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Iguerot Kodesh — lettres 1 à 20

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°1

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°1, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21Adar 5688(1), Riga

Au Rav Rosen, bien connu, grand érudit de la Torah, dont il est le prince, le juge et le maître, capitaine naviguant sur l'océan talmudique et guide de ses commentaires(2),

Je vous salue et vous bénis,

J'ai bien reçu votre lettre.

Le Rambam expose largement, dans son Michné Torah, les grands principes de l'astronomie, se basant vraisemblablement sur les livres des sages d'autres nations, comme il l'indique lui-même. Et ce qu'il précise par ailleurs figure aussi dans les ouvrages des Grecs, en particulier ceux d'Aristote, de ses disciples et de ses commentateurs.

Je m'adresse à vous pour établir l'opinion de nos Sages en la matière et le sens de textes en apparence contradictoires, opposant également les Sages d'Israël à ceux des nations.

Je vous serais, en particulier, très obligé de bien vouloir me définir par écrit, dans la mesure du possible, la conception que développent nos Sages de l'astronomie, d'après le Talmud et la Tossefta, évoquant les astres, les mouvements du soleil et de la lune, les quatre éléments fondamentaux de la matière et le cinquième, qui est à l'origine des astres et des étoiles.

Avec l'expression de mon profond respect,

Mena'hem Schneerson

Vous trouverez ci-joint un timbre pour la réponse. Voici mon adresse:

M. Schneersohn

Riga, poste restante

Notes

(1) 1928. (2) Le Rav de Ragatchov.

Lettre n°2

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה, Jeudi 28 Tévet 5689(1), Riga

A mon proche parent, qui se consacre avec abnégation aux besoins communautaires, le Rav Zélik(2)

Je vous bénis et vous salue chaleureusement,

J'ai bien reçu votre lettre de bénédiction et de Mazal Tov(3). J'ai également reçu votre cadeau, les deux tomes du livre Issma'h Moché. Je vous remercie, du fond de mon coeur, pour vos bénédictions et vos bons voeux.

A mon tour, je vous adresse toutes mes bénédictions, de même qu'aux membres de votre famille. Vous recevrez largement vie, bénédiction et paix. Vous connaîtrez la réussite dans tout ce que vous entreprendrez et le bonheur matériel et spirituel, la tranquillité, la prospérité et la richesse.

Avec ma bénédiction pour l'éternité et l'expression de mon respect,

Mena'hem Schneerson

Mon épouse vous remercie également pour vos bénédictions.

Notes

(1) 1929. (2) Slonim, arrière-petit-fils de la Rabbanit Menou'ha Ra'hel, fille de l'Admour Haémtsahi qui s'installa à 'Hevron, en Terre Sainte. (3) A l'occasion du mariage du Rabbi, célébré un mois et demi avant la rédaction de cette lettre.

Lettre n°3

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Adar 5692(1)

A mon beau-père, le Rabbi Chlita,

Le commentaire de la Michna, manuscrit du Tséma'h Tsédek que le Rabbi m'a offert, mentionne, dans son sommaire, un passage du traité Makot précisant l'interdiction de couper la barbe avec des ciseaux. En revanche, le commentaire proprement dit n'évoque pas ce sujet, qui doit sans doute figurer dans un autre manuscrit. J'ai cherché ici un livre de Michna, mais je n'ai pu le trouver (...).

Je demande au Rabbi de m'excuser pour ma réponse tardive(2). En effet, il faut beaucoup de temps, ici, pour se procurer des livres. J'ai souhaité en obtenir certains mais cela s'est finalement révélé impossible. C'est pour cela que cette lettre parvient si tard.

Je quitte donc le Rabbi en lui renouvelant mes excuses pour mon retard et je demeure son gendre, souhaitant qu'il connaisse toujours le bien et sollicitant sa bénédiction,

Mena'hem

Notes

(1) 1932. (2) Le précédent Rabbi avait vraisemblablement demandé à son gendre, le Rabbi, une étude hala'hique sur l'interdiction de se couper la barbe. Celle-ci figure en annexe à la présente lettre.

Lettre n°4

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה, Mardi 23 Adar Richon 5692

A mon beau-père, le Rabbi Chlita,

Dans ma précédente lettre, concernant l'interdiction de se couper la barbe, j'ai fait référence au Midrach Tan'houma et la citation que j'en ai faite n'était pas exacte, car elle était reproduite en se basant uniquement sur ma mémoire. Néanmoins, ceci ne remet pas en cause l'explication qui a été développée.

