II arriva comme Isaac était devenu vieux que sa vue s'obscurcit Un jour il appela Ésaü son fils aîné et lui dit "Mon fils!" II répondit "Me voici "
Rachi (1)
Ses yeux étaient affaiblis. Par la fumée des offrandes idolâtres de ces femmes (Midrach tan‘houma 8). Autre explication : Au moment où il avait été lié sur l’autel et où son père était sur le point de l’immoler, au même instant, les cieux s’étaient ouverts et les anges servants avaient vu cela et avaient pleuré. Leurs larmes avaient coulé et étaient tombées dans ses yeux. Voilà pourquoi ses yeux s’étaient affaiblis (Beréchith raba 65, 6). Autre explication : afin que ce soit Ya’aqov qui reçoive les bénédictions (Beréchith raba 65, 8).
Isaac reprit "Vois je suis devenu vieux je ne connais point l'heure de ma mort
Rachi (1)
Je ne connais pas le jour de ma mort. Rabi Yehochou‘a ben Qor’ha a enseigné dit : quand un homme approche de l’âge où sont morts ses parents, il doit se faire du souci cinq ans avant et cinq ans après (Beréchith raba 65, 12). Yits‘haq, qui était âgé de cent vingt-trois ans, s’est dit : « Si c’est l’âge de ma mère, qui est morte à cent vingt-sept ans, que je dois atteindre, j’ai cinq ans de moins que celui qu’elle avait à la fin de sa vie ». C’est pourquoi je ne connais pas le jour de ma mort peut-être aura-t-elle lieu à l’âge qu’avait ma mère, peut-être à celui qu’avait mon père.
Et maintenant je te prie prends tes armes ton carquois et ton arc va aux champs et prends du gibier pour moi
Rachi (3)
Je te prie, prends. Le verbe sa (« prends ») signifie « aiguiser », comme dans la michna (Beitsa 28a) : « on n’aiguise pas les couteaux sur une meule, mais on les passe (massiah) l’un sur l’autre ». [Yits‘haq a dit à ‘Essaw :] « Aiguise ton couteau et égorge bien la bête, afin de ne pas me faire manger une viande défendue » (Beréchith raba 65, 13).
Ton carquois. Ton épée, appelée telyekha parce qu’on a l’habitude de la laisser pendre (talo) sur le côté.
Et chasse pour moi. Des bêtes n’appartenant à personne, et non pas volées.
va au menu bétail et prends moi deux beaux chevreaux et j'en ferai pour ton père un ragoût tel qu'il l'aime
Rachi (3)
Et prends-moi (littéralement : « prends de ce qui est à moi »). Ils m’appartiennent, et ils ne sont donc pas volés. Yits‘haq avait stipulé dans leur contrat de mariage qu’elle aurait le droit de prendre chaque jour deux chevreaux (Beréchith raba 65, 14).
Deux chevreaux. Le repas de Yits‘haq consistait-il en deux chevreaux ? En réalité, l’un était destiné au sacrifice pascal, et l’autre devait servir au repas (Pirqé deRabi Eli‘èzèr 32).
Comme il aime. Le goût du chevreau ressemble à celui du cerf.
Puis Rébecca prit les plus beaux vêtements d'Ésaü son fils aîné lesquels étaient sous sa main dans la maison et elle en revêtit Jacob son plus jeune fils
Rachi (2)
Les beaux (littéralement : « les enviables »). Les propres, selon le Targoum. Autre explication (Beréchith raba 65, 16) : que ‘Essaw avait pris par envie chez Nimrod, [un chasseur comme lui (supra 10, 9)].
Qui étaient chez elle à la maison. N’avait-il pas plusieurs femmes ? Pourquoi les confiait-il à sa mère ? Parce qu’il connaissait leur mauvaise conduite et se méfiait d’elles, [craignant qu’elles ne les volent] (Beréchith raba 65, 16).
Jacob dit à son père "Je suis Ésaü ton premier né j'ai fait ainsi que tu m'as dit Viens donc assieds toi et mange de ma chasse afin que ton cœur me bénisse "
Rachi (3)
C’est moi, ‘Essaw, ton premier-né. C’est moi qui t’apporte, et ‘Essaw est ton premier-né.
J’ai fait. Beaucoup de choses... ainsi que tu m’as dit.
