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Vayikra (Lévitique) — chapitre 27

Texte hébreu (avec taamim), traduction française et commentaire de Rachi traduit en français, verset par verset. Sommaire du Houmash.

Verset 1

וַיְדַבֵּ֥ר יְהוָ֖ה אֶל־מֹשֶׁ֥ה לֵּאמֹֽר׃

L'Éternel parla à Moïse en ces termes

Verset 2

דַּבֵּ֞ר אֶל־בְּנֵ֤י יִשְׂרָאֵל֙ וְאָֽמַרְתָּ֣ אֲלֵהֶ֔ם אִ֕ישׁ כִּ֥י יַפְלִ֖א נֶ֑דֶר בְּעֶרְכְּךָ֥ נְפָשֹׁ֖ת לַֽיהוָֽה׃

"Parle aux enfants d'Israël et dis leur Si quelqu'un promet expressément par un vœu la valeur estimative d'une personne à l'Éternel,

Rachi (2)

Lorsqu’il formulera. En l’explicitant par la bouche.

Selon l’évaluation des âmes. Pour donner la valeur correspondant à sa propre vie en disant : « Je m’impose d’offrir la valeur de telle partie du corps dont la fonction est vitale ».

Verset 3

וְהָיָ֤ה עֶרְכְּךָ֙ הַזָּכָ֔ר מִבֶּן֙ עֶשְׂרִ֣ים שָׁנָ֔ה וְעַ֖ד בֶּן־שִׁשִּׁ֣ים שָׁנָ֑ה וְהָיָ֣ה עֶרְכְּךָ֗ חֲמִשִּׁ֛ים שֶׁ֥קֶל כֶּ֖סֶף בְּשֶׁ֥קֶל הַקֹּֽדֶשׁ׃

appliquée à un homme de l'âge de vingt à soixante ans cette valeur sera de cinquante sicles d'argent au poids du sanctuaire

Rachi (2)

L’évaluation (‘erkekha) sera. Le mot ‘èrekh (« évaluation ») ne signifie pas ici : « valeur marchande ». Que celle-ci soit élevée ou modique, cette évaluation dépend de l’âge ainsi qu’elle est fixée dans le présent chapitre.

L’évaluation (‘èrkekha). Equivalent de ‘èrekh (« évaluation », le mot non accompagné d’un adjectif possessif). Je ne connais pas l’origine du doublement du kaf.

Verset 4

וְאִם־נְקֵבָ֖ה הִ֑וא וְהָיָ֥ה עֶרְכְּךָ֖ שְׁלֹשִׁ֥ים שָֽׁקֶל׃

et s'il s'agit d'une femme le taux sera de trente sicles

Verset 5

וְאִ֨ם מִבֶּן־חָמֵ֜שׁ שָׁנִ֗ים וְעַד֙ בֶּן־עֶשְׂרִ֣ים שָׁנָ֔ה וְהָיָ֧ה עֶרְכְּךָ֛ הַזָּכָ֖ר עֶשְׂרִ֣ים שְׁקָלִ֑ים וְלַנְּקֵבָ֖ה עֲשֶׂ֥רֶת שְׁקָלִֽים׃

Depuis l'âge de cinq ans jusqu'à l'âge de vingt ans le taux sera pour le sexe masculin de vingt sicles pour le sexe féminin de dix sicles

Rachi (1)

Et s’il a depuis l’âge de cinq ans. Ce n’est pas l’enfant qui formule le nédèr, car les engagements d’un enfant n’ont aucune valeur (‘Arkhin 2a), mais c’est un adulte qui déclare : « Je m’impose d’offrir la valeur de cet enfant âgé de cinq ans. »

Verset 6

וְאִ֣ם מִבֶּן־חֹ֗דֶשׁ וְעַד֙ בֶּן־חָמֵ֣שׁ שָׁנִ֔ים וְהָיָ֤ה עֶרְכְּךָ֙ הַזָּכָ֔ר חֲמִשָּׁ֥ה שְׁקָלִ֖ים כָּ֑סֶף וְלַנְּקֵבָ֣ה עֶרְכְּךָ֔ שְׁלֹ֥שֶׁת שְׁקָלִ֖ים כָּֽסֶף׃