Je demeure son gendre, souhaitant qu'il connaisse toujours le bien et sollicitant sa bénédiction.

Mena'hem

Lettre n°5

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Mardi 7 Mena'hem Av 5692

Au Rav Rosen, bien connu, grand érudit de la Torah, de son

analyse et de sa discussion

Je vous bénis et vous salue,

Pouvez-vous me préciser la nature de la perte de propriété qui caractérise l'année du jubilé?

De même, pourquoi le Rambam dit-il que les voeux des femmes prennent valeur avant ceux des hommes, car celles-ci ont une vie plus courte? Pourquoi leur vie serait-elle plus courte?

Avec tout le respect dû à votre rang,

M. Schneersohn

Lettre n°6

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°6, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Mardi 12 Kislev 5698(1), Paris(2)

Au grand érudit, le Rav Israël Jacobson(3),

Je vous bénis et vous salue chaleureusement,

J'ai attendu, en son temps, votre lettre m'annonçant que vous avez fait un bon voyage et êtes bien arrivé à destination. Puis, j'ai appris que mon beau-père, le Rabbi Chlita avait eu connaissance que c'était effectivement le cas.

Je voudrais maintenant formuler la requête suivante. Au début de Tamouz 5697(4), j'ai reçu, à mon adresse, un chèque de deux cents dollars, émis par D. Potachnik, de Baltimore, pour le compte de mon beau-père, le Rabbi Chlita.

Or, le banquier auprès duquel ce chèque a été déposé pour encaissement est décédé. Ses héritiers sont en faillite et un règlement judiciaire doit bientôt être prononcé.

Pour que nous puissions faire valoir nos droits ici, nous devons disposer de l'original du chèque qui se trouve à la banque de Potachnik, ou bien chez Potachnik lui-même. Si cela n'est pas possible, il faudrait au moins une copie, recto et verso, de ce chèque. Nous devons en disposer au plus vite.

Voici donc l'objet de ma demande. Pouvez-vous prendre contact avec Potachnik, directement ou par l'intermédiaire d'un avocat, afin qu'il envoie ici, dans les meilleurs délais, le chèque ou sa copie, en précisant la date à laquelle il a été débité aux Etats Unis?

Je n'écris pas directement à D. Potachnik, car je ne le connais pas.

Pour gagner du temps, je vous écris directement d'ici, sans passer par le bureau d'Otwosk(5). Je m'en remets à vous pour que tout ceci se déroule de la meilleure façon et je vous en remercie d'avance.

Je saisis cette occasion pour vous rappeler que vous m'avez emprunté le texte des discours 'hassidiques prononcés par le Rabbi pendant la dernière fête de Chavouot. Je compte sur vous pour me les rendre. De même, je vous serais reconnaissant de me donner un exemplaire du discours qui vous a été remis à Ferthtalsdorf(6). Comme vous me l'avez fait remarquer à Vienne, celui-ci a, entre temps, était imprimé(7).

Vous m'avez promis, à Vienne, d'essayer, après votre retour, de vous procurer les notes du Echkavta de Rabbi(8) et de trouver le texte, au moins résumé, des causeries et des discours de mon beau-père, le Rabbi Chlita, pendant son séjour aux Etats Unis(9). Vous tiendrez sûrement parole.

Je conclus en vous souhaitant tout le bien et j'attends votre lettre apportant une réponse à tout ce qui vient d'être dit.

M. Schneerson

Notes

(1) 1937. (2) C'est dans cette ville que le Rabbi résidait alors. (3) Rav de la communauté Loubavitch de New York. (4) 1937. (5) En Pologne, ville où se trouvait alors le précédent Rabbi. (6) Ville de cure thermale, près de Vienne, dans laquelle le précédent Rabbi séjourna pendant l'été 5697-1937. (7) Aux Etats Unis. (8) Livre du Rav Morde'haï Dov Ber Rivkin, qui décrit les derniers instants du Rabbi Rachab, père du précédent Rabbi. Le Rav Rivkin résidait alors aux Etats Unis. (9) En 5690-1929.

