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Beréchith (Genèse) — chapitre 3

Texte hébreu (avec taamim), traduction française et commentaire de Rachi traduit en français, verset par verset. Sommaire du Houmash.

Verset 1

וְהַנָּחָשׁ֙ הָיָ֣ה עָר֔וּם מִכֹּל֙ חַיַּ֣ת הַשָּׂדֶ֔ה אֲשֶׁ֥ר עָשָׂ֖ה יְהוָ֣ה אֱלֹהִ֑ים וַיֹּ֨אמֶר֙ אֶל־הָ֣אִשָּׁ֔ה אַ֚ף כִּֽי־אָמַ֣ר אֱלֹהִ֔ים לֹ֣א תֹֽאכְל֔וּ מִכֹּ֖ל עֵ֥ץ הַגָּֽן׃

Mais le serpent était rusé plus qu'aucun des animaux terrestres qu'avait faits l'Éternel Dieu Il dit à la femme "Est il vrai que Dieu a dit vous ne mangerez rien de tous les arbres du jardin?"

Rachi (3)

Et le serpent était rusé. Quel rapport avec ce qui précède ? On aurait dû tout de suite nous dire : « Il fit pour l’homme et pour sa femme des tuniques de peau. Il les en vêtit » (infra 3, 21) ! Mais cela t’apprend par quelle manigance le serpent s’est attaqué à eux. Il les a vus nus et en train d’avoir des rapports à la vue de tout, et il a eu envie d’elle (Beréchith raba 18, 6).

Rusé, plus qu’aucune des bêtes. Plus grande a été sa ruse, plus grande a été sa chute. Ici : « plus rusé », plus loin : « maudit plus que tous les animaux » (Beréchith raba 19, 1).

Est-il vrai que Eloqim a dit. Peut-être vous a-t-Il dit : « vous ne mangerez rien de tous les arbres du jardin ». Il les voyait pourtant manger des autres fruits. Il a multiplié les paroles inutiles afin qu’elle lui fournisse l’occasion, en lui répondant, de parler de l’arbre [vraiment défendu].

Verset 2

וַתֹּ֥אמֶר הָֽאִשָּׁ֖ה אֶל־הַנָּחָ֑שׁ מִפְּרִ֥י עֵֽץ־הַגָּ֖ן נֹאכֵֽל׃

La femme répondit au serpent "Les fruits des arbres du jardin nous pouvons en manger

Verset 3

וּמִפְּרִ֣י הָעֵץ֮ אֲשֶׁ֣ר בְּתוֹךְ־הַגָּן֒ אָמַ֣ר אֱלֹהִ֗ים לֹ֤א תֹֽאכְלוּ֙ מִמֶּ֔נּוּ וְלֹ֥א תִגְּע֖וּ בּ֑וֹ פֶּן־תְּמֻתֽוּן׃

mais quant au fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin Dieu a dit Vous n'en mangerez pas vous n'y toucherez point sous peine de mourir "

Rachi (1)

Et vous n’y toucherez pas. Elle en a rajouté à l’ordre qu’elle avait reçu. C’est pourquoi elle en viendra à lui ôter [de son efficacité] (Beréchith raba 19, 3). Aussi est-il écrit : « N’ajoute pas à Ses paroles » (Michlei 30, 6).

Verset 4

וַיֹּ֥אמֶר הַנָּחָ֖שׁ אֶל־הָֽאִשָּׁ֑ה לֹֽא־מ֖וֹת תְּמֻתֽוּן׃

Le serpent dit à la femme "Non vous ne mourrez point

Rachi (1)

Non, vous ne mourrez pas. Il l’a poussée jusqu’à ce qu’elle touche l’arbre, puis il lui a dit : « Puisque tu n’es pas morte de l’avoir touché, tu ne mourras pas d’en avoir mangé ! » (Beréchith raba 19).

