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Chemoth (Exode) — chapitre 2

Texte hébreu (avec taamim), traduction française et commentaire de Rachi traduit en français, verset par verset. Sommaire du Houmash.

Verset 1

וַיֵּ֥לֶךְ אִ֖ישׁ מִבֵּ֣ית לֵוִ֑י וַיִּקַּ֖ח אֶת־בַּת־לֵוִֽי׃

Or il y avait un homme de la famille de Lévi qui avait épousé une fille de Lévi

Rachi (1)

Il prit la fille de Léwi. Il s’était séparé d’elle à cause du décret de Pharaon. Il l’a ensuite reprise pour femme [ainsi qu’il ressort du mot wayélèkh (« il alla »)], elle-même ayant retrouvé une nouvelle jeunesse. Elle avait alors cent trente ans, puisqu’elle était née « entre les remparts » au moment où Israël est entré en Egypte (voir Rachi sur Beréchith 46, 15). Or, leur séjour en Egypte a duré deux cent dix ans, et Mochè en avait quatre-vingts lorsqu’ils en sont sortis. Elle avait donc cent trente ans lorsqu’elle lui a donné naissance, d’où l’expression : « fille de Léwi » [qui marque une idée de jeunesse] (Sota 12a, Baba Batra 119b).

Verset 2

וַתַּ֥הַר הָֽאִשָּׁ֖ה וַתֵּ֣לֶד בֵּ֑ן וַתֵּ֤רֶא אֹתוֹ֙ כִּי־ט֣וֹב ה֔וּא וַֽתִּצְפְּנֵ֖הוּ שְׁלֹשָׁ֥ה יְרָחִֽים׃

Cette femme conçut et enfanta un fils Elle considéra qu'il était beau et le tint caché pendant trois mois

Rachi (1)

Qu’il était bon. La maison tout entière, à sa naissance, s’est emplie de lumière (Sota 12a).

Verset 3

וְלֹֽא־יָכְלָ֣ה עוֹד֮ הַצְּפִינוֹ֒ וַתִּֽקַּֽח־לוֹ֙ תֵּ֣בַת גֹּ֔מֶא וַתַּחְמְרָ֥ה בַֽחֵמָ֖ר וּבַזָּ֑פֶת וַתָּ֤שֶׂם בָּהּ֙ אֶת־הַיֶּ֔לֶד וַתָּ֥שֶׂם בַּסּ֖וּף עַל־שְׂפַ֥ת הַיְאֹֽר׃

Ne pouvant le cacher plus longtemps elle lui prépara un berceau de jonc qu'elle enduisit de bitume et de poix elle y plaça l'enfant et le déposa dans les roseaux sur la rive du fleuve

Rachi (4)

Et elle ne pouvait encore le cacher. Les Egyptiens comptaient les jours depuis son remariage. Or, elle a accouché à six mois et un jour (voir Sota 12a). On sait en effet qu’une femme, lorsqu’elle accouche au septième mois de grossesse, peut le faire sans qu’ils soient entièrement révolus [donc au début du septième] (Roch hachana 11a ; Nidda 38b). Mais les Egyptiens n’ont enquêté à son sujet qu’après neuf mois [donc trois mois plus tard, raison pour laquelle « elle ne pouvait encore le cacher »].

De jonc. Appelé guèmi en langage talmudique (Chabath 78a) et en français médiéval : « junc ». C’est une matière d’une grande souplesse, capable de résister à ce qui est souple comme à ce qui est dur (Sota 12a).

De bitume et de poix. De bitume à l’intérieur, et de poix à l’extérieur, afin que ce juste ne soit pas incommodé par la mauvaise odeur de la poix (Sota 12a).

Elle plaça dans les roseaux. Le mot souf (« roseau ») a le même sens que agam (« marécage »), en français médiéval : « rosel », comme dans : « Joncs et roseaux (souf) languissent » (Yecha’ya 19, 6).

