Lorsque l'Éternel ton Dieu t'aura fait entrer dans le pays où tu te rends pour le conquérir quand il aura écarté de devant toi ces nombreuses peuplades le Héthéen le Ghirgachéen l'Amorréen le Cananéen le Phérézéen le Hévéen et le Jébuséen sept peuplades plus nombreuses et plus puissantes que toi
Rachi (1)
Il fera tomber (wenachal). Dans le sens de « jeter » et de « lancer au loin », comme dans : « … le fer tombera (wenachal) » (infra 19, 5).
quand l'Éternel ton Dieu te les aura livrés et que tu les auras vaincus tu les frapperas d'anathème Point de pacte avec eux point de merci pour eux!
Rachi (1)
Et tu ne leur feras pas faveur (the‘haném). Ne leur adresse pas de compliment (‘hén). Il est interdit de dire : « Que ce païen est beau ! » (‘Avoda zara 14a). Autre explication : Tu ne leur donneras pas de possibilité d’installation (‘haniyya) dans le pays (‘Avoda zara 20a).
Car il détacherait ton fils de moi et ils adoreraient des divinités étrangères et la colère du Seigneur s'allumerait contre vous et il vous aurait bientôt anéantis
Rachi (1)
Car il détournera ton fils de derrière moi. Le fils du païen, quand il aura épousé ta fille, détournera de moi ton fils, celui qu’elle aura enfanté (Yevamoth 23a). Cela nous apprend que le fils de ta fille issu d’un païen est appelé « ton » fils, tandis que le que le fils de ton fils issu d’une païenne n’est pas appelé « ton » fils, mais celui de cette païenne. Car le texte ne dit pas, à propos de sa fille : « tu ne prendras pas, car “elle” détournera ton fils de derrière moi », mais : « car “il” détournera ton fils… »
Non voici ce que vous devrez leur faire vous renverserez leurs autels vous briserez leurs monuments vous abattrez leurs bosquets vous livrerez leurs statues aux flammes
Rachi (4)
Leurs autels. Construits « en dur ».
Leurs monuments. Faits d’une seule pierre.
Et leurs achéroth. Des arbres qu’ils adorent (‘Avoda zara 48a).
Car tu es un peuple consacré à l'Éternel ton Dieu il t'a choisi l'Éternel ton Dieu pour lui être un peuple spécial entre tous les peuples qui sont sur la face de la terre
Si l'Éternel vous a préférés vous a distingués ce n'est pas que vous soyez plus nombreux que les autres peuples car vous êtes le moindre de tous
Rachi (3)
Ce n’est pas comme les plus nombreux. A prendre au sens littéral. Quant à l’explication midrachique, elle consiste à dire que c’est parce que vous ne vous glorifiez pas des bienfaits dont je vous comble que je me suis attaché à vous (‘Houlin 89a).
Car vous êtes le moins nombreux. Vous vous dépréciez vous-mêmes, comme Avraham qui a dit : « … moi, poussière et cendre » (Beréchith 18, 27), ou comme Mochè et Aharon qui ont dit : « … et nous quoi [sommes-nous] ? » (Chemoth 16, 7). Tandis que vous n’êtes pas comme Nevoukhadnètsar qui a dit : « Je ressemblerai à l’Etre suprême » (Yecha’ya 14, 14), ou comme San‘hériv qui a dit : « Qui de toutes les divinités de ces pays a délivré leur pays de ma main… ? » (ibid. 36, 20), ou comme ‘Hiram qui a dit : « Je suis une divinité, je m’assieds sur le siège de Eloqim » (Ye‘hezqèl 28, 2).
Car (ki) vous êtes le moins nombreux. Le mot ki s’emploie ici dans le sens de : « car » (Roch hachana 3a).
c'est parce que l'Éternel vous aime parce qu'il est fidèle au serment qu'il a fait à vos aïeux voilà pourquoi il vous a d'un bras puissant arrachés et sauvés de la maison de servitude de la main de Pharaon roi d'Egypte
Rachi (2)
Mais c’est par l’amour de Hachem. Le mot ki s’emploie ici dans le sens de : « mais » (Roch hachana 3a). Ce n’est pas comme étant les plus nombreux que Hachem vous a désirés, « mais » par l’amour de Hachem envers vous.
Et parce qu’Il garde le serment. Par le fait qu’Il garde le serment.
Reconnais donc que l'Éternel ton Dieu lui seul est Dieu un Dieu véridique fidèle au pacte de bienveillance pour ceux qui l'aiment et obéissent à ses lois jusqu'à la millième génération
Rachi (3)
Jusqu’à mille générations. Alors qu’il est écrit plus haut : « … et qui fais du bien à “des milliers” » (supra 5, 10). Ici, où l’expression est contiguë à : « et pour ceux qui gardent Ses mitswoth » – à ceux qui le font par crainte, le texte emploie le mot « mille ». Tandis que plus haut, où il était question de « ceux qui L’aiment » – de ceux qui agissent par amour, et auxquels il est promis une plus grande récompense, le texte parlait de « milliers » [au pluriel] (Sota 31a).
Pour ceux qui L’aiment. A savoir ceux qui agissent par amour.
Et pour ceux qui gardent Ses mitswoth. A savoir ceux qui agissent par crainte.
mais qui punit ses ennemis directement en les faisant périr et n'ajourne point à l'égard de son contempteur le paiement qui lui est dû
Rachi (1)
Et qui paie ceux qui le haïssent pour Sa face. Il les rembourse de leur vivant de ce qu’Il leur doit pour le bien qu’ils ont fait, afin de les faire disparaître du monde à venir.
