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Iguerot Kodesh — lettres 3006 à 3025

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°3006

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3006, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Mar’hechvan 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre, par l’intermédiaire du Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, aux multiples accomplissements, le Rav Nissan Nemanov(1).

Vous évoquez vos mauvaises pensées. Le meilleur moyen, pour les éviter, est de se garder de prononcer des paroles inutiles et d’étudier ou de prier avec un livre. Bien évidemment, il faut respecter les principes de l’immersion rituelle selon Ezra(2).

En plus de tout cela, il serait bon que vous méditiez à la nécessité d’aimer son prochain. Ceci vous permettra d’écarter la tristesse. Vous avez sûrement étudié profondément le chapitre 32 du Tanya, de même que la Mitsva de l’amour du prochain, dans le Séfer Hamitsvot(3) du Tséma’h Tsédek.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Directeur de la Yechiva Loubavitch de Brunoy, dans la région parisienne. (2) Soit après chaque relation conjugale ou, plus couramment, chaque jour. (3) Le Dére’h Mitsvoté’ha.

Lettre n°3007

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3007, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Mar’hechvan 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre expresse, que j’ai reçue aujourd’hui, de même qu’à la précédente. L’une et l’autre suscitent ma surprise:

A) Vous ne me donnez que peu d’informations concernant votre état de santé, alors qu’auparavant vous m’adressiez un télégramme chaque jour. Comme vous le savez, la voie médiane(1) doit être préférée et il faut s’écarter des deux extrêmes à la fois, si ce n’est dans des cas exceptionnels, comme le Rambam l’explique, dans ses lois des opinions.

B) Vos lettres sont rédigées en termes menaçants et effrayants. Pourquoi le cerveau ne domine-t-il pas le cœur(2)? Pourquoi n’évitez-vous pas, à tout le moins, que le cœur domine le cerveau, c’est-à-dire qu’il s’effraye lui-même? Ainsi, vous n’éprouvez pas la joie, qui est, d’après notre maître, le Baal Chem Tov, une nécessité.

J’ai déjà écrit à un ‘Hassid(3) pour lui dire qu’il faut conjuguer deux décisions de notre Torah, Torah de vie, celle qui demande de servir Dieu dans la joie et celle qui précise que ce service est “ en toutes tes voies ”. La joie est donc nécessaire à tout moment. Et, ceci peut être lié à la définition que donne le Baal Chem Tov de la divine Providence, comme elle est exposée dans la ‘Hassidout. Il précise, en effet, que chaque action contribue à la réalisation du Dessein divin.

Il est donc également possible de servir Dieu, lorsque l’on observe l’état de santé de quelqu’un, ou bien quand on écrit, à ce sujet. Et, comme le dit la ‘Hassidout, “ cela n’est pas inaccessible et éloigné(4) ”. Bien au contraire, “ la chose est très proche de toi ”(5).

Puisse Dieu faire qu’à l’avenir, vous m’annonciez uniquement des nouvelles réjouissantes, non seulement pour les raisons invoquées ci-dessus, mais aussi parce que vous-même, avec votre mélancolie, reconnaîtrez qu’il convient d’être joyeux.

Nos Sages disent que “ celui qui prie pour son ami...(6) ”. Dieu fasse que vous alliez mieux et qu’il en soit de même pour votre épouse. Vous me donnerez de bonnes nouvelles également à ce sujet.

Avec ma bénédiction,

M. Schneerson,

Notes

(1) N’écrire ni trop, ni trop peu. (2) La raison ne l’emporte pas sur l’émotion. (3) Voir, par exemple, la lettre n°2935. (4) Chacun peut y parvenir. (5) Comme l’indique la page de garde du Tanya. (6) Est d’abord exaucé pour lui-même.

Lettre n°3008

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3008, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Mar’hechvan 5715,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

se consacre aux besoins communautaires,

multiplie les accomplissements positifs,

le Rav Moché Pin’has Hacohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre, m’annonçant une bonne nouvelle et une bénédiction. Vous me dites, en effet, que votre fils Zeev Yé’hezkel se consacre, désormais, uniquement aux études sacrées, tout au long de la journée. Vous avez participé à la constitution de la classe au sein de laquelle il étudie et, de la sorte, vous avez contribué au mérite du plus grand nombre. Nos Sages disent qu’en pareil cas, le mérite de toutes ces personnes dépend de vous.

Vous consulterez le chapitre 20 d’Igueret Hakodech, de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et Décisionnaire de la partie cachée de la Torah, auteur du Choul’han Arou’h et Décisionnaire de la partie révélée de la Torah, selon lequel le sacrifice(2) n’était pas, par lui-même, aussi important que le formidable empressement dont Avraham fit preuve, pour le réaliser, montrant sa joie et son désir de mettre en pratique la Volonté du Créateur, de Lui procurer du plaisir. Vous consulterez ce texte.

Il est certain que Dieu tiendra Sa promesse, exprimée dans notre Torah, Torah de vie, selon laquelle un tel comportement protège et sauve, apporte ses fruits également dans ce monde, comme l’explique Igueret Hakodech, précédemment cité.

Bien plus, tout ceci se renouvelle en permanence puisque, chaque jour, votre fils se consacrera aux études sacrées pendant les heures qui auraient dûes être réservées aux études séculaires. Et, cette répétition quotidienne apportera une bénédiction accrue, à la mesure du nombre de ces actions(3).

Que Dieu vous aide l’un et l’autre, le père et la mère, afin que le souhait de votre coeur(4) soit exaucé et que vous puissiez donner de bonnes nouvelles, toujours et tous les jours.

Avec ma bénédiction,

M. Schneerson,

N. B. : Bien évidemment, vous pouvez montrer cette lettre ou faire part de son contenu à tous ceux qui ont d’ores et déjà fait comme vous(5) et, a fortiori, à ceux qui n’ont pas encore choisi le bien véritable et n’ont donc pas encore révélé tout cela.

Il est certain qu’un effort(6) n’est jamais vain, surtout si vous prononcez des paroles émanant de votre cœur et qui sauront pénétrer dans le cœur.

Dieu fasse que vous soyez un bon émissaire, en ce domaine particulièrement important.

