Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°2806
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2806, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Tamouz 5714,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
le Rav Avraham Yaakov(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 15 Sivan.
En ces jours propices, ceux de la libération de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera et qui est la tête d’Israël, puisse Dieu permettre à chacun de faire en sorte que le corps suive la tête.
Désormais, s’amenuiseront et disparaîtront les obstacles empêchant la diffusion du Judaïsme, en général, le renforcement et l’élargissement des actions et des institutions dans lesquelles mon beau-père, le Rabbi, a investi ses efforts, en particulier. Et, nous suivrons ses voies pour l’éternité.
Avec ma bénédiction,
N. B. : Vous m’interrogez, dans votre lettre, sur l’Interdiction de porter un faux témoignage, que vous discutez, dans votre livre, aux chapitres 4 et 5. Vous me dites ce que vous avez trouvé dans le commentaire du Ramban sur le verset Devarim 5, 12, selon lequel cet Interdit s’applique également à celui qui n’est passible d’aucune condamnation, de la part du tribunal(2), ce qui diverge de la question posée par le Min’hat ‘Hinou’h, à la Mitsva 37.
Une preuve encore plus claire peut être tirée du ‘Hizkouni, à la même référence, qui fait remarquer que, de façon générale, une déposition est le fait de deux témoins, alors que cette Interdiction s’applique, en l’occurrence, même si elle émane d’un témoin unique.
Certes, le Ramban et le ‘Hizkouni sont des commentateurs et non des décisionnaires. Néanmoins, les premiers Gaonim, au chapitre 3, sont du même avis. Il en est de même des responsa Chaareï Tsédek, porte 7, chapitre 48, des responsa de Rabbi Y. Migach, au chapitre 166.
On trouve, en revanche, une explication divergente dans le Séfer Ha Yereïm, au chapitre 243, dans le Séfer Mitsvot Gadol, Interdits, chapitre 216, dans le Séfer Mitsvot Katan, chapitre 235, dans différents textes des Mil’hamot du Ramban, à la fin du traité Sanhédrin, divergeant de son commentaire de la Torah et dans le Toumim, principes du Migo, fin du paragraphe 52.
Le commentaire du Rav I.P. Perla sur le Séfer Ha Mitsvot explique longuement tout cela. Vous le consulterez. Vous verrez aussi la fin du Yerouchalmi Sanhédrin, que cite ce commentaire, selon lequel l’interdiction de porter un faux témoignage s’applique également envers le Saint béni soit-Il.
D’après mon explication(3) relative au “ jour où souffle le vent du sud ”, on comprend également pourquoi la Guemara dit “ à l’heure actuelle ”, c’est-à-dire à l’époque des Amoraïm(4).
Notes
(1) Le Rav A.Y. Neymark. Voir, à son sujet, la lettre n°2689. (2) Mais, sera, néanmoins, condamné pour avoir porté un faux témoignage. (3) Figurant dans la lettre n°2689. (4) Les Sages rédacteurs de la Guemara.
Lettre n°2807
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2807, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Tamouz 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 7 Tamouz, dans laquelle vous m’annoncez que vous vous êtes fiancé. Puisse Dieu faire que cela soit en un moment bon et fructueux. Vous bâtirez un édifice éternel, basé sur la Torah et les Mitsvot, telles qu’elles sont illuminées par le luminaire de la Torah, qui est l’enseignement de la ‘Hassidout.
On vous propose, après votre mariage, qui interviendra en un bon moment, d’habiter dans une pièce se trouvant dans une cour. La cuisine en est éloignée et vous faites remarquer qu’une telle disposition n’est pas pudique, selon votre fiancée. Vous m’interrogez, à ce sujet et vous me demandez ce que j’en pense.
Le verset établit que “ l’honneur de la fille du roi est à l’intérieur ”. En la matière, il faut donc tenir compte de son avis et rechercher un appartement qui lui convienne. Et Celui qui pourvoie à toutes les dépenses prendra également celle-là en charge, dès lors qu’il s’agit de mettre en pratique Sa Volonté en adoptant un comportement pudique, en particulier pour ce qui concerne les femmes juives.
Vous fixerez sûrement une étude de la ‘Hassidout, enseignement profond de la Torah, que le saint Zohar appelle “ âme de la Torah ”. Ceci vous donnera une ardeur accrue pour étudier la partie révélée de la Torah. Que Dieu vous accorde la réussite.
Avec ma bénédiction de Mazal Tov,
Lettre n°2808
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2808, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Tamouz 5714,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Chlomo Chnéor Zalman(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 10 Tamouz, avec la liste de noms qui l’accompagnait et dont j’ai donné lecture, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, en le jour lumineux du 12 Tamouz, celui de son anniversaire et du début de sa libération, qui est également la nôtre, car le corps suit la tête.
Vous parlez d’élargir l’activité du groupement des femmes et jeunes filles ‘Habad, en en créant une nouvelle succursale(2) dans votre ville, à proximité de votre maison. Vous le ferez uniquement si cela ne diminue pas l’activité de la succursale qui existe déjà. De plus, les réunions ne se tiendront pas aux mêmes jours, afin qu’il ne puisse pas y avoir d’excuse(3).
Il faut respecter tout cela scrupuleusement, car il est dit(4) que “ le début d’une dispute est comme une écluse que l’on ouvre ”. J’ai bon espoir que vous ferez bien attention à tout cela. Si c’est effectivement le cas, il est bon que ces succursales se multiplient, ce qui augmentera également le nombre des participantes.
Peut-être serait-il bon, de manière diplomatique, de faire en sorte qu’une succursale soit pour les jeunes femmes et une autre, pour celles qui ont un âge plus mûr. En effet, la présence des plus âgées empêche parfois les jeunes de venir aux réunions. Bien évidemment, cela sera fait très diplomatiquement et sans aucune ostentation. Vous devez comprendre ce que je veux dire.
Vous parlez de distribuer des troncs de Tsédaka. J’ai reçu votre lettre au jour lumineux du 12 Tamouz, date à laquelle un appel est fait pour les institutions Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch. Outre la distribution des troncs du Collel ‘Habad, que vous poursuivrez sûrement, vous introduirez donc également celle-ci et Dieu vous conférera la réussite.
Si vous ne disposez pas de troncs, vous pouvez prendre ceux que vous voulez et placer sur eux une étiquette, avec le nom de cette institution. En pareil cas, on n’est pas considéré comme changeant la destination d’une Tsédaka(5).
Avec ma bénédiction de réussite et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Notes
(1) Le Rav C.C. Z. Katsnelenboygen. Voir, à son sujet, la lettre n°2351. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°2351. (3) De ne pas participer aux activités de l’une, du fait de celles de l’autre. (4) Michlé 17, 14. (5) Ce qui est une interdiction.
[En relation avec le contenu de cette lettre, est présentée la lettre suivante, rédigée par le secrétariat du Rabbi :]
Par la grâce de Dieu ב'ה,
19 Tamouz 5714,
Brooklyn, New York,
Aux ‘Hassidim, partout où ils se trouvent,
que Dieu vous accorde une longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
Cette année, lors de la réunion ‘hassidique des 12 et 13 Tamouz, le Rabbi a, en particulier, expliqué à quel point il est important, au jour de l’anniversaire et de la libération du Rabbi, dont le mérite nous protégera, d’accorder à quiconque est attaché à celui dont nous célébrons la joie et entend fortifier cet attachement, la possibilité de le faire, au moyen d’une action concrète qui suscitera sa satisfaction.
