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Chemoth (Exode) — chapitre 29

Texte hébreu (avec taamim), traduction française et commentaire de Rachi traduit en français, verset par verset. Sommaire du Houmash.

Verset 1

וְזֶ֨ה הַדָּבָ֜ר אֲשֶֽׁר־תַּעֲשֶׂ֥ה לָהֶ֛ם לְקַדֵּ֥שׁ אֹתָ֖ם לְכַהֵ֣ן לִ֑י לְ֠קַח פַּ֣ר אֶחָ֧ד בֶּן־בָּקָ֛ר וְאֵילִ֥ם שְׁנַ֖יִם תְּמִימִֽם׃

"Or voici comment tu procéderas à leur égard pour les consacrer à mon sacerdoce prends un jeune taureau et deux béliers sans défaut

Rachi (2)

Prends (leqa‘h). Le mot leqa‘h équivaut à qa‘h (« prends »). Ce sont deux racines de verbes dont la signification est identique.

Un taureau, un. Pour faire expiation du péché du veau d’or, qui était un bovin.

Verset 2

וְלֶ֣חֶם מַצּ֗וֹת וְחַלֹּ֤ת מַצֹּת֙ בְּלוּלֹ֣ת בַּשֶּׁ֔מֶן וּרְקִיקֵ֥י מַצּ֖וֹת מְשֻׁחִ֣ים בַּשָּׁ֑מֶן סֹ֥לֶת חִטִּ֖ים תַּֽעֲשֶׂ֥ה אֹתָֽם׃

puis des pains azymes des gâteaux azymes pétris avec de l'huile et des galettes azymes ointes d'huile tu les feras de la plus pure farine de froment

Rachi (3)

Et du pain de matsoth et des gâteaux de matsoth […] et des galettes de matsoth. Ce qui fait trois variétés : des pains pétris à l’eau chaude (Mena‘hoth 78a), des gâteaux et des galettes. Le « pain de matsoth », c’est ce qui sera appelé plus loin un « gâteau de pain à l’huile » (verset 23), ainsi nommé parce qu’on mettait dans la pâte pétrie à l’eau chaude autant d’huile que dans les « gâteaux » et les « galettes » réunis. De chaque variété on apportait dix pièces (Mena‘hoth 76a).

Pétris à l’huile. Quant ils étaient encore à l’état de farine, on y versait de l’huile et on les pétrissait (Mena‘hoth 74b).

Ointes d’huile. On les arrosait après cuisson en y dessinant comme un khi grec, lequel ressemble à notre noun.

Verset 3

וְנָֽתַתָּ֤ אוֹתָם֙ עַל־סַ֣ל אֶחָ֔ד וְהִקְרַבְתָּ֥ אֹתָ֖ם בַּסָּ֑ל וְאֶ֨ת־הַפָּ֔ר וְאֵ֖ת שְׁנֵ֥י הָֽאֵילִֽם׃

Tu les mettras dans une même corbeille et les présenteras dans cette corbeille en même temps que le taureau et les deux béliers

Rachi (1)

Tu les approcheras. Du parvis du tabernacle, le jour où on le dressera.

Verset 4

וְאֶת־אַֽהֲרֹ֤ן וְאֶת־בָּנָיו֙ תַּקְרִ֔יב אֶל־פֶּ֖תַח אֹ֣הֶל מוֹעֵ֑ד וְרָֽחַצְתָּ֥ אֹתָ֖ם בַּמָּֽיִם׃

Tu feras avancer Aaron et ses fils à l'entrée de la Tente d'assignation et tu les feras baigner

Rachi (1)

Tu laveras. En plongeant le corps entier dans l’eau.

Verset 5

וְלָֽקַחְתָּ֣ אֶת־הַבְּגָדִ֗ים וְהִלְבַּשְׁתָּ֤ אֶֽת־אַהֲרֹן֙ אֶת־הַכֻּתֹּ֔נֶת וְאֵת֙ מְעִ֣יל הָֽאֵפֹ֔ד וְאֶת־הָֽאֵפֹ֖ד וְאֶת־הַחֹ֑שֶׁן וְאָֽפַדְתָּ֣ ל֔וֹ בְּחֵ֖שֶׁב הָֽאֵפֹֽד׃

Tu prendras les vêtements sacrés tu feras endosser à Aaron la tunique la robe de l'éphod l'éphod et le pectoral et tu le ceindras de la ceinture de l'éphod

Rachi (1)

Tu ceindras. Mets-le-lui comme ornement, et arrange la ceinture et le « tablier » autour de lui.

Verset 6

וְשַׂמְתָּ֥ הַמִּצְנֶ֖פֶת עַל־רֹאשׁ֑וֹ וְנָֽתַתָּ֛ אֶת־נֵ֥זֶר הַקֹּ֖דֶשׁ עַל־הַמִּצְנָֽפֶת׃

Puis tu placeras la tiare sur sa tête et tu assujettiras le saint diadème sur la tiare

Rachi (2)

Le diadème de sainteté. Il s’agit de la plaque (supra 28, 36).

Sur la tiare. Comme je l’ai expliqué plus haut (28, 37) : Au moyen du cordon du milieu et des deux cordons qui sont au bout, attachés tous les trois par-derrière la nuque. Il fixait la plaque sur la tiare à la manière d’un casque.

Verset 7

וְלָֽקַחְתָּ֙ אֶת־שֶׁ֣מֶן הַמִּשְׁחָ֔ה וְיָֽצַקְתָּ֖ עַל־רֹאשׁ֑וֹ וּמָֽשַׁחְתָּ֖ אֹתֽוֹ׃

Tu prendras alors l'huile d'onction que tu répandras sur sa tète lui donnant ainsi l'onction

Rachi (1)

Tu l’oindras. Cette onction-là aussi se faisait sous la forme d’un khi grec. On lui mettait de l’huile sur la tête et entre les sourcils, et on l’étalait avec le doigt (Torath kohanim).

