וַיְדַבֵּ֧ר יְהוָ֛ה אֶל־מֹשֶׁ֖ה בְּעַֽרְבֹ֣ת מוֹאָ֑ב עַל־יַרְדֵּ֥ן יְרֵח֖וֹ לֵאמֹֽר׃
L'Éternel parla à Moïse dans les plaines de Moab près du Jourdain vers Jéricho en disant
Texte hébreu (avec taamim), traduction française et commentaire de Rachi traduit en français, verset par verset. Sommaire du Houmash.
וַיְדַבֵּ֧ר יְהוָ֛ה אֶל־מֹשֶׁ֖ה בְּעַֽרְבֹ֣ת מוֹאָ֑ב עַל־יַרְדֵּ֥ן יְרֵח֖וֹ לֵאמֹֽר׃
L'Éternel parla à Moïse dans les plaines de Moab près du Jourdain vers Jéricho en disant
צַו֮ אֶת־בְּנֵ֣י יִשְׂרָאֵל֒ וְנָֽתְנ֣וּ לַלְוִיִּ֗ם מִֽנַּחֲלַ֛ת אֲחֻזָּתָ֖ם עָרִ֣ים לָשָׁ֑בֶת וּמִגְרָ֗שׁ לֶֽעָרִים֙ סְבִיבֹ֣תֵיהֶ֔ם תִּתְּנ֖וּ לַלְוִיִּֽם׃
"Avertis les enfants d'Israël qu'ils doivent donner aux Lévites sur leur part de possession des villes pour qu'ils y habitent outre une banlieue autour de ces villes que vous leur donnerez également
Et de la banlieue (oumigrach). Le mot migrach désigne une parcelle de terre située hors et autour de la ville, et destinée à son embellissement. Il n’était permis ni d’y construire des maisons, ni d’y planter des vignobles, ni d’y semer des produits agricoles (‘Arkhin 33b).
וְהָי֧וּ הֶֽעָרִ֛ים לָהֶ֖ם לָשָׁ֑בֶת וּמִגְרְשֵׁיהֶ֗ם יִֽהְי֤וּ לִבְהֶמְתָּם֙ וְלִרְכֻשָׁ֔ם וּלְכֹ֖ל חַיָּתָֽם׃
Les villes leur serviront pour l'habitation et les banlieues seront pour leur bétail pour leurs biens pour tous les besoins de leur vie
Et pour tout ce qui leur est vital. Pour tout ce dont ils ont un besoin indispensable (Nedarim 81a).
וּמִגְרְשֵׁי֙ הֶֽעָרִ֔ים אֲשֶׁ֥ר תִּתְּנ֖וּ לַלְוִיִּ֑ם מִקִּ֤יר הָעִיר֙ וָח֔וּצָה אֶ֥לֶף אַמָּ֖ה סָבִֽיב׃
Ces banlieues des villes que vous donnerez aux Lévites comporteront à partir du mur de chaque ville un rayon de mille coudées
Mille coudées autour. Alors qu’il est écrit plus loin : « deux mille coudées » (verset 5) ! Comment cela se peut-il ? Il leur donne une couronne de deux mille coudées, dont mille à l’intérieur comme banlieue, et mille à l’extérieur pour être employées comme champs et comme vignobles (Sota 27b).
