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Chemoth (Exode) — chapitre 12

Texte hébreu (avec taamim), traduction française et commentaire de Rachi traduit en français, verset par verset. Sommaire du Houmash.

Verset 1

וַיֹּ֤אמֶר יְהוָה֙ אֶל־מֹשֶׁ֣ה וְאֶֽל־אַהֲרֹ֔ן בְּאֶ֥רֶץ מִצְרַ֖יִם לֵאמֹֽר׃

L'Éternel parla à Moïse et à Aaron dans le pays d'Égypte en ces termes

Rachi (2)

Hachem dit à Mochè et à Aharon. Etant donné que Aharon avait travaillé durement, tout comme Mochè, à l’accomplissement des miracles, Hachem lui rend ici hommage, au moment de proclamer la première de toutes les mitswoth, en l’associant à Mochè au moment où Il va l’annoncer.

Dans le pays d’Egypte. Etait-ce hors de la ville, ou bien à l’intérieur de la ville ? Le texte a indiqué plus haut : « Mochè lui dit : Quand je sortirai de la ville, j’étendrai mes paumes… » (supra 9, 29). Si, pour une prière, laquelle est de moindre importance [qu’une communication faite par Hachem], il n’a pas récité sa prière à l’intérieur de la ville, il ne peut qu’en être de même, a fortiori, pour un message d’une telle portée. Et pourquoi Hachem ne s’est-Il pas adressé à eux à l’intérieur de la ville ? Parce qu’elle était pleine d’idoles (Mekhilta).

Verset 2

הַחֹ֧דֶשׁ הַזֶּ֛ה לָכֶ֖ם רֹ֣אשׁ חֳדָשִׁ֑ים רִאשׁ֥וֹן הוּא֙ לָכֶ֔ם לְחָדְשֵׁ֖י הַשָּׁנָֽה׃

"Ce mois ci est pour vous le commencement des mois il sera pour vous le premier des mois de l'année

Rachi (2)

Ce mois-ci. Il lui a montré la lune en train de se renouveler, et lui a dit : « Lorsque la lune se renouvellera, ce sera pour vous le commencement des mois. » (Mekhilta ; Chemoth raba). Mais un texte ne doit pas dévier de son sens littéral, et c’est du mois de nissan qu’Il lui a parlé : ce mois-ci sera le premier dans l’ordre de leur dénombrement, le mois de iyar étant appelé le deuxième, celui de siwan le troisième, etc.

Ce mois-ci. Mochè était dans l’embarras quant à la manière de déterminer le moment exact du renouvellement de la lune (molad) : de combien devrait-elle être visible pour pouvoir être consacrée ? Hachem la lui a montrée « du doigt » dans le ciel et lui a dit : « Tu devras la voir comme “ceci” ! » Et comment la lui a-t-Il montrée, alors qu’Il ne s’entretenait avec lui que de jour ? Il est en effet écrit : « Ce fut, “le jour” où parla Hachem à Mochè dans le pays d’Egypte » (supra 6, 28), « “le jour” où Il a ordonné » (Wayiqra 7, 38), « depuis “le jour” où Hachem a ordonné et au-delà à vos générations » (Bamidbar 15, 23). En fait, Il lui a transmis ce paragraphe peu de temps avant le coucher du soleil et Il lui a montré la lune après la tombée de la nuit (Mekhilta).

Verset 3

דַּבְּר֗וּ אֶֽל־כָּל־עֲדַ֤ת יִשְׂרָאֵל֙ לֵאמֹ֔ר בֶּֽעָשֹׂ֖ר לַחֹ֣דֶשׁ הַזֶּ֑ה וְיִקְח֣וּ לָהֶ֗ם אִ֛ישׁ שֶׂ֥ה לְבֵית־אָבֹ֖ת שֶׂ֥ה לַבָּֽיִת׃

Parlez à toute la communauté d'Israël en ces termes Au dixième jour de ce mois que chacun se procure un agneau pour sa famille paternelle un agneau par maison

Rachi (4)

Parlez à toute la communauté. Etait-ce à Aharon de parler ? Il est pourtant écrit : « Toi [Mochè] tu déclareras tout ce que je t’ordonnerai… » (supra 7, 2). En fait, Aharon et Mochè se témoignaient du respect l’un à l’autre, chacun recherchant l’enseignement de son frère. La parole s’émanait ainsi de tous les deux, comme s’ils s’exprimaient ensemble (Mekhilta).

Parlez à toute la communauté d’Israël en disant : Au dix de ce mois-ci. Parlez aujourd’hui, premier du mois, pour qu’ils le fassent le dixième jour (Mekhilta).

De ce mois-ci. Ils le prendront le dixième jour pour le Pessa‘h d’Egypte, mais non pour celui des générations suivantes (Pessa‘him 96a).

Un agneau pour une maison paternelle. Par famille [au sens large]. J’aurais pu penser, en cas de famille nombreuse, qu’un seul agneau dût suffire, [même au risque de ne fournir à chacun des convives qu’une quantité inférieure au volume d’une olive]. Aussi est-il écrit ensuite : « un agneau par maison », c’est-à-dire par famille au sens étroit.

Verset 4

וְאִם־יִמְעַ֣ט הַבַּיִת֮ מִֽהְי֣וֹת מִשֶּׂה֒ וְלָקַ֣ח ה֗וּא וּשְׁכֵנ֛וֹ הַקָּרֹ֥ב אֶל־בֵּית֖וֹ בְּמִכְסַ֣ת נְפָשֹׁ֑ת אִ֚ישׁ לְפִ֣י אָכְל֔וֹ תָּכֹ֖סּוּ עַל־הַשֶּֽׂה׃

Celui dont le ménage sera trop peu nombreux pour manger un agneau s'associera avec son voisin le plus proche de sa maison selon le nombre des personnes chacun selon sa consommation réglera la répartition de l'agneau

Rachi (4)

Si la maison sera trop peu nombreuse pour un agneau (littéralement : « de l’existence de l’agneau »). S’ils sont trop peu nombreux pour pouvoir consommer tout l’agneau, et qu’ils risquent de laisser des restes (nothar), « il prendra, lui et son voisin… » – tel est le sens littéral du verset. Quant au midrach, il nous enseigne que les convives ont le droit, après s’être comptés pour la consommation d’un agneau, de se retirer du compte et de se reporter sur un autre agneau. Mais il faut qu’ils le fassent « du vivant de l’agneau », et non après qu’il a été égorgé (Pessa‘him 89a).

Selon le nombre (bemikhsath) d’âmes. Le compte, comme dans : « la quote-part (mikhsath) de ton évaluation » (Wayiqra 27, 23).

Selon ce qu’il mange. Selon ce que mange une personne en bonne santé, à l’exclusion du malade et du vieillard qui ne peuvent même pas manger le volume d’une olive (Mekhilta, V. Pessa‘him 91a).

Vous compterez (takhossou). [C’est ainsi que le rend le Targoum Onqelos, et non comme le fait la Mekhilta : « vous égorgerez ».]

Verset 5

שֶׂ֥ה תָמִ֛ים זָכָ֥ר בֶּן־שָׁנָ֖ה יִֽהְיֶ֣ה לָכֶ֑ם מִן־הַכְּבָשִׂ֥ים וּמִן־הָֽעִזִּ֖ים תִּקָּֽחוּ׃

L'animal doit être sans défaut mâle dans sa première année vous le choisirez parmi les brebis ou les chèvres

Rachi (3)

Intact. Sans défaut (Mekhilta).

D’un an. Il est ainsi appelé pendant toute sa première année, à savoircelle de sa naissance.

Des brebis et des chèvres. Soit des unes soit des autres, car la chèvre est également appelée agneau, comme dans : « l’ovin de chèvre (littéralement : “le mouton chèvre”) » (Devarim 14, 4).

