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Chemoth (Exode) — chapitre 4

Texte hébreu (avec taamim), traduction française et commentaire de Rachi traduit en français, verset par verset. Sommaire du Houmash.

Verset 1

וַיַּ֤עַן מֹשֶׁה֙ וַיֹּ֔אמֶר וְהֵן֙ לֹֽא־יַאֲמִ֣ינוּ לִ֔י וְלֹ֥א יִשְׁמְע֖וּ בְּקֹלִ֑י כִּ֣י יֹֽאמְר֔וּ לֹֽא־נִרְאָ֥ה אֵלֶ֖יךָ יְהוָֽה׃

Moïse prit la parole et dit "Mais certes ils ne me croiront pas et ils n'écouteront pas ma voix parce qu'ils diront L'Éternel ne t'est point apparu "

Verset 2

וַיֹּ֧אמֶר אֵלָ֛יו יְהוָ֖ה מזה (מַה־זֶּ֣ה) בְיָדֶ֑ךָ וַיֹּ֖אמֶר מַטֶּֽה׃

Le Seigneur lui dit "Qu'as tu là à la main?" Il répondit "Une verge "

Rachi (1)

Qu’est cela (mazè) dans ta main. Le terme mazè (« qu’est cela ? ») est écrit en un seul mot [au lieu de ma zè, en deux mots], ce qui donne lieu à l’explication du midrach : mizè (« de cela ») – c’est avec cet objet que tu tiens à la main que tu mériteras d’être puni, pour avoir porté des soupçons sur des innocents [en disant : « Et voici, ils ne me croiront pas ! »]. Quant au sens littéral de l’expression, il correspond à ce que quelqu’un pourrait dire à un autre : « Reconnais-tu que ce qui est devant toi est une pierre ? » Réponse : « Oui ! » Et le premier de reprendre : « Eh bien, je vais en faire du bois ! »

Verset 3

וַיֹּ֨אמֶר֙ הַשְׁלִיכֵ֣הוּ אַ֔רְצָה וַיַּשְׁלִכֵ֥הוּ אַ֖רְצָה וַיְהִ֣י לְנָחָ֑שׁ וַיָּ֥נָס מֹשֶׁ֖ה מִפָּנָֽיו׃

Il reprit "Jette la à terre!" Et il la jeta à terre et elle devint un serpent Moïse s'enfuit à cette vue

Rachi (1)

Il fut serpent. Hachem lui indique par là qu’il a calomnié Israël, et qu’il a ainsi pratiqué l’art du serpent ( Midrach tan‘houma 23).

Verset 4

וַיֹּ֤אמֶר יְהוָה֙ אֶל־מֹשֶׁ֔ה שְׁלַח֙ יָֽדְךָ֔ וֶֽאֱחֹ֖ז בִּזְנָב֑וֹ וַיִּשְׁלַ֤ח יָדוֹ֙ וַיַּ֣חֲזֶק בּ֔וֹ וַיְהִ֥י לְמַטֶּ֖ה בְּכַפּֽוֹ׃

Le Seigneur dit à Moïse "Avance la main et saisis sa queue!" Il avança la main et le saisit et il redevint verge dans sa main

Rachi (1)

Il s’en saisit. Le mot waya‘hazèq (« il saisit ») signifie : « il l’a pris en main », et son emploi est fréquent dans le texte, comme dans : « Comme il tardait, les hommes saisirent (waya‘haziqou) par sa main » (Beréchith 19, 16) ; « et l’a saisi (wehè‘hèziqa) par ses organes génitaux » (Devarim 25, 11) ; « je l’ai saisi (wehè‘hèzaqti) par la barbe » (I Chemouel 17, 35). Toutes les fois que le verbe ‘hazoq est suivi de la préposition que constitue la lettre beith, il signifie : « prendre en main ».