C’est la raison pour laquelle le Rabbi a demandé, au cours de cette réunion, que l’on adopte, cette année encore, la pratique ayant été instaurée pour ce jour, celle de participer à un appel spécifique au profit des écoles portant le nom du Rabbi, dont le mérite nous protégera, Yechivot et Talmud Torah, en Erets Israël et en Afrique du nord, qui sont appelées Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch.
Bien évidemment, ceux qui ont assisté à cette réunion ont immédiatement mis en pratique la requête du Rabbi Chlita et ils ont remis, dans une enveloppe fermée, leur contribution à la collecte spécifique du 12 et 13 Tamouz.
Afin d’accorder à ceux qui n’ont pu être présents le mérite de prendre part à cet usage, nous estimons de notre devoir de vous en faire part.
Comme l’a précisé le Rabbi Chlita, il eut été préférable que chacun fasse parvenir sa contribution sous huitaine, c’est-à-dire entre la date de la naissance du Rabbi et celle de sa circoncision, et donc avant le 19 Tamouz. Néanmoins, ceux qui n’ont pas eu la possibilité de le faire à cette date pourront encore participer par la suite. Il convient, cependant, de le faire au plus vite.
Nous espérons que ceux qui recevront cette lettre pourront acquérir ce mérite pour eux-mêmes, mais le conféreront également aux autres, afin que tous maintiennent et raffermissent leur attachement au Rabbi, dont le mérite nous protégera. On obtiendra ainsi les bénédictions divines, pour soi-même et pour tous les membres de sa famille, la satisfaction de tous ses besoins, enfants, santé et prospérité matérielle, dans la largesse, matériellement et spirituellement.
Avec ma bénédiction,
Le secrétariat du Rabbi Chlita,
Vous voudrez bien inscrire, sur votre contribution, “ 12 Tamouz ”.
Lettre n°2809
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2809, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
14 Tamouz 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 27 Sivan. Je suis surpris du contenu de ce courrier relativement long. Au fur et à mesure de ma lecture, page après page, mon étonnement est allé croissant.
En effet, vous croyez en Dieu et vous savez donc que la Torah et les Mitsvot sont les canaux et les réceptacles permettant de recevoir Sa bénédiction, qui satisfait tous les besoins de l’homme et des membres de sa famille.
En l’occurrence, le Créateur du monde vous a accordé la réussite et Il vous a confié une bonne part, de sorte que vous assurez votre subsistance en vous consacrant à l’éducation des enfants juifs. Pour cela, vous devriez remercier Dieu chaque jour. Or, vous avez le sentiment de rendre un service, alors que vous devriez considérer qu’il s’agit de votre affaire personnelle, que les élèves sont vos enfants, confiés à votre responsabilité.
Si c’est effectivement le cas, qu’importe si votre salaire ne vous est pas remis en tant et en heure ? Et, je ne veux pas savoir comment et pourquoi il en est ainsi, car cela ne change rien. Sera-ce uniquement alors que vous voudrez bien consentir à enseigner la Torah à vos élèves ?
Vous parlez de disputes entre les membres de la direction. Que celles-ci soient réelles ou non, cela ne doit rien modifier. Il reste de votre mérite et de votre succès de rapprocher, matériellement et spirituellement, le cœur de vos élèves de notre Père Qui se trouve dans les cieux. La réussite des membres de votre famille en dépend également. De fait, s’il n’était pas nécessaire de gagner sa vie, on peut même se demander qui devrait payer l’autre.
De fait, peut-être devriez-vous, vous-même, payer la direction, pour la possibilité qu’elle vous accorde de participer à une institution portant le nom de mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël, frayant la route à notre juste Machia’h en intensifiant la lumière dans le monde, par le souffle de ces enfants qui se consacrent à l’étude. Ou peut-être est-ce effectivement la direction qui doit vous payer.
Il semble, néanmoins, que vous auriez opté pour une autre activité, si vous ne deviez pas gagner votre vie. Mais, Dieu a fait que vous y consacriez votre temps et votre ardeur, que vous révéliez, de cette façon, que Dieu nourrit chacun, y compris vous et les membres de votre famille. Et, je ne sais pas si vous trouverez un moyen plus efficace, plus empli de crainte de Dieu, plus conforme à Sa Parole, pour y parvenir.
Vous connaissez le commentaire que donne le Rabbi Maharach du verset “ la délivrance et le salut viendront, pour les Juifs, d’un autre endroit ”. Il souligne qu’il en sera ainsi, en tout état de cause. En revanche, “ toi et la maison de ton père, vous serez perdus ” et le mérite de cette Mitsva le sera également.
Il en est de même pour ce qui fait l’objet de notre propos. Je suis certain que les institutions de mon beau-père, le Rabbi, connaîtront la réussite, qu’elles se développeront, que les enfants continueront à recevoir une bonne éducation.
La seule question qui se pose est donc la suivante. Ce mérite se révélera-t-il par votre intermédiaire ou bien vous sera-t-il retiré, auquel cas Dieu trouvera, à votre place, un homme, qui sera bon à Ses yeux et à qui Il confiera la mission de sauver des âmes juives, de les attacher à l’arbre de vie, ainsi qu’il est dit : “ Vous êtes attachés à l’Eternel votre Dieu, tous vivants aujourd’hui ” ?
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°2810
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2810, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Tamouz 5714,
Brooklyn,
Aux dirigeants de l’école professionnelle de
Kfar ‘Habad, que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 3 Tamouz.
A) Vous évoquez les études profanes et l’idée essentielle, en la matière, est la suivante. Il n’appartient pas au mouvement ‘Habad de créer des écoles pour y enseigner les matières profanes, même de manière accessoire.
Il n’est qu’une seule exception, dans ce domaine, qui correspond elle-même à un cas de force majeure. Il s’agit de ce qui a été fait aux Etats Unis(1) et porté à la connaissance de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Un minimum d’études profanes est maintenu, aux âges où celles-ci sont légalement obligatoires. En effet, si l’on passe outre à ce principe, il est impossible de maintenir le ‘Héder et les plus petites classes(2).
Cette manière de procéder peut donc s’appliquer aux écoles du réseau(3), au Talmud Torah du Kfar(4), au Beth Rivka, mais non à l’école professionnelle et, plus généralement, à toutes les classes dont l’âge est supérieur à celui où ces études sont obligatoires.
Néanmoins, il y a des parents, et même une tendance émanant de certaines personnes, proches de ‘Habad, considérant que les études profanes sont nécessaires. Il y a là une évolution que l’on ne peut pas tolérer.
Il est clair que cela concerne toutes les études profanes, en général. En revanche, ce qui est accessoire aux métiers enseignés à l’école professionnelle n’est pas une discipline indépendante, mais partie intégrante de la formation à ces métiers.