Notes

(1) Le Rav M.P. Kats. Voir, à son sujet, les lettres n°20 et 3109. (2) d’Its’hak. (3) Qui se répètent chaque jour. (4) Celui d’avoir d’autres enfants. (5) Ont inscrit leur enfant dans cette classe se consacrant aux études sacrées. (6) Pour les convaincre.

Lettre n°3009

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3009, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Mar’hechvan 5715,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Tsvi(1),

Je vous salue et vous bénis,

Après un long silence, j’ai été satisfait de recevoir votre lettre, écrite à l’issue du Chabbat. Vous me dites comment ont été organisés le Talmud Torah et ses différentes classes.

Je suis particulièrement content de l’esprit de compétition que vous y avez institué, entre les élèves. A n’en pas douter, celui-ci apportera ses fruits et éveillera en eux les forces profondes que chaque Juif possède. Ils pourront donc en faire usage et orienter leur vie personnelle, en fonction de cela.

En conséquence, votre proposition d’organiser, pour eux, une prière publique est très judicieuse. De la sorte, on pourra en répartir les responsabilités entre les élèves et vous savez à quel point les jeunes sont attirés, aux Etats Unis, par tout ce qui se fait en équipe(2), ce qui implique la nomination d’un chef, d’un capitaine.

De même, votre programme d’étude pour adultes, que vous avez appelé “ fenêtres vers le Judaïsme ”, fait bonne impression. Vous avez sûrement vu les articles à propos de la prière, dont des extraits figurent dans les Conversations avec les jeunes(3), bien que ce périodique soit destiné aux jeunes. Néanmoins, la synthèse et la base de ces textes sont exactes et vous serviront sûrement pour vos conférences.

Comme je vous l’ai écrit auparavant, le point suivant ne peut pas toujours être mis en évidence, mais il doit, cependant, rester systématiquement l’objectif recherché, au besoin de manière cachée. Chaque rencontre, chaque conférence doit insuffler aux participants de l’ardeur, une connaissance des Mitsvot que l’on applique concrètement, au quotidien et qui, au final, sont bien la mission confiée à l’homme.

La ‘Hassidout souligne toujours que l’idée la plus élevée doit recevoir une application concrète, affectant l’action. Combien plus est-ce le cas, en l’occurrence. Il est sûrement inutile d’en dire plus, tant cela est évident. Le cas échéant, il faut trouver une formulation diplomatique, afin que la finalité de chacune de vos interventions publiques n’apparaisse pas trop clairement.

Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit,

Notes

(1) Le Rav T.Shusterman. Voir, à son propos, la lettre n°938. (2) Le Rabbi note, en anglais: “ team ”. (3) Le Rabbi note, en anglais: talks and tales ”.

Lettre n°3010

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3010, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Mar’hechvan 5715,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Chlomo(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous dites, dans votre lettre du 18 Tichri, que l’on s’efforce de susciter, chez les jeunes gens, une opposition à Loubavitch.

L’un des remèdes à cela est le suivant. Ces jeunes gens doivent rester plus longtemps à la Yechiva Loubavitch de Paris(2) et ceux qui s’y rendent doivent être plus nombreux. Il se trouve, de toute façon, que beaucoup veulent quitter le Maroc. Il est donc plus aisé de les convaincre qu’ils passent quelques temps, dans cette Yechiva.

Concernant votre voyage ici, nous attendons vos instructions pour savoir quels sont les documents qu’il faut vous adresser, d’ici, afin que vous puissiez présenter votre demande(3). A ce propos, vous écrirez directement au secrétariat.

Avec ma bénédiction de bonne santé et de réussite en tout ce qui vient d’être dit, pour vous-même et tous les membres de votre famille,

Notes

(1) Le Rav C.Matusof, de Casablanca. Voir, à son sujet, les lettres n°2640, 3083, 3123, 3165, 3355 et 3375. (2) De Brunoy, dans la région parisienne. (3) De visa pour rendre visite au Rabbi.

Lettre n°3011

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3011, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Mar’hechvan 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Notre Torah, et la ‘Hassidout en particulier, explique(1) que chaque Juif possède une Mitsva et un domaine qui lui sont spécifiques et pour lesquels il convient d’être “ particulièrement scrupuleux ”, selon l’expression de la Guemara. Vous consulterez, à ce sujet, Iguéret Kodech, de l’Admour Hazaken, au chapitre 7.

Cette Mitsva et ce domaine sont donc le “ portique ”, par lequel reçoivent l’élévation tous les accomplissements de l’homme, liés à la Torah et aux Mitsvot. C’est par lui que se dévoilent également toutes les bénédictions, pour lui-même et pour tous les membres de sa famille.

Cette Mitsva et ce domaine ne sont pas nécessairement ce que l’on peut définir comme les Préceptes les plus fondamentaux, comme le dit la Guemara, qui cite, comme exemple d’une Mitsva qu’un homme doit respecter plus scrupuleusement, celle des Tsitsit, qui n’est pourtant pas une obligation pour chacun(2). Vous consulterez ce passage de la Guemara.

Dans Igueret Hakodech, l’Admour Hazaken explique que l’attribution d’une Mitsva à chacun n’est pas faite sur la base de la logique. Celle-ci transcende la raison et dépend uniquement de la décision de Dieu, de sorte qu’elle est comparable, ici-bas, à un tirage au sort.

Comment déterminer le domaine spécifique à une certaine personne ? De façon générale, il faut observer de quelle manière la divine Providence agit envers elle, lui fixe un domaine d’activité, lui confie telle Mitsva ou tel accomplissement. C’est la preuve qu’il s’agit bien du “ portique ”, par lequel elle obtient l’élévation et le dévoilement, comme nous l’avons vu.

Bien évidemment, les forces du mal et, plus précisément, le mauvais penchant savent et ressentent que l’homme doit plus spécifiquement respecter telle Mitsva, qui garantit tous ses accomplissements, dans le domaine de la Torah et des Mitsvot, de même que sa réussite dans la vie, y compris au sens matériel. Néanmoins, le mauvais penchant s’y oppose et c’est pour cette raison que nos Sages le définissent comme un accusateur. Il attaquera donc l’homme essentiellement en ce domaine et sur cette Mitsva. Pour cela, il sera prêt à le laisser accomplir les autres Mitsvot de la meilleure façon, pourvu que son combat contre cet accomplissement

précis soit couronné de succès.