Verset 8

וְאֶת־בָּנָ֖יו תַּקְרִ֑יב וְהִלְבַּשְׁתָּ֖ם כֻּתֳּנֹֽת׃

Puis tu feras approcher ses fils et tu les revêtiras de tuniques

Verset 9

וְחָֽגַרְתָּ֩ אֹתָ֨ם אַבְנֵ֜ט אַֽהֲרֹ֣ן וּבָנָ֗יו וְחָֽבַשְׁתָּ֤ לָהֶם֙ מִגְבָּעֹ֔ת וְהָֽיְתָ֥ה לָהֶ֛ם כְּהֻנָּ֖ה לְחֻקַּ֣ת עוֹלָ֑ם וּמִלֵּאתָ֥ יַֽד־אַהֲרֹ֖ן וְיַד־בָּנָֽיו׃

tu les ceindras de l'écharpe Aaron et ses fils tu coifferas ceux ci de turbans et le sacerdoce leur appartiendra à titre perpétuel c'est ainsi que tu investiras Aaron et ses fils

Rachi (3)

Sera à eux. Ce « remplissage des mains » sera pour eux un statut perpétuel.

Tu empliras. Par l’ensemble de ces gestes.

La main de Aharon et la main de ses fils. Dans l’investiture et la charge du sacerdoce.

Verset 10

וְהִקְרַבְתָּ֙ אֶת־הַפָּ֔ר לִפְנֵ֖י אֹ֣הֶל מוֹעֵ֑ד וְסָמַ֨ךְ אַֽהֲרֹ֧ן וּבָנָ֛יו אֶת־יְדֵיהֶ֖ם עַל־רֹ֥אשׁ הַפָּֽר׃

Tu amèneras le taureau devant la Tente d'assignation Aaron et ses fils imposeront leurs mains sur la tête du taureau "

Verset 11

וְשָֽׁחַטְתָּ֥ אֶת־הַפָּ֖ר לִפְנֵ֣י יְהוָ֑ה פֶּ֖תַח אֹ֥הֶל מוֹעֵֽד׃

Puis tu l'immoleras devant le Seigneur à l'entrée de la Tente d'assignation

Rachi (1)

A l’entrée de la tente d’assignation. Dans le parvis du tabernacle, qui est devant l’entrée.

Verset 12

וְלָֽקַחְתָּ֙ מִדַּ֣ם הַפָּ֔ר וְנָֽתַתָּ֛ה עַל־קַרְנֹ֥ת הַמִּזְבֵּ֖חַ בְּאֶצְבָּעֶ֑ךָ וְאֶת־כָּל־הַדָּ֣ם תִּשְׁפֹּ֔ךְ אֶל־יְס֖וֹד הַמִּזְבֵּֽחַ׃

tu prendras de son sang que tu appliqueras sur les cornes de l'autel avec ton doigt et le reste du sang tu le répandras dans le réceptacle de l'autel

Rachi (3)

Sur les cornes. Véritablement au-dessus des cornes (Zeva‘him 53a).

Et tout le sang. Ce qui restera du sang.

Vers la base de l’autel. On y avait ménagé comme une sorte de réceptacle en saillie, tout autour, à hauteur d’une coudée au-dessus du sol (Souka 45a).

Verset 13

וְלָֽקַחְתָּ֗ אֶֽת־כָּל־הַחֵלֶב֮ הַֽמְכַסֶּ֣ה אֶת־הַקֶּרֶב֒ וְאֵ֗ת הַיֹּתֶ֨רֶת֙ עַל־הַכָּבֵ֔ד וְאֵת֙ שְׁתֵּ֣י הַכְּלָיֹ֔ת וְאֶת־הַחֵ֖לֶב אֲשֶׁ֣ר עֲלֵיהֶ֑ן וְהִקְטַרְתָּ֖ הַמִּזְבֵּֽחָה׃

Tu prendras alors toute la graisse qui tapisse les entrailles la membrane du foie les deux rognons avec leur graisse et tu feras fumer le tout sur l'autel

Rachi (3)

Le suif qui tapisse les entrailles. C’est la membrane qui couvre la panse, appelée en français médiéval : « teile ».

Et la membrane. C’est le diaphragme, appelé en français médiéval : « ebdes ».

Sur le foie. On prendra du foie « en même temps » que la membrane (Torath kohanim).

Verset 14

וְאֶת־בְּשַׂ֤ר הַפָּר֙ וְאֶת־עֹר֣וֹ וְאֶת־פִּרְשׁ֔וֹ תִּשְׂרֹ֣ף בָּאֵ֔שׁ מִח֖וּץ לַֽמַּחֲנֶ֑ה חַטָּ֖את הֽוּא׃

Pour la chair du taureau sa peau et sa fiente tu les consumeras par le feu hors du camp c'est un expiatoire

Rachi (1)

Tu incinéreras dans le feu. Nous ne trouvons aucun autre sacrifice expiatoire qui fût brûlé hors du camp, hormis celui-ci.