Il en est de même pour le programme de l’école professionnelle. Peu importe que, selon certains, cette école doive être définie comme un collège. En effet, j’ai négocié ici, avec le Rav Jung, la création d’une école professionnelle et non d’un collège pour les matières profanes ou même pour les matières sacrées et profanes à la fois.
En conséquence, on doit y enseigner tout ce qu’il faut connaître dans le cadre d’un métier, comme vous l’écrivez dans votre lettre. A l’opposé, il n’y a pas lieu d’y introduire les enseignements qui permettront aux élèves, par exemple, de recevoir le diplôme de fin d’études secondaires.
Là encore, il vous faudra introduire votre propos de manière calme et amicale, sans pour autant transiger sur cette position.
B) J’ai été satisfait d’apprendre que les études sacrées et la prière occupent beaucoup plus de temps(5) que la formation à un métier, avec tout ce que cela implique. Vous maintiendrez sûrement cette façon de faire.
Il est sans doute inutile de vous rappeler encore une fois que l’école professionnelle ne doit pas servir à s’enfuir de la Yechiva Loubavitch de Lod(6). Plus généralement, on n’y entrera qu’après avoir été, pendant un certain temps, étudiant de cette Yechiva. Les autres élèves seront acceptés uniquement de manière exceptionnelle.
Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée,
Notes
(1) Dans les écoles affiliées au mouvement Loubavitch. (2) D’un point de vue légal. (3) Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch. (4) Kfar ‘Habad. (5) Voir, à ce sujet, la lettre n°2729. (6) Voir, à ce sujet, la lettre n°2660.
Lettre n°2811
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2811, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Tamouz 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu avec plaisir votre lettre du vendredi de la Parchat ‘Houkat, dans laquelle vous m’annoncez que votre fils Yossef est devenu Bar Mitsva, qu’il a, à cette occasion, commenté la Paracha de notre sainte Torah et des passages du saint Zohar.
Puisse Dieu faire qu’ayant atteint l’âge de treize ans, celui de l’astreinte à la pratique des Mitsvot, il parvienne à celui de quinze ans et à l’étude de la Guemara, conformément à la décision de notre sainte Torah. Vous et votre épouse, concevrez beaucoup de satisfaction de lui et de tous les membres de votre famille.
Je suis un peu surpris de ne pas lire, dans votre lettre, que le Bar Mitsva a également mentionné, dans son discours, des explications de ‘Hassidout. Or, vous savez sans doute ce que rapporte une lettre du saint Baal Chem Tov. Celle-ci raconte qu’à Roch Hachana 5507(1), le Baal Chem Tov s’éleva vers le sanctuaire céleste du Machia’h et lui demanda : “ Quand viendrez-vous ? ”.
Notre juste Machia’h lui répondit : “ Lorsque les sources de ton enseignement se répandront à l’extérieur ”, ce qui fait allusion à l’enseignement de la ‘Hassidout. Une causerie de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, qui fut dite à Sim’hat Torah 5690(2), explique longuement tout cela.
Avec ma bénédiction pour que vous donniez de bonnes nouvelles, à ce sujet et avec mes vœux de Mazal Tov,
Notes
(1) 1746. (2) 1929.
Lettre n°2812
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2812, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Tamouz 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 5 Tamouz, dans laquelle vous m’indiquez quelle installation vous recherchez. Pour l’heure, il n’a pas été possible de l’obtenir et vous me demandez mon avis sur l’attitude que vous devez adopter, à l’avenir, la manière de solliciter un poste qui vous convienne.
Vous connaissez sans doute les organismes permettant d’obtenir un poste rabbinique honorable ou bien un travail d’enseignant. Il s’agit, par exemple, de l’Union rabbinique ou bien de Torah et Tradition. Vous avez sûrement des connaissances, parmi les membres de ces organismes. Ceux-ci pourront favoriser votre demande.
Pour autant, il me semble vous avoir déjà dit, quand vous étiez ici, que vous devez améliorer la situation de l’endroit dans lequel vous vous trouvez. Or, dernièrement, la spiritualité y a subi une dégradation. Durant la guerre, quand le combat devient de plus en plus âpre, il est vain de s’enfuir en un endroit calme. Il faut, bien au contraire, faire porter l’effort là où l’on se trouve, en fonction de ce qui a été détérioré. Vous comprendrez ce que je veux dire.
Que Dieu vous conduise sur la voie qui est droite et bonne devant Lui, matériellement et spirituellement à la fois.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°2813
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2813, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Tamouz 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 4 Tamouz, dans laquelle vous me dites que vous poursuivez vos études et que certains vous en font le reproche, affirmant que vous devez contribuez à assurer la subsistance de la famille.
Vous connaissez la décision de notre sainte Torah, selon laquelle un Juif peut subvenir à ses besoins uniquement en s’en remettant à Dieu, Qui nourrit chacun. Et, commentant le verset “ Si vous marchez dans Mes Décrets ”, Rachi explique: “ en faisant porter vos efforts sur la Torah ”. En conséquence, plus vous étudierez la Torah, plus vous vous y consacrerez avec ardeur et enthousiasme, conformément aux termes de nos Sages, “ en faisant porter vos efforts sur la Torah ” et d’autant mieux se réalisera la promesse de nos Sages selon laquelle “ la terre fournira sa production ”. C’est de cette façon qu’un homme reçoit la bénédiction de Dieu, lui permettant de subvenir à tous ses besoins et à ceux de sa famille.
Il ne faut pas écouter ceux qui vous disent qu’en interrompant votre étude de la Torah, ce qu’à Dieu ne plaise, vous obtiendrez, d’une manière plus large, la bénédiction de Dieu, Qui donne la Torah. Il est sûrement inutile d’en dire plus.
Vous pourrez montrer la présente lettre à la direction de la Yechiva. Celle-ci saura également persuader vos parents que cette option est la bonne. Dieu fasse que vous puissiez m’annoncer de bonnes nouvelles, dans tous ces domaines.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°2814
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2814, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
18 Tamouz 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de la fin du mois de Sivan. J’y ai pris connaissance, avec effroi, des projets surprenant que vous avez conçu, pour votre avenir, à cause des “ différends ” que vous avez eus avec la direction de la Yechiva Loubavitch.
Je suis très surpris par tout cela. Le rôle d’un dirigeant d’une Yechiva est de faire en sorte que celle-ci fonctionne au mieux, dans toute la mesure de ses moyens, avec ardeur et enthousiasme. Celui d’un élève de la Yechiva est d’étudier la Torah, dans toute la mesure de ses moyens également, avec ardeur et enthousiasme. Et, les efforts conjugués de l’un et de l’autre permettent de bâtir la Yechiva.
Votre lettre semble indiquer que vous et vos amis intervenaient dans des domaines qui relèvent de la direction de la Yechiva. D’une part, une sentence bien connue de nos maîtres dit que “ la destruction des anciens est une construction ”. De plus, il est impossible qu’une telle intervention, de votre part, ne vous écarte pas de l’étude. Il est donc à peu près certain que celle-ci, pour ce qui vous concerne, vous est suggérée par le mauvais penchant qui souhaite interrompre votre étude, et peut-être même la ferveur de votre prière, dans toute la mesure du possible.