Depuis l'âge d'un mois jusqu'à l'âge de cinq ans le taux d'un garçon sera de cinq sicles d'argent et celui d'une fille de trois sicles d'argent

Verset 7

וְ֠אִם מִבֶּן־שִׁשִּׁ֨ים שָׁנָ֤ה וָמַ֨עְלָה֙ אִם־זָכָ֔ר וְהָיָ֣ה עֶרְכְּךָ֔ חֲמִשָּׁ֥ה עָשָׂ֖ר שָׁ֑קֶל וְלַנְּקֵבָ֖ה עֲשָׂרָ֥ה שְׁקָלִֽים׃

Depuis l'âge de soixante ans et au delà si c'est un homme le taux sera de quinze sicles et pour une femme il sera de dix sicles

Rachi (1)

Et s’il a depuis l’âge de soixante ans. Lorsque la femme vieillit, sa valeur se rapproche de celle de l’homme. C’est ainsi que celle de l’homme vieillissant diminue de plus d’un tiers, tandis que celle de la femme ne diminue que d’un tiers. Comme disent les gens, « un vieil homme dans la maison : une charge dans la maison ; une vieille femme dans la maison : un magot dans la maison, et un signe de bon augure dans la maison » (‘Arkhin 19a).

Verset 8

וְאִם־מָ֥ךְ הוּא֙ מֵֽעֶרְכֶּ֔ךָ וְהֶֽעֱמִידוֹ֙ לִפְנֵ֣י הַכֹּהֵ֔ן וְהֶֽעֱרִ֥יךְ אֹת֖וֹ הַכֹּהֵ֑ן עַל־פִּ֗י אֲשֶׁ֤ר תַּשִּׂיג֙ יַ֣ד הַנֹּדֵ֔ר יַֽעֲרִיכֶ֖נּוּ הַכֹּהֵֽן׃

S'il est impuissant à payer la taxe il mettra la personne en présence du pontife et celui ci l'estimera c'est d'après les moyens du donateur que le pontife fera l'estimation

Rachi (3)

Et s’il est plus pauvre. Et que ses moyens ne lui permettent pas de donner cette contre-valeur-là.

Il le fera se tenir. La personne à évaluer, devant le kohen, et celui-ci l’évaluera selon les moyens de celui qui a formé le nédèr.

Conformément à ce qu’atteindra. Il statuera selon l’état de sa fortune, mais il lui laissera ce dont il a besoin pour subsister : un lit, une paillasse, un coussin et de l’outillage. À un ânier il laissera son âne (‘Arkhin 23b).

Verset 9

וְאִ֨ם־בְּהֵמָ֔ה אֲשֶׁ֨ר יַקְרִ֧יבוּ מִמֶּ֛נָּה קָרְבָּ֖ן לַֽיהוָ֑ה כֹּל֩ אֲשֶׁ֨ר יִתֵּ֥ן מִמֶּ֛נּוּ לַֽיהוָ֖ה יִֽהְיֶה־קֹּֽדֶשׁ׃

Si c'est un animal dont on puisse faire une offrande à l'Éternel tout ce qu'on aura voué à l'Éternel deviendra une chose sainte

Rachi (1)

Tout ce qu’il en donnera. S’il a dit : « Que le pied de cet animal soit une ‘ola ! », ce qu’il a déclaré est valable. On vendra la bête pour les besoins d’une ‘ola et sa valeur ne sera pas consacrée hormis celle du membre ainsi dédié (‘Arkhin 5a).

Verset 10

לֹ֣א יַֽחֲלִיפֶ֗נּוּ וְלֹֽא־יָמִ֥יר אֹת֛וֹ ט֥וֹב בְּרָ֖ע אוֹ־רַ֣ע בְּט֑וֹב וְאִם־הָמֵ֨ר יָמִ֤יר בְּהֵמָה֙ בִּבְהֵמָ֔ה וְהָֽיָה־ה֥וּא וּתְמֽוּרָת֖וֹ יִֽהְיֶה־קֹּֽדֶשׁ׃

On ne peut ni le changer ni le remplacer bon par un défectueux défectueux par un meilleur si toutefois on avait remplacé cet animal par un ' autre l'animal et son remplaçant seront également saints

Rachi (2)

Un bon par un mauvais. Un animal sans défaut par un porteur de défaut corporel.

