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Chemoth (Exode) — chapitre 13

Texte hébreu (avec taamim), traduction française et commentaire de Rachi traduit en français, verset par verset. Sommaire du Houmash.

Verset 1

וַיְדַבֵּ֥ר יְהוָ֖ה אֶל־מֹשֶׁ֥ה לֵּאמֹֽר׃

L'Éternel parla à Moïse en ces termes

Verset 2

קַדֶּשׁ־לִ֨י כָל־בְּכ֜וֹר פֶּ֤טֶר כָּל־רֶ֨חֶם֙ בִּבְנֵ֣י יִשְׂרָאֵ֔ל בָּֽאָדָ֖ם וּבַבְּהֵמָ֑ה לִ֖י הֽוּא׃

"Consacre moi tout premier né toutes prémices des entrailles parmi les enfants d'Israël soit homme soit animal c'est mon bien "

Rachi (2)

Ouverture (pètèr) de toute matrice. Celui qui ouvre la matrice en premier, comme dans : « c’est comme quand on donne libre cours (potèr) aux eaux » (Michlei 17, 14), ou dans : « ils donnent libre cours (yaftirou) à leur langue (Tehilim 22, 8).

A moi. Je me les suis acquis, en frappant les premiers-nés en Egypte.

Verset 3

וַיֹּ֨אמֶר מֹשֶׁ֜ה אֶל־הָעָ֗ם זָכ֞וֹר אֶת־הַיּ֤וֹם הַזֶּה֙ אֲשֶׁ֨ר יְצָאתֶ֤ם מִמִּצְרַ֨יִם֙ מִבֵּ֣ית עֲבָדִ֔ים כִּ֚י בְּחֹ֣זֶק יָ֔ד הוֹצִ֧יא יְהוָ֛ה אֶתְכֶ֖ם מִזֶּ֑ה וְלֹ֥א יֵֽאָכֵ֖ל חָמֵֽץ׃

Et Moïse dit au peuple "Qu'on se souvienne de ce jour où vous êtes sortis de l'Égypte de la maison de servitude alors que par la puissance de son bras l'Éternel vous a fait sortir d'ici et que l'on ne mange point de pain levé

Rachi (1)

Souviens-toi de ce jour-là. Ceci nous apprend que l’on doit chaque jour rappeler la sortie d’Egypte (Mekhilta).

Verset 4

הַיּ֖וֹם אַתֶּ֣ם יֹֽצְאִ֑ים בְּחֹ֖דֶשׁ הָֽאָבִֽיב׃

C'est aujourd'hui que vous partez dans le mois de la germination

Rachi (1)

Dans le mois du aviv. Ne savions-nous pas en quel mois ils sont sortis ? Le sens de cette précision est le suivant : Voyez la faveur que Hachem vous a faite en vous libérant en cette saison, celle la plus propice, puisqu’il n’y a ni soleil, ni froid ni pluie. C’est ce que veut dire le verset : « Il fait sortir les captifs au moment propice (bakocharoth) » (Tehilim 68, 7), à savoir pendant le mois le plus propice (cachér) (Mekhilta).

Verset 5

וְהָיָ֣ה כִֽי־יְבִֽיאֲךָ֣ יְהוָ֡ה אֶל־אֶ֣רֶץ הַֽ֠כְּנַעֲנִי וְהַֽחִתִּ֨י וְהָֽאֱמֹרִ֜י וְהַֽחִוִּ֣י וְהַיְבוּסִ֗י אֲשֶׁ֨ר נִשְׁבַּ֤ע לַֽאֲבֹתֶ֨יךָ֙ לָ֣תֶת לָ֔ךְ אֶ֛רֶץ זָבַ֥ת חָלָ֖ב וּדְבָ֑שׁ וְעָֽבַדְתָּ֛ אֶת־הָֽעֲבֹדָ֥ה הַזֹּ֖את בַּחֹ֥דֶשׁ הַזֶּֽה׃

Donc lorsque l'Éternel t'aura fait entrer dans le pays du Cananéen du Héthéen de l'Amorréen du Hévéen et du Jébuséen pays qu'il a juré à tes pères de te donner pays ruisselant de lait et de miel tu célébreras cette cérémonie dans ce même mois,

Rachi (4)

Vers le pays du Kena‘ani. Bien que le texte n’énumère ici que cinq peuples, ce sont tous les sept qui sont concernés. Ils entraient tous sous la dénomination générale de Kena‘ani, y compris l’un d’eux qui ne portait pas d’autre nom que Kena‘ani (Midrach tan‘houma).