Verset 5

כִּ֚י יֹדֵ֣עַ אֱלֹהִ֔ים כִּ֗י בְּיוֹם֙ אֲכָלְכֶ֣ם מִמֶּ֔נּוּ וְנִפְקְח֖וּ עֵֽינֵיכֶ֑ם וִֽהְיִיתֶם֙ כֵּֽאלֹהִ֔ים יֹֽדְעֵ֖י ט֥וֹב וָרָֽע׃

mais Dieu sait que du jour où vous en mangerez vos yeux seront dessillés et vous serez comme Dieu connaissant le bien et le mal "

Rachi (2)

Car Eloqim sait. Tout artisan déteste ceux qui font le même travail que lui. [Le serpent a donc susurré à ‘Hawa ] que Dieu a mangé du fruit de l’arbre, puis qu’Il a créé le monde. [Si donc vous en mangez à votre tour, « vous serez comme Eloqim »] (Beréchith raba 19, 4).

Et vous serez comme Eloqim. Des créateurs de mondes (ibid.).

Verset 6

וַתֵּ֣רֶא הָֽאִשָּׁ֡ה כִּ֣י טוֹב֩ הָעֵ֨ץ לְמַֽאֲכָ֜ל וְכִ֧י תַֽאֲוָה־ה֣וּא לָֽעֵינַ֗יִם וְנֶחְמָ֤ד הָעֵץ֙ לְהַשְׂכִּ֔יל וַתִּקַּ֥ח מִפִּרְי֖וֹ וַתֹּאכַ֑ל וַתִּתֵּ֧ן גַּם־לְאִישָׁ֛הּ עִמָּ֖הּ וַיֹּאכַֽל׃

La femme jugea que l'arbre était bon comme nourriture qu'il était attrayant à la vue et précieux pour l'intelligence elle cueillit de son fruit et en mangea puis en donna à son époux et il mangea

Rachi (6)

La femme vit. Elle a vu les paroles du serpent lesquelles lui ont plu, et elle a eu confiance en lui (ibid.).

Que l’arbre était bon comme nourriture. Pour devenir comme Eloqim (verset 5).

Qu’il était attrayant pour les yeux. Ainsi qu’il lui avait dit : « vos yeux s’ouvriront » (ibid.).

Et qu’il était désirable pour rendre intelligent. Ainsi qu’il lui avait dit : « connaissant le bien et le mal » (ibid.).

Elle en donna aussi à son mari. Afin d’éviter, étant seule à devoir mourir, qu’il lui survive et épouse une autre femme.

Le mot gam (« aussi »). Le mot gam (« aussi ») inclut ici les animaux domestiques et sauvages, [en ce qu’elle leur en a également donné, et pas seulement à son mari] (Beréchith raba 19, 5).

Verset 7

וַתִּפָּקַ֨חְנָה֙ עֵינֵ֣י שְׁנֵיהֶ֔ם וַיֵּ֣דְע֔וּ כִּ֥י עֵֽירֻמִּ֖ם הֵ֑ם וַֽיִּתְפְּרוּ֙ עֲלֵ֣ה תְאֵנָ֔ה וַיַּֽעֲשׂ֥וּ לָהֶ֖ם חֲגֹרֹֽת׃

Leurs yeux à tous deux se dessillèrent et ils connurent qu'ils étaient nus ils cousirent ensemble des feuilles de figuier et s'en firent des pagnes

Rachi (3)

Leurs yeux s’ouvrirent. Sous le rapport de l’intelligence, et non de la vue elle-même, comme le prouve la fin du verset :

« ils surent qu’ils étaient nus ».. « ils surent qu’ils étaient nus ». L’aveugle aussi sait qu’il est nu ! Que veut dire alors : « ils surent qu’ils étaient nus » ? Ils ne détenaient qu’une seule mitswa, et ils s’en sont « dénudés » (Beréchith raba 19, 6).