Verset 15

וְאֶת־הָאַ֥יִל הָֽאֶחָ֖ד תִּקָּ֑ח וְסָ֨מְכ֜וּ אַֽהֲרֹ֧ן וּבָנָ֛יו אֶת־יְדֵיהֶ֖ם עַל־רֹ֥אשׁ הָאָֽיִל׃

Tu prendras ensuite l'un des béliers Aaron et ses fils imposeront leurs mains sur sa tête

Verset 16

וְשָֽׁחַטְתָּ֖ אֶת־הָאָ֑יִל וְלָֽקַחְתָּ֙ אֶת־דָּמ֔וֹ וְזָֽרַקְתָּ֥ עַל־הַמִּזְבֵּ֖חַ סָבִֽיב׃

Tu immoleras ce bélier tu prendras son sang dont tu aspergeras le tour de l'autel

Rachi (2)

Tu aspergeras. Avec un récipient. Il tenait en main un bassin et aspergeait le sang contre l’angle de l’autel, de manière qu’on le voie des deux côtés. Aucun sacrifice autre que le sacrifice expiatoire n’exigeait que l’on mît du sang avec le doigt. Les autres sacrifices ne nécessitaient ni « corne » [de l’autel] ni « doigt », car on n’en aspergeait le sang qu’à partir de la mi-hauteur de l’autel et au-dessous. On n’avait donc pas à monter sur la rampe, mais on faisait l’aspersion depuis le sol.

Autour (saviv). Voici ce qui est enseigné dans le traité relatif à l’égorgement des sacrifices (Zeva‘him 53b) : Le mot saviv (« autour ») ne sert à rien d’autre qu’à prescrire deux aspersions, lesquelles en formaient en fait quatre : l’une à un angle, l’autre à l’angle qui lui était opposé en diagonale. Chaque aspersion était visible sur les deux côtés de l’angle, d’un côté comme de l’autre. Le sang se trouvait donc avoir été projeté sur les quatre côtés, tout « autour ». D’où l’emploi du mot saviv.

Verset 17

וְאֶ֨ת־הָאַ֔יִל תְּנַתֵּ֖חַ לִנְתָחָ֑יו וְרָֽחַצְתָּ֤ קִרְבּוֹ֙ וּכְרָעָ֔יו וְנָֽתַתָּ֥ עַל־נְתָחָ֖יו וְעַל־רֹאשֽׁוֹ׃

Le bélier tu le dépèceras par quartiers tu laveras ses intestins et ses jambes que tu poseras sur les quartiers et sur la tète

Rachi (1)

Sur ses quartiers. C’est-à-dire « avec » ses quartiers, ajouté aux autres quartiers.

Verset 18

וְהִקְטַרְתָּ֤ אֶת־כָּל־הָאַ֨יִל֙ הַמִּזְבֵּ֔חָה עֹלָ֥ה ה֖וּא לַֽיהוָ֑ה רֵ֣יחַ נִיח֔וֹחַ אִשֶּׁ֥ה לַֽיהוָ֖ה הֽוּא׃

et tu feras fumer le bélier tout entier sur l'autel c'est un holocauste au Seigneur ce sera une odeur agréable comme sacrifice à l'Éternel

Rachi (2)

Une odeur agréable. Une satisfaction d’esprit pour moi, car j’ai parlé et ma volonté a été faite.

Un sacrifice par le feu (ichè). Le mot ichè est apparenté à éch (« feu ») : C’est l’incinération des membres de l’animal qu’on a placés sur le feu.

Verset 19

וְלָ֣קַחְתָּ֔ אֵ֖ת הָאַ֣יִל הַשֵּׁנִ֑י וְסָמַ֨ךְ אַֽהֲרֹ֧ן וּבָנָ֛יו אֶת־יְדֵיהֶ֖ם עַל־רֹ֥אשׁ הָאָֽיִל׃

Alors tu prendras le second bélier Aaron et ses fils imposeront leurs mains sur sa tête

Verset 20

וְשָֽׁחַטְתָּ֣ אֶת־הָאַ֗יִל וְלָֽקַחְתָּ֤ מִדָּמוֹ֙ וְנָֽתַתָּ֡ה עַל־תְּנוּךְ֩ אֹ֨זֶן אַֽהֲרֹ֜ן וְעַל־תְּנ֨וּךְ אֹ֤זֶן בָּנָיו֙ הַיְמָנִ֔ית וְעַל־בֹּ֤הֶן יָדָם֙ הַיְמָנִ֔ית וְעַל־בֹּ֥הֶן רַגְלָ֖ם הַיְמָנִ֑ית וְזָֽרַקְתָּ֧ אֶת־הַדָּ֛ם עַל־הַמִּזְבֵּ֖חַ סָבִֽיב׃

Tu immoleras ce bélier tu prendras de son sang que tu appliqueras sur le lobe de l'oreille droite d'Aaron et de celle de ses fils sur le pouce de leur main droite et sur l'orteil de leur pied droit tu aspergeras aussi avec le sang le tour de l'autel

Rachi (2)

Le lobe. C’est le cartilage intérieur qui est dans l’oreille, appelé en français médiéval : « tendrus » (Torath kohanim parachath Tsaw).

Le pouce de leur main. Tel est le sens du mot bohén. Il s’agit de la phalange intérieure [du pouce].

