וַיְדַבֵּ֥ר יְהוָ֖ה אֶל־מֹשֶׁ֥ה לֵּאמֹֽר׃
L'Éternel parla à moïse en ces termes
Texte hébreu (avec taamim), traduction française et commentaire de Rachi traduit en français, verset par verset. Sommaire du Houmash.
וַיְדַבֵּ֥ר יְהוָ֖ה אֶל־מֹשֶׁ֥ה לֵּאמֹֽר׃
L'Éternel parla à moïse en ces termes
דַּבֵּ֞ר אֶל־כָּל־עֲדַ֧ת בְּנֵֽי־יִשְׂרָאֵ֛ל וְאָֽמַרְתָּ֥ אֲלֵהֶ֖ם קְדֹשִׁ֣ים תִּֽהְי֑וּ כִּ֣י קָד֔וֹשׁ אֲנִ֖י יְהוָ֥ה אֱלֹֽהֵיכֶֽם׃
"Parle à toute la communauté des enfants d'Israël et dis leur Soyez saints! Car je suis saint moi l'Éternel votre Dieu
Parle à toute la communauté des fils d’Israël. Cela nous apprend que ce chapitre a été prononcé en assemblée, étant donné que la plupart des principes fondamentaux de la Tora en dépendent (Torath kohanim).
Soyez saints. Tenez-vous complètement à l’écart de la débauche et des péchés ! Car toutes les fois que l’on trouve une mise en garde contre la débauche, on trouve mention de la sainteté : « Ils ne prendront pas une femme prostituée ou profanée […] je suis Hachem qui vous sanctifie » (infra 21, 7 et 8), « et il ne profanera pas sa descendance dans son peuple, car je suis Hachem qui le sanctifie » (infra 20, 15), « ils seront saints […] ils ne prendront pas une femme prostituée ou profanée » (infra 21, 6 et 7).
אִ֣ישׁ אִמּ֤וֹ וְאָבִיו֙ תִּירָ֔אוּ וְאֶת־שַׁבְּתֹתַ֖י תִּשְׁמֹ֑רוּ אֲנִ֖י יְהוָ֥ה אֱלֹֽהֵיכֶֽם׃
Révérez chacun votre mère et votre père et observez mes sabbats je suis l'Éternel votre Dieu
Un homme, vous craindrez sa mère et son père. Que chacun de vous craigne son père et sa mère – tel est le sens littéral (Qiddouchin 29a). Quant à l’interprétation midrachique, elle est la suivante : Il n’est ici question que d’un devoir incombant à un homme. D’où sait-on qu’une femme y est tenue ? Étant donné que le texte emploie le mot « vous craindrez » [au pluriel], il est question de deux personnes. Dans ce cas, pourquoi parle-t-il d’un « homme » ? Parce qu’un homme est en position de faire honneur à ses parents, tandis que la femme est soumise à l’autorité de tierces personnes.
Sa mère et son père vous craindrez. La mère a ici priorité sur le père, car il est manifeste devant Lui qu’un fils est plus porté à craindre son père que sa mère (Qiddouchin 30b – 31a). En revanche, pour ce qui est de l’honneur, le texte a donné priorité au père (Chemoth 20, 12), car il est manifeste devant Lui qu’un fils est plus porté à honorer sa mère que son père, car elle le câline par des paroles de tendresse.
Et vous garderez mes Chabath. Le texte rapproche l’observance du Chabath de la crainte du père afin de t’enseigner que, nonobstant l’injonction qui t’est faite de le craindre, s’il te demande de profaner le Chabath, ne l’écoute pas (Yevamoth 5b). Et de même pour toutes les autres mitswoth.
Je suis Hachem, votre Éloqim. Toi et ton père êtes tenus de m’honorer. Aussi ne l’écouteras-tu pas pour abolir mes paroles (ibid.). En quoi consiste sa « crainte » ? À ne pas s’asseoir à sa place, à ne pas parler à sa place, à ne pas le contredire. Et en quoi consiste son « honneur » ? À lui donner à manger et à boire, à lui procurer vêtements et chaussures, à l’escorter à sa venue et à sa sortie (Qiddouchin 31b).
אַל־תִּפְנוּ֙ אֶל־הָ֣אֱלִילִ֔ם וֵֽאלֹהֵי֙ מַסֵּכָ֔ה לֹ֥א תַֽעֲשׂ֖וּ לָכֶ֑ם אֲנִ֖י יְהוָ֥ה אֱלֹֽהֵיכֶֽם׃
Ne vous adressez point aux idoles et ne vous fabriquez point des dieux de métal je suis l'Éternel votre Dieu
Ne vous tournez pas vers les idoles (èlilim). Pour les adorer (Torath kohanim). Le mot èlilim est issu de al (« non ») : ce qui est considéré comme de l’inanité.
Et des dieux de métal. Ils commencent par être des idoles, et si tu te tournes vers eux, un jour viendra où tu en feras des divinités.
Vous ne vous ferez pas. N’en faites pas pour d’autres, et que d’autres n’en fassent pas pour vous. Et si tu crois pouvoir prétendre que l’on ne doit pas en faire pour soi, mais que d’autres peuvent en faire pour vous, il a déjà été écrit plus haut : « Tu n’auras pas d’autres dieux » (Chemoth 20, 3) – ni les tiens ni ceux fabriqués par d’autres.
