Lois relatives au repos du jour de fête · Chapitre 7
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 156 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. Voici les travaux interdits: Il est permis de réaliser tout travail dont l’abstention provoquerait une perte financière importante, à condition que cela n’exige pas un effort important. Comment cela s’applique-t-il? On peut irriguer une terre desséchée pendant ‘Hol Hamoed, mais pas une terre suffisamment irriguée. Car si l’on n’irrigue pas une terre desséchée, les arbres seront perdus. Quand on l’irrigue, on ne doit pas puiser de l’eau et irriguer la terre, en utilisant de l’eau d’une fontaine ou de l’eau de pluie, parce que cela exige un effort intense. Toutefois, on peut irriguer la terre en utilisant de l’eau d’une source, soit d’une source déjà existante, soit d’une source qui doit être à nouveau découverte. Cela s’applique à tous les cas semblables.
3. Un homme peut, durant Hol Hamoed, retourner ses olives les mettre dans le pressoir, les piler et les presser, remplir les tonneaux et les sceller, comme il fait en semaine. On peut faire de manière ordinaire tout ce dont la non réalisation provoquerait une perte; il n’est pas nécessaire de dévier de la manière habituelle. De même, un homme peut rentrer ses fruits pour les protéger du fait des voleurs, à condition qu’il le fasse discrètement. Et il peut retirer son lin du routoir afin qu’il ne se détériore pas. De même, il est permis de faire la vendange d’une vigne quand le temps de la vendange est arrivé.
4. Un homme n’a pas le droit de retarder intentionnellement la réalisation de ces travaux ou de travaux semblables de sorte qu’il remette leur réalisation à ‘Hol Hamoed, où il a du temps libre. Et toute personne qui remet intentionnellement son travail pour la fête et le réalise pendant la fête, le tribunal juif doit le détruire le fruit de son travail et le déclarer sans propriétaire, pour libre d’être acquis par tous. S’il remet intentionnellement son travail pour la fête et meurt, on ne pénalise par son fils, et on ne lui cause aucun dommage. On n’empêche pas le fils de réaliser ce travail pendant la fête, afin qu’il n’ait pas de dommage.
5. Celui qui a besoin de coudre un vêtement ou de construire une structure pendant la fête, s’il est un non-initié et n’est pas habile dans l’accomplissement de ce travail, il peut le faire selon son habitude. S’il est un artisan habile, il doit le faire comme l’aurait fait un non-initié. Comment cela s’applique-t-il? Pour la couture, il l’artisan doit coudre des points écartés; pour la construction, il doit placer les pierres sans mettre de ciment par-dessus. Il peut lisser de l’emplâtre sur des fentes dans un toit avec un rouleau, avec ses mains et avec ses pieds, comme on l’aurait avec fait une truelle. Cela s’applique à tous les cas semblables.
6. Celui qui a une récolte qui pousse encore dans la terre, et n’a pas d’autre chose à manger pendant ‘Hol Hamoed, on ne l’oblige pas à acheter ce dont il a besoin au marché de sorte qu’il moissonne après la fin de la fête, même si cela ne cause aucune perte pour la récolte. Plutôt, il peut moissonner les grains qu’il a besoin, les mettre en gerbes, les battre, les vanner, es séparer et les moudre, à condition que l’on ne batte pas les grains avec des vaches. Car pour tout travail qui ne provoque pas de perte on doit adopter une manière inhabituelle. Et de même pour tous les cas semblables.
7. Il est permis de faire mariner ‘Hol Hamoed ce les aliments que l’on peut ainsi consommer pendant la fête. Il est interdit de faire mariner ce qui ne sera prêt qu’après la fête. Un homme peut pêcher autant de poissons qu’il peut et sale tout durant la fête, parce qu’il est possible qu’il en consomme pendant la fête, s’il les presse de nombreuses fois avec la main, de sorte qu’ils se ramollissent.
