KOULAM Télécharger l’app

Lois relatives aux sacrifices quotidiens et additionnels · Chapitre 3

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 496 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. C’est un commandement positif de brûler l’encens sur l’autel d’or dans le Heikhal deux fois par jour, le matin et l’après-midi, ainsi qu’il est dit : « Aaron fera brûler dessus l’encens des parfums, etc. ». Si l’on n’a pas brûlé l’encens du matin, fût-ce délibérément, on brûlera tout de même celui de l’après-midi. On inaugure l’autel d’or avec l’encens de l’après-midi uniquement.

2. Quelle quantité d’encens brûle-t-on quotidiennement ? Le poids de cent dinars : cinquante dinars le matin et cinquante dinars l’après-midi. Si l’autel a été enlevé de sa place, on brûle l’encens à son emplacement même si l’autel n’y est pas présent physiquement. Si de l’encens est projeté du haut de l’autel et tombe par terre, même s’il s’agit de morceaux entiers et importants, on ne les remet pas sur l’autel.

3. Au moment où l’on brûle l’encens dans le Heikhal chaque jour, tout le monde s’écarte du Heikhal et de l’espace entre le Oulam et l’autel extérieur ; il n’y aura personne dans cet espace tant que celui qui a brûlé l’encens n’est pas sorti. De même, lorsque le cohen entre dans le Heikhal avec le sang des sacrifices expiatoires dont le service est fait à l’intérieur du Heikhal, tout le monde s’écarte du Heikhal et de l’espace entre le Oulam et l’autel jusqu’à ce qu’il sorte, ainsi qu’il est dit à propos du bouc offert le jour de Kippour : « aucun homme ne sera dans la Tente d’assignation quand il viendra faire expiation dans le Sanctuaire, etc. » ; on apprend par induction qu’il en va de même pour toute expiation qui a lieu dans le Sanctuaire, à savoir l’aspersion du sang des expiatoires intérieurs et l’encens, c’est-à-dire que personne ne doit être présent à ce moment jusqu’à ce que le cohen sorte.

4. Comment se déroule la procédure de la combustion de l’encens chaque jour ? Celui qui a gagné par tirage au sort le mérite de nettoyer les cendres de l’autel intérieur entre dans le Heikhal avec un récipient sacerdotal, appelé téni, sorte de récipient ressemblant à un panier, qui est en or et qui a une contenance de deux kav et demi. Il pose le téni sur le sol devant lui, puis il ramasse dans ses mains la cendre et les charbons sur l’autel, et les dépose dans le téni. À la fin, une fois qu’il a ramassé ce qu’il pouvait à la main, il balaie le reste de la cendre de l’autel à l’aide d’une brosse et la dépose à l’intérieur du téni, puis il pose le téni avec la cendre à cet endroit dans le Heikhal et sort. Celui qui a acquis par tirage au sort le mérite de brûler l’encens prend un récipient rempli d’encens jusque par-dessus les bords ; celui-ci avait un couvercle et était appelé cuiller. Il met la cuiller dans un autre récipient, appelé louche, pour éviter que l’encens ne s’éparpille si elle tombe de la cuiller, puis il recouvre la louche contenant la cuiller avec un petit tissu. Il tient la louche dans sa main et entre dans le Heikhal avec la louche contenant la cuiller avec l’encens. Un autre cohen entre avec lui, portant une pelle de braises incandescentes à la main.

5. Comment les braises incandescentes sont-elles prises ? Celui qui a gagné le mérite d’apporter la pelle de braises incandescentes prend une pelle en argent et monte en haut de l’autel extérieur. Il dégage les braises de part et d’autre et prend des braises parmi celles qui ont été consumées dans le second bûcher, puis il descend de l’autel et les verse dans une pelle en or. Si une quantité inférieure ou égale à un kav de braises a été éparpillée, il les balaie dans le canal d’écoulement traversant le parvis, pour éviter que les cohanim ne se brûlent. Et le chabbat où, en balayant, il transgresserait l’interdit d’éteindre, il recouvre les braises d’un grand récipient, appelé cendrier. Si plus d’un kav a été éparpillé, il prend de nouveau des braises de l’autel.

6. Le cendrier servait à trois choses dans le Temple : à recouvrir les braises éparpillées le chabbat, à recouvrir la carcasse d’un rampant (chérets) trouvé mort dans le Temple un jour de chabbat, et à descendre les cendres de l’autel.