S’il s’agit d’un homme qui craint Dieu, il est clair que le mauvais penchant ne peut pas se révéler à lui tel qu’il est. Si c’était le cas, il ne l’écouterait pas et n’entrerait même pas en contact avec lui. Néanmoins, le mauvais penchant n’éprouve aucune crainte et il avance sur le chemin qui est tracé devant lui.

Comme le dit le Rabbi(3), père de mon beau-père, le Rabbi, le mauvais penchant prend parfois l’apparence d’un “ Juste intègre et humble, ayant un bon comportement ”. Ces mots sont reproduits dans le Hayom Yom, à la date du 23 Sivan 5703.

Mais, Dieu a étendu Sa sainte main et Il a permis la diffusion de la ‘Hassidout, qui révèle les stratagèmes du mauvais penchant, en la matière, afin que l’homme en comprenne l’origine et sache où cela le conduit, qu’il s’en préserve encore plus que du mal avéré.

Comme le souligne le commentaire des élèves de Rabbi Its’hak, au début du premier chapitre du traité Bera’hot, un sacrifice de ‘Hatat(4) coûte un Danka(5) et celui d’Acham Talouï(6), deux Sela(7). En effet, celui qui offre le ‘Hatat est certain d’avoir commis une faute. Il se repent donc de tout son cœur et, de ce fait, un sacrifice d’un Danka est suffisant. Il n’en est pas de même pour celui qui apporte un Acham Talouï. Même s’il regrette ce qu’il a fait, le mauvais penchant parvient à l’apaiser en lui affirmant que la graisse qu’il a mangée était permise et non interdite(8), qu’il n’y a donc pas lieu d’en être préoccupé. En pareil cas, le sacrifice offert doit être beaucoup plus important.

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°2990. (2) D’après la Torah, elle est obligatoire uniquement à partir du moment où l’on porte un vêtement à quatre coins. (3) Rachab. Voir, à ce sujet, les lettres n°2887, 3200 et 3295. (4) Apporté par celui qui a commis une faute par inadvertance. (5) Une petite pièce, sixième d’un Dinar. (6) Apporté par celui qui, n’étant pas certain d’avoir commis une faute, se trouve dans le doute. (7) Une pièce de grande valeur. (8) Dans le cas de celui qui avait deux sortes de graisses posées devant lui, l’une interdite, l’autre permise et qui a consommé l’une d’entre elles, mais ne sait pas laquelle.

Lettre n°3012

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3012, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Mar’hechvan 1575,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Morde’haï(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre, qui n’était pas datée et j’y ai appris, avec satisfaction, que vous commencez à apporter une participation énergique à la Yechiva Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch de Melbourne. J’espère que ce sérieux effort, dans un domaine où il est judicieux, vous apportera les bénédictions de Dieu et la réussite.

A tout époque et en tout lieu, il a été nécessaire de disposer d’un centre de Torah, pénétré de crainte de Dieu. Combien plus est-ce le cas, en la période actuelle, dans un endroit où la communauté juive commence à se développer. Il faut donc investir les plus grandes forces, en la matière, graver en son esprit et en son cœur l’enseignement de nos Sages selon lequel “ celui qui sauve une âme juive est considéré comme s’il avait préservé le monde entier ”.

Auparavant, le ‘Héder ou la Yechiva étaient, pour un enfant, le moyen de ne pas être un ignorant, d’avoir accès à la connaissance et même, dans de très nombreux cas, de devenir un érudit de la Torah. A l’heure actuelle, s’ajoute, en outre, la nécessité de sauver cet enfant, de le maintenir au sein du Judaïsme. Pour cela, on ne peut pas s’en remettre à son entourage et il faut créer des institutions, un ‘Héder, une Yechiva, garantissant sa pratique juive. Il est sans doute inutile d’en dire plus.

Vous me demandez de quelle manière le comité financier, qui a été constitué pour soutenir et développer la Yechiva, doit orienter son action. Cela dépend, en fait, du caractère et des capacités de chacun de ses membres. Il est donc difficile d’exprimer un avis ayant une portée suffisamment générale.

Pour autant, il est nécessaire de préserver la Yechiva de toute coloration politique et de toute affiliation. En effet, l’étude de la Torah n’est liée à aucune politique et à aucun parti. Ce principe a été à l’origine de la réussite des institutions Loubavitch, qui ont toujours refusé l’affiliation à un parti.

Si l’on médite à tout cela, si l’on se dit que la Torah fut donnée, en une seule fois, à tous les six cent mille enfants d’Israël, qui, du plus grand au plus humble, entendirent tous les Commandements(2), “ Je suis l’Eternel ton Dieu ”, “ Souviens-toi du jour du Chabbat ”, “ Ne convoite pas ”, on peut comprendre que la Torah s’adresse véritablement à chacun en particulier.

Ainsi, le Précepte “ Je suis l’Eternel ton Dieu ” conduit nécessairement à mettre en pratique “ Souviens-toi du jour du Chabbat ” et même “ Ne convoite pas ”. De même, on ne peut pas respecter l’Injonction “ Ne convoite pas ” tant que l’on n’a pas accepté que “ Je suis l’Eternel ton Dieu ” ou bien si l’on ne respecte pas de toutes ses forces “ Souviens-toi du jour du Chabbat ”.

Il ne faut faire intervenir, en la matière, aucun autre élément qui pourrait, parfois, susciter la frayeur, qu’il émane d’une politique ou d’un parti. En effet, on perdrait, en le faisant, la possibilité de se lier à la Torah de vie et à ses Mitsvot.

Vous avez sûrement conservé le souvenir de notre discussion et je pense qu’il est inutile de vous rappeler et de vous demander d’agir, en tous ces domaines, au profit de la Yechiva Ohaleï Yossef Its’hak, dans toute la mesure de vos moyens. Vous ferez le meilleur usage de votre influence, dans ce but.