Verset 4

וַתֵּֽתַצַּ֥ב אֲחֹת֖וֹ מֵֽרָחֹ֑ק לְדֵעָ֕ה מַה־יֵּֽעָשֶׂ֖ה לֽוֹ׃

Sa sœur se tint à distance pour observer ce qui lui arriverait

Verset 5

וַתֵּ֤רֶד בַּת־פַּרְעֹה֙ לִרְחֹ֣ץ עַל־הַיְאֹ֔ר וְנַֽעֲרֹתֶ֥יהָ הֹֽלְכֹ֖ת עַל־יַ֣ד הַיְאֹ֑ר וַתֵּ֤רֶא אֶת־הַתֵּבָה֙ בְּת֣וֹךְ הַסּ֔וּף וַתִּשְׁלַ֥ח אֶת־אֲמָתָ֖הּ וַתִּקָּחֶֽהָ׃

Or la fille de Pharaon descendit pour se baigner vers le fleuve ses compagnes la suivant sur la rive Elle aperçut le berceau parmi les roseaux et envoya sa servante qui alla le prendre

Rachi (3)

Pour se laver sur le fleuve. Il faut inverser l’ordre des mots et lire : « la fille de Pharaon descendit sur le fleuve pour s’y laver ».

A côté (‘al yad – littéralement : « à la main ») du fleuve. Près du fleuve, comme dans : « Voyez, le champ de Yoav est à mon côté (littéralement : “à ma main”) » (II Chemouel, 14, 30). Il s’agit vraiment de la « main », car la main de l’homme lui est très proche. Et nos maîtres ont expliqué l’expression : « elles marchaient » comme voulant dire qu’elles « marchaient à la mort » (Sota 12b), comme dans : « Voici ! je marche à la mort ! » (Beréchith 25, 32). Elles marchaient à la mort parce qu’elles voulaient l’empêcher [de sauver l’enfant]. Et le texte vient à l’appui de cette interprétation, car on ne voit pas, sinon, pourquoi il indique : « et ses jeunes filles marchaient ».

Sa servante (amatha). Nos maîtres l’interprètent dans le sens de : « main ». Mais les règles grammaticales auraient alors exigé que la lettre mèm fût ponctuée d’un daguéch. Selon le midrach, sa main s’est allongée démesurément de plusieurs coudées (amoth).

Verset 6

וַתִּפְתַּח֙ וַתִּרְאֵ֣הוּ אֶת־הַיֶּ֔לֶד וְהִנֵּה־נַ֖עַר בֹּכֶ֑ה וַתַּחְמֹ֣ל עָלָ֔יו וַתֹּ֕אמֶר מִיַּלְדֵ֥י הָֽעִבְרִ֖ים זֶֽה׃

Elle l'ouvrit elle y vit l'enfant c'était un garçon vagissant Elle eut pitié de lui et dit "C'est quelque enfant des Hébreux "

Rachi (2)

Elle ouvrit, elle le vit. Qui a-t-elle vu ? L’enfant – tel est le sens littéral. Selon le midrach, elle a vu la chekhina auprès de lui (Chemoth raba ; Sota 12b).

Et voici un garçon pleurant. Sa voix était celle d’un jeune garçon.

Verset 7

וַתֹּ֣אמֶר אֲחֹתוֹ֮ אֶל־בַּת־פַּרְעֹה֒ הַֽאֵלֵ֗ךְ וְקָרָ֤אתִי לָךְ֙ אִשָּׁ֣ה מֵינֶ֔קֶת מִ֖ן הָֽעִבְרִיֹּ֑ת וְתֵינִ֥ק לָ֖ךְ אֶת־הַיָּֽלֶד׃

Sa soeur dit à la fille de Pharaon "Faut il t'aller quérir une nourrice parmi les femmes hébreues qui t'allaitera cet enfant?"

