"Ne vous faites point de faux dieux n'érigez point chez vous image ni monument et ne mettez point de pierre symbolique dans votre pays pour vous y prosterner car c'est moi Éternel qui suis votre Dieu
Rachi (3)
Vous ne vous ferez pas d’idoles. Ce texte s’applique à celui qui s’est vendu à un païen, afin qu’il ne dise pas : « Puisque mon maître se livre à la débauche, je vais faire comme lui ! Puisque mon maître adore les idoles, je vais faire comme lui ! Puisque mon maître profane le Chabath, je vais faire comme lui ! » Voilà la raison de ces versets. Tous les passages qui précèdent sont rédigés, de plus, selon un ordre logique : Le texte commence par une mise en garde quant à la septième année. Celui qui est âpre au gain et soupçonnable quant à l’observance de la septième année, un jour viendra où il devra vendre ses biens mobiliers. D’où la suite : « Et lorsque vous vendrez une vente… » (supra 25, 14), suivie de : « ou qu’on achète “de la main” de ton semblable ». Il s’agit ici de ce qui s’achète « de la main » à la main. S’il ne s’en repent pas, il finira par devoir vendre ses terres de tenures (supra 25, 25). S’il ne s’en repent pas, il finira par devoir vendre sa maison. S’il ne s’en repent pas, il finira par prêter à intérêt. Toutes ces choses vont en s’aggravant dans le temps : S’il ne se repent pas, il finira par devoir se vendre lui-même, et s’il continue de ne pas se repentir, il finira par devoir se vendre, non plus à un yisrael, mais à un païen.
De pierre sculptée (maskith). Le mot maskith évoque l’idée de « couverture », comme dans : « je te couvrirai (wessakothi) de ma main » (Chemoth 33, 22), car on couvrait la terre de dalles en pierre.
Pour se prosterner sur elle. Même devant Hachem, car on se prosternait en déployant les mains et les pieds, ce que la Tora a interdit de faire hors du sanctuaire (Meguila 22b).
Si vous vous conduisez selon mes lois si vous gardez mes préceptes et les exécutez,
Rachi (2)
Si dans mes statuts vous marchez. J’aurais pu penser qu’il s’agît ici de l’observance des mitswoth. Et étant donné que le texte continue par : « … et mes mitswoth vous gardez », c’est donc bien à l’observance des mitswoth que s’appliquent ces derniers mots. Comment expliquerai-je alors : « si dans mes statuts vous marchez » ? Donnez-vous de la peine dans l’étude de la Tora !
Et mes mitswoth vous gardez. Donnez-vous de la peine dans la Tora afin de l’observer et de la pratiquer, comme il est écrit : « vous les apprendrez, vous garderez pour les faire » (Devarim 5, 1).
Le battage de vos grains se prolongera jusqu'à la vendange et la vendange durera jusqu'aux semailles vous aurez du pain à manger en abondance et vous demeurerez en sécurité dans votre pays
Rachi (2)
Le battage atteindra pour vous la vendange. Il y aura tant de grain à battre que vous y serez occupés jusqu’aux vendanges, et le temps des vendanges vous occupera jusqu’au temps de semailles.
Vous mangerez votre pain à satiété. On mangera peu et l’on sera béni dans ses entrailles.
Je ferai régner la paix dans ce pays et nul n'y troublera votre repos je ferai disparaître du pays les animaux nuisibles et le glaive ne traversera point votre territoire
Rachi (2)
Je donnerai la paix dans le pays. Peut-être direz-vous : « Il y a de quoi manger et de quoi boire, mais à défaut de paix cela n’a aucune valeur ! » C’est pourquoi il est écrit ensuite : « Je donnerai la paix dans le pays ». D’où l’on apprend que la paix pèse du même poids que tout le reste. De même est-il écrit : « Je fais la paix et suis le créateur de tout » (Yecha’yah 45, 7).
Et l’épée ne passera pas dans votre pays. Il va sans dire qu’on ne viendra pas y faire la guerre, mais on ne le traversera pas non plus pour guerroyer d’un pays à l’autre.
Cinq d'entre vous en poursuivront une centaine et cent d'entre vous une myriade et vos ennemis tomberont devant votre glaive
Rachi (3)
Cinq d’entre vous poursuivront cent. D’entre les plus chétifs des vôtres, et non des plus vigoureux.