De fait, comme l’indique votre lettre, vous avez pu vous-mêmes vérifier qu’il en était bien ainsi, puisque vous concluez en disant que vous avez quitté la Yechiva et que vous êtes rentré chez vous. Il est donc pratiquement certain que votre étude de la Torah a été interrompue. Dès lors, l’origine de tout cela est bien claire.
Si vous voulez vous en remettre à mon avis, retournez immédiatement à la Yechiva. Consacrez-vous, par tous vos moyens, à l’étude de la partie révélée de la Torah et à la ‘Hassidout. Comprenez que tous vos arguments, l’absence d’un compagnon d’étude, le manque d’ardeur et d’intérêt, ne sont que des prétextes, qui ne correspondent pas à la réalité, mais émanent du mauvais penchant, lui-même qui, jusqu’à maintenant, est parvenu à vous convaincre.
Malgré cela, chaque Juif a l’assurance qu’en un seul instant, il peut modifier sa situation, d’une extrême à l’autre. Bien plus, vous avez le mérite d’être un étudiant de longue date de la Yechiva de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Celui-ci a investi, dans cette institution, toutes les forces de son âme, qui sont éternelles et qui exercent donc leur effet sur ceux qui ont étudié la Torah au sein de la Yechiva.
Dieu fasse qu’il en soit ainsi pour vous, au plus vite, que vous reveniez à l’étude, ce qui, au moins partiellement, réparera ce qui s’est passé, dans la mesure où il est possible de le faire, quand il s’agit d’étude de la Torah, à laquelle on est astreint à chaque instant.
Dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Pour le Rabbi Chlita,
Lettre n°2815
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2815, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
18 Tamouz 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 6 Tamouz, dans laquelle vous me dites que vous aurez bientôt dix neuf ans. Tout de suite après cela, vous me décrivez le différend qui vous oppose à la direction de la Yechiva. En effet, vous êtes incapable de vous conformer à ce qui vous est demandé et de vous astreindre à ses horaires.
Vous devez comprendre que le début de votre lettre en contredit la fin. Si vous n’avez pas encore dix neuf ans, il est impossible que vous ayez l’expérience pédagogique et la manière de diriger d’un homme âgé de plusieurs décennies. Si vous décidez que telle pratique est impossible, que telle autre est indispensable, vous devez savoir que vous pouvez vous tromper, surtout lorsque ceux qui pratiquent l’éducation depuis de nombreuses années et ne sont pas directement impliqués, en l’occurrence, ont une position qui diverge de la vôtre.
De plus, votre décision a eu pour conséquence d’abandonner votre étude et de quitter la Yechiva et sa discipline. Vous devez donc avoir vous-même la certitude qu’il y a là une attaque et une incitation de votre mauvais penchant. Celui-ci tente, par tous les moyens possibles d’écarter l’homme du service de son Créateur et il se présente à lui sous le couvert de la crainte de Dieu et du respect de la mère. Puis, il met en évidence les nombreux manquements de la direction de la Yechiva.
Si vous voulez vous en remettre à mon avis, vous devez retourner à la Yechiva, étudier la Torah avec ardeur et enthousiasme. Alors, vous connaîtrez la réussite également pour ce qui concerne votre état de santé.
Vous prendrez conseil auprès d’un médecin spécialiste, dans ce domaine et celui-ci vous indiquera sûrement comme organiser votre étude pour qu’à la fois votre âme et votre corps soient saints.
Tout dépend donc de vous. Vous devez prendre la décision sincère de vous consacrer à la Torah de Dieu, au moins pendant quelques temps encore et de suivre Ses voies. C’est ainsi que vous connaîtrez la réussite.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
Lettre n°2816
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2816, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
18 Tamouz 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 8 Tamouz, dans laquelle vous me dites que vous ne connaissez pas la date du décès de votre père. Vous prendrez conseil, pour cela, auprès des ‘Hassidim, qui en parleront à votre mère et détermineront la date pouvant être considérée comme la plus proche de celle du décès. C’est celle-là que vous choisirez.
Vous m’interrogez sur la possibilité de commencer à mettre les Tefillin, à l’occasion de votre douzième anniversaire. Il est vrai qu’une telle pratique existe, mais je n’ai pas observé qu’elle soit respectée par les ‘Hassidim, lesquels ne modifient pas la date à laquelle un orphelin commence à les mettre.
Vous appliquerez donc ce qui est dit dans le calendrier Hayom Yom, à la date du 2 Mena’hem Av et vous commencerez à porter les Tefillin deux mois avant votre Bar Mitsva.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°2817
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2817, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
19 Tamouz 5714,
Brooklyn, New York,
A mon proche parent, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
possède une profonde compréhension, multiplie les actions
positives, a part à la connaissance, est issu d’une illustre
famille, le Rav Gad(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre et les deux livres que vous m’avez envoyés, le Majala(2) et le recueil des écrits d’Israël Dov Frumkin, par G. Karsel. Je vous en remercie beaucoup et je vous saurai gré de continuer à m’adresser de tels ouvrages, à l’avenir.
A l’occasion de la libération, les 12 et 13 Tamouz, de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, après son incarcération, en 5687(3), a été éditée la troisième partie de la note qu’il rédigea, à ce sujet. Vous la trouverez ci-jointe.
Que le mérite de celui dont nous célébrons la joie protège chacun d’entre nous, afin que tous diffusent autour d’eux, la clarté de la ‘Hassidout et de ses sources, jusqu’à l’extérieur.
Avec mes respects et ma bénédiction,
Il est intéressant de noter la différence fondamentale qui existe entre le système législatif et répressif de notre sainte Torah, d’une part, ceux des autres nations, d’autre part(4). En effet, la notion de prison n’existe pas, dans la Torah et même l’isolement dont il est question au traité Sanhédrin, chapitre 9, Michna 5, ne peut être défini comme un emprisonnement. La Michna elle-même précise qu’il en est bien ainsi.
Ceci permet d’établir l’importance de l’action et la valeur de la vie, proclamées par la Torah. Le verset constate que “ des jours ont été créés ”, que chaque instant de la vie est compté. Or, d’après la Torah, la punition n’est pas une vengeance, mais bien une réparation. Il ne faut donc pas ôter à l’homme la capacité d’agir, même pour le bien public. C’est précisément ce que fait une prison.
Une exception existe, néanmoins, celle de l’homme qui est absolument incapable d’assumer la mission qui lui est confiée. Celui-là est condamné à mort.
On peut déduire de tout cela trois idées essentielles:
A) Chaque instant de l’existence d’un homme a une valeur capitale.
B) L’importance de chaque individu est immense.
C) Un homme conserve sa qualité, même s’il commet une faute. Il n’en a pas moins une mission qui lui est confiée par le Créateur du monde.
Tout cela ne sera pas développé ici.
Notes
(1) Le Rav G.Frumkin. Voir, à son sujet, la lettre n°2393. (2) Qui est un recueil des lois civiles ottomanes, traduites par Gad Frumkin. (3) 1927. (4) Voir, le Likouteï Si’hot, tome 25, page 215, note 17.