Rachi (1)

Parmi les Hébreues. Cela nous indique qu’elle l’avait présenté à de nombreuses femmes égyptiennes pour qu’elles l’allaitent, mais il avait refusé, étant destiné à converser avec la chekhina (Chemoth raba ; Sota 12b).

Verset 8

וַתֹּֽאמֶר־לָ֥הּ בַּת־פַּרְעֹ֖ה לֵ֑כִי וַתֵּ֨לֶךְ֙ הָֽעַלְמָ֔ה וַתִּקְרָ֖א אֶת־אֵ֥ם הַיָּֽלֶד׃

La fille de Pharaon lui répondit "Va " Et la jeune fille alla quérir la mère de l'enfant

Rachi (1)

Et la jeune fille (ha‘alma) alla. Le mot ha‘alma, tel qu’il est employé ici, signifie qu’]elle est allée avec empressement et vigueur (‘almouth) et comme un jeune homme (‘èlèm) (voir Sota 12b).

Verset 9

וַתֹּ֧אמֶר לָ֣הּ בַּת־פַּרְעֹ֗ה הֵילִ֜יכִי אֶת־הַיֶּ֤לֶד הַזֶּה֙ וְהֵֽינִקִ֣הוּ לִ֔י וַֽאֲנִ֖י אֶתֵּ֣ן אֶת־שְׂכָרֵ֑ךְ וַתִּקַּ֧ח הָֽאִשָּׁ֛ה הַיֶּ֖לֶד וַתְּנִיקֵֽהוּ׃

La fille de Pharaon dit à celle ci "Emporte cet enfant et allaite le moi je t'en donnerai le salaire " Cette femme prit l'enfant et l'allaita

Rachi (1)

Emporte. Elle prophétisait, mais sans savoir ce qu’elle prophétisait, le mot heilikhi (« emporte ») pouvant se décomposer en : hei chèlikhi (« voici ce qui t’appartient ») (Chemoth raba ; Sota 12b).

Verset 10

וַיִּגְדַּ֣ל הַיֶּ֗לֶד וַתְּבִאֵ֨הוּ֙ לְבַת־פַּרְעֹ֔ה וַֽיְהִי־לָ֖הּ לְבֵ֑ן וַתִּקְרָ֤א שְׁמוֹ֙ מֹשֶׁ֔ה וַתֹּ֕אמֶר כִּ֥י מִן־הַמַּ֖יִם מְשִׁיתִֽהוּ׃

L'enfant devenu grand elle le remit à la fille de Pharaon et il devint son fils elle lui donna le nom de Moïse disant "Parce que je l'ai retiré des eaux "

Rachi (1)

Je l’ai tiré (mechithihou) depuis les eaux. Traduction du Targoum Onqelos en araméen : che‘halté, qui veut dire : « retirer » comme dans : « retirer (mich‘hal) un cheveu du lait » (Berakhoth 8a). Le mot hébreu mechithihou veut dire également : « enlever », « écarter », comme dans : « il ne s’écartera (yamouch) pas » (Yehochou‘a 1, 8), ou dans : « ils ne s’écartèrent (yamouch) pas » (Bamidbar 14, 44). C’est à cette racine que le grammairien Mena‘hem rattache le mot mechithihou. A mon avis toutefois, ce mot n’appartient pas à la même racine que mach ou yamouch, mais au radical macha qui signifie : « faire sortir », comme dans : « Il m’a fait sortir (yamchéni) des eaux nombreuses » (II Chemouel 22, 17). Car s’il se rattachait au radical mach, il n’aurait pas fallu dire : mechithihou [au qal], mais : hamichothihou [au hif‘il, cette racine au qal voulant dire : « sortir » ou : « partir », et non : « faire sortir »], tout comme qam devient haqimothi [lorsqu’il passe du qal au hif‘il], chav devient hachivothi, ba devient haviothi. Ou bien il faudrait dire machtihou [également au hif‘il], comme dans : « j’écarterai (machti) le péché de cette terre » (Zekhariya 3, 9). Tandis que la forme machithi [telle qu’elle est employée ici] ne peut venir que d’un verbe dont la racine comporte un hé à la fin, comme macho (« retirer »), bano (« construire »), ‘asso (« faire »), tsawo (« ordonner »), pano (« se tourner »), verbes qui, à la première personne du singulier du qal, portent un yod à la place du hé : ‘assithi, banithi, panithi, tsiwithi.