Cinq cents et cent […] dix mille. Le compte y est-il ? N’aurait-il pas fallu écrire : « et cent d’entre vous poursuivront deux mille » ? C’est que la puissance d’un petit nombre de gens observant la Tora n’est pas comparable à celle d’un grand nombre de gens observant la Tora.
Vos ennemis tomberont. [La répétition suggère qu’ils] tomberont devant vous de manière surnaturelle.
Je m'occuperai de vous je vous ferai croître et multiplier et je maintiendrai mon alliance avec vous
Rachi (4)
Je me tournerai vers vous. Je me détournerai de toutes mes occupations pour vous récompenser. À quoi cela ressemble-t-il ? À un roi qui avait engagé des ouvriers… comme expliqué dans Torath kohanim.
Je vous ferai fructifier. En vous rendant féconds.
Je vous multiplierai. Par une fière allure.
J’établirai mon alliance avec vous. Une nouvelle alliance. Ce ne sera pas l’alliance précédente, que vous avez rompue, mais une alliance nouvelle indissoluble, comme il est écrit : « J’établirai avec la maison d’Israël et avec la maison de Juda une nouvelle alliance, non selon l’alliance que j’ai conclue avec leurs pères, au jour où je les ai pris par la main pour les faire sortir du pays d’Egypte… » (Yirmeya 31, 30-31).
Vous pourrez vivre longtemps sur une récolte passée et vous devrez enlever l'ancienne pour faire place à la nouvelle
Rachi (2)
Vous mangerez du vieux vieilli. Les fruits se conserveront et se bonifieront en vieillissant, de sorte que la récolte vieille de trois ans aura meilleur goût que celle de l’année précédente.
Et vous ferez sortir le vieux de devant le nouveau. Les granges seront remplie de la nouvelle récolte et les greniers de l’ancienne, et il vous faudra transporter ailleurs le contenu des greniers afin de pouvoir y entasser la nouvelle.
Je fixerai ma résidence au milieu de vous et mon esprit ne se lassera point d'être avec vous
Rachi (2)
Je donnerai mon tabernacle. Il s’agit du Temple.
Et mon âme n’abhorrera pas (thig‘al). Mon esprit ne sera pas dégoûté de vous. Le mot gue‘ila évoque toujours l’idée de rejet d’une chose contenue dans une autre, comme dans : « Car là fut jeté (nig‘al) comme une chose souillée le bouclier des hommes forts » (II Chemouel 1, 21). Il n’a pas accepté l’enduit, car on frottait le bouclier de cuir avec du suif cuit pour faire glisser sur sa surface le coup de la flèche ou de la lance, afin qu’elle ne transperce pas le cuir.
mais je me complairai au milieu de vous et je serai votre Divinité et vous serez mon peuple
Rachi (1)
Je me déplacerai au milieu de vous. Je cheminerai avec vous dans le jardin d’Eden comme l’un d’entre vous, et vous n’aurez pas à trembler devant moi. J’aurais pu penser que vous n’eussiez pas à me craindre. Aussi est-il écrit : « je vous serai comme Éloqim ».
Je suis l'Éternel votre Dieu qui vous ai tirés du pays d'Egypte pour que vous n'y fussiez plus esclaves et j'ai brisé les barres de votre joug et je vous ai fait marcher la tête haute
Rachi (3)
Je suis Hachem, votre Éloqim. Je mérite que vous ayez confiance en moi, en ma capacité de réaliser tout cela. Car je vous ai fait sortir du pays d’Egypte et j’ai accompli pour vous de grands miracles.
Les barres (mototh). Il s’agit d’une sorte de pieu fixé aux deux côtés du joug et destiné à empêcher la courroie de tomber de la tête du bœuf et de délier le nœud, comme dans : « Fais-toi des liens et des barres (oumototh), et mets-les sur ton cou » (Yirmeya 27, 2). En français : « cheville ».
Mais si vous ne m'écoutez point et que vous cessiez d'exécuter tous ces commandements
Rachi (2)
Et si vous ne m’écoutez pas. En vous donnant de la peine pour la Tora et pour connaître l’enseignement des Sages. J’aurais pu penser que fût visée ici l’observance des mitswoth. Mais étant donné que le texte continue par : « … et vous ne ferez pas », c’est donc bien à l’observance des mitswoth que s’appliquent ces derniers mots. Comment expliquerai-je alors : « Et si vous ne m’écoutez pas » ? Donnez-vous de la peine dans l’étude de la Tora ! Et pourquoi est-il employé le mot li (« à moi ») ? Il n’est ici question que de celui qui connaît son Maître et qui se révolte délibérément contre Lui. Tel a été le cas de Nimrod, au sujet de qui il est écrit : « Nimrod, puissant chasseur devant Hachem » (Beréchith 10, 9), ou des habitants de Sedom, au sujet desquels il est écrit : « Et les hommes de Sedom étaient mauvais et pécheurs envers Hachem, beaucoup » (Beréchith 13, 13). Ils connaissaient leur maître et se sont révoltés délibérément contre lui.
