Il dit "L'Éternel est apparu du haut du Sinaï a brillé sur le Séir pour eux! S'est révélé sur le mont Pharan a quitté les saintes myriades qui l'entourent dans sa droite une loi de feu pour eux!
Rachi (8)
Il dit : Hachem est venu du Sinaï. Il commence par décerner des éloges à Hachem, et ensuite [seulement] il énonce les besoins d’Israël. Et l’éloge introductif contient le rappel des mérites d’Israël, cela dans un but d’apaisement, comme pour dire : « Ils sont dignes, ceux-là, que tombe sur eux la bénédiction. »
Est venu du Sinaï. Il est sorti à leur rencontre quand ils venus pour se tenir dans « le dessous de la montagne » (Chemoth 19, 17), tout comme le fiancé sort pour accueillir la fiancée, comme il est écrit : « à la rencontre de ha-Eloqim » (ibid.), d’où nous apprenons qu’Il est sorti à leur rencontre.
Il a brillé du Sé‘ir pour eux. Il a commencé par s’adresser aux enfants du Sé‘ir pour qu’ils acceptent la Tora, mais ils n’en ont pas voulu.
S’est révélé. A eux.
Du mont Paran. Il y est allé et Il a commencé par s’adresser aux descendants de Yichma‘el pour qu’ils l’acceptent, mais ils n’en ont pas voulu.
Est venu. Vers Israël.
Des myriades de sainteté. Avec Lui se trouvaient une partie – mais pas la totalité ni même la majeure partie – des myriades d’anges de service. [Il n’a pas agi] comme l’aurait fait un être de chair et de sang, qui exhibe le jour de son mariage tout l’éclat de sa richesse et de sa magnificence.
Un feu-loi. Elle était écrite depuis toujours devant Lui, [en lettres de] feu noir sur feu blanc. Il leur a donné, avec les tables, l’écriture [couchée par] Sa main droite. Autre explication : « Un feu-loi » s’entend comme le rend le Targoum Onqelos : Il la leur a donnée du milieu du feu.
Ils te sont chers aussi les peuples tous leurs saints ta main les protège mais eux se sont couchés à tes pieds ont recueilli ta propre parole
Rachi (7)
Même Il aime les peuples. En plus, Il aime d’un amour spécial les tribus, dont chacune est appelée « peuple ». Seul en effet Binyamin restait à venir au monde lorsque Hachem a dit à Ya‘aqov : « un peuple, une assemblée de peuples sera de toi… » (Beréchith 35, 11).
Tous Ses saints sont dans ta main. Les âmes des justes sont gardées auprès de Lui, ainsi qu’il est écrit : « L’existence de mon maître sera liée au faisceau des vivants, avec Hachem ton Eloqim… » (I Chemouel 25, 29).
Et eux sont blottis (toukou) à tes pieds. Et ils méritaient, eux, une telle chose, car ils s’étaient blottis à l’intérieur du « dessous de la montagne » à tes pieds au Sinaï. Le mot toukou est au mode pou‘al : « ils s’étaient insérés à l’intérieur de tes pieds ».
Ils reçoivent tes paroles. Ils reçoivent sur eux le joug de ta Tora.
Tes paroles (midaberothèkha). La lettre mèm du mot midaberothèkha fait partie du radical, comme dans : « … il entendait la voix qui lui parlait (middabér) » (Bamidbar 7, 89), ou dans : « … j’ai entendu la voix qui me parlait (middabér) » (Ye‘hezqèl 2, 2), comme mithdabér [au hithpa’él]. Ici aussi, le mot midaberothèkha veut dire : « ce que tu te disais pour que je l’entende et que je leur transmette ». En français médiéval : « tes porparledures ». Le Targoum Onqelos rend le mot comme voulant dire : « ils marchaient selon tes paroles », la lettre mèm servant de préfixe, issu de min. Autre explication de « même Il aime les peuples » : Même dans les moments où tu aimes les nations, où tu leur montres un visage avenant et où tu livres Israël dans leurs mains… « tous Ses saints sont dans ta main ». Tous leurs justes et leurs gens de bien te sont restés attachés sans dévier de derrière toi, et toi tu les gardes.
