Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°3246
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3246, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
2 Chevat 5715,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Yossef, qui est appelé docteur Burg(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, en son temps, votre lettre à laquelle était joint votre avis sur les bonds(2) et le risque que cette pratique soit considérée comme un prêt à intérêt(3).
Il est sûrement inutile de souligner à quelqu’un comme vous à quel point la permission qui est énoncée dans cet avis est bancale, d’autant qu’il est possible de la rendre incontestable en y ajoutant simplement les mots “ avec une autorisation commerciale ”(4).
Bien évidemment, je ne vous soupçonne nullement, mais certains Rabbanim veulent adopter les positions les plus indulgentes de Beth Chamaï et également celles de Beth Hillel(5).
Notes
(1) Voir, à son sujet, la lettre n°3159. (2) Les placements financiers qui sont réalisés au profit de l’état d’Israël. (3) Pratique qui est interdite à un Juif. (4) Remplaçant l’intérêt financier par une participation aux bénéfices. (5) Adopter systématiquement l’avis le moins contraignant.
Lettre n°3247
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3247, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
2 Chevat 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 26 Tévet, dans laquelle vous faites état de votre situation professionnelle et de votre passé. Comme vous le savez, la Torah affirme que Dieu a donné à chacun les forces nécessaires pour affronter son mauvais penchant et le vaincre. Il faut uniquement se convaincre qu’il ne peut pas en être autrement. Quand on y parvient, avec l’aide de Dieu et non par ses propres moyens, il est plus aisé de lutter et d’emporter la victoire.
Bien évidemment, l’aide de Dieu est nécessaire en tout domaine et c’est également le cas, en l’occurrence. Pour cela, vous devez donc garder les trois études qui concernent chacun, instaurées par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Celles-ci portent sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya et sont bien connues.
Chaque jour de semaine, vous donnerez quelques pièces à la Tsédaka, avant la prière et Dieu vous viendra en aide pour que vous cessiez d’écouter les incitations de votre mauvais penchant, lequel cherche à vous convaincre, selon votre propre expression, que votre passé est catastrophique, que votre situation actuelle n’est pas fameuse et que vous n’y parviendrez donc pas.
Tout cela n’est que mensonge du “ roi vieux et fou ”, qui ne peut l’emporter, quand il entre en lutte contre un Juif et surtout contre un ‘Hassid.
Une bénédiction de Dieu doit et peut passer par un comportement pacifique. La paix est le réceptacle contenant la bénédiction du Saint béni soit-Il. Vous devez donc vous efforcer, par toutes les manières, de faire régner la paix dans votre foyer. Même s’il vous semble que vous avez raison, même s’il en est effectivement ainsi, vous devez adopter une attitude conciliante et pacifique. Un Juif, et surtout un ‘Hassid, est tenu de se contenir. C’est de cette façon que l’on connaît la réussite dans tous les domaines.
Que Dieu vous bénisse, de même que votre épouse, que sa grossesse se passe bien et qu’elle soit aisée, qu’elle enfante en son temps et facilement.
Avec ma bénédiction et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Lettre n°3248
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3248, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
2 Chevat 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du jour de la Hilloula de l’Admour Hazaken(1). Vous me dites qu’il vous arrive parfois d’être saisi par la peur et qu’il vous semble que vous souffrez du cœur. A mon avis, ces deux sensations sont imaginaires.
Vous ferez donc vérifier vos Tefillin, les Mezouzot de votre maison ou au moins celle de votre chambre. De même vous vérifierez, chaque jour, votre Talith Kattan. Et, vous raffermirez votre confiance en Dieu, Qui accorde à chacun Sa divine Providence, Qui “ est présent devant lui ”(2). Il serait bon que vous appreniez par cœur au moins le début du chapitre 41 du saint Tanya, jusqu’à “ devant le Roi ”, à la page 56b.
Vous gardez sûrement les trois études qui concernent chacun, instaurées par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Celles-ci portent sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya, qui sont bien connues. Et, à n’en pas douter, vous prenez part aux activités des jeunes de l’association ‘Habad et aux réunions ‘hassidiques. Tout cela supprime les difficultés réelles et celles, imaginaires, qui ont été mentionnées plus haut.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Le 24 Tévet. (2) Selon le chapitre 41 du Tanya.
Lettre n°3249
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3249, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Chevat 5715,
Brooklyn,
Aux dirigeants de l’association ‘Habad
en notre Terre Sainte,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 18 Tévet, avec ce qu’elle contenait. Entre temps, vous avez sûrement reçu mon précédent courrier. Vous évoquez l’ordination rabbinique(1) et vous dites que certains sont aptes à la recevoir, mais qu’il est impossible de la leur donner, car cela dépend des partis politiques(2).
Je suis surpris que vous ne sachiez pas qu’il y a, en Terre Sainte, des Rabbanim qui ne sont pas affiliés aux partis Mizra’hi et Hapoel Ha Mizra’hi, en particulier dans les villes de moindre importance. Certes, il s’agit, avant tout, de bâtir des synagogues et des implantations ‘Habad, mais je ne comprends pas quelle est votre position, dans ce domaine. Faut-il, jusqu’à ce que l’on bâtisse un autre Kfar, ne rien faire et se contenter d’espérer qu’il y aura encore un autre Rav ‘Habad ou une autre synagogue ‘Habad ? Il est clair que, si tel est le cas, je n’ai plus rien à dire.
Et, si ce n’est pas le cas, s’il s’agit uniquement de faire une figure de style, là encore, il ne m’appartient pas de répondre. Vous voudrez bien, de temps à autre, consulter le mensuel Kol Torah, qui publie le nom des nouveaux Rabbanim, officiellement nommés. Et, beaucoup d’autres dirigent une communauté sans aucune nomination officielle.
Le jour de la Hilloula, le 10 Chevat, approche et, à cette date, l’âme reçoit une élévation vers un stade encore plus élevé. Cette même possibilité est alors accordée à tous ceux qui sont liés à lui. Bien entendu, le libre arbitre n’est pas retiré pour autant. Il est l’apanage du Juif, dont la source spirituelle est l’Essence divine. Or, c’est uniquement à ce Stade que le choix est réellement libre. Les Juifs ont donc le pouvoir de se servir de ce potentiel ou de ne pas le faire.
Vous connaissez également les propos de celui dont nous célébrons la Hilloula et ce que fut sa vie. Sa devise était : “ Grande est l’action ”. Il la mit lui-même en pratique, investit son ardeur, les forces de son âme, ses actions concrètes, dans la fondation, le renforcement et le développement des institutions.
Depuis plusieurs années, je tente, par tous les moyens, de persuader et de convaincre les ‘Hassidim ‘Habad, en Terre Sainte, d’engager l’action et de la mener de manière conforme, au moins quelque peu, à la volonté de celui dont nous célébrons la Hilloula, auprès de différents milieux et de différentes façons.
Puisse Dieu faire que le mérite de celui dont nous célébrons la Hilloula lui vienne en aide, avant que sa volonté s’accomplisse dans les domaines qu’il souhaita, certains d’entre eux se réalisant précisément en Terre Sainte. De la sorte, ses sources se diffuseront à l’extérieur et les ‘Hassidim auront le dessus, selon la décision bien connue du Tribunal(3), comme le rapportent les résumés et notes sur le Tanya, à leur conclusion, page 122.
