindront Dieu, seront des ‘Hassidim et des érudits de la Torah.

Avec ma bénédiction pour que vous donniez de bonnes nouvelles de tout cela,

N. B: Vous me demandez comment comprendre ce qui est parfois mentionné dans la ‘Hassidout(2) et semble contredire les lois de la nature(3).

Tous les domaines ne sont pas identiques, de ce point de vue. Dernièrement, il s’avère que les chercheurs n’appartenant pas au peuple juif acceptent également ce qui est dit dans les livres d’Israël, non seulement les ouvrages de la ‘Hassidout, mais aussi ceux de la philosophie juive(4).

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°3275. (2) A propos du fonctionnement de l’univers ou de la personnalité humaine. (3) La pratique ne correspondant pas à cette description. (4) La perception naturelle de ces événements n’est donc pas nécessairement la bonne.

Lettre n°3303

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3303, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Chevat 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 12 Chevat, dans laquelle vous me décrivez, globalement, la situation de votre famille. Vous avez des difficultés à gagner votre vie et vous devez assurer également la satisfaction des besoins des autres membres de la famille. Vous me demandez donc si les portes des cieux sont closes, ce qu’à Dieu ne plaise et pour quelle raison ceux qui n’accomplissent rien connaissent la réussite.

Il est inutile de préciser qu’une telle question, quant à la réussite non seulement de ceux qui n’accomplissent rien, mais aussi des impies, a déjà été posée(1) par Moché, notre maître, comme le rapporte le traité Bera’hot 7a. Plusieurs millénaires se sont écoulés, depuis lors et les enfants d’Israël avancent, sur le chemin de la Torah et des Mitsvot. C’est précisément de cette façon que notre peuple se perpétue, ainsi qu’il est dit: “ Vous êtes attachés à l’Eternel votre Dieu ” et, grâce à cela, “ tous vivants aujourd’hui ”.

Il en est de même pour chacun et pour chacune d’entre nous. Lorsque l’on est confronté à une difficulté, en particulier pour gagner sa vie, on ne doit pas penser qu’il en est ainsi parce que l’on respecte la Torah et les Mitsvot, ce qu’à Dieu ne plaise. Bien au contraire, on doit alors raffermir sa confiance en Dieu, Qui subvient aux besoins de chacun, avec bonté et miséricorde(2). C’est ainsi que l’on fait disparaître ces difficultés, qu’au final, la situation s’améliore.

L’un des moyens d’obtenir un tel résultat est également de multiplier la Torah et les Mitsvot, ainsi qu’il est dit(3): “ Si vous marchez dans Mes Décrets et gardez Mes Mitsvot, Je vous donnerai... ”.

Vous connaissez sans doute la pratique instaurée par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, qui consiste à lire, chaque jour, après la prière du matin, des Psaumes, selon leur répartition mensuelle. Vous l’adopterez donc, au moins à l’avenir et puisse Dieu faire que ceci hâte l’amélioration de votre état.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°3085. (2) Selon le début de la bénédiction après le repas. (3) Au début de la Parchat Be’houkotaï.

Lettre n°3304

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3304, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Chevat 5715,

Brooklyn, New York,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires, au

comportement vertueux et aux multiples accomplissements,

le Rav Nissan(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je me joins à ceux qui vous ont formulé leurs souhaits(2), à l’occasion du trentième anniversaire de votre accession au poste de Rav de la synagogue Bneï Its’hak, de rite Ari Zal.

Puisse Dieu vous conférer la réussite pour que, grâce à vous, cette synagogue soit, à juste titre, qualifiée “ de rite Ari Zal ”. En effet, les enseignements du Ari Zal ont été exposés dans la ‘Hassidout et, tout spécialement, par nos saints maîtres, dont le mérite nous protégera..

Avec mes respects et ma bénédiction de réussite, pour de longs jours et de bonnes années qui, selon l’expression de mon beau-père, le Rabbi, seront bonnes dans tous les sens du terme,

Notes

(1) Le Rav N.Telushkin. Voir, à son sujet, la lettre n°2785. (2) Voir la lettre suivante.

Lettre n°3305

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3305, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Chevat 5715,

Brooklyn, New York,

Aux fidèles, aux membres de la congrégation

Bneï Its’hak, de rite Ari Zal et, à leur tête,

au président et aux responsables,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai appris, avec plaisir, qu’un Melavé Malka particulier aura lieu, à l’issue de ce Chabbat, pour célébrer le trentième anniversaire de la nomination de votre rabbin, le grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, au bon comportement et aux multiples accomplissements, Rav Nissan Telushkin Chlita(1). Je vous adresse mes vœux de réussite pour que cette célébration reçoive le faste qu’il convient, eu égard à l’événement.

Cette célébration est particulièrement importante, car elle fait la preuve que les membres de la communauté savent apprécier le Rav à sa juste valeur, elle est l’expression de l’honneur dû à la Torah et aux Rabbanim. Il faut espérer, et c’est là la bénédiction la plus précieuse, que ce sentiment de respect et d’amour, pour la Torah et pour ceux qui la représentent, pénètre le foyer des membres de la communauté et de ceux qui y prient, qu’il trouve une expression en chaque occasion positive.

Il est une coutume juive de lier ce qui se passe dans la semaine à la Sidra qui est alors lue, conformément au dicton de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, qui a été, maintes fois, rapporté, par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, selon lequel il faut vivre avec la Paracha de la semaine. Et, l’on peut constater que celle-ci, en l’occurrence, celle de Michpatim, présente différentes Mitsvot(2) qui semblent ne pas justifier le don de la Torah, car la logique première de chaque homme normalement constitué établit qu’il convient de les adopter.

Il y a là un enseignement pour toutes les époques et tous les endroits. Les principes les plus évidents, établis par la logique et la rationalité, peuvent influencer l’homme et le protéger du penchant de son cœur, qui “ est mauvais depuis son jeune âge ”, uniquement s’ils sont basés sur le fait que “ nous ferons et (ensuite) nous comprendrons ”, sur le don de la Torah, sur la foi et la soumission à Dieu, Maître de tous les mondes, Qui ordonne de les mettre en pratique et à Qui l’on doit obéissance.

Si l’on fait abstraction de cela, on ne peut nullement s’en remettre à la compréhension et à la justice des hommes. L’expérience a fait la preuve qu’en l’absence de foi et d’éducation religieuse, un homme, bien souvent, s’écarte du droit chemin, va à l’encontre de la justice et parfois même de la raison.

Puisse Dieu faire que votre synagogue profite encore, pendant de longs jours et de bonnes années, des directives de votre grand Rav et guide spirituel, insufflant la foi et l’enseignement de la Torah à ceux qui y prient et aux membres de la communauté, ainsi qu’il est dit: “ Voici les jugements que tu placeras devant eux ”, car ils sont le bien, moral et physique, de même que celui des membres de la famille.

Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) Voir la lettre précédente. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°1662.

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