Tous les enfants d'Israël murmurèrent contre Moïse et Aaron et toute la communauté leur dit "Que ne sommes nous morts dans le pays d'Egypte ou que ne mourons nous dans ce désert!
Rachi (1)
Si nous étions morts. Si seulement nous avions pu mourir !
Et pourquoi l'Éternel nous mène t il dans ce pays là pour y périr par le glaive nous voir ravir nos femmes et nos enfants? Certes il vaut mieux pour nous retourner en Egypte "
Et ils se dirent l'un à l'autre "Donnons nous un chef et retournons en Egypte!"
Rachi (1)
Donnons-nous un chef. Comme le rend le Targoum Onqelos : « Nommons un chef », c’est-à-dire : « Installons-nous un roi ! » Nos maîtres ont expliqué qu’il y a là une connotation d’idolâtrie (Midrach othiyoth derabi ‘Aqiva).
Mais ne vous mutinez point contre l'Éternel ne craignez point vous le peuple de ce pays car ils seront notre pâture leur ombre les a abandonnés et l'Éternel est avec nous ne les craignez point!"
Rachi (3)
Ne vous révoltez pas. Et alors « et vous, ne craignez pas ».
Car ils sont notre pain. Nous les mangerons comme du pain.
Leur ombre s’est retirée. Leur bouclier et leur vigueur. Ceux parmi eux qui étaient vertueux sont morts, comme Iyov qui les avait protégés (Baba Bathra 15a, Sota 35a). Autre explication : C’est l’ombre de Hachem qui s’en était retirée.
Et l'Éternel dit à Moïse "Quand cessera ce peuple de m'outrager? Combien de temps manquera t il de confiance en moi malgré tant de prodiges que j'ai opérés au milieu de lui?
Rachi (2)
Jusqu’à quand me méprisera-t-il. Me mettra-t-il en colère.
Tous les signes. Ils auraient dû, à cause de tous les miracles que j’ai accomplis en leur faveur, avoir confiance en mon aptitude à tenir ma promesse.
Je veux le frapper de la peste et l'anéantir et te faire devenir toi même un peuple plus grand et plus puissant que celui ci "
Rachi (2)
Et je le détruirai. Comme le rend le Targoum Onqelos, il y a là l’idée de « chasser ». Quant à savoir ce que je ferai de mon serment aux patriarches (Chemoth 6, 4)…
… Et je ferai de toi une nation plus grande. Car tu es de leur descendance (Midrach Tan‘houma).
Moïse répondit à l'Éternel "Mais les Egyptiens ont su que tu as par ta puissance fait sortir ce peuple du milieu d'eux,
Rachi (2)
Les Égyptiens entendront. Ils entendront que tu veux les tuer.
Que (ki) tu as fait monter. Le mot ki signifie ici : « que » (Roch hachana 3a). Ils ont vu que tu les as fait sortir de chez eux avec ta grande puissance, et lorsqu’ils entendront que tu les a tués, ils n’expliqueront pas que c’est parce qu’ils ont péché envers toi, mais ils diront que tu as certes pu faire la guerre contre eux, mais que tu n’en as pas eu la possibilité contre les habitants de ce pays. C’est ce que veut dire le verset suivant :
et ils l'ont dit aux habitants de ce pays là ils ont appris Seigneur que tu es au milieu de ce peuple que celui qu'ils ont vu face à face c'est toi même Seigneur que ta nuée plane au dessus d'eux que dans une colonne nébuleuse tu les guides le jour et dans une colonne de feu la nuit
Rachi (1)
Ils le diront à (el) l’habitant de ce pays-là. Le mot el correspond à ‘al (« au sujet de » l’habitant de ce pays-là). Et qu’en diront-ils ? Ce qui est écrit à la suite : « Faute de pouvoir pour Hachem… » (verset 16). Car ils ont « entendu que toi, Hachem » résidais parmi eux, « qu’on voyait œil dans l’œil, toi Hachem » que tu leur apparaissais, le tout comme marque d’affection, et ils n’ont pas remarqué jusqu’à présent que ton amour se soit détourné d’eux.