Et eux sont blottis à tes pieds. Ils s’étendent et se pelotonnent sous ton ombre.
Ils reçoivent tes paroles. Ils acceptent tes décrets et tes lois dans la joie. Et voici ce qu’ils disent :
Ainsi devint il roi de Yechouroun les chefs du peuple étant réunis les tribus d'Israël unanimes
Rachi (4)
Il a été. Le Saint béni soit-Il.
Roi en Yechouroun. Le joug de Sa royauté repose en permanence sur eux.
Quand se sont réunis. Toutes les fois que se réunissent les chefs, c’est-à-dire le nombre total de ceux qui se réunissent.
Les chefs. Comme dans : « Lorsque tu relèveras la tête… » (Chemoth 30, 12). Ils méritent que je les bénisse. Autre explication de « quand se sont réunis » : Lorsqu’ils s’unissent dans un faisceau et que la paix règne en leur sein, alors Il est leur roi, et non lorsque les opposent des querelles.
"Que Ruben vive et soit immortel que sa population soit innombrable!
Rachi (3)
Vivra Reouven. Dans ce monde-ci (Sanhèdrin 92a).
Et il ne mourra pas. Dans le monde à venir (ibid.). Et qu’on ne lui rappelle pas l’affaire de Bilha !
Et ses nombres seront comptés. Qu’ils soient comptés dans le nombre de ses autres frères ! On trouve ici la même idée que celle de : « Reouven alla, coucha avec Bilha […] Les fils de Ya‘aqov furent douze » (Beréchith 35, 22). Il n’a pas été exclu du compte [des fils de Ya‘aqov].
A Juda il adressa cette bénédiction "Ecoute Seigneur le vœu de Juda en l'associant à son peuple que son bras s'en fasse le champion et lui serve d'auxiliaire contre ses ennemis "
Rachi (5)
Et ceci pour Yehouda. Yehouda fait immédiatement suite à Reouven parce qu’ils ont passé l’un et l’autre l’aveu leurs fautes, comme il est écrit : « Parce que les Sages racontent, sans rien dissimuler […] à eux seuls fut donné le pays, et nul étranger n’est passé au milieu d’eux » (Iyov 15, 18 et 19). Nos maîtres ont encore expliqué que tout au long des quarante ans qu’Israël a passés dans le désert, les ossements de Yehouda ballottaient dans son cercueil à cause de l’anathème qu’il s’était imposé, comme il est écrit : « Je pécherai envers mon père tous les jours » (Beréchith 44, 32 ; Sota 7b). Mochè a dit : « Qui a provoqué l’aveu fait par Reouven ? Yehouda… »
Ecoute, Hachem, la voix de Yehouda. C’est la prière de David et de Chelomo, celle d’Assa devant les Kouchis (II Divrei Hayamim 14, 10), celle de Yehochafat devant les ‘Ammonis (II Divrei Hayamim 20, 5 à 12), et celle de ‘Hizqiya devant San‘hériv (II Divrei Hayamim 32, 20).
Et amène-le à son peuple. En paix, au retour de la guerre.
Ses mains combattent pour lui. Qu’elles mènent son combat et exercent sa vengeance.
Et tu seras une aide contre ses ennemis. Il a prié en faveur de Yehochafat lors de la bataille de Ramoth Guil‘ad : « Yehochafat a crié et Hachem l’a aidé » (II Divrei Hayamim 18, 31). Autre explication de « Ecoute, Hachem, la voix de Yehouda » : La bénédiction de Yehouda sous-entend une bénédiction de Chim‘on. Car lorsque du partage d’Erets Yisrael, Chim‘on a recueilli sa part dans le lot de Yehouda, comme il est écrit : « Leur part d’héritage [des enfants de Chim‘on] fut au milieu de la part d’héritage des enfants de Yehouda » (Yehochou‘a 19, 1). (Et pourquoi Mochè n’attribua-t-il pas [à Chim‘on] une bénédiction distincte ? Parce qu’il avait sur le cœur ce qu’il avait fait à Chitim. C’est ce qui est écrit dans la aggada de Tehilim.)