Verset 6

וְהָיָ֤ה לָכֶם֙ לְמִשְׁמֶ֔רֶת עַ֣ד אַרְבָּעָ֥ה עָשָׂ֛ר י֖וֹם לַחֹ֣דֶשׁ הַזֶּ֑ה וְשָֽׁחֲט֣וּ אֹת֗וֹ כֹּ֛ל קְהַ֥ל עֲדַֽת־יִשְׂרָאֵ֖ל בֵּ֥ין הָֽעַרְבָּֽיִם׃

Vous le tiendrez en réserve jusqu'au quatorzième jour de ce mois alors toute la communauté d'Israël l'immolera vers le soir

Rachi (4)

Il sera pour vous à garde. Le mot michmèreth exprime ici l’idée d’examen. Il fallait, pendant les quatre jours qui ont précédé l’égorgement, vérifier qu’il ne comportait pas de défaut. Et pourquoi a-t-il fallu qu’ils prennent l’agneau quatre jours avant de le sacrifier, alors que cela ne leur a pas été prescrit pour les Pessa‘h suivants ? Rabi Mathia ben ‘Harach a enseigné : Il est écrit : « Et je passai près de toi, et je te vis, et voici, ton âge était l’âge des amours » (Ye‘hezqel 16, 8). Le moment est venu pour le serment que j’ai prêté à Avraham de sauver ses enfants. Or, ils n’avaient aucun commandement à accomplir pour mériter d’être délivrés, comme il est écrit : « mais tu étais nue et découverte » (ibid. verset 7). Aussi Hachem leur a-t-Il donné deux mitswoth : le sang de Pessa‘h et celui de la circoncision, lequel a été versé cette nuit-là, comme il est écrit : « je te vis gisant dans tes sangs » (ibid. verset 6), littéralement : « dans tes deux sangs ». Il est également écrit : « Et toi aussi, à cause du sang de ton alliance, je renverrai tes prisonniers hors de la fosse [c’est-à-dire : “de la prison”] où il n’y a pas d’eau » (Zekhariya 9, 11). Comme ils avaient sombré dans l’idolâtrie, Mochè leur a dit (verset 21) : « Tirez et prenez pour vous », c’est-à-dire : « Retirez vos mains des idoles et prenez l’agneau de la mitswa ! » (Pessa‘him 96a)

Toute l’assemblée de la communauté d’Israël l’égorgera. La tâche d’égorger incombait-elle à toute la communauté ?! D’où l’on apprend que le mandataire de quelqu’un est considéré à l’égal de celui qui l’a chargé de mission (Mekhilta, Qiddouchin 41b).

L’assemblée de la communauté d’Israël. L’emploi de ces trois mots [« assemblée », « communauté » et « Israël »] signifie que les offrandes de Pessa‘h de la collectivité étaient égorgées en trois groupes, l’un après l’autre. Lorsque entrait le premier groupe, on fermait les portes du parvis, etc., comme expliqué dans le traité Pessa‘him (64a).

Entre les deux soirs. On appelle : « entre les deux soirs » le temps qui s’écoule après six heures (Mekhilta). Le soleil commence alors à décliner vers son couchant et à s’assombrir. Cette expression, à mon avis, désigne le temps qui s’écoule entre l’assombrissement du jour, à sept heures, et l’assombrissement de la nuit (Pessa‘him 58a). Et l’assombrissement de la nuit marque le commencement de celle-ci. Le mot ‘érèv signifie assombrissement et obscurité, comme dans : « Toute joie est assombrie (‘orva) » (Yecha’ya 24, 11).

Verset 7

וְלָֽקְחוּ֙ מִן־הַדָּ֔ם וְנָ֥תְנ֛וּ עַל־שְׁתֵּ֥י הַמְּזוּזֹ֖ת וְעַל־הַמַּשְׁק֑וֹף עַ֚ל הַבָּ֣תִּ֔ים אֲשֶׁר־יֹֽאכְל֥וּ אֹת֖וֹ בָּהֶֽם׃

On prendra de son sang et on en teindra les deux poteaux et le linteau des maisons dans lesquelles on le mangera

Rachi (4)

Ils prendront du sang. C’est l’acte consistant à recueillir le sang. J’aurais pu penser qu’il fallût le faire dans la main. Aussi est-il écrit (verset 22) : « dans le sang qui sera dans le bassin… » (Mekhilta).

Sur les deux poteaux. Il s’agit des montants qui se dressent de part et d’autre de la porte.

Et sur le linteau (machqof). Il s’agit de la partie supérieure de la porte, là où elle frappe (choqéf) quand on la ferme. En français médiéval : « lintel ». Le mot machqof vient du verbe chqof qui signifie : « frapper », comme dans : « le bruit d’une feuille repoussée » (Wayiqra 26, 36), que le Targoum Onqelos rend par : chaqif, ou dans : « contusion pour contusion » (infra 21, 25), qu’il rend par : machqofi.

Sur les maisons dans lesquelles ils le mangeront. A l’exclusion des poteaux et des linteaux des dépôts de fourrage et des étables, qui ne servent pas à l’habitation.

Verset 8

וְאָֽכְל֥וּ אֶת־הַבָּשָׂ֖ר בַּלַּ֣יְלָה הַזֶּ֑ה צְלִי־אֵ֣שׁ וּמַצּ֔וֹת עַל־מְרֹרִ֖ים יֹֽאכְלֻֽהוּ׃

Et l'on en mangera la chair cette même nuit on la mangera rôtie au feu et accompagnée d'azymes et d'herbes amères

Rachi (2)

La chair. Et non les tendons et les os (Mekhilta, Pessa‘him 83b).

Et des matsoth sur des herbes amères (merorim). Toute herbe amère est appelée maror. Il leur a été ordonné de manger du maror en souvenir de (supra 1, 14) : « Ils leur rendirent la vie amère (wayemorarou) » (Pessa‘him 116b).

Verset 9

אַל־תֹּֽאכְל֤וּ מִמֶּ֨נּוּ֙ נָ֔א וּבָשֵׁ֥ל מְבֻשָּׁ֖ל בַּמָּ֑יִם כִּ֣י אִם־צְלִי־אֵ֔שׁ רֹאשׁ֥וֹ עַל־כְּרָעָ֖יו וְעַל־קִרְבּֽוֹ׃

N'en mangez rien qui soit à demi cuit ni bouilli dans l'eau mais seulement rôti au feu la tète avec les jarrets et les entrailles

Rachi (5)

Vous n’en mangerez pas à demi-cuit (na). Tout ce qui n’est pas rôti à point est appelé na en arabe.

Ni cuire, cuit dans l’eau. Tout cela participe de l’interdiction : « vous n’en mangerez pas » (Pessa‘him 41a).

Dans l’eau. D’où sait-on qu’il en est de même des autres liquides ? Du redoublement : « cuire, cuit », c’est-à-dire d’aucune manière (ibid.).

Si ce n’est rôti au feu. Le même verset, après avoir stipulé une interdiction (« Vous n’en mangerez pas »), y ajoute un commandement actif (« si ce n’est rôtie au feu »).

Sa tête sur ses jambes. On devra la rôtir entièrement, d’une seule pièce, y compris sa tête, ses jambes et ses entrailles. On remettra celles-ci à l’intérieur après les avoir nettoyées (Pessa‘him 74a). L’expression : « “sur” ses jambes et “sur” ses entrailles » est à prendre dans le même sens que : « selon leurs armées (littéralement : “« sur » leurs armées”) » (supra 6, 26), c’est-à-dire telles qu’elles sont. Il en est de même ici : l’animal tel qu’il est, avec tous ses organes.

Verset 10

וְלֹֽא־תוֹתִ֥ירוּ מִמֶּ֖נּוּ עַד־בֹּ֑קֶר וְהַנֹּתָ֥ר מִמֶּ֛נּוּ עַד־בֹּ֖קֶר בָּאֵ֥שׁ תִּשְׂרֹֽפוּ׃

Vous n'en laisserez rien pour le matin ce qui en serait resté jusqu'au matin consumez le par le feu

Rachi (1)

Et ce qui en reste jusqu’au matin. Pourquoi cette répétition de : « jusqu’au matin » ? C’est pour ajouter : « matin » à : « matin » (Mekhilta). Le mot : « matin » signifie le lever du soleil, et le texte vient ici pour avancer l’interdiction jusqu’à l’aube – tel est le sens littéral du verset. Quant au midrach, il nous enseigne que l’on n’a pas le droit d’incinérer les restes le jour de Yom tov, mais le lendemain, le texte devant être compris : « Vous n’en laisserez rien jusqu’au premier matin, et ce qui en restera jusqu’au lendemain matin vous l’incinérerez » (Pessa‘him 83b).