Verset 5

לְמַ֣עַן יַֽאֲמִ֔ינוּ כִּֽי־נִרְאָ֥ה אֵלֶ֛יךָ יְהוָ֖ה אֱלֹהֵ֣י אֲבֹתָ֑ם אֱלֹהֵ֧י אַבְרָהָ֛ם אֱלֹהֵ֥י יִצְחָ֖ק וֵֽאלֹהֵ֥י יַֽעֲקֹֽב׃

"Ceci leur prouvera qu'il s'est révélé à toi l'Éternel le Dieu de leurs pères le Dieu d'Abraham d'Isaac et de Jacob "

Verset 6

וַיֹּאמֶר֩ יְהוָ֨ה ל֜וֹ ע֗וֹד הָֽבֵא־נָ֤א יָֽדְךָ֙ בְּחֵיקֶ֔ךָ וַיָּבֵ֥א יָד֖וֹ בְּחֵיק֑וֹ וַיּ֣וֹצִאָ֔הּ וְהִנֵּ֥ה יָד֖וֹ מְצֹרַ֥עַת כַּשָּֽׁלֶג׃

Le Seigneur lui dit encore "Mets ta main dans ton sein " Il mit sa main dans son sein l'en retira et voici qu'elle était lépreuse blanche comme la neige

Rachi (1)

Lépreuse comme la neige. La lèpre est habituellement blanche, comme dans : « si la tache est blanche » (Wayiqra 13, 4). Par ce signe aussi, Hachem lui indique qu’il a proféré une calomnie en disant : « Et voici, ils ne me croiront pas ! », raison pour laquelle il a été frappé de la lèpre (Midrach tan‘houma 23), comme le sera Miryam pour le même péché de calomnie (voir Chabath 97a).

Verset 7

וַיֹּ֗אמֶר הָשֵׁ֤ב יָֽדְךָ֙ אֶל־חֵיקֶ֔ךָ וַיָּ֥שֶׁב יָד֖וֹ אֶל־חֵיק֑וֹ וַיּֽוֹצִאָהּ֙ מֵֽחֵיק֔וֹ וְהִנֵּה־שָׁ֖בָה כִּבְשָׂרֽוֹ׃

II reprit "Replace ta main dans ton sein " Il remit sa main dans son sein puis il l'en retira et voici qu'elle avait repris sa carnation

Rachi (1)

Il la sortit de son sein, et voici qu’elle était revenue… – Nous. apprenons d’ici qu’une mesure de bonté divine s’accomplit plus rapidement qu’une mesure de punition. Car au verset précédent [relatif à la punition], le texte n’ajoutait pas : « de son sein », [de sorte qu’elle a ici retrouvé son teint naturel avant même d’être sortie « de son sein »] (Chabath 97a).

Verset 8

וְהָיָה֙ אִם־לֹ֣א יַֽאֲמִ֣ינוּ לָ֔ךְ וְלֹ֣א יִשְׁמְע֔וּ לְקֹ֖ל הָאֹ֣ת הָֽרִאשׁ֑וֹן וְהֶֽאֱמִ֔ינוּ לְקֹ֖ל הָאֹ֥ת הָאַֽחֲרֽוֹן׃

"Eh bien! s'ils n'ont pas croyance en toi s'ils sont sourds à la voix du premier prodige ils devront céder à la voix du dernier

Rachi (1)

Ils croiront le son du dernier signe. Quand tu leur diras : c’est par rapport à vous que j’ai été puni, pour vous avoir calomniés, ils te croiront. Car ils ont déjà eu l’occasion d’apprendre que ceux qui s’avisent de leur faire du mal sont frappés de lèpre, tels Pharaon et Avimèlekh lorsqu’ils s’en sont pris à Sara.

Verset 9

וְהָיָ֡ה אִם־לֹ֣א יַֽאֲמִ֡ינוּ גַּם֩ לִשְׁנֵ֨י הָֽאֹת֜וֹת הָאֵ֗לֶּה וְלֹ֤א יִשְׁמְעוּן֙ לְקֹלֶ֔ךָ וְלָֽקַחְתָּ֙ מִמֵּימֵ֣י הַיְאֹ֔ר וְשָֽׁפַכְתָּ֖ הַיַּבָּשָׁ֑ה וְהָי֤וּ הַמַּ֨יִם֙ אֲשֶׁ֣ר תִּקַּ֣ח מִן־הַיְאֹ֔ר וְהָי֥וּ לְדָ֖ם בַּיַּבָּֽשֶׁת׃