וְכִ֧י תִזְבְּח֛וּ זֶ֥בַח שְׁלָמִ֖ים לַֽיהוָ֑ה לִֽרְצֹנְכֶ֖ם תִּזְבָּחֻֽהוּ׃
Et quand vous sacrifierez une victime rémunératoire à l'Éternel sacrifiez la de manière à être agréés
Et quand vous sacrifierez…. Ce chapitre a été stipulé pour enseigner que leur sacrifice ne doit avoir lieu qu’en vue de leur consommation en temps voulu. Car s’il s’agissait de déterminer le moment de cette consommation, il a déjà été indiqué : « et si le sacrifice de son approche est un nédèr ou une nedava… » (supra 7, 16).
Pour votre agrément vous le sacrifierez. Son sacrifice doit être offert dès le début en vue de la satisfaction divine, pour qu’il soit agréé pour vous. Car si vous y introduisez une pensée impure, il ne vous procurera pas mon agrément.
Pour votre agrément. En français : « apaisement » – tel est le sens littéral. Et nos maîtres ont appris d’ici que celui qui s’occupe d’offrandes de manière irréfléchie les rend impropres, car il doit procéder à la che‘hita en y appliquant son intention (‘Houlin 13a).
בְּי֧וֹם זִבְחֲכֶ֛ם יֵֽאָכֵ֖ל וּמִֽמָּחֳרָ֑ת וְהַנּוֹתָר֙ עַד־י֣וֹם הַשְּׁלִישִׁ֔י בָּאֵ֖שׁ יִשָּׂרֵֽף׃
Le jour même de votre sacrifice elle doit être mangée et encore le lendemain ce qui en serait resté jusqu'au troisième jour sera consumé par le feu
au jourAu jour de votre sacrifice il sera mangé. Lorsque vous le sacrifierez, vous procéderez à sa che‘hita avec l’intention de le consommer dans le temps que je vous ai déjà imparti.
וְאִ֛ם הֵֽאָכֹ֥ל יֵֽאָכֵ֖ל בַּיּ֣וֹם הַשְּׁלִישִׁ֑י פִּגּ֥וּל ה֖וּא לֹ֥א יֵֽרָצֶֽה׃
Que si l'on voulait en manger au troisième jour ce serait une chose réprouvée le sacrifice ne serait point agréé
Et si être mangé, il sera mangé…. Si cette prescription ne vise pas l’intention de consommer hors du temps imparti – étant donné qu’il est déjà écrit : « Et si être mangé, il sera mangé de la chair du sacrifice de ses chelamim, le troisième jour, il ne sera pas agréé… » (supra 7, 18) – applique-la du moins à celle de la consommation hors du lieu adéquat. J’aurais pu penser que l’on fût passible de kareth pour cette consommation-là. Aussi est-il écrit : « … et l’âme qui en mangera portera son crime » (ibid.) – qui « en » mangera, mais pas de l’autre. Cela exclut ce qui est égorgé avec l’intention d’en consommer hors du lieu adéquat (Zeva‘him 28a).
Une chose réprouvée (pigoul). Abominable, comme dans : « et leurs ustensiles couverts de mets abominables (pigoulim) » (Yecha’yah 65, 4).
וְאֹֽכְלָיו֙ עֲוֹנ֣וֹ יִשָּׂ֔א כִּֽי־אֶת־קֹ֥דֶשׁ יְהוָ֖ה חִלֵּ֑ל וְנִכְרְתָ֛ה הַנֶּ֥פֶשׁ הַהִ֖וא מֵֽעַמֶּֽיהָ׃
Celui qui en mangera portera la peine de son méfait parce qu'il a profané un objet consacré au Seigneur et cette personne sera retranchée de son peuple
Et celui qui le mange portera son crime. Le texte parle ici du nothar, et l’on n’est pas passible de kareth si l’on a fait la che‘hita avec l’intention d’en consommer hors du lieu adéquat, étant donné que le texte l’a déjà exclu. Il s’agit ici du nothar absolu, et on le déduit dans le traité Kerithoth (5a) en faisant appel à deux textes qui contiennent le même mot (guezéra chawa).
וּֽבְקֻצְרְכֶם֙ אֶת־קְצִ֣יר אַרְצְכֶ֔ם לֹ֧א תְכַלֶּ֛ה פְּאַ֥ת שָֽׂדְךָ֖ לִקְצֹ֑ר וְלֶ֥קֶט קְצִֽירְךָ֖ לֹ֥א תְלַקֵּֽט׃
Quand vous moissonnerez la récolte de votre pays tu laisseras la moisson inachevée au bout de ton champ et tu ne ramasseras point la glanure de ta moisson
Tu n’achèveras pas de moissonner le coin de ton champ. On laissera un coin à l’extrémité du champ (Torath kohanim).
Et la glanure de ta moisson. Les épis qui restent lors de la moisson, à raison d’un ou de deux. Mais trois épis ne sont pas lèqet (Péa 6, 5).
וְכַרְמְךָ֙ לֹ֣א תְעוֹלֵ֔ל וּפֶ֥רֶט כַּרְמְךָ֖ לֹ֣א תְלַקֵּ֑ט לֶֽעָנִ֤י וְלַגֵּר֙ תַּֽעֲזֹ֣ב אֹתָ֔ם אֲנִ֖י יְהוָ֥ה אֱלֹֽהֵיכֶֽם׃
Tu ne grappilleras point dans ta vigne et tu ne recueilleras point les grains épars de ta vigne Abandonne les au pauvre et à l'étranger je suis l'Éternel votre Dieu
Tu ne grappilleras pas. Tu n’en cueilleras pas les ‘oleloth (jeunes raisins), tels qu’ils sont décrits dans le traité Péa (7, 4) : Qu’est-ce que des ‘oleloth ? Tout ce qui n’a ni « épaule » (quantité de petits raisins sur les côtés) ni « goutte » (raisins suspendus aux extrémités).
Les grains tombés (pèret) de ta vigne. Les grains de raisin qui tombent pendant la vendange.