"Parce que l'Éternel n'a pu faire entrer ce peuple dans le pays qu'il leur avait solennellement promis il les a égorgés dans le désert "
Rachi (3)
Faute de pouvoir…. Parce que les habitants de ce pays sont forts et puissants, et que Pharaon ne peut se mesurer aux trente et un rois (Berakhoth 32a). Voilà ce qu’ils diront des habitants de ce pays-là.
Faute de pouvoir. C’est parce qu’il ne pouvait les amener qu’il les a massacrés (Midrach Tan‘houma).
Pouvoir (yekholeth). Le mot yekholeth est un substantif.
"L'Éternel est plein de longanimité et de bienveillance il supporte le crime et la rébellion sans toutefois les absoudre faisant justice du crime des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et à la quatrième génération "
Rachi (3)
… Hachem est long à la colère. Pour les justes comme pour les impies. Lorsque Mochè est monté Là-Haut, il a trouvé le Saint béni soit-Il en train d’écrire : « Hachem est long à la colère. » « Pour les justes, demanda-t-il ? – Pour les impies également, répondit le Saint béni soit-Il. » Mochè répliqua : « Périssent les impies ! » La Saint béni soit-Il le reprit : « Par ta vie ! Tu auras besoin un jour d’invoquer cette phrase ! » Quand Israël eut commis le péché du veau d’or et celui des explorateurs, Mochè souligna dans sa prière qu’Il était « long à la colère ». Le Saint béni soit-Il lui rappela : « Ne m’avais-tu pas dit que ma longanimité ne devrait profiter qu’aux justes ? – Et toi, rétorqua Mochè, ne m’avais-tu pas dit qu’elle profiterait également aux impies ? » (Sanhèdrin 111a).
Et absoudre. Ceux qui se repentent.
Il n’absout pas. Ceux qui ne se repentent pas (Yoma 86a).
Mais aussi vrai que je suis vivant et que la majesté de l'Éternel remplit toute la terre,
Rachi (2)
Et cependant. Comme : « Mais » voici ce que je leur ferai…
Aussi vrai que je suis vivant. C’est une formule de serment : Aussi vrai que je suis vivant et que ma gloire emplit toute la terre, de même ferai-je que « tous les hommes qui ont vu […] s’ils voient le pays… » Le texte est en désordre : « Aussi vrai que je suis vivant […] que tous ces hommes ne verront pas le pays […] et que ma gloire emplit toute la terre… » … mon Nom ne sera pas profané par cette plaie-ci pour que l’on dise : « faute de pouvoir pour Hachem d’amener ce peuple-ci… » Car je ne les ferai pas mourir subitement comme un seul homme, mais à une échéance de quarante ans, peu à peu.
Pour mon serviteur Caleb attendu qu'il a été animé d'un esprit différent et m'est resté pleinement fidèle je le ferai entrer dans le pays où il a pénétré et sa postérité le possédera
Rachi (4)
Un autre esprit. Il est question ici de deux esprits : celui de la bouche et celui du cœur. Il avait dit aux explorateurs : « Je suis avec vous dans vos menées. » Mais il était résolu dans son cœur à dire la vérité, et c’est ainsi qu’il a eu la force de les faire taire, comme il est écrit : « Calev fit taire… » (supra 13, 30). Car ils croyaient qu’il dirait comme eux (Midrach Tan‘houma). Et c’est ce qui est écrit : « … et je lui rapportai la chose comme elle était dans mon cœur » (Yehochou‘a 14, 7), et non comme elle était « dans ma bouche ».
Il était pleinement derrière moi. Il a rempli son cœur de la résolution de marcher derrière moi. Le texte s’exprime ici de manière elliptique.
Où il est venu. On lui donnera ‘Hèvron.