Conformément à l’affirmation de nos Sages selon laquelle “ on conseille l’empressement uniquement à ceux qui possèdent naturellement cette qualité ”, je tenais à vous rappeler tout cela encore une fois, afin que votre action puisse se développer.

Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit, de même qu’en vos préoccupations personnelles, dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav M.Ritch, de Melbourne, Australie. (2) Qui font partie des dix Commandements.

Lettre n°3013

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3013, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Mar’hechvan 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec plaisir votre lettre du 7 ‘Hechvan. Je suis également satisfait de constater que vous vous plaignez d’être sollicité par plusieurs écoles. Puisse Dieu faire que tous les Juifs aient une telle insatisfaction, qu’ils soient contactés par plusieurs institutions dispensant une éducation basée sur les valeurs sacrées et leur proposant un travail lié à la Tsédaka, en général et à une bonne éducation, en particulier.

Il est certain qu’il faut respecter les prescriptions du médecin conseillant la prudence. Tel est l’enseignement de notre sainte Torah, qui dit: “ Vous préserverez bien vos âmes ”. Mais, dans la même Torah où Il émet cette Injonction, Dieu souligne également la nécessité de la Tsédaka et de la bonté. Il est donc certain que ces valeurs sont compatibles, qu’elles ne s’excluent pas et que, bien au contraire, le plaisir que l’on éprouve en faisant une bonne action renforce et raffermit la santé d’un Juif, y compris au sens physique.

Il en est de même pour ce qui vous concerne. Si vous ne criez pas, on écoutera ce que vous dites. Alors, vous trouverez le temps d’agir également pour les institutions et dans les domaines basés sur la Sainteté. De plus, comme je vous l’ai dit, à de nombreuses reprises, lors de nos discussions, vous devez être joyeux, car il est dit, précisément: “ Servez Dieu dans la joie ”. C’est ce que Dieu attend de tous, en général et de chacun, en particulier. Il accorde donc les forces nécessaires pour mettre en pratique Ses Injonctions.

J’ai bien reçu l’engagement(1) que vous nous avez adressé, pour faire suite aux discussions que nous avons eues ici, comme vous l’aviez promis, sans en faire le vœu. J’en ai fait mention, avec satisfaction, joie et plaisir, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. J’espère qu’à réception de la présente, vous aurez déjà obtenu un reçu de la part du bureau central des Yechivot Loubavitch, avec la lettre d’accompagnement qui convient.

Puisse Dieu faire qu’à l’avenir, les souhaits de votre coeur soient exaucés positivement. En effet, aussi bonne que puisse être la situation d’un Juif, celui-ci a les moyens de l’améliorer. Que Dieu vous vienne donc en aide, en la matière.

Vous connaissez le récit(2) de mon beau-père, le Rabbi, qu’il rapporta à propos de son père, le Rabbi(3), dont le mérite nous protégera. A l’occasion de son anniversaire, alors qu’il avait quatre ou cinq ans, celui-ci entra chez son grand-père, le Tséma’h Tsédek, afin de recevoir sa bénédiction. Son anniversaire est le 20 Mar’hechvan et, cette année-là, cette date correspondait à la Parchat Vayéra.

Pénétrant chez son grand-père, le Rabbi se mit à pleurer. Le Tséma’h Tsédek lui en demanda la raison et il répondit qu’il venait d’apprendre, au ‘Héder, que Dieu s’était révélé à notre père Avraham. Or, il souhaitait également Le voir, mais Dieu ne se révélait pas à lui. Le Tséma’h Tsédek lui répondit que, lorsqu’un Juif âgé de quatre vingt dix neuf ans apprend qu’il doit se faire circoncire, qu’il ne peut atteindre l’intégrité tant qu’il ne l’a pas fait, il mérite que Dieu se révèle à lui.

Les paroles des Justes délivrent un enseignement, même si elles sont adressées à une personne bien précise et même quand cette personne est un enfant de quatre ou cinq ans. Ce récit est parvenu jusqu’à nous et il rapporte les propos d’un Juste. Il délivre donc un enseignement et une leçon de morale à de nombreux Juifs, y compris ceux qui vivent à une autre époque et dans un autre lieu. Vous devez comprendre ce que je veux dire.

Que Dieu permette à chacun d’entre nous de progresser, de toute sa volonté, pour ce qui concerne la Torah et les Mitsvot. Qu’Il nous accorde les forces nécessaires pour cela. Ainsi, nous aurons conscience qu’il reste toujours un manque, qu’il faut encore mettre en pratique l’Injonction “ Sois intègre ” et placer sa confiance en Dieu. Rien ne résiste à la volonté et, quand on le désire sincèrement, on reçoit l’aide de Dieu.

Avec ma bénédiction pour intensifier votre pratique des Mitsvot et vos études fixées de la Torah, pour de longs jours et de bonnes années,

Notes

(1) Pour un don à la Tsédaka. (2) Voir le Hayom Yom, à la date du 9 Mar’hechvan, le Likouteï Si’hot, tome 5, page 86 et la lettre n°1239. (3) Rachab.

Lettre n°3014

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3014, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Mar’hechvan 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 28 Tichri. Vous évoquez tout d’abord, comme il convient de le faire, l’impression que vous ont fait le mois d’Elloul, les jours redoutables et la fête de Soukkot. Puis, vous interrompez aussitôt votre propos, sans préciser ce qu’ont été vos bonnes décisions et vos actions positives. Comme vous le savez, nos saints maîtres demandent à tous les ‘Hassidim et aux élèves de la Yechiva d’avoir une action profonde et de ne pas se contenter de ce qui est superficiel.

Bien plus, vous ne citez pas même, dans votre lettre, ce qui a été accompli superficiellement. Or, comme le dit le Tséma’h Tsédek(1), “ un processus se poursuit de la manière dont il a été engagé ”. Dès le début de l’année ou, en tout état de cause, quand commencent à s’appliquer les termes du verset “ et Yaakov avança sur son chemin ”(2), en tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot, on dit lier la bonne décision à une réalisation, à une action concrète. De la sorte, il y a effectivement un bon début, pour toute l’année. Il n’en est pas de même lorsque tout cela demeure dans le monde de la pensée. Car, ce monde de la parole est identique à celui de la pensée.

