Lois relatives aux sacrifices quotidiens et additionnels · Chapitre 1
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 494 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
1. C’est un commandement positif de la Thora d’offrir deux agneaux en holocaustes chaque jour. Ils sont appelés sacrifices « perpétuels » (tamid). On en offre un le matin et un l’après-midi, ainsi qu’il est dit : « deux par jour, holocauste perpétuel, etc. »
2. À quel moment de la journée procède-t-on à l’abattage de ces sacrifices ? Le sacrifice du matin est abattu avant le lever du soleil, dès que tout le ciel à l’est s’est illuminé. Une fois, à l’époque du second Temple, la communauté fut dans une situation d’urgence, n’ayant pas d’agneau à disposition, et offrit le sacrifice quotidien du matin à la quatrième heure de la journée.
3. Le sacrifice quotidien de l’après-midi peut être abattu depuis que l’ombre commence à être inclinée et qu’il apparaît aux yeux de tous qu’elle est inclinée – c’est-à-dire à partir de la sixième heure et demie – jusqu’à la fin de la journée. Toutefois, on ne l’abattait quotidiennement qu’à la huitième heure et demie et il était offert sur l’autel à la neuvième heure et demie. Pourquoi retardait-on l’abattage de deux heures après le début du temps prescrit, alors que l’on s’empresse généralement pour l’accomplissement d’une mitsva ? Afin que l’on ait le temps de faire les autres offrandes individuelles et communautaires avant le sacrifice quotidien de l’après-midi. Car il est interdit d’offrir une quelconque offrande avant le sacrifice quotidien du matin, et l’on ne fait l’abattage d’aucun autre sacrifice après le sacrifice quotidien de l’après-midi. Le sacrifice de Pessa’h est la seule exception, car il est impossible que tous les juifs offrent leurs sacrifices de Pessa’h durant l’intervalle de deux heures entre la sixième heure et demie et la huitième heure et demie.
4. On ne fait l’abattage de l’offrande de Pessa’h qu’après le sacrifice quotidien de l’après-midi. De même, ceux auxquels il manque l’expiation, c’est-à-dire un sacrifice pour achever leur processus de purification, peuvent offrir leur sacrifice d’expiation après le sacrifice quotidien de l’après-midi le jour du quatorze nissan ; cette autorisation leur est consentie afin qu’ils soient purs pour consommer leur offrande de Pessa’h au soir.
5. La veille de Pessa’h, que ce soit un jour de semaine ou un chabbat, le sacrifice quotidien était abattu à la septième heure et demie et offert à la huitième heure et demie, soit plus tôt que les autres jours de l’année, afin que les juifs disposent de suffisamment de temps pour faire l’abattage de leurs offrandes de Pessa’h. Et lorsque la veille de Pessa’h tombait un vendredi, on faisait l’abattage du sacrifice quotidien à la sixième heure et demie, c’est-à-dire au début du temps imparti et il était offert à la septième heure et demie, afin que les juifs aient suffisamment de temps pour rôtir la viande de leurs sacrifices de Pessa’h avant le début du chabbat.
6. Bien que l’on n’abatte aucun sacrifice après le sacrifice quotidien de l’après-midi, on peut monter et brûler sur l’autel tout ce qui est apte à y être brûlé, tout au long de la journée jusqu’à la nuit. Et les membres des holocaustes et les parties sacrificielles des autres sacrifices peuvent être brûlés jusqu’à la mi-nuit, comme nous l’avons expliqué dans les lois relatives au rituel des offrandes. Les membres et les parties sacrificielles qui n’ont pas été consumés par le feu, qu’il s’agisse de ceux du sacrifice quotidien ou de ceux des autres sacrifices, on peut les retourner sur le feu de l’autel durant toute la nuit jusqu’au matin, comme il est dit : « toute la nuit jusqu’au matin ».