Verset 11

וְכָכָה֮ תֹּֽאכְל֣וּ אֹתוֹ֒ מָתְנֵיכֶ֣ם חֲגֻרִ֔ים נַֽעֲלֵיכֶם֙ בְּרַגְלֵיכֶ֔ם וּמַקֶּלְכֶ֖ם בְּיֶדְכֶ֑ם וַֽאֲכַלְתֶּ֤ם אֹתוֹ֙ בְּחִפָּז֔וֹן פֶּ֥סַח ה֖וּא לַֽיהוָֽה׃

Et voici comme vous le mangerez la ceinture aux reins la chaussure aux pieds le bâton a la main et vous le mangerez à la hâte c'est la pâque en l'honneur de l'Éternel

Rachi (3)

Vos hanches ceintes. Prêts à vous mettre en route.

A la hâte. Le mot ‘hipazon désigne m’empressement et la hâte, comme dans : « et David fuyait en hâte (né‘hpaz) » (I Chemouel 23, 26), ou dans : « que les Araméens avaient jetés dans leur fuite précipitée (be‘hipazam) » (II Melakhim 7, 15)

C’est Pessa‘h pour Hachem. C’est le sacrifice qui est appelé pessa‘h, qui évoque l’idée de « sauter », de « passer par-dessus ». Le Saint béni soit-Il a sauté au-dessus des maisons des enfants d’Israël, lesquels ont été épargnés, lorsque ces maisons s’intercalaient entre celles des Egyptiens. Et vous aussi, vous allez faire ce que vous demande le Ciel en vous précipitant et en sautant, à l’image du sacrifice appelé pessa‘h. Quant au mot français médiéval : « pasche », il signifie également : « passer par-dessus ».

Verset 12

וְעָֽבַרְתִּ֣י בְאֶֽרֶץ־מִצְרַיִם֮ בַּלַּ֣יְלָה הַזֶּה֒ וְהִכֵּיתִ֤י כָל־בְּכוֹר֙ בְּאֶ֣רֶץ מִצְרַ֔יִם מֵֽאָדָ֖ם וְעַד־בְּהֵמָ֑ה וּבְכָל־אֱלֹהֵ֥י מִצְרַ֛יִם אֶֽעֱשֶׂ֥ה שְׁפָטִ֖ים אֲנִ֥י יְהוָֽה׃

Je parcourrai le pays d'Égypte cette même nuit je frapperai tout premier né dans le pays d'Égypte depuis l'homme jusqu'à la bête et je ferai justice de toutes les divinités de l'Égypte moi l'Éternel!

Rachi (5)

Je passerai. Comme un roi qui « passe » d’un endroit à un autre, sauf que c’est en un seul passage et en un seul instant que tous seront frappés (Mekhilta).

Tout premier-né dans le pays d’Egypte. Y compris les premiers-nés des autres peuples dès lors qu’ils seront en Egypte (Mekhilta). Et d’où sait-on que les premiers-nés égyptiens se trouvant ailleurs qu’en Egypte ont été frappés eux aussi ? Du verset : « … qui a frappé l’Egypte en ses premiers-nés » (Tehilim 136, 10).

Depuis l’homme jusqu’à l’animal. Le châtiment commence par frapper celui qui a fait le mal en premier.

Et à tous les dieux de l’Egypte. Les idoles de bois ont pourri, celles de métal ont fondu et ont coulé à terre.

Je ferai des jugements, je suis Hachem. Moi-même, et non par l’intermédiaire d’un messager.

Verset 13

וְהָיָה֩ הַדָּ֨ם לָכֶ֜ם לְאֹ֗ת עַ֤ל הַבָּתִּים֙ אֲשֶׁ֣ר אַתֶּ֣ם שָׁ֔ם וְרָאִ֨יתִי֙ אֶת־הַדָּ֔ם וּפָֽסַחְתִּ֖י עֲלֵכֶ֑ם וְלֹֽא־יִֽהְיֶ֨ה בָכֶ֥ם נֶ֨גֶף֙ לְמַשְׁחִ֔ית בְּהַכֹּתִ֖י בְּאֶ֥רֶץ מִצְרָֽיִם׃

Le sang dont seront teintes les maisons où vous habitez vous servira de signe je reconnaîtrai ce sang et je vous épargnerai et le fléau n'aura pas prise sur vous lorsque je sévirai sur le pays d'Égypte

Rachi (4)

Le sang sera pour vous un signe. Pour vous, et non pour les autres (Mekhilta). D’où nous apprenons qu’ils n’ont badigeonné qu’à l’intérieur.

Je verrai le sang. Hachem a-t-Il besoin de voir pour savoir ? Le Saint béni soit-Il a dit : « Je saurai, en voyant le sang, que vous êtes occupés à la pratique de mes mitswoth, et je passerai alors sur vous » (Mekhilta).

Je passerai (oufassa‘hti) sur vous. J’épargnerai, comme dans : « en sautant il sauvera » (Yecha’ya 31, 5). Le verbe passa‘h signifie toujours, à mon avis : « sauter » et : « passer au-dessus ». Le mot : « je passerai » signifie qu’Il sautait des maisons des Hébreux à celles des Egyptiens, contiguës les unes aux autres, comme dans : « jusqu’à quand sauterez-vous (pos‘him) sur deux branches ? » (I Melakhim 18, 21). De même, les boiteux (pis‘him) se déplacent en sautillant. De même : « en sautant il sauvera » (Yecha’ya 31, 5). Il saute par dessus et le sauve de parmi les morts.

Et il n’y aura pas contre vous de frappe. Mais il y en aura contre les Egyptiens (Mekhilta). S’il se trouve un Egyptien dans la maison d’un Hébreu, sera-t-il sauvé ? Non, car le texte précise : « et il n’aura pas contre vous », ce qui veut dire qu’il y en aura contre les Egyptiens qui seront chez vous. Et si un Hébreu se trouve dans la maison d’un Egyptien, sera-t-il frappé comme celui-ci ? Ce à quoi répond le texte : « et il n’aura pas contre vous » (Mekhilta).

Verset 14

וְהָיָה֩ הַיּ֨וֹם הַזֶּ֤ה לָכֶם֙ לְזִכָּר֔וֹן וְחַגֹּתֶ֥ם אֹת֖וֹ חַ֣ג לַֽיהוָ֑ה לְדֹרֹ֣תֵיכֶ֔ם חֻקַּ֥ת עוֹלָ֖ם תְּחָגֻּֽהוּ׃

Ce jour sera pour vous une époque mémorable et vous le solenniserez comme une fête de l'Éternel d'âge en âge à jamais vous le fêterez

Rachi (3)

En mémorial. Pour les générations à venir.

Vous le célébrerez. Tu célébreras ce jour qui sera pour toi en mémorial, tu le célébreras comme une fête (Mekhilta). Mais on ne nous a pas encore fait savoir lequel il est. D’où la précision : « Souviens-toi de ce jour-là où vous êtes sortis d’Egypte » (infra 13, 3), destinée à nous apprendre que c’est le jour de la sortie qui sera un mémorial. Et quel est le jour de la sortie ? « Au quinzième jour du premier mois, à partir du lendemain du Pessa‘h » (Bamidbar 33, 3). Le jour de la fête est donc le quinzième jour du mois de nissan, car ils ont mangé l’agneau pascal le 14 et sont partis le lendemain matin.

Pour vos générations. J’aurais pu croire, par application de la règle selon laquelle le minimum du pluriel est deux, que cela ne concernât que deux générations. Aussi est-il ajouté : « vous le célébrerez comme un statut pour toujours » (Mekhilta).

Verset 15

שִׁבְעַ֤ת יָמִים֙ מַצּ֣וֹת תֹּאכֵ֔לוּ אַ֚ךְ בַּיּ֣וֹם הָֽרִאשׁ֔וֹן תַּשְׁבִּ֥יתוּ שְּׂאֹ֖ר מִבָּֽתֵּיכֶ֑ם כִּ֣י ׀ כָּל־אֹכֵ֣ל חָמֵ֗ץ וְנִכְרְתָ֞ה הַנֶּ֤פֶשׁ הַהִוא֙ מִיִּשְׂרָאֵ֔ל מִיּ֥וֹם הָֽרִאשֹׁ֖ן עַד־י֥וֹם הַשְּׁבִעִֽי׃

Sept jours durant vous mangerez des pains azymes surtout le jour précédent vous ferez disparaître le levain de vos maisons Car celui là serait retranché d'Israël qui mangerait du pain levé depuis le premier jour jusqu'au septième

Rachi (5)

Sept jours (littéralement : « sept de jours » au cas construit). En français médiéval : une « seiteine » de jours (V. Rachi sous 10, 22).