Avec mes respects et ma bénédiction,
M. Schneerson,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°3065. (2) Religieux, auxquels il convient d’être affilié pour obtenir un poste de Rav. (3) Céleste.
Lettre n°3250
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3250, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Chevat 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous m’écrivez que quelqu’un vous a exprimé son étonnement en observant que nos saints maîtres souhaitent, le 19 Kislev(1), que l’on soit “ inscrit et scellé pour une bonne année ”(2). Je suis surpris que des érudits de la Torah puissent poser une telle question.
La Michna explique, au début du traité Roch ‘Hachana, qu’il y a quatre Roch Hachana. La Guemara, à la même référence et la Michna, à la fin du huitième chapitre du traité Guittin, disent que l’on compte l’année en fonction de la royauté, y compris de celle d’un monarque non-juif et, a fortiori, de celle d’un roi juif. Chaque année, on célèbre son couronnement.
Or, notre Torah, qui est particulièrement précise, appelle cette célébration Roch Hachana. L’explication précédemment donnée s’applique donc, en la matière et, tout comme la tête inclut en elle tous les membres, il en est de même pour ce jour, qui porte en lui tous les jours qui le suivent, jusqu’à la même date, l’an prochain.
Toute chose est d’abord scellée, puis inscrite, comme le précisent différents textes du Talmud. Ceci permet d’établir, même d’après la partie révélée de la Torah, que le 19 Kislev est bien le Roch Hachana des ‘Hassidim, basant leur comportement sur la ‘Hassidout, qui obtinrent alors la victoire.
Il en est ainsi d’après la partie révélée de la Torah, mais non d’après son contenu profond, exposé dans son enseignement ésotérique. C’est ce que l’Admour Hazaken appelle “ ce qui est révélé pour nous et pour nos enfants ”, selon Iguéret Hakodech, à la fin du chapitre 25, c’est-à-dire de “ croire avec une foi pure ” que nos saints maîtres, dont le mérite nous protégera, lièrent et unifièrent la partie révélée et l’enseignement caché, afin d’en faire une Torah unique, par laquelle ils dirigèrent leur communauté, leurs enfants et leurs petits-enfants.
Il est donc certain que leurs comportements étaient particulièrement précis, aussi bien d’après l’enseignement caché de la Torah que d’après sa partie révélée.
Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit,
Notes
(1) Qui est le Roch Hachana de la ‘Hassidout. (2) Voir, à ce sujet, la fin du Hayom Yom. Voir également la lettre n°3245.
Lettre n°3251
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3251, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Chevat 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à vos lettres, dans lesquelles vous formulez des propositions d’action pour les jeunes de l’association ‘Habad, en particulier et pour tout ce qui concerne ‘Habad, en général. Il est clair que, pour mener une telle action, il faut être motivé. Certes, comme pour tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot, la soumission est nécessaire, dans un premier temps, mais ce n’est là qu’un début, qu’une entrée en matière. Par la suite, le plaisir doit être effectivement ressenti.
Il en est de même pour les propositions formulées dans votre lettre, qui sont judicieuses. Celles-ci doivent être introduites à l’initiative de ceux qui auront à les mettre en pratique. Si c’est le cas, j’ai bon espoir qu’il ne sera même pas nécessaire d’avoir recours à la soumission, conformément à l’affirmation de nos Sages selon laquelle “ un homme préfère une mesure lui appartenant plutôt que neuf mesures, qui seraient à son ami ”.
Je ne sais pas si la présente vous parviendra avant le jour de la Hilloula. Néanmoins, la motivation que l’on suscite en un moment propice doit ensuite se prolonger tout au long de l’année et, à terme, renforcer tous ces accomplissements. Il est certain que vous connaîtrez la réussite.
Comme vous l’écrivez dans votre lettre, vous êtes reconnaissant et vous louez Dieu Qui, selon vos termes, “ a témoigné d’une grande et merveilleuse bonté en nous rapprochant de la ‘Hassidout ”. Vous ferez donc tout ce qui est en votre possible, afin qu’il en soit de même pour ceux que vous côtoyez. En effet, un acte de Tsédaka suppose que l’on fasse preuve de bienveillance envers les autres, d’autant qu’il est dit, à ce propos, que “ Dieu illumine les yeux de l’un et de l’autre ”.
J’ai été particulièrement satisfait d’apprendre que vous récitez des discours ‘hassidiques dans la maison d’étude, même si un obstacle se dresse encore, dans ce domaine. J’ai bon espoir que, grâce à des propos sereins, celui-ci disparaîtra. Au final, un effort n’est jamais vain.
Vous avez sûrement vu une copie de ma lettre, qui était adressée à toutes les femmes et jeunes filles ‘Habad. Sans doute vous en servirez-vous, de la manière qui convient.
Dans l’attente de bonnes nouvelles à propos de tout ce qui vient d’être dit et avec ma bénédiction pour que vous ayez la motivation qui convient, au jour de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera et que vous la conserviez ensuite, tout au long de l’année,
Lettre n°3252
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3252, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Chevat 5715,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
Je fais réponse à votre lettre du 22 Tévet, dans laquelle vous me parlez de votre frère. Ses professeurs ne sont pas satisfaits de son ardeur à l’étude, car il préfère le jeu et néglige, en particulier, les études séculaires.
De façon générale, il est courant que les jeunes préfèrent le jeu à l’étude, même quand ils sont plus grands que votre frère. Il ne faut donc pas s’en affecter, plus que de mesure. Bien évidemment, vous devez chercher à l’attirer, chaleureusement et surtout en le mettant en compétition et en le comparant à ses amis, du même âge, qui ont une plus grande ardeur à l’étude que lui.
Il serait bon également de réduire le temps consacré aux études séculaires, s’il n’est pas possible de le faire disparaître complètement. En effet, peut-être est-ce là le signe qu’il ne les souhaite pas, même si, pour l’heure, il ne comprend pas profondément ce qu’elles représentent. En conséquence, son attirance pour les études sacrées s’en ressent également.
J’espère qu’il est inutile de vous rappeler le grand mérite qui est le vôtre, celui d’exercer une activité liée à une judicieuse éducation aux valeurs juives, qui rapproche les cœurs des enfants d’Israël de leur Père Qui se trouve dans les cieux. Vous comprenez également la responsabilité qui vous incombe. Vous avez donc assurément reçu toutes les forces nécessaires pour mener à bien cette mission. Et, tout ne dépend que de la volonté.
Notre Père, Qui se trouve dans les cieux, dit à chaque Juif: “ Vous êtes des enfants pour l’Eternel votre Dieu ”. Et, il est certain qu’Il vous accordera Sa bénédiction, afin que vous connaissiez la réussite, dans ce domaine et que vous ayez du succès, dans vos préoccupations personnelles, de même que dans celles de votre famille.
Avec ma bénédiction,
Lettre n°3253
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3253, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Chevat 5715,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav ‘Haïm Moché(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 22 Tévet. J’ai été satisfait de son contenu, de ce que vous me dites de la réunion ‘hassidique et surtout du fait que celle-ci a de plus en plus de participants, y compris parmi ceux qui, pour l’heure, se trouvent encore à l’extérieur. Sans doute redoublerez-vous d’ardeur, en la matière. Dieu vous accordera la réussite.
Vous évoquez l’heure de la lecture du Chema Israël. Vous indiquez que l’Admour Hazaken, dans son Sidour, dit que l’on doit compter les heures(2) à partir du lever du soleil(3), mais le Tséma’h Tsédek n’adopte pas cette position.