Sur Lévi il s'exprima ainsi "Tes toummîm et tes ourîm à l'homme qui t'est dévoué que tu as éprouvé à Massa gourmandé pour les eaux de Meriba
Rachi (4)
Et à Léwi il dit. Au sujet de Léwi il dit.
Tes toumim et tes ourim. Il s’adresse ici à la chekhina.
Que tu as éprouvé à Massa. Ils ne se sont pas associés aux récriminations des autres.
Tu L’as contesté…. Comme le rend le Targoum Onqelos. Autre explication de « tu L’as contesté sur les eaux de Meriva » : Tu L’as attaqué en usant de prétextes. Si Mochè a dit : « Ecoutez donc, les rebelles ! », Aharon et Miryam qu’ont-ils fait ?
qui dit de son père et de sa mère "Je ne les considère point " qui n'a pas égard à ses frères et ne connaît pas ses enfants Uniquement fidèle à ta parole gardien de ton alliance,
Rachi (3)
Qui dit de son père et de sa mère : Je ne l’ai pas vu. Lorsqu’ils ont péché avec le veau d’or et que j’ai dit : « Qui est pour Hachem, à moi ! » (Chemoth 32, 26), se sont rassemblés vers moi tous les enfants de Léwi. Je leur ai ordonné de tuer [chacun] le père de sa mère, s’il était un yisrael, ou son frère utérin, ou le fils de sa fille, et ils l’ont fait. Et il est impossible d’expliquer « son père » au sens littéral, ni « ses frères » comme étant ceux issus du même père, ni « ses enfants » au sens littéral, puisqu’ils étaient lewiim et que pas un seul des membres de la tribu de Léwi n’a péché, comme il est écrit : « “tous” les fils de Léwi » (ibid.).
Car ils ont gardé tes paroles. « Tu n’auras pas d’autres dieux » (Chemoth 20, 3).
Et ont préservé ton alliance. L’alliance de la circoncision. Car ceux qui sont nés dans le désert parmi les yisraélim n’ont pas circoncis leurs fils, tandis qu’ils étaient, eux, circoncis et qu’ils ont circoncis leurs fils.
Bénis Seigneur ses efforts et agrée l'œuvre de ses mains! Brise les reins de ses agresseurs de ses ennemis pour qu'ils ne puissent se relever!
Rachi (2)
Brise les reins de ceux qui s’élèvent. Brise ceux qui se dressent contre lui en frappant les reins, ainsi qu’il est écrit : « Fais vaciller sans cesse leurs reins ! » (Tehilim 69, 24). L’expression s’adresse à ceux qui déniaient le sacerdoce [à Aharon]. Autre explication : Il a vu que le ‘Hachmonaï et ses fils allaient un jour lutter contre les idolâtres, et il a prié pour eux parce qu’ils étaient peu nombreux, à savoir les douze fils du ‘Hachmonaï et El‘azar contre une multitude de myriades. Voilà pourquoi il a dit : « Bénis, Hachem, sa richesse, et tu agréeras l’œuvre de ses mains ! »
Et ceux qui le haïssent, qu’ils ne relèvent pas. Brise ceux qui se dressent contre lui, ainsi que ses ennemis, afin qu’ils ne puissent se relever.
Sur Benjamin il dit "Favori du Seigneur il repose avec confiance auprès de lui qui lui prête son abri pour toujours et qui réside entre ses épaules "
Rachi (4)
A Binyamin il dit. Il les a placés côte à côte parce que la bénédiction de Léwi concerne le service des sacrifices et celle de Binyamin la construction du Temple, lequel est situé sur son territoire. Ensuite vient celle de Yossef (verset 13 et suivants), sur le territoire de qui également a été construit le sanctuaire de Chilo, comme il est écrit : « Il méprisa la tente de Yossef… » (Tehilim 78, 67). Et étant donné que le Temple possède plus d’importance que Chilo, il a placé Binyamin avant Yossef.
Il le couvre. Il le couvre et le protège.
Tout le jour. A tout jamais. A partir du moment où a été choisi Jérusalem, la chekhina n’a plus jamais résidé ailleurs.