Ou un mauvais par un bon. Et à plus forte raison un bon par un bon ou un mauvais par un mauvais (Temoura 9a).

Verset 11

וְאִם֙ כָּל־בְּהֵמָ֣ה טְמֵאָ֔ה אֲ֠שֶׁר לֹֽא־יַקְרִ֧יבוּ מִמֶּ֛נָּה קָרְבָּ֖ן לַֽיהוָ֑ה וְהֶֽעֱמִ֥יד אֶת־הַבְּהֵמָ֖ה לִפְנֵ֥י הַכֹּהֵֽן׃

Si c'est quelque animal impur dont on ne puisse faire offrande à l'Éternel on amènera l'animal en présence du pontife

Rachi (1)

Et si tout animal impur. Le texte parle ici d’un animal porteur d’un défaut corporel et donc inapte à être sacrifié, et il t’enseigne que les offrandes sans défaut ne peuvent perdre leur caractère sacré au moyen d’un rachat à moins d’avoir contracté un défaut (Mena‘hoth 101a, Temoura 32b).

Verset 12

וְהֶֽעֱרִ֤יךְ הַכֹּהֵן֙ אֹתָ֔הּ בֵּ֥ין ט֖וֹב וּבֵ֣ין רָ֑ע כְּעֶרְכְּךָ֥ הַכֹּהֵ֖ן כֵּ֥ן יִֽהְיֶֽה׃

celui ci l'estimera d'après ses qualités bonnes ou mauvaises l'estimation du pontife fera loi

Rachi (1)

Selon l’évaluation du pontife pour toi, ainsi sera-t-il. Pour toute autre personne qui vient l’acheter au sanctuaire.

Verset 13

וְאִם־גָּאֹ֖ל יִגְאָלֶ֑נָּה וְיָסַ֥ף חֲמִֽישִׁת֖וֹ עַל־עֶרְכֶּֽךָ׃

Si la personne veut ensuite le racheter elle donnera un cinquième en sus de l'estimation

Rachi (1)

Et si rédimer, il le rédimera. Le texte, en stipulant un supplément d’un cinquième, se montre plus rigoureux envers les propriétaires. Il en est de même pour celui qui consacre une maison ou un champ ou qui rachète le ma‘assér chéni : les propriétaires doivent ajouter un cinquième, ce dont sont dispensés les autres (‘Arkhin 25a).

Verset 14

וְאִ֗ישׁ כִּֽי־יַקְדִּ֨שׁ אֶת־בֵּית֥וֹ קֹ֨דֶשׁ֙ לַֽיהוָ֔ה וְהֶֽעֱרִיכוֹ֙ הַכֹּהֵ֔ן בֵּ֥ין ט֖וֹב וּבֵ֣ין רָ֑ע כַּֽאֲשֶׁ֨ר יַֽעֲרִ֥יךְ אֹת֛וֹ הַכֹּהֵ֖ן כֵּ֥ן יָקֽוּם׃

Si un homme a consacré sa maison comme chose sainte à l'Éternel le pontife l'estimera selon ses avantages ou ses défauts telle le pontife l'aura appréciée telle elle sera acquise

Verset 15

וְאִ֨ם־הַמַּקְדִּ֔ישׁ יִגְאַ֖ל אֶת־בֵּית֑וֹ וְ֠יָסַף חֲמִישִׁ֧ית כֶּֽסֶף־עֶרְכְּךָ֛ עָלָ֖יו וְהָ֥יָה לֽוֹ׃

Mais si le consécrateur veut racheter sa maison il ajoutera un cinquième en sus du prix estimé et elle sera à lui

Verset 16

וְאִ֣ם ׀ מִשְּׂדֵ֣ה אֲחֻזָּת֗וֹ יַקְדִּ֥ישׁ אִישׁ֙ לַֽיהוָ֔ה וְהָיָ֥ה עֶרְכְּךָ֖ לְפִ֣י זַרְע֑וֹ זֶ֚רַע חֹ֣מֶר שְׂעֹרִ֔ים בַּֽחֲמִשִּׁ֖ים שֶׁ֥קֶל כָּֽסֶף׃