וּמַדֹּתֶ֞ם מִח֣וּץ לָעִ֗יר אֶת־פְּאַת־קֵ֣דְמָה אַלְפַּ֪יִם בָּֽאַמָּ֟ה וְאֶת־פְּאַת־נֶגֶב֩ אַלְפַּ֨יִם בָּֽאַמָּ֜ה וְאֶת־פְּאַת־יָ֣ם ׀ אַלְפַּ֣יִם בָּֽאַמָּ֗ה וְאֵ֨ת פְּאַ֥ת צָפ֛וֹן אַלְפַּ֥יִם בָּֽאַמָּ֖ה וְהָעִ֣יר בַּתָּ֑וֶךְ זֶ֚ה יִֽהְיֶ֣ה לָהֶ֔ם מִגְרְשֵׁ֖י הֶֽעָרִֽים׃
Vous mesurerez extérieurement à la ville deux mille coudées du côté de l'orient deux mille du côté du midi deux mille du côté de l'occident et deux mille du côté du nord ayant pour centre la ville telles seront les banlieues de leurs villes
וְאֵ֣ת הֶֽעָרִ֗ים אֲשֶׁ֤ר תִּתְּנוּ֙ לַלְוִיִּ֔ם אֵ֚ת שֵׁשׁ־עָרֵ֣י הַמִּקְלָ֔ט אֲשֶׁ֣ר תִּתְּנ֔וּ לָנֻ֥ס שָׁ֖מָּה הָֽרֹצֵ֑חַ וַֽעֲלֵיהֶ֣ם תִּתְּנ֔וּ אַרְבָּעִ֥ים וּשְׁתַּ֖יִם עִֽיר׃
Ces villes que vous devez donner aux Lévites sont d'abord les six villes de refuge que vous accorderez pour que le meurtrier s'y retire en outre vous y ajouterez quarante deux villes
כָּל־הֶֽעָרִ֗ים אֲשֶׁ֤ר תִּתְּנוּ֙ לַלְוִיִּ֔ם אַרְבָּעִ֥ים וּשְׁמֹנֶ֖ה עִ֑יר אֶתְהֶ֖ן וְאֶת־מִגְרְשֵׁיהֶֽן׃
Total des villes que vous donnerez aux Lévites quarante huit villes avec leurs banlieues
וְהֶֽעָרִ֗ים אֲשֶׁ֤ר תִּתְּנוּ֙ מֵֽאֲחֻזַּ֣ת בְּנֵֽי־יִשְׂרָאֵ֔ל מֵאֵ֤ת הָרַב֙ תַּרְבּ֔וּ וּמֵאֵ֥ת הַמְעַ֖ט תַּמְעִ֑יטוּ אִ֗ישׁ כְּפִ֤י נַֽחֲלָתוֹ֙ אֲשֶׁ֣ר יִנְחָ֔לוּ יִתֵּ֥ן מֵֽעָרָ֖יו לַלְוִיִּֽם׃
Pour ces villes que vous devez distraire de la propriété des enfants d'Israël vous exigerez davantage de la plus grande tribu à la moindre vous demanderez moins chacun cédera de son territoire aux Lévites à proportion de la part qu'il aura obtenue "
וַיְדַבֵּ֥ר יְהוָ֖ה אֶל־מֹשֶׁ֥ה לֵּאמֹֽר׃
L'Éternel parla à Moïse en ces termes
דַּבֵּר֙ אֶל־בְּנֵ֣י יִשְׂרָאֵ֔ל וְאָֽמַרְתָּ֖ אֲלֵהֶ֑ם כִּ֥י אַתֶּ֛ם עֹֽבְרִ֥ים אֶת־הַיַּרְדֵּ֖ן אַ֥רְצָה כְּנָֽעַן׃
"Parle aux enfants d'Israël et dis leur Comme vous allez passer le Jourdain pour gagner le pays de Canaan,
וְהִקְרִיתֶ֤ם לָכֶם֙ עָרִ֔ים עָרֵ֥י מִקְלָ֖ט תִּֽהְיֶ֣ינָה לָכֶ֑ם וְנָ֥ס שָׁ֨מָּה֙ רֹצֵ֔חַ מַכֵּה־נֶ֖פֶשׁ בִּשְׁגָגָֽה׃
vous choisirez des villes propres à vous servir de cités d'asile là se réfugiera le meurtrier homicide par imprudence
Vous ferez survenir (wehiqrithem). Le verbe qaro exprime l’idée de « rencontrer », comme dans : « parce que Hachem, ton Eloqim, me l’a fait rencontrer (hiqra) devant moi » (Beréchith 27, 20) (Sifri).
