Or il fut instruit des propos des fils de Laban qui disaient "Jacob s'est emparé de tout ce que possédait notre père c'est des biens de notre père qu'il a créé toute cette opulence "
Rachi (1)
Il s’est fait. Il a amassé, comme dans : « Il a levé (waya‘ass) une troupe et il a battu ‘Amaleq » (I Chemouel 14, 48).
Et l'Éternel dit à Jacob "Retourne au pays de tes pères dans ton lieu natal je serai avec toi "
Rachi (1)
Retourne au pays de tes pères. Et là-bas « je serai avec toi » (Midrach tan‘houma Wayétsé 10). Mais tant que tu resteras attaché à cet homme impur, il sera impossible de faire reposer sur toi ma chekhina.
Alors Jacob envoya quérir Rachel et Léa aux champs près de son troupeau
Rachi (1)
Ya‘aqov envoya appeler Ra‘hel et Léa. D’abord Ra‘hel, et ensuite Léa. Parce que Ra‘hel était le « fondement de son foyer », étant donné que c’est pour elle que Ya’aqov avait voulu entrer dans la famille de Lavan. Même les enfants de Léa ont reconnu cette préséance (Beréchith raba 71, 2), puisque Bo’az et son tribunal, descendants de la tribu de Yehouda, ont déclaré : « semblable à Ra‘hel et à Léa qui ont édifié à elles deux... » (Routh 4, 11), accordant ainsi une primauté à Ra‘hel sur Léa.
tandis que votre père s'est joué de moi et dix fois a changé mon salaire mais Dieu n'a pas permis qu'il me fit du tort
Rachi (2)
Dix fois. On ne dénombre jamais à moins de dix, [étant donné qu’un nombre inférieur n’est significatif que d’une quantité négligeable] (Beréchith raba 74, 3).
Fois. Le mot monim veut dire « décompte effectué dix fois ». D’où nous apprenons que c’est à cent reprises que Lavan avait changé ses conditions, [‘assèreth monim voulant donc dire : « dix fois dix »].
Lorsqu'il parlait ainsi ‘Les bêtes pointillées seront ton salaire’ tout le bétail produisait des animaux pointillés disait il ‘Les rayés seront ton salaire’ tout le bétail en produisait des rayés
Or à l'époque où les troupeaux s'accouplent je levai les yeux et j'eus une vision et voici que les mâles qui fécondaient le bétail étaient rayés pointillés et grivelés
Rachi (2)
Et voici que les boucs. Bien que Lavan les eût tous mis à part afin que les brebis ne donnent pas naissance à des petits à leur ressemblance, les anges les amenaient depuis le troupeau confié aux fils de Lavan vers celui détenu par Ya’aqov (Beréchith raba 73, 10).
Et grivelés (ouveroudim). Traduction du Targoum : « tachés ». En français médiéval : « peised » [de la même racine que « pois »]. Un filet blanc faisait tout le tour du corps de la bête, ses taches étaient séparées et passaient de bout en bout. Je n’ai pas trouvé d’autre occurrence de ce mot dans tout le texte biblique.
II reprit ‘Lève les yeux et regarde tous les mâles qui fécondent le bétail sont rayés pointillés et grivelés C'est que j'ai vu la conduite de Laban à ton égard
Je suis la Divinité de Béthel où tu as consacré un monument où tu as prononcé un vœu en mon honneur Maintenant dispose toi à sortir de ce pays et retourne au pays de ta naissance ’ "
Rachi (3)
Le Qél de Beith-El. L’article ha (« le ») est en trop, mais le texte a l’habitude de parler ainsi, comme dans : « comme vous allez entrer dans “le pays” (haarets) de Kena‘an » (Bamidbar 34, 2).
Où tu as oint. Expression d’élévation, de grandeur, de même que pour la consécration d’un roi, comme dans : « il versa de l’huile à son sommet [de la pierre] » (supra 28, 18), afin qu’elle soit consacrée comme autel.
Où tu as prononcé envers moi un vœu. Et tu devras t’en acquitter. Tu as dit que la pierre que tu as érigée en monument deviendra « la maison de Eloqim » (supra 28, 22). Il faudra donc que tu y offres des sacrifices (Midrach tan‘houma Wayichla‘h 8).
Pour réponse Rachel et Léa lui dirent "Est il encore pour nous une part et un héritage dans la maison de notre père?