8. On peut faire fermenter l’alcool pendant ‘Hol Hamoed dans l’intérêt de la fête. Si ce n’est pas dans l’intérêt de la fête, cela est interdit. Cela s’applique aussi bien à l’alcool de dattes qu’à l’alcool d’orge. Bien qu’il possède déjà l’alcool vieux, il peut ruser et préparer de l’alcool frais pour boire. Car ici, la ruse n’est pas visible pour un spectateur. Il en est de même de tous les cas semblables.
9. Chaque fois que des travaux nécessaires à la fête sont réalisés par des professionnels, ils doivent être réalisés discrètement. Comment cela s’applique-t-il? Les chasseurs, les meuniers et les vendangeurs qui vendent leurs fruits au marché peuvent réaliser leurs travaux discrètement dans l’intérêt de la fête. S’ils font ces travaux dans l’intérêt de la fête et qu’il en reste après, cela peut être utilisé.
10. Il est permis d’accomplir tout ce qui est nécessaire à la communauté pendant ‘Hol Hamoed. Comment cela s’applique-t-il? On peut réparer les brèches dans les citernes d’eau du domaine public, et arranger les chemins et les rues. On peut creuser des citernes, des tranchées et des grottes pour le public; on peut creuser des ruisseaux de sorte qu’ils aient de l’eau à boire. On peut emmagasiner l’eau dans les citernes et les grottes du public et réparer leurs fentes. On peut retirer les épines des rues, et mesurer les bains rituels. Quand la quantité minimale d’eau d’un bain rituel manque, on peut ajouter de l’eau pour achever sa mesure.
11. Les envoyés du tribunal peuvent sortir pour déclarer sans propriétaire les champs qui contiennent un croisement d’espèces végétales. On peut racheter les captifs pris en otage par les gentils, exiger les évaluations, les renoncements de propriétés au bénéfice du Temple et les objets consacrés. On peut faire boire une sota femme suspectée d’adultère par son mari, brûler une vache rousse, et briser le cou d’une génisse. Il est permis de percer l’oreille d’un esclave et de purifier un lépreux. On peut également désigner le lieu de tombes dont les traces ont été effacées par les eaux, de sorte que les cohanim s’en écartent. Car tout ceci est nécessaire pour la communauté.
12. On peut juger les litiges financiers, les cas qui entraînent la peine de flagellation, et les cas qui entraînent la peine de mort durant Hol Hamoed. Celui qui n’accepte pas le jugement peut être excommunié durant Hol Hamoed. De même qu’il est permis de juger pendant Hol Hamoed, ainsi, il est permis de rédiger un document légal et ce qui est semblable. Comment cela s’applique-t-il? Les juges peuvent écrire durant la fête un décompte d’évaluation d’un bien d’un débiteur qu’ils ont évalué pour son créancier, un document attestant de la vente d’un bien du mari pour nourrir la femme d’un homme et ses filles, et un acte de ‘halitsa ou de mioun. De même, ils peuvent écrire tout document légal dont les juges ont besoin pour se souvenir, par exemple, les plaidoiries des parties qui s’opposent au tribunal ou les concessions qu’ils sont faites, par exemple, celui qui affirme : telle personne est digne de confiance pour témoigner en ce qui me concerne, et tel homme me servira de juge. Celui qui a besoin d’emprunter pendant ‘Hol Hamoed, alors que le prêteur ne fait pas confiance à une seule déclaration verbale peut écrire une reconnaissance de dette. De même, on peut écrire des actes de divorce ou de mariage, un reçu de paiement d’un débiteur et un acte de don, car tous ceux-ci sont considérés comme nécessaire pour la communauté.