Je n’ai reçu aucune explication tranchée, à ce sujet. Néanmoins, le Tséma’h Tsédek se contente de s’interroger sur ce que dit l’Admour Hazaken, dans son commentaire de la Michna, traité Bera’hot, chapitre 1, Michna 2. C’est sûrement à ce texte que vous faites allusion. En tout état de cause, cela ne change pas la Hala’ha, qui est clairement tranchée. En effet, quand le Tséma’h Tsédek marque son opposition, il l’exprime, d’ordinaire, d’une manière beaucoup plus claire. Vous consulterez les Pisskeï Dinim, recueils, à la fin du livre, à propos de la nécessité de réciter la bénédiction de Chéhé’héyanou, au matin de Pourim(4). Vous verrez aussi les notes figurant à la conclusion des Pisskeï Dinim, parus aux éditions Kehot.
Vous parlez de vos élèves et vous dites que certains veulent intensifier leur étude de la partie révélée de la Torah, aux dépends de la ‘Hassidout, alors que d’autres émettent le souhait contraire. Il est impossible d’ériger des principes, en la matière, car tout dépend de la nature et de la raison de ce désir. En tout état de cause, il faut rectifier la situation avec bienveillance. Comme vous le savez, en repoussant, on n’obtient que très peu de choses ou peut-être même rien du tout. Il n’en est pas de même lorsque l’élève se trouve encore dans les quatre coudées(5) et que l’on peut encore exercer une influence sur lui.
Sans doute profiterez-vous des jours de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, de la manière qui convient, pour les grands comme pour les petits.
Que Dieu vous accorde la réussite.
Notes
(1) Le Rav H.M. Weber, de la Yechiva Torat Emet, à Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°3135. (2) Dont l’amplitude est variable, en fonction de la longueur du jour. (3) Et, non du jour, c’est-à-dire beaucoup plus tard. (4) Que l’Admour Hazaken ne retient pas et que le Tséma’h Tsédek introduit. (5) De la Yechiva.
Lettre n°3254
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3254, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
7 Chevat 5715,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Chimeon(1),
Je vous salue et vous bénis,
A) J’ai bien reçu votre lettre du 26 Tévet, qui faisait suite à un long silence. Vous évoquez la création de synagogues ‘Habad, en quelques endroits de Jérusalem. Différents détails, en la matière, évoluent d’un moment à l’autre et dépendent des conditions du lieu. Il est donc difficile de prendre une position tranchée, à distance.
En conséquence, je n’énoncerai, en la matière, que des principes généraux. Il est, bien sûr, louable de multiplier le nombre de telles synagogues. En effet, il arrive que les distances empêchent les ‘Hassidim de prier dans des synagogues de rite ‘Habad et, bien entendu, il est alors impossible d’attirer ceux qui, pour l’heure, ne sont pas des ‘Hassidim.
A l’opposé, il ne s’agit pas de mettre en concurrence une synagogue ‘Habad et une autre. Certes, il est dit que “ la compétition entre les érudits favorise la sagesse ”. Cela ne veut pas dire que deux synagogues doivent lutter, pour s’arracher ceux qui viennent y prier.
De même, une synagogue doit se trouver dans un lieu et avoir une organisation qui ne repousse pas ceux qui s’y rendent, mais, bien au contraire, les attirent. L’état des murs importe donc et si, en créant une telle synagogue(2) dans un certain quartier, on cesse de chercher un endroit convenable, il est bon de retarder sa création, pendant quelques temps. Ainsi, un peu plus tard, on pourra trouver un endroit mieux adapté.
Il faut également savoir, même si cela devrait être une évidence, qu’il ne convient pas d’adopter une position rigoriste et que l’on doit, bien au contraire, attirer les personnes qui, pour l’heure, n’appartiennent pas à ‘Habad. Bien plus, il est important que celles-ci soit nombreuses, d’autant qu’elles n’ont pas leur mot à dire sur le comportement dans la synagogue et la maison d’étude.
Il est tout aussi évident que, dans une telle synagogue, on doit instituer la lecture des Tehilim et l’étude de la ‘Hassidout, dans un premier temps pour les débutants, si une part importante des présents entre dans cette catégorie. Il faut, en effet, prendre en compte la situation majoritaire. Ceci concerne la quantité et la qualité de l’étude, mais non le principe de son existence.
B) Concernant votre voyage ici, vous recherchez quelqu’un qui pourrait vous prêter les fonds nécessaires. Je n’en vois pas bien l’utilité. A l’opposé, votre travail actuel s’en trouvera diminué ou au moins affaibli(3). Il y a là l’intérêt de tous contre celui d’une seule personne, car on peut largement diffuser l’enseignement de ‘Habad, ses pratiques et ses voies, en notre Terre Sainte. Peu nombreux sont ceux qui sont actifs, en la matière, qui possèdent les capacités nécessaires, bien plus, qui se sont déjà engagés en ce sens et l’ont même fait honorablement.
A n’en pas douter, si vous venez ici pendant quelques temps, un manque se fera ressentir dans ce qui est accompli et les préparatifs de votre voyage auront également le même effet.
Par ailleurs, l’accord de votre épouse est également nécessaire. Or, même si elle l’accorde, elle le fera contre son gré, au moins pour partie. Il en serait de même s’il n’y avait pas une question financière, mais combien plus est-ce le cas, alors que vous ne vous trouvez pas dans l’opulence matérielle. Car, le coût du voyage, aller et retour, représente plusieurs centaines de livres. De plus, il est possible de répondre par écrit à la majeure partie des questions que vous vous posez. Investissez-vous(4) donc dans la diffusion des sources et tout ira pour le mieux. Il est inutile d’en dire plus, tant cela est évident.
Chaque jour, chaque instant est précieux, à l’approche de la période “ pendant laquelle on dira ”(5), selon le traité Chabbat 151b, le commentaire de Rachi à la même référence et le Rambam, fin des lois de la Techouva et fin des lois des rois. Ce sujet ne sera pas développé ici.
Vous consacrerez à ce qui vient d’être dit le temps que vous ne passez pas à prier, à enseigner la Torah et à faire ce qui est nécessaire pour la maison. Et, vous vous réjouirez de la bonne part que Dieu vous a confiée.
Vous faites état de certaines coutumes, à propos desquelles vous avez un doute. Celles de ‘Hanoukka sont exposées dans le fascicule Barou’h Chéassa Nissim, qui en indique également les références. En la matière, je ne vois pas sur quelle base on pourrait faire une différence entre Erets Israël et le reste du monde.
Vous évoquez la coutume de dire le Bare’hou tous les matins, après la prière(6) et vous faites sûrement allusion à ce que dit le Tour et Choul’han Arou’h, au chapitre 133. La position de l’Admour Hazaken, en la matière, peut être établie par le fait que cette mention ne figure pas dans le Sidour, alors que ce second Bare’hou est effectivement récité, le vendredi soir. De plus, dans la maison du Rabbi, il n’a jamais été question de le dire.
Vous consulterez également le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, chapitre 69, paragraphe 4, le Ketsot Ha Choul’han, tome 1, chapitre 24, paragraphe 10, le Kéter Chem Tov du Rav Chem Tov Gagin, au paragraphe 243. Le Ketsot Ha Choul’han dit que telle est la coutume d’Erets Israël, mais, comme je le disais, l’Admour Hazaken ne le cite pas dans son Sidour et il semble donc qu’il ne le retient pas. En effet, le second Bare’hou du vendredi soir est également basé sur la Kabbala, comme le dit le Chaar Ha Collel et il figure bien, dans le Sidour. Celui de chaque jour, par contre, n’est pas mentionné.