Qu’Il a juré à tes pères. Il est écrit pour Avraham : « Ce jour-là, Hachem conclut avec Avram une alliance » (Beréchith 15, 18). Pour Yits‘haq : « Séjourne dans ce pays-ci » (Beréchith 26, 3). Pour Ya‘aqov : « La terre sur laquelle tu es couché » (Beréchith 28, 13).

Ruisselant de lait et de miel. Le lait ruisselle des chèvres, et le miel des dattes et des figues (Meguila 6a).

Tu serviras ce service-là. Celui de Pessa‘h (Mekhilta). Il vient pourtant d’être écrit : « Ce sera, quand vous viendrez vers le pays… vous garderez ce service-là » (supra 12, 25). Pourquoi cette répétition ? Pour un enseignement nouveau. Il a été écrit plus haut : « Ce sera, quand vos fils vous diront : Qu’est-ce que ce service-là pour vous ? » (supra 12, 26). Il s’agit là du fils mauvais, de celui qui s’exclut de la communauté. Tandis qu’il t’est spécifié ici : « Tu raconteras en ce jour-là à ton fils » (verset 8), à celui qui ne sait pas poser de questions. Le texte t’enseigne que tu es tenu de prendre l’initiative de lui livrer les récits de la aggada qui attirent le cœur (Pessa‘him 96a).

Verset 6

שִׁבְעַ֥ת יָמִ֖ים תֹּאכַ֣ל מַצֹּ֑ת וּבַיּוֹם֙ הַשְּׁבִיעִ֔י חַ֖ג לַֽיהוָֽה׃

Sept jours durant tu te nourriras d'azymes le septième jour fête en l'honneur de l'Éternel

Verset 7

מַצּוֹת֙ יֵֽאָכֵ֔ל אֵ֖ת שִׁבְעַ֣ת הַיָּמִ֑ים וְלֹֽא־יֵרָאֶ֨ה לְךָ֜ חָמֵ֗ץ וְלֹֽא־יֵרָאֶ֥ה לְךָ֛ שְׂאֹ֖ר בְּכָל־גְּבֻלֶֽךָ׃

On se nourrira de pains azymes durant ces sept jours et l'on ne doit voir chez toi ni pain levé ni levain dans toutes tes possessions

Verset 8

וְהִגַּדְתָּ֣ לְבִנְךָ֔ בַּיּ֥וֹם הַה֖וּא לֵאמֹ֑ר בַּֽעֲב֣וּר זֶ֗ה עָשָׂ֤ה יְהוָה֙ לִ֔י בְּצֵאתִ֖י מִמִּצְרָֽיִם׃

Tu donneras alors cette explication à ton fils ‘C'est dans cette vue que l'Éternel a agi en ma faveur quand je sortis de l'Égypte ’

Rachi (2)

C’est pour cela. Afin que je puisse accomplir Ses mitswoth comme celles du sacrifice pascal, de la matsa et des herbes amères que voici.

Hachem a agi pour moi. Allusion à la réponse à donner au fils méchant : « Hachem me l’a fait à moi, pas à toi ! Si tu avais été là-bas, tu n’aurais pas mérité d’être sauvé » (Mekhilta).

Verset 9

וְהָיָה֩ לְךָ֨ לְא֜וֹת עַל־יָֽדְךָ֗ וּלְזִכָּרוֹן֙ בֵּ֣ין עֵינֶ֔יךָ לְמַ֗עַן תִּֽהְיֶ֛ה תּוֹרַ֥ת יְהוָ֖ה בְּפִ֑יךָ כִּ֚י בְּיָ֣ד חֲזָקָ֔ה הוֹצִֽאֲךָ֥ יְהוָ֖ה מִמִּצְרָֽיִם׃

Et tu porteras comme symbole sur ton bras et comme mémorial entre tes yeux afin que la doctrine du Seigneur reste dans ta bouche que d'un bras puissant l'Éternel t'a fait sortir de l'Égypte

Rachi (3)

Ce sera pour toi comme un signe. La sortie d’Egypte sera pour toi comme un signe.

sur ta main et comme mémorial entre tes yeux.. Tu écriras ces chapitres et les attacheras à la tête et au bras.

Sur ta main. La gauche. C’est pourquoi le mot yadekha (« ta main ») est écrit plus loin (verset 16) avec la lettre hé en finale, pour t’apprendre que c’est la main la plus faible (Mekhilta, Mena‘hoth 37a).