Des feuilles de figuier. C’est de cet arbre qu’ils avaient mangé. Ce qui avait causé leur perte leur a apporté aussi le remède (Berakhoth 40a, Sanhèdrin 70b). Tandis les autres arbres les ont empêchés de prendre leurs feuilles. Et pourquoi cet arbre n’est-il pas nommé en toutes lettres ? C’est parce que le Saint béni soit-Il n’aime humilier aucune de Ses créatures, et afin que les hommes ne lui fassent pas honte en disant : « Voici celui à cause duquel le monde a été puni ! » (Midrach tan‘houma Wayéra 14).

Verset 8

וַֽיִּשְׁמְע֞וּ אֶת־ק֨וֹל יְהוָ֧ה אֱלֹהִ֛ים מִתְהַלֵּ֥ךְ בַּגָּ֖ן לְר֣וּחַ הַיּ֑וֹם וַיִּתְחַבֵּ֨א הָֽאָדָ֜ם וְאִשְׁתּ֗וֹ מִפְּנֵי֙ יְהוָ֣ה אֱלֹהִ֔ים בְּת֖וֹךְ עֵ֥ץ הַגָּֽן׃

Ils entendirent la voix de l'Éternel Dieu parcourant le jardin du côté d'où vient le jour L'homme et sa compagne se cachèrent de la face de l'Éternel Dieu parmi les arbres du jardin

Rachi (3)

Ils entendirent. Il existe beaucoup de midrachim, et nos rabbins les ont déjà exposés à leurs places dans Beréchith raba et dans d’autres recueils. Quant à moi, je ne suis venu que pour fixer le sens littéral du texte. J’ai recours à la hagada lorsqu’elle en établit le vrai sens, d’après son contexte.

Ils entendirent. Ils entendirent la voix du Saint béni soit-Il qui parcourait le jardin.

Au souffle (leroua‘h – littéralement : « dans la direction ») du jour. Du côté où le soleil se couche, à l’ouest. A la fin de la journée, le soleil est à l’ouest. Or, ils avaient commis la faute à la dixième heure (Sanhèdrin 38b).

Verset 9

וַיִּקְרָ֛א יְהוָ֥ה אֱלֹהִ֖ים אֶל־הָֽאָדָ֑ם וַיֹּ֥אמֶר ל֖וֹ אַיֶּֽכָּה׃

L'Éternel Dieu appela l'homme et lui dit "Où es tu?"

Rachi (1)

Où es-tu. Dieu savait où il était, mais c’était pour engager la conversation avec lui, afin qu’il ne s’effraie pas au point de ne pouvoir répondre, au cas où Il lui aurait annoncé immédiatement sa punition. Il en sera de même de Qayin (Caïn), à qui Dieu demandera : « Où est Hèvel, ton frère ? » (infra 4, 9). De Bile’am : « Qui sont ces hommes-là chez toi ? » (Bamidbar 22, 9) : ce sera pour engager la conversation. De ‘Hizqiyahou, à propos des envoyés de Merodakh Baladan : « Qu’ont dit ces hommes, et d’où viennent-ils pour te voir ? » (Yecha’ya 39, 3).

Verset 10

וַיֹּ֕אמֶר אֶת־קֹֽלְךָ֥ שָׁמַ֖עְתִּי בַּגָּ֑ן וָֽאִירָ֛א כִּֽי־עֵירֹ֥ם אָנֹ֖כִי וָאֵֽחָבֵֽא׃

Il répondit "J'ai entendu ta voix dans le jardin j'ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché "

Verset 11

וַיֹּ֕אמֶר מִ֚י הִגִּ֣יד לְךָ֔ כִּ֥י עֵירֹ֖ם אָ֑תָּה הֲמִן־הָעֵ֗ץ אֲשֶׁ֧ר צִוִּיתִ֛יךָ לְבִלְתִּ֥י אֲכָל־מִמֶּ֖נּוּ אָכָֽלְתָּ׃

Alors il dit "Qui t'a appris que tu étais nu? Cet arbre dont je t'avais défendu de manger tu en as donc mangé?"