Et vous ne faites pas. Si vous n’étudiez pas, vous ne pourrez pas pratiquer. On se trouve ici en présence de deux transgressions distinctes.
si vous dédaignez mes lois et que votre esprit repousse mes institutions au point de ne plus observer mes préceptes de rompre mon alliance,
Rachi (5)
Et vous méprisez mes statuts. En méprisant les autres, qui les observent.
Votre âme abhorre mes ordonnances. En haïssant les Sages.
Pour ne pas faire. En empêchant les autres d’observer.
Toutes mes mitswoth. En niant que Je les ai ordonnées. D’où les mots : « toutes “mes” mitswoth », et non : « toutes “les” mitswoth ».
Pour vous faire rompre mon alliance. En niant l’existence de Hachem. Cela fait les sept transgressions que voici, dont la première entraîne la deuxième et ainsi de suite jusqu’à la septième : on n’étudie pas (1), on ne pratique pas (2), on méprise les autres qui observent (3), on hait les Sages (4), on empêche les autres d’observer (5), on nie l’origine des mitswoth (6) et l’on nie l’existence de Hachem (7).
à mon tour voici ce que je vous ferai je susciterai contre vous d'effrayants fléaux la consomption la fièvre qui font languir les yeux et défaillir l'âme vous sèmerez en vain votre semence vos ennemis la consommeront
Rachi (5)
Je préposerai sur vous. Je donnerai des ordres contre vous.
La consomption. Il s’agit d’une maladie qui fait enfler la chair. En français médiéval : « anpoles ». Elle ressemble à une enflure qui s’est résorbée, mais la mine du malade est encore douloureuse.
La fièvre (qada‘hath). Il s’agit d’une maladie qui enfièvre le corps et le brûle, comme dans : « car un feu s’est allumé (qod‘ha) dans ma colère » (Devarim 32, 22).
Qui font languir les yeux et font défaillir l’âme. Les yeux espèrent avec impatience, mais finalement en vain, voir soulagement et guérison, et les membres de sa famille sont douloureusement affectés par sa mort. On appelle « ce qui fait languir les yeux » tout désir non exaucé et tout espoir déçu.
Vous ensemencerez en vain. Vous sèmerez et rien ne poussera, et s’il pousse une récolte, « vos ennemis la mangeront ».
Je dirigerai ma face contre vous et vous serez abattus devant vos ennemis ceux qui vous haïssent vous domineront et vous fuirez sans qu'on vous poursuive
Rachi (12)
Je donnerai ma face (panaï). Penaï (« mes loisirs »). Je me détournerai de toutes mes occupations pour vous faire du mal.
Ceux qui vous haïssent vous domineront. À prendre au sens littéral : ils exerceront sur vous leur empire. Voici l’explication contenue dans la aggada de Torath kohanim :
« Moi aussi (af), je vous ferai ceci ». Cela signifie que je ne parlerai qu’avec af (« colère »), de même que dans : « Moi aussi (af) j’irai avec eux avec hostilité » (verset 41).
« Je préposerai (wehifqadeti) sur vous » (verset 16). Cela veut dire que les punitions vous « visiteront » (poqdoth) l’une après l’autre, et la précédente n’aura pas achevé sa « visite » que je la ferai suivre par une autre.
« La frayeur » :. Un fléau qui effraie les créatures. Et quel est-il ? Une épidémie mortelle.