Si un homme a consacré à l'Éternel une partie de sa terre patrimoniale l'estimation s'en fera d'après la contenance en grains la contenance d'un hômer d'orge valant cinquante sicles d'argent

Rachi (1)

L’évaluation sera selon son ensemencement. Et non selon sa valeur marchande. Qu’une terre soit de bonne ou de mauvaise qualité, la valeur de leur rachat après dédicace est la même (‘Arkhin 14a) : celle d’un terrain dont la superficie permet d’ensemencer un kour d’orge est de cinquante chèqels. C’est là une loi correspondant à la volonté pure du texte (guezérath hakathouv). Cela n’est cependant le cas que pour un rachat en début de jubilé. Car pour un rachat au milieu de cette période, on paiera proportionnellement un sèla’ et un poundyon par année, car la consécration suit le nombre d’années du jubilé (‘Arkhin 25a). Si le propriétaire le rachète, c’est bien. Sinon, le trésorier du sanctuaire le vendra au même prix à une tierce personne, laquelle le conservera jusqu’au jubilé, comme c’est le cas pour toutes les terres vendues. Lorsqu’elle en sera dépossédée, il sera attribué aux kohanim qui seront de garde à l’arrivée du jubilé et ils se le partageront entre eux. Telle est la loi applicable à celui qui consacre une terre, et je vais maintenant l’expliquer dans l’ordre des versets.

Verset 17

אִם־מִשְּׁנַ֥ת הַיֹּבֵ֖ל יַקְדִּ֣ישׁ שָׂדֵ֑הוּ כְּעֶרְכְּךָ֖ יָקֽוּם׃

Si donc il a consacré sa terre dès l'année du Jubilé c'est à ce taux qu'elle sera acquise

Rachi (2)

S’il consacre son champ dès l’année du jubilé…. S’il l’a consacré dès la fin du jubilé et qu’il veuille aussitôt le racheter.

Il se tiendra selon l’évaluation. Il en sera selon l’évaluation dont on a parlé : il donnera cinquante chèqels d’argent (‘Arkhin 24b).

Verset 18

וְאִם־אַחַ֣ר הַיֹּבֵל֮ יַקְדִּ֣ישׁ שָׂדֵהוּ֒ וְחִשַּׁב־ל֨וֹ הַכֹּהֵ֜ן אֶת־הַכֶּ֗סֶף עַל־פִּ֤י הַשָּׁנִים֙ הַנּ֣וֹתָרֹ֔ת עַ֖ד שְׁנַ֣ת הַיֹּבֵ֑ל וְנִגְרַ֖ע מֵֽעֶרְכֶּֽךָ׃

s'il l'a consacrée postérieurement au Jubilé le pontife en supputera le prix en raison des années à courir jusqu'à l'an jubilaire et il sera fait une déduction sur le taux

Rachi (3)

Et s’il consacre après le jubilé. Il en est de même s’il l’a consacré dès l’année du jubilé, si après que la terre est restée entre les mains du trésorier du sanctuaire, il veuille la racheter après le jubilé.

Le pontife lui calculera l’argent conformément aux années qui sont en surplus. Selon le calcul que voici : La valeur ayant été fixée à cinquante chèqels pour quarante-neuf années, cela fait un chèqel par an, plus un chèqel à répartir sur la durée totale. Or, un chèqel vaut quarante-huit poundyons, ce qui fait un sèla’ et un poundyon par an. Il manquera cependant un poundyon sur l’ensemble. Nos maîtres ont enseigné que ce poundyon constitue la commission du changeur (Bekhoroth 50a), et celui qui veut racheter le champ paiera un sèla’ et un poundyon pour chacune des années à courir jusqu’à celle du jubilé.

Il sera diminué de l’évaluation. D’un montant correspondant au nombre d’années à courir depuis le jubilé jusqu’au rachat.

Verset 19

וְאִם־גָּאֹ֤ל יִגְאַל֙ אֶת־הַשָּׂדֶ֔ה הַמַּקְדִּ֖ישׁ אֹת֑וֹ וְ֠יָסַף חֲמִשִׁ֧ית כֶּֽסֶף־עֶרְכְּךָ֛ עָלָ֖יו וְקָ֥ם לֽוֹ׃

Que si celui là même qui a consacré la terre veut la racheter il paiera un cinquième en sus du prix estimé et elle lui restera

Rachi (1)

Et si rédimer, celui qui le consacre rédimera. Il ajoutera un cinquième à ce montant.