Je suis Hachem, votre Éloqim. Le juge qui punira et qui ne réclamera de vous rien moins que vos âmes, comme il est écrit : « Ne dépouille pas le pauvre […] car Hachem combattra leur combat » (Michlei 22, 22 et 23).
לֹ֖א תִּגְנֹ֑בוּ וְלֹֽא־תְכַחֲשׁ֥וּ וְלֹֽא־תְשַׁקְּר֖וּ אִ֥ישׁ בַּֽעֲמִיתֽוֹ׃
Vous ne commettrez point de vol point de dénégation ni de fraude au préjudice de votre prochain
Vous ne volerez pas. Il s’agit ici de l’interdiction du vol d’argent, tandis que celle contenue dans les Dix Commandements concerne le vol de personnes. Cela résulte du principe selon lequel une règle doit s’expliquer selon son contexte. Or, il s’agit là-bas (Chemoth 20, 13) d’interdictions sanctionnées par la peine de mort prononcée par le tribunal (V. Rachi ibid.).
Et vous ne nierez pas. Étant donné qu’il a été dit plus haut que si l’on nie, on est tenu de rembourser le capital majoré d’un cinquième (supra 5, 22–24), nous apprenons la peine applicable. Mais d’où sait-on le principe de l’interdiction ? De : « et vous ne nierez pas » (Baba Qama 105b).
Et vous ne mentirez pas. Étant donné qu’il a été dit plus haut que si l’on jure mensongèrement, on est tenu de rembourser le capital majoré d’un cinquième (supra 5, 22–24), nous apprenons la peine applicable. Mais d’où sait-on le principe de l’interdiction ? De : « et vous ne mentirez pas » (Ibid.).
Vous ne volerez pas, et vous ne nierez pas et vous ne mentirez pas, […] et vous ne jurerez pas par mon nom. Si tu voles, un jour viendra où tu nieras, un jour viendra où tu mentiras, un jour viendra où tu jureras mensongèrement.
וְלֹֽא־תִשָּׁבְע֥וּ בִשְׁמִ֖י לַשָּׁ֑קֶר וְחִלַּלְתָּ֛ אֶת־שֵׁ֥ם אֱלֹהֶ֖יךָ אֲנִ֥י יְהוָֽה׃
Vous ne jurerez point par mon nom à l'appui du mensonge ce serait profaner le nom de ton Dieu je suis l'Éternel
Et vous ne jurerez pas par mon nom. Pourquoi est-il écrit cela ? De ce qu’il est écrit : « tu n’invoqueras pas le nom de Hachem ton Éloqim, en vain » (Chemoth 20, 7), j’aurais pu penser que l’on ne fût coupable que si l’on a juré par le Nom ineffable. D’où aurais-je su qu’il faut inclure dans l’interdiction tous les noms accessoires ? De ce qu’il est écrit : « Et vous ne jurerez pas par mon nom pour le mensonge » – par tout nom que je possède.
לֹֽא־תַעֲשֹׁ֥ק אֶת־רֵֽעֲךָ֖ וְלֹ֣א תִגְזֹ֑ל לֹֽא־תָלִ֞ין פְּעֻלַּ֥ת שָׂכִ֛יר אִתְּךָ֖ עַד־בֹּֽקֶר׃
Ne commets point d'extorsion sur ton prochain point de rapine que le salaire du journalier ne reste point par devers toi jusqu'au lendemain
Tu n’exploiteras. Il s’agit de celui qui retient la rétribution du salarié (Torath kohanim).
Ne passera pas la nuit (thalin). Le verbe thalin (« passera la nuit ») est au féminin, compte tenu de son sujet : pe‘oula (« salaire » litt. : « activité »).
Jusqu’au matin. Le texte parle ici du salarié de jour, de celui qui s’en va au coucher du soleil. C’est pourquoi le délai de paiement de son salaire dure toute la nuit. Tandis qu’il sera écrit plus loin : « En son jour, tu lui donneras son salaire, et le soleil ne se couchera pas sur lui… » (Devarim 24, 15). Il est question là-bas du salarié de nuit, de celui qui achève son travail au lever du soleil. C’est pourquoi le délai de paiement de son salaire dure toute la journée, la Tora ayant laissé à l’employeur un délai pour se procurer l’argent (Baba Metsi‘a 110b).
לֹֽא־תְקַלֵּ֣ל חֵרֵ֔שׁ וְלִפְנֵ֣י עִוֵּ֔ר לֹ֥א תִתֵּ֖ן מִכְשֹׁ֑ל וְיָרֵ֥אתָ מֵּֽאֱלֹהֶ֖יךָ אֲנִ֥י יְהוָֽה׃
N'insulte pas un sourd et ne place pas d'obstacle sur le chemin d'un aveugle redoute ton Dieu! Je suis l'Éternel
Tu ne maudiras pas un sourd. Il n’est ici question que d’un sourd. D’où sait-on que l’interdiction comprend tous les hommes ? Des mots : « … et n’outrage pas un prince “dans ton peuple” » (Chemoth 22, 27). Dans ce cas, pourquoi est-il ici question d’un « sourd » ? Le sourd a ceci de spécifique qu’il est en vie [malgré son infirmité]. La règle concerne donc toute personne en vie, à l’exclusion d’un mort, lequel n’est plus en vie (Torath kohanim).
Et devant un aveugle tu ne donneras pas d’achoppement. À celui qui est « aveugle » dans un domaine quelconque, ne donne pas un conseil qui ne lui soit pas approprié. Ne lui dis pas : « Vends ton champ et achète-toi un âne ! », pour aller ensuite l’abuser et le lui prendre (Torath kohanim).
