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Beréchith (Genèse) — chapitre 2

Texte hébreu (avec taamim), traduction française et commentaire de Rachi traduit en français, verset par verset. Sommaire du Houmash.

Verset 1

וַיְכֻלּ֛וּ הַשָּׁמַ֥יִם וְהָאָ֖רֶץ וְכָל־צְבָאָֽם׃

Ainsi furent terminés les cieux et la terre avec tout ce qu'ils renferment

Verset 2

וַיְכַ֤ל אֱלֹהִים֙ בַּיּ֣וֹם הַשְּׁבִיעִ֔י מְלַאכְתּ֖וֹ אֲשֶׁ֣ר עָשָׂ֑ה וַיִּשְׁבֹּת֙ בַּיּ֣וֹם הַשְּׁבִיעִ֔י מִכָּל־מְלַאכְתּ֖וֹ אֲשֶׁ֥ר עָשָֽׂה׃

Dieu mit fin le septième jour à l’œuvre faite par lui et il se reposa le septième jour de toute l’œuvre qu'il avait faite

Rachi (1)

Eloqim termina, le septième jour. Rabi Chim‘on a enseigné : Etant donné que l’être humain ne sait pas calculer avec exactitude ses moments et ses instants, nous ajoutons une partie de la semaine à la journée sainte du chabath. Le Saint béni soit-Il, en revanche, qui sait calculer avec une précision absolue Ses moments et Ses instants, entre dans le chabath avec une rigoureuse ponctualité, et Il nous donne l’impression d’avoir terminé Son œuvre en ce septième jour. Autre explication : Que manquait-il au monde ? Le repos. Le chabath est venu, et avec lui le repos. Alors seulement l’œuvre de création a été terminée et menée à bonne fin (Beréchith raba 10, 10).

Verset 3

וַיְבָ֤רֶךְ אֱלֹהִים֙ אֶת־י֣וֹם הַשְּׁבִיעִ֔י וַיְקַדֵּ֖שׁ אֹת֑וֹ כִּ֣י ב֤וֹ שָׁבַת֙ מִכָּל־מְלַאכְתּ֔וֹ אֲשֶׁר־בָּרָ֥א אֱלֹהִ֖ים לַֽעֲשֽׂוֹת׃

Dieu bénit le septième jour et le proclama saint parce qu'en ce jour il se reposa de l’œuvre entière qu'il avait produite et organisée

Rachi (2)

Eloqim bénit... le sanctifia. Il l’a béni avec la manne, qui tombait chaque jour de la semaine à raison d’un ‘omer par personne, et le double le sixième jour. Et Il l’a proclamé saint avec la manne, qui ne tombait pas le chabath (Beréchith raba 11, 1). Le texte anticipe ici sur l’avenir.

Que Eloqim créa pour faire. Le travail qui aurait dû être exécuté le chabath, Il l’a fait le sixième jour, faisant ce jour-là œuvre double, comme expliqué dans le Beréchith raba (11, 10).

Verset 4

אֵ֣לֶּה תֽוֹלְד֧וֹת הַשָּׁמַ֛יִם וְהָאָ֖רֶץ בְּהִבָּֽרְאָ֑ם בְּי֗וֹם עֲשׂ֛וֹת יְהוָ֥ה אֱלֹהִ֖ים אֶ֥רֶץ וְשָׁמָֽיִם׃

Telles sont les origines du ciel et de la terre lorsqu'ils furent créés à l'époque où l'Éternel Dieu fit une terre et un ciel

Rachi (2)

Celles-ci sont les générations. Exposées ci-dessus.