Verset 20

וְאִם־לֹ֤א יִגְאַל֙ אֶת־הַשָּׂדֶ֔ה וְאִם־מָכַ֥ר אֶת־הַשָּׂדֶ֖ה לְאִ֣ישׁ אַחֵ֑ר לֹ֥א יִגָּאֵ֖ל עֽוֹד׃

Mais s'il ne rachète point cette terre ou qu'on l'ait vendue à quelque autre elle ne pourra plus être rachetée

Rachi (3)

Et s’il ne rachète pas le champ. Celui qui l’a consacré (‘Arkhin 25b).

Et s’il a vendu. Le trésorier du sanctuaire.

Le champ à un autre homme, il ne sera plus racheté. Pour faire retour dans le patrimoine de celui qui l’a consacré.

Verset 21

וְהָיָ֨ה הַשָּׂדֶ֜ה בְּצֵאת֣וֹ בַיֹּבֵ֗ל קֹ֛דֶשׁ לַֽיהוָ֖ה כִּשְׂדֵ֣ה הַחֵ֑רֶם לַכֹּהֵ֖ן תִּֽהְיֶ֥ה אֲחֻזָּתֽוֹ׃

de sorte que cette terre devenant libre au Jubilé se trouvera consacrée à l'Éternel comme une terre dévouée c'est le pontife qui en aura la propriété

Rachi (2)

Le champ sera, à sa sortie au jubilé. Du patrimoine de celui qui l’a acquis du trésorier du sanctuaire, comme c’est le cas de toutes les terres qui échappent à leurs acquéreurs lors du jubilé.

Sainteté à Hachem. Non pas qu’il revienne aux mains du trésorier comme contribution aux dépenses d’entretien du sanctuaire, mais en tant que « terre vouée », comme il est écrit : « Toute chose vouée en Israël sera à toi » (Bamidbar 18, 14). Il sera lui aussi partagé entre les kohanim qui seront de garde le Yom Kippour de l’arrivée du jubilé (‘Arkhin 28b).

Verset 22

וְאִם֙ אֶת־שְׂדֵ֣ה מִקְנָת֔וֹ אֲשֶׁ֕ר לֹ֖א מִשְּׂדֵ֣ה אֲחֻזָּת֑וֹ יַקְדִּ֖ישׁ לַֽיהוָֽה׃

Si ce qu'il a consacré à l'Éternel est une terre achetée par lui qui ne fasse point partie de son bien patrimonial,

Rachi (1)

Et si le champ de son achat…. Il existe une différence entre une terre achetée et une terre de tenure, en ce qu’une terre achetée ne sera pas donnée en partage aux kohanim lors du jubilé étant donné qu’on ne peut la consacrer que jusqu’au jubilé. Elle a en effet pour vocation, lors du jubilé, de repasser du patrimoine de l’acquéreur dans celui du vendeur. C’est pourquoi, en cas de rachat, le prix en sera celui fixé pour une terre de tenure. Et si on ne la rachète pas et que le trésorier du sanctuaire la vende à une tierce personne, ou si le vendeur ne la rachète pas lui-même, « dans l’année du jubilé, le champ retournera à “celui de qui” il l’a acheté » (verset 24), ce qui veut dire à « celui qui » l’avait consacré. Mais peut-être soutiendras-tu que « celui de qui il l’a acheté » est le dernier acquéreur, à savoir le trésorier du sanctuaire. C’est pourquoi s’impose la précision : « à celui qui a la tenure de la terre », comme héritage venu des ancêtres, ceux-là mêmes qui, propriétaires primitifs, l’ont vendue à celui qui l’a consacrée (‘Arkhin 26b).