וְהָי֨וּ לָכֶ֧ם הֶֽעָרִ֛ים לְמִקְלָ֖ט מִגֹּאֵ֑ל וְלֹ֤א יָמוּת֙ הָֽרֹצֵ֔חַ עַד־עָמְד֛וֹ לִפְנֵ֥י הָֽעֵדָ֖ה לַמִּשְׁפָּֽט׃
Ces villes serviront chez vous d'asile contre le vengeur du sang afin que le meurtrier ne meure point avant d'avoir comparu devant l'assemblée pour être jugé
Contre le vengeur. Contre le vengeur du sang, à savoir un proche parent de la victime.
וְהֶֽעָרִ֖ים אֲשֶׁ֣ר תִּתֵּ֑נוּ שֵׁשׁ־עָרֵ֥י מִקְלָ֖ט תִּֽהְיֶ֥ינָה לָכֶֽם׃
Quant aux villes à donner vous aurez six villes de refuge
Six villes de refuge. Cela nous apprend que, nonobstant le fait que Mochè ait désigné, de son vivant, trois villes de Transjordanie [pour servir de refuge], elles ne le sont devenues effectivement qu’après que Yehochou‘a eut choisi les trois autres situées en pays de Kena‘an (Makoth 9b)
אֵ֣ת ׀ שְׁלֹ֣שׁ הֶֽעָרִ֗ים תִּתְּנוּ֙ מֵעֵ֣בֶר לַיַּרְדֵּ֔ן וְאֵת֙ שְׁלֹ֣שׁ הֶֽעָרִ֔ים תִּתְּנ֖וּ בְּאֶ֣רֶץ כְּנָ֑עַן עָרֵ֥י מִקְלָ֖ט תִּֽהְיֶֽינָה׃
Vous accorderez trois de ces villes en deçà du Jourdain et les trois autres dans le pays de Canaan elles seront villes de refuge
Trois des villes. Il est vrai que neuf tribus se sont installées en pays de Kena‘an, et qu’ici il n’y en avait que deux et demie. Le texte leur a cependant attribué le même nombre de villes de refuge car nombreux étaient les meurtriers en Guil‘ad, comme il est écrit : « Guil‘ad est une cité de brigands, couverte de sang » (Hoché‘a 6, 8).
לִבְנֵ֣י יִשְׂרָאֵ֗ל וְלַגֵּ֤ר וְלַתּוֹשָׁב֙ בְּתוֹכָ֔ם תִּֽהְיֶ֛ינָה שֵׁשׁ־הֶֽעָרִ֥ים הָאֵ֖לֶּה לְמִקְלָ֑ט לָנ֣וּס שָׁ֔מָּה כָּל־מַכֵּה־נֶ֖פֶשׁ בִּשְׁגָגָֽה׃
Pour les enfants d'Israël comme pour l'étranger et le domicilié parmi eux ces six villes serviront d'asile où pourra se réfugier quiconque a tué une personne involontairement
וְאִם־בִּכְלִ֨י בַרְזֶ֧ל ׀ הִכָּ֛הוּ וַיָּמֹ֖ת רֹצֵ֣חַֽ ה֑וּא מ֥וֹת יוּמַ֖ת הָֽרֹצֵֽחַ׃
Que s'il l'a frappée avec un instrument de fer et qu'elle en soit morte c'est un assassin l'assassin doit être mis à mort
Et s’il l’a frappée avec un ustensile de fer. Il ne s’agit pas ici d’un homicide commis « par mégarde », comme au verset précédent, mais d’un homicide commis de manière délibérée, et l’on vient nous apprendre qu’il faut que l‘instrument dont s’est servi le meurtrier ait la dimension voulue pour tuer. Il en effet écrit toutes les fois : « dont on peut mourir » (versets 17, 18 et 23), formule que le Targoum Onqelos rend par : « dont la dimension permet de faire mourir », ce qu’il ne fait pas quand il s’agit du fer (verset 16). Car il est manifeste et connu devant le Saint béni soit-Il que le fer peut tuer même en quantité infime, même par une aiguille. C’est pourquoi la Tora n’a pas fixé pour lui de mesure en spécifiant : « dont on peut mourir ». Se pourrait-il cependant que le texte parle ici d’un homicide commis « par mégarde » ? Étant donné qu’il sera écrit plus loin : « ou s’il a fait tomber sur elle de toute pierre dont on peut mourir sans la voir… » (verset 23), c’est donc que dans les cas précédents il s’agit bien d’un homicide commis de manière délibérée.