Et entre Ses épaules Il réside. Le Temple a été construit au point culminant de son territoire, à cependant vingt-trois coudées plus bas que ‘Ein ‘Itam (Yoma 31a). C’est là que David avait eu l’intention de le construire, comme indiqué dans le traité Zeva‘him (54b). On lui a dit : « Construisons-le plus bas, car il est écrit : “ Et entre Ses épaules Il réside”. Rien n’est plus beau chez un bœuf que ses épaules ! »
Sur Joseph il parla ainsi "Bénie du Seigneur est sa terre! Elle possède les dons du ciel la rosée comme ceux de l'abîme aux couches souterraines
Rachi (3)
Béni de Hachem est son pays. Car il n’y avait pas dans l’héritage des tribus de territoire aussi riche que celui de Yossef.
Des bienfaits (mimmèguèd). Terme comportant une connotation de « délices » et de « douceur ».
Et de l’abîme. Car [l’eau de] l’abîme remonte [vers la surface] et l’humidifie par en bas. On constatera que la bénédiction de Mochè comporte, chez toutes les tribus, des ressemblances avec celle de Ya‘aqov.
et les trésors que mûrit le soleil et ceux qui germent à chaque lune
Rachi (2)
Et des bienfaits des récoltes du soleil. Sa terre était ouverte au soleil et faisait mûrir les fruits.
Des fruits des mois. Certains fruits mûrissent sous l’influence de la lune, comme les melons et les citrouilles. Autre explication : L’expression « des fruits des mois » signifie que la terre produit et fait pousser de mois en mois.
et les précieux produits des antiques montagnes et les délices des collines primitives,
Rachi (2)
Et du sommet des montagnes d’antan. [Son pays] est également béni dès le début de la maturation des fruits, car ses montagnes accélèrent le mûrissement de leurs productions. Autre explication : Cela nous apprend que la création [de ses montagnes] a précédé celle des autres montagnes.
Des collines éternelles. Des collines qui produisent éternellement des fruits et qui n’arrêtent pas quand cessent les pluies.
les délices du sol et son abondance et la faveur de celui qui eut pour trône un buisson Puisse t elle reposer sur la tête de Joseph sur le front de l'élu de ses frères!
Rachi (4)
Et la faveur de celui qui réside (chokhni) dans le buisson. Le mot chokhni équivaut à chokhén (« résidant ») dans le buisson. Puisse sa terre être bénie par le bon vouloir et la faveur du Saint béni soit-Il, qui m’est apparu pour la première fois dans un buisson !
La faveur (retsone). L’agrément et la bienveillance. Le mot ratsone employé dans le texte a toujours cette signification.
Vienne. Cette bénédiction-là sur la tête de Yossef.
Le nazir de ses frères. Il a été séparé de ses frères par l’effet de sa vente.
Le taureau son premier né qu'il est majestueux! Ses cornes sont celles du reêm avec elles il terrassera les peuples tous ensemble jusqu'aux confins de la terre L'une ce sont les myriades d'Ephraïm l'autre les milliers de Manassé!"
Rachi (8)
Au premier-né de son bovin. Il arrive que le mot « premier-né » comporte une connotation de « grandeur » et de « royauté », comme il est écrit : « Moi aussi j’en ferai un “premier-né”, [supérieur aux rois de la terre] » (Tehilim 89, 28), et aussi : « Mon fils mon “premier-né” est Israël » (Chemoth 4, 22).
Au premier-né. [Allusion au] roi qui en sera issu, à savoir Yehochou‘a.
De son bovin. Il sera aussi fort qu’un bœuf pour assujettir de nombreux rois.
A lui la gloire. Elle lui a été donnée, comme il est écrit : « Tu donneras de ta majesté sur lui » (Bamidbar 27, 20).
Et ses cornes sont les cornes du buffle. La force d’un bœuf est puissante, mais ses cornes ne sont pas belles, tandis que les cornes du buffle sont belles mais sa force est inopérante. Il a conféré à Yehochou‘a la force du bœuf et la beauté des cornes du buffle.
Aux bouts de la terre. Se peut-il que les trente et un rois [vaincus par Yehochou‘a] aient tous régné en Erets Yisrael ? Il n’était pas, en réalité, de prince ou de roi qui n’ait acquis en Erets Yisrael un palais et un terrain, car [ce pays] possédait de l’importance pour eux tous, comme il est écrit : « … un patrimoine désiré par les armées des nations… » (Yirmeya 3, 19).