Verset 23

וְחִשַּׁב־ל֣וֹ הַכֹּהֵ֗ן אֵ֚ת מִכְסַ֣ת הָֽעֶרְכְּךָ֔ עַ֖ד שְׁנַ֣ת הַיֹּבֵ֑ל וְנָתַ֤ן אֶת־הָֽעֶרְכְּךָ֙ בַּיּ֣וֹם הַה֔וּא קֹ֖דֶשׁ לַֽיהוָֽה׃

le pontife supputera à son égard la portion du taux à payer jusqu'à l'an jubilaire et l'on paiera ce taux le jour même comme chose consacrée à l'Éternel

Verset 24

בִּשְׁנַ֤ת הַיּוֹבֵל֙ יָשׁ֣וּב הַשָּׂדֶ֔ה לַֽאֲשֶׁ֥ר קָנָ֖הוּ מֵֽאִתּ֑וֹ לַֽאֲשֶׁר־ל֖וֹ אֲחֻזַּ֥ת הָאָֽרֶץ׃

A l'époque du Jubilé cette terre fera retour à celui de qui on l'avait achetée qui la possédait comme fonds patrimonial

Verset 25

וְכָ֨ל־עֶרְכְּךָ֔ יִֽהְיֶ֖ה בְּשֶׁ֣קֶל הַקֹּ֑דֶשׁ עֶשְׂרִ֥ים גֵּרָ֖ה יִֽהְיֶ֥ה הַשָּֽׁקֶל׃

Or toute évaluation se fera d'après le sicle du sanctuaire vingt ghêra formant un sicle

Rachi (2)

Et toute l’évaluation selon le chèqel du sanctuaire. Toute évaluation libellée en chèqels sera en chèqels du sanctuaire.

Vingt guéra. Vingt ma‘a, telle était la valeur à l’origine. Mais on a ajouté plus tard un sixième à sa valeur (Bekhoroth 50a). C’est ce qu’ont enseigné nos maîtres : Un dinar vaut six ma‘a d’argent, et un sèla’ vaut vingt-quatre ma‘a.

Verset 26

אַךְ־בְּכ֞וֹר אֲשֶׁר־יְבֻכַּ֤ר לַֽיהוָה֙ בִּבְהֵמָ֔ה לֹֽא־יַקְדִּ֥ישׁ אִ֖ישׁ אֹת֑וֹ אִם־שׁ֣וֹר אִם־שֶׂ֔ה לַֽיהוָ֖ה הֽוּא׃

Quant au premier né d'un animal lequel appartient par sa naissance à l'Éternel on ne pourra le consacrer grosse ou menue bête il est à l'Éternel

Rachi (1)

Un homme ne le consacrera pas. En vue d’une autre offrande, car il ne lui appartient pas (‘Arkhin 29a).

Verset 27

וְאִ֨ם בַּבְּהֵמָ֤ה הַטְּמֵאָה֙ וּפָדָ֣ה בְעֶרְכֶּ֔ךָ וְיָסַ֥ף חֲמִֽשִׁת֖וֹ עָלָ֑יו וְאִם־לֹ֥א יִגָּאֵ֖ל וְנִמְכַּ֥ר בְּעֶרְכֶּֽךָ׃

S'il s'agit d'un animal impur on pourra le racheter au taux ajoutant le cinquième en sus s'il n'a pas été racheté il sera vendu d'après le taux

Rachi (4)

Et si c’est dans l’animal (behéma) l’impur. Le présent verset ne s’applique pas à la behéma première-née, car on ne peut pas dire à son sujet : « il le rachètera selon l’évaluation ». Il ne s’applique pas non plus à l’âne, car le rachat de son premier-né ne se fait que par un agneau (Chemoth 13, 13), lequel est donné au kohen et non au sanctuaire. Le texte s’applique ici à un animal consacré. Le texte parlait plus haut du rachat d’une behéma pure qui a contracté un défaut, tandis qu’il s’agit ici d’une behéma impure que l’on a consacrée comme contribution aux dépenses d’entretien du sanctuaire (Temoura 32b).

Il le rachètera selon l’évaluation. Selon l’évaluation faite par le kohen.

Et s’il n’est pas rédimé. Par le propriétaire.

Il sera vendu selon l’évaluation. À une tierce personne.