Verset 21

וְלָֽקַחְתָּ֞ מִן־הַדָּ֨ם אֲשֶׁ֥ר עַֽל־הַמִּזְבֵּחַ֮ וּמִשֶּׁ֣מֶן הַמִּשְׁחָה֒ וְהִזֵּיתָ֤ עַֽל־אַהֲרֹן֙ וְעַל־בְּגָדָ֔יו וְעַל־בָּנָ֛יו וְעַל־בִּגְדֵ֥י בָנָ֖יו אִתּ֑וֹ וְקָדַ֥שׁ הוּא֙ וּבְגָדָ֔יו וּבָנָ֛יו וּבִגְדֵ֥י בָנָ֖יו אִתּֽוֹ׃

Tu prendras de ce même sang resté près de l'autel puis de l'huile d'onction tu en feras aspersion sur Aaron et sur ses vêtements sur ses fils et sur leurs vêtements de même il se trouvera ainsi consacré lui et ses vêtements ainsi que ses fils et leurs vêtements

Verset 22

וְלָֽקַחְתָּ֣ מִן־הָ֠אַיִל הַחֵ֨לֶב וְהָֽאַלְיָ֜ה וְאֶת־הַחֵ֣לֶב ׀ הַֽמְכַסֶּ֣ה אֶת־הַקֶּ֗רֶב וְאֵ֨ת יֹתֶ֤רֶת הַכָּבֵד֙ וְאֵ֣ת ׀ שְׁתֵּ֣י הַכְּלָיֹ֗ת וְאֶת־הַחֵ֨לֶב֙ אֲשֶׁ֣ר עֲלֵיהֶ֔ן וְאֵ֖ת שׁ֣וֹק הַיָּמִ֑ין כִּ֛י אֵ֥יל מִלֻּאִ֖ים הֽוּא׃

Tu extrairas du bélier le suif la queue la graisse qui tapisse les entrailles la membrane du foie les deux rognons avec leur graisse et la cuisse droite car c'est un bélier d'installation

Rachi (4)

Le suif. Il s’agit du suif des intestins, ou bien de l’estomac (‘Houlin 49b).

Et la queue. A partir des hanches et au-dessous, comme expliqué dans Wayiqra (3, 9), où il est écrit : « … qu’on enlèvera tout entière à la hauteur de la croupe (hé‘atsè) », c’est-à-dire « à l’endroit où les reins “tiennent conseil” (yo‘atsoth) ». Pour les morceaux du taureau que l’on offre, il n’est pas question de la queue, car la seule queue que l’on offrait était celle d’un mouton, d’une brebis ou d’un bélier, tandis que l’offrande de la queue n’était pas exigée pour le bœuf et la chèvre.

Et la cuisse droite. Nous ne trouvons nulle part ailleurs qu’ici l’offrande de la cuisse droite associée aux autres morceaux.

Car c’est le bélier d’investiture. C’est une offrande de chelamim (« rémunératoires »), qui signifie : « perfection », car elle doit être parfaite en tous points. Le texte nous apprend ici que les sacrifices d’investiture sont des rémunératoires, car ils procurent le chalom, la « paix » à l’autel, à celui qui officie et au propriétaire de l’animal offert. C’est pourquoi [Hachem] demande que la poitrine soit attribuée, comme étant sa part, à celui qui a officié, à savoir à Mochè qui a dirigé la cérémonie de consécration. Le reste, c’est Aharon et ses fils qui le mangeront, car ils sont les « propriétaires », comme il sera expliqué plus loin (verset 24).

Verset 23

וְכִכַּ֨ר לֶ֜חֶם אַחַ֗ת וְֽחַלַּ֨ת לֶ֥חֶם שֶׁ֛מֶן אַחַ֖ת וְרָקִ֣יק אֶחָ֑ד מִסַּל֙ הַמַּצּ֔וֹת אֲשֶׁ֖ר לִפְנֵ֥י יְהוָֽה׃

Tu prendras encore un des pains un des gâteaux à l'huile et une galette dans la corbeille d'azymes placée devant le Seigneur

Rachi (3)

Et une miche de pain. Prise sur les gâteaux.

Et un gâteau de pain à l’huile, un. De la pâte pétrie à l’eau chaude (Torath kohanim).

Et une galette. Une parmi les dix que l’on avait faites dans chaque variété (Mena‘hoth 75a). Et nous ne trouvons nulle part ailleurs qu’ici une offrande de pain devant accompagner une offrande consumée. Car l’offrande des pains du sacrifice de reconnaissance et ceux du bélier du nazir revenait aux kohanim, en même temps que la poitrine et la cuisse. Tandis qu’ici seule la poitrine est revenue à Mochè comme étant sa part.

Verset 24

וְשַׂמְתָּ֣ הַכֹּ֔ל עַ֚ל כַּפֵּ֣י אַֽהֲרֹ֔ן וְעַ֖ל כַּפֵּ֣י בָנָ֑יו וְהֵֽנַפְתָּ֥ אֹתָ֛ם תְּנוּפָ֖ה לִפְנֵ֥י יְהוָֽה׃

tu poseras le tout sur les mains d'Aaron et sur celles de ses fils et tu le balanceras devant le Seigneur

Rachi (2)

Sur les paumes de Aharon… tu balanceras. Tous deux étaient occupés à faire balancer : le propriétaire et le kohen. Comment cela ? Le kohen mettait sa main sous celle du propriétaire et il « balançait » (Mena‘hoth 21b). Ici, c’est Aharon et ses fils qui étaient les « propriétaires », et Mochè le kohen.

Balancement (tenoufa). En allant et en venant : On présentait l’offrande en direction des quatre points cardinaux, en pensée vers Celui à qui ils appartiennent, comme si l’on voulait par cette tenoufa arrêter les mauvais vents qui soufflent depuis ces quatre points. Puis on l’élevait (terouma) et on l’abaissait, en pensée vers Celui à qui appartiennent les cieux et la terre, pour refouler les rosées nuisibles (Mena‘hoth 62a).