Cette coutume, par ailleurs, n’est pas liée à la sainteté de la Terre Sainte. En effet, le Chaareï Techouva, au chapitre 286, rapporte qu’à son époque, elle était respectée en Terre Sainte et en Egypte. Néanmoins, il faut savoir, comme le dit l’Admour Hazaken, à la référence précédemment citée, que l’on ne doit pas aller jusqu’à la controverse, en la matière.
Vous évoquez l’entrée et la sortie du Chabbat. Vous soulignez que ce jour doit durer trente six heures(7). Vous précisez même que ceci est “ bien connu et évident ”. J’ai entendu que ce devait être le cas pour Yom Kippour et cela est reproduit dans le Hayom Yom, mais non pour le Chabbat, d’autant que le Sidour, rédigé par l’Admour Hazaken de nombreuses années après le Choul’han Arou’h, ne parle pas de vingt six heures, lorsqu’il définit l’entrée du Chabbat. Et, selon lui, on peut même adopter un position plus conciliante à propos des vingt six heures de Yom Kippour, en comptant une partie d’une heure pour une heure entière. Il suffit donc que la journée dure un peu plus de vingt cinq heures.
Vous profiterez sûrement de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, de la manière qui convient. Dieu permettra que vous annonciez de bonnes nouvelles, sur ce point et sur tous les autres.
Avec ma bénédiction de réussite,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav C.Jacobovitch. Voir, à son sujet, la lettre n°3023. (2) Aux murs peu attirants. (3) Du fait de ce voyage. (4) Textuellement “ Jetez-vous ”. (5) Celle de la délivrance, pendant laquelle on se dira que l’on n’a pas pleinement tiré profit de la situation actuelle. (6) Voir, à ce sujet, la lettre n°3098. (7) Voir Likouteï Dibbourim, tome 3, page 534a.
Lettre n°3255
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3255, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Chevat 5715,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
aux multiples accomplissements, le Rav Chmouel Abba(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du 5 Chevat, qui faisait suite à votre silence. J’ai également reçu la demande de bénédiction qu’elle contenait et j’en donnerai lecture, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. J’ai pris connaissance avec plaisir de ce que vous me dites de la réunion ‘hassidique, au jour lumineux du 19 Kislev et surtout des bonnes résolutions, concrètement applicables, qui ont été
prises pour toute l’année et que vous avez d’ores et déjà commencé à mettre en pratique.
Vous parlez de la création d’écoles dans votre ville. En fait, il faut d’abord savoir si vous allez ainsi de la droite vers la gauche ou de la gauche vers la droite. En effet, si, en l’absence de cette création, les enfants ne reçoivent aucune éducation juive, tout ce qui fait avancer la situation est salutaire(2). En revanche, si le contraire est vrai et si le fait de ne pas fonder l’école permet d’intensifier l’étude de la Torah, il est bien clair qu’il ne convient pas de l’affaiblir ou de la diminuer.
Vous écrivez que l’étude a été, jusqu’à maintenant, très satisfaisante et l’évolution que vous craignez découle du fait que le pouvoir a changé de mains. Il est donc pratiquement certain que, lorsque vous ferez plus ample connaissance avec les représentants des forces d’occupation américaines, vous pourrez maintenir le système éducatif sans changement. Bien plus, leur(3) désir est actuellement de renforcer toute activité religieuse, car ils ont pu vérifier que c’est là le seul bouclier, le seul rempart contre les rouges, qu’ils craignent.
Si les Rabbanim présentent leurs arguments fermement et en soulignant, comme on peut le vérifier concrètement, que tout le temps consacré aux études religieuses ne sera jamais suffisant, qu’il est donc impensable d’abandonner le programme en vigueur jusqu’à maintenant, les autorités seront persuadées et elles signifieront leur accord.
Dieu fasse que vos propos émanent du cœur. Ainsi, ils seront efficaces et rapprocheront le cœur des fils et filles d’Israël de notre Père Qui se trouve dans les cieux, afin qu’ils obtiennent le bien, matériel et spirituel à la fois.
Vous organiserez sûrement une réunion ‘hassidique, au jour de la Hilloula, le 10 Chevat, qui approche. Je vous remercie de m’annoncer de bonnes nouvelles, dans tous ces domaines.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav C.A. Snieg, de Munich. Voir, à son sujet, la lettre n°2800. (2) Textuellement “ une petite délivrance est bien une délivrance ”. (3) Celui des américains.
Lettre n°3256
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3256, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Chevat 5715,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav ‘Haïm Hillel(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu vos lettres
des 3 et 5 Chevat, avec les demandes de bénédiction et les listes qui y étaient jointes. Sans en faire le vœu, j’en donnerai lecture près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.
Il est sans doute inutile de rappeler aux ‘Hassidim transmettant de telles demandes de bénédiction qu’ils doivent, pour leur part, rappeler, à ceux qui les leur remettent, l’explication donnée par mon beau-père, le Rabbi, dont nous célébrons la Hilloula, à propos de l’expression “ pluies de bénédiction ”(2).
La bénédiction est, en effet, comparable à la pluie, qui n’apporte une réussite considérable que dans la mesure où l’on laboure et l’on sème. Vous trouverez sûrement les termes pour expliquer tout cela. Et, Dieu vous accordera la réussite.
On a sans doute expliqué aux élèves des Talmud Torah qui est celui dont on célèbre la Hilloula, ce que fut sa vie et quelques unes de ses actions, selon ce qu’ils peuvent en comprendre. Si on ne l’a pas fait, il faudra s’y employer maintenant, pendant les jours proches de la Hilloula.
Puisse Dieu faire que ces propos exercent leur effet sur ceux qui les prononcent et sur ceux qui écoutent.
Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée, en bonne santé, physique et morale,
Notes
(1) Le Rav H.H. Azimov, de Paris. Voir, à son propos, la lettre n°2676. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°2290.
Lettre n°3257
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3257, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Chevat 5715,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Yochoua Chnéor Zalman(1),
Je vous salue et vous bénis,
Il est sans doute inutile de vous rappeler qu’en plus de ce qui sera publié dans les journaux, si possible dans la langue usuelle, vous devez profiter, de la manière qui convient et avec l’effet d’annonce nécessaire, du jour de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël, dont le mérite nous protégera. J’attends, en la matière, de bonne nouvelles, que vous me détaillerez.
Je vous adresse ma bénédiction pour que le mérite de celui dont nous célébrons la Hilloula protège chacun des ‘Hassidim, éparpillés dans le monde entier, afin que tous mènent à bien la mission qui leur est confiée ici-bas, en bonne santé, dans l’opulence matérielle et avec largesse d’esprit.
Dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Je viens de recevoir votre lettre du 27 Tévet. Concernant l’école, la journée doit commencer, dans toutes les classes, par les études sacrées(2), comme le disent nos Sages, à propos du verset “ Du début de vos pâtes…(3) ”.
Il faut également s’efforcer, dans toute la mesure du possible que le temps consacré aux études sacrées ne soit pas inférieur à celui des études séculaires. Il serait même préférable…(4).