En prendra possession. Comme le rend le Targoum Onqelos : « il le chassera ». Ils chasseront les ‘Anaqim et le peuple qui s’y trouve. On ne traduit yorichèna par : « ils en prendront possession » que s’il porte deux yod (yyorichèna).
"Jusqu'à quand tolérerai je cette communauté perverse et ses murmures contre moi? Car les murmures que les enfants d'Israël profèrent contre moi je les ai entendus
Rachi (3)
Cette mauvaise communauté-là…. Il s’agit des explorateurs. D’où l’on apprend qu’une communauté (‘éda) est composée de dix hommes (Meguila 23b, Sanhèdrin 2a).
Qui récrimine. Qui fait murmurer Israël contre moi.
Les récriminations des fils d’Israël qu’ils récriminent. Les récriminations qu’ils leur font proférer, je les ai entendues.
Vos cadavres resteront dans ce désert vous tous qui avez été dénombrés tous tant que vous êtes âgés de vingt ans et au delà qui avez murmuré contre moi!
Rachi (1)
Vous tous qui avez été dénombrés, selon tous vos nombres. Tous ceux qui ont été dénombrés, quelle que soit la méthode employée pour leur dénombrement – obligation de servir dans l’armée ou celle de verser des cheqalim – mourront quoi qu’il advienne. Et quels sont-ils ? Ceux « depuis l’âgé de vingt ans… », à l’exclusion donc de la tribu de Léwi qui n’a pas été dénombrée à l’âge de vingt ans (Baba Bathra 121b).
Jamais vous n'entrerez vous dans ce pays où j'avais solennellement promis de vous établir! II n'y aura d'exception que pour Caleb fils de Yefounné et Josué fils de Noun
Mais vos cadavres à vous pourriront dans ce désert
Rachi (1)
Et vos cadavres, à vous. Comme le rend le Targoum Onqelos : « ceux qui sont à vous ». Ayant promis au sujet des enfants qu’Il les fera entrer dans le pays, Il a voulu mettre l’accent et dire : « Et vous, vous mourrez ! » Il convient donc bien, par conséquent, d’employer ici le mot atèm (« vous »).
Vos enfants iront errant dans le désert quarante années expiant vos infidélités jusqu'à ce que le désert ait reçu toutes vos dépouilles
Rachi (2)
Quarante années. Aucun d’eux n’est mort avant l’âge de soixante ans, raison pour laquelle a été décidée la durée de quarante ans, afin que ceux âgés de vingt ans atteignent la soixantaine. La première année [du séjour dans le désert] est incluse, bien qu’elle ait précédé l’envoi des explorateurs. L’idée en avait en effet germé [dans l’esprit de Hachem] dès la faute du veau d’or, mais Il a attendu que la mesure soit comble. C’est ce qui est écrit : « Et au jour où je me manifesterai – dans l’affaire des explorateurs – je me manifesterai auprès d’eux pour leur péché » (Chemoth 32, 34). Et d’ailleurs, le texte dit ici aussi : « vous porterez “vos crimes” » (verset 34), et non : « votre crime ». Deux crimes ont été commis, celui du veau d’or et celui des récriminations. Il leur a compté, dans le nombre des années de leur vie, une fraction d’année comme en valant une entière, et ceux qui avaient eu alors vingt ans sont morts dès qu’ils ont atteint l’âge de soixante (Midrach Tan‘houma).
Ils porteront vos prostitutions. Comme le rend le Targoum Onqelos : « Ils porteront le poids de vos péchés ».
Selon le nombre de jours que vous avez exploré le pays autant de jours autant d'années vous porterez la peine de vos crimes partant quarante années et vous connaîtrez les effets de mon hostilité
Rachi (1)
Mon détournement (tenouathi). Que vous avez détourné de moi votre cœur. Le mot « détournement » signifie ici : « mise à l’écart », comme dans : « car son père l’a écartée (héni) » (infra 30, 6).