Bien évidemment, mon but n’est pas de vous faire de la morale et peu importe même que vous m’écriviez, pour me détailler ces actions. Il faut simplement que celles-ci aient effectivement lieu. Mais, quand on écrit à quelqu’un, à ce sujet, a fortiori quand on s’adresse à quelqu’un qui se trouve géographiquement proche, on se sent lié, d’une certaine manière et l’on doit alors tenir son engagement, au quotidien. Il est assurément inutile d’en dire plus.

Vous évoquez le problème de votre fille, qui ne veut pas entendre parler de se fiancer. Il est, bien entendu, hors de question de la menacer ou de lui parler durement. Tout d’abord, telle n’est pas la voie de la Torah, de laquelle il est dit que “ tous ses chemins sont paix ”. De plus, on peut observer que l’on obtient ainsi beaucoup moins que par une parole douce et une marque de proximité.

Pour la question spécifique que vous posez, vous devez lui formuler des propositions précises. Il est même préférable qu’elle ne sache pas que la proposition émane de vous. Il y a sûrement un moyen de le faire. Alors, elle changera d’attitude. En effet, il y a tout lieu de penser que son refus est uniquement une façade, car elle est découragée de ne pas encore être fiancée. Bien évidemment, il faut s’efforcer qu’elle continue à habiter chez vous, jusqu’à son mariage, en un moment bon et fructueux.

Par ailleurs, s’agissant du voyage de votre fille, j’ai été effrayé de constater qu’elle envisage d’emprunter un bateau, dont le propriétaire, celui qui en reçoit le bénéfice, est juif. Le capitaine et les marins le sont également. A mon avis, il n’y a aucun moyen de permettre un tel voyage. Le doute est uniquement pour déterminer si l’interdiction est prononcée par nos Sages ou bien si elle est issue de la Torah, du fait des travaux(3) effectués à bord, qui sont publics et constituent donc une profanation du Nom de Dieu. Vous consulterez, à ce sujet, les responsa ‘Hatam Sofer, ‘Hochen Michpat, au chapitre 198. Je suis surpris que ceux qui en portent la responsabilité ne disent rien, à ce propos.

Concernant les documents(4) dont elle a besoin, vous êtes sûrement en contact, à ce propos, avec le Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°2984. (2) Quand s’achèvent les fêtes et que recommence le quotidien. (3) Qui sont des transgressions du Chabbat. (4) Officiels, nécessaires pour ce voyage.

Lettre n°3015

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3015, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Mar’hechvan 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 6 ‘Hechvan. Il est bien clair que je ne portais aucune accusation, ni contre vous, ni contre votre fille. J’ai uniquement exprimé verbalement ma douleur sur une telle forme d’éducation. En effet, comment, à un âge aussi jeune, penser à une carrière, plus encore modifier son mode de vie et les méthodes pédagogiques des ‘Hassidim en fonction des valeurs imposées par le monde?

Nos Sages disent(1) que trois fois constituent un fait établi. Or, j’observe cette attitude chez votre fille et chez vos deux fils. J’en déduis que “ le père est à l’origine du comportement des enfants ”(2).

Bien entendu, mon but n’est pas de me plaindre du passé, car cela est inutile. Je souhaite uniquement améliorer la situation, pour l’avenir, afin que l’on cesse de considérer que la perfection de l’homme est acquise uniquement quand il a une idée concrète et précise de la manière dont il gagnera sa vie. De fait, ceci va à l’encontre de l’affirmation de nos Sages(3) selon laquelle “ l’homme ne sait pas d’où il tirera sa subsistance ”. Et, l’Admour Hazaken

compare cette situation au fait que l’on ne sait pas quand viendra le Machia’h. Vous consulterez Iguéret Hakodech, au chapitre 22, dans lequel l’Admour Hazaken dit que “ ces deux domaines sont comparables ”. Ceci contredit également le verset(4) selon lequel “ le pain n’est pas pour les sages(5) ”, c’est-à-dire pour ceux qui se servent de leur sagesse afin de gagner leur vie.

Certes, la Torah dit que “ l’Eternel ton Dieu te bénira en tout ce que tu feras ”. Il est donc nécessaire de faire, de forger un réceptacle, mais il a été expliqué qu’il n’y a là aucune contradiction. Vous consulterez le Séfer Ha Mitsvot du Tséma’h Tsédek, à la page 106 et le Likouteï Torah, Ki Tétsé, commentant le verset “ Elle se rasera la tête et se laissera pousser les ongles ”.

Il faut que vos fils ressentent, au moins à l’avenir, que la finalité, ici-bas, dépend de l’Essence de Dieu, Qui n’a pas de limite et pas de fin. Or, Il donne l’assurance que “ si vous marchez dans Mes Décrets ”, alors seulement, “ Je donnerai vos pluies en leur temps ”.

Ainsi, les heures que vos fils consacrent à l’étude et les qualités que votre fille recherche chez ceux qui lui sont proposés(6) seront plus proches de ce qu’ils doivent être, matériellement et spirituellement.

Que Dieu vous accorde la réussite de concevoir beaucoup de satisfaction ‘hassidique de tous vos enfants, avec largesse d’esprit et en bonne santé.

Avec ma bénédiction,

Lettre n°3016

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3016, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה, 11 Mar’hechvan 5715, Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav Yossef(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous avez sûrement eu l’occasion de voir des brochures éditées par le Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h, les Conversations avec les jeunes en Yiddish ou bien les publications pour les jeunes. J’aimerais savoir si vous connaissez quelqu’un qui pourrait les traduire ou même les écrire en italien(2).

Peut-être, dans un premier temps, n’est-il pas nécessaire de donner à cette publication un caractère périodique, ce qui constitue un engagement à une parution mensuelle. On pourra se contenter de dire qu’elle paraît de temps à autre. On peut envisager aussi qu’il ne s’agisse, d’emblée, que d’un essai, alors que la forme définitive sera déterminée en fonction de la réaction des lecteurs.