Rachi (2)

Qui t’a appris. D’où te vient cette connaissance qu’il y a honte à être nu ?

De l’arbre (hamin ha‘éts). C’est une question. [Le hé de hamin est interrogatif.]

Verset 12

וַיֹּ֖אמֶר הָֽאָדָ֑ם הָֽאִשָּׁה֙ אֲשֶׁ֣ר נָתַ֣תָּה עִמָּדִ֔י הִ֛וא נָֽתְנָה־לִּ֥י מִן־הָעֵ֖ץ וָֽאֹכֵֽל׃

L'homme répondit "La femme que tu m'as associée c'est elle qui m'a donné du fruit de l'arbre et j'ai mangé,"

Rachi (1)

Que tu m’as donnée avec moi. Il marque ici de l’ingratitude envers la bonté de Dieu (‘Avoda Zara 5b).

Verset 13

וַיֹּ֨אמֶר יְהוָ֧ה אֱלֹהִ֛ים לָֽאִשָּׁ֖ה מַה־זֹּ֣את עָשִׂ֑ית וַתֹּ֨אמֶר֙ הָֽאִשָּׁ֔ה הַנָּחָ֥שׁ הִשִּׁיאַ֖נִי וָֽאֹכֵֽל׃

L'Éternel Dieu dit à la femme "Pourquoi as tu fait cela?" La femme répondit "Le serpent m'a entraînée et j'ai mangé "

Rachi (1)

M’a entraînée (hichiani). M’a induite en erreur, comme dans : « et maintenant, ne laisse pas ‘Hizqiyahou vous induire (yachi) en erreur » (Yecha’ya 36, 14, II Divrei haYamim 32, 15).

Verset 14

וַיֹּאמֶר֩ יְהוָ֨ה אֱלֹהִ֥ים ׀ אֶֽל־הַנָּחָשׁ֮ כִּ֣י עָשִׂ֣יתָ זֹּאת֒ אָר֤וּר אַתָּה֙ מִכָּל־הַבְּהֵמָ֔ה וּמִכֹּ֖ל חַיַּ֣ת הַשָּׂדֶ֑ה עַל־גְּחֹֽנְךָ֣ תֵלֵ֔ךְ וְעָפָ֥ר תֹּאכַ֖ל כָּל־יְמֵ֥י חַיֶּֽיךָ׃

L'Éternel Dieu dit au serpent "Parce que tu as fait cela tu es maudit entre tous les animaux et entre toutes les créatures terrestres tu te traîneras sur le ventre et tu te nourriras de poussière tous les jours de ta vie

Rachi (3)

Parce que tu as fait cela. D’où l’on déduit que l’on ne doit pas prendre la défense d’un instigateur. Car si Dieu lui avait demandé : « Pourquoi as-tu fait cela ? », il aurait pu répondre : « Les paroles du maître [Dieu], et les paroles du disciple [le serpent], auxquelles doit-on obéissance ? A celles du maître, naturellement ! » (Sanhèdrin 29a).

Plus que tous les animaux et plus que toutes les bêtes des champs. S’il est maudit plus que les animaux domestiques, [dont la durée de gestation est plus longue que celle des bêtes des champs], ne l’est-il pas plus, à plus forte raison, que les bêtes des champs ? De là l’enseignement de nos maîtres dans la guemara (Bekhoroth 8a) : la gestation du serpent dure sept ans.

Tu marcheras sur ton ventre. Il avait des pattes, mais elles ont été coupées (Beréchith raba 20, 5).

