Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 526 sur 1017
du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
1. Voici l’ordre des actions du service à effectuer le jour de Kippour. Vers la mi-nuit, on tire au sort celui d’entre les cohanim qui prélèvera les cendres sur l’autel ; on dispose le bois pour le bûcher de l’autel et on enlève les cendres comme on le fait tous les jours, suivant l’ordre que nous avons exposé, jusqu’à ce qu’arrive le moment de faire l’abattage du sacrifice quotidien (tamid). Lorsque arrive le moment de faire l’abattage de celui-ci, on tend un voile de lin entre le grand-prêtre et le peuple par pudeur. Pourquoi en lin ? Pour qu’il prenne conscience que tout le service propre à ce jour se fait avec des vêtements de lin. Il ôte ses vêtements profanes personnels, s’immerge dans le mikvé, puis il revêt les « vêtements d’or » c’est-à-dire les huit vêtements du grand-prêtre et se sanctifie les mains et les pieds à l’aide de la cruche d’or. Il fait alors l’abattage de l’agneau du sacrifice quotidien en sectionnant la majeure partie des deux signes – œsophage et trachée – et laisse quelqu’un d’autre achever l’abattage. Il recueille alors le sang dans un récipient et en fait aspersion sur l’autel conformément à la procédure du sacrifice quotidien. Il entre ensuite dans le Heikhal, brûle l’encens quotidien du matin, puis nettoie et rallume les lampes du candélabre. Il brûle ensuite sur l’autel les membres du sacrifice quotidien, les ‘havitine et les libations, conformément à la procédure de l’offrande quotidienne que nous avons déjà exposée. Après le sacrifice quotidien, il offre le taureau et les sept moutons du sacrifice supplémentaire (moussaf) de ce jour. Ensuite, il se sanctifie les mains et les pieds, ôte les vêtements d’or, s’immerge, revêt les vêtements de lin blanc, se sanctifie les mains et les pieds, et vient auprès de son taureau – le taureau que le grand-prêtre apporte, de son argent personnel, comme expiatoire. Son taureau se trouvait dans l’espace entre le Oulam et l’autel, l’avant vers le sud, la tête tournée vers l’ouest. Le grand-prêtre se tient à l’est du taureau, le visage tourné vers l’ouest. Il appuie ses mains sur la tête du taureau et se confesse. Voici ce qu’il dit : « Ô D.ieu, j’ai fauté par inadvertance, j’ai fauté volontairement, j’ai fauté par rébellion devant Toi, moi ainsi que ma maison ; de grâce, D.ieu, pardonne les fautes involontaires, les fautes conscientes et les fautes par rébellion que moi et ma maison avons commises devant Toi, etc., ainsi qu’il est dit dans la Thora de Moïse ton serviteur : « Car en ce jour, Il fera expiation sur vous pour vous purifier de toutes vos fautes ; devant D.ieu vous serez purifiés. » » Ensuite il procède au tirage au sort entre les deux boucs. Il attache une bandelette de laine rouge sur la tête du bouc à envoyer à Azazel et le met face à la porte par laquelle il sera envoyé, et il attache aussi une languette sur le cou du bouc qui sera sacrifié. Il revient ensuite vers son taureau, appuie ses mains sur sa tête et se confesse une seconde fois. Voici ce qu’il dit : « Ô D.ieu, j’ai fauté par inadvertance, j’ai fauté volontairement, j’ai fauté par rébellion devant Toi, moi ainsi que ma maison et les fils d’Aaron le peuple de Ta sainteté ; de grâce, D.ieu, pardonne les fautes involontaires, les fautes conscientes et les fautes par rébellion que moi, ma maison et les fils d’Aaron, ton peuple saint, avons commises devant Toi, etc., ainsi qu’il est dit dans la Thora de Moïse ton serviteur : « Car en ce jour, etc. » » Il procède ensuite à l’abattage du taureau, en recueille le sang dans un récipient et transmet celui-ci à quelqu’un qui l’agite afin qu’il ne coagule pas. Ce dernier se tient sur la quatrième rangée de pierres depuis le Heikhal, à l’extérieur de celui-ci, c’est-à-dire dans le parvis. Le grand-prêtre prend alors la pelle et ramasse des braises sur l’autel, du côté ouest, ainsi qu’il est dit : « de dessus l’autel, devant D.ieu ». Il descend ensuite de l’autel et pose la pierre sur une rangée de pierres du sol du parvis. On lui apporte alors la louche et un récipient empli d’encens très finement pilé. Il saisit l’encens dans le creux de ses deux mains réunies, de façon telle que l’encens ne soit ni exactement au même niveau que ses mains sans dépasser, ni qu’il forme un tas débordant au-dessus de ses mains, mais qu’il dépasse légèrement au-dessus de ses mains, chaque grand-prêtre selon la taille des paumes de ses mains, grandes ou petites, et il dépose l’encens ainsi prélevé dans la louche. Nous avons déjà expliqué que le transport fait de la main gauche est cause d’invalidité s’agissant du sang des sacrifices ou d’autres actions du service sacerdotal. C’est pourquoi le grand-prêtre aurait normalement dû transporter la pelle pleine de braises de la main gauche et la louche d’encens de la main droite car l’encens est l’essentiel. Mais compte-tenu du poids de la pelle pleine de braises qui était de surcroît chaude du fait des braises qu’elle contenait, le grand-prêtre ne pouvait pas la tenir de la main gauche jusqu’à l’arche sainte. C’est pourquoi il prenait la pelle remplie de braises de la main droite, la louche d’encens de la main gauche et il parcourait le Heikhal jusqu’à ce qu’il atteigne le Saint des Saints. Le rideau séparant le Heikhal du Saint des saints présentait un repli fait à l’aide d’une agrafe, afin de lui permettre d’entrer, et il entrait dans le Saint des Saints jusqu’à l’arche sainte. Arrivé devant l’arche, il dépose la pelle pleine de braises entre les deux barres de l’arche. Dans le second Temple, où il n’y avait pas l’arche sainte, il la posait sur la pierre de Chetiya. Il tient le bord de la louche qui contient l’encens du bout des doigts ou entre ses dents et verse l’encens à l’aide de son pouce dans le creux de ses mains mises en coupe jusqu’à ce que l’encens remplisse complètement le creux de ses mains comme initialement, lorsqu’il a été prélevé. C’est là un exercice parmi les plus difficiles du service accompli dans le Temple. Il dépose ensuite l’encens, de ses mains, en tas sur les braises sur le devant de la pelle, afin que l’encens soit proche de l’arche et éloigné de son visage et qu’il ne se brûle pas. Il attend là jusqu’à ce que le Saint des Saints soit empli de la fumée, puis sort en marchant à reculons à petits pas, le visage vers le Saint des Saints et le dos au Heikhal, jusqu’à ce qu’il dépasse le rideau et se trouve dans le Heikhal. Après être sorti du Saint des Saints, il récite là, dans le Heikhal, une prière courte ; il ne prolonge pas celle-ci afin de ne pas inquiéter le peuple se trouvant à l’extérieur et qu’on ne pense pas qu’il est mort dans le Heikhal. Voici quelle était sa prière : « Que ce soit la Volonté devant Toi, Éternel notre D.ieu, que si cette année était destinée à être chaude, qu’elle soit pluvieuse. Que le pouvoir ne quitte pas la Maison de Yehouda, que les membres de ton peuple Israël n’aient pas besoin de s’entretenir les uns les autres, et que la prière des voyageurs ne soit pas acceptée devant Toi ».