Verset 10

וְשָֽׁמַרְתָּ֛ אֶת־הַחֻקָּ֥ה הַזֹּ֖את לְמֽוֹעֲדָ֑הּ מִיָּמִ֖ים יָמִֽימָה׃

Tu observeras cette institution en son temps à chaque anniversaire,

Rachi (1)

De jours en jours. D’année en année (Mena‘hoth 36b).

Verset 11

וְהָיָ֞ה כִּֽי־יְבִֽאֲךָ֤ יְהוָה֙ אֶל־אֶ֣רֶץ הַֽכְּנַעֲנִ֔י כַּֽאֲשֶׁ֛ר נִשְׁבַּ֥ע לְךָ֖ וְלַֽאֲבֹתֶ֑יךָ וּנְתָנָ֖הּ לָֽךְ׃

"Lorsque l'Éternel t'aura introduit dans le pays du Cananéen selon ce qu'il a juré à toi et à tes pères et qu'il te l'aura livré,

Rachi (3)

Ce sera, lorsque Hachem t’amènera. Certains de nos maîtres ont enseigné à partir d’ici que l’on n’a pas consacré les premiers-nés venus au monde dans le désert. Et quant à celui qui enseigne qu’on les a effectivement consacrés, il explique le mot : « t’amènera » comme suit : Si vous accomplissez cette mitswa dans le désert, vous mériterez de pouvoir entrer dans le pays et vous l’accomplirez là-bas (Mekhilta).

Selon ce qu’Il a juré à toi. Et où t’a-t-Il juré ? Dans le verset : « Je vous amènerai vers le pays au sujet duquel j’ai levé ma main » (supra 6, 8).

Et qu’Il te le donnera. Qu’il soit à tes yeux comme s’Il te le donnait aujourd’hui même, et non comme s’il t’était échu par voie d’héritage de tes pères (Mekhilta).

Verset 12

וְהַֽעֲבַרְתָּ֥ כָל־פֶּֽטֶר־רֶ֖חֶם לַֽיהוָ֑ה וְכָל־פֶּ֣טֶר ׀ שֶׁ֣גֶר בְּהֵמָ֗ה אֲשֶׁ֨ר יִֽהְיֶ֥ה לְךָ֛ הַזְּכָרִ֖ים לַֽיהוָֽה׃

tu céderas à l'Éternel toutes prémices des entrailles tout premier né des animaux qui t'appartiendront s'il est mâle sera à l'Éternel

Rachi (2)

Tu feras passer. Le mot weha‘avarta (« tu feras passer ») exprime l’idée de « mise à part », comme dans : « vous ferez passer son héritage à sa fille » (Bamidbar 27, 8).

De la portée d’un animal. Il s’agit de l’animal né prématurément, que sa mère a « renvoyé » (chèguèr) et expulsé avant terme. Le texte t’enseigne ici qu’il est consacré de par son statut d’aîné et qu’il en exempte celui qui naîtra après lui. Il arrive, il est vrai, que le mot chèguèr puisse désigner un animal non prématuré, comme dans : « la portée (chegar) de tes bœufs » (Devarim 7, 13), mais tel n’est pas le cas ici puisque le texte vient de parler de « toute ouverture de matrice ». Et si tu devais soutenir que le mot vient inclure les premiers-nés des animaux impurs, on t’objectera que le texte spécifie plus loin : « Tout premier-né mâle qui naîtra parmi ton gros bétail ou ton menu bétail » (Devarim 15, 19). On peut également interpréter les mots : « tu feras passer à Hachem toute ouverture de matrice » comme visant le premier-né de l’homme.

Verset 13

וְכָל־פֶּ֤טֶר חֲמֹר֙ תִּפְדֶּ֣ה בְשֶׂ֔ה וְאִם־לֹ֥א תִפְדֶּ֖ה וַֽעֲרַפְתּ֑וֹ וְכֹ֨ל בְּכ֥וֹר אָדָ֛ם בְּבָנֶ֖יךָ תִּפְדֶּֽה׃

Le premier né d'un âne tu le rachèteras par un agneau sinon tu lui briseras la nuque et le premier né de l'homme si c'est un de tes fils tu le rachèteras

Rachi (4)

Et toute ouverture d’un âne. Et non celle de tout autre animal impur. Il s’agit ici d’une décision spéciale de la Tora, les premiers-nés des Egyptiens étant comparés à des ânes. Et aussi parce que les ânes ont aidé les enfants d’Israël lors de la sortie d’Egypte, comme ayant servi en grand nombre à transporter l’or et l’argent des Egyptiens.