Lettre n°2818
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2818, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
19 Tamouz 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, après une longue interruption, votre lettre du jour de la libération de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera et qui est aussi notre libération, car le corps suit la tête.
Vous me dites que vous n’écrivez pas parce que vous n’avez rien à annoncer. Cela est étonnant et encore plus difficile que le fait même de ne pas écrire. Vous vivez dans une ville où il y a des dizaines de milliers de Juifs. Quelle que soit la situation de leur pratique juive, il est toujours possible de l’améliorer. Ceci est vrai en tout lieu et à toute époque, depuis la faute du veau d’or et jusqu’à ce que s’accomplisse la promesse selon laquelle “ Je supprimerai l’esprit d’impureté de la terre ”.
Tout cela devrait vous donner matière à écrire, sauf si vous ne souhaitez pas réparer ou bien si vous ne désirez pas écrire à propos de ce que vous réparez.
Vous me dites que, dans votre ville, “ nul ne lèvera la main... ”(1). On peut, a fortiori, en conclure, que nul ne le fera pour aller à l’encontre du Saint béni soit-Il, Qui est le Roi, Roi des rois. La logique usuelle, y compris celle de l’âme animale, établit qu’il doit y avoir une autorité, affichée à l’extérieur. Mais, les réalisations concrètes ne la contredisent pas et on ne cherchera donc pas à les empêcher. Or, seules ces actions importent, alors que l’autorité est seulement extérieure. Il faut donc mener ces actions, sans se préoccuper de cette autorité.
Je résumerai mon raisonnement en d’autres termes:
Toutes les propositions, toutes les explications, toutes les justifications que vous m’avez données oralement et que vous me rédigez par écrit, même si elles sont justifiées, n’ajouteront pas une seule action à la diffusion de la Torah, en général et des sources(2), en particulier. Il n’en sera pas de même quand vous commencerez effectivement à agir.
Nos saints maîtres soulignent qu’un effort n’est jamais vain. Et qui peut mesurer les conséquences que peut avoir une action, dans le domaine de la Sainteté? Celle-ci est susceptible d’apporter des fruits et des fruits de fruits, jusqu’à la fin du monde, c’est-à-dire, selon l’interprétation de nos maîtres, jusqu’à la fin du voile(3).
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Les dirigeants communautaires ont une attitude autoritaire et ils n’encouragent pas les initiatives personnelles. (2) Du Baal Chem Tov, celles de la ‘Hassidout. (3) Jusqu’à la venue du Machia’h. Olam, le monde, est de la même étymologique que Elem, le voile.
Lettre n°2819
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2819, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
19 Tamouz 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Il est sans doute inutile de vous rappeler ce qui est établi par différents textes talmudiques, c’est-à-dire l’obligation et le mérite du Rav, envers les membres de sa communauté.
De même, l’Admour Hazaken explique(1) pourquoi le Rav est appelé “ le maître de l’endroit ”. C’est qu’il le dirige véritablement. Or, “ le Saint béni soit-Il n’agit pas avec perfidie envers Ses créatures ” et “ Il n’exige qu’en fonction des forces dont elles disposent ”. Il est donc certain que le Rav a les moyens d’assumer la mission qui lui est confiée. Néanmoins, il doit se servir de ces moyens et “ l’on vient en aide à celui qui désire se purifier ”.
Bien évidemment, mon but n’est pas de faire un discours. Je fais référence à l’action concrète et, avant toute autre chose, à la pratique des Mitsvot, dans l’existence quotidienne(2). Et, l’on sait qu’un effort n’est jamais vain.
Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit,
Notes
(1) Voir, à ce propos, la lettre n°786. (2) Que le Rav doit enseigner aux membres de sa communauté.
Lettre n°2820
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2820, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
20 Tamouz 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 13 Tamouz et je suis surpris de constater que vous n’y mentionnez pas une seule fois le fait que ce jour soit celui de la libération de mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël, dont le mérite nous protégera. Cette date a été adoptée par toutes les communautés pour se raffermir et se renforcer dans la diffusion du Judaïsme, en général, de l’enseignement de la ‘Hassidout, de ses pratiques et de ses usages, en particulier. C’est précisément pour cela que le Rabbi fut emprisonné et qu’il fit don de lui-même, pendant tout le temps qu’il vécut ici-bas.
Vous me faites part de votre intention de vous attacher(1) et vous sollicitez une bénédiction pour l’étude de la Torah. En fait, tout dépend de vous. Les moyens de s’attacher sont définis par différents textes. De façon générale, il faut étudier la ‘Hassidout, adopter ses usages et ses coutumes, exercer une influence positive sur ses amis et sur son entourage, afin que tous en fassent de même.
Car, le Précepte “ tu aimeras ton prochain comme toi-même ” est le réceptacle, permettant d’accomplir l’Injonction “ tu aimeras l’Eternel ton Dieu ”, laquelle est le fondement de toute la Torah. Or, “ l’action, et non l’étude, est essentielle ”. Il faut donc, dès maintenant, vous fixer, chaque jour, des études de la ‘Hassidout et l’une d’entre elles sera placée avant la prière(2), en particulier pendant le Chabbat.
Vous accomplirez, en outre, les Mitsvot de la meilleure façon, comme l’expliquent longuement les textes de la ‘Hassidout et les discours ‘hassidiques. Et, nos Sages disent: “ celui qui te dit ne pas avoir fait d’effort et avoir, néanmoins, connu le succès, ne le crois pas; celui qui te dit avoir fait des efforts et avoir connu le succès, crois-le ”.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
A. Kwint,
N. B. : Votre père était étudiant à la Yechiva Torat Emet(3) et vous respectez vous-même la coutume ‘Habad, comme vous l’écrivez dans votre lettre. De plus, vous souhaitez vous attacher. Je ne comprends donc pas pourquoi, malgré tout cela, vous ne poursuivez pas vos études dans l’une des Yechivot ‘Habad de Terre Sainte.
Notes
(1) Au Rabbi lui-même. (2) Du matin. (3) La Yechiva ‘Habad qui était d’abord à ‘Hevron, puis à Jérusalem.
Lettre n°2821
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2821, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
20 Tamouz 5714,
Brooklyn,
Je te bénis et te salue,
Je réponds à ta lettre, relative à ton anniversaire. Sans en faire le vœu, tu t’engageras sûrement, à l’avenir, à augmenter ton étude et à renforcer ton bon comportement, de même que l’influence que tu exerces sur ton entourage, en particulier sur tes amies, auxquelles tu conseilleras d’écouter leurs parents et leurs professeurs, d’adopter l’attitude qui doit être celle d’une descendante de Sarah, de Rivka, de Ra’hel et de Léa.
Vous profiterez sûrement des vacances scolaires pour organiser des après-midi récréatives, les Messibot Chabbat, pour les plus petites. Vous les réunirez également pendant les jours de semaine, au moins une ou deux fois et vous leur raconterez des récits de notre sainte Torah. Vous leur enseignerez les bénédictions, les lois et les coutumes, tout ce qu’elles doivent connaître, à leur âge.