2. Pendant la combustion de l’encens par le grand-prêtre dans le Saint des Saints et de même l’aspersion des sangs qui y est faite, tout le monde se retire du Heikhal ; tous doivent se retirer du Heikhal seulement, mais ils ne sont pas tenus de se retirer de l’espace entre le Oulam et l’autel. En effet, c’est seulement au moment de l’offrande de l’encens quotidien et au moment des aspersions de sang dans le Heikhal que les autres doivent se retirer de l’espace entre le Oulam et l’autel comme nous l’avons exposé dans les lois relatives aux offrandes quotidiennes. Ensuite, le grand-prêtre prend le récipient contenant le sang du taureau des mains de celui qui qui l’avait reçu pour le remuer et il pénètre avec celui-ci dans le Saint des Saints ; il en fait huit aspersions entre les barres de l’arche, puis il ressort et dépose le récipient sur un socle en or disposé dans le Heikhal. Il sort ensuite du Heikhal et fait l’abattage du bouc, il en recueille le sang et entre avec celui-ci dans le Saint des Saints. Il y fait huit aspersions entre les barres de l’arche de la même façon que pour le sang du taureau, puis il ressort et dépose le récipient sur un second socle disposé dans le Heikhal. Il reprend ensuite le sang du taureau et en fait huit aspersions en direction du rideau face à l’arche, puis il repose le récipient contenant le sang du taureau. Il prend alors le sang du bouc et en fait de même huit aspersions en direction du rideau face à l’arche. Il verse ensuite le sang du taureau dans le récipient contenant le sang du bouc puis reverse le tout dans le récipient où était contenu le sang du taureau, afin de bien les mélanger. Il se tient devant l’autel d’or, entre l’autel et le candélabre – c’est-à-dire du côté sud – et commence à faire aspersion du sang mélangé sur les cornes de l’autel d’or. Il suit une trajectoire circulaire pour asperger les cornes sur leur côté extérieur. Il commence par la corne nord-est, puis nord-ouest, sud-ouest et sud-est. Il applique le sang sur toutes les cornes en remontant le doigt du bas vers le haut, sauf pour la dernière corne qui est devant lui et sur laquelle il applique le sang en suivant un mouvement du haut vers le bas, afin de ne pas salir ses vêtements. Après avoir fini les aspersions sur les cornes, il débarrasse sur les côtés les braises et la cendre qui recouvrent l’autel, jusqu’à ce qu’on puisse apercevoir le dessus de l’autel en or et il fait alors aspersion du sang mélangé sur la partie dégagée de l’autel, sept fois du côté sud, là où ont pris fin les applications de sang sur les cornes. Puis il sort et verse le reste du sang sur le soubassement ouest de l’autel extérieur. Il s’approche ensuite du bouc destiné à être envoyé à Azazel ; il appuie ses deux mains sur la tête du bouc et se confesse. Voici ce qu’il dit : « Ô D.ieu, Ton peuple, la maison d’Israël, a fauté par inadvertance, a fauté volontairement, a fauté par rébellion devant Toi ; de grâce, D.ieu, pardonne les fautes involontaires, les fautes conscientes et les fautes par rébellion commises devant Toi par Ton peuple Israël, ainsi qu’il est dit dans la Thora de Moïse ton serviteur : « Car en ce jour, il fera expiation sur vous etc. » » Il envoie ensuite le bouc vers le désert par la personne chargée de cette mission. Il extrait les parties sacrificielles du taureau et du bouc dont les sangs ont été introduits à l’intérieur du Saint des Saints et du Heikhal et place ces parties sacrificielles dans un récipient. Il fait porter les restes du taureau et du bouc à « l’endroit des cendres » hors de Jérusalem pour qu’ils soient brûlés. Il sort alors dans la cour des femmes et procède à la lecture de la Thora une fois que l’on sait que le bouc est arrivé au désert. Il sanctifie ensuite ses mains et ses pieds, ôte les vêtements blancs et s’immerge. Il revêt ses vêtements d’or, se sanctifie les mains et les pieds et s’occupe du bouc dont le sang sera aspergé sur l’autel extérieur et qui fait partie de l’offrande de moussaf du jour. Il offre également son bélier et le « bélier du peuple », ainsi qu’il est dit : « Il sortira et fera son holocauste et l’holocauste du peuple ». Ensuite il brûle sur l’autel les parties sacrificielles du taureau et du bouc dont les restes ont été brûlés hors de Jérusalem, puis offre le sacrifice quotidien de l’après-midi. Ensuite, il se sanctifie les mains et les pieds, ôte les vêtements d’or et s’immerge. Il revêt les vêtements de lin blanc, se sanctifie les mains et les pieds et entre à nouveau dans le Saint des Saints pour retirer la louche et la pelle ayant servi comme encensoir et qui sont restés dans le Saint des Saints. Puis il se sanctifie mains et pieds, ôte les vêtements blancs et s’immerge. Il revêt les vêtements d’or et se sanctifie les mains et les pieds. Puis il fait l’offrande d’encens quotidien de l’après-midi et procède au nettoyage et à l’allumage des lampes du candélabre que l’on fait l’après-midi, comme tous les autres jours. Ensuite il se sanctifie mains et pieds, ôte les vêtements d’or, revêt ses vêtements personnels et quitte le Temple pour retourner à son domicile. Tout le peuple l’accompagne jusqu’à chez lui. Il faisait alors un festin pour célébrer le fait d’être sorti en paix du Sanctuaire.