13. Il est interdit d’écrire pendant la ‘Hol Hamoed, même des parchemins de Thora, des tefiline ou des mezouzot. On ne doit pas corriger les lettres des rouleaux de la Thora, fut-ce une lettre du parchemin gardé dans le parvis du Temple, car c’est un travail qui n’est pas nécessaire à la fête. Toutefois, un homme peut écrire des téfiline et des mezouzot ou filer de la laine pourpre pour son vêtement. Néanmoins, s’il n’a pas de quoi se nourrir, il peut écrire et vendre aux autres pour assurer sa subsistance.
14. Il est permis d’écrire une lettre pour demander des nouvelles durant ‘Hol Hamoed. De même, on peut dresser son budget et évaluer ses dépenses car l’homme ne prête pas attention à arranger ces écrits, et cela est considéré comme la réalisation d’une tâche par une personne ordinaire et non par un professionnel.
15. On peut assurer tous les besoins pour la toilette et l’enterrement d’un mort durant ‘Hol Hamoed. On peut couper ses cheveux, laver son linceul et lui faire un cercueil. Si l’on n’a pas de planches, on peut apporter des poutres et en couper des planches discrètement à l’intérieur d’une maison. Si c’est pour un homme célèbre, on peut même le confectionner au marché. Toutefois, on ne doit pas couper un arbre des forêts pour en faire des planches destinées à un cercueil, et on n’extrait pas des pierres pour construire une tombe.
16. On ne doit pas inspecter les taches d’un lépreux durant Hol Hamoed, de crainte qu’il se trouve impur, et que sa fête se transforme en deuil. On ne se marie pas et on n’accomplit pas de yiboum durant ‘Hol Hamoed, afin que la joie propre à la fête ne soit pas oubliée dans la joie du mariage. Néanmoins, on peut se remarier avec la femme que l’on a divorcée, à condition que l’on ne fasse pas de festin pour les fiançailles ou le mariage, de sorte qu’aucune autre joie ne se confonde avec la joie de la fête.
17. On ne peut pas se couper les cheveux, ni laver les habits durant ‘Hol Hamoed. C’est un décret institué de crainte qu’un homme attende ‘Hol Hamoed et entame le premier jour de la fête alors qu’il est négligé. C’est pourquoi celui qui est dans l’impossibilité de se couper les cheveux et de se laver la veille de la fête a le droit de se laver et de se couper les cheveux durant ‘Hol Hamoed.
18. Comment cela s’applique-t-il? Telles sont les personnes qui peuvent se couper les cheveux et laver leur vêtements: Un endeuillé dont le septième jour de deuil tombe pendant un jour de fête ou la veille d’un jour de fête mais tombe un chabbat, où il est interdit de se couper les cheveux. Celui qui revient d’une contrée lointaine, à condition qu’il ne soit pas parti pour loisirs, mais pour son travail ou dans un but semblable, celui qui était exclu de la communauté par les sages et qui n’a pas été libéré de son exclusion jusqu’à ‘Hol Hamoed. Et celui qui a juré de ne pas se couper les cheveux et de ne pas se laver et n’a pas demandé à un sage d’annuler son serment jusqu’à ‘Hol Hamoed.
19. Tous ceux qui avaient du temps avant la fête pour se raser et ne l’ont pas fait n’ont pas le droit de le faire pendant la fête. Néanmoins, le nazir et le lépreux dont le temps de se raser pour mettre fin à leur état de nazir ou de lépreux, est arrivé soit pendant la fête, soit avant la fête, même s’il avaient du temps, ont le droit de se raser pendant la fête, pour ne pas retarder l’offrande de leurs sacrifices. De même, quiconque sort de son état d’impureté et devient pur a le droit de se couper les cheveux pendant la fête. Il est permis pendant la fête de couper les cheveux d’un enfant qui vient de naître – pendant la fête ou avant la fête. Les membres de la garde sacerdotale sont la semaine de garde s’est terminée durant Hol Hamoed ont le droit de se couper les cheveux, parce qu’il est interdit aux membres de la garde sacerdotale de se couper les cheveux durant la semaine de leur service.