Que s'ils restent incrédules en présence de ces deux prodiges et s'ils n'écoutent pas ta voix tu prendras des eaux du fleuve et tu les répandras à terre et ces eaux que tu auras prises du fleuve deviendront du sang sur la terre "

Rachi (2)

Tu prendras des eaux du fleuve. Leur signifiant par allusion au fait que la première plaie punira leurs divinités. [Lorsque le Saint béni soit-Il punit les peuples, Il commence par punir leurs divinités. En l’occurrence, les Egyptiens adoraient le Nil comme étant leur nourricier : il a été transformé en sang.]

Elles seront, les eaux…. Le texte contient deux fois wehayou (« elles seront »). A mon avis, si le texte avait porté : « et elles seront, ces eaux que tu auras prises du fleuve, sang sur la terre [sans le second wehayou] », j’aurais compris que, changées en sang dès l’instant où il les recueillies dans sa main, elles seraient restées sang après être tombées à terre. La répétition signalée signifie qu’elles ne sont devenues sang qu’après avoir touché le sol.

Verset 10

וַיֹּ֨אמֶר מֹשֶׁ֣ה אֶל־יְהוָה֮ בִּ֣י אֲדֹנָי֒ לֹא֩ אִ֨ישׁ דְּבָרִ֜ים אָנֹ֗כִי גַּ֤ם מִתְּמוֹל֙ גַּ֣ם מִשִּׁלְשֹׁ֔ם גַּ֛ם מֵאָ֥ז דַּבֶּרְךָ֖ אֶל־עַבְדֶּ֑ךָ כִּ֧י כְבַד־פֶּ֛ה וּכְבַ֥ד לָשׁ֖וֹן אָנֹֽכִי׃

Moïse dit à l'Éternel "De grâce Seigneur! je ne suis habile à parler ni depuis hier ni depuis avant hier ni depuis que tu parles à ton serviteur car j'ai la bouche pesante et la langue embarrassée "

Rachi (2)

Ni d’hier…. Nous déduisons à partir d’ici que le Saint béni soit-Il s’est appliqué près du buisson, sept jours entiers durant, à persuader Mochè d’accepter sa mission (Wayiqra raba 11, 6). « Ni d’hier », « ni d’avant-hier », « depuis que tu parles », cela fait trois jours. Trois fois le mot gam (« aussi ») venu apporter un ajout, cela fait six. Et nous en sommes au septième jour, où Mochè ajoute : « Envoie donc par la main de celui que tu enverras ! » (verset 13), jusqu’à ce que Hachem finisse par se mettre en colère (verset 14) et que Mochè accepte. Et toute cette réticence parce qu’il ne voulait pas surpasser en dignité son frère Aharon, son aîné, qui était prophète. Il est en effet écrit : « Ne suis-je point apparu à la maison de ton père [du kohen gadol ‘Eli] pendant qu’ils étaient en Egypte ? » (I Chemouel 2, 27). Il s’agit de Aharon. De même : « Je me suis fait connaître à eux dans le pays d’Egypte… et je leur ai dit : “Que chacun rejette les abominations de ses yeux !” » (Ye‘hezqel 20, 5 et 7). C’est à Aharon que cette prophétie a été adressée (Midrach tan‘houma 27).

Lourd de bouche. Je parle avec lourdeur. En italien médiéval : « balbo » (« bègue »).

Verset 11

וַיֹּ֨אמֶר יְהוָ֜ה אֵלָ֗יו מִ֣י שָׂ֣ם פֶּה֮ לָֽאָדָם֒ א֚וֹ מִֽי־יָשׂ֣וּם אִלֵּ֔ם א֣וֹ חֵרֵ֔שׁ א֥וֹ פִקֵּ֖חַ א֣וֹ עִוֵּ֑ר הֲלֹ֥א אָֽנֹכִ֖י יְהוָֽה׃

L'Éternel lui répondit "Qui a donné une bouche à l'homme? qui le fait muet ou sourd clairvoyant ou aveugle si ce n'est moi l'Éternel?