Assieds-toi. Dans le sens de : « s’asseoir à table ». C’est pourquoi le Targoum traduit par iste‘har (« mets-toi autour de la table »).
Isaac dit à Jacob "Approche que je te tâte mon fils pour savoir si tu es mon fils Ésaü ou non "
Rachi (1)
Approche donc que je te tâte. Yits‘haq s’est dit en lui-même : « Il n’est pas dans les habitudes de ‘Essaw d’avoir à la bouche le nom de Dieu ! Or, celui-ci vient de dire : “C’est que Hachem ton Dieu m’a donné bonne chance” » (Beréchith raba 65, 19).
Jacob s'approcha d'Isaac,son père qui le tâta et dit "Cette voix c'est la voix de Jacob mais ces mains sont les mains d'Ésaü "
Rachi (1)
C’est la voix de Ya’aqov. Qui s’exprime en suppliant : « lève-toi, je te prie ! » (verset 19), alors que ‘Essaw parle durement : « que mon père se lève ! » (verset 31).
II s'approcha et l'embrassa Isaac aspira l'odeur de ses vêtements il le bénit et dit "Voyez! le parfum de mon fils est comme le parfum d'une terre favorisée du Seigneur!
Rachi (2)
Il respira. N’existe-t-il pas pire odeur que celle du poil des chèvres ? C’est pour nous enseigner qu’est entrée avec lui l’odeur du jardin de ‘Eden (Beréchith raba 65, 22).
Comme l’odeur d’un champ qu’a béni Hachem. Dieu y a mis une odeur agréable, celle d’un champ de pommiers, comme l’ont expliqué nos rabbins, de mémoire bénie (Ta‘anith 29b).
Puisse t il t'enrichir le Seigneur de la rosée des cieux et des sucs de la terre d'une abondance de moissons et de vendanges!
Rachi (3)
Qu’Il te donne. Qu’Il te donne et qu’Il te donne de nouveau (Beréchith raba 66, 3), [le waw placé en préfixe à weyitèn (« qu’Il te donne ») indiquant une répétition]. Mais d’après le sens littéral, ce waw est là simplement pour rattacher cette phrase à celle qui précède : « Voyez ! le parfum de mon fils que le Saint béni soit-Il lui a donné est comme le parfum des champs... », suivie de : « qu’Il te donne de la rosée des cieux... ».
De la rosée des cieux. A prendre selon le sens littéral. Il existe également de nombreux midrachim très divers.
Ha-Eloqim. Pourquoi est-il écrit ha-Eloqim, le Dieu de Justice ? Si tu le mérites, Il te la donnera, et sinon, Il ne te la donnera pas. Mais à ‘Essaw il dira : « ton domaine sera constitué des graisses de la terre » (verset 39). Que tu sois un juste ou que tu sois un impie, Il te la donnera. » C’est de lui que s’est inspiré Chelomo lorsqu’il a construit le Temple et a prononcé sa prière : Un Juif, lorsqu’il possède la foi et reconnaît l’équité du jugement à son égard, ne te fera jamais de reproches. C’est pourquoi « tu traiteras chaque homme [juif, selon le verset précédent] selon sa conduite, selon ce que tu connais de son cœur » (I Melakhim 8, 39). Mais du païen, qui n’a pas la foi, le roi Chelomo a dit : « Toi, tu l’entendras du ciel... et tu exauceras les vœux que t’adressera l’étranger » (I Melakhim 8, 43). Qu’il en soit digne ou non, donne-le lui, afin qu’il ne te fasse pas de reproches. Cette explication du mot ha-Eloqim figure dans une vieille édition de Rachi.
Que des peuples t'obéissent! Que des nations tombent à tes pieds! Sois le chef de tes frères et que les fils de ta mère se prosternent devant toi! Malédiction à qui te maudira et qui te bénira soit béni!"
Rachi (2)
Et que les fils de ta mère. Tandis que Ya’aqov dira à Yehouda : « les fils de ton père » (infra 49, 8), parce qu’il avait eu des fils de plusieurs mères. Mais ici, comme Yits‘haq n’a eu qu’une seule femme, il dit : « les fils de ta mère » (Beréchith raba 66, 4).