Sept jours vous mangerez des matsoth. Alors qu’il est écrit plus loin : « Six jours tu mangeras des matsoth » (Devarim 16, 8). D’où nous déduisons qu’il n’y a pas d’obligation, le septième jour, de manger des matsoth, dès lors que l’on s’abstient de ‘hamets (Pessa‘him 120a). Et d’où sait-on que cette obligation n’existe pas non plus les six premiers jours ? Par un raisonnement propre à la Tora : Lorsqu’une règle est incluse dans un principe général, puis est écartée de ce principe général, et ce en vue d’un enseignement, cette mise à l’écart est destinée à nous apprendre quelque chose non seulement sur cette règle, mais aussi sur le principe général. J’aurais pu croire ici que la consommation des matsoth étant aussi facultative les six premiers jours que le septième, il n’y eût pas non plus d’obligation le premier soir. D’où la précision : « le jour quatorze du mois, au soir, vous mangerez des matsoth » (verset 18), qui impose cette obligation (Pessa‘him 28b).

Seulement le premier jour vous ferez cesser le levain de vos maisons. Dès la veille de la fête. On l’appelle : « premier » parce qu’il est avant les sept jours. Ce qui précède est souvent appelé : « premier » (Pessa‘him 5a), comme dans : « Es-tu né le premier des hommes ? » (Iyov 15, 7), c’est-à-dire : « Es-tu né avant Adam ? ». Ou peut-être s’agit-il vraiment du premier des sept jours ? Mais le texte précise : « Tu n’égorgeras pas sur du ‘hamets le sang de mon sacrifice » (infra 34, 25), comme pour dire : « Tu n’égorgeras pas mon sacrifice alors qu’il y a encore du ‘hamets » (Mekhilta).

Cette âme-là. En possession de sa conscience, et donc hormis le cas de force majeure (Mekhilta).

D’Israël. Je pourrais croire qu’elle sera retranchée d’Israël, mais pour aller dans un autre peuple. Aussi est-il écrit : « sera retranchée cette âme-là de devant moi » (Wayiqra 22, 3), et donc de tout lieu où j’exerce mon pouvoir (Mekhilta).

Verset 16

וּבַיּ֤וֹם הָֽרִאשׁוֹן֙ מִקְרָא־קֹ֔דֶשׁ וּבַיּוֹם֙ הַשְּׁבִיעִ֔י מִקְרָא־קֹ֖דֶשׁ יִֽהְיֶ֣ה לָכֶ֑ם כָּל־מְלָאכָה֙ לֹֽא־יֵעָשֶׂ֣ה בָהֶ֔ם אַ֚ךְ אֲשֶׁ֣ר יֵֽאָכֵ֣ל לְכָל־נֶ֔פֶשׁ ה֥וּא לְבַדּ֖וֹ יֵֽעָשֶׂ֥ה לָכֶֽם׃

Le premier jour vous aurez une convocation sainte et le septième jour encore une sainte convocation Aucun travail ne pourra être fait ces jours là toutefois ce qui sert à la nourriture de chacun cela seul vous pourrez le faire

Rachi (4)

Convocation (miqra) de sainteté. Le mot miqra est un verbe substantivé : Appelez-le saint, pour la nourriture, la boisson et les vêtements (Mekhilta).

Ne sera fait en eux. Pas même par d’autres (Mekhilta).

Cela à lui seul sera fait pour vous. « Pour vous » et non pour les idolâtres, « lui seul » et non les préparatifs que l’on peut faire la veille.

Ce qui est mangé par toute âme. Même pour les bêtes. J’aurais pu croire qu’il en fût ainsi également pour les idolâtres. Aussi est-il écrit : « pour vous » (Chabath 24b, Beitsa 28b).

Verset 17

וּשְׁמַרְתֶּם֮ אֶת־הַמַּצּוֹת֒ כִּ֗י בְּעֶ֨צֶם֙ הַיּ֣וֹם הַזֶּ֔ה הוֹצֵ֥אתִי אֶת־צִבְאֽוֹתֵיכֶ֖ם מֵאֶ֣רֶץ מִצְרָ֑יִם וּשְׁמַרְתֶּ֞ם אֶת־הַיּ֥וֹם הַזֶּ֛ה לְדֹרֹֽתֵיכֶ֖ם חֻקַּ֥ת עוֹלָֽם׃

Conservez la fête des Azymes car c'est en ce même jour que j'aurai fait sortir vos légions du pays d'Égypte conservez ce jour là dans vos générations comme une institution perpétuelle

Rachi (3)

Vous garderez les matsoth. Pour qu’elles ne lèvent pas (Mekhilta). D’où l’enseignement de nos Maîtres : si la pâte commence à gonfler, on passe sur elle les mains mouillées d’eau froide (V. Rachi sous Pessa‘him 48b). Rabi Yachiya a enseigné : On ne doit pas lire matsoth mais mitswoth et donc, de même qu’on ne laisse pas fermenter les matsoth, de même ne doit-on pas laisser « fermenter » les mitswoth. Lorsque se présente à toi l’occasion d’accomplir une mitswa, saisis-la immédiatement !

Vous garderez ce jour-là. En ne faisant aucun travail.

Pour vos générations en statut pour toujours. Il n’a été question jusqu’à présent de « générations » et de « statut pour toujours » qu’à propos de la célébration de la fête (verset 14). Aussi le texte réemploie-t-il ici les mêmes mots afin que tu ne soutiennes pas que l’interdiction de travailler ne s’applique qu’à la génération présente et non à celles à venir (Mekhilta).

Verset 18

בָּֽרִאשֹׁ֡ן בְּאַרְבָּעָה֩ עָשָׂ֨ר י֤וֹם לַחֹ֨דֶשׁ֙ בָּעֶ֔רֶב תֹּֽאכְל֖וּ מַצֹּ֑ת עַ֠ד י֣וֹם הָֽאֶחָ֧ד וְעֶשְׂרִ֛ים לַחֹ֖דֶשׁ בָּעָֽרֶב׃

Le premier mois le quatorzième jour du mois au soir vous mangerez des azymes jusqu'au vingt et unième jour du mois au soir

Rachi (1)

Jusqu’au jour un et vingt. Pourquoi cette précision, alors qu’il vient d’être écrit : « Sept jours vous mangerez des matsoth » (verset 15) ? C’est parce que le texte ne parlait que de « jours », de sorte qu’il a fallu cette indication supplémentaire pour inclure les nuits (Mekhilta).

Verset 19

שִׁבְעַ֣ת יָמִ֔ים שְׂאֹ֕ר לֹ֥א יִמָּצֵ֖א בְּבָֽתֵּיכֶ֑ם כִּ֣י ׀ כָּל־אֹכֵ֣ל מַחְמֶ֗צֶת וְנִכְרְתָ֞ה הַנֶּ֤פֶשׁ הַהִוא֙ מֵֽעֲדַ֣ת יִשְׂרָאֵ֔ל בַּגֵּ֖ר וּבְאֶזְרַ֥ח הָאָֽרֶץ׃

Durant sept jours qu'il ne soit point trouvé de levain dans vos maisons car quiconque mangera une substance levée celui là sera retranché de la communion d'Israël le prosélyte comme l'indigène

Rachi (3)

Qu’il ne soit pas trouvé de levain dans vos maisons. Et dans le reste du territoire ? Le texte précisera : « et il ne se verra pas chez toi de levain dans toutes tes limites » (infra 13, 7). Dans ce cas, pourquoi : « dans vos maisons » ? De même que ta maison est ta propriété, de même [ne devra-t-on pas voir de levain] dans le territoire qui est ta propriété, et donc à l’exclusion du ‘hamets appartenant à un non-Juif et se trouvant chez un Juif, mais sur lequel celui-ci n’a aucun droit.

Car quiconque mange de ce qui est levé. Précision nécessaire pour rendre passible de la peine du retranchement celui qui mange du levain. Il est vrai que le texte a déjà stipulé (verset 15) l’interdiction de manger du ‘hamets. Mais il s’agit ici d’écarter le raisonnement de celui qui soutiendrait que l’interdiction ne porte que sur ce qui est comestible, et non sur ce qui ne l’est pas, comme le levain (Mekhilta). Et si le texte avait interdit la consommation du levain et non celle du pain levé, j’aurais dit que l’interdiction ne porte que sur ce qui est susceptible de faire lever d’autres choses, mais non sur le pain, qui ne peut faire lever rien d’autre. D’où cette double précision.

Chez l’étranger et chez le citoyen du pays. Comme le miracle n’a été accompli que pour Israël, il a fallu inclure explicitement l’étranger devenu juif par conversion (Mekhilta).