Tu auras la crainte de ton Éloqim. Car ce n’est pas là un domaine où les créatures sont aptes à discerner si la pensée de celui qui a donné un conseil était bonne ou mauvaise. Il peut en effet protester de ses bonnes intentions. C’est pourquoi il est écrit : « tu auras la crainte de ton Éloqim », de Celui qui connaît tes pensées. De même, dans tous les cas où les motivations d’un acte sont du ressort exclusif du cœur de celui qui agit et restent ignorées des autres, le texte ajoute : « tu auras la crainte de ton Éloqim ».
לֹֽא־תַעֲשׂ֥וּ עָ֨וֶל֙ בַּמִּשְׁפָּ֔ט לֹֽא־תִשָּׂ֣א פְנֵי־דָ֔ל וְלֹ֥א תֶהְדַּ֖ר פְּנֵ֣י גָד֑וֹל בְּצֶ֖דֶק תִּשְׁפֹּ֥ט עֲמִיתֶֽךָ׃
Ne prévariquez point dans l'exercice de la justice ne montre ni ménagement au faible ni faveur au puissant juge ton semblable avec impartialité
Vous ne ferez pas d’iniquité dans la justice. Cela nous apprend que le juge qui fausse le droit est appelé « inique », « détestable », « exécrable », « proscrit » et « abominable ». Car l’iniquité est appelée « abomination », comme il est écrit : « car c’est une “abomination” de Hachem ton Éloqim […] quiconque fait une “iniquité” » (Devarim 25, 16), et l’abomination est appelée « exécration » et « proscription », comme il est écrit : « et tu ne feras pas venir une “abomination” vers ta maison, tu seras “proscription” comme elle, “exécrer”, tu l’exécreras… » (ibid. 7, 26).
Tu n’élèveras pas la face de l’indigent. Ne te dis pas : « Celui-ci est pauvre, et le riche est tenu de le nourrir ! Je vais donc lui donner raison, de sorte qu’il sera nourri dans la dignité » (Torath kohanim).
Et tu ne favoriseras pas la face du grand. Ne te dis pas : « Celui-ci est riche ! » ou bien : « Ses parents sont des nobles ! Comment pourrais-je lui infliger une honte et assister à son humiliation ? Cela risque de me causer du tort. » Voilà pourquoi il est écrit : « Et tu ne porteras pas faveur au grand. »
Tu jugeras ton semblable avec justesse. À prendre au sens littéral. Autre explication : Juge ton semblable en lui accordant un préjugé indulgent (Sanhèdrin 32a).
לֹֽא־תֵלֵ֤ךְ רָכִיל֙ בְּעַמֶּ֔יךָ לֹ֥א תַֽעֲמֹ֖ד עַל־דַּ֣ם רֵעֶ֑ךָ אֲנִ֖י יְהוָֽה׃
Ne va point colportant le mal parmi les tiens ne sois pas indifférent au danger de ton prochain je suis l'Éternel
Tu n’iras pas colportant. À mon avis, c’est parce que ceux qui sèment la discorde et qui profèrent des paroles de médisance se rendent tous dans les maisons des autres pour épier ce qu’ils y voient ou ce qu’ils entendent de mauvais pour aller ensuite le raconter dans la rue, que l’on dit d’eux qu’ils « vont colportant » ou qu’ils « vont espionnant » – en français médiéval : « espiement ». La preuve de ce que j’avance est que l’on ne trouve pas le terme de « colportage » sans qu’il soit associé au verbe « aller », comme dans : « tu n’“iras” pas colportant », ou : « ceux qui “vont” colportant comme le cuivre et le fer » (Yirmeya 6, 28). Tandis que les autres cas de médisance ne sont pas associés au verbe « aller » : « celui qui médit de son prochain en secret » (Tehilim 101, 5), « Hachem m’a sauvé […] d’une langue perfide » (ibid. 120, 2), « la langue qui dit de grandes choses » (ibid. 12, 4). C’est pourquoi, à mon avis, cette expression signifie « aller et espionner », car la lettre kaf [de rakhil (« colportant »] est permutable avec le guimel [de raguél (« espionner »)]. En effet, toutes les lettres issues de la même origine phonétique sont permutables : le beith avec le pé, le guimel avec le kaf, le qof avec le kaf, le noun avec le lamèd, le zayin avec le tsadè. De même : « Il a colporté (wayarguél) sur le compte de ton serviteur » (II Chemouel 19, 28) pour dire du mal de moi. De même : « il n’y a pas de colportage (ragal) sur sa langue » (Tehilim 15, 3). De même, le marchand ambulant, celui qui négocie toute marchandise et le vendeur de parfums destinés à la parure des femmes, du fait qu’ils circulent constamment dans les villes, portent l’appellation de « colporteur » (rokhel), du verbe « aller à pied » (règuel). Quant au Targoum Onqelos, il rend « tu n’iras pas colportant » par : « tu ne mangeras pas de morceaux », comme dans : « ils ont mangé des morceaux contre (ce qui veut dire : “ils ont calomnié”) les Juifs » (Daniel 3, 8), ou dans : « il a mangé des morceaux (ce qui veut dire : “il a calomnié”) dans la maison du roi » (Berakhoth 58a). À mon avis, cette expression tient à ce qu’on avait coutume de prendre une collation dans la maison de celui qui accueillait ses paroles, en gage de sincérité et de vérité de ses propos, cette collation ayant pour nom : « manger le morceau », expression analogue au « clignement des yeux » (Michlei 6, 13) du dépravé. Car les colporteurs ont tous l’habitude de cligner des yeux et de ne suggérer leurs calomnies que sous forme d’allusions afin que les tierces personnes qui écoutent ne comprennent pas.