Verset 11

וַיְהִ֣י ׀ בַּיָּמִ֣ים הָהֵ֗ם וַיִּגְדַּ֤ל מֹשֶׁה֙ וַיֵּצֵ֣א אֶל־אֶחָ֔יו וַיַּ֖רְא בְּסִבְלֹתָ֑ם וַיַּרְא֙ אִ֣ישׁ מִצְרִ֔י מַכֶּ֥ה אִישׁ־עִבְרִ֖י מֵֽאֶחָֽיו׃

Or en ce temps là Moïse ayant grandi alla parmi ses frères et fut témoin de leurs souffrances

Rachi (4)

Mochè grandit. Mais le verset précédent ne disait-il pas déjà : « l’enfant grandit » ? Rabi Yehouda bar Il‘aï explique le premier comme s’appliquant à sa stature, le second à sa dignité, Pharaon l’ayant nommé à la tête de sa maison (Midrach tan‘houma Wayèra 17).

Il vit (wayar) leurs fardeaux. Il s’appliqua de tous ses yeux et de tout son cœur à souffrir avec eux [le vers rao (« voir ») s’employant avec une connotation de sympathie] (Beréchith raba).

Un homme égyptien. C’était un oppresseur, nommé pour diriger les chefs de corvée des Hébreux, et qui les faisait lever pour aller au travail dès le chant du coq (Midrach tan‘houma 9).

Frappant un homme hébreu. Il le frappait et le tyrannisait. C’était le mari de Chelomith bath Divri (voir Wayiqra 24, 11), sur laquelle l’Egyptien avait porté les yeux. Une nuit, il a fait lever son mari et le fit sortir de la maison. Puis il est revenu et est rentré dans la maison, pour s’étendre près de la femme, laquelle s’est convaincue que c’était son mari. Le mari, à son retour, comprit ce qui s’était passé. Et comme l’Egyptien a vu qu’il avait compris, il s’est mis à le frapper et à le tyranniser à longueur de journée.

Verset 12

וַיִּ֤פֶן כֹּה֙ וָכֹ֔ה וַיַּ֖רְא כִּ֣י אֵ֣ין אִ֑ישׁ וַיַּךְ֙ אֶת־הַמִּצְרִ֔י וַֽיִּטְמְנֵ֖הוּ בַּחֽוֹל׃

Il aperçut un Égyptien frappant un Hébreu un de ses frères Il se tourna de côté et d'autre et ne voyant paraître personne il frappa l'Égyptien et l'ensevelit dans le sable

Rachi (2)

Il se tourna çà et là. [Explication du midrach :] Il vit ce qu’il lui avait fait à la maison et ce qu’il lui avait fait aux champs. Quant au sens littéral, il est celui suggéré par le texte.

Et il vit qu’il n’y avait pas d’homme. Il vit qu’il ne descendrait de lui aucun homme qui se convertirait (Chemoth raba).

Verset 13

וַיֵּצֵא֙ בַּיּ֣וֹם הַשֵּׁנִ֔י וְהִנֵּ֛ה שְׁנֵֽי־אֲנָשִׁ֥ים עִבְרִ֖ים נִצִּ֑ים וַיֹּ֨אמֶר֙ לָֽרָשָׁ֔ע לָ֥מָּה תַכֶּ֖ה רֵעֶֽךָ׃

Étant sorti le jour suivant il remarqua deux Hébreux qui se querellaient et il dit au coupable "Pourquoi frappes tu ton prochain?"