Maudit qui te maudira, et béni qui te bénira. Tandis que Bil’am dira : « béni qui te bénira, et maudit qui te maudira ! » (Bamidbar 24, 9). Les justes commencent par endurer des épreuves, et ils finissent par jouir de la paix. Aussi ceux qui les maudissent, à savoir leurs persécuteurs, précèdent-ils ceux qui les bénissent. C’est pourquoi Yits‘haq fait précéder la bénédiction de ceux qui bénissent par la malédiction de ceux qui maudissent. Les impies, bien au contraire, commencent par vivre dans la quiétude, et ils finissent accablés de souffrances. Aussi Bil’am, ce mécréant, place-t-il la bénédiction avant la malédiction (Beréchith raba 66).
II apprêta lui aussi un ragoût et le présenta à son père en lui disant "Que mon père se dispose à manger de la chasse de son fils afin que ton cœur me bénisse
Isaac fut saisi d'une frayeur extrême et il dit "Quel est donc cet autre qui avait pris du gibier et me l'avait apporté? J'ai mangé de tout avant ton arrivée et je l'ai béni Eh bien! Il restera béni!"
Rachi (4)
Fut saisi d’un très grand tremblement. Le Targoum traduit par un mot qui marque une grande stupéfaction. Et d’après le midrach, il a vu l’enfer ouvert sous ses pieds, [c’est-à-dire sous les pieds de ‘Essaw (Gour aryé)].
Quel est donc. Le mot épho (« donc ») comporte plusieurs significations : « Où est-il donc ? », « Qui est donc celui qui avait pris du gibier ? »
J’ai mangé de tout. Tous les goûts que je voulais y trouver en mangeant, je les ai trouvés.
Aussi sera-t-il béni. Afin que l’on ne dise pas que si Ya’aqov n’avait pas trompé son père, il n’aurait pas reçu les bénédictions (Beréchith raba 67, 2). C’est pourquoi il confirme ici sa bénédiction en toute connaissance de cause.
Ésaü dit alors "Est ce parce qu'on l'a nommé Jacob qu'il m'a supplanté deux fois déjà? II m'a enlevé mon droit d'aînesse et voici que maintenant il m'enlève ma bénédiction!" Et il ajouta "N'as tu pas réservé une bénédiction pour moi?"
Rachi (3)
Est-ce parce qu’on a appelé son nom. C’est une exclamation, comme dans : « est-ce parce que tu es mon frère ? ! » (infra 29, 15). Est-ce pour cela qu’on l’a appelé Ya’aqov, parce qu’il finira par me supplanter (le‘aqvéni) un jour ? (Midrach tan‘houma). Pourquoi Yits‘haq a-t-il été saisi de tremblement ? Il a pensé : « Peut-être ai-je commis une faute en bénissant le cadet avant l’aîné, et en inversant l’ordre de la naissance ? » C’est alors que ‘Essaw a poussé un cri : « Il m’a supplanté deux fois déjà ! » Son père lui a demandé : « Que t’a-t-il fait ? » Il lui a répondu : « Il m’a pris mon droit d’aînesse ! ». Il dit : « C’est cela, précisément, qui me préoccupait, et j’ai été saisi de tremblement à l’idée de m’être peut-être écarté de la stricte justice. A présent, c’est bien l’aîné que j’ai béni. “Aussi restera-t-il béni !” ».
Il m’a supplanté. Traduction du Targoum : « il m’a tendu un piège », comme dans : « lui tend un piège » (Devarim 19, 11). Autre traduction : « il a été plus intelligent que moi ».
Ne m’as-tu pas réservé (atsalta). Dans le sens de « mettre en réserve », comme dans : « et Il mit en réserve (wayatsèl) » (Bamidbar 11, 25).
Isaac répondit en ces termes à Ésaü "Certes! je l'ai institué ton supérieur j'ai fait de tous ses frères ses serviteurs je lai gratifié de la moisson et de la vendange pour toi dès lors que puis je faire mon fils?"
Rachi (2)
Voici ! je l’ai institué ton maître. Cette bénédiction est la septième [de celles accordées à Ya‘aqov (versets 28 et 29)], et il la place en premier. Voici ce qu’a voulu dire Yits‘haq à ‘Essaw : « A quoi te servira une bénédiction ? Si tu acquiers des biens, ils seront à lui, étant donné que “je l’ai institué ton maître”. Or, ce qu’acquiert le serviteur (Qiddouchin 23b) appartient à son maître » (Beréchith raba 67, 5).