Verset 25

וְלָֽקַחְתָּ֤ אֹתָם֙ מִיָּדָ֔ם וְהִקְטַרְתָּ֥ הַמִּזְבֵּ֖חָה עַל־הָֽעֹלָ֑ה לְרֵ֤יחַ נִיח֨וֹחַ֙ לִפְנֵ֣י יְהוָ֔ה אִשֶּׁ֥ה ה֖וּא לַֽיהוָֽה׃

puis tu le reprendras de leurs mains et le feras brûler sur l'autel à la suite de l'holocauste parfum agréable à l'Éternel combustion faite en son honneur

Rachi (4)

Sur l’holocauste. En plus du premier bélier que tu avais offert en sacrifice.

Comme odeur agréable. Une satisfaction d’esprit pour Celui qui a parlé et dont la volonté a été faite.

Sacrifice par le feu. Mis au feu.

A Hachem. A l’intention du Nom du Tout-Puissant.

Verset 26

וְלָֽקַחְתָּ֣ אֶת־הֶֽחָזֶ֗ה מֵאֵ֤יל הַמִּלֻּאִים֙ אֲשֶׁ֣ר לְאַֽהֲרֹ֔ן וְהֵֽנַפְתָּ֥ אֹת֛וֹ תְּנוּפָ֖ה לִפְנֵ֣י יְהוָ֑ה וְהָיָ֥ה לְךָ֖ לְמָנָֽה׃

Tu prendras la poitrine du bélier d'installation destiné à Aaron et tu la balanceras devant le Seigneur et elle deviendra ta portion

Rachi (1)

Balancement. Expression d’allée et de venue. En français médiéval : « venteler ».

Verset 27

וְקִדַּשְׁתָּ֞ אֵ֣ת ׀ חֲזֵ֣ה הַתְּנוּפָ֗ה וְאֵת֙ שׁ֣וֹק הַתְּרוּמָ֔ה אֲשֶׁ֥ר הוּנַ֖ף וַֽאֲשֶׁ֣ר הוּרָ֑ם מֵאֵיל֙ הַמִּלֻּאִ֔ים מֵֽאֲשֶׁ֥ר לְאַֽהֲרֹ֖ן וּמֵֽאֲשֶׁ֥ר לְבָנָֽיו׃

Tu consacreras ainsi cette poitrine balancée et cette cuisse prélevée (balancée et prélevée séparément du bélier d'installation destiné à Aaron et à ses fils),

Rachi (2)

Tu sanctifieras la poitrine qui aura été balancée et la cuisse qui aura été prélevée …. Consacre-les pour les générations à venir, pour qu’on leur fasse un « prélèvement » (terouma) en haut et en bas, et un « balancement » (tenoufa) comme la poitrine et la cuisse des rémunératoires, mais sans les incinérer. Elles reviendront, en revanche, à Aharon et à ses descendants pour qu’ils les mangent.

Eté prélevée. Expression voulant dire : « faire monter » et : « faire descendre ».

Verset 28

וְהָיָה֩ לְאַֽהֲרֹ֨ן וּלְבָנָ֜יו לְחָק־עוֹלָ֗ם מֵאֵת֙ בְּנֵ֣י יִשְׂרָאֵ֔ל כִּ֥י תְרוּמָ֖ה ה֑וּא וּתְרוּמָ֞ה יִֽהְיֶ֨ה מֵאֵ֤ת בְּנֵֽי־יִשְׂרָאֵל֙ מִזִּבְחֵ֣י שַׁלְמֵיהֶ֔ם תְּרֽוּמָתָ֖ם לַֽיהוָֽה׃

afin qu'elles appartiennent à Aaron et à ses fils comme redevance constante de la part des Israélites car c'est une chose prélevée ce sera l'offrande que les Israélites auront à prélever sur leurs sacrifices rémunératoires en l'honneur de l'Éternel

Rachi (2)

Comme statut pour toujours de la part des fils d’Israël. En ce que les sacrifices rémunératoires reviennent aux propriétaires, lesquels donneront la poitrine et l’épaule au kohen.

Car c’est une offrande prélevée. Cette poitrine et cette épaule.

Verset 29

וּבִגְדֵ֤י הַקֹּ֨דֶשׁ֙ אֲשֶׁ֣ר לְאַֽהֲרֹ֔ן יִֽהְי֥וּ לְבָנָ֖יו אַֽחֲרָ֑יו לְמָשְׁחָ֣ה בָהֶ֔ם וּלְמַלֵּא־בָ֖ם אֶת־יָדָֽם׃

Le costume sacré d'Aaron sera celui de ses fils après lui c'est sous ce costume qu'on doit les oindre et les investir de leurs fonctions,

Rachi (3)

Pour ses fils après lui. A celui de ses fils qui lui succédera dans ses hautes fonctions.

Pour oindre (lemoch‘ha). Pour s’élever par eux dans ses hautes fonctions, le verbe macho‘h (« oindre ») désignant parfois la détention de l’autorité, comme dans : « Je te les ai données “pour onction” (en tant que marque distinctive de tes fonctions) » (Bamidbar 18, 8), ou dans : « Ne touchez pas à “mes oints” (en tant que représentants de mon autorité) » (Tehilim 105, 15).

Et pour en emplir leur main. Il se revêt, par ces habits, de la grande prêtrise (Yoma 5a).

Verset 30

שִׁבְעַ֣ת יָמִ֗ים יִלְבָּשָׁ֧ם הַכֹּהֵ֛ן תַּחְתָּ֖יו מִבָּנָ֑יו אֲשֶׁ֥ר יָבֹ֛א אֶל־אֹ֥הֶל מוֹעֵ֖ד לְשָׁרֵ֥ת בַּקֹּֽדֶשׁ׃

Sept jours durant ces vêtements seront portés par celui de ses fils son successeur dans le sacerdoce qui entrera dans la Tente d'assignation pour le saint ministère

Rachi (5)

Sept jours. Consécutifs.