Rachi (4)

Deux hommes hébreux. Dathan et Aviram. Ce sont eux qui « ont laissé de la manne pour le lendemain » (voir infra 16, 20 et Rachi ibid. ; Bamidbar 16, 25 et 26 ; Nedarim 64b).

Se querellant. Se disputant.

Pourquoi frapperas-tu ton prochain. Il ne l’avait pas encore frappé, mais il est appelé rach‘a (« scélérat ») simplement pour avoir levé la main (Sanhèdrin 58b).

Ton prochain. [Ton semblable], un « scélérat » comme toi (Midrach tan‘houma 10).

Verset 14

וַ֠יֹּאמֶר מִ֣י שָֽׂמְךָ֞ לְאִ֨ישׁ שַׂ֤ר וְשֹׁפֵט֙ עָלֵ֔ינוּ הַלְהָרְגֵ֨נִי֙ אַתָּ֣ה אֹמֵ֔ר כַּֽאֲשֶׁ֥ר הָרַ֖גְתָּ אֶת־הַמִּצְרִ֑י וַיִּירָ֤א מֹשֶׁה֙ וַיֹּאמַ֔ר אָכֵ֖ן נוֹדַ֥ע הַדָּבָֽר׃

L'autre répondit "Qui t'a fait notre seigneur et notre juge? Voudrais tu me tuer comme tu as tué l'Égyptien?" Moïse prit peur et se dit "En vérité la chose est connue!"

Rachi (4)

Qui t’a placé comme homme. Alors que tu es encore un jeune homme (Midrach tan‘houma 10).

Est-ce pour me tuer que tu dis. D’où nous apprenons qu’il avait tué l’Egyptien rien qu’en prononçant le nom divin.

Mochè eut peur. A expliquer selon le sens littéral. Selon le midrach, il a été saisi d’angoisse à l’idée qu’il y avait en Israël des « scélérats » et des délateurs, et il s’est demandé : « Peut-être ne méritent-ils pas d’être délivrés ! »

Certes la chose est connue. A expliquer selon le sens littéral. Selon le midrach, il s’est dit : « L’énigme qui me tourmentait est maintenant résolue : en quoi Israël a-t-il péché plus que toutes les soixante-dix nations pour être ainsi accablé sous une servitude aussi cruelle ? Je m’aperçois qu’il le méritait ! »

Verset 15

וַיִּשְׁמַ֤ע פַּרְעֹה֙ אֶת־הַדָּבָ֣ר הַזֶּ֔ה וַיְבַקֵּ֖שׁ לַֽהֲרֹ֣ג אֶת־מֹשֶׁ֑ה וַיִּבְרַ֤ח מֹשֶׁה֙ מִפְּנֵ֣י פַרְעֹ֔ה וַיֵּ֥שֶׁב בְּאֶֽרֶץ־מִדְיָ֖ן וַיֵּ֥שֶׁב עַֽל־הַבְּאֵֽר׃

Pharaon fut instruit de ce fait et voulut faire mourir Moïse Celui ci s'enfuit de devant Pharaon et s'arrêta dans le pays de Madian où il s'assit près d'un puits

Rachi (4)

Pharaon entendit. Ce sont eux [à savoir Dathan et Aviram] qui l’avaient dénoncé (Midrach tan‘houma 10).

Il chercha à tuer Mochè. Il l’a livré au bourreau pour qu’il le mette à mort, mais l’épée n’a pas eu prise sur lui (Mekhilta Yithro 1), ainsi que Mochè le dira plus tard : « Il m’a sauvé de l’épée de Pharaon » (infra 18, 4).

Il demeura (wayéchèv) dans le pays de Midyan. Il s’y installa à demeure, comme dans : « Ya‘aqov demeura (wayéchèv) dans le pays des pérégrinations de son père » (Beréchith 37, 1).

Il demeura (wayéchèv) sur le puits. [Le second wayéchèv du verset signifie : « il s’assit ».] Mochè a retenu la leçon de l’expérience de Ya‘aqov : C’est près d’un puits qu’il avait rencontré celle qui allait devenir sa femme (Mekhilta 10).