7. Il a été dit précédemment qu’un cohen entre dans le Heikhal avec l’encens à la main et qu’un autre entre avec lui avec une pelle de braises incandescentes. Celui qui a nettoyé les cendres de l’autel intérieur les précède et, ayant laissé auparavant dans le Heikhal le téni avec les cendres, il prend le téni dans lequel se trouvent les cendres de l’autel, se prosterne, et sort du Heikhal. Celui qui a dans sa main la pelle entasse les braises sur l’autel intérieur. Il les étale avec le dos de la pelle, puis il se prosterne et sort. Celui qui tient dans sa main la « louche », où se trouve la cuiller avec l’encens, prend la cuiller se trouvant dans la louche et la donne à un ami ou parent l’accompagnant à cet effet dans le Heikhal et il regarde si un peu d’encens s’est éparpillé dans la louche en tombant de la cuiller. Si c’est le cas, son ami ou parent lui verse dans les mains l’encens qui s’est éparpillé ensemble avec l’encens de la cuiller afin qu’il puisse verser de ses mains tout l’encens sur les braises. Puis, cet ami ou parent se prosterne et sort.

8. On dit au cohen qui brûle l’encens et qui n’avait jamais auparavant exécuté ce service : « Fais attention à ne pas commencer à verser l’encens tout près devant toi pour ne pas te brûler ». Il commence et jette délicatement l’encens sur le feu comme quelqu’un qui tamise de la fine fleur de farine jusqu’à que l’encens soit étalé sur tout le feu.

9. Celui qui brûle l’encens ne commence pas à le faire tant que le préposé ne lui a pas dit : « Brûle l’encens ». Si c’est le grand prêtre qui brûle l’encens, le préposé lui dit : « Mon maître, le grand-prêtre, brûlez l’encens ». Après l’appel du préposé, tous les cohanim présents s’écartent du Heikhal et de l’espace entre le Oulam et l’autel et le cohen désigné brûle l’encens, se prosterne, et sort.

10. Nettoyer le candélabre et allumer les lampes du candélabre chaque jour le matin et l’après-midi est un commandement positif, ainsi qu’il est dit : « Aaron et ses fils les disposeront ». L’allumage des lampes du candélabre repousse les interdits du chabbat et l’impureté, autrement dit, on allume le candélabre même le chabbat et même en cas d’impureté des cohanim ou des ustensiles sacerdotaux, comme les offrandes qui ont un temps fixe, comme il est dit : « pour faire monter une lumière perpétuellement ».

11. Quelle quantité d’huile met-on pour chaque lampe ? Un demi-log d’huile, ainsi qu’il est dit : « du soir au matin », ce qui indique qu’il faut mettre la quantité suffisante pour qu’elle brûle du soir au matin. C’est avec l’allumage de ses sept lampes l’après-midi qu’on inaugure le candélabre.

12. En quoi consiste le nettoyage du candélabre ? Toute lampe qui s’est éteinte doit être débarrassée de sa mèche et de toute l’huile qu’elle contient, puis on la nettoie et on met une autre mèche et de l’huile suivant la mesure prescrite, à savoir un demi-log. L’huile et les mèches enlevées sont jetées à l’endroit des cendres près de l’autel extérieur, avec les cendres débarrassées des autels intérieur et extérieur ; et on rallume chaque lampe qui s’est éteinte. L’allumage des lampes, c’est la hatava dont on a parlé plus haut. Quand on trouve une lampe qui ne s’est pas éteinte, on l’accommode, c’est-à-dire qu’on ajoute de d’huile pour qu’elle continue à brûler.

13. Lorsque la lampe « ouest » est éteinte, c’est-à-dire la lampe du milieu orientée vers le Saint des Saints qui est à l’ouest, on la rallume, après l’avoir nettoyée, uniquement à partir du feu provenant de l’autel extérieur. En revanche, toute autre lampe éteinte peut être rallumée à partir de la lampe voisine.

14. Comment allume-t-on une lampe à partir d’une autre ? On tire la mèche de la lampe éteinte vers celle qui est allumée à côté de manière à la rallumer et on la remet en place. Il faut tirer la mèche car les lampes sont fixées au candélabre et ne peuvent donc être déplacées et on ne peut pas non plus allumer au moyen d’une autre lampe, utiliser une bougie ou autre chose pour passer le feu d’une lampe à l’autre, car il serait méprisant pour les lumières du candélabre d’allumer une bougie profane à partir d’elles.