Tu ne te tiendras pas sur le sang de ton prochain. En le regardant mourir, alors que tu peux le sauver, comme dans le cas d’un homme sur le point de se noyer dans une rivière ou qui est attaqué par des brigands.
Je suis Hachem. Digne de confiance quant à la rétribution et à la punition.
לֹֽא־תִשְׂנָ֥א אֶת־אָחִ֖יךָ בִּלְבָבֶ֑ךָ הוֹכֵ֤חַ תּוֹכִ֨יחַ֙ אֶת־עֲמִיתֶ֔ךָ וְלֹֽא־תִשָּׂ֥א עָלָ֖יו חֵֽטְא׃
Ne hais point ton frère en ton cœur reprends ton prochain et tu n'assumeras pas de péché à cause de lui
Et tu ne porteras pas de péché sur lui. Tu ne le feras pas pâlir de honte en public (‘Arkhin 16b).
לֹֽא־תִקֹּ֤ם וְלֹֽא־תִטֹּר֙ אֶת־בְּנֵ֣י עַמֶּ֔ךָ וְאָֽהַבְתָּ֥ לְרֵֽעֲךָ֖ כָּמ֑וֹךָ אֲנִ֖י יְהוָֽה׃
Ne te venge ni ne garde rancune aux enfants de ton peuple mais aime ton prochain comme toi même je suis l'Éternel
Tu ne te vengeras pas. On lui demande de lui prêter sa faucille, et il refuse. Le lendemain, l’auteur du refus lui demande de lui prêter sa hache. « Je ne te la prêterai pas, répond-il, tout comme toi-même m’as refusé un prêt ! » C’est là de la vengeance. Et qu’est-ce que la rancune ? On lui demande de lui prêter sa hache, et il refuse. Le lendemain, l’auteur du refus lui demande de lui prêter sa faucille. « La voici, répond-il. Je ne suis pas comme toi qui ne m’as pas prêté ! » C’est là de la rancune : on conserve de la haine dans son cœur nonobstant l’absence de vengeance (Yoma 23a).
Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Rabi ‘Aqiva a enseigné : C’est là un principe fondamental dans la Tora (Torath kohanim).
אֶֽת־חֻקֹּתַי֮ תִּשְׁמֹרוּ֒ בְּהֶמְתְּךָ֙ לֹֽא־תַרְבִּ֣יעַ כִּלְאַ֔יִם שָֽׂדְךָ֖ לֹֽא־תִזְרַ֣ע כִּלְאָ֑יִם וּבֶ֤גֶד כִּלְאַ֨יִם֙ שַֽׁעַטְנֵ֔ז לֹ֥א יַֽעֲלֶ֖ה עָלֶֽיךָ׃
Observez mes décrets n'accouple point tes bêtes d'espèce différente ne sème point dans ton champ des graines hétérogènes et qu'un tissu mixte (chaatnêz) ne couvre point ton corps
Vous garderez mes statuts. Et les voici : « tu n’accoupleras pas ta behéma entre espèces hétérogènes… ». Ce sont des préceptes correspondant à la volonté pure du Roi (guezérath hamèlekh), à l’appui desquels le texte ne donne pas de motifs.
Et un vêtement d’espèces hétérogènes. Pourquoi cela est-il écrit ? De ce qu’il enjoint : «Tu ne te vêtiras pas d’une étoffe mixte, de laine et de lin ensemble » (Devarim 22, 11), j’aurais pu penser qu’il ne fallût pas porter des flocons de laine mêlés à de la filasse de lin. Aussi est-il écrit : « un vêtement ». D’où sait-on que l’on doit inclure le feutre ? De ce qu’il est écrit cha‘atnéz (« étoffe mixte », mot formé des lettres chin, ‘ayin, tèt, noun et zayin) : une matière qui est peignée (chawè, avec les lettres chin et ‘ayin), filée (tawouï, avec la lettre tèt) et tissée (wanouz, avec les lettres noun et zayin). Le mot nouz est, à mon avis, un terme désignant ce qui est roulé entre les doigts et dont une partie est tressée avec une autre – en français médiéval : « mester » – comme dans : « apte à cause du grain (nazaï) qui s’y trouve » (Mo‘éd qatan 12b), ce que nous expliquons comme apte à se faner – en français médiéval : « fleistrir ». Le mot cha‘atnéz désigne, selon l’explication de Mena‘hem, ce qui est composé de laine et de lin.
וְ֠אִישׁ כִּֽי־יִשְׁכַּ֨ב אֶת־אִשָּׁ֜ה שִׁכְבַת־זֶ֗רַע וְהִ֤וא שִׁפְחָה֙ נֶֽחֱרֶ֣פֶת לְאִ֔ישׁ וְהָפְדֵּה֙ לֹ֣א נִפְדָּ֔תָה א֥וֹ חֻפְשָׁ֖ה לֹ֣א נִתַּן־לָ֑הּ בִּקֹּ֧רֶת תִּֽהְיֶ֛ה לֹ֥א יֽוּמְת֖וּ כִּי־לֹ֥א חֻפָּֽשָׁה׃
Si quelqu'un habite charnellement avec une femme qui est une esclave fiancée à un homme et n'a été ni rachetée ni autrement affranchie il y aura châtiment mais ils ne seront pas mis à mort parce qu'elle n'était pas affranchie
Promise (nè‘hèrèfeth) à un homme. Promise et destinée à un homme. Le mot nè‘hèrèfeth, à ma connaissance, n’est employé nulle part ailleurs dans le texte. Le texte parle ici d’une servante cananéenne (Qiddouchin 6a), moitié servante moitié affranchie, promise à un serviteur hébreu, lequel a le droit de l’épouser.