Lettre n°7

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°7, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Tévet 5698(1), Paris

Au grand érudit, le Rav Israël Jacobson,

Je vous bénis et vous salue chaleureusement,

Conformément aux instructions de mon beau-père, le Rabbi Chlita, je vous adresse ci-joint un chèque de trois cents dollars, relatif à ce qui a été dit au sanatorium Wald, selon l'expression utilisée dans la lettre(2). Je vous remercie de me confirmer, en m'écrivant ici-même, que vous l'avez reçu et encaissé.

J'ai reçu votre lettre du 5 courant et j'ai reçu le vieux chèque de Potachnik. Je vous remercie de votre intervention en la matière.

J'espère maintenant recevoir les autres choses que vous annoncez dans votre lettre, c'est-à-dire les discours 'hassidiques de Chavouot, ceux de Ferthtalsdorf et surtout les notes que vous pourrez recueillir sur le séjour de mon beau-père, le Rabbi Chlita, dans votre pays, rapportant ses discussions privées et ses interventions publiques.

Je vous remercie par avance de me faire savoir ce qui a été imprimé ou reproduit chez vous.

Je demeure votre ami, qui vous souhaite tout le bien.

M. S.

Notes

(1) 1937. (2) Du précédent Rabbi.

Lettre n°8

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°8, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Mercredi 2 Nissan 5698, Paris

Au grand érudit, le Rav Israël Jacobson,

Je vous salue et vous bénis,

Conformément aux instructions de mon beau-père, le Rabbi Chlita, je vous adresse ci-joint un chèque de quatre cents dollars, relatif à ce qui a été dit à Ferthtalsdorf . Je vous remercie de me confirmer que vous l'avez reçu, en m'écrivant ici, par retour du courrier.

Je conclus ma lettre en vous souhaitant une fête de Pessa'h cachère et joyeuse.

M. S.

Dans la mesure du possible, vous me renverrez sans doute les discours 'hassidiques de cette fête de Chavouot, que vous m'avez empruntés à Vienne. Je vous en remercie par avance.

Lettre n°9

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°9, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Mercredi 28 Mena'hem Av 5698

Au grand érudit, le Rav Israël Jacobson,

Je vous salue et vous bénis,

Conformément aux instructions reçues de Otwotsk(1), je vous adresse ci-joint un chèque de cinq cents dollars à votre ordre.

Vous voudrez bien me confirmer, par retour du courrier, que vous l'avez reçu et vous écrirez également à Otwotsk, dans la langue des Sages(2). Dites lui, par exemple, que vous avez reçu, de ma part, un commentaire de l'affirmation de nos Sages selon laquelle il y a, entre le ciel et la terre, une distance qui peut être parcourue en cinq cents ans.

J'attends votre confirmation et je vous souhaite tout le bien,

M. S.

Notes

(1) Où résidait le précédent Rabbi. (2) C'est-à-dire par allusion et en termes codés.

Lettre n°10

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°10, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Elloul 5698, Paris

Au grand érudit, le Rav Israël Jacobson,

Je vous salue, vous bénis et vous souhaite d'être inscrit et scellé pour une bonne année,

Vos salutations m'ont été transmises par votre cher gendre(1). On m'a remis aussi les discours 'hassidiques que vous m'avez rendus et je vous en remercie. Vous m'adressez aussi, comme vous me l'avez promis, les comptes rendus des propos(2), sans tarder, comme ce que vous venez de m'envoyer par votre gendre.

Je vous souhaite d'être inscrit et scellé pour une année de réussite dans vos travaux, avec beaucoup de bonheur matériel et spirituel.

Avec l'expression de mes respects et mes souhaits pour tout le bien et pour une bonne année,

M. Schneerson

Notes

(1) Le Rav Chlomo Zalman Hecht qui, après son mariage, vint se parfaire en 'Hassidout à la Yechiva Loubavitch d'Otvotsk, auprès du précédent Rabbi. (2) Du précédent Rabbi, lors de sa visite aux Etats Unis, en 5690-1929.

Lettre n°11

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°11, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Mercredi 19 Chevat 5699(1)

Au grand érudit, le Rav Yera'hmyël(2),

Je vous salue et vous bénis,

Votre lettre et la somme de vingt huit qui s'y trouvait jointe m'est bien parvenue.

Vous m'écrivez que toutes les conceptions du Tsimtsoum(3) sont convergentes, selon l'un de vos amis(4).