Les revêtira celui qui exerce le pontificat. Celui de ses fils qui lui succédera comme kohen gadol, et que l’on aura nommé à cette fonction.

Et qui entrera vers la tente d’assignation. Ce même kohen, celui ayant vocation à entrer tout à l’intérieur le jour de Yom Kippour, c’est-à-dire le kohen gadol, et sans la présence duquel le culte de Yom Kippour n’est pas valable (Yoma 73a).

A sa place parmi ses fils. Ce qui nous apprend que si le kohen gadol a un fils apte à occuper ses fonctions, c’est lui qui devra être nommé « à sa place » (Yoma 72b).

Celui qui exerce le pontificat à sa place parmi ses fils. Nous avons la preuve à partir d’ici que le mot kohen est toujours un participe, dont la signification est : celui qui assure effectivement le service. C’est pourquoi le signe de cantilation tevir le rattache au mot qui suit.

Verset 31

וְאֵ֛ת אֵ֥יל הַמִּלֻּאִ֖ים תִּקָּ֑ח וּבִשַּׁלְתָּ֥ אֶת־בְּשָׂר֖וֹ בְּמָקֹ֥ם קָדֹֽשׁ׃

Puis tu prendras le bélier d'installation dont tu feras cuire la chair en lieu saint

Rachi (1)

En lieu saint. Dans le parvis de la tente d’assignation, car ces rémunératoires faisaient partie des sacrifices porteurs d’une « sainteté majeure ».

Verset 32

וְאָכַ֨ל אַֽהֲרֹ֤ן וּבָנָיו֙ אֶת־בְּשַׂ֣ר הָאַ֔יִל וְאֶת־הַלֶּ֖חֶם אֲשֶׁ֣ר בַּסָּ֑ל פֶּ֖תַח אֹ֥הֶל מוֹעֵֽד׃

et Aaron et ses fils mangeront la chair du bélier ainsi que le pain qui est dans la corbeille à l'entrée de la Tente d'assignation

Rachi (1)

A l’entrée de la tente d’assignation. C’est tout le parvis qui est appelé ainsi.

Verset 33

וְאָֽכְל֤וּ אֹתָם֙ אֲשֶׁ֣ר כֻּפַּ֣ר בָּהֶ֔ם לְמַלֵּ֥א אֶת־יָדָ֖ם לְקַדֵּ֣שׁ אֹתָ֑ם וְזָ֥ר לֹֽא־יֹאכַ֖ל כִּי־קֹ֥דֶשׁ הֵֽם׃

Ils les mangeront ces mêmes offrandes qui les auront purifiés pour que s'accomplisse leur installation pour qu'ils soient consacrés un profane n'en pourra manger car elles sont une chose sainte

Rachi (5)

Ils les mangeront. Aharon et ses fils, puisqu’ils en sont les « propriétaires ».

Ceux par lesquels il aura été pardonné. Pour tout ce qui est « étranger » à leur fonction et indésirable.

Pour emplir leur main. Par ce bélier et par ce pain.

Pour les consacrer. Par cette cérémonie de consécration, leurs mains ont été « remplies » et ils ont été consacrés pour le sacerdoce.

Car ils sont chose sainte. D’une « sainteté majeure ». D’où nous apprenons l’interdiction pour un « étranger » de manger de ce qui est d’une « sainteté majeure », le texte en donnant la raison, à savoir qu’ils « sont saints » (Makoth 18b).

Verset 34

וְֽאִם־יִוָּתֵ֞ר מִבְּשַׂ֧ר הַמִּלֻּאִ֛ים וּמִן־הַלֶּ֖חֶם עַד־הַבֹּ֑קֶר וְשָֽׂרַפְתָּ֤ אֶת־הַנּוֹתָר֙ בָּאֵ֔שׁ לֹ֥א יֵֽאָכֵ֖ל כִּי־קֹ֥דֶשׁ הֽוּא׃

S'il reste quelque chose de la chair de la victime ou des pains jusqu'au lendemain tu consumeras ce reste par le feu il ne sera point mangé car c'est une chose sainte

Verset 35

וְעָשִׂ֜יתָ לְאַֽהֲרֹ֤ן וּלְבָנָיו֙ כָּ֔כָה כְּכֹ֥ל אֲשֶׁר־צִוִּ֖יתִי אֹתָ֑כָה שִׁבְעַ֥ת יָמִ֖ים תְּמַלֵּ֥א יָדָֽם׃

Tu agiras à l'égard d'Aaron et de ses fils exactement comme je te l'ai prescrit tu emploieras sept jours à leur installation

Rachi (3)

Tu feras pour Aharon et pour ses fils ainsi. Le texte se répète et revient une nouvelle fois pour stipuler une exigence catégorique. S’il manque une seule chose de ce qui a été dit dans ce chapitre, leur consécration en tant que kohanim ne sera pas acquise et leur service ne sera pas valable.

[J’ai ordonné] à toi (othakha). Equivalent de othkha.

Sept jours tu empliras. De cette manière, et avec ces sacrifices, chaque jour.