Des cieux et de la terre, lorsqu’ils furent créés, le jour où Hachem-Eloqim fit. Cela t’apprend qu’ils ont tous [à savoir le ciel et la terre] été créés le premier jour. Autre explication (Mena‘hoth 29b. Voir Beréchith raba 12, 9) : « Lorsqu’ils furent créés » – Il les a créés avec un hé [behé baram], ainsi qu’il est écrit : « En yah Hachem, rocher des siècles » (Yecha’ya 26, 4), ce qui veut dire que Dieu les a créés avec les deux lettres de Son nom : yod et hé. C’est ainsi que ce monde-ci a été créé avec un hé. Car le hé est fermé de tous les côtés et ouvert vers le bas : les hommes descendent inexorablement vers la mort. [Ou encore : les « scélérats » finiront tous par tomber, il n’y a pas de salut pour eux. Mais ils peuvent, par la pénitence, remonter. Le hé est ouvert, et donc la porte leur reste ouverte].

Verset 5

וְכֹ֣ל ׀ שִׂ֣יחַ הַשָּׂדֶ֗ה טֶ֚רֶם יִֽהְיֶ֣ה בָאָ֔רֶץ וְכָל־עֵ֥שֶׂב הַשָּׂדֶ֖ה טֶ֣רֶם יִצְמָ֑ח כִּי֩ לֹ֨א הִמְטִ֜יר יְהוָ֤ה אֱלֹהִים֙ עַל־הָאָ֔רֶץ וְאָדָ֣ם אַ֔יִן לַֽעֲבֹ֖ד אֶת־הָֽאֲדָמָֽה׃

Or aucun produit des champs ne paraissait encore sur la terre et aucune herbe des champs ne poussait encore car l'Éternel Dieu n'avait pas fait pleuvoir sur la terre et d'homme il n'y en avait point pour cultiver la terre

Rachi (4)

Ne paraissait encore (tèrèm) sur la terre. Le mot tèrèm employé dans le texte signifie toujours « pas encore », et jamais « auparavant ». On ne peut pas le conjuguer comme un verbe, pour dire hitrim, comme on dit hiqdim [forme conjuguée à partir de la racine qdm]. Notre texte en est la preuve, ainsi que : « mais toi et tes serviteurs, je sais que vous ne craignez pas encore (tèrèm) Hachem-Eloqim » (Chemoth 9, 30). On doit l’expliquer de la même manière ici : Aucun produit des champs ne paraissait encore sur la terre lorsque la création a été achevée le sixième jour avant la création de l’homme.

Et aucune herbe des champs ne poussait encore. Quant au troisième jour de la création où il est écrit : « que la terre produise des végétaux... » (supra 1, 11), cela ne signifie pas qu’ils ont poussé au-dessus du sol, mais cela veut dire qu’ils sont restés enfouis sous terre jusqu’au sixième jour (‘Houlin 60b).

Car Il n’avait pas fait pleuvoir. Et pour quelle raison n’avait-Il pas fait pleuvoir ? Parce que « d’homme, il n’y en avait pas pour travailler la terre ». Il n’y avait donc personne qui pût apprécier les bienfaits des pluies. Et lorsque l’homme est arrivé, il a reconnu que les pluies étaient nécessaires au monde. Il a prié pour elles, et elles sont tombées. C’est alors que les arbres et les végétaux se sont mis à pousser.

Hachem-Eloqim. Hachem est Son nom. Quant à Eloqim, il signifie qu’Il est juge et maître de l’univers. C’est ainsi que l’on explique toujours cette dualité selon son sens simple : Hachem, qui est Eloqim.

Verset 6

וְאֵ֖ד יַֽעֲלֶ֣ה מִן־הָאָ֑רֶץ וְהִשְׁקָ֖ה אֶֽת־כָּל־פְּנֵ֥י הָֽאֲדָמָֽה׃

Mais une exhalaison s'élevait de la terre et humectait toute la surface du sol

Rachi (1)

Une humidité s’élevait. Comme elle était nécessaire à la création de l’homme, Il l’a fait remonter de l’abîme jusque dans les nuages, afin d’en humecter la terre et créer l’homme. C’est comme lorsque l’on pétrit : on commence par verser de l’eau, puis on pétrit la pâte. Ici aussi il est écrit : « elle humectait », et ensuite : « Il façonna » (Beréchith raba 14).