Verset 20

כָּל־מַחְמֶ֖צֶת לֹ֣א תֹאכֵ֑לוּ בְּכֹל֙ מוֹשְׁבֹ֣תֵיכֶ֔ם תֹּֽאכְל֖וּ מַצּֽוֹת׃

Vous ne mangerez d'aucune pâte levée dans toutes vos demeures vous consommerez des pains azymes "

Rachi (3)

De tout ce qui est levé vous ne mangerez pas. Il s’agit de l’interdiction de manger du levain (Mekhilta).

De tout ce qui est levé. Ce : « tout » inclut tout mélange.

Dans toutes vos habitations vous mangerez des matsoth. Il s’agit de ce qui peut être mangé « dans vos habitations », à l’exclusion de la seconde dîme et des pains offerts en sacrifice d’actions de grâces, que l’on ne peut pas manger chez soi mais seulement à Jérusalem (Mekhilta).

Verset 21

וַיִּקְרָ֥א מֹשֶׁ֛ה לְכָל־זִקְנֵ֥י יִשְׂרָאֵ֖ל וַיֹּ֣אמֶר אֲלֵהֶ֑ם מִֽשְׁכ֗וּ וּקְח֨וּ לָכֶ֥ם צֹ֛אן לְמִשְׁפְּחֹֽתֵיכֶ֖ם וְשַֽׁחֲט֥וּ הַפָּֽסַח׃

Moïse convoqua tous les anciens d'Israël et leur dit "Choisissez et prenez chacun du menu bétail pour vos familles et égorgez la victime pascale

Rachi (3)

Tirez. Que celui qui possède un troupeau en « tire » du sien.

Et prenez. Que celui qui n’en a pas en prenne sur le marché (Mekhilta).

Pour vos familles. Un agneau par maison paternelle (verset 3).

Verset 22

וּלְקַחְתֶּ֞ם אֲגֻדַּ֣ת אֵז֗וֹב וּטְבַלְתֶּם֮ בַּדָּ֣ם אֲשֶׁר־בַּסַּף֒ וְהִגַּעְתֶּ֤ם אֶל־הַמַּשְׁקוֹף֙ וְאֶל־שְׁתֵּ֣י הַמְּזוּזֹ֔ת מִן־הַדָּ֖ם אֲשֶׁ֣ר בַּסָּ֑ף וְאַתֶּ֗ם לֹ֥א תֵֽצְא֛וּ אִ֥ישׁ מִפֶּֽתַח־בֵּית֖וֹ עַד־בֹּֽקֶר׃

Puis vous prendrez une poignée d'hysope vous la tremperez dans le sang reçu dans un bassin et vous teindrez le linteau et les deux poteaux de ce sang du bassin Que pas un d'entre vous ne franchisse alors le seuil de sa demeure jusqu'au matin

Rachi (5)

Hysope. Sorte d’herbe qui pousse en tiges (Souka 13a).

Un bouquet d’hysope. Trois tiges constituent un bouquet.

Qui sera dans le récipient (bassaf). Dans un réceptacle, comme dans : « des écuelles (sipoth) d’argent » (II Melakhim 12, 14).

Du sang qui sera dans le récipient. Pourquoi cette répétition ? Pour que tu ne dises pas qu’il suffit de tremper une seule fois pour les trois aspersions. Aussi le verset répète-t-il : « qui sera dans le bassin », et ce afin de bien marquer que chaque aspersion doit être précédée d’un trempage (Mekhilta).

Et vous, vous ne sortirez pas. Cela nous apprend que l’ange destructeur, une fois qu’il a reçu l’ordre de passer à l’action, ne distingue pas entre le juste et l’impie. Et la nuit appartient aux dévastateurs, comme il est écrit : « Tu amènes les ténèbres et la nuit arrive. Alors toutes les bêtes de la forêt sont en mouvement » (Tehilim 104, 20).

Verset 23

וְעָבַ֣ר יְהוָה֮ לִנְגֹּ֣ף אֶת־מִצְרַיִם֒ וְרָאָ֤ה אֶת־הַדָּם֙ עַל־הַמַּשְׁק֔וֹף וְעַ֖ל שְׁתֵּ֣י הַמְּזוּזֹ֑ת וּפָסַ֤ח יְהוָה֙ עַל־הַפֶּ֔תַח וְלֹ֤א יִתֵּן֙ הַמַּשְׁחִ֔ית לָבֹ֥א אֶל־בָּֽתֵּיכֶ֖ם לִנְגֹּֽף׃

Lorsque le Seigneur s'avancera pour frapper l'Égypte il regardera le sang appliqué au linteau et aux deux poteaux et il passera devant la porte et il ne permettra pas au fléau d'entrer dans vos maisons pour sévir

Rachi (2)

Hachem sautera. Il aura pitié. Mais on peut dire aussi : « Il bondira ».

Et Il ne donnera pas au destructeur. Il ne lui donnera pas le pouvoir de venir, comme dans : « Il ne lui a pas permis (littéralement : “Il ne lui a pas donné”) de me faire du mal » (Beréchith 31, 7).

Verset 24

וּשְׁמַרְתֶּ֖ם אֶת־הַדָּבָ֣ר הַזֶּ֑ה לְחָק־לְךָ֥ וּלְבָנֶ֖יךָ עַד־עוֹלָֽם׃

Vous garderez cette loi comme une règle invariable pour toi et pour tes enfants

Verset 25

וְהָיָ֞ה כִּֽי־תָבֹ֣אוּ אֶל־הָאָ֗רֶץ אֲשֶׁ֨ר יִתֵּ֧ן יְהוָ֛ה לָכֶ֖ם כַּֽאֲשֶׁ֣ר דִּבֵּ֑ר וּשְׁמַרְתֶּ֖ם אֶת־הָֽעֲבֹדָ֥ה הַזֹּֽאת׃

Et lorsque vous serez arrivés dans le pays que le Seigneur vous donnera comme il l'a promis vous conserverez ce rite

Rachi (2)

Ce sera, quand vous viendrez. L’application de la mitswa est ici suspendue jusqu’à l’entrée dans le pays (Mekhilta). Ils n’ont été tenus de fêter, dans le désert, qu’un seul Pessa‘h, et ce sur ordre divin exprès pendant la deuxième année (Bamidbar 9, 1 et suiv.).

Comme Il a parlé. Et où a-t-Il ainsi parlé ? « Je vous amènerai vers le pays » (supra 6, 8).

Verset 26

וְהָיָ֕ה כִּֽי־יֹאמְר֥וּ אֲלֵיכֶ֖ם בְּנֵיכֶ֑ם מָ֛ה הָֽעֲבֹדָ֥ה הַזֹּ֖את לָכֶֽם׃

Alors quand vos enfants vous demanderont ‘Que signifie pour vous ce rite?’

Verset 27

וַֽאֲמַרְתֶּ֡ם זֶֽבַח־פֶּ֨סַח ה֜וּא לַֽיהוָ֗ה אֲשֶׁ֣ר פָּ֠סַח עַל־בָּתֵּ֤י בְנֵֽי־יִשְׂרָאֵל֙ בְּמִצְרַ֔יִם בְּנָגְפּ֥וֹ אֶת־מִצְרַ֖יִם וְאֶת־בָּתֵּ֣ינוּ הִצִּ֑יל וַיִּקֹּ֥ד הָעָ֖ם וַיִּֽשְׁתַּחֲוֽוּ׃

vous répondrez ‘C'est le sacrifice de la pâque en l'honneur de l'Éternel qui épargna les demeures des Israélites en Egypte alors qu'il frappa les Égyptiens et voulut préserver nos familles ’ " Et le peuple s'inclina et tous se prosternèrent

Rachi (1)

Le peuple s’inclina. En reconnaissance pour l’annonce de la délivrance et de l’entrée dans le pays et pour la promesse de la naissance d’enfants.

Verset 28

וַיֵּֽלְכ֥וּ וַֽיַּעֲשׂ֖וּ בְּנֵ֣י יִשְׂרָאֵ֑ל כַּֽאֲשֶׁ֨ר צִוָּ֧ה יְהוָ֛ה אֶת־מֹשֶׁ֥ה וְאַֽהֲרֹ֖ן כֵּ֥ן עָשֽׂוּ׃

Les enfants d'Israël se mirent en devoir d'obéir comme l'Éternel avait ordonné à Moïse et à Aaron ainsi firent ils

Rachi (3)

Allèrent et firent. Avaient-ils vraiment déjà « fait » ? Ne devaient-ils pas le faire dès Roch ‘hodèch ? C’est que le mérite d’avoir accepté de faire leur est ici compté comme s’ils avaient déjà fait (Mekhilta).

