L’Éternel avait dit à Abram "Éloigne toi de ton pays de ton lieu natal et de la maison paternelle et va au pays que je t'indiquerai
Rachi (3)
Va pour toi. Pour ton bonheur et pour ton bien. C’est là-bas que je te ferai devenir une grande nation. Ici tu n’auras pas la faveur d’avoir des enfants (Roch haChana 16b). Et de plus, je ferai connaître ta nature à travers le monde (Midrach tan‘houma Lèkh lekha 3).
Hors de ton pays. N’avait-il pas déjà quitté son pays avec son père, et n’était-il pas arrivé à ‘Haran (supra 11, 31) ? Voici ce qu’a voulu lui signifier Dieu : « Eloigne-toi encore de là-bas et quitte la maison de ton père ! ».
Que je te montrerai. Dieu ne lui a pas immédiatement livré le nom du pays, afin de le valoriser à ses yeux (Beréchith raba 39, 8), et afin aussi de lui offrir une récompense pour chaque parole à laquelle il aura obéi. De même : « Prends s’il te plaît ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Yits‘haq... » (infra 22, 2). « Sur une des montagnes que je te dirai » (ibid.). Ou : « adresse-lui la proclamation que je te dicterai » (Yona 3, 2).
Je te ferai devenir une grande nation je te bénirai je rendrai ton nom glorieux et tu seras un type de bénédiction
Rachi (3)
Je te ferai devenir une grande nation. Les voyages incessants exposent à trois risques : celui d’avoir moins d’enfants, celui d’avoir moins d’argent et celui de jouir d’une moins bonne réputation. C’est pourquoi Avram a eu besoin de ces trois bénédictions où Dieu lui promet enfants (« je te ferai devenir une grande nation »), prospérité (« je te bénirai ») et renommée (« je rendrai ton nom glorieux ») (Beréchith raba 39, 11).
Et je te bénirai. Par la richesse.
Et tu seras bénédiction. Les bénédictions te sont confiées. C’est moi, jusqu’à présent, qui en disposais, puisque j’ai béni Adam et Noa‘h. Désormais, c’est toi qui béniras qui bon te semblera (Beréchith raba 39, 11). Autre explication : « Je te ferai devenir une grande nation » – c’est pourquoi on dit dans la ‘amida : « Eloqei Avraham ». « Je te bénirai » – c’est pourquoi on dit dans la ‘amida : « Eloqei Yits‘haq ». « Je rendrai ton nom glorieux » – c’est pourquoi on dit dans la ‘amida : « Eloqei Ya’aqov ». On aurait pu croire qu’il faille également conclure la bénédiction par ces trois noms. Aussi le verset se termine-t-il par : « et tu seras bénédiction » – c’est sur ton seul nom, [« maguén Avraham », et non sur les deux autres], qu’on achèvera la première bénédiction de la ‘amida (Pessa‘him 117b).
Je bénirai ceux qui te béniront et qui t'outragera je le maudirai et par toi seront heureuses toutes les races de la terre "
Rachi (1)
Par toi seront bénies. Il existe de nombreux midrachim, mais voici le sens littéral : Un homme dira à son fils : « Sois comme Avraham ! », c’est toujours le sens que donne le texte à l’expression : « ils seront bénis par toi ». Ce qui le prouve, [c’est que le père dira à son fils] : « Par toi Israël donnera sa bénédiction en disant : “Eloqim te fasse devenir comme Efrayim et Menachè” » ! (infra 48, 20).
"Abram prit Saraï son épouse Loth fils de son frère et tous les biens et les gens qu'ils avaient acquis à Harân Ils partirent pour se rendre dans le pays de Canaan et ils arrivèrent dans ce pays
Rachi (1)
Qu’ils avaient faites (‘assou) à ‘Haran. Qu’ils avaient fait entrer sous les ailes de la chekhina (Beréchith raba 39 14). Avraham « convertissait » les hommes, et Saraï « convertissait » les femmes, de sorte que le texte leur en tient compte comme s’ils les avaient « faits ». Quant au sens littéral du verset, il s’agissait de serviteurs et de servantes dont ils avaient fait l’acquisition. De même : « et c’est avec ce qui était à notre père qu’il “s’est fait” (‘assa) toute cette opulence » (infra 31, 1), ou : « et Israël “fait” (‘ossè) triomphe » (Bamidbar 24, 18). Le mot « faire » a ici le sens d’acquérir et d’amasser.
Abram s'avança dans le pays jusqu'au territoire de Sichem jusqu'à la plaine de Môré le Cananéen habitait dès lors ce pays
Rachi (4)
Avram traversa le pays. Il pénétra à l’intérieur, [sans toutefois le traverser de part en part].
Jusqu’à l’endroit de Chekhem. Afin de prier pour les fils de Ya’aqov, qui viendront un jour se battre contre Chekhem.
La plaine de Morè. C’est Chekhem (Sota 32a). Dieu lui a montré le mont Guerizim et le mont ‘Eval, sur lesquels Israël prêtera serment d’observer la Tora (Devarim 11, 29).