Et être rachetée, elle n’a pas été rachetée. Elle a été affranchie [partiellement] et non entièrement. Un affranchissement ordinaire est effectué en argent (Guitin 39b).
Ou que la liberté ne lui a pas été donnée. Par contrat.
Il y aura châtiment physique. Elle sera passible de malqouth, et pas lui. Le tribunal aura à approfondir la chose afin de ne pas le condamner à mort, étant donné qu’elle n’était pas affranchie et que son mariage n’était pas entièrement valable. D’où l’enseignement de nos maîtres (Kerithoth 11a) : Celui qui subit malqouth doit écouter la lecture que lui font les juges qui le punissent : « Si tu ne prends pas garde de faire […] Hachem rendra tes plaies prodigieuses… » (Devarim 28, 58 et 59).
Car elle n’a pas été libérée. C’est pourquoi il n’est pas passible de la peine de mort, son mariage n’étant pas un mariage. Si en revanche elle a été affranchie, son mariage est un mariage et il est passible de la peine de mort.
וְהֵבִ֤יא אֶת־אֲשָׁמוֹ֙ לַֽיהוָ֔ה אֶל־פֶּ֖תַח אֹ֣הֶל מוֹעֵ֑ד אֵ֖יל אָשָֽׁם׃
Et il amènera pour sa faute au Seigneur à l'entrée de la Tente d'assignation un bélier de délit
וְכִפֶּר֩ עָלָ֨יו הַכֹּהֵ֜ן בְּאֵ֤יל הָֽאָשָׁם֙ לִפְנֵ֣י יְהוָ֔ה עַל־חַטָּאת֖וֹ אֲשֶׁ֣ר חָטָ֑א וְנִסְלַ֣ח ל֔וֹ מֵֽחַטָּאת֖וֹ אֲשֶׁ֥ר חָטָֽא׃
Le pontife lui fera expier par ce bélier délictif devant le Seigneur le péché qu'il a commis et le péché qu'il a commis lui sera pardonné
Il lui sera pardonné de son péché qu’il a commis. Pour inclure celui qui a agi délibérément comme celui qui a agi par mégarde (Kerithoth 9a).
וְכִֽי־תָבֹ֣אוּ אֶל־הָאָ֗רֶץ וּנְטַעְתֶּם֙ כָּל־עֵ֣ץ מַֽאֲכָ֔ל וַֽעֲרַלְתֶּ֥ם עָרְלָת֖וֹ אֶת־פִּרְי֑וֹ שָׁלֹ֣שׁ שָׁנִ֗ים יִֽהְיֶ֥ה לָכֶ֛ם עֲרֵלִ֖ים לֹ֥א יֵֽאָכֵֽל׃
Quand vous serez entrés dans la Terre promise et y aurez planté quelque arbre fruitier vous en considérerez le fruit comme une excroissance trois années durant ce sera pour vous autant d'excroissances il n'en sera point mangé
Vous considérerez comme une excroissance son excroissance, son fruit. Vous le « verrouillerez ». Il faut que son « verrouillage » soit étanche et fermé, et que vous vous gardiez d’en tirer profit.
Pendant trois ans il sera pour vous comme des excroissances. À partir de quand compte-t-on ? À partir du moment de sa plantation (Torath kohanim). J’aurais pu penser que le fruit, si on l’a mis à l’écart pendant trois ans, fût permis. Aussi est-il écrit : « il sera » – tel qu’il était précédemment.
וּבַשָּׁנָה֙ הָֽרְבִיעִ֔ת יִֽהְיֶ֖ה כָּל־פִּרְי֑וֹ קֹ֥דֶשׁ הִלּוּלִ֖ים לַֽיהוָֽה׃
Dans sa quatrième année tous ses fruits seront consacrés à des réjouissances en l'honneur de l'Éternel
Tout son fruit sera sainteté. Comme le ma‘assér chéni (Qiddouchin 54b), dont il est écrit : « et tout ma‘assér du pays […], il est sainteté à Hachem » (infra 27, 30). De même que le ma‘assér chéni ne peut être consommé hors des murailles de Jérusalem que moyennant rachat, de même en est-il ici. Et c’est cela, les « louanges à Hachem », car on l’y porte pour glorifier et louer le Ciel (Berakhoth 35a).
וּבַשָּׁנָ֣ה הַֽחֲמִישִׁ֗ת תֹּֽאכְלוּ֙ אֶת־פִּרְי֔וֹ לְהוֹסִ֥יף לָכֶ֖ם תְּבֽוּאָת֑וֹ אֲנִ֖י יְהוָ֥ה אֱלֹֽהֵיכֶֽם׃
et la cinquième année vous pourrez jouir de ses fruits de manière à en augmenter pour vous le produit je suis l'Éternel votre Dieu
Pour augmenter pour vous sa récolte. Cette mitswa, si vous l’observez, contribuera à accroître leur récolte, car en récompense je bénirai les fruits des nouvelles plantations. Rabi ‘Aqiva a enseigné : La Tora argumente contre le penchant au mal, afin que l’on ne se dise pas : « Cela fait quatre ans que je me donne de la peine pour rien ! » C’est pourquoi il est écrit : « pour augmenter pour vous sa récolte ».
Je suis Hachem. Je suis Hachem qui promets et à qui on peut faire confiance pour tenir parole.
לֹ֥א תֹֽאכְל֖וּ עַל־הַדָּ֑ם לֹ֥א תְנַֽחֲשׁ֖וּ וְלֹ֥א תְעוֹנֵֽנוּ׃
Ne faites point de repas près du sang ne vous livrez pas à la divination ni aux présages
Vous ne mangerez pas sur le sang. Cette injonction est interprétée de diverses manières dans le traité Sanhèdrin (63a) : interdiction de consommer de la chair des offrandes avant aspersion du sang, interdiction de consommer de la chair d’un animal non consacré avant qu’il n’ait rendu l’âme, et d’autres interprétations.