Verset 7

וַיִּיצֶר֩ יְהוָ֨ה אֱלֹהִ֜ים אֶת־הָֽאָדָ֗ם עָפָר֙ מִן־הָ֣אֲדָמָ֔ה וַיִּפַּ֥ח בְּאַפָּ֖יו נִשְׁמַ֣ת חַיִּ֑ים וַיְהִ֥י הָֽאָדָ֖ם לְנֶ֥פֶשׁ חַיָּֽה׃

L'Éternel Dieu façonna l'homme poussière détachée du sol fit pénétrer dans ses narines un souffle de vie et l'homme devint un être vivant

Rachi (4)

Il façonna l’homme (wayyitsèr). Le mot wayyitsèr est écrit avec deux yod, car il y a eu deux façonnages : celui de l’homme dans ce monde-ci, et celui de l’homme dans le monde à venir (Beréchith raba 14, 5). Tandis que pour les animaux, qui ne sont pas justiciables du tribunal divin, le même mot wayitsèr (verset 19) n’est écrit qu’avec un seul yod.

Poussière détachée du sol. Dieu a amassé la poussière de toute la terre, des quatre points cardinaux, afin qu’elle accepte, où que l’homme vienne à mourir, de devenir sa tombe (Midrach tan‘houma Peqoudei 3). Autre explication : Il a pris la poussière de l’endroit dont il est dit : « Tu feras pour moi un autel de terre » (Chemoth 20, 21), [à savoir le site où allait être construit le Temple], en se disant : « Pourvu qu’elle lui soit une expiation afin qu’il puisse tenir ! » (Beréchith raba 14, 9).

Il insuffla dans ses narines une âme de vie. Il l’a formé d’éléments d’ici-bas et d’éléments d’en haut : le corps d’en-bas, et l’âme d’en haut. Car le premier jour, Il a créé le ciel et la terre. Le deuxième jour, le firmament pour les êtres d’en haut. Le troisième jour, la terre ferme est apparue pour les êtres d’en-bas. Le quatrième, les luminaires pour les êtres d’en haut. Le cinquième, Il a fait fourmiller les eaux d’une multitude rampante d’êtres vivants, pour les êtres d’en-bas. Il fallait donc, le sixième jour, créer tout à la fois des éléments d’en haut et des éléments d’en-bas. Car il se serait établi, sinon, de la jalousie dans l’œuvre de la création, puisque les uns auraient dépassé les autres pendant une des journées qu’a duré celle-ci (Beréchith raba 12, 7).

Et l’homme fut une âme vivante. Les animaux et les bêtes sauvages sont également appelés « âmes vivantes ». Cependant, celle de l’homme est la plus vivante de toutes, car il s’y ajoute la connaissance et la parole.

Verset 8

וַיִּטַּ֞ע יְהוָ֧ה אֱלֹהִ֛ים גַּן־בְּעֵ֖דֶן מִקֶּ֑דֶם וַיָּ֣שֶׂם שָׁ֔ם אֶת־הָֽאָדָ֖ם אֲשֶׁ֥ר יָצָֽר׃

L'Éternel Dieu planta un jardin en Éden vers l'orient et y plaça l'homme qu'il avait façonné

Rachi (1)

Vers l’orient (miqèdèm). C’est à l’est de ‘Eden que Dieu a planté le jardin. Mais peut-être objecteras-tu [en prenant le mot miqèdèm comme exprimant une antériorité] qu’Il avait déjà créé l’homme, puisqu’il est écrit : « Eloqim créa l’homme à son image » (supra 1, 27). J’opposerai, dans ce cas, la barayetha de rabi Yossi Haglili qui nous enseigne les trente-deux règles d’interprétation de la Tora. Voici l’une d’elles : Lorsqu’une « généralité » est suivie d’un récit, ce dernier constitue un détail de la première. « Eloqim créa l’homme » – généralité, mais celle-ci ne spécifie pas à partir de quoi et comment. Puis il est écrit : « Hachem-Eloqim façonna l’homme... Il fit pousser du sol tout arbre... Il le plaça dans le jardin de ‘Eden... Il fit tomber un sommeil... » On pourrait croire, en entendant cela, qu’il s’agit d’un autre récit, alors qu’il ne constitue, en fait, qu’un détail du premier. Pour les animaux aussi, dont la création a déjà été mentionnée (supra 1, 27), le texte se répète : « Hachem-Eloqim avait formé de matière terrestre tous les animaux » (verset 19). Mais c’est pour ajouter : « Il les amena vers l’homme pour voir comment il les appellerait », et aussi pour indiquer que les oiseaux ont été créés d’un mélange de terre et d’eau.