וְאִ֡ם בְּאֶ֣בֶן יָד֩ אֲשֶׁר־יָמ֨וּת בָּ֥הּ הִכָּ֛הוּ וַיָּמֹ֖ת רֹצֵ֣חַֽ ה֑וּא מ֥וֹת יוּמַ֖ת הָֽרֹצֵֽחַ׃
Si s'armant d'une pierre qui peut donner la mort il a porté un coup mortel c'est un assassin l'assassin doit être mis à mort
Avec une pierre à la main. Une pierre qui lui remplit la main (Sifri).
Dont on peut mourir. Qui ait la dimension voulue pour tuer, comme le rend le Targoum Onqelos. Étant donné qu’il est écrit : « … et qu’un homme frappera son prochain avec une pierre… » (Chemoth 21, 18), sans précision quant aux dimensions de cette pierre, j’aurais pu penser : « si minime soit-elle ». Aussi est-il écrit : « dont on peut mourir ». (Sifri).
א֡וֹ בִּכְלִ֣י עֵֽץ־יָד֩ אֲשֶׁר־יָמ֨וּת בּ֥וֹ הִכָּ֛הוּ וַיָּמֹ֖ת רֹצֵ֣חַֽ ה֑וּא מ֥וֹת יוּמַ֖ת הָֽרֹצֵֽחַ׃
Pareillement si armé d'un objet en bois pouvant donner la mort il a porté un coup mortel c'est un assassin l'assassin doit être mis à mort
Ou avec un ustensile de bois à la main. Étant donné qu’il est écrit : « Et lorsqu’un homme frappe du bâton son serviteur ou sa servante… » (Chemoth 21, 20), j’aurais pu penser : « si minime soit-il ». Aussi est-il écrit, à propos du bois : « dont on peut mourir » – il faut qu’il ait la dimension voulue pour tuer (Sifri).
גֹּאֵ֣ל הַדָּ֔ם ה֥וּא יָמִ֖ית אֶת־הָֽרֹצֵ֑חַ בְּפִגְעוֹ־ב֖וֹ ה֥וּא יְמִתֶֽנּוּ׃
C'est le vengeur du sang qui fera mourir l'assassin s'il le rencontre qu'il le fasse mourir
Quand il le rencontrera. Même à l’intérieur des villes de refuge.
וְאִם־בְּשִׂנְאָ֖ה יֶהְדֳּפֶ֑נּוּ אֽוֹ־הִשְׁלִ֥יךְ עָלָ֛יו בִּצְדִיָּ֖ה וַיָּמֹֽת׃
Si quelqu'un heurte un autre par haine ou lui lance quelque chose avec préméditation et qu'il en meure
Avec malice. Comme le rend le Targoum Onqelos : « en embuscade ».