Verset 28

אַךְ־כָּל־חֵ֡רֶם אֲשֶׁ֣ר יַֽחֲרִם֩ אִ֨ישׁ לַֽיהוָ֜ה מִכָּל־אֲשֶׁר־ל֗וֹ מֵֽאָדָ֤ם וּבְהֵמָה֙ וּמִשְּׂדֵ֣ה אֲחֻזָּת֔וֹ לֹ֥א יִמָּכֵ֖ר וְלֹ֣א יִגָּאֵ֑ל כָּל־חֵ֕רֶם קֹֽדֶשׁ־קָֽדָשִׁ֥ים ה֖וּא לַֽיהוָֽה׃

Mais toute chose dévouée qu'un homme aurait dévouée à l'Éternel parmi ses propriétés que ce soit une personne une bête ou un champ patrimonial elle ne pourra être ni vendue ni rachetée toute chose dévouée devient une sainteté éminente réservée à l'Éternel

Rachi (4)

Toutefois, toute chose vouée. Nos maîtres sont en désaccord sur la chose (‘Arkhin 28b – 29a) : Certains enseignent que toute chose vouée sans autre précision revient au sanctuaire. Comment expliquer alors : « toute chose vouée en Israël sera à toi [le kohen] » (Bamidbar 18, 14) ? Il s’agit des choses vouées au profit des kohanim, comme dans le cas où l’on aura déclaré explicitement : « Que cette chose soit vouée au kohen ! » D’autres soutiennent que c’est aux kohanim que revient toute chose vouée sans autre précision.

Elle ne sera pas vendue et elle ne sera pas rédimée. Mais elle sera donnée au kohen. Celui qui professe que toute chose vouée sans autre précision revient aux kohanim expliquera le présent verset comme s’appliquant aux choses vouées sans autre précision, et celui qui est de l’avis que toute chose vouée sans autre précision revient au sanctuaire comme contribution aux dépenses d’entretien l’expliquera comme s’appliquant aux choses vouées explicitement aux kohanim (‘Arkhin 28a). Car tous s’accordent à dire que les choses vouées aux kohanim ne peuvent faire l’objet d’un rachat avant d’être entrées en la possession d’un kohen, tandis que celles vouées au sanctuaire peuvent être rachetées tout de suite.

Toute chose vouée est une sainteté des saintetés pour Hachem. Celui qui professe que toute chose vouée sans autre précision revient au sanctuaire en trouve ici la preuve, tandis que celui qui est de l’avis que toute chose vouée sans autre précision revient aux kohanim explique le membre de phrase : « toute chose vouée est une sainteté des saintetés pour Hachem » comme voulant dire que les choses vouées aux kohanim sont les qodchei qodachim et les qodachim qalim que l’on donne au kohen. Ainsi que nous l’apprenons dans le traité ‘Arkhin (28b), « si c’est un nédèr, on donne leur valeur complète, si c’est une nedava la valeur du service rendu. »

De l’homme. Si par exemple on a voué ses serviteurs et ses servantes kena‘anis (‘Arkhin 28a).

Verset 29

כָּל־חֵ֗רֶם אֲשֶׁ֧ר יָֽחֳרַ֛ם מִן־הָֽאָדָ֖ם לֹ֣א יִפָּדֶ֑ה מ֖וֹת יוּמָֽת׃

Tout anathème qui aura été prononcé sur un homme est irrévocable il faudra qu'il meure

Rachi (2)

Toute chose vouée qu’on a vouée…. Celui qui dit d’un condamné à mort qu’on mène à l’exécution : « Je m’impose d’offrir la valeur de cet homme ! » n’a rien dit de valable.

Mourir, il sera mis à mort. Puisqu’il va à la mort, il ne peut pas être racheté. Il ne vaut plus rien et ne peut pas être évalué (‘Arkhin 6b).

Verset 30

וְכָל־מַעְשַׂ֨ר הָאָ֜רֶץ מִזֶּ֤רַע הָאָ֨רֶץ֙ מִפְּרִ֣י הָעֵ֔ץ לַֽיהוָ֖ה ה֑וּא קֹ֖דֶשׁ לַֽיהוָֽה׃

Toute dîme de la terre prélevée sur la semence du sol ou sur le fruit des arbres appartient à l'Éternel elle lui est consacrée

Rachi (4)

Et toute la dîme (ma‘assér) du pays. Le texte parle ici du ma‘assér chéni.