15. Toutes les mèches qu’il est interdit d’utiliser pour l’allumage des lumières du chabbat, parce que le feu ne prend pas correctement, ne doivent pas non plus être utilisées pour l’allumage du candélabre dans le Temple, ainsi qu’il est dit : « pour faire monter la lumière perpétuellement » ; il faut que la flamme monte d’elle-même et non qu’elle nécessite, à maintes reprises, inclinations et ajustements.

16. Le cohen n’arrangeait pas toutes les lampes en une seule fois. Il arrangeait cinq lampes et faisait une interruption pour faire une autre tâche, après quoi il entrait de nouveau dans le Heikhal et arrangeait les deux dernières. Cela, en vue de susciter l’agitation dans tout le parvis.

17. Toute lampe qui s’est éteinte est rallumée à partir d’une autre de ces lampes, comme nous l’avons expliqué. Quelle est la procédure de l’arrangement des lampes ? Celui qui a acquis par tirage au sort le mérite de nettoyer le candélabre entre dans le Heikhal en tenant à la main un récipient du nom de kouz, qui est un récipient en or ressemblant à une grande cruche. Il y dépose les mèches qui se sont éteintes et l’huile restante des lampes. Il arrange – c’est-à-dire nettoie et rallume – cinq lampes. Il dépose le kouz à cet endroit devant le candélabre sur la deuxième des trois marches qui étaient devant le candélabre et il sort du Heikhal. Ensuite, il entrera de nouveau et arrangera les deux lampes restantes, après quoi il prendra le kouz à la main, se prosternera et sortira du Heikhal.

18. C’est un commandement positif d’offrir quotidiennement les ‘havitine du grand prêtre, la moitié le matin avec le sacrifice quotidien du matin et la moitié l’après-midi avec le sacrifice quotidien de l’après-midi. Le pétrissage et la cuisson des ‘havitine repoussent les interdits du chabbat et l’impureté comme toute offrande qui a un temps fixe. En effet, il est dit à propos des ‘havitine : « toufiné » ce qui implique qu’il faut qu’elle soit belle (naa) et non cuite la veille. De plus, si elle était cuite la veille, elle deviendrait disqualifiée en passant la nuit, car la poêle dans laquelle on la fait frire fait partie des récipients sacerdotaux, comme nous l’avons expliqué.

19. La mouture de la fine fleur de farine pour les ‘havitine et le tamisage de celle-ci se font à l’extérieur du parvis et ne repoussent pas le chabbat, c’est-à-dire qu’on ne peut pas moudre et tamiser la farine pendant chabbat car il est possible de le faire la veille.

20. Si un grand-prêtre qui a offert la moitié des ‘havitine le matin décède, devient impur ou présente un défaut physique et qu’un autre grand-prêtre est nommé à sa place, ce dernier n’apportera ni un demi-issarone à lui pour l’autre moitié des ‘havitine l’après-midi, ni le demi-issarone restant des ‘havitine du premier. Plutôt, il apportera un issarone entier et le partagera en deux : il en offrira la moitié et l’autre moitié sera détruite.

21. Dans une telle situation, il y a donc deux moitiés de issarone offertes et deux moitiés de issarone détruites : ces deux dernières, on les laisse jusqu’à ce qu’elles changent d’apparence et elles sont emmenées à l’endroit où les offrandes disqualifiées sont brûlées. Il en va de même si la moitié de l’après-midi est perdue ou devient impure. Où les brûle-t-on ? Dans le parvis.

22. Si le grand-prêtre est décédé le matin, après avoir offert la moitié d’issarone, et que l’on n’a pas nommé un autre grand-prêtre, les héritiers du grand-prêtre décédé apportent un issarone entier (comme expiation pour lui), ils en font des ‘havitine et offrent cet issarone entier et non la moitié. Si le grand prêtre est décédé le matin avant d’offrir sa moitié d’issarone et que l’on n’a pas nommé un autre grand-prêtre, on offre cet issarone entier le matin et un issarone entier l’après-midi. On ne double pas la quantité d’huile et d’oliban, bien que la quantité de fine fleur de farine ait doublé, mais on met de côté, pour ces deux issarone entiers, trois logs d’huile et une poignée d’oliban : un log et demi d’huile et une demi-poignée d’oliban pour l’issarone du matin, et un log et demi d’huile et une demi-poignée d’oliban pour l’issarone de l’après-midi.
← Chapitre précédent Chapitre suivant →
Étudiez le Rambam quotidien dans Koulam Le chapitre du jour du Michné Torah en français, avec rappels et suivi — gratuit, iOS & Android. Télécharger Koulam