Notes
(1) Le Rav Y.C. Z. Serebrianski, de Melbourne, en Australie. Voir, à son sujet, la lettre n°3093. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°1365. (3) “ Vous effectuerez un prélèvement pour Dieu ”. (4) Qu’il lui soit supérieur.
Lettre n°3258
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3258, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
9 Chevat 5715,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
le Rav David Meïr(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai été satisfait de recevoir votre lettre du 4 Chevat, dans laquelle vous m’annoncez une bonne nouvelle, la fin de l’étude du Talmud. Comme le veut la coutume juive, vous en recommencerez sûrement aussitôt l’étude. Il est dit, en effet, que “ la Torah et le Saint béni soit-Il ne font qu’un ”. En conséquence, la Torah est elle-même infinie. En outre, sa fin est liée à son début et son début, à sa fin.
On peut comprendre cette coutume d’après l’affirmation selon laquelle “ la Torah de Dieu est intègre ”. Le Baal Chem Tov souligne que l’homme ne peut envisager le commencement de cette intégrité, qu’elle est entière, comme le dit le Maor Enaïm sur le traité Avot, au paragraphe “ Extrêmement ”, que vous consulterez. C’est pour cela qu’après la conclusion, on recommence, depuis le début.
En effet, celui qui parvient à la conclusion de l’étude comprend encore plus clairement qu’il doit recommencer, au début. Selon la formule bien connue, “ le sommet de la connaissance est de comprendre que nous ne pouvons Te comprendre ”. Vous consulterez, à ce sujet, le Chneï Lou’hot Haberit, traité Chevouot, page 191b, qui fait allusion à la Torah. Plus l’on accumule l’étude et la connaissance, plus l’on “ comprend que l’on ne peut pas Te comprendre ”.
C’est également là une des allusions que l’on trouve à la fin du Talmud : “ Il a été enseigné dans la maison d’étude d’Elyahou que celui qui étudie les Hala’hot…(2) ”. Il s’agit bien ici de Hala’hot, qui sont qualifiées de couronnes. Vous consulterez Iguéret Hakodech de l’Admour Hazaken, au chapitre 29. Or, la couronne surplombe la tête et il en est de même pour la Torah, bien qu’il soit dit que : “ Ta Torah se trouve dans mes entrailles ”, qu’elle s’introduit profondément et se confond à la chair et au sang, comme le dit le chapitre 5 du Tanya. Pour autant, la Torah est cachée aux yeux de toutes les créatures et elle n’est plaisir que pour Dieu.
Néanmoins, les âmes juives sont des “ parcelles de Divinité ” que l’Admour Hazaken qualifie de “ véritables ”. Elles peuvent donc étudier la Torah, faire usage de ce potentiel, car les enfants d’Israël révèlent, tout d’abord, le fait que leur âme est bien une partie de Dieu. Pour cela, elles lisent le Chema, “ Ecoute Israël, l’Eternel est notre Dieu ”, notre force et notre vitalité.
Le don de votre gendre et de son épouse, votre fille, a été transmise à la caisse des 354 jours(3). Que Dieu vous accorde la réussite et le succès, de même qu’à votre épouse, afin que vous conceviez d’eux et de tous vos enfants beaucoup de satisfaction véritable, c’est-à-dire de satisfaction ‘hassidique.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav D.M. Shulman. Voir, à son sujet, la lettre n°2838. (2) Chaque jour est assuré d’avoir part au monde futur. (3) Celle de la Tsédaka de l’année. Voir, à ce sujet, la lettre n°3073.
Lettre n°3259
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3259, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
9 Chevat 5715,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
Le Rav Israël Zussman(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 3 Chevat, dans laquelle vous me dites que vous avez des études fixées de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout. Or, la nouvelle vous est parvenue(2) de la nécessité d’étudier la ‘Hassidout liée à la Paracha de la semaine, dans le Torah Or et le Likouteï Torah. Vous me demandez donc si vous devez interrompre l’une des études précédemment citées pour introduire celle qui portera sur la Paracha de la semaine.
J’ai déjà donné mon avis, sur cette question. Mon but est d’ajouter et non de supprimer, ce qu’à Dieu ne plaise. Il en est de même pour votre question. Certes, cet enseignement est basé sur un dicton de l’Admour Hazaken selon lequel “ il faut vivre avec le temps ”. Mais, à mon sens, une étude du sens simple suffit pour cela(3), si l’on ne peut faire plus. Vous trouverez donc un autre moment pour étudier au moins quelques extraits de la ‘Hassidout sur la Paracha de la semaine.
Dans la causerie, il a été dit que celui qui a une activité professionnelle doit étudier l’ensemble de la Paracha de la semaine. Mais, bien entendu, cela ne s’applique pas aux cours publics.
Vous évoquez la coutume selon laquelle celui qui commémore l’anniversaire d’un décès organise un Melavé Malka, au cours duquel on étudie les causeries. Bien que je n’aie pas connaissance d’une telle pratique, je vous félicite de rassembler plusieurs Juifs, en une réunion ‘hassidique, au cours de laquelle on prononce des paroles de la Torah. C’est, en outre, le repas de David, le roi oint et différentes lettres de mon beau-père, le Rabbi, parlent de la réunion ‘hassidique qui a lieu au cours du Melavé Malka. Vous en conserverez donc la motivation pour tout le reste de la semaine.
On trouve une affirmation proche de celle-ci dans les écrits du Ari Zal, selon lesquels une âme reçoit l’élévation, au jour anniversaire de son décès. Lorsque celui-ci est dans la semaine et qu’elle reçoit l’élévation pendant le Chabbat précédant, elle ne la quitte plus, par la suite, comme le disent le Chaar Ha Mitsvot, à la Parchat Vaye’hi et d’autres textes encore.
Que Dieu vous accorde le mérite de diffuser les sources à l’extérieur, qui commence dès le premier point se trouvant hors de cette source et non pas au point le plus bas, ce qu’à Dieu ne plaise. De fait, les notes du Tséma’h Tsédek sur les Tehilim disent que les Attributs de l’émotion sont d’ores et déjà extérieurs(4).
Vous ferez tout cela en bonne santé, physique et morale.
Avec ma bénédiction et mes salutations,
Notes
(1) Le Rav I.Z. Dvurts. (2) Conformément à ce qui a été annoncé par le Rabbi, lors de la réunion ‘hassidique du Chabbat qui bénit le mois de Tévet. (3) Pour mettre en pratique ce verset. (4) Par rapport à l’intellect, qui est un processus interne.
Lettre n°3260
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3260, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
9 Chevat 5715,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Chnéor Zalman Halévi(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre question concernant tous les Kadichs suivant celui de Titkabel(2). Faut-il les dire ou non, lorsque aucun de ceux qui sont présents dans la synagogue n’a l’obligation de le faire(3) ?
Je vous ai déjà communiqué mon avis, sur le sujet. Il faut dire ces Kadichs. J’en expliquerai ici la raison, n’ayant pas reçu d’enseignement, à ce sujet. Et, une notion préalable sera introduite.
Concernant les Kadichs, on peut considérer qu’il est préférable de les réciter ou bien, au contraire, qu’il est préférable de ne pas les dire. En effet,
A) on sait qu’il ne faut pas multiplier les Kadichs, que l’on doit s’en tenir à ceux qui sont institués par les premiers Sages, comme le dit le Chaar Ha Collel, chapitre 11, paragraphe 29, au nom du Knesset Ha Guedola et des responsa Dvar Chmouel.