Verset 15

וְאֵיבָ֣ה ׀ אָשִׁ֗ית בֵּֽינְךָ֙ וּבֵ֣ין הָֽאִשָּׁ֔ה וּבֵ֥ין זַרְעֲךָ֖ וּבֵ֣ין זַרְעָ֑הּ ה֚וּא יְשֽׁוּפְךָ֣ רֹ֔אשׁ וְאַתָּ֖ה תְּשׁוּפֶ֥נּוּ עָקֵֽב׃

Je ferai régner la haine entre toi et la femme entre ta postérité et la sienne celle ci te visera à la tète et toi tu l'attaqueras au talon "

Rachi (3)

Et je ferai régner la haine. Toi, tu n’avais en vue que la mort d’Adam. Tu pensais qu’il allait mourir le premier et que tu pourrais épouser ‘Hawa. C’est à elle que tu as commencé à parler parce que les femmes sont faciles à séduire et qu’elles savent à leur tour séduire leur mari. C’est pourquoi « et je ferai régner la haine entre toi et entre la femme ».

Elle te brisera (yechoufekha). Elle te broiera, comme dans : « Je le broyai (waèkoth) en menue poussière » (Devarim 9, 21), que le Targoum rend par chouf.

Et toi, tu lui briseras le talon. Tu perdras ta station debout et tu ne pourras le mordre qu’au talon, et même ainsi tu pourras le faire mourir. Le mot techoufènnou (« tu briseras ») est à rapprocher de nachaf, qui signifie « siffler » (Yecha’ya 40, 24). Quand le serpent est sur le point de mordre, il se met à pousser comme un sifflement. Les mots yechoufekha (« il te brisera ») et techoufènnou (« tu lui briseras ») n’ont pas le même sens, mais leur homophonie explique leur emploi dans le même verset.

Verset 16

אֶֽל־הָאִשָּׁ֣ה אָמַ֗ר הַרְבָּ֤ה אַרְבֶּה֙ עִצְּבוֹנֵ֣ךְ וְהֵֽרֹנֵ֔ךְ בְּעֶ֖צֶב תֵּֽלְדִ֣י בָנִ֑ים וְאֶל־אִישֵׁךְ֙ תְּשׁ֣וּקָתֵ֔ךְ וְה֖וּא יִמְשָׁל־בָּֽךְ׃

A la femme il dit "J'aggraverai tes labeurs et ta grossesse tu enfanteras avec douleur la passion t'attirera vers ton époux et lui te dominera "

Rachi (5)

Ta souffrance. Celle liée à l’éducation des enfants.

Et ta grossesse. Il s’agit des souffrances de la gestation.

Tu engendreras des fils avec douleur. Ce sont les souffrances de l’accouchement (‘Erouvin 100b).

La passion t’attirera vers ton mari. Pour les rapports conjugaux. Et cependant tu n’auras pas l’audace d’exprimer à haute voix ton désir. Mais « lui te domineras » : tout viendra de lui, pas de toi.

La passion. « Ton désir », comme dans : « son âme est attirée (choqiqa) » (Yecha’ya 29, 8).

Verset 17

וּלְאָדָ֣ם אָמַ֗ר כִּֽי־שָׁמַעְתָּ֮ לְק֣וֹל אִשְׁתֶּךָ֒ וַתֹּ֨אכַל֙ מִן־הָעֵ֔ץ אֲשֶׁ֤ר צִוִּיתִ֨יךָ֙ לֵאמֹ֔ר לֹ֥א תֹאכַ֖ל מִמֶּ֑נּוּ אֲרוּרָ֤ה הָֽאֲדָמָה֙ בַּֽעֲבוּרֶ֔ךָ בְּעִצָּבוֹן֙ תֹּֽאכְלֶ֔נָּה כֹּ֖ל יְמֵ֥י חַיֶּֽיךָ׃

Et à l'homme il dit "Parce que tu as cédé à la voix de ton épouse et que tu as mangé de l'arbre dont je t'avais enjoint de ne pas manger maudite est la terre à cause de toi c'est avec effort que tu en tireras ta nourriture tant que tu vivras

Rachi (1)

Maudite est la terre à cause de toi. Elle produira à cause de toi des êtres maudits, tels que les mouches, les puces et les fourmis. C’est ainsi que l’on maudit un mauvais sujet : on exècre le sein qui l’a nourri (Midrach tan‘houma Ki thétsé 4).