Verset 36

וּפַ֨ר חַטָּ֜את תַּֽעֲשֶׂ֤ה לַיּוֹם֙ עַל־הַכִּפֻּרִ֔ים וְחִטֵּאתָ֙ עַל־הַמִּזְבֵּ֔חַ בְּכַפֶּרְךָ֖ עָלָ֑יו וּמָֽשַׁחְתָּ֥ אֹת֖וֹ לְקַדְּשֽׁוֹ׃

Tu immoleras aussi chaque jour un taureau expiatoire en sus des expiatoires précédents et tu purifieras l'autel au moyen de cette expiation puis tu l'oindras pour le consacrer

Rachi (3)

Sur les pardons. En vue des pardons. Pour faire expiation sur l’autel pour toute chose « étrangère » et indésirable. Car de ce qu’avait dit le texte : « pendant sept jours tu empliras leur main » (verset 35), je ne déduisais que ce qui les concernait eux, comme les béliers et le pain. Pour ce qui est de l’autel, en revanche, comme par exemple le bœuf destiné à le purifier, nous ne le savions pas. D’où la nécessité du présent verset. Quant au midrach Torath kohanim, il indique que l’expiation pour l’autel était nécessaire dans le cas où l’on aurait offert, pour le travail de la construction du tabernacle ou de l’autel, un objet volé.

Tu purifieras (we‘hitétha). C’est ainsi que le rend le Targoum Onqelos. Le geste consistant à mettre du sang sur l’autel à l’aide du doigt s’appelle ‘hitouï.

Tu l’oindras. Avec de l’huile d’onction. Toutes les onctions se faisaient sous la forme d’un khi grec.

Verset 37

שִׁבְעַ֣ת יָמִ֗ים תְּכַפֵּר֙ עַל־הַמִּזְבֵּ֔חַ וְקִדַּשְׁתָּ֖ אֹת֑וֹ וְהָיָ֤ה הַמִּזְבֵּ֨חַ֙ קֹ֣דֶשׁ קָֽדָשִׁ֔ים כָּל־הַנֹּגֵ֥עַ בַּמִּזְבֵּ֖חַ יִקְדָּֽשׁ׃

Sept jours durant tu purifieras ainsi l'autel et le consacreras alors l'autel sera une chose éminemment sainte tout ce qui touchera à l'autel deviendra saint

Rachi (1)

L’autel sera saint. Et en quoi sa sainteté consiste-t-elle ? « Tout ce qui touche à l’autel sera saint. » Même si l’on offre un sacrifice non valable, l’autel le rend saint. Il le rend valable, en ce sens qu’il n’est plus permis de le retirer. De ce qu’il est écrit ici : « Tout ce qui touche à l’autel sera saint », je déduis que cela s’applique tant à ce qui est valable qu’à ce qui ne l’est pas, par exemple à la cause d’invalidation qui ne s’est pas produite après l’arrivée dans le sanctuaire, tel un animal mâle ou femelle qui aura été accouplé à un être humain, ou qui avait été destiné à une idole, ou qui avait été lui-même l’objet d’un culte idolâtre, ou qui est impropre à la consommation, ou tout autre cas identique. D’où la précision supplémentaire : « Et ceci est ce que tu feras sur l’autel… » (verset 38), signifiant que, de même que l’holocauste (du verset 42) doit être valable, de même ne s’agit-il que de ce qui reste valable (Zeva‘him 83b), c’est-à-dire qui était valable antérieurement, mais qui a subi une cause d’invalidation après l’arrivée dans le sanctuaire (Torath kohanim parachath Tsaw). Il en est ainsi de ce qui a passé la nuit sans avoir été placé sur l’autel, ou de ce qui a été porté hors de l’enceinte sacrée, ou de ce qui est devenu impur, ou de ce qui a été égorgé avec l’intention préalable d’accomplir les rites hors du temps ou du lieu prescrits, ou tout autre cas identique.

Verset 38

וְזֶ֕ה אֲשֶׁ֥ר תַּֽעֲשֶׂ֖ה עַל־הַמִּזְבֵּ֑חַ כְּבָשִׂ֧ים בְּנֵֽי־שָׁנָ֛ה שְׁנַ֥יִם לַיּ֖וֹם תָּמִֽיד׃

"Or voici ce que tu offriras sur cet autel des agneaux de première année deux par jour constamment

Verset 39

אֶת־הַכֶּ֥בֶשׂ הָֽאֶחָ֖ד תַּֽעֲשֶׂ֣ה בַבֹּ֑קֶר וְאֵת֙ הַכֶּ֣בֶשׂ הַשֵּׁנִ֔י תַּֽעֲשֶׂ֖ה בֵּ֥ין הָֽעַרְבָּֽיִם׃

L'un des agneaux tu l'offriras le matin et tu offriras le second vers le soir

Verset 40

וְעִשָּׂרֹ֨ן סֹ֜לֶת בָּל֨וּל בְּשֶׁ֤מֶן כָּתִית֙ רֶ֣בַע הַהִ֔ין וְנֵ֕סֶךְ רְבִיעִ֥ת הַהִ֖ין יָ֑יִן לַכֶּ֖בֶשׂ הָֽאֶחָֽד׃

plus un dixième de fleur de farine pétrie avec un quart de vin d'huile vierge et une libation d'un quart de vin de vin pour ce premier agneau

Rachi (4)

Et un dixième de fine farine. Le dixième d’un éfa, soit le volume de quarante-trois « œufs » et un cinquième.

Dans de l’huile concassée. Le mot : « concassée » est employé ici, non pas pour en faire une obligation, mais pour indiquer qu’une telle huile est utilisable. Car il est écrit : « … une huile pure d’olive concassée pour le luminaire » (supra 27, 20), ce qui veut dire : « pour le luminaire », et non : « pour les oblations ». J’aurais donc pu penser qu’elle n’était pas utilisable pour les oblations. D’où la précision, dans le présent verset, fournie par le mot : « concassée », sans qu’il soit écrit : « concassée pour le luminaire », et ce pour exclure les oblations en ce qu’elles n’exigent pas une huile concassée, celle qui est obtenue par passage au pressoir étant également utilisable (Mena‘hoth 86a).

Un quart de hin. Trois log.