7. Brûler les membres du sacrifice quotidien repousse l’impureté, mais ne repousse pas les interdits du chabbat. Au contraire, les membres du sacrifice quotidien du vendredi sont brûlés uniquement au cours de la journée du vendredi. Car le sacrifice quotidien qui débute le chabbat repousse le chabbat, c’est-à-dire que le sacrifice quotidien du chabbat est abattu et brûlé sur l’autel pendant chabbat, mais la « fin » du sacrifice quotidien de la veille, c’est-à-dire la combustion de ses membres, ne repousse pas le chabbat. Les graisses, c’est-à-dire les parties sacrificielles, des sacrifices offerts le chabbat peuvent être brûlées dans la nuit de Yom Tov lorsque Yom Tov tombe à l’issue du chabbat et qu’on n’a pas encore brûlé les graisses des sacrifices du chabbat. Mais les graisses des sacrifices du chabbat ne peuvent pas être offertes dans la nuit de Kippour qui tombe à l’issue du chabbat, ainsi qu’il est dit : « Holocauste du chabbat dans son chabbat » ; on apprend de là que l’on n’offre pas l’holocauste d’un chabbat lors d’un autre chabbat, c’est-à-dire le jour de Kippour, lui-même désigné comme chabbat, et on n’offre pas non plus les graisses de l’holocauste d’un jour de semaine pendant Yom Tov.
8. Quand le quatorze nissan, veille de la fête de Pessa’h, tombe un chabbat, on peut brûler sur l’autel, le soir de la fête qui tombe à l’issue du chabbat, les graisses des sacrifices de Pessa’h qui n’ont pas encore été brûlées le jour même, parce qu’elles sont considérées comme les graisses des sacrifices du chabbat qui peuvent être brûlées la nuit de Yom Tov qui suit, comme dit précédemment.
9. Il ne doit pas y avoir moins de six agneaux, déjà examinés, dans la loge des agneaux du Temple pour les besoins des sacrifices quotidiens. Les agneaux pour les sacrifices quotidiens seront prêts quatre jours avant le jour de l’offrande. Bien que l’on eût déjà préalablement examiné l’agneau, on ne procédait pas à l’abattage du sacrifice quotidien avant de l’avoir examiné une seconde fois avant l’abattage, à la lumière de torches. Et on lui faisait boire de l’eau, dans une coupe en or, de sorte qu’il soit facile à dépouiller.
10. On faisait le sacrifice quotidien de l’après-midi de la même manière que celui du matin, le tout conformément au rituel de l’holocauste, tel que nous l’avons décrit dans les lois relatives au rituel des offrandes. On n’attachait pas l’agneau par les pattes afin de ne pas imiter les païens, mais on lui tenait les pattes avant et les pattes arrière à la main. Et voici la position dans laquelle il était maintenu : la tête pointant le sud, le visage tourné vers l’ouest.
11. Le sacrifice quotidien du matin était abattu au coin nord-ouest de l’atelier des viandes, c’est-à-dire le coin nord-ouest de l’endroit des anneaux, sur le deuxième anneau, à savoir l’anneau de la deuxième rangée en partant du nord, et le sacrifice quotidien de l’après-midi au coin nord-est de l’endroit des anneaux sur le second anneau en partant du nord. Cela, afin que l’agneau soit face au soleil et non à l’ombre. L’exigence que les sacrifices quotidiens soient abattus en faisant face au soleil relève de la tradition.
12. Si le sacrifice quotidien du matin n’a pas été offert par erreur, par inadvertance, voire délibérément, on offrira tout de même le sacrifice quotidien de l’après-midi car l’un n’empêche pas l’autre. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Si l’autel a déjà été inauguré. Mais s’il s’agit d’un nouvel autel sur lequel aucune offrande n’a encore été faite, on ne doit pas offrir en premier lieu le sacrifice quotidien de l’après-midi, car on n’inaugure l’autel des holocaustes que par le sacrifice quotidien du matin.
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