Pour prix de votre obéissance à ces lois et de votre fidélité à les accomplir l'Éternel votre Dieu sera fidèle aussi au pacte de bienveillance qu'il a juré à vos pères
Rachi (2)
Ce sera, parce que (‘éqev) vous écouterez. Si vous écoutez les mitswoth faciles, celles que l’on peut piétiner avec ses « talons » (‘iqvaw).
Il t'aimera te bénira te multipliera il bénira le fruit de tes entrailles et le fruit de ton sol ton blé ton vin et ton huile les produits de ton gros et de ton menu bétail dans le pays qu'il a juré à tes pères de te donner
Rachi (2)
La portée (chegar) de tes bœufs. Les nouveau-nés de ton bétail, ceux que la femelle rejette (mechaguèreth) de ses entrailles.
Et les fécondités (we‘achteroth) de ton menu bétail. Mena‘hem explique le mot ‘achteroth par : « les forts béliers du Bachane » (Tehilim 22, 13), c’est-à-dire l’élite du troupeau, comme dans : « ‘Achteroth-Qarnayim » (Beréchith 14, 5), dénomination qui comporte une connotation de « force ». Le Targoum Onqelos traduit par : « les troupeaux de tes moutons ». Quant à nos maîtres, ils ont expliqué comme suit : Pourquoi les appelle-t-on ‘achteroth ? Parce qu’elles « enrichissent » (me‘achiroth) leurs propriétaires (‘Houlin 84b).
L'Éternel écartera de toi tout fléau et toutes ces funestes plaies de l'Egypte que tu connais bien ce n'est pas à toi qu'il les infligera mais à tes adversaires
Tu anéantiras donc tous les peuples que te livre l'Éternel ton Dieu sans laisser ton œil s'attendrir sur eux de peur que tu n'adores leurs divinités car ce serait un piège pour toi
Peut être diras tu en ton cœur "Ces nations là sont plus considérables que moi comment pourrai je les déposséder?"
Rachi (1)
Peut-être (ki) diras-tu dans ton cœur. Le mot ki s’emploie ici nécessairement dans le sens de « peut-être » : « Peut-être diras-tu dans ton cœur », parce que ces nations sont nombreuses : « Je ne pourrai pas les déposséder. » Ne parle pas ainsi, « ne les crains pas » ! Et il n’est pas correct de rendre le mot ki par l’une des autres significations qu’il est susceptible de comporter (Roch hachana 3a), car il convient de préserver la valeur de : « ne les crains pas ».
des grandes épreuves que tes yeux ont vues de ces signes et de ces prodiges de cette main puissante et de ce bras étendu par lesquels t'a émancipé l'Éternel ton Dieu Ainsi fera t il de tous les peuples que tu pourrais craindre
Rachi (5)
Des épreuves. Des mises à l’épreuve.
Et des signes. Exemples : « Il fut serpent » (Chemoth 4, 3), « elles seront sang dans le sec » (Chemoth 4, 9).
Et des prodiges. Les plaies extraordinaires.
Et la main, la forte. C’est la peste.
Et le bras, l’étendu. C’est l’épée de la plaie des premiers-nés.
De plus l'Éternel ton Dieu suscitera contre eux les frelons pour achever les survivants qui se seraient dérobés à toi
Rachi (1)
Le frelon. Sorte d’insecte ailé qui projetait contre eux du venin, qui les châtrait et les rendait aveugles en quelque lieu où ils se cachassent (Sota 36a).
L'Éternel ton Dieu écartera ces peuples de devant toi mais peu à peu tu ne pourras pas les détruire rapidement car les bêtes sauvages se multiplieraient autour de toi
Rachi (1)
De peur que se multiplient sur toi les bêtes du champ. Tandis que s’ils accomplissent la volonté de Hachem, ils n’ont rien à craindre de ces bêtes, comme il est écrit : « Et la bête du champ sera en paix avec toi » (Iyov 5, 23). Mais Il savait à l’avance qu’ils allaient pécher un jour.
Mais l'Éternel ton Dieu les mettra à ta merci il répandra parmi eux un grand trouble jusqu'à ce qu'ils soient détruits
Rachi (1)
Il les troublera (wehamam). Le mot wehamam est ponctué de deux qamats, car le mèm final ne fait pas partie de la racine. C’est comme s’il était écrit : wehèm otham. En revanche, dans le verset : « … de faire passer en force (wehamam) les roues de son chariot » (Yecha’ya 28, 28), le mèm final fait partie de la racine. Aussi le mot est-il ponctué moitié d’un qamats moitié d’un pata‘h, à l’instar des autres verbes dont le radical est formé de trois lettres.
Les images de leurs divinités vous les détruirez par le feu Ne cède pas à la tentation de garder l'argent ou l'or qui les couvre il ferait ton malheur car il est en abomination à l'Éternel ton Dieu,
et tu ne dois pas apporter une abomination dans ta demeure tu serais anathème comme elle déteste la repousse la avec horreur elle est vouée à l'anathème!
Lisez le Houmash avec Rachi dans Koulam
La paracha de la semaine, verset par verset, avec le commentaire de Rachi en français — gratuit, iOS & Android.
Télécharger Koulam