Tu la rachèteras avec un agneau. On donne un agneau au kohen, ce qui permet d’utiliser l’âne. Quant à l’agneau, il appartient au kohen en tant qu’offrande non consacrée.

Tu lui briseras la nuque. On lui brise la nuque en le frappant par-derrière pour le tuer. Du moment que le propriétaire a fait subir un préjudice au kohen, il devra lui-même subir un préjudice (Mekhilta).

Et tout premier-né de l’homme parmi tes fils, tu le rachèteras. La valeur du rachat est fixée ailleurs (Bamidbar 18, 16) à cinq chèqels d’argent.

Verset 14

וְהָיָ֞ה כִּֽי־יִשְׁאָלְךָ֥ בִנְךָ֛ מָחָ֖ר לֵאמֹ֣ר מַה־זֹּ֑את וְאָֽמַרְתָּ֣ אֵלָ֔יו בְּחֹ֣זֶק יָ֗ד הֽוֹצִיאָ֧נוּ יְהוָ֛ה מִמִּצְרַ֖יִם מִבֵּ֥ית עֲבָדִֽים׃

Et lorsque ton fils un jour te questionnera en disant "Qu'est ce que cela?" tu lui répondras "D'une main toute puissante l'Éternel nous a fait sortir d'Égypte d'une maison d'esclavage

Rachi (2)

Lorsque ton fils t’interrogera demain. Il existe un « demain » qui est immédiat, et un « demain » qui est lointain, comme celui-ci et comme cet autre : « afin que vos fils ne disent pas “demain” à nos fils » (Yehochou‘a 22, 27), à propos des descendants de Gad et de Reouven (Mekhilta).

Qu’est-ce que cela. C’est l’enfant simple qui est incapable de poser une question élaborée et qui reste dans le vague : « Qu’est-ce que cela ? ». Un autre enfant demandera ailleurs : « Que sont les témoignages, et les statuts et les ordonnances ? » (Devarim 6, 20). C’est la question de l’enfant intelligent. La Tora emploie le langage de chacune des quatre catégories d’enfants : le simple, le méchant, celui qui ne sait pas poser de questions et celui qui interroge intelligemment.

Verset 15

וַיְהִ֗י כִּֽי־הִקְשָׁ֣ה פַרְעֹה֮ לְשַׁלְּחֵנוּ֒ וַיַּֽהֲרֹ֨ג יְהוָ֤ה כָּל־בְּכוֹר֙ בְּאֶ֣רֶץ מִצְרַ֔יִם מִבְּכֹ֥ר אָדָ֖ם וְעַד־בְּכ֣וֹר בְּהֵמָ֑ה עַל־כֵּן֩ אֲנִ֨י זֹבֵ֜חַ לַֽיהוָ֗ה כָּל־פֶּ֤טֶר רֶ֨חֶם֙ הַזְּכָרִ֔ים וְכָל־בְּכ֥וֹר בָּנַ֖י אֶפְדֶּֽה׃

En effet comme Pharaon faisait difficulté de nous laisser partir l'Éternel fit mourir tous les premiers nés du pays d'Égypte depuis le premier né de l'homme jusqu'à celui de l'animal C'est pourquoi j'immole au Seigneur tout premier né mâle et tout premier né de mes fils je dois le racheter

Verset 16

וְהָיָ֤ה לְאוֹת֙ עַל־יָ֣דְכָ֔ה וּלְטֽוֹטָפֹ֖ת בֵּ֣ין עֵינֶ֑יךָ כִּ֚י בְּחֹ֣זֶק יָ֔ד הֽוֹצִיאָ֥נוּ יְהוָ֖ה מִמִּצְרָֽיִם׃

Et il sera écrit comme symbole sur ton bras et comme fronteau entre tes yeux que d'une main puissante l'Éternel nous a fait sortir de l'Égypte "

Rachi (1)

Et pour fronteaux entre tes yeux. Ce sont les tefilin. On les appelle totafoth (« fronteaux ») parce qu’elles comportent quatre cases. En effet, le mot tat veut dire : « deux » en langue katpi et le mot foth veut dire : « deux » en langue afriki (Sanhèdrin 4b). Le grammairien Mena‘hem classe ce mot dans la même catégorie que : « parle (wehatéf) au midi » (Ye‘hezqel 21, 2) et que : « ne parlez (tatifou) pas » (Mikha 2, 6). Il s’agit d’une incitation à parler, tout comme le « mémorial » (verset 9) est une incitation à se souvenir : En voyant les tefilin fixées entre les yeux, on « se souviendra » du miracle et on en « parlera ».