B) ces Kadichs récités après le Cantique du jour, Kavé et surtout Alénou, ne sont qu’une coutume, selon le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, chapitre 55 et ses références.
C) il est également nécessaire de ne pas gêner la communauté(4). Pendant les jours ouvrés, il y a, en outre, le devoir de ne pas négliger le travail, comme l’expliquent les traités Bera’hot 31a, à propos de la prière publique de Rabbi Akiva et Meguila 22b.
Même si l’on fait abstraction de tout cela, il faut se demander s’il est nécessaire de dire le Kadich, quand on n’est pas tenu de le faire, du fait du deuil ou bien de la fin d’une étude aggadique.
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On peut donner à ce propos l’explication suivante.
A) Le Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm, chapitre 132, paragraphe 2 dit, dans une note, qu’en l’absence d’orphelins, on récite les Kadichs pour tous les morts, en général. Néanmoins, celui qui le fera n’aura plus ses parents ou bien ceux-ci lui auront signifié qu’ils ne s’en formalisent pas. C’est également ce que dit le Ramah, dans le Choul’han Arou’h Yoré Déa, chapitre 376, paragraphe 4.
B) Lorsque la partie révélée de la Torah ne prend pas position, on adopte celle de la Kabbala, conformément au Chaareï Techouva Ora’h ‘Haïm, chapitre 25, paragraphe 14. Le Peri Ets ‘Haïm, porte des Kadichs et d’autres textes, le Chaar Ha Kavanot, le Sidour du Ari Zal, expliquent que la récitation d’un Kadich permet le passage d’un monde à un autre. C’est pour cela qu’on les dit entre Tefila Le David et Kavé, entre Kavé et Alénou. Vous consulterez ces textes.
Vous consulterez également le Likouteï Torah Masseï, à la page 92b, la causerie du 12 Tamouz 5707(5), aux paragraphes 14 à 18, de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Certes, la raison qui vient d’être invoquée ne s’applique pas au Kadich suivant Alénou, comme le fait remarquer le Peri Ets ‘Haïm, mais ce texte mentionne une autre raison, s’appliquant également lorsque personne, dans la synagogue, n’a une obligation(6). C’est ainsi que le Ramah dit : “ pour tous les morts, en général ”.
C) Par ailleurs, la récitation du Kadich a bien un contenu intrinsèque, comme l’expliquent le Réchit ‘Ho’hma, Chaar Ha Kedoucha, chapitre 17, paragraphe “ en particulier ” et l’introduction du Ets ‘Haïm, au paragraphe “ Fais le bien ”.
Tel est le sens du mot Tsaddik(7), Juste, qui fait allusion à quatre vingt dix Amen, quatre Kedoucha, dix Kadichs et cent bénédictions, comme le disent les derniers Sages et le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, Ora’h ‘Haïm, début du chapitre 55.
De fait, ce dernier dit d’abord qu’il y a, dans la prière, au moins sept Kadichs et il conclut qu’en fonction de ce qui vient d’être dit, il serait bon qu’un homme réponde Amen à dix Kadichs, chaque jour. Il est difficile de considérer qu’il exige ainsi de chacun qu’il participe à plusieurs offices successifs, afin de parvenir au nombre de Kadichs requis. Il faut en conclure qu’on inclut également les Kadichs qui ne sont qu’une coutume ou bien qui suivent une étude aggadique.
D) On ne peut parler, en pareil cas, de Kadich inutile, puisqu’une coutume juive est partie intégrante de la Torah. Or, celui-ci est bien récité pour une certaine raison.
E) La gêne causée à la communauté et le manque qui en résulte, pour l’activité professionnelle n’ont pas d’incidence, en la matière, car s’il y avait, dans la synagogue, des personnes tenues de dire le Kadich, elles le feraient effectivement. Ceci entre donc dans l’ordre normal de la prière et il faut l’accepter comme tel.
F)
Aucune objection ne peut être soulevée sur la base de la lettre de mon beau-père, le Rabbi, qui figure dans le fascicule n°68(8), soulignant l’importance du Kadich des Sages, qui est récité après la Boraïta de Rabbi Ichmaël(9), alors qu’il ne formule pas la même affirmation pour les Kadichs suivant le Cantique du jour.
En effet, on peut expliquer simplement que ce Kadich avait été supprimé, dans la synagogue à laquelle cette lettre était adressée, comme cela est dit. Les autres Kadichs, en revanche, étaient effectivement récités.
G) Concernant le Kadich qui suit la lecture des Tehilim(10), mon beau-père, le Rabbi, apporte la précision suivante. Si quelqu’un qui est tenu de dire le Kadich est présent, on le fera après chaque livre. Si ce n’est pas le cas, on dira une seule fois ce Kadich, après la lecture de tous les Tehilim, comme le précise le Sidour Torah Or, édition de 5701(11).
Mais, cela n’est nullement comparable à ce qui fait l’objet de notre propos. En effet, dire le Kadich après chaque livre est un fait nouveau. Ainsi, notre coutume est de dire une seule fois le Kadich après le Cantique du jour, Bore’hi Nafchi(12) et Ledavid Hachem Ori(13), précisément pour ne pas multiplier ces Kadichs. C’est ce que dit le Chaar Ha Collel, chapitre 11, paragraphe 29.
Ce fait nouveau peut donc s’appliquer uniquement lorsqu’une personne présente a l’obligation de le dire.
Note: Conformément à notre coutume, précédemment citée, il me semble que, si l’on dit le Kadich après chaque livre, on doit lire, au préalable, le Yehi Ratson concluant ce livre. Celui qui dit le Kadich, au moins, le fera, afin d’apporter une conclusion à la lecture des Tehilim, justifiant ainsi que le Kadich soit ensuite récité. Par la suite, la lecture d’un autre livre est bien, en quelque sorte, une étape nouvelle, comme c’est le cas de la bénédiction après le repas, lorsque celui-ci est coupé en deux, selon l’explication du Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, chapitre 291, fin du paragraphe 3.
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Il résulte de tout ce qui vient d’être dit qu’à mon avis, il faut réciter tous les Kadichs qui figurent dans notre coutume, c’est-à-dire après le Cantique du jour, Kavé et Alénou, même si aucun des présents, dans la synagogue, n’est tenu de le faire. Bien plus, il en sera de même pour le Kadich suivant les Tehilim(14), qu’il a été institué de dire chaque jour après Cha’harit. Le Levouch explique, en effet, au chapitre 132, qu’il faut toujours dire un Kadich après avoir lu des versets.
Avec ma bénédiction,
M. Schneerson,
N. B. : On peut s’interroger sur l’affirmation du Peri Ets ‘Haïm, précédemment citée, selon laquelle le Kadich est le moyen de faire la transition entre les mondes. Pourquoi les Kadichs précédant le Cantique du jour sont-ils obligatoires, alors que les suivants ne le sont pas?
On trouve la réponse à cette question dans le Peri Ets ‘Haïm, porte de la lecture de la Torah, chapitre 3 et dans d’autres textes. Jusqu’à la Amida, la prière se répartit entre les quatre mondes spirituels d’Atsilout, de Brya, de Yetsira et d’Assya.
Chacun de ces mondes se trouve alors à sa place et c’est par l’intermédiaire du Kadich que l’on s’élève d’Assya vers Yetsira et ainsi de suite.