« La consomption » :. Il est des malades qui sont alités mais dont la chair reste intacte. Aussi le texte parle-t-il de « consomption »
la chair se consume.. Il arrive aussi que l’on maigrisse, mais dans le repos et sans fièvre. Aussi le texte parle-t-il de « fièvre », celle qui brûle. Il arrive encore que l’on ait de la fièvre, mais que l’on espère en la guérison. Aussi le texte parle-t-il de ce qui fait « languir les yeux ». Et si le malade désespère de survivre, mais que les autres croient en sa guérison, le texte parle de « défaillance de l’âme ». « Vous ensemencerez en vain votre semence » : Elle sera semée mais ne poussera pas. Que consommeront alors vos ennemis dont il est pourtant écrit qu’ils « la mangeront » ? On l’ensemencera la première année, mais elle ne poussera pas. Elle poussera la deuxième année, mais les ennemis viendront et découvriront la récolte, laquelle aura été emmagasinée pour les jours de siège. Quant aux assiégés, ils mourront, n’ayant rien récolté l’année précédente. Autre explication : « Vous ensemencerez en vain votre semence » : Le texte vise ici les fils et les filles, que tu te seras donné la peine d’élever. Le péché viendra les détruire, comme il est écrit : « Ceux dont j’avais pris soin et que j’avais élevés, mon ennemi les a consumés » (Eikha 2, 22).
Je donnerai ma face contre vous. Tout comme il est écrit, dans la bénédiction : « Je me tournerai vers vous » (verset 9), de même est-il écrit, dans la malédiction : « Je donnerai ma face ». Cela ressemble à un roi qui aura dit à ses serviteurs : « Je vais me libérer de toutes mes activités et ne m’occuperai qu’à vous nuire ! »
Et vous serez battus devant vos ennemis. La mort vous tuera à l’intérieur de la ville et les ennemis vous envelopperont au-dehors.
Ceux qui vous haïssent vous domineront. Je susciterai vos ennemis à l’intérieur de vos propres rangs. Lorsque les nations du monde se dressent contre Israël, elles ne visent à s’emparer que de ce qui est visible, comme il est écrit : « Quand Israël avait semé, montaient Midyan et ‘Amaleq et les fils de l’orient. […] Et ils campaient contre eux, et détruisaient les produits du pays » (Choftim, 6, 3-4). Mais lorsque je dresserai contre vous des gens parmi les vôtres, ils fouilleront dans vos trésors cachés, ainsi qu’il est écrit : « qui mangent la chair de mon peuple et ôtent leur peau de dessus eux… » (Mikha 3, 3).
Vous fuirez. Par peur.
Alors que nul ne vous poursuit. Tant vos ennemis seront épuisés.
Je briserai votre arrogante audace en faisant votre ciel de fer et votre terre d'airain
Rachi (2)
Je briserai l’orgueil de votre force. Il s’agit du Temple, tout comme il est écrit : « Je vais profaner mon sanctuaire, “l’orgueil de votre force” » (Ye‘hezqèl 24, 21).
Je donnerai vos cieux comme du fer, et votre pays comme du cuivre. Cette punition est plus sévère que celle annoncée par Mochè. Il est écrit plus loin : « Tes cieux qui sont sur ta tête seront de cuivre, et la terre qui est sous toi sera de fer » (Devarim 28, 23), ce qui veut dire que le ciel suintera comme le fait le cuivre, tandis que la terre ne suintera pas, à l’instar du fer qui ne suinte pas, si bien que les fruits se conserveront. Ici en revanche, c’est le ciel qui ne suintera pas, à l’instar du fer qui ne suinte pas, de sorte que la sécheresse régnera dans le monde, tandis que la terre suintera comme le fait le cuivre, et elle putréfiera ses fruits.
et vous vous épuiserez en vains efforts votre terre refusera son tribut et ses arbres refuseront leurs fruits
Rachi (5)
Votre force s’épuisera en vain. Lorsqu’on ne s’est donné aucune peine, qu’on n’a ni labouré ni semé, ni sarclé ni taillé ni bêché, et qu’au temps de la récolte vient frapper la nielle, cela importe peu. Mais lorsqu’on s’est donné de la peine, que l’on a labouré, semé, sarclé, taillé et bêché, et qu’au temps de la récolte vient frapper la nielle, cela fait grincer les dents.
Et votre pays ne donnera pas son produit. Pas même ce que tu lui a fourni au moment des semailles.
Et l’arbre de la terre. Même par la terre il sera frappé : il ne bourgeonnera pas à l’heure du bourgeonnement.
Ne donnera pas. Se rapporte tout à la fois à ce qui précède : à l’arbre, et à ce qui suit : le fruit.
Ne donnera pas son fruit. Quand il portera des fruits, ils tomberont avant maturité. Cela fait deux malédictions, donc sept au total.