Vous ne pratiquerez pas la divination. Comme ceux qui pratiquent la divination avec une belette ou des oiseaux, par la chute du pain de la bouche ou par un cerf qui a croisé leur route (Sanhèdrin 65b).
Vous ne ferez pas de présages (te‘onénou). Cette expression désigne les périodes (‘onoth) et les heures, lorsqu’on dit que tel jour est faste pour commencer un travail, que telle heure est néfaste pour sortir (Sanhèdrin 66a).
לֹ֣א תַקִּ֔פוּ פְּאַ֖ת רֹֽאשְׁכֶ֑ם וְלֹ֣א תַשְׁחִ֔ית אֵ֖ת פְּאַ֥ת זְקָנֶֽךָ׃
Ne taillez pas en rond les extrémités de votre chevelure et ne rase pas les coins de ta barbe
Vous n’arrondirez pas le coin de votre tête. Cette interdiction vise celui qui aligne les cheveux de ses tempes sur ceux situés derrières ses oreilles et sur son front de manière qu’ils forment un cercle complet autour de la tête (Makoth 20b).
Le coin de ta barbe. L’extrémité de la barbe et ses côtés, à savoir cinq endroits : deux à chaque joue, en haut près de la tête, là où elle est large et où il y a deux coins aux tempes, et un au bas du menton, à la jonction des deux joues (ibid. 20a).
וְשֶׂ֣רֶט לָנֶ֗פֶשׁ לֹ֤א תִתְּנוּ֙ בִּבְשַׂרְכֶ֔ם וּכְתֹ֣בֶת קַֽעֲקַ֔ע לֹ֥א תִתְּנ֖וּ בָּכֶ֑ם אֲנִ֖י יְהוָֽה׃
Ne tailladez point votre chair à cause d'un mort et ne vous imprimez point de tatouage je suis l'Éternel
Et d’incision pour une âme. Les Emoréens avaient pour habitude de taillader leur chair quand ils avaient un mort.
Et d’écriture de tatouage. Une écriture gravée et cautérisée, et devenue indélébile. On la cautérise avec une aiguille et elle fonce et devient indélébile (Makoth 21a).
Tatouage (qa‘aqa’). Le mot est issu de la même racine que : « et fais-les pendre (wehoqa’) » (Bamidbar 25, 4) ou : « nous les pendrons (wehoqa’noum) » (II Chemouel 21, 6). On enfonce un pieu dans la terre, [comme ici l’écriture dans la chair], et on les y pend. Et il se trouve qu’ils étaient eux-mêmes enfoncés et fourrés dans le sol – en français : « pourpoint ».
אַל־תְּחַלֵּ֥ל אֶֽת־בִּתְּךָ֖ לְהַזְנוֹתָ֑הּ וְלֹֽא־תִזְנֶ֣ה הָאָ֔רֶץ וּמָֽלְאָ֥ה הָאָ֖רֶץ זִמָּֽה׃
Ne déshonore point ta fille en la prostituant de peur que le pays ne se livre à là prostitution et ne soit envahi par la débauche
Ne profane pas ta fille pour la faire se prostituer. Cette interdiction vise celui qui livre sa fille non mariée à la cohabitation hors mariage.
Sinon le pays se prostituera. Si tu devais agir ainsi, la terre irait se prostituer, en faisant produire ses fruits dans un autre endroit que votre pays. C’est ainsi qu’il est écrit : « Tu as souillé le pays par tes débauches […] les pluies ont fait défaut » (Yirmeya 3, 2 et 3).
אֶת־שַׁבְּתֹתַ֣י תִּשְׁמֹ֔רוּ וּמִקְדָּשִׁ֖י תִּירָ֑אוּ אֲנִ֖י יְהוָֽה׃
Observez mes sabbats et révérez mon sanctuaire je suis l'Éternel
Et mon sanctuaire vous craindrez. On n’y entrera pas avec son bâton, ni avec sa chaussure, ni avec sa sacoche, ni avec la poussière sur ses pieds (Berakhoth 54a). Et bien que je vous mette en garde au sujet du sanctuaire, « vous garderez mes Chabath » : la construction du Temple ne « repousse » pas le Chabath (Yevamoth 6a).
אַל־תִּפְנ֤וּ אֶל־הָֽאֹבֹת֙ וְאֶל־הַיִּדְּעֹנִ֔ים אַל־תְּבַקְשׁ֖וּ לְטָמְאָ֣ה בָהֶ֑ם אֲנִ֖י יְהוָ֥ה אֱלֹֽהֵיכֶֽם׃
N'ayez point recours aux évocations ni aux sortilèges n'aspirez pas à vous souiller par ces pratiques je suis l'Éternel votre Dieu
Ne vous tournez pas vers les évocateurs. Cet avertissement s’adresse à l’évocateur de morts (ov) et au faiseur de sortilèges (yid‘onim) (Sanhèdrin 65a). Un évocateur de morts est un nécromancien qui parle par ses aisselles, un faiseur de sortilèges est celui qui introduit dans sa bouche l’os d’un animal appelé yado‘a et qui le fait parler.
Ne cherchez pas. À avoir affaire à eux. Car si vous avez affaire à eux, vous vous rendrez impurs devant moi et je vous prendrai en horreur.
Je suis Hachem, votre Éloqim. Sachez qui vous échangez, et contre qui.