Je suis surpris que vous puissiez envisager une telle hypothèse, d'autant que vous l'attribuez à quelqu'un que vous présentez comme familier des ouvrages de la Kabballa. Il est clair que ce n'est nullement le cas. Une génération après le Ari Zal, qui dévoila le secret du Tsimtsoum, différentes conceptions en existaient d'ores et déjà parmi les Sages qui, parfois même, étaient radicalement opposées, comme en témoignent leurs ouvrages. Ces divergences se sont maintenues par la suite.

Elles portent sur deux points fondamentaux. D'une part, faut-il interpréter ce terme de Tsimtsoum, contraction, au sens littéral? S'agit-il d'un retrait ou d'un voile? D'autre part, la contraction porte-t-elle sur la Lumière ou sur le Luminaire?

On peut définir, à ce propos, quatre conceptions. Selon la première, le Tsimtsoum est à interpréter au sens littéral et porte sur l'Essence de Dieu. Elle est basée sur l'argument suivant: Comment imaginer que le Roi se trouve à l'endroit des immondices, ce qu'à Dieu ne plaise? Selon la seconde, le Tsimtsoum s'entend effectivement au sens littéral, mais il porte uniquement sur la Lumière. Selon la troisième, le Tsimtsoum est seulement une image, mais il s'applique aussi bien au Luminaire qu'à la Lumière. Selon la quatrième, enfin, le Tsimtsoum est une image, mais il ne s'exerça que sur la Lumière.

Comme on le sait, les opposants à la 'Hassidout, à l'époque de l'Admour Hazaken, adoptaient la première conception. Ils interprétaient l'affirmation du Zohar selon laquelle aucun endroit n'est vide de Lui, en affirmant que la divine Providence régla chaque détail de la création. En revanche, prétendre que l'Essence de Dieu se répand en tout endroit leur paraissait contredire les Lois relatives aux ruelles couvertes d'immondices. Les écrits publiés à l'époque du Baal Chem Tov et de l'Admour Hazaken, de même que d'autres références permettent d'établir qu'il en était bien ainsi.

La conception de l'auteur du Néfech Ha'haïm, dont vous faites mention dans votre lettre, est la troisième parmi celles qui viennent d'être définies. En ce sens, il fut en contradiction avec son maître, le Gaon de Vilna. Il semble, en effet, que Rabbi 'Haïm de Wologhin ait consulté les ouvrages de la 'Hassidout 'Habad, en particulier le Tanya, qu'il ait été influencé par cette lecture, bien que ceci ne puisse être établi de manière absolue.

En tout état de cause, notre conception est la quatrième. Le Tsimtsoum n'est en aucune façon à interpréter au sens littéral. De plus, il ne porte pas sur le Luminaire, mais uniquement sur la Lumière et, plus précisément sur sa partie la plus inférieure, comme l'expliquent les livres de la 'Hassidout 'Habad.

A l'heure actuelle, les livres et les écrits de la 'Hassidout 'Habad permettent de donner une juste définition du Tsimtsoum et celui qui désire la comprendre d'une manière claire, dans la mesure du possible, ne peut se passer de les consulter. Pour s'en convaincre, il suffit de comparer ce que dit la 'Hassidout à ce propos avec ce qui figure dans d'autres livres dont les auteurs, pour différentes raisons, n'ont, bien souvent, pas souhaité mener une analyse détaillée.

Je ne sais pas de quels livres vous disposez et quelles références je peux vous communiquer. Néanmoins, celles-ci sont nombreuses(...).

Je conclus en vous exprimant mon respect et en vous souhaitant tout le bien.

M. Schneerson

Notes

(1) 1939. (2) Binyaminsohn. (3) La contraction de la Lumière divine qui fut à l'origine de la création. (4) Vraisemblablement le Rav Eliézer Dessler qui, après avoir étudié le Tanya et le Néfech 'Haïm, en conclut que les conceptions de la 'Hassidout et de l'école du Gaon de Vilna étaient convergentes. Le Rabbi explique ici que la conception développée par Rabbi 'Haïm de Wologhin, dans le Néfech 'Haïm, diffère de celle de son maître, le Gaon de Vilna.

Lettre n°12

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°12, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Jeudi 20 Chevat 5699,

Au grand érudit, le Rav Israël Jacobson,

Je vous salue et vous bénis,

J'ai bien reçu votre lettre de la fin du mois de Tévet. Comme vous me l'avez demandé, je vous ai envoyé un télégramme le jour où j'ai mis à l'encaissement, ici-même, le chèque d'un montant de mille. Vous l'avez sans doute reçu en son temps.