Bien évidemment, le langage doit être adapté à l’âge visé et donc ne pas être trop compliqué. Pour autant, il ne doit pas y avoir d’erreur de grammaire ou de style. La formulation doit être attrayante pour la jeunesse.

Il s’agit là d’une réalisation concrète et je dispose d’un certain montant destiné à de tels accomplissements.

Avec ma bénédiction de réussite et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Lettre n°3017

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3017, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Mar’hechvan 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je suis particulièrement surpris de ne pas avoir de vos nouvelles. Je suis encore plus étonné que l’on ne vous ait pas vu ici, pendant tout le mois de Tichri.

Certes, vous êtes particulièrement absorbé par vos obligations pour gagner votre vie. Néanmoins, il faut savoir et ne pas oublier que la subsistance est décidée là-haut, à Roch Hachana et à Yom Kippour. De plus, les ressources matérielles d’un Juif dépendent de ses ressources spirituelles. Et, en se trouvant parmi les ‘Hassidim, on se rafraîchit!

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°3018

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3018, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Mar’hechvan 5715,

Brooklyn,

A tous les professeurs,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 2 ‘Hechvan, que je viens de recevoir et, saisi par la douleur, je m’empresse de vous écrire, sans tenir compte de l’ordre d’arrivée des courriers. La raison de ma douleur est le contenu de votre lettre. Vous me dites que la direction de l’école doit de l’argent aux professeurs et qu’en conséquence, ceux-ci ont fait savoir qu’ils réduiraient les heures d’enseignement, jusqu’à ce qu’on leur donne ce qui leur est dû. Vous comprenez donc la raison de ma peine:

A) Ceux qui souffrent de cette diminution du temps d’enseignement sont les élèves, des enfants d’Israël intègres. Or, même si la direction de l’école a été injuste, il n’y a aucune raison de les punir, surtout d’une manière irréparable, car on ne rattrapera jamais le temps perdu, en particulier celui qui est consacré à l’éducation des enfants, dont une seule heure correspond à un temps beaucoup plus long, lorsque l’homme est déjà adulte.

B) Vous observez vous-mêmes, j’en suis persuadé, qu’il n’y a eu aucune mauvaise intention de la part de la direction de l’école. Il est clair que s’il y avait des disponibilités dans la caisse, ou bien s’il était possible de s’en procurer aisément, les membres de la direction auraient été satisfaits de s’acquitter de leurs dettes. Et, si l’on peut envisager(1) de punir “ mesure pour mesure ”(2), il est, en revanche, inconcevable de punir délibérément celui qui a agi par inadvertance ou même sous la contrainte.

C) Ce qui découle de tout cela est la ruine des conceptions de vos élèves. Ceux-ci observent que, du fait d’une exigence matérielle envers tel Rav ou tel responsable communautaire, on commet une injustice envers des dizaines d’entre eux. Or, ce comportement est adopté par leur professeur, celui qui est chargé de les former à la pratique juive et aux bons comportements. Dès lors, rien ne fera obstacle à ce que ces élèves adoptent eux-mêmes une attitude telle que “ Touvya a fauté et Zigoud est fouetté ”(3).

Vous savez également que “ Chaoul fit une faute et elle fut retenue contre lui, David en fit deux, mais elles ne furent pas retenues contre lui ”(4). En effet, la faute de Chaoul porta sur ce qui participait de sa mission et de sa fonction, la royauté. Les fautes de David, en revanche, bien que plus graves, étaient indépendantes de sa mission, de ce que la ‘Hassidout appelle la raison essentielle pour laquelle l’âme se trouve ici-bas.

En conséquence, le fait d’avoir réduit également l’enseignement profane ne change rien au tort qui est causé(5). De plus, pendant ces heures, les élèves restent inactifs.

J’espère que ces quelques lignes suffiront. Vous me réjouirez en m’annonçant une bonne nouvelle, par retour du courrier. Vous me direz que vous offrez, à titre gracieux, des heures supplémentaires, que vous le faites avec bienveillance et de votre plein gré. De cela, dépend la réussite de l’influence que vous exercerez sur vos élèves.

Dans l’attente de ces bonnes nouvelles et en vous remerciant chaleureusement de me les donner au plus vite,

N. B. Je n’ai pas abordé, dans mon propos, l’angle de la Hala’ha, en ce qui concerne la grève des professeurs d’un Talmud Torah ou d’un ‘Héder, car cela n’est pas notre sujet. Mais, avant tout, je suis convaincu qu’il n’y a nullement lieu d’évoquer cette question(6).

Lettre n°3019

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3019, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Mar’hechvan 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du second jour de Roch ‘Hodech ‘Hechvan. J’ai été satisfait d’apprendre que votre état de santé s’est amélioré. Néanmoins, puisque vous avez été hospitalisé, vous vous conformerez aux prescriptions d’un médecin spécialiste, car “ la Torah a accordé au médecin la permission de guérir ”.

Vous me dites que vous éprouvez des regrets à propos de votre temps(1). J’en suis surpris, car vous vous trouvez parmi des Juifs et il est certain qu’avec l’effort qui convient, vous aurez la possibilité de les rapprocher de la Torah et de ses Mitsvot.

Or, si un service, matériel ou spirituel, rendu une fois à un Juif, justifie la descente d’une âme ici-bas(2), conformément au dicton(3) du Baal Chem Tov, combien plus doit être couronnée de réussite une bonne initiative, prise parmi ceux qui sont également hospitalisés, afin qu’ils guérissent également dans le domaine spirituel.

Ce mérite considérable vous permettra d’accroître l’aide de Dieu, dans votre effort, Avoda, qui vous concerne personnellement, ce terme étant de la même étymologie que Orot Avoudim, des peaux tannées(4), comme l’expliquent différents textes de ‘Hassidout(5).

Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit et pour donner de bonnes nouvelles de votre état de santé, qui ira en s’améliorant,

Lettre n°3020

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3020, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Mar’hechvan 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 27 Tichri, dans laquelle vous me décrivez la situation, dans la maison de votre sœur et de votre beau-frère. Celle-ci n’est pas favorable. Bien évidemment, j’écrirai, comme vous me le demandez, à votre beau-frère, afin de rapprocher les cœurs.