מִפְּנֵ֤י שֵׂיבָה֙ תָּק֔וּם וְהָֽדַרְתָּ֖ פְּנֵ֣י זָקֵ֑ן וְיָרֵ֥אתָ מֵּֽאֱלֹהֶ֖יךָ אֲנִ֥י יְהוָֽה׃
Lève toi à l'aspect d'une tête blanche et honore la personne du vieillard crains ton Dieu! Je suis l'Éternel
Devant la vieillesse tu te lèveras. J’aurais pu penser qu’il fallût le faire devant un vieillard indigne. Aussi est-il écrit plus loin : « vieillard », et il n’est de « vieillard » que celui qui a acquis la sagesse (Qiddouchin 32b).
Tu respecteras la face du vieillard. En quoi consiste ce « respect » ? À ne pas s’asseoir à sa place, et à ne pas le contredire. J’aurais pu penser que l’on eût le droit de détourner ses yeux comme si on ne le voyait pas. Aussi est-il écrit : « Tu auras la crainte de ton Éloqim ». Car la chose est laissée à la discrétion de celui qui la fait, et lui seul en connaît les motifs. Dans tous les cas où les motivations d’un acte sont du ressort exclusif du cœur de celui qui agit, il est écrit : « Tu auras la crainte de ton Éloqim ».
וְכִֽי־יָג֧וּר אִתְּךָ֛ גֵּ֖ר בְּאַרְצְכֶ֑ם לֹ֥א תוֹנ֖וּ אֹתֽוֹ׃
Si un étranger vient séjourner avec toi dans votre pays ne le molestez point
Vous ne le léserez pas. Il s’agit de l’offense par des paroles. Ne lui dis pas : « Toi qui étais hier un païen, tu viens aujourd’hui apprendre la Tora qui a été donnée par la bouche du Tout-Puissant ! »
כְּאֶזְרָ֣ח מִכֶּם֩ יִֽהְיֶ֨ה לָכֶ֜ם הַגֵּ֣ר ׀ הַגָּ֣ר אִתְּכֶ֗ם וְאָֽהַבְתָּ֥ לוֹ֙ כָּמ֔וֹךָ כִּֽי־גֵרִ֥ים הֱיִיתֶ֖ם בְּאֶ֣רֶץ מִצְרָ֑יִם אֲנִ֖י יְהוָ֥ה אֱלֹֽהֵיכֶֽם׃
Il sera pour vous comme un de vos compatriotes l'étranger qui séjourne avec vous et tu l'aimeras comme toi même car vous avez été étrangers dans le pays d'Egypte je suis l'Éternel votre Dieu
Car vous avez été étrangers. Le défaut dont tu es affligé, n’en fais pas reproche à autrui (Baba Metsi‘a 59b).
Je suis Hachem, votre Éloqim. Je suis ton Éloqim et le sien.
לֹֽא־תַעֲשׂ֥וּ עָ֖וֶל בַּמִּשְׁפָּ֑ט בַּמִּדָּ֕ה בַּמִּשְׁקָ֖ל וּבַמְּשׂוּרָֽה׃
Ne commettez pas d'iniquité en fait de jugements de poids et de mesures
Vous ne ferez pas d’iniquité dans la justice. S’il s’agit du domaine judiciaire, il a déjà été écrit : « Vous ne ferez pas d’iniquité dans la justice… » (verset 15). De quelle « justice » est-il question ici pour la seconde fois ? Celle dans la mesure, le poids et la capacité. Cela nous apprend que celui qui mesure est appelé un « juge », car frauder dans une mesure est comme frauder en justice. Le fraudeur est appelé « inique », « détestable », « exécrable », « proscrit » et « abominable », et il est la cause de cinq conséquences mentionnées à propos du juge : Il rend le pays impur, il profane le nom de Hachem, il éloigne la chekhina, il fait succomber Israël par l’épée et il le fait exiler de son pays.
Dans la mesure. Il s’agit de la mesure de superficie (Baba Metsi‘a 61b, Baba Bathra 89b).
Dans le poids. À prendre au sens littéral.
Et dans la capacité. Il s’agit de la mesure des liquides.
מֹ֧אזְנֵי צֶ֣דֶק אַבְנֵי־צֶ֗דֶק אֵ֥יפַת צֶ֛דֶק וְהִ֥ין צֶ֖דֶק יִֽהְיֶ֣ה לָכֶ֑ם אֲנִי֙ יְהוָ֣ה אֱלֹֽהֵיכֶ֔ם אֲשֶׁר־הוֹצֵ֥אתִי אֶתְכֶ֖ם מֵאֶ֥רֶץ מִצְרָֽיִם׃
Ayez des balances exactes des poids exacts une épha exacte un men exact Je suis l'Éternel votre Dieu qui vous ai fait sortir du pays d'Egypte
Des poids de justesse. Ce sont les poids avec lesquels on pèse.
Une eifa. Il s’agit de la mesure des marchandises sèches.
Un hin. Il s’agit de la mesure des marchandises liquides.
Qui vous ai fait sortir. À cette condition. Autre explication : Moi qui ai su distinguer en Egypte entre la goutte ayant engendré un premier-né et celle n’ayant pas engendré un premier-né, on peut me faire confiance pour que je sache tout autant [distinguer et] punir celui qui baigne ses poids dans du sel afin de tromper les créatures qui ne s’en rendent pas compte (Baba Metsi‘a 61b).
וּשְׁמַרְתֶּ֤ם אֶת־כָּל־חֻקֹּתַי֙ וְאֶת־כָּל־מִשְׁפָּטַ֔י וַֽעֲשִׂיתֶ֖ם אֹתָ֑ם אֲנִ֖י יְהוָֽה׃
Observez donc toutes mes lois et tous mes statuts et accomplissez les je suis l'Éternel "