Et ils sont les myriades d’Efrayim. Celles qui ont été frappées, à savoir les myriades que Yehochou‘a, qui était issu d’Efrayim, a tuées.
Et ils sont les milliers de Menachè. Ce sont les milliers en Midyan qu’a tués Guid‘on, comme il est écrit : « Et Zèva‘h et Tsalmouna étaient à Qarqar… » (Choftim 8, 10).
A Zabulon il dit ces mots "Sois heureux Zabulon dans tes voyages et toi Issachar dans tes tentes!
Rachi (4)
Et à Zevouloun il dit. Le nom des cinq tribus qu’il a bénies en dernier lieu, à savoir Zevouloun, Gad, Dan, Naftali et Achér, est cité deux fois, cela afin de les fortifier et de les raffermir, car elles étaient les plus faibles de toutes (voir Rachi Beréchith 47, 2). C’est eux que Yossef a présentés à Pharaon, comme il est écrit : « Et d’entre ses frères il prit cinq hommes… » (Beréchith 47, 2). Comme ils semblaient chétifs, il ne s’en ferait pas des officiers pour ses opérations militaires.
Réjouis-toi, Zevouloun, dans ta sortie, et Yissakhar dans tes tentes. Zevouloun et Yissakhar se sont associés. « Zevouloun sur le littoral des mers demeurera… » (Beréchith 49, 13), il fera du commerce par bateaux et s’enrichira. Il subviendra aux besoins de Yissakhar, qui restera assis à étudier la Tora. C’est pour cette raison que Zevouloun est cité avant Yissakhar : La Tora de Yissakhar n’existe que grâce à Zevouloun.
Réjouis-toi, Zevouloun, dans ta sortie. Puisses-tu réussir dans tes entreprises commerciales !
Et Yissakhar. Puisses-tu réussir en Tora en étant assis dans tes tentes, en étant assis à calculer le calendrier et à fixer les néoménies, comme il est écrit : « Et les fils de Yissakhar, instruits à connaître les dates afin de savoir ce que doit faire Israël, leurs chefs au nombre de deux cents » (I Divrei Hayamim 12, 33) ! En tant que chefs du Sanhèdrin, ils s’occupaient de cette tâche, et c’est eux qui fixaient les saisons et les calendriers.
Ils convieront des peuples sur la montagne pour y offrir des sacrifices pieux car ils aspireront l'opulence des mers et les mystérieux trésors cachés dans le sable "
Rachi (6)
Les peuples. Des tribus d’Israël.
Ils s’assembleront (yiqraou) à la montagne. Ils se réuniront au mont Moria. Il n’est de réunion que sur convocation (qeria), et là ils sacrifieront des « sacrifices de justice » lors des fêtes de pèlerinage.
Car ils suceront l’abondance des mers. Yissakhar et Zevouloun, ce qui leur laissera du temps pour s’occuper de Tora.
Et les trésors cachés du sable. Couverts et enfouis sous le sable. [Il s’agit de] la sardine, du ‘hilazon (« créature marine servant à procurer la couleur azur des tsitsith ») et du cristal blanc que l’on retire de la mer et du sable. On les trouvait sur le territoire de Yissakhar et de Zevouloun comme indiqué dans le traité Meguila (6a) à propos du verset : « Zevouloun est un peuple qui se voue à la mort » (Choftim 5, 18). Comme Naftali résidait sur les hauteurs, Zevouloun a protesté contre le lot qui lui avait été attribué : « Tu as donné à mon frère champs et vignobles, [et à moi un pays de collines et de montagnes. A mon frère tu as donné de bonnes terres, et à moi des mers et des rivières ! » Hachem a répondu : « Ils auront tous besoin de toi pour le ‘hilazon, comme il est écrit : “… et les trésors cachés du sable”. »]
Et les trésors (oussefounei). Ce qui est couvert, comme il est écrit : « On couvrit (wayisfon) la maison » (I Melakhim 6, 9), « Il était couvert (wessafoun) de cèdre » (ibid. 7, 3) que le Targoum rend par : « couvert de planches de cèdre ». Autre explication de « les peuples s’assembleront à la montagne » : Le commerce de Zevouloun attirera les marchands idolâtres vers son pays, et lui se tiendra à la frontière. Ils diront : « Puisque nous avons fait l’effort de venir jusqu’ici, nous allons pousser jusqu’à Jérusalem pour voir ce qu’est la divinité vénérée par ce peuple et ce qu’Elle accomplit. » Ils verront alors tout Israël adorer une divinité unique et consommer la même nourriture, alors que chez les idolâtres, la divinité de l’un ne ressemble pas à celle de l’autre, ni la nourriture de l’un à celle de l’autre. C’est alors qu’ils se convertiront, comme il est écrit : « Là ils sacrifieront des sacrifices de justice ».