Mais, pour votre part, vous devez, de même que les membres de votre famille, rappeler à votre sœur que, lorsqu’un homme est retardé dans son commerce ou dans le bureau où il travaille pour assurer sa subsistance, personne ne lui en tient rigueur. Bien au contraire, on est satisfait de voir qu’il gagne sa vie, qu’il travaille honnêtement, que ses ressources sont “ assurées ”, bien que le propriétaire de l’affaire ou le poste qu’il y occupe

ne soient que des intermédiaires, des canaux par lesquels le Saint béni soit-Il assure la subsistance d’un homme et des membres de sa famille.

Or, combien plus une femme doit-elle se réjouir quand son mari travaille pour le seul véritable Propriétaire, auquel chaque homme demande sa subsistance, au cours de la prière, dont le but est de formuler les besoins que l’on éprouve. Les canaux et les réceptacle permettant d’être exaucé sont la Torah et les Mitsvot.

Si votre sœur n’en veut pas à son mari, quand il travaille ou quand il étudie, durant quelques heures, pendant la semaine, elle doit, a fortiori, adopter la même attitude pendant le Chabbat qui, selon l’expression du Zohar, “ bénit tous les jours de la semaine ”, lorsqu’il prie plus longtemps et s’unit à Dieu. Nos livres expliquent que la prière du Chabbat inclut en elle toutes celles de la semaine. Or, dans les bénédictions intermédiaires de la prière, nous disons non seulement “ Tu accordes le discernement à l’homme ”, mais aussi “ Ecoute notre voie ”.

Je lis avec consternation, dans votre lettre, que votre sœur se trouve dans la maison de ses parents. Nous avons malheureusement pu constater ce qui se passe, lorsque de tierces personnes, même les plus proches, interfèrent dans la vie d’un couple. Souvent, il en découle une aggravation, plutôt qu’une amélioration, ce qu’à Dieu ne plaise, car ces personnes sont nécessairement plus proches de l’un ou de l’autre. Leur intervention est donc plus dommageable que celle d’un étranger.

Il est inutile d’en dire plus et j’ai bon espoir que ces quelques lignes permettront d’améliorer la situation au plus vite, afin que vous puissiez m’annoncer de bonnes nouvelles.

Pour ce qui vous concerne personnellement, vous me dites que vous parvenez aisément à vous concentrer pendant la lecture des Tehilim ou même de ceux qui sont inclus dans la prière, mais qu’en revanche, vous manquez d’enthousiasme, dans les bénédictions du Chema Israël. Vous devez donc méditer à l’enseignement du Baal Chem Tov, en particulier à celui qui évoque la Providence divine, l’attachement et l’unification entre tous les Juifs et le Saint béni soit-Il, notions qui sont définies par différents textes de ‘Hassidout.

En vous familiarisant à ces concepts, vous graverez en votre esprit la nécessité non seulement

de les comprendre, mais aussi de les ressentir. Comme le dit l’Admour Hazaken, dans le saint Tanya, au début du chapitre 41, l’En Sof met de côté les créatures célestes et terrestres, pour concentrer Sa royauté sur Israël, en général et sur chaque individu, en particulier, “ Dieu se trouve devant lui… le dirige, satisfait à tous ses besoins et à ceux des membres de sa famille ”.

En méditant à tout cela, vous vous concentrerez aisément sur les bénédictions intermédiaires de la prière et, a fortiori, sur ses trois premières et ses trois dernières bénédictions.

Avec ma bénédiction et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Lettre n°3021

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3021, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Mar’hechvan 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du dimanche de la Parchat Le’h Le’ha.

J’ai été surpris, en la lisant, de constater que vous avez vécu en Russie depuis 5675(1), que vous êtes, depuis lors, resté en contact avec les ‘Hassidim, mais que, malgré tout cela, vous n’avez pas encore adopté le Sidour du Ari Zal(2), comme l’indique votre lettre. Or, vous savez qu’il s’agit là d’un des dix mérites qu’a revendiqué l’Admour Hazaken(3). Je ne comprends donc pas vos doutes, concernant l’attitude que vous devez adopter, à l’avenir. Il est clair que votre prière doit être formulée selon le rite du Ari Zal.

Vous m’interrogez également sur l’étude qui précède la prière. Celle de la ‘Hassidout est, en effet, nécessaire. Concernant celle de la partie révélée de la Torah, vous consulterez le Likouteï Torah Devarim, à la page 96b.

Comme vous me le demandez, je mentionnerai tous les noms que vous citez, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que chacun obtienne la satisfaction de ses besoins et, bien évidemment, pour que votre fils se marie. Il faut s’en occuper énergiquement et, quand on le fait, on obtient l’aide de Dieu.

Avec ma bénédiction pour assurer votre subsistance matérielle et connaître la réussite en tout ce qui vient d’être dit,

Lettre n°3022

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3022, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Mar’hechvan 5715,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue,

Je fais réponse à votre lettre du mardi de la Parchat Le’h Le’ha, dans laquelle vous me dites qu’une opportunité se présente à vous de transférer votre affaire en un endroit plus central de la ville. Néanmoins, ceci vous fera contracter des dettes.

Il me semble que cette initiative est, néanmoins, justifiée. De la sorte, vous élargirez les réceptacles vous permettant d’assurer votre subsistance matérielle. Ainsi, s’accompliront les termes du verset : “ Ouvre grand la bouche et Je l’emplirai ”. Toutefois, vous devez également élargir les canaux véhiculant l’opulence, par le fait que tous ceux qui vivent de cette affaire accompliront les Mitsvot de la meilleure façon, chacun selon sa situation et ses possibilités.

Vous expliquerez à chacun et à chacune à quel point il est important d’accomplir la Mitsva de la meilleure façon. Il en est toujours ainsi et c’est en particulier le cas, dans la situation actuelle. Dieu fasse que vous gagniez votre vie paisiblement, de la manière qui convient et dans la largesse.