Après Ouva Letsyon, par contre, et jusqu’à Alénou, tous ces mondes se trouvent dans celui d’Atsilout, bien qu’ils y restent différents l’un de l’autre. Dès lors, le Kadich est moins nécessaire, sans être totalement exclu. En conséquence, il n’est plus une obligation, mais devient une coutume juive. Ce point ne sera pas développé ici.
Je viens de trouver dans les responsa Zi’hron Yehouda, Ora’h ‘Haïm, chapitre 73, que l’auteur du Ktav Sofer avait l’habitude de dire lui-même les Kadichs suivant Alénou et le Cantique du jour, lorsque aucun des présents n’avait l’obligation de le faire. Il est précisé qu’il avait vraisemblablement adopté, en la matière, le comportement de son père, le ‘Hatam Sofer. Vous consulterez également le Sdeï ‘Hémed, dans la partie “ recueil de lois ”, à l’article “ deuil ”, paragraphe 163.
Notes
(1) Le Rav C.Z. Duchman. Voir, à son sujet, la lettre n°2285. (2) Qui est dit après la prière de Ouva Letsyon. (3) N’étant pas en deuil. (4) En lui imposant une trop longue prière. (5) 1947, du précédent Rabbi. (6) De dire le Kadich. (7) Qui s’écrit Tsaddik, Dalet, Youd et Kouf, lettres dont les valeurs numériques sont quatre vingt dix, quatre, dix et cent. (8) Il s’agit du fascicule n°64, figurant dans le Séfer Hamaamarim 5709, page 98. Voir aussi les Iguerot Kodech du précédent Rabbi, lettre n°739. (9) Avant Hodou. (10) Avant la prière du matin, pendant le Chabbat qui précède le nouveau mois. (11) 1941. (12) Le Psaume qui lui est ajouté à Roch ‘Hodech. (13) Le Psaume qui lui est ajouté pendant le mois d’Elloul. (14) Selon leur répartition mensuelle, après la prière du matin.
Lettre n°3261
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3261, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[10 Chevat 5715(1)]
Durant le jour de la Hilloula, en particulier, on raffermira sa foi en Dieu, en Moché Son serviteur et en celui qui assume son rôle et dont nous célébrons la Hilloula.
Celui-ci suscite des bénédictions et la réussite, matérielle et spirituelle, pour son troupeau, afin qu’il soit protégé par l’Oeil attentif qui ne dort pas, comme le tranchent nos maîtres, l’Admour Hazaken, l’Admour Haémtsahi et le Tséma’h Tsédek(2).
Il n’est pas judicieux de déménager du fait de ce qui s’est passé. C’est précisément en cet endroit que Dieu accordera la bénédiction, la miséricorde et l’héritage sans limite(2).
Avec ma bénédiction et en participant à votre réunion ‘hassidique,
Notes
(1) Le Rabbi adressa ce télégramme à Kfar ‘Habad, à l’occasion du 10 Chevat, pour faire suite à l’attentat terroriste qui avait coûté la vie à un jeune homme. Voir la lettre n°3161. (2) Voir la lettre suivante.
Lettre n°3262
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3262, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Jour de la Hilloula de
mon beau-père, le Rabbi,
dixième jour du onzième
mois, celui de Chevat 5715,
Brooklyn, New York,
Aux résidents de Kfar ‘Habad, à ceux qui s’y installent
et à ceux qui le feront, avec tous les leurs, en notre
Terre Sainte, vers laquelle “ toujours sont tournés les yeux
de Dieu, du début de l’année à la fin de l’année ”,
puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, très bientôt et
de nos jours, par notre juste Machia’h,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue largement et vous bénis largement,
J’ai été peiné d’apprendre que certains d’entre vous sont découragés, après ce terrible événement(1) et que la décision de s’installer et de se lier à Kfar ‘Habad, en notre Terre Sainte, s’en trouve affaiblie.
Nous assumerons donc la mission confiée par les Sages en reproduisant ici les écrits de nos saints maîtres, chef d’Israël, que voici:
1. L’Admour Hazaken, auteur du Tanya et Décisionnaire de la partie cachée de la Torah, auteur du Choul’han Arou’h et Décisionnaire de la partie révélée de la Torah dit(2):
“ J’ai entendu des hommes d’une haute élévation expliquer qu’après un incendie, on s’enrichit. En effet, les Attributs célestes de la Sainteté se succèdent de la manière suivante, la bonté, la rigueur, puis la miséricorde.
Ainsi, après la rigueur que constitue l’incendie, se dévoile, la miséricorde, beaucoup plus forte que la bonté, qui est la première étape. Cette miséricorde est l’attribut de notre père Yaakov, héritage sans limite, qui rejoint les extrêmes ”.
2. L’Admour Haémtsahi dit(3):
“ Je voudrais consoler votre cœur après que la Main de Dieu se soit abattue. Ne vous découragez pas! Il est certain que Dieu éveillera pour vous Sa grande bonté et Sa pitié, qu’Il vous accordera une abondante bénédiction après ce qui s’est passé.
Vous savez qu’en chaque manifestation de sévérité se trouve une bonté cachée. Et “ tout ce que Dieu fait est pour le bien ”, car “ aucun mal ne vient du ciel ”. En conséquence, “ on loue Dieu pour le mal...(4) ”. C’est précisément après la rigueur que l’amour qu’elle contient se révèle dans toute sa force, comme un père qui punit son fils, chaque souffrance qu’il lui impose étant, en fait, une marque d’amour.
Or, tout de suite après avoir puni son fils, le père révèle la dimension profonde de son amour et lui accorde tous ses bienfaits. Mon père m’a expliqué que les malédictions énoncées dans les remontrances(5) seront transformées en bénédictions, grâce au bien intense qu’elles contiennent et qu’elles ne révèlent qu’après avoir fait disparaître leur apparence sévère.
Tel est le sens du verset “ Je transformerai leur deuil en allégresse ”. Il est bien ici question de deuil, comme celui du 9 Av, lors de la destruction. Ce jour deviendra donc allégresse, révélation de lumière, immense bonté, comme le premier jour de Pessa’h(6), qui révéla l’essence de cette bonté. Les écrits sacrés expliquent tout cela longuement.
En conséquence, je formule la proposition suivante. Certains résidents de votre ville pensent la quitter et je n’en suis pas satisfait. A mon sens, c’est précisément là que vous recevrez la bénédiction, pour la raison qui vient d’être exposée.
J’ai confié à mon ami, porteur de ce courrier, que, de ce fait, mon père m’a dit qu’il ne voulait pas quitter Lyadi, après l’incendie de sa maison, comme on le sait. Que Dieu nous console, après que Sa colère se soit apaisée, qu’Il élève notre sort pour l’éternité.
Tels sont les propos de votre ami sincère, qui attend le salut que Dieu vous accordera très prochainement, Douber, fils du Rabbi ”.
3. Le Tséma’h Tsédek dit(7):
“ J’ai bien reçu votre lettre et j’avais, d’ores et déjà, eu connaissance de ce qui s’est passé. Je voudrais vous consoler en reproduisant ce que mon grand-père a écrit à un ‘Hassid qui avait subi un incendie, le Rav Yossef de Zouravitch. Je le cite:
‘J’ai entendu des hommes d’une haute élévation expliquer qu’après un incendie, on s’enrichit. En effet, les Attributs célestes de la Sainteté se succèdent de la manière suivante, la bonté, la rigueur, puis la miséricorde.