Verset 16

וּלְכֹהֵ֥ן מִדְיָ֖ן שֶׁ֣בַע בָּנ֑וֹת וַתָּבֹ֣אנָה וַתִּדְלֶ֗נָה וַתְּמַלֶּ֨אנָה֙ אֶת־הָ֣רְהָטִ֔ים לְהַשְׁק֖וֹת צֹ֥אן אֲבִיהֶֽן׃

Le prêtre de Madian avait sept filles Elles vinrent puiser là et emplir les auges pour abreuver les brebis de leur père

Rachi (2)

Le pontife de Midyan. Le mot kohen (« pontife ») désigne ici le plus grand d’entre eux (Targoum onqelos et Mekhilta Yithro). Il avait abjuré l’idolâtrie et ses concitoyens en avaient fait un proscrit (Midrach tan‘houma 11).

Les rigoles (harehatim). Les bassins creusés dans le sol où l’eau peut courir [le verbe rahot signifiant : « courir »).

Verset 17

וַיָּבֹ֥אוּ הָֽרֹעִ֖ים וַיְגָֽרְשׁ֑וּם וַיָּ֤קָם מֹשֶׁה֙ וַיּ֣וֹשִׁעָ֔ן וַיַּ֖שְׁקְ אֶת־צֹאנָֽם׃

Les pâtres survinrent et les repoussèrent Moïse se leva prit leur défense et abreuva leur bétail

Rachi (1)

Ils les chassèrent. A cause de leur proscription.

Verset 18

וַתָּבֹ֕אנָה אֶל־רְעוּאֵ֖ל אֲבִיהֶ֑ן וַיֹּ֕אמֶר מַדּ֛וּעַ מִֽהַרְתֶּ֥ן בֹּ֖א הַיּֽוֹם׃

Elles retournèrent chez Réouël leur père qui leur dit "Pourquoi rentrez vous sitôt aujourd'hui?"

Verset 19

וַתֹּאמַ֕רְןָ אִ֣ישׁ מִצְרִ֔י הִצִּילָ֖נוּ מִיַּ֣ד הָֽרֹעִ֑ים וְגַם־דָּלֹ֤ה דָלָה֙ לָ֔נוּ וַיַּ֖שְׁקְ אֶת־הַצֹּֽאן׃

Elles répondirent "Un certain Égyptien nous a défendues contre les pâtres bien plus il a même puisé pour nous et a fait boire le bétail "

Verset 20

וַיֹּ֥אמֶר אֶל־בְּנֹתָ֖יו וְאַיּ֑וֹ לָ֤מָּה זֶּה֙ עֲזַבְתֶּ֣ן אֶת־הָאִ֔ישׁ קִרְאֶ֥ן ל֖וֹ וְיֹ֥אכַל לָֽחֶם׃

Il dit à ses filles "Et où est il? Pourquoi avez vous laissé là cet homme? Appelez le qu'il vienne manger "

Rachi (2)

Pourquoi est-ce que vous avez abandonné. Il a reconnu en lui un descendant de Ya‘aqov, les eaux du puits étant montées à son approche (voir Rachi Beréchith 24, 17).

Et il mangera du pain. Peut-être épousera-t-il l’une d’entre vous (Midrach tan‘houma 11), comme dans : « sinon le pain qu’il mangeait » [le pain, dans ce verset, désigne la femme] (Beréchith 39, 6 ; voir Rachi ibid.).