Verset 18

וְק֥וֹץ וְדַרְדַּ֖ר תַּצְמִ֣יחַֽ לָ֑ךְ וְאָֽכַלְתָּ֖ אֶת־עֵ֥שֶׂב הַשָּׂדֶֽה׃

Elle produira pour toi des buissons et de l'ivraie et tu mangeras de l'herbe des champs

Rachi (2)

Et elle fera pousser pour toi des ronces et des épines. La terre, lorsque tu l’ensemenceras de graines diverses, produira des ronces et des épines. Et aussi diverses plantes, comme les artichauts et les cardons, que l’on ne peut manger qu’après les avoir accommodés (Beréchith raba 20, 23).

Tu mangeras de l’herbe des champs. Et en quoi est-ce une malédiction ? Dieu ne l’avait-Il pas béni en disant : « Je vous ai donné toute herbe portant semence... » (supra 1, 29) ? Il est écrit, en fait, au début du passage : « maudite est la terre à cause de toi : c’est avec peine que tu en mangeras », et après que tu auras déployé tes efforts : « et elle fera pousser pour toi des ronces et des épines ». Quand tu y auras semé des légumes ou de la verdure, elle produira pour toi ronces et épines, ainsi que d’autres herbes, et tu seras obligé de t’en nourrir.

Verset 19

בְּזֵעַ֤ת אַפֶּ֨יךָ֙ תֹּ֣אכַל לֶ֔חֶם עַ֤ד שֽׁוּבְךָ֙ אֶל־הָ֣אֲדָמָ֔ה כִּ֥י מִמֶּ֖נָּה לֻקָּ֑חְתָּ כִּֽי־עָפָ֣ר אַ֔תָּה וְאֶל־עָפָ֖ר תָּשֽׁוּב׃

C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain jusqu'à ce que tu retournes à la terre d'où tu as été tiré car poussière tu fus et poussière tu redeviendras!"

Rachi (1)

A la sueur de ton front. Après t’être donné beaucoup de mal.

Verset 20

וַיִּקְרָ֧א הָֽאָדָ֛ם שֵׁ֥ם אִשְׁתּ֖וֹ חַוָּ֑ה כִּ֛י הִ֥וא הָֽיְתָ֖ה אֵ֥ם כָּל־חָֽי׃

L'homme donna pour nom à sa compagne "Ève" parce qu'elle fut la mère de tous les vivants

Rachi (2)

L’homme appela le nom. Le texte revient ici au sujet précédent, où « l’homme appela par des noms tout le bétail » (supra 2, 20). Le récit s’était interrompu pour t’apprendre que c’est alors qu’il donnait les noms que ‘Hawa lui a été attribuée comme compagne, ainsi qu’il est écrit : « et pour l’homme, il ne trouva pas d’aide qui lui convienne. Il fit tomber un sommeil sur l’homme... ». Et en soulignant ensuite qu’ils « étaient nus », on passe à l’épisode du serpent, cela pour t’apprendre que l’ayant vue nue et en train d’avoir des rapports, il s’est mis à la désirer. Il est alors venu vers eux avec de mauvaises intentions et par la ruse [ayant ourdi un plan destiné à provoquer la mort d’Adam].

‘Hawa. Le mot vient du verbe ‘haya (« vivre ») : qui donne la vie à ses enfants, comme dans : « que possède l’homme... » (Qohèleth 2, 22), où le mot howè a le sens de : « être ».