Rachi (3)

Qui a placé une bouche…. Qui t’a appris à parler quand tu es passé en jugement devant Pharaon pour avoir tué l’Egyptien ? (Midrach tan‘houma 10).

Qui rendra muet. Qui a rendu « muet » Pharaon, l’empêchant de confirmer l’ordre qu’il avait donné de te tuer, « sourds » ses serviteurs, qui n’ont pas entendu l’ordre qu’il a donné de t’exécuter, et « aveugles » ses bourreaux, qui ne t’ont pas vu t’échapper du lieu du supplice et prendre la fuite ?

N’est-ce pas moi. Dont le nom est Hachem, qui ai fait cela ?

Verset 12

וְעַתָּ֖ה לֵ֑ךְ וְאָֽנֹכִי֙ אֶֽהְיֶ֣ה עִם־פִּ֔יךָ וְהֽוֹרֵיתִ֖יךָ אֲשֶׁ֥ר תְּדַבֵּֽר׃

Va donc je seconderai ta parole et je t'inspirerai ce que tu devras dire "

Verset 13

וַיֹּ֖אמֶר בִּ֣י אֲדֹנָ֑י שְֽׁלַֽח־נָ֖א בְּיַד־תִּשְׁלָֽח׃

Il repartit "De grâce Seigneur! donne cette mission à quelque autre!"

Rachi (1)

Par la main de celui que tu enverras. Par la main de qui tu as coutume d’envoyer, c’est-à-dire Aharon. Autre explication : par la main de tout autre que tu voudras envoyer. Je ne suis pas destiné à les faire entrer en Erets Yisraèl ni à être leur libérateur dans le futur. Et tu as de nombreux messagers.

Verset 14

וַיִּֽחַר־אַ֨ף יְהוָ֜ה בְּמֹשֶׁ֗ה וַיֹּ֨אמֶר֙ הֲלֹ֨א אַֽהֲרֹ֤ן אָחִ֨יךָ֙ הַלֵּוִ֔י יָדַ֕עְתִּי כִּֽי־דַבֵּ֥ר יְדַבֵּ֖ר ה֑וּא וְגַ֤ם הִנֵּה־הוּא֙ יֹצֵ֣א לִקְרָאתֶ֔ךָ וְרָֽאֲךָ֖ וְשָׂמַ֥ח בְּלִבּֽוֹ׃

Le courroux de l'Éternel s'alluma contre Moïse et il dit "Eh bien! c'est Aaron ton frère le Lévite que je désigne! Oui c'est lui qui parlera! Déjà même il s'avance à ta rencontre et à ta vue il se réjouira dans son cœur

Rachi (3)

La colère de Hachem s’enflamma. Rabi Yehochou‘a ben Qor‘ha a enseigné : Toutes les fois que, dans la Tora, « s’allume la colère » de Hachem, cela comporte des conséquences, sauf ici. Rabi Chim‘on bar Yo‘haï a enseigné : Ici aussi elle comporte des conséquences, car il est écrit : « N’est-ce pas Aharon ton frère le léwi ». « Aharon était destiné à être un léwi, et non un kohen, et c’est à toi que je me proposais de conférer le sacerdoce. Désormais, c’est lui qui sera kohen, et toi léwi, ainsi qu’il est écrit : “Et Mochè, homme de Eloqim, ses fils seront nommés dans la tribu de Léwi” » (II Divrei Hayamim 23, 14) (Zeva‘him 102a).

Et aussi voici qu’il sort à ta rencontre. Lorsque tu te seras mis en route pour te rendre en Egypte.

Il te verra, se réjouira dans son cœur. Contrairement à ce que tu pensais, il ne s’offusquera pas de ton accession à une haute dignité. C’est cette attitude qui vaudra à Aharon la faveur de porter les ornements du pectoral, qui est placé sur le « cœur » (Midrach tan‘houma 27 ; Chabath 139a).