Car ils suceront l’abondance des mers. Zevouloun et Yissakhar. La mer leur procurera des richesses abondantes.
Au sujet de Gad il dit "Hommage à celui qui agrandit Gad! Il se campe comme un léopard met en pièces et le bras et la tête
Rachi (3)
Béni soit qui élargit Gad. Cela nous apprend que le territoire de Gad s’élargissait vers l’est.
Il réside comme une lionne. Il est comparé aux lions parce qu’il était proche de la frontière et que ceux qui sont proches d’une frontière doivent tous être vigoureux.
Il a déchiré le bras, même le sommet de la tête. Ceux qu’il tuait étaient reconnaissables en ce qu’il avait tranché d’un seul coup la tête et l’épaule.
Il s'est adjugé les prémices de la conquête là est sa part réservée par le législateur il s'avance cependant aux premiers rangs du peuple accomplissant l'œuvre sainte du Seigneur fidèle à ses devoirs envers Israël!"
Rachi (6)
Il a vu pour lui une primeur. Il a veillé à s’attribuer sa part dans le pays de Si‘hon et de ‘Og, [dont la prise a marqué] le commencement de la conquête du pays.
Car là la part du législateur. Car il savait que dans son héritage allait se trouver la portion de terrain contenant la tombe du législateur, c’est-à-dire de Mochè.
Cachée. Cette portion allait être cachée et dissimulée à toute créature, comme il est écrit : « … et pas un homme n’a connu sa sépulture jusqu’à ce jour-ci » (infra 34, 6).
Et il est allé. Gad.
Les chefs du peuple. Ils ont marché à la tête de ceux engagés [dans les combats] pour la conquête du pays, parce qu’ils étaient vigoureux, ainsi qu’il est écrit : « Vous passerez engagés devant vos frères… » (supra 3, 18).
Il a fait la justice de Hachem. Ils ont tenu parole et respecté leur promesse de traverser le Yardén jusqu’à la conquête et au partage. Autre explication : Mochè « est allé avec les chefs du peuple ». Le mots : « il a fait la justice de Hachem » s’appliquent à Mochè.
Au sujet de Dan il dit "Dan est un jeune lion qui s'élance du Basan "
Rachi (2)
Dan est un jeune lion. Lui aussi était proche de la frontière. Aussi est-il comparé aux lions.
Il s’élance depuis le Bachane. Comme le rend le Targoum Onqelos. Le Yardén sortait de son territoire, depuis la caverne de Pamyas, laquelle s’identifie à Lèchèm (Bekhoroth 55a) situé sur le territoire de Dan, comme il est écrit : « … ils donnèrent à Lèchèm le nom de Dan… » (Yehochou‘a 19, 47). Mais son jaillissement et son cours venaient du Bachane. Autre explication : De même qu’un cours d’eau, ayant pris sa source à un endroit unique, peut se diviser en deux bras, de même la tribu de Dan a-t-elle pris sa part en deux endroits. Elle a commencé par se la faire attribuer au nord-ouest de ‘Eqron et de ses alentours (Yehochou‘a 19, 40 et suivants), mais cela ne leur a pas suffi. Ils sont venus faire la guerre contre Lèchèm, c’est-à-dire Pamyas, qui se trouve au nord-est. Le Yardén prend en effet sa source à la caverne de Pamyas, qui se trouve à l’est d’Erets Yisrael. Il coule du nord au sud pour finir à l’extrémité de la mer du Sel, à savoir à l’est de Yehouda, dont le territoire se trouve au sud d’Erets Yisrael, ainsi qu’il est expliqué dans le livre de Yehochou‘a. Cela correspond à ce qui est écrit : « Le territoire des enfants de Dan dépassa [ces limites]. Les enfants de Dan montèrent et attaquèrent Lèchèm… » (Yehochou‘a 19, 47). Leur territoire s’est étendu au-delà de toute cette région dont ils avaient commencé de prendre possession.