Verset 9

וַיַּצְמַ֞ח יְהוָ֤ה אֱלֹהִים֙ מִן־הָ֣אֲדָמָ֔ה כָּל־עֵ֛ץ נֶחְמָ֥ד לְמַרְאֶ֖ה וְט֣וֹב לְמַֽאֲכָ֑ל וְעֵ֤ץ הַֽחַיִּים֙ בְּת֣וֹךְ הַגָּ֔ן וְעֵ֕ץ הַדַּ֖עַת ט֥וֹב וָרָֽע׃

L'Éternel Dieu fit surgir du sol toute espèce d'arbres beaux à voir et propres à la nourriture et l'arbre de vie au milieu du jardin avec l'arbre de la science du bien et du mal

Rachi (2)

Fit pousser du sol. Le texte parle ici uniquement du jardin [dont il est question au verset 8].

Au milieu du jardin. Au centre même du jardin.

Verset 10

וְנָהָר֙ יֹצֵ֣א מֵעֵ֔דֶן לְהַשְׁק֖וֹת אֶת־הַגָּ֑ן וּמִשָּׁם֙ יִפָּרֵ֔ד וְהָיָ֖ה לְאַרְבָּעָ֥ה רָאשִֽׁים׃

Un fleuve sortait d'Éden pour arroser le jardin de là il se divisait et formait quatre bras

Verset 11

שֵׁ֥ם הָֽאֶחָ֖ד פִּישׁ֑וֹן ה֣וּא הַסֹּבֵ֗ב אֵ֚ת כָּל־אֶ֣רֶץ הַֽחֲוִילָ֔ה אֲשֶׁר־שָׁ֖ם הַזָּהָֽב׃

Le nom du premier Pichon c’est celui qui coule tout autour du pays de Havila où se trouve l’or

Rachi (1)

Pichon. C’est le Nil, le fleuve de l’Egypte. Il est appelé Pichon (du mot pachou signifiant « se répandre ») parce que ses eaux, par la bénédiction de Dieu, montent et arrosent le sol. C’est comme dans : « et ses cavaliers se répandent (pachou) » (‘Habaqouq 1, 8). Autre explication : le Pichon fait pousser le lin (pichtan) (Beréchith raba 16, 2), ainsi qu’il est écrit à propos de l’Egypte : « ils seront confondus, ceux qui travaillent le lin (‘ovdé pichtim) » (Yecha’ya 19, 9).

Verset 12

וּֽזְהַ֛ב הָאָ֥רֶץ הַהִ֖וא ט֑וֹב שָׁ֥ם הַבְּדֹ֖לַח וְאֶ֥בֶן הַשֹּֽׁהַם׃

L’or de ce pays là est bon là aussi le bdellium et la pierre de chôham

Verset 13

וְשֵֽׁם־הַנָּהָ֥ר הַשֵּׁנִ֖י גִּיח֑וֹן ה֣וּא הַסּוֹבֵ֔ב אֵ֖ת כָּל־אֶ֥רֶץ כּֽוּשׁ׃

Le nom du deuxième fleuve Ghihôn c’est lui qui coule tout autour du pays de Kouch

Rachi (1)

Gui‘hon. Ainsi nommé parce que ses eaux coulent en mugissant violemment, comme dans : « si un bœuf cogne (yiga‘h) un homme », [mugir et cogner vont ensemble], car un bœuf cogne en mugissant.

