Lois relatives aux sacrifices quotidiens et additionnels · Chapitre 5
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 498 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. Il est clairement indiqué dans la Thora que les pains de proposition consistent en douze pains, chaque pain étant fait de deux issarone. On les dispose sur la table en deux piles, six pains dans chaque pile, un pain sur l’autre, avec trois tiges en or en demi-tube creux entre chaque pain pour laisser passer l’air et que les pains ne moisissent pas. On soutient chaque pile avec deux montants en or de chaque côté et on place à côté de chaque pile un récipient qui contient une poignée d’oliban, ainsi qu’il est dit : « tu mettras sur chaque rangée de l’oliban pur », et ce récipient est appelé « cuiller ». Les deux poignées d’oliban sont donc posées dans les deux cuillers. Les cuillers avaient un fond plat afin d’être posées sur la table.
3. Les deux piles sont indispensables l’une pour l’autre, c’est-à-dire que si l’une des deux fait défaut, la mitsva n’a pas été accomplie, et les piles et les cuillers sont indispensables l’une pour l’autre, de sorte que si les piles de pain ont été placées sur la table mais non les cuillers d’oliban, ou vice-versa, la mitsva n’a pas été accomplie. On inaugure la table en y plaçant les pains de proposition le chabbat uniquement. Chaque chabbat, on sort les pains qui sont posés sur la table depuis le chabbat précédent et on dispose à la place de nouveaux pains. Le pain sorti est celui qui est partagé et consommé par les deux « gardes » – la garde entrante et la garde sortante – avec le grand-prêtre.
4. Comment dispose-t-on le pain sur la table chaque chabbat ? Quatre cohanim entrent, deux tiennent dans leurs mains les deux nouvelles piles de pain et deux tiennent dans leurs mains les deux nouvelles cuillers d’oliban. Ils sont précédés par quatre autres cohanim : deux qui ont pour fonction de prendre les deux piles de pain posées sur la table depuis le chabbat précédent et deux qui ont pour fonction de prendre les deux cuillers posées sur la table depuis le chabbat précédent. Ceux qui entrent avec le nouveau pain se tiennent au nord, le visage face au sud, et ceux qui sortent se tiennent au sud, le visage face au nord. Les uns tirent le pain posé sur la table et simultanément les autres posent le nouveau pain, de sorte que le téfa’h de l’un remplit le téfa’h de l’autre c’est-à-dire que quand les uns retirent le pain sur un espace d’un téfa’h de la table, les autres remplissent tout de suite l’espace libre avec le nouveau pain. Cela, afin que la table ne reste à aucun instant dépourvue de pain, ainsi qu’il est dit : « tu placeras sur la table le pain de proposition devant Moi, perpétuellement ».
5. Une fois que les cohanim qui retirent le pain sont sortis, ils posent le pain qu’ils viennent de sortir sur une autre table en or située dans le Oulam et ils brûlent sur l’autel les cuillerées d’oliban qu’ils ont retirées de la table. Après quoi les pains sont partagés entre les deux gardes et le grand-prêtre. Et si le jour de Kippour tombe un chabbat, de sorte qu’il n’est pas possible de consommer le pain le jour-même, les pains sont partagés le soir, à l’issue du jeûne.
6. Comment confectionne-t-on les pains de proposition ? On apporte vingt-quatre séas de blé qui convient pour les oblations, on le frotte et on le foule au pied, comme pour le blé des autres oblations. On moud le blé et on tamise au moyen de onze tamis une quantité de vingt-quatre issarone de fine fleur de farine, dont on fait douze pains azymes. Si on n’a pas tamisé la fine fleur de farine au moyen de onze tamis ou si on ne l’a pas produite à partir de vingt-quatre séas de blé, du moment que le blé est devenu de la fine fleur de farine, les pains sont valides ; ces mesures n’ont été mentionnées que comme une prescription à respecter a priori, mais non comme une condition sine qua non.
7. Le pétrissage et le travail de la pâte peuvent se faire à l’extérieur du parvis, mais la cuisson doit se faire impérativement à l’intérieur du parvis comme pour les autres oblations. On pétrit les pains un par un et on les cuit dans le four deux par deux.
8. Il y avait pour les ‘halot trois moules en or ; l’un où l’on mettait le pain à l’état de pâte pour lui donner une forme, le second dans lequel on cuisait le pain au four et le troisième dans lequel on plaçait le pain après l’avoir retiré du four, afin qu’il ne s’abîme pas en se brisant.