Allèrent et firent. Le texte leur compte ici une double récompense, celle d’être allés et celle d’avoir fait.

Comme ordonna Hachem à Mochè et Aharon, ainsi firent-ils. Ces mots sont à l’éloge des enfants d’Israël qui n’ont rien négligé d’aucune des prescriptions données par Mochè et Aharon. Et pourquoi cette répétition : « ainsi firent-ils » ? Pour indiquer que Mochè et Aharon, eux aussi, ont fait.

Verset 29

וַיְהִ֣י ׀ בַּֽחֲצִ֣י הַלַּ֗יְלָה וַֽיהוָה֮ הִכָּ֣ה כָל־בְּכוֹר֮ בְּאֶ֣רֶץ מִצְרַיִם֒ מִבְּכֹ֤ר פַּרְעֹה֙ הַיֹּשֵׁ֣ב עַל־כִּסְא֔וֹ עַ֚ד בְּכ֣וֹר הַשְּׁבִ֔י אֲשֶׁ֖ר בְּבֵ֣ית הַבּ֑וֹר וְכֹ֖ל בְּכ֥וֹר בְּהֵמָֽה׃

Or au milieu de la nuit le Seigneur fit périr tout premier né dans le pays d'Égypte depuis le premier né de Pharaon héritier de son trône jusqu'au premier né du captif au fond de la geôle et tous les premiers nés des animaux

Rachi (4)

Et Hachem. Toutes les fois que le mot : « Hachem » est précédé de la conjonction waw (« et »), c’est pour marquer qu’Il a agi avec Sa cour céleste. Cette conjonction indique en effet un ajout, comme dans : « Un tel “et” Un tel » (Beréchith raba, V. Rachi sous Beréchith 19, 24).

Frappa tout premier-né. Même appartenant à un autre peuple, dès lors qu’il se trouvait en Egypte (Mekhilta).

Depuis le premier-né de Pharaon. Pharaon était lui-même un premier-né, et il a pourtant survécu, comme il est écrit : « Et pourtant à cause de ceci je t’ai maintenu » (supra 9, 16), pour te faire voir ma force, lors de la traversée de la mer des Joncs (Mekhilta).

Jusqu’au premier-né du prisonnier. Car ils s’étaient réjouis des malheurs d’Israël, et aussi pour qu’ils ne disent pas : « Ce sont nos divinités qui ont provoqué ce malheur ! » (Mekhilta). Quant au premier-né de la servante, il est inclus ici implicitement. L’énumération va en effet du plus important au plus humble, et le premier-né de la servante vaut plus que celui du prisonnier.

Verset 30

וַיָּ֨קָם פַּרְעֹ֜ה לַ֗יְלָה ה֤וּא וְכָל־עֲבָדָיו֙ וְכָל־מִצְרַ֔יִם וַתְּהִ֛י צְעָקָ֥ה גְדֹלָ֖ה בְּמִצְרָ֑יִם כִּֽי־אֵ֣ין בַּ֔יִת אֲשֶׁ֥ר אֵֽין־שָׁ֖ם מֵֽת׃

Pharaon se leva de nuit ainsi que tous ses serviteurs et tous les Égyptiens et ce fut une clameur immense dans l'Égypte car il n'y avait point de maison qui ne renfermât un mort

Rachi (4)

Pharaon se leva. De son lit.

De nuit. Et non pendant la troisième heure de la journée, selon l’habitude des rois.

Lui. Lui d’abord, suivi de ses serviteurs. Ceci nous apprend qu’il a fait la tournée des maisons de ses serviteurs et les a fait se lever (Mekhilta).

Car il n’y avait pas de maison où il n’y eût pas là un mort. S’il y avait là un premier-né, c’est lui qui mourait. Sinon c’était le plus âgé, que l’on appelle aussi : « premier-né » (Mekhilta), comme dans : « Moi aussi, je ferai de lui le premier-né » (Tehilim 89, 28). Autre explication : Les femmes égyptiennes, infidèles à leurs maris, mettaient au monde des enfants d’amants célibataires. Aussi chaque femme pouvait-elle avoir plusieurs premiers-nés, parfois jusqu’à cinq, tous aînés de leurs pères (Mekhilta).

Verset 31

וַיִּקְרָא֩ לְמֹשֶׁ֨ה וּֽלְאַהֲרֹ֜ן לַ֗יְלָה וַיֹּ֨אמֶר֙ ק֤וּמוּ צְּאוּ֙ מִתּ֣וֹךְ עַמִּ֔י גַּם־אַתֶּ֖ם גַּם־בְּנֵ֣י יִשְׂרָאֵ֑ל וּלְכ֛וּ עִבְד֥וּ אֶת־יְהוָ֖ה כְּדַבֶּרְכֶֽם׃

Il manda Moïse et Aaron la nuit même et dit "Allez! Partez du milieu de mon peuple et vous et les enfants d'Israël! Allez adorer l'Éternel comme vous avez dit!

Rachi (4)

Il appela Mochè et Aharon de nuit. Ceci indique qu’il a fait la tournée des portes de la ville en criant : « Où habite Mochè ? Où habite Aharon ? » (Mekhilta).

Aussi vous. Les hommes.

Aussi les fils d’Israël. Les jeunes enfants.

Et allez, servez Hachem comme vous avez parlé. Faites tout ce que vous avez dit, et non ce que j’ai dit moi-même. J’annule : « je ne renverrai pas Israël » (supra 5, 2), j’annule : « Qui et qui sont ceux qui iront ? » (supra 10, 8), j’annule : « Seulement que votre menu bétail et votre gros bétail demeurent ! » (supra 10, 24). Et qu’avez-vous dit vous-mêmes ? « Toi aussi tu donneras dans notre main sacrifices et holocaustes » (supra 10, 25).

Verset 32

גַּם־צֹֽאנְכֶ֨ם גַּם־בְּקַרְכֶ֥ם קְח֛וּ כַּֽאֲשֶׁ֥ר דִּבַּרְתֶּ֖ם וָלֵ֑כוּ וּבֵֽרַכְתֶּ֖ם גַּם־אֹתִֽי׃

Prenez votre menu et votre gros bétail comme vous avez dit et partez! Mais en retour bénissez moi "

Rachi (1)

Prenez-les, comme vous avez parlé et allez, vous me bénirez aussi. Priez pour que je ne meure pas, car je suis un premier-né (Mekhilta).

Verset 33

וַתֶּֽחֱזַ֤ק מִצְרַ֨יִם֙ עַל־הָעָ֔ם לְמַהֵ֖ר לְשַׁלְּחָ֣ם מִן־הָאָ֑רֶץ כִּ֥י אָֽמְר֖וּ כֻּלָּ֥נוּ מֵתִֽים׃

Les Égyptiens firent violence au peuple en se hâtant de le repousser du pays car ils disaient "Nous périssons tous "

Rachi (1)

Nous tous sommes morts. Ils disaient : « Ce n’est pas ce qu’a décidé Mochè ! Il n’avait annoncé que la mort des premiers-nés. Or, il en meurt qui ne le sont pas, cinq ou dix par maison ! » (Mekhilta).

Verset 34

וַיִּשָּׂ֥א הָעָ֛ם אֶת־בְּצֵק֖וֹ טֶ֣רֶם יֶחְמָ֑ץ מִשְׁאֲרֹתָ֛ם צְרֻרֹ֥ת בְּשִׂמְלֹתָ֖ם עַל־שִׁכְמָֽם׃

Et le peuple emporta sa pâte non encore levée leurs sébiles sur l'épaule enveloppées dans leurs manteaux

Rachi (3)

Avant qu’elle fût levée. Les Egyptiens ne leur ont pas laissé le temps de faire lever leur pâte.

Leurs pétrins (micharotham). Ce qui leur restait (chear) de matsoth et d’herbes amères (Mekhilta).

Sur leur épaule. Bien qu’ils possédassent beaucoup d’animaux, ils ont accompli eux-mêmes les mitswoth par amour de Hachem (Mekhilta).