Verset 14

וְשֵׁ֨ם הַנָּהָ֤ר הַשְּׁלִישִׁי֙ חִדֶּ֔קֶל ה֥וּא הַֽהֹלֵ֖ךְ קִדְמַ֣ת אַשּׁ֑וּר וְהַנָּהָ֥ר הָֽרְבִיעִ֖י ה֥וּא פְרָֽת׃

Le nom du troisième fleuve Hiddékel c’est celui qui coule à l’orient d’Assur et le quatrième fleuve était l’Euphrate

Rachi (4)

‘Hiddèqel. [Le Tigre], ainsi appelé parce que Ses eaux sont « vives » (‘hadin) et « légères » (qalin) (Berakhoth 59b).

Perath. [L’Euphrate], ainsi nommé parce que ses eaux sont fécondes (parim – similaire à Perath) et se multiplient (weravim) et qu’elles sont bonnes pour la santé (ibid. Voir aussi Beréchith raba 16, 6). Kouch et Achour Ils n’existaient pas encore en tant que pays. Le texte anticipe sur l’avenir (Ketouvoth 10b, Beréchith raba 16, 4).

A l’orient d’Achour. C’est le mizra‘h de Achour.

Perath. C’est le plus important de tous, comme étant cité à propos d’Erets Israël (Beréchith raba 16, 5).

Verset 15

וַיִּקַּ֛ח יְהוָ֥ה אֱלֹהִ֖ים אֶת־הָֽאָדָ֑ם וַיַּנִּחֵ֣הוּ בְגַן־עֵ֔דֶן לְעָבְדָ֖הּ וּלְשָׁמְרָֽהּ׃

L’Éternel Dieu prit donc l’homme et l’établit dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le soigner

Rachi (1)

Il prit. Il le « prit » avec des paroles de douceur, pour le persuader d’entrer dans le jardin (Beréchith raba 16, 8).

Verset 16

וַיְצַו֙ יְהוָ֣ה אֱלֹהִ֔ים עַל־הָֽאָדָ֖ם לֵאמֹ֑ר מִכֹּ֥ל עֵֽץ־הַגָּ֖ן אָכֹ֥ל תֹּאכֵֽל׃

L’Éternel Dieu donna un ordre à l’homme en disant "Tous les arbres du jardin tu peux t’en nourrir

Verset 17

וּמֵעֵ֗ץ הַדַּ֨עַת֙ ט֣וֹב וָרָ֔ע לֹ֥א תֹאכַ֖ל מִמֶּ֑נּוּ כִּ֗י בְּי֛וֹם אֲכָלְךָ֥ מִמֶּ֖נּוּ מ֥וֹת תָּמֽוּת׃

mais l’arbre de la science du bien et du mal tu n’en mangeras point car du jour où tu en mangeras tu dois mourir!"

Verset 18

וַיֹּ֨אמֶר֙ יְהוָ֣ה אֱלֹהִ֔ים לֹא־ט֛וֹב הֱי֥וֹת הָֽאָדָ֖ם לְבַדּ֑וֹ אֶֽעֱשֶׂה־לּ֥וֹ עֵ֖זֶר כְּנֶגְדּֽוֹ׃

L’Éternel Dieu dit "Il n’est pas bon que l’homme soit isolé je lui ferai une aide digne de lui "

Rachi (2)

Il n’est pas bon.... Pour qu’on ne dise pas qu’il y a deux autorités : le Saint béni soit-Il en-haut, seul et sans compagnon, et l’homme ici-bas, seul et sans compagnon (Pirqé deRabi Eli‘èzèr 12).

Une aide qui soit face à lui. Si l’homme a du mérite, elle lui sera une aide. S’il n’en a pas, elle sera contre lui et le combattra (Beréchith raba 17, 3. Voir aussi Yevamoth 63a).