Moi l'Éternel je le déclare oui c'est ainsi que j'en userai avec toute cette communauté perverse ameutée contre moi C'est dans ce désert qu'elle prendra fin c'est là qu'elle doit mourir "
De fait les hommes que Moïse avait envoyés explorer le pays et qui de retour avaient fait murmurer contre lui toute la communauté en décriant ce pays,
Rachi (2)
Ils sont revenus, ils ont fait récriminer sur lui. À leur retour de leur périple dans le pays, ils ont fait murmurer toute la communauté contre Lui en l’incitant à proférer des calomnies. Ce sont ces hommes-là qui sot morts. Débiter des propos (diba – littéralement : « faire sortir des paroles »), c’est livrer un enseignement par lequel on apprend à d’autres à parler leur langue, comme dans : « qui rend loquaces (dovev) les lèvres endormies » (Chir hachirim 7, 10). Étant donné que ce terme peut s’employer dans le bon comme dans le mauvais sens, le texte parle ici de débiter de « méchants » propos, car il peut en exister des « bons ».
ces hommes qui avaient débité de méchants propos sur le pays périrent frappés par le Seigneur
Rachi (1)
Par la plaie devant Hachem. Par la mort qui leur était appropriée, mesure pour mesure : Comme c’est par la langue qu’ils avaient péché, celle-ci s’est allongée jusqu’au nombril. Des vers sont sortis de leurs langues et ont pénétré dans leur nombril (Sota 35a). Voilà pourquoi il est écrit : « par “la” plaie », et non : « par “une” plaie », et voilà aussi pourquoi il est écrit : « devant Hachem » – par celle-là même qui leur était appropriée conformément aux principes du Saint béni soit-Il, qui pèse « mesure pour mesure ».
Josué fils de Noun et Caleb fils de Yefounné furent seuls épargnés entre ces hommes qui étaient allés explorer le pays
Rachi (1)
Et Yehochou‘a et Calev vécurent. Que veulent dire ces mots : « ils “vécurent de” ces hommes-là » ? Cela nous apprend qu’ils ont recueilli la part des explorateurs dans le pays et qu’ils y ont pris leur place pour y vivre (Baba Bathra 118b).
Puis le lendemain de bon matin ils se dirigèrent vers le sommet de la montagne disant "Nous sommes prêts à marcher vers le lieu que l'Éternel a désigné car nous avons péché "
Rachi (4)
Vers le sommet de la montagne. C’est le chemin qui monte vers Erets Yisrael.
Nous voici, nous monterons vers l’endroit. Vers Erets Yisrael.
Que Hachem a dit. Qu’Il nous le donnera, là nous monterons.
Car nous avons péché. En ayant dit : « N’est-il pas bon pour nous de retourner en Égypte ? » (verset 3).
Car l'Amalécite et le Cananéen sont là sur votre chemin et vous tomberiez sous leur glaive aussi bien vous vous êtes éloignés de l'Éternel l'Éternel ne sera point avec vous!"
Rachi (1)
Puisque aussi bien vous vous êtes éloignés. C’est-à-dire : Cela vous arrivera parce que vous vous êtes éloignés, etc.
Mais ils s'obstinèrent à monter au sommet de la montagne cependant ni l'arche d'alliance du Seigneur ni Moïse ne bougèrent du milieu du camp
Rachi (1)
Ils s’obstinèrent (waya’pilou). C’est une expression de « vigueur », comme dans : « Voici, son âme enflée d’orgueil (‘oupla) » (‘Habaqouq 2, 4). En français médiéval : « engrés », mot comportant une connotation d’effronterie. Et comme dans : « colline fortifiée (‘ofèl) de la fille de Sion » (Mikha 4, 8), ou dans : « tour (‘ofèl) et château fort » (Yecha’yah 32, 14). Quant au Midrach Tan‘houma, il explique ce mot comme comportant une connotation d’« obscurité » : ils ont marché dans l’obscurité, parce que sans autorisation.
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