Si vous agissez hostilement à mon égard si vous persistez à ne point m'obéir je vous frapperai de nouvelles plaies septuples comme vos fautes
Rachi (2)
Et si vous allez avec moi avec hostilité (qèri). Nos Maîtres ont enseigné que le mot qèri désigne ce qui est occasionnel, fortuit, ce qui se produit inopinément. Ici : « [si] vous observez les mitswoth de manière occasionnelle ». Quant à Mena‘hem, il l’explique dans le sens de « retenue », comme dans : « “Rends rare” (hoqar) ton pied dans la maison de ton prochain » (Michlei 25, 17), ou dans : « d’esprit réservé (waqar) » (Michlei 17, 27). Cette explication est proche de la traduction du Targoum Onqelos : « avec dureté ». Ils endurcissent leur cœur pour l’empêcher de se rapprocher de moi.
Sept fois comme vos péchés. Sept autres punitions, du même nombre de sept que celui de vos fautes.
Je lâcherai sur vous les bêtes sauvages qui vous priveront de vos enfants qui extermineront votre bétail qui vous décimeront vous mêmes et vos routes deviendront solitaires
Rachi (6)
Je ferai envoyer. J’exciterai.
Elle vous privera d’enfants. Il n’est ici question que de la ‘hayya, dont c’est la nature. D’où sait-on qu’il en sera de même de la behéma, dont ce n’est pas la nature ? De : « et j’enverrai contre eux la dent des behémoth » (Devarim 32, 24). Cela fait deux punitions. Et d’où sait-on que la mort sera le résultat de leur morsure ? De : « avec le venin de ce qui rampe dans la poussière » (ibid.). De même que ceux-ci tuent par leur morsure, de même en sera-t-il de celles-là. Il est arrivé en Erets Yisrael qu’un âne tue par morsure et qu’un onagre tue par morsure.
Elle vous privera d’enfants. Des enfants mineurs.
Elle éliminera vos animaux. Qui se trouvent dehors.
Elle vous réduira à un petit nombre. À l’intérieur de vos maisons.
Vos chemins seront désolés. Les grandes routes et les sentiers. Cela fait sept punitions : la dent de la behéma, celle de la ‘hayya, le venin des reptiles, la perte des enfants, l’extermination du bétail, votre diminution et la dévastation de vos routes.
Je ferai surgir contre vous le glaive vengeur des droits de l'Alliance et vous vous replierez dans vos villes puis j'enverrai la peste au milieu de vous et vous serez à la merci de l'ennemi,
Rachi (3)
La vengeance de l’alliance. Il est une vengeance qui n’est pas de l’alliance, comme certaines autres vengeances. Ainsi les yeux crevés du roi Tsidqiyahou (II Melakhim 25, 7). Autre explication : « Vengeance de l’alliance » – la vengeance de mon alliance que vous avez transgressée. Toutes les fois qu’il est question dans le texte de « faire venir l’épée », il s’agit de guerres menées par des armées ennemies.
Vous serez rassemblés. Du dehors vers l’intérieur des villes, pour cause de siège.
J’enverrai la peste au milieu de vous. Et à cause de la peste, « vous serez livrés dans la main de l’ennemi » qui vous assiège. On n’a pas le droit, en effet, de laisser un mort la nuit à Jérusalem. Lorsqu’on voudra transporter un mort hors de la ville pour l’enterrer, on tombera aux mains de l’ennemi.
tandis que je vous couperai les vivres de sorte que dix femmes cuiront votre pain dans un même four et vous le rapporteront au poids et que vous le mangerez sans vous rassasier
Rachi (5)
Le bâton (maté) du pain. Expression signifiant un « appui », comme dans : « un bâton (maté) de force » (Yirmeya 48, 17).
Quand je vous briserai le bâton du pain. Je vous briserai tout appui de nourriture. Ce sont les « flèches de la famine » (Ye‘hezqèl 5, 16).
Dix femmes cuiront votre pain dans un four, un. Par manque de bois.
Elles rendront votre pain au poids. La récolte sera pourrie, de sorte que le pain s’émiettera et se cassera dans le four. Les femmes s’assiéront et en pèseront les morceaux pour se les partager entre elles.
Vous mangerez et vous ne serez pas rassasiés. C’est la malédiction qui frappe les entrailles par le pain. Cela fait sept punitions : l’épée, le siège, la peste, le manque de pain, le manque de bois, l’émiettement du pain et les maladies intestinales. La « livraison dans la main de l’ennemi » n’en fait pas partie car elle est comprise dans le mot « épée ».