Tu voudras bien transmettre tout cela à tes amies. Vous réaliserez tout cela ensemble et Dieu vous accordera la réussite.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°2822
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2822, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Tamouz 5714,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Mena’hem Zeev Halevi(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu vos trois lettres des 10, 11 et 17 Tamouz. Vous voudrez bien me faire connaître les actions positives qui auront été réalisées, lorsque les élèves de Montréal(2) seront rentrés. Vous parlez d’un voyage(3) dans votre ville. J’en suis surpris, car vous savez sans doute que ces élèves partent, ces jours-ci, afin d’assumer les missions qui leur sont confiées par le Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h(4). Et, les recteurs de la Yechiva de Montréal sont eux-mêmes absents, me semble-t-il.
J’ai répondu, il y a quelques temps, au Rav Yaakov Zilberman(5), à propos du dessin des lettres(6), selon la coutume de ‘Habad, qu’il m’avait adressé. Je lui ai demandé s’il pouvait trouver quelqu’un ayant reçu une tradition, de manière directe, à propos de ces lettres et non uniquement celui qui revend les parchemins, car, sans ce dernier cas, il est difficile de distinguer ce qui est voulu et précis de ce qui est fortuit ou uniquement introduit pour mieux faire.
Actuellement, je dois, pour une certaine raison, vérifier la forme du ‘Heth et du Teth des Tefillin. Je m’interroge donc sur tout cela, en général. Y a-t-il une différence entre la forme des lettres définie par l’Admour Hazaken, dans son Choul’han Arou’h et la pratique des Sofrim ‘Habad?
Dans le dessin que m’a adressé le Rav Y.Zilberman, le Teth est figuré de deux manières différentes. De même, il faut déterminer la forme du Youd constituant la droite de la lettre Tsaddik. Le Rav Y.Zilberman a-t-il reçu une tradition, à ce sujet? Ou peut-être connaissez-vous quelqu’un d’autre qui l’a reçue?
Vous voudrez bien parler de tout cela au Rav Y.Zilberman et vous me ferez connaître vos deux avis. Je vous en remercie d’avance.
Avec ma bénédiction et en saluant le Rav Y.Zilberman,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav M.Z. Gringlass, de Montréal. Voir, à son sujet, la lettre n°2690. (2) De la Yechiva Loubavitch. (3) Des élèves de la Yechiva centrale, à New York, afin de passer quelques temps dans la Yechiva de Montréal et de la renforcer. (4) Consistant à diffuser la pratique juive dans les différentes villes des Etats Unis. (5) Il s’agit de la lettre n°2382. Voir également Likouteï Si’hot, tome 9, page 259. (6) Pour écrire Séfer Torah, Mezouzot et Tefillin.
Lettre n°2823
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2823, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Tamouz 5714,
Brooklyn, New York,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Akiva(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai eu connaissance, avec plaisir, de votre participation et de votre aide, à la création de l’école secondaire(2) fonctionnant auprès de notre Yechiva de Pittsburgh.
Il est inutile de préciser l’importance, pour les élèves en âge de fréquenter un établissement secondaire, de se trouver dans un environnement favorable. La formation, à ce stade, est déterminante et ses conséquences se marquent tout au long de la vie.
C’est pour cela qu’il est important de faire exister une école secondaire près de la Yechiva, dans votre ville, de protéger l’environnement et le contenu des études.
En aidant à la création de cette école, avec ceux qui vous suivent, vous avez accompli une grande réalisation. Sans doute, à l’avenir, continuerez-vous à agir, avec encore plus de détermination, au profit de la Yechiva et de l’école.
Que Dieu vous bénisse, de même que tous ceux qui vous suivent, en vous accordant la satisfaction de tous vos besoins, spirituels et matériels.
Le mérite de mon beau-père, le Rabbi, fondateur de la Yechiva, dont nous avons célébré la libération ces jours-ci, les 12 et 13 Tamouz, vous protégera et vous permettra de vous consacrer, de tout votre cœur et de toute votre âme, à ce qui lui était précieux et, en particulier, aux réalisations et aux institutions, qu’il nous a léguées, à titre de bénédiction.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav A.Zilberberg. (2) En anglais dans le texte: “ high school ”.
Lettre n°2824
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2824, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Tamouz 5714,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav N.N.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du 15 Tamouz, dans laquelle vous me parlez des réunions ‘hassidiques et de leur contenu.
De même, j’ai été content d’apprendre que vous avez de nouveaux élèves, pour la période des vacances et que l’espoir de voir certains d’entre eux poursuivre leurs études à la Yechiva commence à se réaliser.
Comme je l’ai écrit à quelqu’un(2), ces derniers jours, on peut faire ici un raisonnement “ a fortiori ”. Si les efforts qui ont été investis jusqu’à maintenant permettent d’obtenir de tels fruits, combien plus en sera-t-il ainsi, quand on agira avec encore plus d’empressement et de détermination. Il ne fait pas de doute que le résultat sera alors beaucoup plus important.
Dans le domaine de la Sainteté, la multiplication quantitative entraîne toujours, au final, une multiplication qualitative. Il est sûrement inutile d’en dire plus et ces quelques lignes doivent suffire pour préciser ma pensée. Que Dieu fasse qu’il en soit réellement ainsi et que l’on puisse attirer des dizaines d’élèves. Car, cela n’est pas irréalisable.
Je saisis cette occasion pour répéter ce que je vous ai déjà écrit ou indiqué, de manière allusive, à différentes reprises:
Vous savez sans doute ce qui s’est passé en Georgie(3). De manière générale, on a commencé à rapprocher des Sefardim de la pratique juive. Puis, au fil des ans, des centaines de jeunes gens et de jeunes chefs de famille sont effectivement devenus plus proches. Maintenant encore, à n’en pas douter, on en conserve les fruits et les fruits des fruits, pour l’éternité et jusqu’à ce que s’achève le voile(4).
Vous et ceux qui vous viennent en aide, devez considérer dans cette optique ce que vous réalisez pour les jeunes gens du Maroc. De la sorte, vous recevez la possibilité de diriger l’ensemble de ce pays, puis également la Tunisie, afin que tous les Juifs qui s’y trouvent deviennent des disciples du Baal Chem Tov et de l’Admour Hazaken.
Pour cela, les dizaines de jeunes gens qui vous sont actuellement confiés doivent devenir des ‘Hassidim ‘Habad, agissant en conséquence, capables de communiquer ce qu’ils auront acquis et donc de guider efficacement leur entourage, quand ils rentreront chez eux.
Si vous réfléchissez au fait qu’il vous est actuellement possible d’agir pour que trois cent mille Juifs(5) soient des ‘Hassidim du Baal Chem Tov et de l’Admour Hazaken, il ne fait pas de doute que vous aurez non seulement le désir et la volonté d’y parvenir, mais aussi les idées et les moyens de faire qu’il en soit concrètement ainsi.
Bien plus, il semble qu’il soit difficile de faire adopter, par ces jeunes gens, le comportement souhaitable, lorsqu’ils se trouvent à proximité de leurs parents. Quand ils s’en éloignent, en revanche, on peut vérifier, par la pratique, qu’il est possible de le faire.
Vous devriez donc multiplier le nombre de vos élèves venant du Maroc, et surtout, faire qu’en peu de temps, ceux-ci soient éclairés par la ‘Hassidout, éprouvent l’enthousiasme nécessaire pour influencer les Sefardim, dont la nature chaleureuse fait qu’ils sont sensibles aux paroles sincères, émanant du cœur.