א֣וֹ בְאֵיבָ֞ה הִכָּ֤הוּ בְיָדוֹ֙ וַיָּמֹ֔ת מֽוֹת־יוּמַ֥ת הַמַּכֶּ֖ה רֹצֵ֣חַֽ ה֑וּא גֹּאֵ֣ל הַדָּ֗ם יָמִ֛ית אֶת־הָֽרֹצֵ֖חַ בְּפִגְעוֹ־בֽוֹ׃
ou si par inimitié il lui porte un coup avec la main et qu'il meure l'homicide doit être mis à mort c'est un assassin le vengeur du sang devra le tuer sitôt qu'il le rencontre
וְאִם־בְּפֶ֥תַע בְּלֹֽא־אֵיבָ֖ה הֲדָפ֑וֹ אֽוֹ־הִשְׁלִ֥יךְ עָלָ֛יו כָּל־כְּלִ֖י בְּלֹ֥א צְדִיָּֽה׃
Mais s'il l'a heurté fortuitement sans hostilité ou s'il a jeté quelque objet sur lui sans dessein de l'atteindre
Soudain. Involontairement. Le Targoum Onqelos le rend par : « proche ». Il était près de lui et n’a pas eu le temps de faire attention.
א֣וֹ בְכָל־אֶ֜בֶן אֲשֶׁר־יָמ֥וּת בָּהּ֙ בְּלֹ֣א רְא֔וֹת וַיַּפֵּ֥ל עָלָ֖יו וַיָּמֹ֑ת וְהוּא֙ לֹֽא־אוֹיֵ֣ב ל֔וֹ וְלֹ֥א מְבַקֵּ֖שׁ רָֽעָתֽוֹ׃
si encore tenant une pierre qui peut donner la mort il la fait tomber sur quelqu'un qu'il n'avait pas vu et le fait mourir sans d'ailleurs être son ennemi ni lui vouloir du mal,
Ou de toute pierre dont on peut mourir. Il a frappé la victime.
Sans le voir. Sans l’avoir vu.
Il a fait tomber sur lui. D’où l’on a déduit que celui qui tue en frappant « de haut en bas » est passible de l’exil, mais que celui qui a frappé « de bas en haut » ne l’est pas (Makoth 7b).
וְשָֽׁפְטוּ֙ הָֽעֵדָ֔ה בֵּ֚ין הַמַּכֶּ֔ה וּבֵ֖ין גֹּאֵ֣ל הַדָּ֑ם עַ֥ל הַמִּשְׁפָּטִ֖ים הָאֵֽלֶּה׃
l'assemblée sera juge entre l'homicide et le vengeur du sang en s'inspirant de ces règles
וְהִצִּ֨ילוּ הָֽעֵדָ֜ה אֶת־הָֽרֹצֵ֗חַ מִיַּד֮ גֹּאֵ֣ל הַדָּם֒ וְהֵשִׁ֤יבוּ אֹתוֹ֙ הָֽעֵדָ֔ה אֶל־עִ֥יר מִקְלָט֖וֹ אֲשֶׁר־נָ֣ס שָׁ֑מָּה וְיָ֣שַׁב בָּ֗הּ עַד־מוֹת֙ הַכֹּהֵ֣ן הַגָּדֹ֔ל אֲשֶׁר־מָשַׁ֥ח אֹת֖וֹ בְּשֶׁ֥מֶן הַקֹּֽדֶשׁ׃
Et cette assemblée soustraira le meurtrier à l'action du vengeur du sang et elle le fera reconduire à la ville de refuge où il s'était retiré et il y demeurera jusqu'à la mort du grand pontife qu'on aura oint de l'huile sacrée
Jusqu’à la mort du grand pontife. Car son rôle est de faire siéger la chekhina en Israël et de prolonger les vies, alors que le meurtrier contribue à éloigner la chekhina d’Israël et à raccourcir des vies. Il n’est donc pas digne de se trouver en présence du kohen gadol. Autre explication : Parce que le kohen gadol aurait dû prier pour que ne soit pas, de son vivant, commis un tel crime (Makoth 11a).