Verset 21

וַיַּעַשׂ֩ יְהוָ֨ה אֱלֹהִ֜ים לְאָדָ֧ם וּלְאִשְׁתּ֛וֹ כָּתְנ֥וֹת ע֖וֹר וַיַּלְבִּשֵֽׁם׃

L'Éternel Dieu fit pour l'homme et pour sa femme des tuniques de peau et les en vêtit

Rachi (1)

Des tuniques de peau. Une hagada rapporte qu’elles étaient, comme l’ongle, lisses et fixées sur la peau. Une autre nous enseigne qu’il s’agissait d’une matière provenant de la peau, comme du poil de lièvre, douce et chaude, dont Dieu leur a fait des tuniques (Beréchith raba 20, 12).

Verset 22

וַיֹּ֣אמֶר ׀ יְהוָ֣ה אֱלֹהִ֗ים הֵ֤ן הָֽאָדָם֙ הָיָה֙ כְּאַחַ֣ד מִמֶּ֔נּוּ לָדַ֖עַת ט֣וֹב וָרָ֑ע וְעַתָּ֣ה ׀ פֶּן־יִשְׁלַ֣ח יָד֗וֹ וְלָקַח֙ גַּ֚ם מֵעֵ֣ץ הַֽחַיִּ֔ים וְאָכַ֖ל וָחַ֥י לְעֹלָֽם׃

L'Éternel Dieu dit "Voici l'homme devenu comme l'un de nous en ce qu'il connait le bien et le mal Et maintenant il pourrait étendre sa main et cueillir aussi du fruit de l'arbre de vie il en mangerait et vivrait à jamais "

Rachi (2)

Devenu comme l’un de nous. Le voici unique en bas, de même que moi, qui suis l’Unique en haut (Targoum yonathan). Et en quoi est-il unique ? Par la connaissance du bien et du mal, que ne possèdent pas les animaux, domestiques ou sauvages.

Et maintenant, il pourrait étendre sa main. S’il vivait éternellement, il pourrait induire en erreur les créatures qui diraient : « Lui aussi est un dieu ! ». Il existe à ce propos des midrachim, mais ils ne correspondent pas au sens littéral du texte.

Verset 23

וַֽיְשַׁלְּחֵ֛הוּ יְהוָ֥ה אֱלֹהִ֖ים מִגַּן־עֵ֑דֶן לַֽעֲבֹד֙ אֶת־הָ֣אֲדָמָ֔ה אֲשֶׁ֥ר לֻקַּ֖ח מִשָּֽׁם׃

Et l'Éternel Dieu le renvoya du jardin d'Éden pour cultiver la terre d'où il avait été tiré

Verset 24

וַיְגָ֖רֶשׁ אֶת־הָֽאָדָ֑ם וַיַּשְׁכֵּן֩ מִקֶּ֨דֶם לְגַן־עֵ֜דֶן אֶת־הַכְּרֻבִ֗ים וְאֵ֨ת לַ֤הַט הַחֶ֨רֶב֙ הַמִּתְהַפֶּ֔כֶת לִשְׁמֹ֕ר אֶת־דֶּ֖רֶךְ עֵ֥ץ הַֽחַיִּֽים׃

Ayant chassé l'homme il posta en avant du jardin d'Éden les chérubins avec la lame de l'épée flamboyante pour garder les abords de l'arbre de vie

Rachi (3)

En avant (miqèdèm) du jardin ‘Eden. A l’est du jardin de ‘Eden, en dehors du jardin, [et non dans sa partie située à l’est].

Les chérubins. Des anges de destruction (Chemoth raba 9, 11).

De l’épée tournoyante. Elle avait une lame menaçante destinée à l’empêcher d’entrer à nouveau dans le jardin. Le Targoum traduit lahat par l’araméen chenan (« lame »), comme dans : « tirer la lame » (Sanhèdrin 82a). En français : « lame ». Il existe des midrachim, mais je ne suis venu que pour fixer le sens littéral du texte.

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