II advint après ces événements que l'échanson du roi d'Égypte et le panetier offensèrent leur maître le roi d'Égypte
Rachi (3)
Après ces choses-là. Etant donné que cette femme perfide avait fait de ce juste un sujet de conversation et un objet de calomnie pour chacun, le Saint béni soit-Il a fait commettre une faute à ces deux dignitaires, afin de détourner sur eux l’attention qui s’était portée sur Yossef (Beréchith raba 88, 1), et aussi afin que la délivrance de ce juste s’opère par leur entremise (Pessiqta zoutretha).
Péchèrent. Il a été trouvé chez le premier une mouche dans la coupe où buvait Pharaon, chez le second du sable dans son pain (Beréchith raba 88, 2).
Et le panetier (wehaofè – littéralement : « et celui qui cuit »). Le pain du roi. Le mot hébreu afiya ne s’applique qu’au pain. En français médiéval : « pestor ».
lorsqu'ils eurent un rêve tous les deux chacun le sien la même nuit et chacun selon le sens de son rêve l'échanson et le panetier du roi d'Égypte détenus dans la Rotonde
Rachi (2)
Ils firent un rêve. Au sens simple, ils ont fait chacun un rêve. Selon le midrach, chacun a rêvé « le rêve des deux », [le mot ‘halom (« rêve ») se lisant ici au cas construit, de sorte qu’il faut comprendre : « le rêve de tous les deux », et non : « tous les deux un rêve »]. Chacun a rêvé son propre rêve et l’interprétation du rêve de son compagnon. C’est pourquoi il est écrit (verset 16) : « le maître des panetiers vit qu’il avait bien interprété »(Berakhoth 55b, Beréchith raba 88, 4).
Chacun selon l’interprétation de son rêve. Chacun a fait un rêve qui correspondait à l’interprétation qui allait lui être donnée.
Joseph étant venu près d'eux le matin remarqua qu'ils étaient soucieux
Rachi (1)
Tourmentés (zo‘afim). Inquiets, comme dans : « triste et tourmenté (weza’éf) » (I Melakhim 20, 43), ou dans : « je porterai la colère (za’af) de Hachem » (Mikha 7, 9).
Ils lui répondirent "Nous avons fait un songe et il n'y a personne pour l'interpréter " Joseph leur dit "L'interprétation n'est elle pas à Dieu? Dites les moi je vous prie "
A cette vigne étaient trois pampres Or elle semblait se couvrir de fleurs ses bourgeons se développaient ses grappes mûrissaient leurs raisins
Rachi (2)
Trois pampres. Des sarments longs que l’on appelle en français médiéval des « wediz ».
Et elle était comme bourgeonnant. Comme si elle bourgeonnait. Dans mon rêve, elle me semblait commencer de bourgeonner (pèra‘h), et après les premiers bourgeons, elle se développait et devenait fleur (nèts). En français : « épanouir ». Ensuite ses grappes « firent mûrir ». Le mot « fleurir » est rendu par le Targoum par « fleurir en faisant sortir des vrilles », comme dans : « lorsque la fleur sera devenue une grappe mûre (nitsa) » (Yecha’ya 18, 5), ou dans : « il avait fait sortir un bouton (pèra‘h), fait éclore une fleur (tsits) » (Bamidbar 17, 23).
J'avais en main la coupe de Pharaon je cueillais les raisins j'en exprimais le jus dans la coupe de Pharaon et je présentais la coupe à la main du roi "
Rachi (1)
Je pressais (waès‘hat). C’est ainsi que traduit le Targoum. On trouve dans la michna de nombreux exemples de ce mot.
Trois jours encore et Pharaon te fera élargir et il te rétablira dans ton poste et tu mettras la coupe de Pharaon dans sa main comme tu le faisais précédemment en qualité d'échanson
Rachi (2)
Pharaon élèvera ta tête. Cette expression suggère une idée de « dénombrement » (voir Chemoth 30, 12). Quand Pharaon dénombrera ses serviteurs pour le servir pendant ses repas, il te comptera parmi eux.
Si tu te souviens de moi lorsque tu seras heureux rends moi de grâce un bon office parle de moi à Pharaon et fais moi sortir de cette demeure
Rachi (2)
Si (ki im) tu te souviens de moi. [Tu seras rétabli à ton poste et tu retrouveras ton influence,] de sorte que (ki) si (im) tu conserves présente à l’esprit mon interprétation favorable,
Fais envers moi, je te prie, une grâce.. Le mot na (« je te prie ») signifie toujours une imploration (Berakhoth 9a).
Le maître panetier voyant qu'il avait interprété dans un sens favorable dit à Joseph "Pour moi dans mon songe j'avais trois corbeilles à claire voie sur la tête
Rachi (1)
Des paniers à claire-voie. Des paniers fabriqués avec de minces planchettes de bois, séparées par des espaces vides. Ils sont très répandus chez nous. Les vendeurs de pâtisseries que l’on appelle en français médiéval des « oublies » utilisent cette sorte de paniers.
La corbeille supérieure contenait tout ce que mange Pharaon en fait de boulangerie et les oiseaux le becquetaient dans la corbeille au dessus de ma tête "
Or le troisième jour anniversaire de la naissance de Pharaon celui ci donna un banquet à tous ses serviteurs II porta le maître échanson et le maître panetier sur la liste de ses serviteurs
Rachi (2)
Jour de la naissance. Le jour de son engendrement, que l’on appelle [dans le talmud (‘Avoda Zara 10a)] guénoussiya (« fête anniversaire »). Le mot houlèdèth (« engendrement ») est au hof’al : « a été engendré », parce que l’enfant n’est mis au monde qu’avec l’aide d’autrui, à savoir la sage-femme qui fait accoucher la mère. C’est pourquoi « sage-femme » se dit en hébreu meyalèdèth. On trouve la même construction au hof’al dans : « et à ton engendrement (oumoldothayikh), le jour où tu es née (houlèdèth) » (Ye‘hezqel 16, 4), ou dans : « cette plaie, après avoir été lavée (oukabés) » (Wayiqra 13, 55), puisqu’elle doit avoir été lavée par quelqu’un d’autre.
Il porta éleva ta tête. Il les a dénombrés avec le reste de serviteurs, faisant le compte de ceux qui assureraient le service pendant le repas, et il s’est souvenu également d’eux. On trouve la même expression dans : « faites le relevé (littéralement : “élevez la tête”) » (Bamidbar 1, 2), dans le sens de « compter ».
Mais le maître échanson ne se souvint plus de Joseph il l’oublia
Rachi (2)
Et le maître-échanson ne se souvint pas. Le jour même.
Il l’oublia. Les jours suivants. Joseph, parce qu’il avait mis toute sa confiance dans le maître-échanson, pensant qu’il se souviendrait de lui, a dû rester en prison pendant deux ans. Ainsi qu’il est écrit : « Heureux l’homme qui met sa confiance dans Hachem et qui ne se tourne pas vers les arrogants (rehavim) » (Tehilim 40, 5), à savoir : qui ne met pas sa confiance dans les Egyptiens, lesquels sont appelés rahav (« arrogants ») (Yecha’ya 30, 7).
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