Que l’on a oint de l’huile sainte. Voici comment comprendre, selon le sens littéral, les termes de ce verset, écrit de manière elliptique, et où il n’est pas explicité qui est « l’oignant ». On lira donc : « l’oignant qui a oint de l’huile sainte ». Et nos maîtres ont expliqué, dans le traité Makoth (11b), qu’ici se trouve la preuve permettant d’apprendre ce qui suit : Si le kohen gadol meurt avant que soit terminé le procès de l’auteur de l’homicide, et si la nomination de son successeur précède le verdict, le condamné ne rentrera chez lui qu’à la mort du second, comme il est écrit : « que l’on a oint ». Est-ce lui qui a oint le kohen, ou est-ce le kohen qui l’a oint ? C’est donc bien pour prouver que ne lui rend sa liberté que la mort du kohen gadol qui a reçu l’onction à une époque où il était déjà condamné.
וְאִם־יָצֹ֥א יֵצֵ֖א הָֽרֹצֵ֑חַ אֶת־גְּבוּל֙ עִ֣יר מִקְלָט֔וֹ אֲשֶׁ֥ר יָנ֖וּס שָֽׁמָּה׃
Mais si le meurtrier vient à quitter l'enceinte de la ville de refuge où il s'est retiré,
וּמָצָ֤א אֹתוֹ֙ גֹּאֵ֣ל הַדָּ֔ם מִח֕וּץ לִגְב֖וּל עִ֣יר מִקְלָט֑וֹ וְרָצַ֞ח גֹּאֵ֤ל הַדָּם֙ אֶת־הָ֣רֹצֵ֔חַ אֵ֥ין ל֖וֹ דָּֽם׃
et que le vengeur du sang le rencontrant hors des limites de son asile tue le meurtrier il ne sera point punissable
Il n’y a pas de sang. On le considérera comme s’il avait tué un mort vidé de son sang (Makoth
כִּ֣י בְעִ֤יר מִקְלָטוֹ֙ יֵשֵׁ֔ב עַד־מ֖וֹת הַכֹּהֵ֣ן הַגָּדֹ֑ל וְאַֽחֲרֵ֥י מוֹת֙ הַכֹּהֵ֣ן הַגָּדֹ֔ל יָשׁוּב֙ הָֽרֹצֵ֔חַ אֶל־אֶ֖רֶץ אֲחֻזָּתֽוֹ׃
Car le meurtrier doit rester dans son asile jusqu'à la mort du grand pontife et après la mort de ce pontife seulement il pourra retourner au pays de sa possession
וְהָי֨וּ אֵ֧לֶּה לָכֶ֛ם לְחֻקַּ֥ת מִשְׁפָּ֖ט לְדֹרֹֽתֵיכֶ֑ם בְּכֹ֖ל מוֹשְׁבֹֽתֵיכֶֽם׃
Ces prescriptions auront pour vous force de loi dans toutes vos générations dans toutes vos demeures
Dans toutes vos demeures. Cela nous apprend que le « petit tribunal » doit fonctionner hors d’Erets Yisrael aussi longtemps qu’il fonctionne en Erets Yisrael (Makoth 7a).
כָּ֨ל־מַכֵּה־נֶ֔פֶשׁ לְפִ֣י עֵדִ֔ים יִרְצַ֖ח אֶת־הָֽרֹצֵ֑חַ וְעֵ֣ד אֶחָ֔ד לֹֽא־יַעֲנֶ֥ה בְנֶ֖פֶשׁ לָמֽוּת׃
Dans tout cas d'homicide c'est sur une déclaration de témoins qu'on fera mourir l'assassin mais un témoin unique ne peut par sa déposition faire condamner une personne à mort
Quiconque frappe une âme…. Celui qui veut tuer qui en a tué un autre (Sifri).
Selon la bouche de témoins. Qui attesteront qu’il a tué de manière délibérée et après avertissement.
וְלֹֽא־תִקְח֥וּ כֹ֨פֶר֙ לְנֶ֣פֶשׁ רֹצֵ֔חַ אֲשֶׁר־ה֥וּא רָשָׁ֖ע לָמ֑וּת כִּי־מ֖וֹת יוּמָֽת׃
Vous n'accepterez point de rançon pour la vie d'un meurtrier s'il est coupable et digne de mort il faut qu'il meure
Et vous ne prendrez pas de rançon. Il ne pourra pas se libérer par un paiement en argent (Ketouvoth 37b).