J’espère que vous trouverez les mots pour expliquer précisément tout cela, pour convaincre chaque recteur, chaque enseignant de la Yechiva Loubavitch de France, afin que tous ensemble agissent, dans ce domaine, en tant qu’émissaires de mon beau-père, le Rabbi et de son père, le Rabbi(6), dont le mérite nous protégera.
De la sorte, on peut espérer qu’en peu de temps, s’ajouteront des centaines, des milliers de ‘Hassidim ‘Habad. Le mérite de tous dépend de vous.
Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée,
Notes
(1) Le Rav Nissan Nemanov, directeur de la Yechiva de Brunoy, dans la région parisienne. Voir, à son sujet, la lettre n°2641. (2) Il s’agit de la lettre n°2795. (3) Dans la partie asiatique de l’Union soviétique. (4) Voir la fin de la lettre n°2818. (5) Les Juifs d’Afrique du nord. (6) Rachab.
Lettre n°2825
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2825, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Tamouz 5714,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et possède de multiples connaissances,
le Rav Yaakov Hacohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 3 de ce mois. Vous voudrez bien m’excuser d’avoir retardé ma réponse jusqu’à maintenant, du fait de mes nombreuses activités, en particulier en ces jours qui ont précédé et suivi la fête de la libération de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Ce sont, en effet, des jours d’inspiration morale et de réunions ‘hassidiques, pour tous ceux qui suivent sa voie et multiplient les actions conformes à son enseignement, afin que nous le suivions pour l’éternité, selon l’expression de l’Admour Hazaken, au chapitre 27 d’Iguéret Hakodech.
Vous m’interrogez, dans votre lettre, sur un discours ‘hassidique de mon beau-père, le Rabbi, prononcé le premier jour de Roch Hachana 5703(2), selon lequel: “ Lorsque Roch Hachana est un Chabbat, il faut dire qu’il n’est pas nécessaire de sonner du Choffar et non que cette Injonction a été écartée ”.
Vous soulevez une objection à partir du traité Yebamot 90b et du commentaire que Rachi donne de ce texte, selon lequel “ les Sages ont supprimé la nécessité de sonner du Choffar, lorsque Roch Hachana est un Chabbat ”. Vous en déduisez que, sans cela, il serait également une Mitsva de le faire, en ce jour.
On peut s’interroger sur cette affirmation, car pourquoi aller chercher aussi loin(3) ? On retrouve, dans le même passage talmudique, l’idée par laquelle mon beau-père, le Rabbi, introduit son propos. Le traité Roch Hachana 29b dit que les Sages ont interdit de sonner du Choffar pendant le Chabbat. Mais, peut-être vous basez-vous sur la formulation du traité Roch Hachana, qui dit : “ La Torah le permet ”. En revanche, Rachi, au traité Yebamot, parle de “ Commandement positif ”. Néanmoins, Rachi lui-même n’emploie pas l’expression “ Commandement positif ” à propos du Chabbat et l’on peut donc en conclure que cela est permis(4), pendant le Chabbat.
Ce discours ‘hassidique est basé sur celui de l’Admour Hazaken, qui se trouve dans le Likouteï Torah, à la Parchat Devarim, page 56a et sur un autre, de son fils, l’Admour Haémtsahi, figurant dans le Sidour, à la “ porte des sonneries du Choffar ”, comme je l’indiquais dans les références que j’ai rédigées, sur ce discours de mon beau-père, le Rabbi.
Nos Sages soulignent que “ les paroles de la Torah sont...(5) et riches dans un autre ”. On peut donc comprendre le discours de mon beau-père, le Rabbi, d’après ces références. En l’occurrence, le Likouteï Torah dit, à la page 57b, que: “ Pendant le Chabbat, la révélation se fait d’elle-même et le Choffar est donc inutile. C’est pour cela que cette Injonction est alors repoussée ”. Le Sidour, “ porte des sonneries du Choffar ”, page 27d, est, à ce sujet, encore plus clair: “ la Torah ne supprime pas la Mitsva, du fait du Chabbat. Seuls les Sages le font ”.
Ainsi, il est établi, d’après ces textes, que la Mitsva de sonner du Choffar n’est pas supprimée pendant le Chabbat, qu’elle est seulement inutile, car, pendant ce jour, la révélation peut être obtenue sans y avoir recours. En conséquence, si ce n’était la décision des Sages, ou bien avant celle-ci, on sonnait effectivement du Choffar, durant le Chabbat. Puis, il y eut cette décision et l’on cessa de le faire.
Mais, il faut savoir que, d’après la partie révélée de la Torah, la seule décision de Rabba, de peur qu’on le porte(6), n’aurait pas suffi pour supprimer la sonnerie du Choffar pendant le Chabbat, comme l’expliquent les Tossafot, au traité Roch Hachana, à la même référence.
Vous consulterez, avec attention, ce que dit le Rambam, lois du Choffar, chapitre 2, paragraphe 6: “ Bien que la sonnerie(7)..., pourquoi n’est-elle pas faite(8)...? ”. Or, la longueur de cette formulation semble inutile. En fait, on peut la comprendre d’après les Tossafot et d’après ce que dit l’Admour Hazaken, dans son Choul’han Arou’h(9), au chapitre 588, paragraphe 4. Vous consulterez également le Ma’hatsit Ha Shekel et les références qu’il cite.
Je possède vos ouvrages sur les traités Roch Hachana et Makot(10). Si vous me faisiez l’honneur de m’offrir vos autres publications, je vous en saurais gré. Bien évidemment, vous pourrez recevoir en échange ce qui est paru aux éditions Kehot, dont le catalogue vous a déjà été adressé.
Avec mes respects et ma bénédiction,
Puisque votre lettre m’est parvenue, et par marque d’affection, j’ai feuilleté votre livre sur le traité Roch Hachana. Je l’ai fait rapidement, en fonction du temps dont je dispose, qui ne me permet pas une étude fixe. De fait, nos Sages précisent, au traité Baba Metsya 84a qu’en posant des questions, on élargit le sujet traité. Je formulerai donc quelques remarques :
Page 1a : Vous demandez si un acte officiel, dont la date, rédigée en fonction du règne, ne fait pas référence à Nissan(11) est sans valeur, même a posteriori. Vous pouvez écarter ce doute en fonction de l’affirmation du Baal Ha Maor, selon lequel il est effectivement sans valeur.
Il ne fait pas de doute que ce document n’a pas de valeur en tant qu’acte officiel, comme l’indique le Talmud, à cette référence. Selon la Michna, en effet, une reconnaissance de dette antidatée n’est pas valable. Ceci permet d’écarter la preuve du Baal Ha Maor, qui parle uniquement du cas susvisé. Il contredit, en outre, le commentaire de Rachi et il explique ce que dit Rabbénou ‘Hananel, à la fin de la Michna, faisant allusion aux reconnaissances de dette, après avoir expliqué que ce principe s’applique aux actes officiels.