Je détruirai vos hauts lieux j'abattrai vos monuments solaires puis je jetterai vos cadavres sur les cadavres de vos impures idoles et mon esprit vous repoussera
Rachi (4)
Vos hauts-lieux. Vos tours et vos palais.
Vos obélisques (‘hamonékhem). Sorte d’idole que l’on plaçait sur les toits. Et comme on les dressait face au soleil (‘hama), on les appelle ‘hamanim.
Je donnerai vos cadavres. Bouffis par la faim, ils sortaient leur idole de leur sein et l’embrassaient. Leur ventre éclatait et ils s’effondraient sur elle.
Et mon âme vous abhorrera. C’est le retrait de la chekhina.
Je ferai de vos villes des ruines de vos lieux saints une solitude et je ne respirerai point vos pieux parfums
Rachi (2)
Je donnerai vos villes à la ruine. J’aurais pu penser qu’elles fussent privées d’habitants. Mais étant donné que le texte parle aussi de « dévastation du pays » (verset 32), c’est bien de ses habitants qu’il s’agit là-bas. Comment expliquerai-je alors le mot « ruine » ? Désertes de voyageurs.
Je dévasterai vos sanctuaires. J’aurais pu penser qu’elles fussent privées d’offrandes. Mais étant donné que le texte continue avec : « je ne respirerai pas vos odeurs agréables », c’est bien d’offrandes qu’il s’agit là-bas. Comment expliquerai-je alors la « dévastation des sanctuaires » ? Désertes de pèlerins, des afflux de yisraélim qui se préparaient et se réunissaient pour y aller. Cela fait sept punitions : On mangera la chair de ses enfants et l’on détruira les haut-lieux : deux punitions. La mise à bas des obélisques n’est pas à compter comme une punition, mais à la suite de la destruction des palais, les monuments élevés sur les toits tomberont et se briseront. « Je donnerai vos cadavres sur les cadavres de vos idoles », trois. Le retrait de la chekhina, quatre. La destruction des villes, la privation des sanctuaires de leurs pèlerins, la « non-respiration de l’odeur des offrandes », sept au total.
Puis moi même je désolerai cette terre si bien que vos ennemis qui l'occuperont en seront stupéfaits
Rachi (1)
Je dévasterai, moi, le pays. Cela constitue un bienfait pour Israël, car les ennemis n’éprouveront aucune satisfaction dans son pays, qui sera dévasté et dépeuplé.
Et vous je vous disperserai parmi les nations et je vous poursuivrai l'épée haute votre pays restera solitaire vos villes resteront ruinées
Rachi (3)
Et vous, je vous disperserai dans les nations. Cela constitue un châtiment sévère pour Israël, car les habitants d’un pays, s’ils sont tous exilés dans un seul endroit, peuvent continuer de se voir les uns les autres et se consoler réciproquement. Tandis qu’Israël a été balayé comme au travers d’un tamis, de la manière dont on disperse l’orge à l’aide d’un crible et où aucun grain ne reste attaché à un autre.
Je dégainerai (wahariqothi). Lorsqu’on tire l’épée, le fourreau se vide (réq). Quant à l’interprétation midrachique, elle est la suivante : L’épée qui est tirée contre vous ne retournera pas promptement dans son fourreau, à l’image de l’eau contenue dans un récipient et que l’on vide : elle n’y revient pas.
Votre pays sera dévastation. Vous n’y retournerez pas de sitôt, de sorte que vos villes seront des ruines. Elles vous paraîtront comme en ruines. Lorsqu’on est expulsé de sa maison, de sa vigne et de sa ville et qu’on espère y revenir un jour, elles ne paraissent pas décrépites, ce qui ne sera pas votre cas. Voilà ce qui est enseigné dans Torath kohanim.
Alors la terre acquittera la dette de ses chômages tandis qu'elle restera désolée et que vous vivrez dans le pays de vos ennemis alors la terre chômera et vous fera payer ses chômages
Rachi (2)
Alors le pays jouira. Il apaisera la colère de Hachem qui s’est irrité à cause de ses chemitoth [non observées].