וְלֹֽא־תִקְח֣וּ כֹ֔פֶר לָנ֖וּס אֶל־עִ֣יר מִקְלָט֑וֹ לָשׁוּב֙ לָשֶׁ֣בֶת בָּאָ֔רֶץ עַד־מ֖וֹת הַכֹּהֵֽן׃
Vous n'accepterez pas non plus de rançon pour que dispensé de fuir dans la ville de refuge on puisse revenir habiter dans le pays avant la mort du pontife
Et vous ne prendrez pas de rançon pour celui qui s’enfuit vers une ville de son refuge. Celui qui s’est enfui vers une ville de refuge pour avoir tué « par mégarde » ne peut se libérer de l’exil en payant une rançon, et pouvoir ainsi « revenir, pour demeurer dans le pays » avant la mort du kohen gadol (Sifri).
Qui s’enfuit (lanous). Comme : « qui s’est enfui », comme dans : « ceux qui reviennent (chouvei) de la guerre » (Mikha 2, 8) pour : « ceux qui sont revenus de la guerre », ou comme dans : « ceux qui ont souffert (noguei) d’être mis à l’écart de la fête » (Tsefania 3, 18), ou comme dans : « car ils étaient circoncis (moulim) » (Yehochou‘a 5, 5). De même que l’on emploie la forme chouv (« celui qui revient ») pour celui qui est déjà revenu, et la forme moul (« celui qui est circoncis ») pour celui qui est déjà circoncis, de même dira-t-on lanous (« celui qui s’enfuit ») pour celui qui s’est déjà enfui et que l’on appelle un fugitif. Et si l’on devait soutenir que lanous est un infinitif, et donc que « vous ne prendrez pas de rançon pour celui qui devrait s’enfuir pour se libérer de l’exil », je ne comprendrais pas pourquoi le verset continue avec : « pour revenir, pour demeurer dans le pays ». Car s’il ne s’est pas encore enfui, d’où peut-il revenir ?
וְלֹֽא־תַחֲנִ֣יפוּ אֶת־הָאָ֗רֶץ אֲשֶׁ֤ר אַתֶּם֙ בָּ֔הּ כִּ֣י הַדָּ֔ם ה֥וּא יַֽחֲנִ֖יף אֶת־הָאָ֑רֶץ וְלָאָ֣רֶץ לֹֽא־יְכֻפַּ֗ר לַדָּם֙ אֲשֶׁ֣ר שֻׁפַּךְ־בָּ֔הּ כִּי־אִ֖ם בְּדַ֥ם שֹֽׁפְכֽוֹ׃
De la sorte vous ne souillerez point le pays où vous demeurez Car le sang est une souillure pour la terre et la terre où le sang a coulé ne peut être lavée de cette souillure que par le sang de celui qui l'a répandu
Et vous ne souillerez pas. Comme le rend le Targoum Onqelos : « vous ne le rendrez pas coupable ».
וְלֹ֧א תְטַמֵּ֣א אֶת־הָאָ֗רֶץ אֲשֶׁ֤ר אַתֶּם֙ יֹֽשְׁבִ֣ים בָּ֔הּ אֲשֶׁ֥ר אֲנִ֖י שֹׁכֵ֣ן בְּתוֹכָ֑הּ כִּ֚י אֲנִ֣י יְהוָ֔ה שֹׁכֵ֕ן בְּת֖וֹךְ בְּנֵ֥י יִשְׂרָאֵֽל׃
Ne déshonorez point le pays où vous habiterez dans lequel je résiderai car moi même Éternel je réside au milieu des enfants d'Israël "
Au milieu duquel je réside. Ne me faites pas résider dans son impureté.
Car je suis Hachem qui réside au milieu des fils d’Israël. La chekhina siège parmi eux même lorsqu’ils sont impurs (Sifri).