A Nephtali il dit "Ô Nephtali! Rassasié des grâces diverses comblé des bénédictions du Seigneur que le couchant et le midi soient ton héritage!"
Rachi (3)
Rassasié, désiré. Son territoire comblait tous les désirs de ses habitants.
La mer et le sud, hérites-en. La mer de Kinnèreth lui a été échue dans sa part (Baba Qama 81b), et il a occupé tout une bande de terrain au sud pour étendre filets et nasses.
Hérites-en (yeracha). C’est un impératif, comme dans : « Monte, prends possession ! » (supra 1, 21). L’accent tonique placé sur l’avant-dernière syllabe, sur la lettre réch, en est la preuve. C’est comme dans les verbes suivants, à la fin desquels est ajoutée la lettre hé et où l’accent tonique est placé sur l’avant-dernière syllabe : yarach (yaracha – « hérite ! »), yada’ (yeda’a – « sache ! »), leqa‘h (laq‘ha – « prends ! »), chema’ (cham‘a – « écoute ! »). Il en va de même ici, où yaracha est un impératif. Et nous trouvons dans la grande Massora, classés dans l’ordre alphabétique, les impératifs où l’accent tonique est placé sur l’avant-dernière syllabe.
Et au sujet d'Asher il dit "Béni entre les fils soit Asher! Bienvenu auprès de ses frères et baignant son pied dans l'huile
Rachi (3)
Béni parmi les fils est Achér. J’ai vu dans le Sifri qu’aucune tribu autre que celle d’Achér n’a été bénie en ses enfants, mais je ne sais pas en quoi a consisté [cette bénédiction].
Il sera agréable à ses frères. Il était apprécié par ses frères à cause de son huile d’olives non encore mûres et de ses fruits, et eux la lui échangeaient contre du blé. Autre explication de « il sera agréable à ses frères » : Ses filles étaient belles. Cela correspond à ce qui est écrit dans Divrei Hayamim : « [Fils d’Achér : […] Et les fils de Beri‘a : ‘Hèvèr et Malkiel, lequel était le père de “Virzayith” » (I Divrei Hayamim 7, 31). Ses filles ont épousé des grands prêtres, lesquels recevaient une onction d’huile d’olive (zayith).
Il trempera son pied dans l’huile. Son territoire tirait de l’huile comme il l’aurait fait d’une source. Un jour que les habitants de Laodicée avaient besoin d’huile, ils ont chargé un émissaire [de leur en chercher, et celui-ci n’en a trouvé que chez Achér], comme indiqué dans le traité Mena‘hoth (85b).
Tes forts seront bardés de fer et d'airain ta sécurité durera autant que ta vie
Rachi (2)
De fer et de cuivre sont tes verrous. Il s’adresse ici à tout Israël, dont les guerriers étaient stationnés dans les villes frontalières. Ils verrouillaient la frontière afin d’empêcher les ennemis d’y pénétrer, comme si elle avait été fermée par des verrous et par des barres de fer et de cuivre. Autre explication de « de fer et de cuivre sont tes verrous » : Votre pays est verrouillé par des montagnes dont on extrait du fer et du cuivre, et le territoire d’Achér était le verrou d’Erets Yisrael.
Et comme tes jours est ton abondance. Comme les jours où tu as été heureux, à savoir l’époque de tes débuts, l’époque de ta jeunesse, puissent-ils être ainsi les jours de ta vieillesse, qui s’écoulent dans le chagrin vers le déclin. Autre explication de « et comme tes jours est ton abondance » : Selon le nombre de tes jours, de tous les jours où vous faites la volonté de Hachem, qu’il soit « ton abondance » ! Que tous les pays fassent « abonder » l’argent et l’or vers Erets Yisrael, qu’il soit béni par ses fruits, et que tous les pays soient nourris grâce à lui et fassent affluer vers lui leur argent et leur or ! En français médiéval : « escorant ». L’argent et l’or s’y épuiseront car ils les feront affluer vers votre pays.