Verset 15

וְדִבַּרְתָּ֣ אֵלָ֔יו וְשַׂמְתָּ֥ אֶת־הַדְּבָרִ֖ים בְּפִ֑יו וְאָֽנֹכִ֗י אֶֽהְיֶ֤ה עִם־פִּ֨יךָ֙ וְעִם־פִּ֔יהוּ וְהֽוֹרֵיתִ֣י אֶתְכֶ֔ם אֵ֖ת אֲשֶׁ֥ר תַּֽעֲשֽׂוּן׃

Tu lui parleras et tu transmettras les paroles à sa bouche pour moi j'assisterai ta bouche et la sienne et je vous apprendrai ce que vous aurez à faire

Verset 16

וְדִבֶּר־ה֥וּא לְךָ֖ אֶל־הָעָ֑ם וְהָ֤יָה הוּא֙ יִֽהְיֶה־לְּךָ֣ לְפֶ֔ה וְאַתָּ֖ה תִּֽהְיֶה־לּ֥וֹ לֵֽאלֹהִֽים׃

Lui il parlera pour toi au peuple de sorte qu'il sera pour toi un organe et que tu seras pour lui un inspirateur

Rachi (3)

Lui il parlera pour toi (lekha). Il parlera au peuple à ta place. Cet exemple prouve que toutes les fois que le verbe dabèr est suivi de li (« à moi »), lekha (« à toi »), lo (« à lui »), lakhèm (« à vous ») ou lahèm (« à eux »), cela équivaut à ‘al (« sur » ou : « au sujet de ») [et non à : « à »].

Sera pour toi comme bouche. Un interprète, puisque tu as la bouche pesante.

Comme inspirateur. Un maître et un conseiller [et non Eloqim au sens habituellement donné à ce mot – voir Targoum Onqelos).

Verset 17

וְאֶת־הַמַּטֶּ֥ה הַזֶּ֖ה תִּקַּ֣ח בְּיָדֶ֑ךָ אֲשֶׁ֥ר תַּֽעֲשֶׂה־בּ֖וֹ אֶת־הָֽאֹתֹֽת׃

Cette même verge tu l'auras à la main car c'est par elle que tu opéreras les miracles "

Verset 18

וַיֵּ֨לֶךְ מֹשֶׁ֜ה וַיָּ֣שָׁב ׀ אֶל־יֶ֣תֶר חֹֽתְנ֗וֹ וַיֹּ֤אמֶר לוֹ֙ אֵ֣לְכָה נָּ֗א וְאָשׁ֨וּבָה֙ אֶל־אַחַ֣י אֲשֶׁר־בְּמִצְרַ֔יִם וְאֶרְאֶ֖ה הַֽעוֹדָ֣ם חַיִּ֑ים וַיֹּ֧אמֶר יִתְר֛וֹ לְמֹשֶׁ֖ה לֵ֥ךְ לְשָׁלֽוֹם׃

Là dessus Moïse s'en retourna chez Jéthro son beau père et lui dit "Je voudrais partir retourner près de mes frères qui sont en Égypte afin de voir s'ils vivent encore " Jéthro répondit à Moïse "Va en paix "

Rachi (1)

Il retourna chez Yèthèr son beau-père. Pour lui demander l’autorisation, car il était tenu par serment de ne pas le quitter sans sa permission (Midrach tan‘houma 20 ; Nedarim 65a). Son beau-père avait sept noms : Re‘ouel, Yèthèr, Yithro, Qeini, ‘Hovav, ‘Hèvèr et Poutiel.

Verset 19

וַיֹּ֨אמֶר יְהוָ֤ה אֶל־מֹשֶׁה֙ בְּמִדְיָ֔ן לֵ֖ךְ שֻׁ֣ב מִצְרָ֑יִם כִּי־מֵ֨תוּ֙ כָּל־הָ֣אֲנָשִׁ֔ים הַֽמְבַקְשִׁ֖ים אֶת־נַפְשֶֽׁךָ׃

L'Éternel dit à Moïse en Madian "Va retourne en Égypte tous ceux là sont morts qui en voulaient à ta vie "

Rachi (1)

Car sont morts tous les hommes. Qui sont-ils ? Dathan et Aviram. En fait, ils étaient toujours en vie, mais ils avaient perdu leurs richesses. Or, le pauvre est considéré comme mort (Nedarim 64b).