Verset 17

וַיְהִ֗י בְּשַׁלַּ֣ח פַּרְעֹה֮ אֶת־הָעָם֒ וְלֹֽא־נָחָ֣ם אֱלֹהִ֗ים דֶּ֚רֶךְ אֶ֣רֶץ פְּלִשְׁתִּ֔ים כִּ֥י קָר֖וֹב ה֑וּא כִּ֣י ׀ אָמַ֣ר אֱלֹהִ֗ים פֶּֽן־יִנָּחֵ֥ם הָעָ֛ם בִּרְאֹתָ֥ם מִלְחָמָ֖ה וְשָׁ֥בוּ מִצְרָֽיְמָה׃

Or lorsque Pharaon eut laissé partir le peuple Dieu ne les dirigea point par le pays des Philistins lequel est rapproché parce que Dieu disait "Le peuple pourrait se raviser à la vue de la guerre et retourner en Égypte "

Rachi (4)

Ce fut, lorsque Pharaon eut renvoyé … Il ne les conduisit pas. Il ne les mena pas, comme dans : « Et maintenant va, conduis le peuple » (infra 32, 34), ou dans : « Quand tu marcheras, elle te conduira » (Michlei 6, 22).

Qui est proche. Et il était facile de retourner en Egypte par le même chemin. Il existe à ce sujet beaucoup de midrachim.

Lorsqu’ils verront la guerre. Comme celle dont il est question dans : « Le ‘Amaléqi et le Kena‘ani… descendirent, les battirent… » (Bamidbar 14, 45). S’ils avaient emprunté la route directe, ils auraient rebroussé chemin. Déjà, en utilisant un chemin détourné, ils ont dit : « Donnons-nous un chef et retournons en Egypte ! » (Bamidbar 14, 4). Qu’aurait-ce été s’ils avaient pris la route directe ! (Mekhilta).

De peur que le peuple ne se ravise. Et, se mettant à réfléchir sur son départ, ne décide de retourner en Egypte.

Verset 18

וַיַּסֵּ֨ב אֱלֹהִ֧ים ׀ אֶת־הָעָ֛ם דֶּ֥רֶךְ הַמִּדְבָּ֖ר יַם־ס֑וּף וַֽחֲמֻשִׁ֛ים עָל֥וּ בְנֵֽי־יִשְׂרָאֵ֖ל מֵאֶ֥רֶץ מִצְרָֽיִם׃

Dieu fit donc dévier le peuple du côté du désert vers la mer des Joncs et les enfants d'Israël partirent en bon ordre du pays d'Égypte

Rachi (3)

Il fit faire un détour. Il leur fit faire un détour par rapport à la route directe en leur faisant prendre une voie détournée.

Mer des Joncs. Comme : « vers » la mer des Joncs. Le mot souf désigne un marais où poussent des roseaux, comme dans : « elle [le] plaça dans les roseaux » (supra 2, 3), ou dans : « roseaux et joncs sont flétris » (Yecha’ya 19, 6).

Et équipés (‘hamouchim). Le mot ‘hamouchim signifie : « armés » (Mekhilta). Etant donné que Hachem leur a fait traverser un désert, Il les a fait voyager en armes. S’ils étaient passés par une région habitée, Il ne les aurait pas ainsi équipés, mais Il leur aurait fourni ce qu’il faut à des voyageurs qui se déplacent d’une endroit à un autre et qui achètent ce dont ils ont besoin. Mais pour traverser un désert, on a besoin de s’équiper. Ce verset a été inséré pour nous permettre de comprendre la suite des événements, la guerre de ‘Amaleq et celles de Si‘hon, de ‘Og et de Midyan : Comment ont-ils pu, s’ils ne portaient pas d’armes, les battre « à la pointe de l’épée » (infra 17, 13) ? On trouve le même mot dans : « Et vous, vous passerez armés » (Yehochou‘a 1, 14). Le Targoum Onqelos emploie le même mot que dans le verset : « Il arma ses élèves » (Beréchith 14, 14). Autre explication du mot ‘hamouchim : Ils sont sortis d’Egypte à raison de un sur cinq (‘hamicha), les quatre cinquièmes étant morts pendant les trois jours de ténèbres (Mekhilta).