Dans toute cette période de désolation elle chômera pour ce qu'elle n'aura pas chômé dans vos années sabbatiques alors que vous l'habitiez
Rachi (1)
Ce qu’il ne s’est pas reposé. Les soixante-dix années de l’exil de Babylone correspondent aux soixante-dix années de chemita et de jubilé qui auraient dû être observées au long des quatre cent trente années pendant lesquelles ils ont irrité Hachem, à savoir trois cent quatre-vingt-dix entre leur entrée dans le pays et l’exil des Dix Tribus, plus quarante années pendant lesquelles, entre l’exil des Dix Tribus et la destruction de Jérusalem, les Judéens L’ont irrité. C’est ce qui est écrit dans Ye‘hezqèl : « Et toi, couche-toi sur ton côté gauche […] Quand tu auras achevé ceux-là, tu te coucheras sur ton côté droit, quarante jours tu porteras l’iniquité de la maison de Juda. Je t’ai assigné un jour pour chaque année. » (Ye‘hezqèl 4, 4 et 6). Or, cette prophétie a été révélée à Ye‘hezqèl dans la cinquième année qui a suivi l’exil du roi Yoyakhin, soit six ans avant l’exil de Tsidqiyahou, ce qui fait quarante-six ans au total. Et si tu crois pouvoir objecter que Menachè a régné cinquante-cinq ans, on rappellera qu’il a fait techouva pendant trente-trois ans et que son impiété n’a donc duré que vingt-deux ans, ainsi qu’on l’enseigne dans la Aggada du chapitre ‘Hélèq (Sanhèdrin 103a). Comptons deux ans pour Ammon, onze pour Yehoyaqim et autant pour Tsidqiyahou, et calculons le nombre de chemitoth et de jubilés sur une période de quatre cent trente-six ans : On aura sur cent ans seize années chômées : quatorze chemitoth et deux années de jubilé, soit soixante-quatre sur quatre siècles. Ajoutons cinq chemitoth pour les trente-six années en plus, ce qui fait soixante-neuf. On ajoutera encore une année au titre de la chemita suivante, soit soixante-dix. C’est en pénitence de ces soixante-dix années qu’ont été imposées soixante-dix années pleines d’exil, ainsi qu’il est écrit : « Jusqu’à ce que le pays eût joui de ses chabathoth, […] jusqu’à ce que soixante-dix ans fussent accomplis » (II Divrei haYamim 36, 21).
Pour ceux qui survivront d'entre vous je leur mettrai la défaillance au cœur dans les pays de leurs ennemis poursuivis par le bruit de la feuille qui tombe ils fuiront comme on fuit devant l'épée ils tomberont sans qu'on les poursuive,
Rachi (3)
Je ferai venir la mollesse (morèkh). De la peur et du découragement (rakh). La lettre mem du mot morèkh ne fait pas partie du radical, pas plus que celui de mo‘éd (« époque ») ou celui de moqéch (« piège »).
Ils fuiront comme la fuite devant l’épée. Comme devant des poursuivants décidés à les tuer.
Une feuille repoussée. Celle que le vent pousse et applique bruyamment sur une autre feuille. C’est ainsi que le rend le Targoum Onqelos : « le bruit d’une feuille qui frappe ». De même : « brûlés par le vent d’orient » (Beréchith 41, 6), qu’il rend par : « frappés (cheqifan) par le vent d’orient », de la même racine que le mot hébreu machqof (« seuil »), à savoir ce que vient frapper le battant de la porte. De même pour le mot ‘haboura (« contusion » – Chemoth 21, 25), que le Targoum Onqelos rend par machqoufi.
et ils trébucheront l'un sur l'autre comme à la vue de l'épée sans que personne les poursuive Vous ne pourrez vous maintenir devant vos ennemis
Rachi (2)
Ils trébucheront, un homme par son frère. Quand ils voudront prendre la fuite, ils trébucheront l’un sur l’autre car ils s’échapperont dans la panique.
Comme devant une épée. Comme s’ils fuyaient devant des meurtriers. Car la peur obnubilera leurs cœurs et ils croiront à chaque instant qu’on les poursuit. Quant à l’interprétation midrachique, elle est la suivante : « Ils trébucheront, un homme par son frère » signifie que chacun trébuchera à cause de la faute de son prochain, étant donné que tous en Israël sont responsables l’un de l’autre (Chevou‘oth 39a).
Et les survivants d'entre vous se consumeront par leur faute dans les pays de leurs ennemis et même pour les méfaits de leurs pères ils se consumeront avec eux
Rachi (2)
Aussi dans les crimes de leurs pères, avec eux. Quand les fautes de leurs pères sont « avec eux », ce qui veut dire : lorsqu’ils en suivent le mauvais exemple.