Verset 35

וּבְנֵֽי־יִשְׂרָאֵ֥ל עָשׂ֖וּ כִּדְבַ֣ר מֹשֶׁ֑ה וַֽיִּשְׁאֲלוּ֙ מִמִּצְרַ֔יִם כְּלֵי־כֶ֛סֶף וּכְלֵ֥י זָהָ֖ב וּשְׂמָלֹֽת׃

Les enfants d'Israël s'étaient conformés à la parole de Moïse en demandant aux Égyptiens des vases d'argent des vases d'or et des vêtements

Rachi (2)

Selon la parole de Mochè. Qui leur avait dit en Egypte : « et qu’un homme demande de son prochain » (supra 11, 2).

Et des vêtements. Ils leur attribuaient plus de valeur qu’à l’argent et à l’or, d’où leur mention en dernier dans le verset (Mekhilta).

Verset 36

וַֽיהוָ֞ה נָתַ֨ן אֶת־חֵ֥ן הָעָ֛ם בְּעֵינֵ֥י מִצְרַ֖יִם וַיַּשְׁאִל֑וּם וַֽיְנַצְּל֖וּ אֶת־מִצְרָֽיִם׃

et le Seigneur avait inspiré pour ce peuple de la bienveillance aux Égyptiens qui lui prêtèrent de sorte qu'il dépouilla les Égyptiens

Rachi (2)

Ils empruntèrent (littéralement : « ils leur donnèrent davantage »). Ils leur donnaient même ce qu’ils ne demandaient pas. « Tu dis : “Un !” Prends-en deux et va-t’en ! »

Ils dépouillèrent. Traduction du Targoum Onqelos : « ils vidèrent ».

Verset 37

וַיִּסְע֧וּ בְנֵֽי־יִשְׂרָאֵ֛ל מֵֽרַעְמְסֵ֖ס סֻכֹּ֑תָה כְּשֵׁשׁ־מֵא֨וֹת אֶ֧לֶף רַגְלִ֛י הַגְּבָרִ֖ים לְבַ֥ד מִטָּֽף׃

Les enfants d'Israël partirent de Ramsès dans la direction de Soukkoth environ six cent mille voyageurs hommes faits sans compter les enfants

Rachi (2)

De Ra‘amsés vers Soukoth. Soit une distance de cent vingt milles, qu’ils ont franchie en une heure, comme il est écrit : « je vous ai portés sur des ailes d’aigles » (infra 19, 4).

Hommes adultes. Agés de vingt ans et plus.

Verset 38

וְגַם־עֵ֥רֶב רַ֖ב עָלָ֣ה אִתָּ֑ם וְצֹ֣אן וּבָקָ֔ר מִקְנֶ֖ה כָּבֵ֥ד מְאֹֽד׃

De plus une tourbe nombreuse les avait suivis ainsi que du menu et du gros bétail en troupeaux très considérables

Rachi (1)

Un ramassis. Un mélange de convertis venus des nations.

Verset 39

וַיֹּאפ֨וּ אֶת־הַבָּצֵ֜ק אֲשֶׁ֨ר הוֹצִ֧יאוּ מִמִּצְרַ֛יִם עֻגֹ֥ת מַצּ֖וֹת כִּ֣י לֹ֣א חָמֵ֑ץ כִּֽי־גֹרְשׁ֣וּ מִמִּצְרַ֗יִם וְלֹ֤א יָֽכְלוּ֙ לְהִתְמַהְמֵ֔הַּ וְגַם־צֵדָ֖ה לֹֽא־עָשׂ֥וּ לָהֶֽם׃

Ils firent de la pâte qu'ils avaient emportée d'Égypte des gâteaux azymes car elle n'avait pas fermenté parce que repoussés de l'Égypte ils n'avaient pu attendre et ne s'étaient pas munis d'autres provisions

Rachi (2)

Des gâteaux de matsoth. Des galettes de pain non levé (Mekhilta). La pâte qui n’a pas levé s’appelle matsa.

Et aussi ils ne s’étaient pas fait de provisions. Pour le voyage (Mekhilta). Ceci à l’éloge d’Israël, pour n’avoir pas dit : « Comment pourrons-nous partir dans le désert sans provisions ? » Mais ils ont eu la foi et ils sont partis. C’est ce qui est indiqué par le prophète : « Je me souviens de toi, de la grâce de ta jeunesse, de l’amour de tes épousailles, quand tu marchais après moi dans le désert, dans un pays non ensemencé » (Yirmeya 2, 2). Et quelle sera leur récompense ? Celle indiquée au verset suivant : « Saint est Israël à Hachem… ».

Verset 40

וּמוֹשַׁב֙ בְּנֵ֣י יִשְׂרָאֵ֔ל אֲשֶׁ֥ר יָֽשְׁב֖וּ בְּמִצְרָ֑יִם שְׁלֹשִׁ֣ים שָׁנָ֔ה וְאַרְבַּ֥ע מֵא֖וֹת שָׁנָֽה׃

Or le séjour des Israélites depuis qu'ils s'établirent dans l'Égypte avait été de quatre cent trente ans

Rachi (2)

Où ils ont demeuré en Egypte. Y compris leurs autres séjours comme étrangers dans un pays qui n’était pas le leur.

Trente ans et quatre cents [430] ans. Il s’est écoulé, entre la naissance de Yits‘haq et maintenant, quatre cents ans (V. Rachi sous Beréchith 15, 13 et sous supra 6, 18). C’est à partir du jour où Avraham aurait une postérité que devait s’accomplir la promesse : « Savoir, tu sauras, que sera étrangère ta descendance sur une terre qui ne sera pas la sienne » (Beréchith 15, 13). Et trente ans ont passé entre cette annonce, faite lors de l’alliance entre les bêtes découpées, et la naissance de Yits‘haq. On ne peut pas soutenir que ce nombre d’années est celui du temps passé en Egypte. En effet, Qehath faisait partie de ceux qui sont « descendus » en Egypte. Si l’on additionne sa durée de vie [cent trente trois ans (supra 6, 18)] à celle de ‘Amram [cent trente sept ans (supra 6, 20)] et aux quatre-vingts ans qu’avait Mochè, le total est inférieur à quatre cents, et encore ne tient-on pas compte de l’âge qu’avait Qehath lors de sa venue en Egypte, ni des années de vie commune des pères et des fils. L’exil en Egypte n’a donc pas pu durer quatre cents ans, d’où la nécessité de considérer les autres « séjours » comme autant d’exils. Il en est ainsi de ‘Hèvron, « où demeurèrent (gar, dans le sens d’une résidence précaire) Avraham et Yits‘haq » (Beréchith 35, 27) ou encore du « pays de Kena‘an, le pays de leurs séjours dans lequel ils ont résidé » (supra 6, 4). D’où la nécessité d’admettre que l’annonce : « sera étrangère ta descendance sur une terre qui ne sera pas la sienne » a pris effet lorsque Avraham a eu un fils. Cependant, si tu comptes les années qui séparent la naissance de Yits‘haq de la sortie d’Egypte, tu n’en trouveras que deux cent dix. C’est l’une des anomalies qu’ont relevées et corrigées à l’intention du roi Ptolémée les soixante-dix Anciens, auteurs de la traduction des Septante (Meguila 9a).

Verset 41

וַיְהִ֗י מִקֵּץ֙ שְׁלֹשִׁ֣ים שָׁנָ֔ה וְאַרְבַּ֥ע מֵא֖וֹת שָׁנָ֑ה וַיְהִ֗י בְּעֶ֨צֶם֙ הַיּ֣וֹם הַזֶּ֔ה יָ֥צְא֛וּ כָּל־צִבְא֥וֹת יְהוָ֖ה מֵאֶ֥רֶץ מִצְרָֽיִם׃

Et ce fut au bout de quatre cent trente ans précisément le même jour que toutes les milices du Seigneur sortirent du pays d'Égypte

Rachi (1)

Ce fut au bout de trente ans et quatre cents ans, ce fut en ce jour-là même. Cela nous apprend que le Saint béni soit-Il, lorsque le moment est venu, ne les a retenus pas même le temps d’un clin d’œil. C’est le quinze nissan qu’Avraham a reçu la visite des anges, c’est le quinze nissan qu’est né Yits‘haq, et c’est le quinze nissan qu’a été décrété l’exil lors de l’alliance entre les bêtes découpées (Mekhilta).