"Rien n'égale le Tout Puissant ô Yechouroun! II est ton soutien lui qui siège dans les cieux et dont la majesté plane sur les nues
Rachi (2)
Nul n’est comme Qél, Yechouroun. Sache, Yechouroun, que nulle des divinités des idolâtres n’égale Qél, et qu’Il n’est pas « comme notre rocher, leur rocher » (supra 32, 31).
Il chevauche le ciel. C’est cette divinité-là qui vient à ton secours et qui chevauche le ciel dans Sa majesté.
Tu as pour refuge le Dieu primordial pour support ses bras éternels il écarte devant toi l'ennemi II décrète sa ruine
Rachi (4)
Le Eloqim d’antan est ta demeure. Le firmament sert de demeure au « Eloqim d’antan », Celui qui a précédé toutes les divinités et qui s’est choisi le firmament comme siège et comme demeure. Et au-dessous de Sa demeure résident tous les puissants.
Les bras du monde. Si‘hon, ‘Og et les rois de Kena‘an, qui constituaient la force et la puissance du monde. C’est pourquoi ils ont malgré eux tremblé et frissonné, et leur vigueur s’est affaiblie devant Lui. La crainte de celui qui est au-dessus pèse toujours sur celui qui est en dessous, et Lui, à qui appartiennent la force et la puissance pour te secourir…
Il chassera devant toi l’ennemi. Et Il te dira : « Détruis-les ! »
Demeure. Toutes les fois qu’un mot exige le préfixe lamèd, [préposition signifiant : « en direction de »], ce préfixe peut être remplacé par le suffixe hé (Yevamoth 13b).
Et Israël réside avec sécurité elle coule solitaire la source de Jacob sur une terre riche de blé et de vin sous des cieux qui lui versent la rosée
Rachi (4)
En sécurité, solitaire. Chaque personne, prise individuellement, chacune s’éparpillant sous sa vigne et sous son figuier. Et les gens n’auront pas besoin de se regrouper et d’habiter ensemble par crainte de l’ennemi.
Source (‘eyn) de Ya‘aqov. Le mot ‘eyn a le même sens que dans : « … et son aspect (we‘eyno) comme l’aspect (ke‘eyn) du bdellium » (Bamidbar 11, 7), à savoir une bénédiction « semblable » à celle que leur a transmise Ya‘aqov. La « solitude » [dont il est question] n’est pas celle dont a parlé Yirmeya : « J’ai vécu solitaire… » (Yirmeya 15, 17), mais elle est comme celle que leur a promise Ya‘aqov : « Eloqim sera avec vous. Il vous fera revenir au pays de vos pères » (Beréchith 48, 21)
Distilleront. Ruisselleront.
Même ses cieux distilleront de la rosée. Même la bénédiction de Yits‘haq s’ajoutera à celle de Ya‘aqov : « Et Il te donnera, ha-Eloqim, de la rosée des cieux… » (Beréchith 27, 28).
Heureux es tu Israël! Qui est ton égal peuple que protège le Seigneur? Bouclier qui te sauve il est aussi le glaive qui te fait triompher tes ennemis ramperont devant toi et toi tu fouleras leurs hauteurs "
Rachi (4)
Tu es heureux, Israël. Après leur avoir fourni les détails des bénédictions, il leur dit : « A quoi bon tant de détails ! En fait, tout est à vous ! »
Tu es heureux, Israël ! Qui est comme toi. Ton secours est en Hachem qui est « le bouclier de ton secours et l’épée de ta gloire ».
Tes ennemis s’épuiseront devant toi. Par exemple les Guiv‘onites qui diront : « Tes serviteurs sont venus d’un pays éloigné… » (Yehochou‘a 9, 9).
Et toi tu marcheras sur leurs hauteurs. Ainsi qu’il est écrit : « Posez vos pieds sur les cous de ces rois ! » (Yehochou‘a 10, 24).
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