Je vous adresse des bons d’envoi en port payé, provenant d’une des caisses de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Vous en investirez l’équivalent dans cette affaire et ceci vous apportera une réussite accrue.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

A. Kwint,

Lettre n°3023

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3023, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה, 12 Mar’hechvan 5715, Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav Chimeon(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je suis très surpris de ne pas avoir reçu une lettre de vous, depuis bien longtemps déjà, pas plus que de vos collègues des jeunes de l’association ‘Habad de Jérusalem. Or, vous auriez dû m’écrire, en détail et longuement, pour me dire comment s’est passé le mois de Tichri, les jours redoutables et les jours joyeux.

Si, à toute époque, on a soif de recevoir de bonnes nouvelles, combien plus est-ce le cas, à l’époque actuelle. J’espère que vous compléterez tout cela, à la prochaine occasion. Vous engagerez vos collègues à en faire de même. Que chacun écrive en détail, même à propos de ce qui est général, afin que ce ne soit pas “ le chaudron appartenant aux associés ”(2).

Pour faire suite au comportement que l’on doit adopter pendant les réunions ‘hassidiques, lesquelles sont nombreuses pendant le mois de Tichri, je reproduirai ici un bref extrait d’une lettre écrite aux dirigeants des ‘Hassidim, dans un autre endroit(3). Il y est montré à quel point il est important que la joie du Chabbat et des fêtes soit célébrée non seulement à la synagogue, durant ces réunions, mais aussi dans le foyer de chacun des ‘Hassidim.

Ces réunions seront donc organisées, pendant le temps propice du Chabbat et des fêtes, en sorte que l’on puisse en expliquer le contenu également aux membres de sa famille, de la manière et avec les termes qui conviennent. En ces jours, il y a sûrement assez de temps pour tenir une telle réunion, comme cela est nécessaire et pour réjouir son épouse et ses enfants, de la manière qui convient.

Bien évidemment, aucune instruction spécifique ne sera donnée à chacun, en la matière, car tout dépend des personnes. Mais, en tout état de cause, tous pourront déduire ce qu’ils doivent faire, pour eux et pour leur famille.

Il est clair que je fais bien ici allusion à tous les ‘Hassidim. Vous pouvez donc diffuser ces quelques lignes à vos amis. Je précise qu’il ne s’agit nullement pour vous de vous investir dans les attraits du monde et dans ses valeurs. L’éducation ‘hassidique est une nécessité et elle doit exercer son effet, en la matière. Il est donc indispensable de prier longtemps, de participer à une réunion ‘hassidique.

Malgré tout cela, il reste encore possible de faire participer les membres de sa famille et il est donc nécessaire qu’il en soit bien ainsi. Ceux-ci doivent donner leur plein accord, en la matière et, à l’issue d’une réflexion sommaire, vous trouverez les termes pour le leur expliquer.

Avec ma bénédiction,

M. Schneerson,

Lettre n°3024

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3024, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Mar’hechvan 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai été satisfait de recevoir votre lettre du 3 ‘Hechvan, qui faisait suite à une interruption. Vous me décrivez, d’une manière extrêmement concise, votre action auprès des militaires, ces dernières semaines. Sans doute, à l’avenir, vos lettres seront-elles plus détaillées.

Peut-être serait-il bon que vous annonciez, à la fin de vos conférences, que ceux qui le désirent peuvent établir un contact avec ici, afin d’obtenir la clarification dont ils ont besoin. Bien évidemment, il faut s’assurer que cela ne soit pas lié à une collecte de fonds. De même, vous ferez cette annonce de votre propre initiative et non en tant que mission qui vous aurait été confiée ici. Vous préciserez uniquement que vous connaissez plusieurs personnes procédant de la sorte et recevant des réponses, même si celles-ci arrivent, parfois, avec retard.

Si vous le jugez bon, vous pourrez donner un Tanya à ceux, parmi les soldats, qui se distinguent par leur pratique juive. Par ailleurs, vous donnerez également un Tanya, dans chaque camp militaire, pour la salle de réunion ou la bibliothèque, dans la mesure où de telles institutions existent à l’endroit qui convient.

Je suis surpris que vous n’évoquiez pas l’état de santé de votre épouse. A n’en pas douter, tout va bien, de ce point de vue.

Vous trouverez, ci dessous, la liste des brochures de Ma’hanaïm qui sont en notre possession.

Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit,

N. B. : Les brochures de Ma’hanaïm en notre possession sont les suivantes : les numéros du 21 Mena’hem Av 5714, de Mena’hem Av 5709 à 5711, de Pessa’h 5708 à 5711 et 5713, les hebdomadaires n°27 à 31, 34 à 37, les brochures pour les jours redoutables et la fête de Soukkot 4 à 18, 23, pour Soukkot et les Kinot 5709. Pour l’heure, je n’ai pas encore reçu les brochures n°1 à 26.

Lettre n°3025

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3025, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Mar’hechvan 5715,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Nathan David(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous me dites que vous avez eu le mérite de connaître, à Rostow, le Rabbi(2), père de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Vous avez également eu le privilège de participer à son repas de Pourim, en 5680(3).

Je suis sûr que ces souvenirs transforment vos pensées, vos paroles et vos actions. En effet, la vision du visage des Justes et, a fortiori, le souvenir de leur enseignement pénètrent et transpercent le cœur, jusqu’à l’essence de l’âme.

Je voudrais vous souligner, à ce propos, qu’il est de votre devoir d’influencer votre entourage, en la matière, de le rapprocher des valeurs juives et, point le plus fondamental, de la pratique des Mitsvot, dans l’existence quotidienne.

Vous connaissez le proverbe du Rabbi(2), qui nous a été rapporté par mon beau-père, le Rabbi, selon lequel un effort n’est jamais vain. J’espère avoir, concrètement, de bonnes nouvelles de votre part, en la matière.

De même, vous voudrez bien me préciser quelle est votre situation familiale et de quelle manière vous êtes parvenu dans l’endroit où vous résidez actuellement.

Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

N. B. :

Comme vous l’avez demandé, un Tanya vous a été adressé, de même que quelques causeries, par courrier ordinaire. Vous voudrez bien me confirmer les avoir reçus.

Notes

(1) Le Rav N.D. Rosenblum, de Buenos Aires. Voir, à son sujet, la lettre n°3122. (2) Rachab. (3) 1920.

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