Verset 42

לֵ֣יל שִׁמֻּרִ֥ים הוּא֙ לַֽיהוָ֔ה לְהֽוֹצִיאָ֖ם מֵאֶ֣רֶץ מִצְרָ֑יִם הֽוּא־הַלַּ֤יְלָה הַזֶּה֙ לַֽיהוָ֔ה שִׁמֻּרִ֛ים לְכָל־בְּנֵ֥י יִשְׂרָאֵ֖ל לְדֹֽרֹתָֽם׃

C'était la Nuit prédestinée par l'Éternel pour leur sortie du pays d'Égypte c'est cette même nuit instituée par le Seigneur comme prédestinée à toutes les générations des enfants d'Israël

Rachi (3)

C’est une nuit de gardes. Le Saint béni soit-Il a veillé à la réalisation de Sa promesse de les faire sortir d’Egypte et l’a attendue.

C’est cette nuit-là pour Hachem. C’est la nuit annoncée à Avraham : « Cette nuit-là, je libérerai tes enfants » (Mekhilta).

Gardes pour tous les fils d’Israël pour leurs générations. Nuit préservée des agents destructeurs (Pessa‘him 109b), ainsi qu’il est écrit : « et Il ne donnera pas au destructeur la permission de venir vers vos maisons pour frapper » (supra 12, 23).

Verset 43

וַיֹּ֤אמֶר יְהוָה֙ אֶל־מֹשֶׁ֣ה וְאַֽהֲרֹ֔ן זֹ֖את חֻקַּ֣ת הַפָּ֑סַח כָּל־בֶּן־נֵכָ֖ר לֹא־יֹ֥אכַל בּֽוֹ׃

L'Éternel dit à Moïse et à Aaron "Ceci est la règle de l'agneau pascal Nul étranger n'en mangera

Rachi (2)

Ceci est le statut du pessa‘h. Ce chapitre leur a été dit le quatorze nissan.

Tout fils de païen (nékhar). Dont les actions sont étrangères (nithnakrou) à son Père céleste. Il s’agit ici du païen tout comme du juif renégat (Mekhilta).

Verset 44

וְכָל־עֶ֥בֶד אִ֖ישׁ מִקְנַת־כָּ֑סֶף וּמַלְתָּ֣ה אֹת֔וֹ אָ֖ז יֹ֥אכַל בּֽוֹ׃

Quant à l'esclave acheté à prix d'argent circoncis le alors il pourra en manger

Rachi (1)

Tu le circonciras, alors il en mangera. Son maître. Ceci nous apprend que le maître qui ne circoncit pas ses esclaves n’a pas le droit de manger le sacrifice pascal (Mekhilta). C’est ce qu’enseigne rabi Yehochou‘a. Quant à rabi Eli‘èzèr, il enseigne que la non-circoncision de l’esclave n’empêche pas le maître de manger le sacrifice pascal. Dans ce cas, que veut dire : « alors il en mangera » ? Il s’agit de l’esclave (Yevamoth 71a).

Verset 45

תּוֹשָׁ֥ב וְשָׂכִ֖יר לֹא־יֹ֥אכַל בּֽוֹ׃

L'habitant et le mercenaire étrangers n’en mangeront point

Rachi (2)

L’habitant. C’est l’étranger admis à résidence (Mekhilta).

Et l’homme à gages. C’est le païen (Mekhilta). Mais pourquoi le spécifier, puisqu’ils sont l’un et l’autre incirconcis, et qu’il est écrit plus loin (verset 48) : « et tout incirconcis n’en mangera pas » ? L’interdiction vise ici l’Arabe ou le Gabaonite, qui sont circoncis, au cas où ils seront résidents ou salariés (Yevamoth 71a).

Verset 46

בְּבַ֤יִת אֶחָד֙ יֵֽאָכֵ֔ל לֹֽא־תוֹצִ֧יא מִן־הַבַּ֛יִת מִן־הַבָּשָׂ֖ר ח֑וּצָה וְעֶ֖צֶם לֹ֥א תִשְׁבְּרוּ־בֽוֹ׃

Il sera consommé dans une même maison tu ne transporteras rien de sa chair au dehors et vous n'en romprez pas un seul os

Rachi (3)

Dans une seule maison il sera mangé. Dans un seul groupe. Ceux qui se sont comptés sur un agneau ne devront pas se diviser en deux groupes et se le partager. Nous disons donc en « un groupe unique ». Mais peut-être devrions-nous dire : « dans une seule maison » au sens littéral, et donc que l’on ne doit pas, si l’on a commencé de manger dans la cour et qu’il se mette à pleuvoir, rentrer à la maison ? D’où la précision : « sur les maisons dans lesquelles ils le mangeront » (verset 7), qui nous permet de déduire que l’on a le droit de manger en deux endroits différents (Mekhilta).

Tu ne feras pas sortir depuis la maison. Depuis le groupe.

Et vous n’en briserez pas un os. Apte à être mangé. L’interdiction s’applique à un os sur lequel reste de la viande du volume d’une olive. S’il ne s’y trouve pas une telle quantité de viande, il n’y a pas d’interdiction.

Verset 47

כָּל־עֲדַ֥ת יִשְׂרָאֵ֖ל יַֽעֲשׂ֥וּ אֹתֽוֹ׃

Toute la communauté d'Israël doit y prendre part

Rachi (1)

Toute la communauté d’Israël le fera. Pourquoi cette précision ? Etant donné qu’il est écrit, pour le Pessa‘h d’Egypte : « un agneau pour une maison paternelle » (verset 3), afin qu’ils se comptent par familles, j’aurais pu penser qu’il allât de même pour le Pessa‘h des générations. D’où cette injonction : « Toute la communauté d’Israël le fera ».

Verset 48

וְכִֽי־יָג֨וּר אִתְּךָ֜ גֵּ֗ר וְעָ֣שָׂה פֶסַח֮ לַֽיהוָה֒ הִמּ֧וֹל ל֣וֹ כָל־זָכָ֗ר וְאָז֙ יִקְרַ֣ב לַֽעֲשֹׂת֔וֹ וְהָיָ֖ה כְּאֶזְרַ֣ח הָאָ֑רֶץ וְכָל־עָרֵ֖ל לֹֽא־יֹ֥אכַל בּֽוֹ׃

Si un étranger habite avec toi et veut célébrer la pâque du Seigneur que tout mâle qui lui appartient soit circoncis il sera alors admis à la célébrer et deviendra l'égal de l'indigène mais nul incirconcis n'en mangera

Rachi (2)

Il fera Pessa‘h. J’aurais pu penser que tout converti doive faire Pessa‘h immédiatement. Aussi est-il écrit : « il sera comme le citoyen du pays ». De même que le citoyen célèbre la fête le quatorze nissan, de même le converti la célèbre-t-il.

Et tout incirconcis n’en mangera pas. Y compris celui dont les frères sont morts des suites de la circoncision et qui n’est pas pour autant considéré comme rebelle à ce commandement. On ne pouvait pas déduire ce cas de : « aucun fils de païen n’en mangera » (verset 43).

Verset 49

תּוֹרָ֣ה אַחַ֔ת יִֽהְיֶ֖ה לָֽאֶזְרָ֑ח וְלַגֵּ֖ר הַגָּ֥ר בְּתֽוֹכְכֶֽם׃

Une seule et même loi régira l'indigène et l'étranger demeurant au milieu de vous "

Rachi (2)

Il y aura une loi unique. Ceci pour mettre sur le même plan le citoyen et le résident pour toutes les autres mitswoth de la Tora (Mekhilta).

Il y aura une loi unique. Ceci pour mettre sur le même plan le citoyen et le résident pour toutes les autres mitswoth de la Tora (Mekhilta).

Verset 50

וַֽיַּעֲשׂ֖וּ כָּל בְּנֵ֣י יִשְׂרָאֵ֑ל כַּֽאֲשֶׁ֨ר צִוָּ֧ה יְהוָ֛ה אֶת מֹשֶׁ֥ה וְאֶֽת אַהֲרֹ֖ן כֵּ֥ן עָשֽׂוּ:

Tous les Israélites obéirent: comme l'Éternel l'avait prescrit à Moïse et à Aaron, ainsi firent-ils.

Verset 51

וַיְהִ֕י בְּעֶ֖צֶם הַיּ֣וֹם הַזֶּ֑ה הוֹצִ֨יא יְהוָ֜ה אֶת־בְּנֵ֧י יִשְׂרָאֵ֛ל מֵאֶ֥רֶץ מִצְרַ֖יִם עַל־צִבְאֹתָֽם׃

Or, ce fut ce jour-là même que l’ Éternel fit sortir les Israélites du pays d'Égypte, selon leurs légions.

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