Verset 21

וַיּ֥וֹאֶל מֹשֶׁ֖ה לָשֶׁ֣בֶת אֶת־הָאִ֑ישׁ וַיִּתֵּ֛ן אֶת־צִפֹּרָ֥ה בִתּ֖וֹ לְמֹשֶֽׁה׃

Moïse consentit à demeurer avec cet homme qui lui donna en mariage Séphora sa fille

Rachi (1)

Mochè consentit (wayoèl). C’est ainsi que le rend le Targoum Onqelos, comme dans : « consens, de grâce (hoèl na) à passer la nuit » (Choftim 19, 6) ; « Ah, si nous avions consenti à (welou hoalnou)… » (Yehochou‘a 7, 7) ; « j’ai osé (hoalti) parler » (Beréchith 18, 27). Quant au midrach, il rend le mot dans le sens de : « serment » (ala) : il lui a juré de ne pas quitter Midyan sans son autorisation (voir infra 4, 18 ; Midrach tan‘houma 12 ; Nedarim 65a).

Verset 22

וַתֵּ֣לֶד בֵּ֔ן וַיִּקְרָ֥א אֶת־שְׁמ֖וֹ גֵּֽרְשֹׁ֑ם כִּ֣י אָמַ֔ר גֵּ֣ר הָיִ֔יתִי בְּאֶ֖רֶץ נָכְרִיָּֽה׃

Elle enfanta un fils qu'il nomma Gersom en disant "Je suis un émigré sur une terre étrangère "

Verset 23

וַיְהִי֩ בַיָּמִ֨ים הָֽרַבִּ֜ים הָהֵ֗ם וַיָּ֨מָת֙ מֶ֣לֶךְ מִצְרַ֔יִם וַיֵּאָֽנְח֧וּ בְנֵֽי־יִשְׂרָאֵ֛ל מִן־הָֽעֲבֹדָ֖ה וַיִּזְעָ֑קוּ וַתַּ֧עַל שַׁוְעָתָ֛ם אֶל־הָֽאֱלֹהִ֖ים מִן־הָֽעֲבֹדָֽה׃

Il arriva dans ce long intervalle que le roi d'Égypte mourut Les enfants d'Israël gémirent du sein de l'esclavage et se lamentèrent leur plainte monta vers Dieu du sein de l'esclavage

Rachi (2)

Ce fut, dans ces nombreux jours-là. où Mochè résidait en Midyan que mourut le roi d’Egypte et qu’Israël eut besoin d’être délivré. « Mochè faisait-il paître… », et c’est par lui qu’est venue la délivrance. Voilà pourquoi ces deux chapitres sont juxtaposés.

Mourut le roi d’Egypte. Il était atteint de la lèpre (Chemoth raba) [de sorte qu’il était considéré comme mort (voir Bamidbar 12, 12)], et il faisait égorger les jeunes enfants des Hébreux pour se baigner dans leur sang [d’où l’intensification des gémissements d’Israël].

Verset 24

וַיִּשְׁמַ֥ע אֱלֹהִ֖ים אֶת־נַֽאֲקָתָ֑ם וַיִּזְכֹּ֤ר אֱלֹהִים֙ אֶת־בְּרִית֔וֹ אֶת־אַבְרָהָ֖ם אֶת־יִצְחָ֥ק וְאֶֽת־יַעֲקֹֽב׃

Le Seigneur entendit leurs soupirs et il se ressouvint de son alliance avec Abraham avec Isaac avec Jacob

Rachi (2)

Leur gémissement (naaqatham). Leurs pleurs, comme dans : « depuis la ville, les morts pleurent (yineaqou) » (Iyov 24, 12).

Son alliance (eth beritho) avec (eth) Avraham. Le deuxième eth, ainsi que les deux suivants, [contrairement au premier (eth beritho) qui introduit un complément direct] exprime la préposition : « avec ».

Verset 25

וַיַּ֥רְא אֱלֹהִ֖ים אֶת־בְּנֵ֣י יִשְׂרָאֵ֑ל וַיֵּ֖דַע אֱלֹהִֽים׃

Puis le Seigneur considéra les enfants d'Israël et il avisa

Rachi (1)

Eloqim sut. Il a porté sur eux Son cœur, et Il ne s’est pas caché les yeux [pour ne pas les voir].

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