9. Chaque pain est rectangulaire, ainsi qu’il est dit : « Et tu placeras sur la table des pains de proposition », littéralement : « des pains de faces » et on apprend de là que le pain doit avoir de nombreuses faces, à savoir six. La longueur de chaque pain est de dix tefa’him, sa largeur de cinq tefa’him et sa hauteur de sept doigts. La table quant à elle a une longueur de douze tefa’him et une largeur de six tefa’him. Le pain est posé dans le sens de la longueur sur la largeur de la table et il dépasse donc de deux tefa’him de part et d’autre. On rabat sur elle-même la partie du pain qui dépasse de part et d’autre et il reste donc entre les deux extrémités rabattues un espace au milieu. De cette même manière on pose un pain sur l’autre pour ainsi disposer six pains l’un sur l’autre. Et on fait de même à côté une seconde pile de six pains.
10. La cuisson des pains de proposition ne repousse ni le chabbat, ni un jour de Yom Tov ; autrement dit, il est interdit de cuire les pains un jour de chabbat ou de Yom Tov, mais on les cuit vendredi et on les dispose sur la table le lendemain. Et lorsque les deux jours de Roch Hachana tombent jeudi et vendredi de sorte qu’il n’est possible de les cuire ni vendredi ni jeudi, on les cuit mercredi.
11. Ni la disposition des tiges en or entre les pains, ni l’enlèvement de ces tiges ne repousse le chabbat. En fait, le cohen entre vendredi dans le Heikhal pour enlever les tiges et les disposer tout le long de la table. Et à l’issue du chabbat, le cohen entre et dispose les tiges entre les nouveaux pains.
12. Si on a disposé le pain sur la table le chabbat comme il se doit mais que l’on n’a posé les cuillers d’oliban l’accompagnant qu’au lendemain et que, le chabbat suivant, on a brûlé les cuillers d’oliban sur l’autel comme on le fait chaque chabbat, le pain est disqualifié et n’est pas saint. De même, si on a disposé le pain et les cuillers le dimanche sur la table et que l’on a brûlé les cuillers après le chabbat suivant, le pain n’est pas saint et est disqualifié. Mais si on a brûlé les cuillers le second chabbat, le pain (n’)est (pas) disqualifié.
13. Comment doit-on procéder avec le pain et les cuillers disposés après le chabbat ? On les laissera sur la table jusqu’à ce que passe le jour du chabbat suivant alors qu’ils sont encore disposés sur la table, puis, on brûlera les cuillers d’oliban le chabbat d’après, c’est-à-dire le chabbat qui vient après qu’un chabbat est passé alors qu’ils étaient disposés sur la table. Il est possible de laisser ainsi le pain et les cuillers deux semaines, car même si le pain reste avec les cuillers sur la table plusieurs chabbat, cela n’a pas d’incidence sur le pain et les cuillers et ils ne deviennent pas disqualifiés.
14. Si on a disposé le pain et les cuillers le chabbat comme il se doit et qu’on a brûlé les cuillerées d’oliban après chabbat, que ce soit après ce chabbat où on les a disposées sur la table ou après un autre chabbat, le pain est disqualifié puisque l’oliban n’a pas été offert conformément à la loi. Dans ce cas, le pain est sanctifié et a le même statut que des offrandes devenues disqualifiées, c’est-à-dire que leur consommation sera passible de retranchement en cas de pigoul, en cas de notar et de même en cas d’impureté de la personne, comme il sera expliqué.
15. Dans le cas où l’un des pains se casse, la règle suivante est appliquée : si cela s’est produit avant qu’on ait enlevé les pains de la table, tout les pains sont disqualifiés et on ne brûle pas pour ces pains les cuillers d’oliban qui les accompagnent. Et si c’est après que l’on a retiré les pains de la table que l’un de ces pains s’est cassé, tout le pain devient disqualifié, mais on brûle les cuillerées d’oliban qui l’accompagnent.
16. Une fois que l’heure de retirer le pain est arrivée, même si on ne l’a pas encore retiré, c’est comme si on l’avait déjà retiré. Et par conséquent, si l’un des pains se casse alors, on brûle tout de même les cuillerées d’oliban, bien que l’on n’ait pas encore retiré la pile de pains. Si l’une des piles de pain devient impure, que ce soit avant ou après la combustion des cuillerées d’oliban ou si l’une des deux cuillerées devient impure, ce qui est impur reste impur et ne peut être consommé ou brûlé selon le cas et ce qui est pur reste pur autrement dit, le fait que l’une soit devenue impure ne disqualifie pas le reste.
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