Et le Kena‘ani était alors dans le pays. Il était en train de conquérir Erets Israël, alors possession des descendants de Chem. Le pays avait été attribué à Chem lorsque Noa‘h avait partagé la terre entre ses fils, ainsi qu’il est écrit : « et Malki-Tsèdeq [identifié à Chem (Nedarim 32b)], roi de Chalém [future Jérusalem] » (infra 14, 18). C’est pourquoi Dieu dit à Avram : « je donnerai ce pays à ta descendance » (verset suivant). Je le restituerai un jour à tes descendants, qui sont de la descendance de Chem.
Il se transporta de là vers la montagne à l'est de Béthel et y dressa sa tente ayant Béthel à l'occident et Aï à l'orient il y érigea un autel au Seigneur et il proclama le nom de l'Éternel
Rachi (4)
Il se transporta de là. Il transporta et dressa sa tente.
A l’orient de Beith-El. A l’orient de Beith-El. Il aura Beith-El à l’ouest, ainsi qu’il est écrit : « Beith-El étant vers la mer ».
Sa tente. Le mot est écrit au féminin (aholoh : « sa tente à elle »). Il a commencé par dresser la tente de sa femme, et ensuite la sienne (Beréchith raba 39, 15).
Il y érigea un autel. Son intuition prophétique lui a révélé que ses descendants allaient être, un jour, impliqués dans la faute de ‘Akhan (Yehochou‘a 7, 1 et suiv.). Aussi y a-t-il prié pour eux (Beréchith raba 39, 16).
Abram partit ensuite se dirigeant constamment vers le midi
Rachi (1)
Allant et se déplaçant. Par étapes, séjournant ici un mois ou plus, puis repartant et allant planter sa tente ailleurs. Et toutes ses étapes le conduisaient « vers le sud », afin de le rapprocher du sud d’Erets Israël, et donc de Jérusalem, qui se trouvera un jour dans le territoire de Yehouda lequel recevra sa part dans le sud d’Erets Israël. Il se dirigeait ainsi vers le Mont Moria qui est dans son territoire (Beréchith raba).
Or il y eut une famine dans le pays Abram descendit en Égypte pour y séjourner la famine étant excessive dans le pays
Rachi (1)
Une famine dans le pays. Uniquement dans ce pays, afin de le mettre à l’épreuve (Midrach tan‘houma Lèkh lekha 5) et afin de voir s’il aurait une pensée de révolte contre le Saint béni soit-Il. Il lui avait dit de se rendre dans le pays de Kena‘an, et maintenant Il l’oblige à en sortir (Pirqé deRabi Eli‘èzèr 26).
Quand il fut sur le point d'arriver en Égypte il dit à Saraï son épouse "Certes je sais que tu es une femme au gracieux visage
Rachi (1)
Je sais que tu es femme au beau visage. Le midrach explique qu’il ne s’en était pas rendu compte jusqu’alors, à cause de leur pudeur respective. Il en prenait à présent conscience à cause de ce qui était en train de leur arriver. Autre explication : Les fatigues d’un voyage ont pour effet, en général, d’enlaidir les gens, mais Saraï avait conservé tout l’éclat de sa beauté (Beréchith raba 40, 4). Et voici le sens littéral du verset : « Le moment est venu, maintenant, de se faire du souci à cause de ta beauté. Je savais depuis longtemps que tu es belle, mais nous arrivons maintenant parmi des gens noirs et laids, les frères des habitants de Kouch [les Ethiopiens], qui n’ont pas l’habitude de voir de belles femmes ! ». De même : « Ah ! de grâce, mes seigneurs, détournez-vous », [où « de grâce » signifie également « maintenant »] (infra 19, 2).
En effet lorsqu’Abram fut arrivé en Égypte les Égyptiens remarquèrent que cette femme était extrêmement belle
Rachi (1)
Lorsque Avram fut arrivé en Egypte. Le texte aurait dû dire : « lorsqu’ils furent arrivés en Egypte ». C’est pour nous apprendre qu’il avait caché Saraï dans ses bagages. C’est au moment où les Egyptiens ont réclamé les taxes d’entrée qu’ils les ont fait ouvrir et l’ont découverte (Beréchith raba 40, 5).
Quant à Abram il fut bien traité pour l'amour d'elle il eut du menu et du gros bétail des ânes des esclaves mâles et femelles des ânesses et des chameaux
Rachi (1)
Et à Avram on fit du bien à cause d’elle. Pharaon lui fit du bien à cause d’elle.
Mais l'Éternel affligea de plaies terribles Pharaon et sa maison à cause de Saraï l'épouse d'Abram
Rachi (3)
Hachem frappa. D’une plaie, le raathan [sorte de pustule], qui le rendait impuissant (Beréchith raba 41, 2).
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A cause de (‘al devar – littéralement : « sur la parole de ») Saraï. A sa demande. Elle disait à l’ange : « Frappe ! », et il frappait (Midrach tan‘houma).
"Pourquoi as tu dit ‘Elle est ma sœur’ de sorte que je l'ai prise pour moi comme épouse? Or maintenant voici ta femme reprends la et retire toi!"
Rachi (1)
Prends-la et va. Tandis que Avimèlekh lui dira : « Voici mon pays devant toi [à ta disposition] ! » (infra 20, 15). Pharaon lui a dit, en revanche : « Va, ne reste pas dans mon pays, car les Egyptiens sont gens de mauvaises mœurs ! », ainsi qu’il est écrit : « [ces Egyptiens...] dont la lubricité égale celle des chevaux » (Ye‘hezqel 23, 20).
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