20. Il est permis de se couper la moustache pendant ‘Hol Hamoed, de se couper les ongles, même en utilisant un ustensile. Une femme peut enlever les poils des aisselles et ses poils intimes à la main ou avec un ustensile. De même, elle peut appliquer tous les traitements cosmétiques durant ‘Hol Hamoed. Par exemple, elle peut se maquiller les yeux, se faire une raie, appliquer du rouge sur son visage, et appliquer une crème épilatoire sur sa peau, à condition qu’elle puisse l’enlever durant ‘Hol Hamoed.
21. Un zav, une zava, une nidda, une femme qui vient d’enfanter, et tous ceux qui sortent d’un état d’impureté rituelle durant ‘Hol Hamoed ont le droit de laver leurs vêtements. Celui qui n’a qu’un seul vêtement peut le laver durant ‘Hol Hamoed. Il est permis de laver les serviettes pour les mains, les serviettes de barbiers, et les serviettes de bain. De même, il est permis de laver les sous-vêtements de lin pendant la fête, parce qu’il est toujours nécessaire de les laver, même s’il ont été lavés la veille de la fête.
22. Il est interdit de faire une transaction pendant ‘Hol Hamoed, aussi bien d’acheter que de vendre. Si cela entraîne la perte d’une opportunitédu fait qu’il s’agit de quelque chose qui ne sera pas toujours disponible après la fête, par exemple, si des bateaux ou des caravanes sont arrivés, ou se préparent à partir, vendent à bas prix ou achètent à un prix fort, il est permis d’acheter ou de vendre. On n’achète pas des maisons, des esclaves ou des animaux, si ce n’est pour le besoin de la fête.
23. Les vendeurs de fruits, vêtements et ustensiles peuvent vendre discrètement dans l’intérêt de la fête. Comment cela s’applique-t-il? Celui qui possède un magasin qui donne sur un coin ou un mavoï peut l’ouvrir selon son habitude. S’il le magasin donne sur le domaine public, il peut ouvrir une porte et en fermer une autre. Le veille du dernier jour de fête de Souccot, il est permis de prendre ses fruits et d’orner la rue en l’honneur de la fête. Les vendeurs d’épices ont le droit de vendre de manière ordinaire en public durant ‘Hol Hamoed.
24. Il est interdit de demander un gentil de réaliser ce un travail qu’il est interdit de faire durant ‘Hol Hamoed. Si un homme n’a pas de quoi se nourrir, il lui est permis de réaliser ce un travail qu’il est interdit de faire durant ‘Hol Hamoed, suivant son besoin. De même, il peut s’investir dans un commerce suivant son besoin. Il est permis à un riche d’engager un pauvre travailleur , qui n’a pas de quoi se nourrir, pour réaliser un travail qui est interdit durant ‘Hol Hamoed, de sorte qu’il le pauvre gagne un salaire avec lequel il pourra subsister. De même, on peut acheter des choses ne sont pas nécessaires à la fête, si le vendeur est dans le besoin et n’a pas de quoi manger.
25. On peut engager un employé durant ‘Hol Hamoed pour réaliser une tâche après la fête, à condition que l’on ne pèse pas, que l’on ne mesure pas et que l’on ne décompte pas la quantité de travail qu’il peut réaliser comme on l’aurait fait un jour ordinaire. Quand un gentil s’engage à accomplir un travail pour un juif, il le juif doit l’empêcher de le faire pendant ‘Hol Hamoed, même s’il se trouve en-dehors de la limite chabbatique. Car tout le monde sait que cette tâche est réalisée pour un juif, et on le suspectera le juif d’avoir payé le gentil pour lui faire ce travail durant ‘Hol Hamoed. Car tous ne connaissent pas la différence entre un l’employé payé à la tâche et celui payé au forfait. C’est pourquoi du fait de la mauvaise impression susceptible d’en résulter, cela est interdit.
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