De l’ensemencement de la terre. Le blé.

Du fruit de l’arbre. Le vin et l’huile.

Pour Hachem. C’est Lui qui l’a acquise et Il t’ordonne de la porter et de la consommer à Sa table à Jérusalem, comme il est écrit (Devarim 14, 23) : « Tu mangeras devant Hachem ton Éloqim […] le ma‘assér de tes céréales, de ton moût et de ton huile » (Qiddouchin 53a).

Verset 31

וְאִם־גָּאֹ֥ל יִגְאַ֛ל אִ֖ישׁ מִמַּֽעַשְׂר֑וֹ חֲמִֽשִׁית֖וֹ יֹסֵ֥ף עָלָֽיו׃

Et si quelqu'un veut racheter une partie de sa dîme il y joindra le cinquième en sus

Rachi (1)

De sa dîme (ma‘assero). Et non de celle d’un autre. Celui qui rachète le ma‘assér de son prochain n’ajoute pas un cinquième. Et à quoi ce rachat sert-il ? Il lui permet de la consommer en tous lieux. Quant à l’argent, il l’emportera à Jérusalem pour l’y consommer, comme il est écrit (Devarim 14, 26) : « Tu donneras l’argent pour tout ce que désirera ton âme… » (Qiddouchin 24a).

Verset 32

וְכָל־מַעְשַׂ֤ר בָּקָר֙ וָצֹ֔אן כֹּ֥ל אֲשֶׁר־יַֽעֲבֹ֖ר תַּ֣חַת הַשָּׁ֑בֶט הָֽעֲשִׂירִ֕י יִֽהְיֶה־קֹּ֖דֶשׁ לַֽיהוָֽה׃

Pour la dîme quelle qu'elle soit du gros et du menu bétail de tous les animaux qui passeront sous la verge le dixième sera consacré à l'Éternel

Rachi (2)

Sous la badine. Lorsqu’on prélève le ma‘assér, on fait passer les bêtes l’une après l’autre par une porte, et l’on frappe la dixième avec une badine teinte en rouge pour la noter visiblement comme un ma‘assér (Bekhoroth 58b). On procède ainsi chaque année pour les agneaux et pour les veaux.

Sera sainteté. En présentant sur l’autel son sang et ses parties grasses, la viande étant en revanche consommée par les propriétaires car elle n’est pas énumérée parmi les parties attribuées aux kohanim, et nous ne trouvons nulle part que la viande doive être donnée à ces derniers.

Verset 33

לֹ֧א יְבַקֵּ֛ר בֵּֽין־ט֥וֹב לָרַ֖ע וְלֹ֣א יְמִירֶ֑נּוּ וְאִם־הָמֵ֣ר יְמִירֶ֔נּוּ וְהָֽיָה־ה֧וּא וּתְמֽוּרָת֛וֹ יִֽהְיֶה־קֹּ֖דֶשׁ לֹ֥א יִגָּאֵֽל׃

On n'examinera point s'il est bon ou vicieux et on ne le remplacera point si toutefois on l'a remplacé lui et son remplaçant seront également saints il n'y aura point de rachat "

Rachi (1)

Il ne contrôlera pas…. Puisqu’il est écrit : « et tout le choix de vos nedarim » (Devarim 12, 11), j’aurais pu penser qu’il fallût choisir le meilleur. Aussi est-il écrit : « Il ne contrôlera pas entre bon et mauvais… ». Qu’il soit sans défaut ou porteur d’un défaut corporel, il est sanctifié. Non pas que l’on puisse présenter en offrande un animal porteur de défaut, mais on pourra le consommer à titre de ma‘assér et il est interdit de le tondre ou de le faire travailler (Bekhoroth 14b).

Verset 34

אֵ֣לֶּה הַמִּצְו֗‍ֹת אֲשֶׁ֨ר צִוָּ֧ה יְהוָ֛ה אֶת־מֹשֶׁ֖ה אֶל־בְּנֵ֣י יִשְׂרָאֵ֑ל בְּהַ֖ר סִינָֽי׃

Tels sont les commandements que l'Éternel donna à Moïse pour les enfants d'Israël au mont Sinaï

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