Et une libation. Pour les coupes, comme nous l’enseigne le traité Souka (48a). Il y avait deux coupes d’argent au sommet de l’autel, percées de trous comme deux fines narines. On y mettait le vin, qui s’écoulait en sortant par cette « narine » et retombait sur le dessus de l’autel, et de là, dans le Temple, dans un trou ménagé sous l’autel. Ou bien depuis l’autel de cuivre du tabernacle, il retombait de l’autel sur le sol.

Verset 41

וְאֵת֙ הַכֶּ֣בֶשׂ הַשֵּׁנִ֔י תַּֽעֲשֶׂ֖ה בֵּ֣ין הָֽעַרְבָּ֑יִם כְּמִנְחַ֨ת הַבֹּ֤קֶר וּכְנִסְכָּהּ֙ תַּֽעֲשֶׂה־לָּ֔הּ לְרֵ֣יחַ נִיחֹ֔חַ אִשֶּׁ֖ה לַֽיהוָֽה׃

Le second agneau tu l'offriras vers le soir tu y joindras une oblation et une libation semblables à celles du matin sacrifice d'odeur agréable à l'Éternel

Rachi (1)

En odeur agréable. Il s’agit de l’oblation, car l’oblation accompagnée des libations était entièrement consumée. Voici l’ordre dans lequel on les offrait : D’abord les morceaux de l’animal, puis la libation, comme il est écrit : « un holocauste et une oblation » (Wayiqra 23, 37).

Verset 42

עֹלַ֤ת תָּמִיד֙ לְדֹרֹ֣תֵיכֶ֔ם פֶּ֥תַח אֹֽהֶל־מוֹעֵ֖ד לִפְנֵ֣י יְהוָ֑ה אֲשֶׁ֨ר אִוָּעֵ֤ד לָכֶם֙ שָׁ֔מָּה לְדַבֵּ֥ר אֵלֶ֖יךָ שָֽׁם׃

Tel sera l'holocauste perpétuel offert par vos générations à l'entrée de la Tente d'assignation devant l'Éternel là où je vous donnerai rendez vous où je m'entretiendrai avec toi

Rachi (2)

Perpétuel. Jour après jour, sans un seul jour d’interruption.

Là où je vous rencontrerai. Quand je fixerai un lieu de rencontre pour te parler, c’est là que je le fixerai pour y venir. Certains de nos maîtres apprennent à partir d’ici que c’est du dessus de l’autel de cuivre que le Saint béni soit-Il parlait à Mochè après que le tabernacle a été construit. D’autres disent que c’est du dessus du propitiatoire, comme il est écrit : « … je te déclarerai de sur le propitiatoire » (supra 25, 22), l’expression du présent verset : « là où je vous rencontrerai » ne s’appliquant pas à l’autel, mais à la tente d’assignation elle-même, dont il est question dans ce verset.

Verset 43

וְנֹֽעַדְתִּ֥י שָׁ֖מָּה לִבְנֵ֣י יִשְׂרָאֵ֑ל וְנִקְדַּ֖שׁ בִּכְבֹדִֽי׃

C'est là que je me mettrai en rapport avec les enfants d'Israël et ce lieu sera consacré par ma majesté

Rachi (3)

Là je rencontrerai. Je me fixerai une rencontre avec eux pour leur parler, à la manière d’un roi qui fixe un lieu de rencontre pour y parler avec ses sujets.

Il sera sanctifié. Le tabernacle.

Par mon honneur (bikhvodi). Car ma chekhina y résidera. Quant à l’interprétation midrachique, elle est la suivante : Il ne faut pas lire : bikhvodi (« par mon honneur »), mais : bimekhoubadaï (« par mes honorés »), allusion à la mort des fils de Aharon qui aura lieu le jour où l’on dressera le tabernacle (Zeva‘him 115b). C’est ce que dira Mochè : « C’est là ce que déclara Hachem en disant : “Je serai consacré en ceux qui me sont proches” » (Wayiqra 10, 3). Et où l’avait-t-Il déclaré ? « Il sera sanctifié par mon honneur ».

Verset 44

וְקִדַּשְׁתִּ֛י אֶת־אֹ֥הֶל מוֹעֵ֖ד וְאֶת־הַמִּזְבֵּ֑חַ וְאֶת־אַֽהֲרֹ֧ן וְאֶת־בָּנָ֛יו אֲקַדֵּ֖שׁ לְכַהֵ֥ן לִֽי׃

Oui je sanctifierai la Tente d'assignation et l'autel Aaron et ses fils je les sanctifierai aussi pour qu'ils exercent mon ministère

Verset 45

וְשָׁ֣כַנְתִּ֔י בְּת֖וֹךְ בְּנֵ֣י יִשְׂרָאֵ֑ל וְהָיִ֥יתִי לָהֶ֖ם לֵֽאלֹהִֽים׃

Et je résiderai au milieu des enfants d'Israël et je serai leur Divinité

Verset 46

וְיָֽדְע֗וּ כִּ֣י אֲנִ֤י יְהוָה֙ אֱלֹ֣הֵיהֶ֔ם אֲשֶׁ֨ר הוֹצֵ֧אתִי אֹתָ֛ם מֵאֶ֥רֶץ מִצְרַ֖יִם לְשָׁכְנִ֣י בְתוֹכָ֑ם אֲנִ֖י יְהוָ֥ה אֱלֹֽהֵיהֶֽם׃

Et ils sauront que moi l'Éternel je suis leur Dieu qui les ai tirés du pays d'Égypte pour résider au milieu d'eux moi même l'Éternel leur Dieu!

Rachi (1)

Pour que je réside au milieu d’eux. Sous la condition que je réside au milieu d’eux.

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