Rachi (1)
Avons-nous encore. Pourquoi nous opposerions-nous à ton départ ? Nous ne nous attendons à aucune part dans l’héritage de notre père, [puisqu’il a des fils].
N'avons nous pas été considérées par lui comme des étrangères puisqu'il nous a vendues? Il a consommé oui consommé notre bien!
Rachi (2)
N’avons-nous pas été considérées par lui comme des étrangères. Là même où il est d’usage de doter ses filles, au moment de leur mariage, il s’est conduit envers nous comme envers des étrangères, « puisqu’il nous a vendues » à toi en rétribution de ton travail.
Notre argent. Car il a retenu le montant de tes salaires.
Certes toute la fortune que Dieu a retirée à notre père elle est à nous et à nos enfants et maintenant tout ce que Dieu t'a dit fais le "
Rachi (2)
Car toute la richesse. La conjonction ki a ici le sens de èla (« mais »). C’est-à-dire : « De chez notre père, nous ne possédons rien. Mais ce que le Saint béni soit-Il a ôté de chez lui est bien à nous. »
Qu’Il a sauvée. Dans le sens de « Il a séparé ». Toutes les fois que l’on trouve, dans le texte, le mot hatsala, il exprime l’idée d’une « mise à l’abri » du mal, de l’ennemi.
Jacob s’y disposa Il fit monter ses fils et ses femmes sur les chameaux
Rachi (1)
Ses fils et ses femmes. Il a fait passer les hommes avant les femmes (Beréchith raba 74, 5), tandis que ‘Essaw a donné le pas aux femmes sur les hommes, ainsi qu’il est écrit : « ‘Essaw prit ses femmes et ses fils... » (infra 36, 6).
il emmena tout son bétail avec tous les biens qu’il avait amassés possessions à lui qu’il avait acquises dans le territoire d'Aram et s’achemina vers son père Isaac au pays de Canaan
Rachi (1)
Le bétail qu’il possédait. Tout ce qu’il avait acquis en échange de son bétail : serviteurs, servantes, chameaux et ânes.
Il prit ses frères avec lui le poursuivit l'espace de sept journées et le joignit au mont Galaad
Rachi (2)
Ses frères. Ses proches parents.
Un chemin de sept journées. Pendant les trois jours que le messager de Lavan a dû employer pour rebrousser chemin afin de lui rendre compte, Ya’aqov a poursuivi son trajet. Il en est résulté que Ya’aqov s’est alors trouvé à une distance de six jours par rapport à Lavan, et pourtant Lavan l’a rattrapé dès le septième jour,. Nous en déduisons que Lavan a pu franchir en une journée tout le chemin que Ya‘aqov avait mis sept jours à parcourir, ainsi qu’il est écrit : « il le poursuivit un chemin de sept journées », et non : « il le poursuivit pendant sept jours ».
Pourquoi t'es tu enfui furtivement et m'as tu trompé et ne m'as tu rien dit? Mais je t'aurais reconduit avec allégresse avec des chants au son du tambourin et de la harpe!
Rachi (1)
M’as-tu volé. Tu as « volé » ma pensée [c’est-à-dire « abusé de ma confiance », comme dit au verset précédent].
Il serait au pouvoir de ma main de vous faire du mal mais le Dieu de votre père cette nuit m'a parlé ainsi ‘Garde toi d'interpeller Jacob soit en bien soit en mal ’
Rachi (1)
J’ai en ma main le pouvoir (él). Ma main détient la force et la puissance de vous faire du mal. Le mot él, lorsqu’il désigne Dieu, signifie « puissance, plénitude de force ».
Et maintenant que tu t'en vas parce que tu soupires après la maison de ton père pourquoi as tu dérobé mes dieux?"
Rachi (1)
Tu languissais (nikhsafta). Tu désirais. On trouve souvent ce mot dans le texte : « mon âme languissait (nikhsefa) et soupirait » (Tehilim 84, 3), « tu languirais (tikhsof) après l’œuvre de tes mains » (Iyov 14, 15).
Quant à celui que tu trouverais en possession de tes dieux qu'il cesse de vivre! En présence de nos frères vérifie toi même ce qui est par devers moi et reprends ton bien " Or Jacob ne savait pas que Rachel les avait dérobés
Rachi (2)
Qu’il ne vive pas. C’est de cette malédiction que Ra‘hel est morte en cours de trajet (Beréchith raba 74, 9).