Verset 20

וַיִּקַּ֨ח מֹשֶׁ֜ה אֶת־אִשְׁתּ֣וֹ וְאֶת־בָּנָ֗יו וַיַּרְכִּבֵם֙ עַֽל־הַחֲמֹ֔ר וַיָּ֖שָׁב אַ֣רְצָה מִצְרָ֑יִם וַיִּקַּ֥ח מֹשֶׁ֛ה אֶת־מַטֵּ֥ה הָֽאֱלֹהִ֖ים בְּיָדֽוֹ׃

Moïse emmena sa femme et ses enfants les plaça sur un âne et reprit le chemin du pays d'Égypte Moïse tenait la verge divine à la main

Rachi (2)

Sur l’âne. Sur l’âne prédestiné à cet effet [puisque précédé par l’article défini ha]. C’est l’âne qu’Avraham avait sellé pour [pour se rendre sur les lieux du] sacrifice de Yits‘haq, c’est l’âne sur lequel se manifestera le Roi-Messie, ainsi qu’il est écrit : « pauvre, et monté sur un âne » (Zekhariya 9, 9 ; Pirqé deRabi Eli‘èzèr 31).

Il retourna au pays d’Egypte, Mochè prit le bâton. La Tora ne suit pas un ordre chronologique rigoureux. [Mochè a commencé par prendre le bâton (voir verset 17), puis il est retourné en Egypte].

Verset 21

וַיֹּ֣אמֶר יְהוָה֮ אֶל־מֹשֶׁה֒ בְּלֶכְתְּךָ֙ לָשׁ֣וּב מִצְרַ֔יְמָה רְאֵ֗ה כָּל־הַמֹּֽפְתִים֙ אֲשֶׁר־שַׂ֣מְתִּי בְיָדֶ֔ךָ וַֽעֲשִׂיתָ֖ם לִפְנֵ֣י פַרְעֹ֑ה וַֽאֲנִי֙ אֲחַזֵּ֣ק אֶת־לִבּ֔וֹ וְלֹ֥א יְשַׁלַּ֖ח אֶת־הָעָֽם׃

L'Éternel dit à Moïse "Maintenant que tu te disposes à rentrer en Egypte sache que tous les miracles dont je t'aurai chargé tu les accompliras devant Pharaon mais moi je laisserai s'endurcir son cœur et il ne renverra point le peuple

Rachi (2)

A ton aller pour retourner en Egypte…. Sache bien dans quelles dispositions d’esprit tu dois y retourner : Tu devras être fort dans l’accomplissement de ta mission, accomplir tous mes miracles devant Pharaon, et ne pas avoir peur de lui.

Que j’ai placés dans ta main. Il ne s’agit pas des trois signes dont il vient d’être question (versets 3, 6 et 9), que Hachem ne lui avait pas demandé de produire devant Pharaon, mais devant les enfants d’Israël pour qu’ils aient confiance en lui. Il n’est d’ailleurs indiqué nulle part qu’il les a manifestés devant Pharaon. Mais il s’agit des signes que je mettrai dans ta main en Egypte, comme : « lorsque Pharaon vous parlera en disant… » (infra 7, 9). Et il n’y a rien d’étonnant à ce que le verbe « mettre » soit écrit au passé (samti [« j’ai mis »]), car il signifie : « Lorsque tu lui parleras, je les aurai déjà mis [au futur antérieur] dans ta main… ».

Verset 22

וְאָֽמַרְתָּ֖ אֶל־פַּרְעֹ֑ה כֹּ֚ה אָמַ֣ר יְהוָ֔ה בְּנִ֥י בְכֹרִ֖י יִשְׂרָאֵֽל׃

Alors tu diras à Pharaon ‘Ainsi parle l'Éternel Israël est le premier né de mes fils

Rachi (2)

Tu diras à Pharaon. Lorsque tu auras compris que son cœur est endurci et qu’il refuse de laisser partir le peuple, tu lui diras ceci :

Mon fils mon premier-né. Dans le sens de : « dignité », comme dans : « Moi aussi j’en ferai un premier-né, au-dessus des rois de la terre » (Tehilim 89, 28). Cela est le sens littéral. Le midrach explique que le Saint béni soit-Il a ratifié ici de Son sceau la vente du droit d’aînesse de ‘Essaw au profit de Ya‘aqov (Beréchith raba 63, 14).