Ils se consumeront. Expression de « décomposition » (hémassa), comme dans : « ses liens se sont décomposés (wayimassou) » (Choftim 15, 14), ou dans : « et ses yeux se décomposeront (timmaqna) dans leurs orbites » (Zekhariya 14, 12) et : « mes plaies se décomposent (namaqqou) » (Tehilim 38, 6).
pour laquelle moi aussi je les aurai traités hostilement en les déportant au pays de leurs ennemis à moins qu'alors leur cœur obtus ne s'humilie et alors ils expieront leur iniquité
Rachi (3)
Je les ferai venir. Je les amènerai moi-même. Cela constitue un bienfait pour Israël, pour qu’ils ne disent pas : « Puisque nous avons été exilés parmi les peuples idolâtres, nous allons adopter leurs pratiques. » Moi, je ne les laisserai pas faire et je susciterai des prophètes qui les ramèneront sous mes ailes, comme il est écrit : « Et ce qui monte dans votre esprit n’arrivera nullement […] par ma vie […] si je ne règne sur vous avec une main forte » (Ye‘hezqèl 20, 32 et 33).
Ou alors il se soumettra. Comme dans : « “ou” il était connu que le bovin était agressif… » (Chemoth 21, 36), dans le sens de « si ». Autre explication : « peut-être » – « peut-être leur cœur se soumettra-t-il… ».
Et alors ils expieront leur crime. Ils expieront leurs crimes par leurs épreuves.
Et je me ressouviendrai de mon alliance avec Jacob mon alliance aussi avec Isaac mon alliance aussi avec Abraham je m'en souviendrai et la terre aussi je m'en souviendrai
Rachi (2)
Je me souviendrai de mon alliance avec Ya‘aqov. Le mot Ya‘aqov est écrit cinq fois avec un waw (ici, ainsi que dans Yirmeya 30, 18 ; 33, 26 ; 46, 27 et 51, 19) et Eliyahou sans cette lettre (II Melakhim 1, 3-4-8-12 et Malakhi 3, 23). Ya‘aqov a reçu en gage de Eliyahou une des lettres de son nom, comme garantie qu’il viendra annoncer la délivrance de ses enfants.
Je me souviendrai de mon alliance avec Ya‘aqov. Pourquoi les patriarches sont-ils énumérés dans l’ordre chronologique inversé ? Pour nous dire que les mérites de Ya‘aqov, le plus jeune, devraient suffire, ou à défaut ceux de Yits‘haq, ou à défaut ceux d’Avraham. Et pourquoi n’est-il pas fait mention d’un « souvenir » à propos de Yits‘haq ? Parce que son sacrifice est à jamais présent devant moi, comme si ses cendres étaient accumulées sur l’autel.
Cette terre restera donc abandonnée par eux afin que laissée par eux déserte elle répare ses chômages et qu'eux mêmes ils réparent leur iniquité parce que oui parce qu'ils auront dédaigné mes statuts et que leur esprit aura repoussé mes lois
Rachi (1)
Parce que… et parce que. À titre de réparation, et à cause de leur dédain de mes ordonnances.
Et pourtant même alors quand ils se trouveront relégués dans le pays de leurs ennemis je ne les aurai ni dédaignés ni repoussés au point de les anéantir de dissoudre mon alliance avec eux car je suis l'Éternel leur Dieu!
Rachi (1)
Et pourtant, même avec cela. « Et pourtant, » même en leur infligeant cette punition dont j’ai parlé, « quand ils étaient dans le pays de leurs ennemis, je ne les ai pas méprisés pas pour les anéantir, pour rompre mon alliance avec eux ».
Et je me rappellerai en leur faveur le pacte des aïeux de ceux que j'ai fait sortir du pays d'Egypte à la vue des peuples pour être leur Dieu moi l'Éternel "
Telles sont les ordonnances les institutions et les doctrines que l'Éternel fit intervenir entre lui et les enfants d'Israël au mont Sinaï par l'organe de Moïse
Rachi (1)
Et les lois. L’une écrite et l’autre orale. Cela nous apprend qu’elles ont été données l’une et l’autre à Mochè au Sinaï.
Lisez le Houmash avec Rachi dans Koulam
La paracha de la semaine, verset par verset, avec le commentaire de Rachi en français — gratuit, iOS & Android.
Télécharger Koulam