Ainsi, après la rigueur que constitue l’incendie, se dévoile, la miséricorde, beaucoup plus forte que la bonté, qui est la première étape. Cette miséricorde est l’attribut de notre père Yaakov, héritage sans limite qui rejoint les extrêmes .’
Dans cette lettre, il demande à cet homme de reprendre courage et de reconstruire sa maison, à la même place. Il me semble que ses propos s’appliquent également à votre cas. Vous devez vous renforcer et rebâtir vos maisons, au même endroit.
Comme vous le savez, le mérite de la communauté est plus grand que celui de l’individu. Il permet d’invoquer la miséricorde, de vous renforcer, d’élever votre sort. Ressaisissez-vous donc. Que l’un vienne en aide à l’autre et Dieu donnera la force d’accomplir des merveilles. Il vous accordera tout le bien, en tout ce que vous ferez.
De celui qui vous aime et recherche votre bien, Mena’hem Mendel ”.
Les paroles des Justes sont immuables et ils exercent encore leur effet.
Que Dieu bénisse chacun et chacune d’entre vous, au sein de tout le peuple d’Israël, pour que s’accomplisse pleinement, ce qui est dit dans ces saints écrits, en un bien visible et tangible, très prochainement.
Avec ma bénédiction, dans l’attente et le désir de vos bonnes nouvelles,
N. B. : La première lettre se trouve dans le Séfer Hamitsvot(8) du Tséma’h Tsédek, à la page 228, la seconde, dans le Sidour Méa Chéarim, à la fin de la page 28 et la troisième, à la même référence, à la page 36.
Notes
(1) L’assassinat du jeune Israël Aryé Dabroskin. Voir, à ce sujet, les lettres n°3161, 3298 et 3301. (2) Voir Iguerot Kodech de l’Admour Hazaken, lettre n°92 (3) Voir Iguerot Kodech de l’Admour Haémtsahi, lettre n°40. (4) Comme on le fait pour le bien. (5) De la Torah, à la Parchat Be’houkotaï et Ki Tavo. (6) Qui est le même jour de la semaine que le 9 Av. (7) Voir Iguerot Kodech du Tséma’h Tsédek, lettre n°20. (8) Le Dére’h Mitsvoté’ha.
Lettre n°3263
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3263, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Chevat 5715,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
le Rav Morde’haï Hacohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre qui n’était pas datée. Vous me dites que vous avez souligné, à la synagogue, la nécessité de fixer un temps pour l’étude de la Torah et qu’une première initiative a été prise en ce sens, avec l’étude des lois qui sont nécessaires(2). Non seulement vous continuerez en ce sens, mais, bien plus, vous intensifierez votre action, conformément à l’Injonction de nos Sages selon laquelle “ on connaît l’élévation dans le domaine de la Sainteté ”. Puisse Dieu faire que vous connaissiez la réussite.
J’ai été particulièrement satisfait d’apprendre qu’une étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout est instituée, cinq fois par semaine, en plus de celle qui porte sur les lois nécessaires. Avoir mis tout cela en pratique est, pour vous, un grand mérite, dont la valeur est inestimable.
Vous connaissez le commentaire qu’a, maintes fois, fait mon beau-père, le Rabbi, dont nous célébrons la Hilloula, à propos de la Michna: “ Deux personnes saisissent un vêtement ”(3). Celui-ci figure dans le Kountrass Limoud Torat Ha ‘Hassidout.
Vous vous efforcerez d’augmenter le nombre des participants à ce cours et Dieu vous accordera la réussite.
Sans doute une réunion ‘hassidique a-t-elle eu lieu, au jour de la Hilloula. Puisse Dieu faire que la motivation qu’elle a apportée se poursuive, tout au long de l’année.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav M.Dubiniski. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°3048. (3) Au début du traité Baba Metsya. Voir, à ce propos, la lettre n°3109.
Lettre n°3264
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3264, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Chevat 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai enfin reçu votre lettre du 31/1, qui faisait suite à un long silence. Sans doute a-t-on diffusé, parmi les ‘Hassidim et les élèves de la Yechiva, ce que mon beau-père, le Rabbi, a dit de la “ peine des ‘Hassidim ”(1). Il fait remarquer, en effet, que certains écrivent(2) uniquement lorsque survient la douleur et la peine, ce qu’à Dieu ne plaise. Je suis surpris de constater que vous souhaitez, vous aussi, appartenir à cette catégorie.
On a voulu que vous fassiez savoir qu’un cours de Torah avait été instauré. Or, il n’a malheureusement été possible de l’obtenir qu’au prix d’un événement douloureux. Vous avez donc écrit, pour me faire part de cet événement et c’est à cette occasion que vous me parlez des cours.
Il aurait été bien mieux pour tous que les ‘Hassidim prennent l’habitude d’écrire également pour des événements joyeux. Ainsi, l’habitude en serait devenue une seconde nature et, tout naturellement, on aurait senti une évolution, en la matière. On aurait vu les joies se multiplier. Vous consulterez également, à ce sujet, le Zohar, tome 2, page 184b, au paragraphe “ Viens voir ”.
Puisse Dieu faire que vous soyez un bon émissaire pour instaurer cet usage judicieux, non seulement pour vous-même, mais aussi pour tout votre entourage.
Je suis satisfait de ce que vous me dites, à propos des cours. Sans doute, les participants s’efforcent-ils d’y faire venir d’autres personnes. Il est sans doute inutile de vous dire que vous devez, de temps en temps, évoquer et commenter ce qui tourne autour de la ‘Hassidout, de ses pratiques et de ses usages.
Que Dieu vous accorde le succès, avec vos élèves et avec ceux qui reçoivent votre enseignement.
Vous m’interrogez sur la dîme que vous prélevez et sans doute est-ce, en fait, d’un peu plus de ce montant qu’il s’agit, car nos Sages disent que l’on n’établit pas un compte précis, à propos de la Tsédaka. Vous pouvez effectivement prélever, sur cette dîme, la participation aux collectes(3) du 10 Chevat, de Pourim, du 12 Tamouz.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
M. Schneerson,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°713. (2) Au Rabbi. (3) Pendant la réunion ‘hassidique du Rabbi.
Lettre n°3265
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3265, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Chevat 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous évoquez votre voyage ici, pour quelques semaines. Je n’en vois pas l’utilité. Néanmoins, vous me dites que vous pouvez prendre en charge la majeure partie de ce que cela coûtera et, dès lors, pourquoi pas(1).
Néanmoins, ce voyage n’aura pas lieu avant Pessa’h, afin de célébrer cette fête ici. La coutume juive veut, en effet, qu’on le fasse en famille. Ce voyage n’était pas nécessaire jusqu’ici et il pourra donc avantageusement être retardé de quelques semaines.
Vous avez acheté une maison et vous pensez vous y installer bientôt. Sans doute y placerez-vous, tout d’abord, un ‘Houmach, un Tehilim et un Tanya(2). Puisse Dieu faire que cela soit en un moment bon et fructueux. En changeant d’endroit, vous changerez de Mazal, pour le bien et pour la bénédiction. Et, Dieu réjouira bientôt votre cœur en vous accordant un enfant.
J’ai bien reçu votre demande de bénédiction.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Textuellement: “ D’où déduire qu’il en est ainsi ”. (2) Voir, à ce sujet, les lettres n°1686 et 3374.
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