Néanmoins, une telle dépense(1) est superflue et sans aucune justification, car, de façon générale, chaque chèque qui parvient ici est présenté à l'encaissement dès le lendemain, sauf, bien sûr, si c'est un Chabbat. A l'avenir, vous pourrez donc établir par vous-même la date d'encaissement du chèque.

La Torah considère avec parcimonie les biens des Juifs, qu'ils appartiennent à un individu, à une communauté ou même au Temple. Nous devons donc en faire de même.

Les chèques de 78, 250, 18 et 250 sont parvenus en leur temps. De même, j'ai déjà écrit au Rachal(2) que les 900 de Chicago étaient en ma possession.

Vous trouverez ci-jointe une lettre pour le Rachal et je vous remercie d'avance de bien vouloir la lui transmettre.

Je vous salue et vous souhaite tout le bien.

M. Schneerson

Notes

(1) Le prix du télégramme. (2) Rav Chmouël Levitin, émissaire du précédent Rabbi aux Etats Unis.

Lettre n°13

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°13, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Mena'hem Av 5699, Paris

Au grand érudit, le Rav Israël Jacobson,

Je vous salue et vous bénis,

Selon les instructions que j'ai reçues(1), je vous adresse ci-joint un chèque de quatre cent soixante dollars, relatif à ce qui a été dit à Ferthtalsdorf (2).

Comme je l'ai demandé dans mon télégramme, vous voudrez bien, dès sa réception, me prévenir, ici-même, par télégramme.

Vous voudrez bien également transmettre la lettre ci-jointe au Rachal. Je vous en remercie d'avance.

Je serais heureux d'avoir connaissance de vos réalisations positives et, en particulier, des résultats de la convention(3).

Je conclus en vous souhaitant tout le bien et en attendant votre confirmation,

M. S.

Notes

(1) Vraisemblablement du précédent Rabbi. (2) Où le Rav Jacobson avait rencontré le précédent Rabbi. (3) La conférence nationale des 'Hassidim 'Habad aux Etats Unis, qui avait eu lieu les 8 et 9 Tamouz 5699-1939.

Lettre n°14

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°14, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Dimanche 28 Mena'hem Av 5699, Paris

Au grand érudit, le Rav Yera'hmyël(1),

Je vous salue et vous bénis,

J'ai bien reçu votre lettre et j'en déduis que la mienne(2), définissant le Tsimtsoum, vous est parvenue.

Vous m'écrivez que les âmes des nations proviennent, selon le Tanya, des forces résolument impures, totalement étrangères au bien. Dès lors, comment dire que leurs bonnes actions ont une motivation égoïste? Comment les astreindre à la pratique des sept Mitsvot des descendants de Noa'h? Et comment les punir s'ils ne les respectent pas, alors qu'ils ne peuvent pas choisir le bien?

A mon sens, vous n'avez pas suffisamment développé votre question et je n'ai pas bien saisi quelle est votre difficulté.

Le Tanya dit que l'âme animale d'un Juif provient d'une force du mal dans laquelle se trouve une part de bien. C'est pour cela que les Juifs, de manière naturelle, tout comme le feu ne peut se séparer de la mèche, possèdent certaines qualités, comme la miséricorde. A l'opposé, les autres nations, issues des forces du mal dépourvues de tout bien, ne peuvent posséder ces qualités, car il est seulement dans la nature de celui qui est bon de faire le bien. En conséquence, leurs bons agissements ne peuvent avoir qu'une motivation égoïste.

Ainsi, Nabuchodonosor donna de la charité, sans que rien ne le pousse à le faire, mais uniquement pour que sa royauté se perpétue, dès lors qu'il sut que telle en était la condition. C'est pour cela qu'un non-Juif, comme le précise Rachi, regrette le bien qu'il a fait s'il n'obtient pas satisfaction. En l'occurrence, Nabuchodonosor voulait régner et sa motivation était bien égoïste.

L'obligation de respecter les sept Commandements des descendants de Noa'h et la punition lorsqu'on ne le fait pas ne sont pas liés au bien ou au mal de l'âme, mais plutôt à la capacité de se maîtriser, comme le dit le Rambam. Or, il est suffisant de respecter ces Commandements par crainte du châtiment, si on les transgresse. Bien plus, le Rambam dit qu'il peut en être de même pour un Juif, au moins dans un premier temps(...).