Laban entra dans la tente de Jacob dans celle de Léa dans celle des deux servantes et ne les trouva point Étant sorti de la tente de Léa il entra dans celle de Rachel
Rachi (2)
Dans la tente de Ya’aqov. C’était la tente de Ra‘hel, car c’est chez elle que vivait habituellement Ya’aqov. C’est pourquoi il est écrit : « les fils de Ra‘hel, femme de Ya’aqov » (infra 46, 19), tandis qu’on ne trouve pas chez les autres femmes l’indication : « femme de Ya’aqov » (Beréchith raba 74, 9).
Il vint dans la tente de Ra‘hel. Lorsqu’il est sorti de la tente de Léa, il est revenu vers celle de Ra‘hel, avant de commencer de chercher dans celle des servantes. Et pourquoi cela ? Parce qu’il la savait touche-à-tout (Beréchith raba 74, 9).
Mais Rachel avait pris les pénates les avait cachés dans la selle du chameau et s'était assise dessus Laban fouilla toute la tente et ne les trouva point
Rachi (1)
Dans la selle du chameau. Le mot kar (« selle ») a le même sens que dans l’expression talmudique « coussins (karim) et oreillers ». Traduction du Targoum : « la selle (‘avita) du chameau ». C’est une selle confectionnée comme un coussin. On trouve le même terme dans la guemara : « ils l’avaient entouré de selles (‘avité) » (‘Erouvin 16a), où il s’agit de selles de chameaux. En français médiéval : « bastel ».
Elle dit à son père "Ne sois pas offensé mon seigneur si je ne puis me lever devant toi à cause de l'incommodité habituelle des femmes " II chercha encore et il ne trouva point les pénates
Jacob s'emporta en plaintes contre Laban il se récria disant à Laban "Quel est mon crime quelle est ma faute pour que tu t'acharnes après moi?
Rachi (1)
Pour que tu t’acharnes (dalaqta). Pour que tu m’aies poursuivi, comme dans : « ils nous ont poursuivis (dalaqnou) sur les montagnes » (Eikha 4, 19), « cette poursuite (medaléq) des Plichtim » (I Chemouel 17, 53).
Après avoir fureté tout mon ménage qu'as tu découvert qui appartienne à ta maison? Éxpose le ici en présence de mes frères et des tiens et qu’ils se prononcent entre nous deux!
Rachi (1)
Ils décideront. Ils désigneront celui qui est dans son droit. « Aprover » en français.
Ces vingt ans que j’ai été chez toi tes brebis ni tes chèvres n’ont avorté et les béliers de ton troupeau je n’en ai point mangé
Rachi (2)
N’ont pas avorté (chiqélou). N’ont pas perdu leur portée, comme dans : « une matrice sujet à avorter (machkil) » (Hoché‘a 9, 14), « sa vache vêle et n’avorte pas (thechakél) » (Iyov 21, 10).
Et les béliers de ton troupeau. D’où l’on pose la règle qu’un agneau mâle peut être appelé « bélier » même s’il n’est âgé que d’un jour (Baba Qama 65b). Car sinon, quelle valeur l’argument posséderait-il ? Des béliers, il n’en aurait pas mangé, mais des moutons, si. Il serait donc de toute façon un voleur !
La bête mise en pièces je ne te l’ai point rapportée c’est moi qui en souffrais le dommage tu me la faisais payer qu'elle eût été prise le jour qu'elle eût été ravie la nuit
Rachi (5)
La bête déchirée. Par un lion ou par un loup.
Qui la remplaçais (a‘haténna). Dans le même sens que : « et avec la pierre de leurs frondes, ils visaient un cheveu sans le manquer (welo ya‘hati) » (Choftim 20, 16), « moi et mon fils Salomon, nous serons déchus (‘hataïm) » (I Melakhim 1, 21), c’est-à-dire « privés de nos droits ». C’est moi qui supportais le préjudice. S’il manquait une bête, c’est à moi qu’elle manquait, car tu me la faisais remplacer.
Qui la remplaçais. Traduction du Targoum : « ce qui manquait au compte », c’est-à-dire ce qui manquait et avait été enlevé, comme dans : « et il n’en manque pas un seul » (Bamidbar 31, 49), où le Targoum traduit de la même manière.
Qu’elle eût été volée de jour, qu’elle eût été volée de nuit. Que le vol ait eu lieu de jour ou de nuit, je payais tout.