Verset 19

וַיִּצֶר֩ יְהוָ֨ה אֱלֹהִ֜ים מִן־הָֽאֲדָמָ֗ה כָּל־חַיַּ֤ת הַשָּׂדֶה֙ וְאֵת֙ כָּל־ע֣וֹף הַשָּׁמַ֔יִם וַיָּבֵא֙ אֶל־הָ֣אָדָ֔ם לִרְא֖וֹת מַה־יִּקְרָא־ל֑וֹ וְכֹל֩ אֲשֶׁ֨ר יִקְרָא־ל֧וֹ הָֽאָדָ֛ם נֶ֥פֶשׁ חַיָּ֖ה ה֥וּא שְׁמֽוֹ׃

L’Éternel Dieu avait formé de matière terrestre tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel Il les amena devant l’homme pour qu’il avisât à les nommer et telle chaque espèce animée serait nommée par l’homme tel serait son nom

Rachi (2)

Avait formé (wayitsèr) de matière terrestre. Cette formation est la même que celle dont il a été question plus haut : « Eloqim fit les animaux de la terre... » (supra 1, 25). Cela vient nous apprendre que les oiseaux ont été créés d’un mélange de terre et d’eau. Il est indiqué plus haut qu’ils ont été créés à partir de l’eau, et ici qu’ils ont été créés à partir de la terre (‘Houlin 27b). Cela t’apprend aussi qu’Il a amené les animaux à l’homme, dès leur création, pour qu’il leur donne un nom. Le midrach explique le mot wayitsèr (« avait formé ») dans le sens de « domination », « assujettissement », comme dans : « si tu es arrêté longtemps au siège [ki thatsour] d’une ville » (Devarim 20, 19), car Il les a assujettis au pouvoir d’Adam (Beréchith raba 17, 4).

Et tout ce que l’homme aura appelé, tel sera le nom de l’espèce animée. Intervertis l’ordre des mots et explique ainsi : toute espèce animée que l’homme aura appelée d’un nom, ce sera son nom pour toujours.

Verset 20

וַיִּקְרָ֨א הָֽאָדָ֜ם שֵׁמ֗וֹת לְכָל־הַבְּהֵמָה֙ וּלְע֣וֹף הַשָּׁמַ֔יִם וּלְכֹ֖ל חַיַּ֣ת הַשָּׂדֶ֑ה וּלְאָדָ֕ם לֹֽא־מָצָ֥א עֵ֖זֶר כְּנֶגְדּֽוֹ׃

L’homme imposa des noms à tous les animaux qui paissent aux oiseaux du ciel à toutes les bêtes sauvages mais pour lui même il ne trouva pas de compagne qui lui fût assortie

Verset 21

וַיַּפֵּל֩ יְהוָ֨ה אֱלֹהִ֧ים ׀ תַּרְדֵּמָ֛ה עַל־הָֽאָדָ֖ם וַיִּישָׁ֑ן וַיִּקַּ֗ח אַחַת֙ מִצַּלְעֹתָ֔יו וַיִּסְגֹּ֥ר בָּשָׂ֖ר תַּחְתֶּֽנָּה׃

L’Éternel Dieu fit peser une torpeur sur l’Homme qui s’endormit il prit une de ses côtes et forma un tissu de chair à la place

Rachi (4)

Et pour l’homme, il ne trouva pas d’aide qui lui convienne: L’Éternel-Dieu fit peser une torpeur sur l’Homme. Lorsque Dieu lui a amené toutes les espèces animales, mâle et femelle, l’homme a dit : « Chacun a sa compagne, et moi je n’en ai pas ! ». Aussitôt, « Hachem-Eloqim fit tomber un sommeil sur l’homme... » (Beréchith raba 17, 5).

De ses côtés (mitsal‘othaw). Un de ses côtés, comme dans : « de même, pour le second côté (tsèla’) du tabernacle » (Chemoth 26, 20). C’est pourquoi on enseigne que l’homme avait été créé avec deux visages (Berakhoth 61a, Beréchith raba 17, 6).

Il referma. L’endroit où a eu lieu l’incision.