La 'Hassidout établit qu'un non-Juif faisant du bien accomplit une Mitsva, quelle que soit sa motivation, bien qu'il ne possède pas de nature positive. Bien plus, les forces du mal assument elles-mêmes une mission divine. Car, même si elles ne possèdent pas de bien, elles n'en sont pas moins animées d'une parcelle de sainteté. Si ce n'était le cas, d'où recevraient-elles leur vitalité? Néanmoins, cette parcelle est éloignée de sa source et obscurcie au point d'apparaître comme du mal et d'être insensible à la Divinité(...).

Je conclus en vous exprimant mon respect et en vous souhaitant tout le bien,

Notes

(1) Binyaminsohn. (2) La lettre n°11.

Lettre n°15

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°15, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[Rédigée avant 5700(1)]

Vous m'interrogez sur l'affirmation du Choul'han Arou'h selon laquelle un Cohen qui est atteint d'une malformation au visage ou aux mains ne doit pas prononcer la bénédiction des Cohanim. Vous vous demandez ce qu'il en est pour celui qui ne peut disjoindre les doigts(...).

Il me semble que celui qui ne peut séparer ses doigts doit néanmoins prononcer cette bénédiction, d'autant qu'à notre époque, tous les présents ont coutume de se couvrir la tête du Talith(2), lorsque l'on récite cette bénédiction(...).

Vous vous demandez s'il peut séparer ses doigts avec ses Tsitsits(...). Rien n'indique qu'une telle pratique soit interdite.

Il est aussi possible de maintenir les doigts séparés uniquement lorsque l'on prononce les mots de la bénédiction, ce qui demande peu de temps et doit donc pouvoir être fait aisément. On peut, du reste, se demander laquelle de ces deux méthodes est la meilleure(...).

Par ailleurs, vous me dites que, selon le Choul'han Arou'h, le Cohen maintient ses mains hors du Talith, pendant la bénédiction. Néanmoins, telle n'est pas la coutume en Pologne(3) et vous me demandez donc ce qu'il faut faire.

Il y a sans doute une coutume établie, à ce propos et il faut donc observer ce que font les Cohanim qui sont des 'Hassidim 'Habad(...).

Notes

(1) 1940. (2) Et ne voient donc pas le visage du Cohen pendant la bénédiction. (3) Où se trouvait, jusqu'à la guerre mondiale, la Yechiva Loubavitch.

Lettre n°16

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°16, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[28 tichri 1939 X/11 Paris

Mon cher Rabbin!

Je vous remercie pour votre lettre du 22 et 25 dernier. Nous n'avons aucunes nouvelles de nos parents. Par une lettre de Mr. Liberman nous avons appris qu'ils n'ont pas pu quitter Varsovie, et nous sommes tres inquiets a leur sujet.

Je vous aurais donne tres volontiers tous les dates et lieux de naissance de notre famille, comme vous l'avez demande pour vous faciliter d'obtenir les permits americains. Malheureusement je les ignore, sauf ceux de: Mendel Horenstein ne 5091 a Januszpol; Cheyna Horenstein nee 1904 a Lubawiecy; Haya Moussia Schneerson nee 13 Aout 1901 a Smolensk de Joseph et Dina; Mendel Schneerson ne 1 Mars 1895, de Leyvik et Chana Janowska, a Nicolaev; J'ai ecris a Mr. Liberman en le demandant de vous donner tous les renseignements necessaires, mais je trouve que cela serait tres utile, que vous de votre part, vous adressiez directement et sans retard a lui ou Mr. Dubin qu'ils vous fournissent les dates exactes.

J'ai aussi une faveur personnelle a vous demander : Il s'agit d'un ami intime de notre famille Mr. Alexandre Rainin habitant Paris, et il demande de lui obtenir un affidavite.

Il et son epouse Sylvia sont assez riches et n'auront besoin d'aucune aide pecuniaire.

Mes remerciements cordiaux a Mr. Haskind pour sa lettre

Je serais heureux de vous lire prochainement et je vous prie, Monsieur le Rabbin, d'agreer mes sentiments les plus distingues

M. Schneerson

Lettre n°17

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°17, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Paris 19/X 1939

Mon cher Rabbin !

Je vous accuse de votre estimée du 8 courant.

Certainement Mr. Liberman vous a signalé qu'hier il a reçu - je ne sais pas encore les détails - de notre père et de la famille, des nouvelles qu'ils sont en bonne santé.