Qu’elle eût été volée (guenouvthi). Le suffixe en i est le même que dans : « elle, si puissante (rabathi) parmi les peuples... elle qui était souveraine (sarathi) parmi les provinces » (Eikha 1, 1), « pleine (meléathi) de justice » (Yecha’ya 1, 21), « aimant (ohavti) à fouler le blé » (Hoché‘a 10, 11).
J'ai passé ainsi vingt années dans ta maison! Je t'ai servi quatorze ans pour tes deux filles et six ans pour ton menu bétail et tu as changé dix fois mon salaire
Rachi (1)
Tu as changé mon salaire. Tu changeais les conditions convenues entre nous : des bêtes marquées de points aux bêtes tachetées, et des bêtes rayées aux grêlées.
Si le Dieu de mon père le Dieu d'Abraham et celui que révère Isaac ne m'était venu en aide certes actuellement tu m'aurais laissé partir les mains vides Dieu a vu mon humiliation et le labeur de mes mains et il a prononcé hier "
Rachi (2)
Et la frayeur de Yits‘haq. Il n’a pas voulu dire : « Eloqim de Yits‘haq », car le Saint béni soit-Il n’associe pas de leur vivant Son nom à celui des justes (Midrach tan‘houma Toldoth 7). Il est vrai qu’Il lui a dit, lorsqu’il est sorti de Beér Chèva’ : « Je suis Hachem, le Eloqim d’Avraham ton père et Eloqim de Yits‘haq » (supra 28, 13). Mais c’est parce que la vue de Yits‘haq avait baissé, et qu’il était donc considéré comme mort. Ya’aqov n’a donc pas osé dire : « Eloqim de Yits‘haq », et il a préféré parler de « la frayeur de Yits‘haq ».
Il a jugé hier. En ce sens qu’Il a « réprouvé », et non qu’Il a « décidé », [selon le sens que possède le mot au verset 37].
Laban répondit à Jacob "Ces filles sont mes filles et ces fils sont mes fils et ce bétail est le mien tout ce que tu vois m'appartient Étant mes filles comment agirais je contre elles dès lors ou contre les fils qu'elles ont enfantés?
Rachi (1)
Que ferais-je aujourd’hui à celles-ci. Comment pourrais-je envisager de leur faire du mal ?
et aussi Miçpa parce qu'il dit "L'Éternel sera présent entre nous deux alors que nous serons cachés l'un à l'autre
Rachi (2)
Et aussi Mitspa, parce qu’il dit. Mitspa se trouve dans la montagne de Guil’ad, ainsi qu’il est écrit : « il traversa Mitspa-Guil’ad » (Choftim 11, 29). Et pourquoi ce nom de Mitspa ? Parce que chacun a dit à l’autre : « Veuille Hachem regarder (yitsèf) entre moi et entre toi si tu trahis l’alliance ! ».
Alors que nous serons cachés. Et que nous ne nous verrons pas l’un l’autre.
Laban dit à Jacob "Tu vois ce monceau tu vois ce monument que j'ai posé entre nous deux soit témoin ce monceau,
Rachi (1)
J’ai érigé (yarithi). Comme dans : « Il les a précipités (yara) dans la mer » (Chemoth 15, 4). Comme le geste de « lancer » une flèche, [où le lanceur se vante ensuite de sa prouesse, à l’image de Lavan qui se vante ici d’une construction à laquelle il n’a pas participé personnellement (voir versets 45 et 46)].
soit témoin cette pierre que je ne dépasserai point de ton côté ce monceau que tu ne dépasseras point de mon côté ce monceau ni cette pierre dans des vues mauvaises
Rachi (2)
Que moi. La conjonction im (« si ») a ici le sens de achèr (« que »), comme dans : « jusqu’à ce que (‘ad im) j’aie dit mes paroles » (supra 24, 33).
Pour le mal. C’est pour le mal que tu n’as pas le droit de le dépasser, mais tu as le droit de le dépasser pour des actes de commerce (Beréchith raba 74, 15).
Jacob égorgea des animaux sur la montagne et invita ses parents au festin Ils y prirent part et passèrent la nuit sur la montagne
Rachi (3)
Ya’aqov offrit un sacrifice. Il égorgea des bêtes pour le repas.
Ses frères. Ses amis, qui étaient avec Lavan.
A manger du pain. Tout ce que l’on mange s’appelle du « pain », comme dans : « il donna un grand festin (lè‘hèm – littéralement : « du pain ») » (Daniel 5, 1), « détruisons l’arbre avec son fruit (bela‘hmo – littéralement : « avec son pain ») » (Yirmeya 11, 19).
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