Verset 19

וַיִּקַּ֥ח מֹשֶׁ֛ה אֶת־עַצְמ֥וֹת יוֹסֵ֖ף עִמּ֑וֹ כִּי֩ הַשְׁבֵּ֨עַ הִשְׁבִּ֜יעַ אֶת־בְּנֵ֤י יִשְׂרָאֵל֙ לֵאמֹ֔ר פָּקֹ֨ד יִפְקֹ֤ד אֱלֹהִים֙ אֶתְכֶ֔ם וְהַֽעֲלִיתֶ֧ם אֶת־עַצְמֹתַ֛י מִזֶּ֖ה אִתְּכֶֽם׃

Moïse emporta en même temps les ossements de Joseph car celui ci avait formellement adjuré les enfants d'Israël en disant "Dieu ne manquera pas de vous visiter et alors vous emporterez mes os de ce pays "

Rachi (2)

Car adjurer, il a adjuré. Il leur avait fait jurer de faire jurer à leur tour à leurs enfants. Et pourquoi n’a-t-il pas fait jurer à ses enfants de le porter dès sa mort en terre de Kena‘an comme l’avait fait Ya‘aqov (Beréchith 47, 30) ? Il s’est dit : « En tant que maître de l’Egypte, j’aurais le pouvoir de le faire. Mais les Egyptiens ne laisseront pas faire mes enfants. » Il leur a donc fait jurer de l’emporter lorsqu’ils seraient sauvés et qu’ils sortiraient (Sota 13a).

Vous ferez monter mes ossements d’ici avec vous. Etant donné que c’est à ses frères qu’il a fait prêter serment, nous déduisons du mot itkhem (« avec vous ») qu’ils ont également emporté les ossements de tous les chefs de tribus (Mekhilta).

Verset 20

וַיִּסְע֖וּ מִסֻּכֹּ֑ת וַיַּֽחֲנ֣וּ בְאֵתָ֔ם בִּקְצֵ֖ה הַמִּדְבָּֽר׃

Ils décampèrent de Soukkoth et vinrent camper à Ètham à l'extrémité du désert

Rachi (1)

Ils partirent de Soukoth. Le deuxième jour, le premier jour ayant été consacré à l’étape allant de Ra‘amsés à Soukoth (supra 12, 37).

Verset 21

וַֽיהוָ֡ה הֹלֵךְ֩ לִפְנֵיהֶ֨ם יוֹמָ֜ם בְּעַמּ֤וּד עָנָן֙ לַנְחֹתָ֣ם הַדֶּ֔רֶךְ וְלַ֛יְלָה בְּעַמּ֥וּד אֵ֖שׁ לְהָאִ֣יר לָהֶ֑ם לָלֶ֖כֶת יוֹמָ֥ם וָלָֽיְלָה׃

L'Éternel les guidait le jour par une colonne de nuée qui leur indiquait le chemin la nuit par une colonne de feu destinée à les éclairer afin qu'ils pussent marcher jour et nuit

Rachi (1)

Pour les conduire (lan‘hotham) par le chemin. Le lamèd du mot lan‘hotham est ponctué d’un pata‘h par contraction de lehan‘hotham, de la même manière que le lamèd du mot larothekhem dans : « pour “vous faire voir” dans le chemin dans lequel vous marcherez » (Devarim 1, 33) afin d’exprimer le mode factitif. Ici aussi, c’était « pour les faire conduire » par l’entremise d’un messager. Et qui était ce messager ? La colonne de nuée, que le Saint béni soit-Il dans Sa propre gloire faisait progresser devant eux. Il a donc établi une colonne de nuée pour les conduire grâce à elle, et c’est en la suivant qu’ils faisaient route. Cette colonne ne servait pas à les éclairer mais à les guider.

Verset 22

לֹֽא־יָמִ֞ישׁ עַמּ֤וּד הֶֽעָנָן֙ יוֹמָ֔ם וְעַמּ֥וּד הָאֵ֖שׁ לָ֑יְלָה לִפְנֵ֖י הָעָֽם׃

La colonne de nuée le jour et la colonne de feu la nuit ne cessaient de précéder le peuple

Rachi (1)

Ne bougera pas. Le Saint béni soit-Il ne faisait pas cesser la colonne de nuée le jour ni la colonne de feu la nuit. Ceci nous apprend que la colonne de nuée se substituait immédiatement à la colonne de feu, et la colonne de feu à celle de nuée (Chabath 23b). Dès que disparaissait l’une apparaissait l’autre.

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