Je suis sûr qu'il n'est pas nécessaire de vous demander d'accélérer les démarches pour obtenir les visas américains pour notre père et la famille et que vous faites tout votre possible.

Le salaire fixé pour notre père sera sûrement suffisant et à cause de cela il ne serait pas empêché d'obtenir son permit le plus tôt possible.

En espérant que vous avez reçu ma dernière lettre, je vous serai très obligé de bien vouloir me tenir au courant de vos démarches.

Agréer, Monsieur le Rabbin, mes remerciements et mes sentiments les plus dévoués

M. Schneerson

Lettre n°18

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°18, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Paris 9/XI 1939

Mon cher Rabbin,

Je viens de recevoir votre estimée du 30 dernier.

Je vous remercie chaleureusement pour votre lettre circonstanciée, étant donné que nous demeurons sans nouvelles de toute notre famille depuis le 19 Octobre et nous sommes très inquiets à leur sujet.

Je vous prie, cher Rabbin, de bien vouloir nous informer quand vous aurez quelques nouvelles sur notre père et la famille.

Nous sommes bien portants et en espérant vous lire prochainement

Agréez, Monsieur le Rabbin, mes amitiés cordiales

M. Schneerson

Lettre n°19

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°19, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Paris 17/XI 1939

Mon cher Rabbin !

J'ai reçu aujourd'hui une lettre de Mr. Liberman et je me dépêche de vous dire ce qu'il nous écrit.

L'immeuble de Szmotkin à Varsovie où avait habité mon père avec la famille a été complètement détruit par un incendie. Dieu soit loué, qu'ils sont tous sains et saufs.

Dans l'incendie, ils ont perdu tous leurs effets, de façon que, comme il parait, ils n'ont rien à se couvrir.

(Ils ont eu le courage de sauver les manuscrits. La bibliothèque est restée à Otwock.)

Depuis lors, ils habitent chez Mr. Hirz Gurarie.

Je suis sûr, mon cher Rabbin, que vous faites tout ce qui est en vos moyens pour leur venir à l'aide et surtout pour les faire sortir le plutôt possible, vu leur situation.

Agréer, mon cher Rabbin, mes amitiés, les plus distinguées

M. Schneerson

Lettre n°20

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°20, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Iyar 5702(1)

A notre ami, le Rav célèbre et distingué, Rav Moché Pin'has

HaCohen Kats, Newark

Je vous salue et vous bénis,

Nous vous remercions pour les remarques que vous nous avez adressées à propos des conversations avec les jeunes(2). Ce que vous nous indiquez au premier paragraphe sera rectifié, avec l'aide de Dieu, dans les prochaines parutions.

Il est en revanche difficile de prendre en compte votre seconde remarque dans une publication destinée à des enfants. Ceux-ci ne comprendraient pas que l'on parle du défunt(3). Auparavant, on employait bien, au 'Héder, le mot mort, comme, par exemple, dans l'expression Yaakov notre père n'est pas mort. Nous le développerons plus loin.

Pour ce qui est de votre troisième remarque, il s'agissait, en l'occurrence, de décrire la forme des instruments(4) et non de souligner qu'ils étaient recouverts d'or. C'est pour cela que la couverture des poutres n'a pas été abordée.

De façon générale, nous avons été satisfaits de constater que vous lisez attentivement les conversations. Si vous avez, à l'avenir, d'autres remarques, vous voudrez bien nous les faire parvenir et nous les étudierons.

Nous saisissons cette occasion pour vous demander de diffuser les conversations dans votre entourage. Cette publication est de valeur et vous avez sans doute pu constater qu'elle est très utile pour les jeunes. Nous serions heureux d'avoir connaissance de ce que vous pourrez faire en la matière.

Avec mes respects et ma bénédiction de délivrance immédiate,

Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h

L'expression notre père Yaakov n'est pas mort est à interpréter au sens moral et non physique(...). Pour autant, il connut bien l'élévation avec son corps. Cette analyse pourrait être précisée.

Notes

(1) 1942. (2) Publication du mouvement Loubavitch destinée à la jeunesse qui fut édité, par ronéotype, à partir de 'Hanouka 5702-1941 et, sous forme de fascicules imprimés, dès Tévet 5703-1943. (3) La revue disait que Eléazar le Juste mourut dans de grandes souffrances. (4) Du Temple, qui étaient décrits dans la livraison d'Adar.

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