Le doute est, en l’occurrence, le suivant. Cet acte est-il complètement disqualifié, y compris en tant que preuve matérielle de la dette, par exemple? On peut répondre à cette question d’après le traité Baba Metsya 72a. En effet, les Tossafot affirment que ce document ne permettra nullement de recouvrer la dette, alors que, selon Rachi, on pourra le faire à partir des biens non hypothéqués.
Pour ne pas multiplier les controverses, on pourrait dire que, selon les Tossafot également, un tel acte n’est pas totalement annulé. Néanmoins, les reconnaissances de dettes sont un cas particulier, car il y a lieu de craindre que la dette soit encaissée à la première date. En revanche, on ne craint pas que l’acte n’ait pas été daté selon les prescriptions des Sages. C’est ce qu’indique une analyse rapide de ce texte, dans le traité Baba Metsya.
Paragraphe 108 : Vous dites que la lecture de la Torah a été instaurée par la Torah. C’est surprenant, car il s’agit d’une disposition des prophètes, comme le dit le traité Baba Kama 82a. Le Yerouchalmi et le Rambam désignent Moché, notre maître.
Il y a une exception, la Parchat Za’hor et peut-être la Parchat Para. Bien entendu, ce que dit le Maguen Avraham, à la fin du chapitre 685, n’a rien à voir avec tout cela.
Fin du tome 1, page 65d : Vous répondez à la question du Tiféret Israël de la manière suivante.
Selon les Sages qui s’opposent à Rabban Gamliel, au début du premier chapitre du traité Bera’hot, il est interdit de lire le Chema Israël durant la seconde partie de la nuit, si l’on n’a pas encore dit la prière d’Arvit. Ce serait alors comme si on lisait la Torah, ce qui est interdit avant la prière, comme le dit Rachi, commentant le traité Bera’hot 5b. Mais, les Tossafot ne sont pas du même avis. Et, vous verrez également le Likouteï Torah de l’Admour Hazaken, Parchat Bera’ha, page 96b.
Certes, il y aurait là une belle explication. Néanmoins, il est inconcevable qu’une telle manière d’étudier la Torah conduise l’homme à oublier de prier. En effet, ce texte(12) est partie intégrante de la prière, ce qui est encore plus fort que l’affirmation suivante du traité Bera’hot 31a : “ En étudiant la Hala’ha tranchée ”(13).
Une affirmation similaire figure dans le traité Pessa’him 11a. C’est la raison pour laquelle les Tossafot, au traité Bera’hot 5b, ne soulèvent pas d’objection sur ce que dit Rachi, au traité Bera’hot 31a, précédemment cité.
Responsa, paragraphe 1 : Concernant l’opération de la prostate,
A) J’ai toujours été surpris que l’on ne fasse pas obligation de consulter un Rav, avant de pratiquer cette intervention, qui est une forme de stérilisation, ou, en tout cas, qui risque fortement de l’être.
B) Le sperme est formé par les testicules, mais différents éléments qui le constituent proviennent de la prostate. Lorsque celle-ci est retirée, ces éléments manquent et, dès lors, d’après la Torah, on peut se demander si ce liquide est encore considéré comme du sperme.
C) Cette opération empêche ou gêne fortement l’éjaculation, mais non l’écoulement de sperme, si l’on veut bien le considérer comme tel.
En fonction de tous ces éléments, on peut répondre à la question posée(14) après vérification, auprès des médecins, du mode opératoire, de manière concrète, car, à ce stade également, des différences existent.
Responsa, paragraphe 22: Selon le Rambam, la consommation des prélèvements agricoles fait partie du service de Dieu(15). Il le dit clairement, à la fin de ses lois des prélèvements agricoles. Vous consulterez, à cette même référence, le Yad Ethan.
Responsa, explications nouvelles, paragraphe 1: Vous consulterez le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, partie Ora’h ‘Haïm, chapitre 328, paragraphe 3, selon lequel le Chabbat est totalement suspendu, en pareil cas et il ne s’agit donc pas d’une transgression.
Au paragraphe 16, est donnée la raison du Rabad, bien que, selon l’Admour Hazaken, le Chabbat est repoussé, mais non annulé. Vous verrez qu’il associe cette explication à celle de Rabbénou Nissim. Ce point ne sera pas développé ici.
Responsa, explications nouvelles, paragraphe 7: La coutume juive veut que l’on ne se marie pas, pendant les dix jours de Techouva. Et, l’on ne peut soulever aucune objection à partir du traité Yoma, car celui-ci parle d’un cas où l’on ne peut pas faire autrement.
Différents avis considèrent que l’on peut retarder une Mitsva pour mieux l’accomplir, le Teroumat Hadechen, le Maharil, le ‘Ha’ham Tsvi, le Tour et Choul’han Arou’h, le Ramah, le Divreï Malkyel et d’autres encore.
Dans la pratique, on adopte un tel comportement chaque
jour, par exemple lorsque l’on se rend à une synagogue plus éloignée ou bien lorsque l’on est appelé à la Torah pour la sixième montée ou pour la Haftara, d’après ceux qui considèrent que ces montées sont plus importantes.
Combien plus est-ce le cas, en l’occurrence(16), puisqu’une préparation est nécessaire, qui doit même être importante. Différents avis, parmi les derniers Sages, considèrent qu’on ne retarde pas l’accomplissement de la Mitsva, en pareil cas. Ces avis sont recensés dans le Sdeï ‘Hémed, Péat Ha Sadé, principes 1, 47.
Que Dieu nous garde de supprimer des coutumes juives en discutant la Loi, en débattant et en commentant, alors que ceux-ci ont pour but d’accomplir les Mitsvot de la meilleure façon, ainsi qu’il est dit “ tous les mets gras sont pour Dieu ”. Vous consulterez, à ce sujet, ce que dit le Rambam, à la fin des lois de ce qui est interdit pour l’autel.
Le Midrach Ha Gadol, Béréchit 4, 4, dit, à ce propos, que “ celui qui apporte le meilleur sacrifice, avec largesse, fera qu’il soit agréable pour Dieu. C’est à son propos que le verset dit: ‘L’offrande de Yehouda et de Jérusalem sera agréable à Dieu, comme les jours éternels et les années d’antan’. ”
Notes
(1) Le Rav Y.Meskin. Voir, à son sujet, les lettres n°2842 et 2876. (2) 1942. (3) Textuellement, “ pourquoi aller chercher son pain aussi loin ? ”. (4) De sonner du Choffar, si ce n’était l’Interdiction des Sages. (5) “ Pauvres dans un endroit ”. Un texte en complète un autre. (6) Que l’on porte le Choffar dans le domaine public pour le conduire chez quelqu’un qui sait le sonner et que l’on transgresse ainsi le Chabbat. (7) Du Choffar soit une Mitsva. (8) Pendant le Chabbat. (9) Voir la fin de la lettre n°295. (10) Le Even Yaakov et le Makel Yaakov. (11) Roch ‘Hodech Nissan étant le nouvel an des rois. (12) Le Chema Israël. (13) Ce qui ne doit pas faire obstacle à la prière. (14) Sur l’opportunité d’effectuer cette intervention. (15) Effectué dans le Temple par les Cohanim. (16) Pour un mariage.
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