Verset 23

וָֽאֹמַ֣ר אֵלֶ֗יךָ שַׁלַּ֤ח אֶת־בְּנִי֙ וְיַֽעַבְדֵ֔נִי וַתְּמָאֵ֖ן לְשַׁלְּח֑וֹ הִנֵּה֙ אָֽנֹכִ֣י הֹרֵ֔ג אֶת־בִּנְךָ֖ בְּכֹרֶֽךָ׃

or je t'avais dit Laisse partir mon fils pour qu'il me serve et tu as refusé de le laisser partir Eh bien! moi je ferai mourir ton fils premier né ’ "

Rachi (2)

Je t’ai dit. [Moi Mochè] mandaté à cet effet par Hachem.

Renvoie mon fils… voici, je tue. Il s’agit ici de la dernière des dix plaies, mais c’est elle qui fait l’objet d’un avertissement parce qu’elle sera la plus sévère. C’est là le sens de : « Voici ! Hachem est imposant dans Sa puissance », et donc [suite du verset] : « qui est un maître comme lui ? » (Iyov 36, 22). Quand une créature de chair et de sang cherche à se venger d’autrui, elle dissimule ses intentions pour prévenir la fuite de sa victime. Mais le Saint béni soit-Il « est imposant dans Sa puissance » et l’on ne peut lui échapper qu’en revenant à Lui. C’est pourquoi Il le met en garde et l’invite à revenir à Lui (Midrach tan‘houma Waéra 14).

Verset 24

וַיְהִ֥י בַדֶּ֖רֶךְ בַּמָּל֑וֹן וַיִּפְגְּשֵׁ֣הוּ יְהוָ֔ה וַיְבַקֵּ֖שׁ הֲמִיתֽוֹ׃

Pendant ce voyage il s'arrêta dans une hôtellerie le Seigneur l'aborda et voulut le faire mourir

Rachi (2)

Ce fut en chemin dans l’auberge…. Mochè « était en chemin, dans l’auberge »

Et l’ange « réclama sa mise à mort ». Parce qu’il n’avait pas circoncis son fils Eli‘èzèr. Et cette négligence le rendait passible de mort. Une barayetha nous apprend : Rabi Yossi a enseigné : Loin de nous l’idée qu’il ait pu se montrer négligent ! Mais il a fait le raisonnement suivant : « Vais-je circoncire l’enfant et me mettre en route ? L’enfant sera en danger pendant trois jours ! Vais-je le circoncire et attendre trois jours [pour la guérison] ? Le Saint béni soit-Il m’a pourtant ordonné : “Va, retourne en Egypte !” » Pourquoi, alors, a-t-il été puni ? Parce qu’il s’est préoccupé d’abord de son hébergement [au lieu de procéder immédiatement à la circoncision] (Nedarim 31b). L’ange avait pris la forme d’un serpent et il avalait [Mochè] en commençant par la tête jusqu’aux hanches, puis il le rejetait et recommençait par les pieds jusqu’au membre viril. C’est ainsi que Tsipora a compris que c’était à cause de la circoncision (Nedarim 32a).

Verset 25

וַתִּקַּ֨ח צִפֹּרָ֜ה צֹ֗ר וַתִּכְרֹת֙ אֶת־עָרְלַ֣ת בְּנָ֔הּ וַתַּגַּ֖ע לְרַגְלָ֑יו וַתֹּ֕אמֶר כִּ֧י חֲתַן־דָּמִ֛ים אַתָּ֖ה לִֽי׃

Séphora saisit un caillou retrancha l'excroissance de son fils et la jeta à ses pieds en disant "Est ce donc par le sang que tu es uni à moi?"

Rachi (3)

Elle la jeta à ses pieds. Elle l’a jetée devant les pieds de Mochè (Yerouchalmi Nedarim 3, 9).

Elle dit. Concernant son fils.