Il s’endormit. Il prit. Pour que l’homme ne voie pas le fragment de chair dont la femme avait été faite et qu’il n’en vienne à la mépriser (Sanhèdrin 39a).

Verset 22

וַיִּבֶן֩ יְהוָ֨ה אֱלֹהִ֧ים ׀ אֶֽת־הַצֵּלָ֛ע אֲשֶׁר־לָקַ֥ח מִן־הָֽאָדָ֖ם לְאִשָּׁ֑ה וַיְבִאֶ֖הָ אֶל־הָֽאָדָֽם׃

L’Éternel Dieu organisa en une femme la côte qu’il avait prise à l’homme et il la présenta à l’homme

Rachi (2)

Il édifia. Comme un bâtiment, étroite au sommet et large à la base pour pouvoir recevoir l’enfant. A l’instar d’un silo à blé qui est large à la base et étroit au sommet pour que la charge ne pèse pas trop sur les parois (Sanhèdrin 61a).

Hachem-Eloqim édifia en femme le côté. Pour qu’elle soit une femme, comme dans : « Guid’on en fit un éphod » (Choftim 8, 27) – c’est-à-dire : pour que cela devienne un éphod.

Verset 23

וַיֹּאמֶר֮ הָֽאָדָם֒ זֹ֣את הַפַּ֗עַם עֶ֚צֶם מֵֽעֲצָמַ֔י וּבָשָׂ֖ר מִבְּשָׂרִ֑י לְזֹאת֙ יִקָּרֵ֣א אִשָּׁ֔ה כִּ֥י מֵאִ֖ישׁ לֻֽקְחָה־זֹּֽאת׃

Et l’homme dit "Celle ci pour le coup est un membre extrait de mes membres et une chair de ma chair celle ci sera nommée Icha parce qu'elle a été prise de Ich "

Rachi (2)

Cette fois, celle-ci. Cela nous enseigne que Adam s’est uni à tous les animaux et à toutes les bêtes, mais qu’il n’a trouvé d’épanouissement que par son union avec ‘Hawa (Yevamoth 63a).

Celle-ci sera appelée icha, parce qu’elle a été prise de ich. Icha (« femme ») est dérivé de ich (« homme »). Nous apprenons d’ici que le monde a été créé avec la langue sainte, [étant donné que seule la langue hébraïque relie les mots « homme » et « femme » à une racine commune] (Beréchith raba 18, 4).

Verset 24

עַל־כֵּן֙ יַֽעֲזָב־אִ֔ישׁ אֶת־אָבִ֖יו וְאֶת־אִמּ֑וֹ וְדָבַ֣ק בְּאִשְׁתּ֔וֹ וְהָי֖וּ לְבָשָׂ֥ר אֶחָֽד׃

C'est pourquoi l'homme abandonne son père et sa mère il s'unit à sa femme et ils deviennent une seule chair

Rachi (2)

C’est pourquoi l’homme abandonne. C’est l’esprit saint qui parle ici, [et non Adam], pour interdire l’inceste aux Noa‘hides (Sanhèdrin 57b).

Une seule chair. L’enfant est créé par les deux parents, et c’est en lui qu’ils deviennent une seule chair.

Verset 25

וַיִּֽהְי֤וּ שְׁנֵיהֶם֙ עֲרוּמִּ֔ים הָֽאָדָ֖ם וְאִשְׁתּ֑וֹ וְלֹ֖א יִתְבֹּשָֽׁשׁוּ׃

Or ils étaient tous deux nus l'homme et sa femme et ils n'en éprouvaient point de honte

Rachi (1)

Et ils n’en avaient pas honte. Car ils ne connaissaient pas la pudeur, pour pouvoir distinguer le bien du mal. L’homme, il est vrai, possédait la connaissance, puisqu’il avait su donner des noms aux animaux (supra 2, 20), mais il ignorait le penchant au mal avant d’avoir mangé du fruit défendu. C’est seulement à ce moment-là que le penchant au mal est entré en lui, et qu’il a su distinguer le bien du mal.

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