Et pour toi, dès lors, que ferai-je. Où donc chercherai-je ce que je peux faire pour toi ?
Ésaü dit à son père "Ne possèdes tu qu'une seule bénédiction mon père? Mon père bénis moi aussi!" Et Esaü éclata en pleurs
Rachi (1)
Une seule bénédiction. Le hé placé devant haverakha (« bénédiction ») marque une interrogation, comme dans : « si elles sont ouvertes (habema‘hanim) ? » (Bamidbar 13, 19), « est-il gras (hachména) ? » (Bamidbar 13, 20), « est-ce de la mort (hakemoth) d’un indigne ? » (II Chemouel 3, 33).
Mais tu ne vivras qu’à la pointe de ton épée tu seras tributaire de ton frère Pourtant après avoir plié sous le joug ton cou s’en affranchira "
Rachi (2)
De ton épée (we‘al ‘harbekha) – littéralement : « et sur ton épée »). La préposition ‘al, (« sur ») remplace la préposition be, (« avec »), comme dans : « vous vous maintenez sur votre (‘al) glaive » (Ye‘hezqel 33, 26), à savoir : « avec votre glaive », « selon (‘al) leurs légions » (Chemoth 6, 26), à savoir : « avec leurs légions ».
Lorsque tu auras plié (tarid). Expression de douleur, comme dans : « je m’agite (arid) dans ma douleur » (Tehilim 55, 3). C’est-à-dire que lorsqu’Israël transgressera la Tora et que tu auras des raisons de te plaindre des bénédictions qu’il a reçues, « tu briseras son joug de dessus ton cou... » (Beréchith raba 67, 7).
Ésaü prit Jacob en haine à cause de la bénédiction que son père lui avait donnée Et Ésaü se dit en lui même "Le temps du deuil de mon père approche je ferai périr Jacob mon frère "
Rachi (1)
Les jours du deuil de mon père approchent. A prendre selon le sens littéral : « je ne ferai pas de peine à mon père ». Il existe également de nombreux midrachim très divers.
Et Rébecca fut informée des desseins d'Ésaü son fils aîné Elle fit appeler Jacob son plus jeune fils et lui dit "Écoute Ésaü ton frère veut se venger de toi en te faisant mourir
Rachi (2)
On raconta à Rivqa. C’est l’esprit saint qui l’a informée de ce que ‘Essaw méditait en son cœur (Beréchith raba 67, 9).
Se console à ton sujet. Il regrette son sentiment de fraternité à ton égard, et il a formé un autre projet : celui de se comporter envers toi en étranger et de te tuer. Et le midrach explique : tu es déjà mort à ses yeux, et il a bu pour toi la coupe de consolation [que l’on avait l’habitude de boire après la perte d’un proche (voir Yirmeya 16, 7)]. Et d’après le sens littéral, le mot mithna‘hèm a le sens de « consolation » : ton meurtre le consolera des bénédictions qu’il n’a pas reçues.
Lorsque l'animosité de ton frère ne te menacera plus et qu'il aura oublié ce que tu lui as fait je t'enverrai ramener de là bas pourquoi m'exposer à vous perdre tous deux à la fois?"
Rachi (2)
Pourquoi serai-je privée de vous deux. Pourquoi [m’exposer à être] privée de vous deux ? Celui qui enterre ses enfants est appelé chakoul. Il est écrit au sujet de Ya’aqov : « comme je suis privé d’enfant (chakholti), je reste privé d’enfant (chakhalti) » (infra 43, 14).
De vous deux en un seul jour. S’il se lève contre toi et que toi, tu le tues, ses fils se dresseront et te tueront. Elle était inspirée par l’esprit saint et a prophétisé qu’ils mourraient le même jour, comme il est expliqué dans la guemara (Sota 13a).
Rébecca dit à Isaac "La vie m'est à charge à cause des filles de Heth Si Jacob choisit une épouse parmi les filles de Heth telle que celles ci parmi les filles de cette contrée que m'importe la vie?"
Rachi (1)
Je suis dégoûtée de ma vie. J’ai du mépris pour ma vie.
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