Car tu es un époux de sangs pour moi. Tu as été la cause que mon époux ait pu se faire tuer à cause de toi. Tu aurais été le meurtrier de mon mari !

Verset 26

וַיִּ֖רֶף מִמֶּ֑נּוּ אָ֚ז אָֽמְרָ֔ה חֲתַ֥ן דָּמִ֖ים לַמּוּלֹֽת׃

Le Seigneur le laissa en repos Elle dit alors "Oui tu m'es uni par le sang grâce à la circoncision!"

Rachi (4)

Il le relâcha. L’ange le relâcha. C’est alors qu’elle a compris que c’est à cause du retard apporté à la circoncision qu’il avait voulu le tuer.

Alors. C’est alors qu’elle a compris que c’est à cause du retard apporté à la circoncision qu’il avait voulu le tuer.

Elle dit alors : Un époux de sangs pour les circoncisions. Mon mari a manqué d’être tué [et donc d’être un « époux de sang »] à cause de la circoncision.

Pour les circoncisions (lamouloth). Pour une question de circoncisions. Le mot mouloth est un substantif, et la préposition lamèd a le sens de ‘al (« au sujet de »), comme dans : « Pharaon dira “des” fils (livné) d’Israël » (infra 14, 3). Cependant, le Targoum Onqelos rapporte le mot : « sang » au « sang » de la circoncision.

Verset 27

וַיֹּ֤אמֶר יְהוָה֙ אֶֽל־אַהֲרֹ֔ן לֵ֛ךְ לִקְרַ֥את מֹשֶׁ֖ה הַמִּדְבָּ֑רָה וַיֵּ֗לֶךְ וַֽיִּפְגְּשֵׁ֛הוּ בְּהַ֥ר הָֽאֱלֹהִ֖ים וַיִּשַּׁק־לֽוֹ׃

L'Éternel dit à Aaron "Va au devant de Moïse dans le désert " Il y alla il le rencontra sur la montagne et l'embrassa

Verset 28

וַיַּגֵּ֤ד מֹשֶׁה֙ לְאַֽהֲרֹ֔ן אֵ֛ת כָּל־דִּבְרֵ֥י יְהוָ֖ה אֲשֶׁ֣ר שְׁלָח֑וֹ וְאֵ֥ת כָּל־הָֽאֹתֹ֖ת אֲשֶׁ֥ר צִוָּֽהוּ׃

Moïse fit part à Aaron de toutes les paroles dont l'Éternel l'avait chargé et de tous les prodiges qu'il lui avait donné mission d'accomplir

Verset 29

וַיֵּ֥לֶךְ מֹשֶׁ֖ה וְאַֽהֲרֹ֑ן וַיַּ֣אַסְפ֔וּ אֶת־כָּל־זִקְנֵ֖י בְּנֵ֥י יִשְׂרָאֵֽל׃

Alors Moïse et Aaron partirent et assemblèrent tous les anciens des enfants d'Israël

Verset 30

וַיְדַבֵּ֣ר אַֽהֲרֹ֔ן אֵ֚ת כָּל־הַדְּבָרִ֔ים אֲשֶׁר־דִּבֶּ֥ר יְהוָ֖ה אֶל־מֹשֶׁ֑ה וַיַּ֥עַשׂ הָֽאֹתֹ֖ת לְעֵינֵ֥י הָעָֽם׃

Et Aaron dit toutes les paroles que l'Éternel avait adressées à Moïse et il opéra les prodiges à la vue du peuple

Verset 31

וַֽיַּאֲמֵ֖ן הָעָ֑ם וַֽיִּשְׁמְע֡וּ כִּֽי־פָקַ֨ד יְהוָ֜ה אֶת־בְּנֵ֣י יִשְׂרָאֵ֗ל וְכִ֤י רָאָה֙ אֶת־עָנְיָ֔ם וַֽיִּקְּד֖וּ וַיִּֽשְׁתַּחֲוֽוּ׃

Et le peuple y eut foi ils comprirent que l'Éternel s'était souvenu des enfants d'Israël qu'il avait considéré leur misère et ils courbèrent la tête et se prosternèrent

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